Vie nocturne au centre-ville : Internet se mêle au casse-tête
Société 

Vie nocturne au centre-ville : Internet se mêle au casse-tête

actualisé le 05/12/2014 à 12h05

(Photo Thomas Kalinarczyk / Flickr / cc)

Le bar Le Saxo, au centre-ville de Strasbourg. (Photo Thomas Kalinarczyk / Flickr / cc)

Depuis juin 2013, des riverains publient sur Internet des vidéos de Strasbourgeois éméchés, vociférants, dans le but d’alerter sur les nuisances sonores nocturnes dont ils sont victimes. Mais cette campagne de dénonciation systématique envenime le débat déjà complexe de la vie nocturne au centre-ville de Strasbourg. Rue89 Strasbourg tente de faire le point, un demi dans une main et le sonomètre dans l’autre.

Attention : si vous sortez tard dans le secteur de la place Gutenberg à Strasbourg et que vous riez un peu trop fort, vous risquez de vous retrouver sur YouTube, filmé par un membre de l’association Calme Gutenberg. Ce mouvement a été initié en juin 2013 par Steve Vincent et Nicole Nussbaum, un couple vivant rue de l’Épine, pour protester contre les nuisances sonores nocturnes.

Sur les vidéos et photographies postées sur leur page Facebook, l’on voit des passants éméchés hurler, uriner, se battre ou simplement parler ou attablés à une terrasse dont l’étalement est consciencieusement millimétré. Et des exemples, ils en ont une pochette et un classeur pleins. L’association explique ses motivations :

« Les vidéos et photographies que l’on poste permettent de se rendre compte, c’est un moyen de pression. On n’a pas d’autres solutions pour que les élus nous écoutent, pour qu’ils réalisent à quel point nous subissons ces nuisances nocturnes. Nous voulons simplement dormir. »

Sauf que leurs montages vidéos intrusifs et posts ont fini par excéder certains internautes qui ont riposté en créant deux pages parodiques, toujours sur Facebook : Calme Gutenberg 2.0 et Du Calme Gutenberg. Même les élus, pourtant prompts à défendre la tranquillité urbaine, semblent ne plus pouvoir supporter leurs dénonciations tous azimuts, parfois erronées comme lorsque des arceaux déboulonnés pour un chantier sont présentés comme des dégradations dues à la vie nocturne

Un zèle dérangeant

Mais Calme Gutenberg ne se contente pas de poster des vidéos de jeunes éméchés sur Internet, ses membres traquent la moindre activité des élus et des acteurs strasbourgeois sur les réseaux sociaux. Ainsi lorsqu’un profil Gutenberg Bruit a été créé début août, Lilia Salmi, secrétaire fédérale aux Libertés publiques et Droits de l’homme au PS du Bas-Rhin, s’est vue dénoncée auprès des quelque 200 fans de Calme Gutenberg pour avoir osé « liker » un post…

Gutenberg-bruit

Capture d’écran de la page Gutenberg Calme

Lilia Salmi a reçu le soutien de Mathieu Cahn, adjoint au maire en charge, notamment, de l’animation de la charte de la nuit qui a comparé sur son profil Facebook l’association à une « version locale du KGB ». Immédiatement, l’association le repère, prend une capture d’écran, le republie sur sa page et y ajoute le contenu d’une lettre adressée par l’élu, au contenu nettement plus nuancé… Nicole Nussbaum, présidente de Calme Gutenberg, ne voit pas le problème :

« Nous voyons à quel point nous arrivons à la perversion de la pensée : c’est nous le problème alors que Lilia Salmi a fait quelque chose d’impensable au vu de ses fonctions, dans un espace public. Nous avons tort alors que nous n’avons fait que montrer ce qu’elle a fait : elle a dérapé. »

Message de l'association Calme Gutenberg dans la rue. (Capture d'écran de la page Du Calme Gutenberg)

Message de l’association Calme Gutenberg dans la rue. (Capture d’écran de la page Du Calme Gutenberg)

« J’ai été révolté par leurs méthodes »

Laurent, 28 ans est l’administrateur derrière la page parodique Du Calme Gutenberg. Il vit lui aussi rue de l’Épine, juste en face du couple fondateur de l’association. Il a été révolté par les méthodes de Calme Gutenberg :

« Que l’on ait du mal avec le bruit, ça, je le comprends tout à fait. Le message est complètement légitime. Parfois quand je rentre chez moi tard le soir, je vois bien que certains dépassent les bornes. Personnellement, je ne suis pas gêné par les nuisances qu’ils reportent et qui existent et je comprends que cela puisse exaspérer certains habitants. Ce que je ne supporte pas, ce sont leurs méthodes, c’est ça qui m’a révolté et qui m’a poussé à créer cette page : filmer des gamines ivres sans leur porter secours (la vidéo a depuis été supprimée, ndlr), je trouve ça ridicule. »

Mais peu de temps après la création de sa page parodique, Laurent se fait alpaguer par des membres de Calme Gutenberg. Par un mystérieux hasard, ils ont pu dénicher son nom et son prénom et ont donc découvert son identité. Depuis, les relations de voisinage sont devenues un peu plus compliquées. Laurent affirme dire bonjour à Nicole Nussbaum et Steve Vincent quand il les croise mais sans jamais ne recevoir de réponse en retour… Ambiance. Il témoigne aussi des messages récurrents de l’association collés sur les boîtes aux lettres et les portes du quartier.

D’autres comme ceux qui ont créé la page Calme Gutenberg 2.0, ont choisi de combattre Calme Gutenberg plus violemment, en signalant les profils personnels des membres de Calme Gutenberg à Facebook, car ils utilisent des pseudos et ne répondent pas aux règles d’utilisation du réseau social… Steve Vincent, secrétaire de l’association se défend :

« On ne peut plus intervenir en nos noms propres. Du point de vue de la libre expression démocratique, c’est catastrophique. Nous, nous voulons être dans un débat d’idées. »

Un débat d’idées très encadré tout de même, puisque sur la page Calme Gutenberg, de nombreux profils ont été bannis des commentaires, comme celui de Philippe Pollaert, patron du Mudd Club.

La situation s’envenime

Cette guéguerre sur Facebook montre que la situation s’envenime, surtout depuis que certains fêtards n’oublient plus de passer sous les fenêtres des fondateurs de Calme Gutenberg pour les insulter directement. Avec ses vidéos et ses photos, conçues pour choquer, Calme Gutenberg, espère une réaction des élus. L’association a été suivie par Jean-Emmanuel Robert, conseiller municipal (UMP) d’opposition, qui a interpellé le conseil municipal sur les nuisances nocturnes en 2013. Mais l’élu en charge, Mathieu Cahn, prend ses distances :

« Comme tout ce qui est excessif, c’est assez dérisoire. Il y a effectivement une discussion à avoir sur certains secteurs qui aujourd’hui subissent des comportements intolérables. Ceci étant, je ne crois pas que ce soit par ces méthodes, que je n’hésite pas à qualifier de douteuses, que l’on règle ces questions. »

Douteuses ? Plus que ça quand même, puisque c’est illégal comme l’explique Me Binantifame Tabiou, avocat à Strasbourg :

« Le respect de la vie privée est consacré par l’article 9 du Code Civil. À partir du moment où le visage est découvert sur les vidéos, il y a forcément une atteinte à la vie privée et cela peut donner lieu à une procédure et éventuellement une condamnation si la personne qui se reconnaît porte plainte ou initie une procédure sur le plan civil. Filmer ou prendre une photo de quelqu’un à son insu et poster l’ensemble sur Internet est totalement illégal. »

Quant aux visages floutés (ce qui n’est pas toujours le cas, l’on peut clairement reconnaître le visage d’un homme grimpant sur un immeuble), pour Me Tabiou, ça ne change rien à l’illégalité de la pratique, mais ce caractère illégal ne pourra, de toute façon, être soulevé que par le dépôt d’une plainte ou d’une action au civil :

« Le floutage est une stratégie de l’auteur pour se protéger, mais ça ne change rien au fond du droit. La “victime”, si elle se reconnaît, peut tout de même intenter une procédure, civile ou pénale, mais le floutage compliquera sa tâche : il va falloir qu’elle prouve que c’était bien elle sur la vidéo. Pour aller plus loin, si la vidéo montre la personne en train d’uriner ou en état d’ivresse, j’ai du mal à imaginer que cette personne ose se rendre dans un bureau de Police pour montrer cette image et revendiquer sa paternité de l’œuvre. Tel sera également le cas d’une action civile, l’adage : nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude est parfaitement adapté à cette situation. En conclusion, la pratique illicite qui consiste à filmer des personnes, à leur insu, en train de commettre elles-mêmes des actes illicites pour les poster sur Internet ou les réseaux sociaux a donc de beaux jours devant elle. »

Fêtards et riverains, une cohabitation impossible

Les incivilités et les dégradations dont se plaignent les membres de Calme Gutenberg ont toujours existées, mais elles sont plus nombreuses depuis le décret de 2006 sur l’interdiction de fumer à l’intérieur des lieux publics. En 2010, la Ville a fait signer une « charte de la vie nocturne » aux gérants des établissements de nuit. Depuis, certains bars ont employé des « chuteurs », ces portiers contraints de passer leur temps à rappeler à l’ordre ceux qui haussent le ton. En contrepartie, les horaires d’ouvertures ont été étendues : 80 établissements strasbourgeois disposent d’une autorisation leur permettant d’ouvrir jusqu’à 4h du matin. Si Strasbourg est l’une des villes en France qui dispose du plus grand nombre d’ouvertures tardives, le nombre de ceux qui utilisent cette autorisation est bien moindre.

Pour Calme Gutenberg, toutes ces ouvertures tardives et ouvertures de bars tout court sont de toute façon ingérables, mais surtout insupportables, Nicole Nussbaum explique :

« La présence des bars génère de la nuisance, il faut arrêter de se mentir, à côté de chez nous, rue du Miroir, il y a un portier globalement actif. Il y a des hauts et des bas. Mais il y a de toutes façons une géographie de la nuit : vous avez des pôles qui s’installent et qui attirent du monde. Ces établissements, bien gérés ou pas, attirent toute une population, une faune nocturne parmi lesquels des gens tout à fait corrects, des fêtards responsables, mais aussi des fêtards moins civilisés qui réveillent le voisinage. »

Jacques Chomentowski, propriétaire du Coco Lobo à Strasbourg, vice-président de l’UMIH (Union des métiers des industries hôtelières) section Cben (cafés, brasseries et établissements de nuit) a pris l’initiative de lancer des opérations de médiation financées d’abord par l’UMIH puis poursuivies par la Ville, mais pas systématiquement : quatre médiateurs par groupe de deux circulent dans la ville pour sensibiliser les fêtards au bruit. À travers son syndicat, il prône le dialogue et une meilleure sensibilisation des portiers qui disposent d’une formation de vigile commune à tous les établissements publics donc pas forcément adaptée aux spécificités des établissements de nuit :

« Je reste persuadé qu’il faut encourager les portiers à faire leur métier à l’extérieur, il faut que les patrons prennent plus de temps pour discuter avec leurs portiers. Toutefois, il faut un peu de “courage commercial”, refuser de faire entrer quelqu’un c’est aussi le faire avec délicatesse pour ne pas provoquer d’émeutes, il faut inciter au calme, discuter, expliquer. Quant à celui qui s’énerve… Là, il nous faut le soutien de la police. Nous sommes responsables de nos affaires mais pas de l’ensemble des gens dans la rue. »

Une assertion à laquelle souscrit Philippe Pollaert, qui a mis de longs mois à décrocher l’autorisation d’ouvrir le Mudd Club jusqu’à 4 heures. Pour lui, les patrons de bars ne sont pas les « méchants » dans l’affaire :

« Un soir, place Saint-Étienne, il y avait un groupe de personnes installé avec une sono à fond, c’était vraiment le bazar. Ces gens ne sortaient pas de chez nous, ils sont venus s’installer là, comme ça. La police est passée trois fois en début de soirée, mais à ce moment là, il n’y avait plus personne. Après ça, on nous dit que c’est de la faute des bars, ça, je n’en peux plus. »

Un nouveau dispositif pour cibler les fêtards bruyants

Malgré le controversé arrêté anti-alcool pris en novembre 2012, ciblant les personnes s’alcoolisant à l’extérieur, il semble que la situation n’ait guère évoluée. Du coup, la Ville, la police nationale et la préfecture planchent sur un nouveau système que Mathieu Cahn explique :

« Face à certains comportements inacceptables il va falloir taper un peu, nous voulons que certains comportements, les plus excessifs, qui aujourd’hui ne sont pas sanctionnés, le soient. L’infime minorité qui pourrit la vie de tout le monde : des résidents, des établissements et de ceux qui sortent doit se faire sanctionner là où ça fait mal : au porte-feuille, par des amendes. Pour l’instant, les contraventions sont trop rares. »

Ainsi Strasbourg pourrait s’inspirer de Lyon qui, durant la période estivale, a mis en place une sorte de « circuit court » pour faciliter le travail de la police. À chaque ivresse publique et manifeste (IPM, dans le jargon), la police est d’ordinaire contrainte d’accompagner le contrevenant aux urgences de l’hôpital pour qu’un médecin délivre un certificat médical attestant que la personne arrêtée ne nécessite pas d’hospitalisation, avant de l’accompagner en cellule de dégrisement.

L’idée serait donc de convoquer un médecin de garde pour qu’il détermine plus rapidement si la personne nécessite une hospitalisation ou non et ainsi économiser un temps précieux qui permettrait à la police de traiter d’autres affaires et donc aussi de traiter d’éventuels cas de nuisances sonores plus rapidement.

Mais que fait la police ?

À Strasbourg, polices municipale et nationale confondues, l’on recense 1 210 appels pour tapages nocturnes en 2013 contre 552 pour l’année en cours. 183 personnes ont effectivement été verbalisées en 2013 et 107 à ce jour, pour l’année 2014. Il faut le savoir, mais très souvent ces appels concernent des problèmes de voisinage. Théoriquement, à chaque appel, la police tente de se déplacer pour constater les nuisances, mais pas assez selon Calme Gutenberg, qui a pointé l’inefficacité de la police dans une vidéo où l’on voit un véhicule s’arrêter, puis repartir (à 5’52).

Louis Mertz, adjoint du chef de service de la police municipale explique :

« Nous avons vérifié les images avec le directeur et je tiens à signaler que ce soir là, une équipe de la police municipale était à pieds et circulait dans le secteur, comme tous les jeudis, vendredis et samedis. Elle est même intervenue rue de l’Épine. Le véhicule qui passe et ne s’arrête pas est celui de la police nationale, or, elle n’est pas forcément informée des appels et affaires que traitent la police municipale. Surtout qu’il y a d’autres affaires sur lesquelles elle doit intervenir.

La police municipale fait énormément de médiation dans la rue, cela s’adresse à un public plutôt jeune qui n’a pas toujours conscience qu’il parle fort. Si ça ne sert à rien, nous passons en IPM. Mais il faut aussi reconnaître que quand des agents de police arrivent, les bruits cessent. Dans ce cas, il est difficile de verbaliser… »

Seule solution : « excentrer les bars de nuit »

Mais pour Calme Gutenberg, rien n’y fait. Il n’y a pas de « vivre ensemble » possible. Les seules solutions viables à leurs yeux sont d’excentrer les bars de nuit et d’entourer les parcs de grilles pour éviter les attroupements nocturnes. Pour étayer leurs arguments, l’association s’est lancée dans une observation sémantique minutieuse des lettres envoyées par la Ville :

« On nous répond toujours que pour “apaiser la vie nocturne strasbourgeoise, qui est facteur de développement et d’attractivité, il faudrait maintenir un juste équilibre entre qualité de vie des habitants et l’animation nécessaire d’une ville capitale.” Le développement, l’on suppose ici qu’il est économique : la vie nocturne participerait alors du développement économique ? Essentiellement des bars de nuit donc. Strasbourg n’a t-elle pas d’autres ressources que les bars de nuit ? Il se trouve que la vie nocturne nous est imposée, nous, on ne l’a pas choisie. Ils nous disent : animation nécessaire ? Où est la nécessité ? Est-ce que les gens ne pourraient pas se rencontrer à un autre moment que la nuit ? Est-ce vital ? Qui sont les gens qui sortent la nuit ? Des gens désœuvrés ou qui n’ont pas d’emploi ou qui se lèvent plus tard. Ils parlent de justice : sommes-nous alors obligés de subir ? On met la qualité de vie face à une valeur économique. On nous demande de sacrifier notre qualité de vie contre quoi ? Quelle somme ? C’est une idéologie terrible. »

Pour Mathieu Cahn, il est hors de question de vider la ville de ses bars de nuit :

« Jamais nous n’aurons la tranquillité d’une sous-préfecture de province… J’ai vu des endroits où les bars de nuits sont excentrés mais je crois à la mixité de fonction d’une ville : des gens de cultures, de modes de vie et d’expériences différentes se croisent. Au centre-ville, on a des vocations multiples : habitat, économique, patrimoniale et touristique et puis le centre appartient à tout le monde, à tous les habitants de la ville et au-delà. Je pense qu’excentrer l’activité nocturne ne réglerait pas tout. Le centre-ville est accessible, en terme de prévention, je préfère que l’on n’ait pas à prendre sa voiture pour aller en boîte. Il y a aussi une forme de sécurité à ne pas être dans des lieux qui ne sont pas désertés. »

Pour autant, terrasses et bars de nuits restent soumis à une réglementation très stricte, qui va parfois jusqu’à transformer le centre-ville en désert dès que minuit sonne, Eurométropole ou pas. Roland Ries affirmait vouloir « réveiller la Belle Endormie » lors de son premier mandat, il n’a fait que prolonger cet intenable statu quo. Sur Twitter, certains sont exaspérés par le calme qui règne en ville le soir, surtout en période estivale :

Pour Mister Natasha, DJ actif sur la scène strasbourgeoise depuis 1998, la ville aurait pris du retard dès les années 2000 quant à l’organisation de sa vie nocturne et le paie à présent :

« La vie nocturne ne se mesure pas seulement au nombre de bars ouverts, ou au nombre de plaintes, c’est une économie non négligeable, avec un grand nombre d’emplois, qui se nourrit d’effervescences culturelles. Il suffit juste de traverser le Rhin pour trouver des clubs et des bars remplis de Français, de Kehl à Freiburg en passant par Bâle. Nous avons du mal à trouver des lieux pour répondre aux attentes du public de plus en plus nombreux… Nous avons besoin du soutien des pouvoirs publics pour organiser des événements ponctuels dans des lieux atypiques. Aujourd’hui, c’est systématiquement refusé. »

Une page « Vie Nocturne Strasbourg » sur Facebook

Pour Philippe Pollaert du Mudd Club, la Ville continue de se ranger du côté du silence à la moindre plainte :

« Nous avons organisé deux soirées électroniques au Schutzenberger, nous avons reçu deux fois 500 personnes mais aussi trois plaintes en provenance du voisinage et voilà qu’on ne pourra plus rien y faire… Il faut aussi que la mairie se rende compte du poids que les gens qui vivent la nuit peuvent avoir sur l’économie. C’est le but de la page Facebook Vie nocturne que j’ai créée en tant que personne qui pratique la nuit depuis 20 ans. Au même titre que Calme Gutenberg est présente dans les débats municipaux, il faudrait que les gens qui sortent se mettent en groupe pour faire entendre leurs voix, qu’ils viennent eux aussi aux réunions de la charte de la nuit. »

À la ville, à l’UMIH et du côté des patrons de bars, l’on s’accorde pour remettre prochainement à plat la gestion des ouvertures tardives pour qu’elles soient utilisées à bon escient. Redistribution des autorisations, amendes plus systématiques et médiation, cela suffira-t-il à calmer les riverains agacés ? Pas sûr.

L'AUTEUR
Cécile Becker
Cécile Becker
Journaliste indépendante. Spécialités : nouvelles technologies, culture et société.

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