Vie pratique 

Où et comment manger végétarien à Strasbourg

actualisé le 28/03/2016 à 20h47

Chez Bistrot et chocolat, à deux pas de la cathédrale, la carte est entièrement végétarienne (Photo MM)

Au pays de la tarte flambée et de la choucroute garnie, les végétariens, végétaliens, crudivores ou adeptes de la cuisine macrobiotique ne restent pas pour autant cloîtrés chez eux à grignoter des légumes-racines. A Strasbourg, quelques restaurants sont estampillés végé-friendly. Et une tripotée de magasins bio, asiatiques ou indiens permettent de faire une croix sur les protéines carnées sans pour autant mourir de faim.

Les restaurants végétariens…

On les comptait sur les doigts d’une main, ils ne sont plus que deux ! A Strasbourg, les restaurants végétariens, c’est à dire qui ne proposent aucun plat à base de viande ou de poisson, mais intègrent à leurs préparations des œufs, du lait et du fromage, n’ont pas le vent en poupe. Même si la tendance générale est à la recherche de bien-être et de bons produits.

Le Potiron, à la Krutneau, et Bistrot et chocolat, à deux pas de la cathédrale, sont les derniers des Mohicans, après la fermeture de La Fourchette et la plume à Schiltigheim et de Poêles de carottes (cette semaine !) à la Petite France. « Pourtant le secteur est en devenir, juge un restaurateur, mais en Alsace, au royaume de la choucroute et des salaisons, la cuisine végétarienne n’a pas une image festive. « Bio » ou « naturel » sont des gros mots ! » Yoann Abitbol, patron de Bistrot et chocolat et de Poêles de carottes, confirme :

« Pour amener les gens à manger végétarien, il faut du peps et du sourire dans la cuisine ! Il faut sortir de l’image des graines germées et des légumes bouillis ! La cuisine française est entièrement construite autour de la viande ou du poisson, c’est pourquoi on prend souvent à la cuisine étrangère ou bien on bouscule les codes, avec par exemple un burger végétarien ou une gaufre salée… »

Précision du jeune patron : le restaurant Poêles de carottes, qui ne sera pas remplacé par un autre végétarien, ferme alors que la clientèle était au rendez-vous. Objectif pour lui aujourd’hui : développer Bistrot et chocolat, à Strasbourg, avec une plus grande amplitude horaire, et peut-être demain à Lille, voire… aux Emirats arabes unis !
Bistrot et chocolat, 8 rue de la Râpe (secteur cathédrale). Tel : 09 62 21 26 53.

Dans la même veine qu’ex-Poêles de carottes, le restaurant végétarien Le Potiron, rue Sainte-Madeleine à la frontière entre Krutenau et quartier suisse, propose aussi des plats végétariens, tels des gratins et des pizzas blanches ou rouges, des lasagnes ou des pâtes, des salades, etc. Sur une thématique plutôt méditerranéenne, Le Potiron est connu pour ses assiettes généreuses, ses jus bio et ses desserts italiens.
• Le Potiron, 24 rue Sainte-Madeleine à Strasbourg. Tel : 03 88 35 49 86.

… Et végé-friendly

Peu de restaurants barrent leur porte à la viande, mais nombreux sont ceux qui proposent un ou plusieurs plats steack free. C’est le cas par exemple d’Une Fleur des champs, à deux pas de la place Broglie, qui met en avant au quotidien un menu 100% végétarien et un autre dont le plat principal est construit autour d’un poisson. La cuisine du lieu, élaborée sur des bases de macrobiotique (équilibre des « forces » des aliments tout au long du repas, cuisson des végétaux, etc.) est colorée et goûteuse. Le cadre n’est pas dénué de charme, même si la courette à l’abri de la circulation vaut un peu plus le détour que la salle. Une opération de relooking est d’ailleurs prévue pour bientôt.
Une Fleur des champs, 4 Rue Charpentiers à Strasbourg. Tel : 03 90 23 60 60.

Recommandés par des végétariens, les restaurants libanais sont connus pour leurs plats riches en légumineuses, leur couscous végétal, leur purée de pois chiches, leurs lentilles, falafel, taboulé à base de persil plat, blé, beignets ou salades aux légumes variés. Quelques adresses sortent du lot : Le Tarbouche, 22 rue de la Krutenau, Au Cèdre, 1 rue du Saint-Gothard (toujours à la Krutenau), L’Iliade, 3 rue des Planches (même quartier), Au Beyrouth, 39 route du Polygone ou Le Sultan, Passage de la Pomme de pin (entre la place Kléber et la place des Etudiants.

Les restaurants indiens, ambassadeurs d’une gastronomie traditionnellement végétarienne, ont pour la plupart adapté leur carte aux goûts occidentaux, en proposant de la viande… à toutes les sauces ! Les restaurants « français » eux ont souvent un ou plusieurs plats végétariens à la carte, et notamment des salades, des pizzas, des quiches, etc. On peut relever par exemple l’effort fait par La Maison Kammerzell, place de la Cathédrale, ou par Secret de table, rue du 22-Novembre [des adresses recommandées par le Copra, Collectif pour le respect de l’animal, basé à Strasbourg]. L’Essentiel chez Raphaël, resto bio rue du Renard-Prêchant, a aussi plusieurs plats végés à la carte. Certains restaurants iraniens, coréens ou chinois sont également fréquentés par les végétariens. Aux menus, soupes et riz parfumés, tofu bien sûr, mais aussi nouilles aux légumes, raviolis ou boulettes…

Les épiceries bio ou étrangères

Alors, bien sûr, on ne déjeune pas tous les jours au restaurant. Pour se constituer des menus sans viande, voire sans produits d’origine animale (végétalien) comme le lait ou le beurre, mais équilibré, il faut d’abord se fournir en fruits et légumes, « de préférence dans une Amap, note Luc Walter, pour avoir du bio à un bon prix et des produits locaux et de saison ». Reste ensuite à se procurer des céréales, des légumineuses et, pour les crudivores, en super-aliments. Mais où ? D’abord dans des épiceries bio, où le choix est large mais la note salée, ainsi que dans des épiceries étrangères. Indiens et asiatiques proposent effectivement un large choix d’ingrédients exotiques très recherchés par ces consommateurs non-conventionnels.

Graines à faire germer, tofu sous vide, rayon viande réduit à sa portion congrue… Chez Vivre bio (Petite France) comme au Serpent Vert (boulevard de la Victoire à L’Esplanade, rue Adelshoffen à Schiltigheim), on ne s’affiche pas comme végétarien, mais les carnivores ne sont pas les mieux servis. D’autant que chez Vivre bio, le magasin de Strasbourg (contrairement à ceux de Marlenheim ou Vendenheim) n’a pas de stand boucherie. Mais si, chez les uns comme chez les autres, on trouve là aussi bien de la cosmétique que des produits d’entretien écologique, les végétariens auront plus de choix pour se concocter des petits plats savoureux que dans un magasin classique.
Vivre bio, 2 rue Adolphe-Seyboth à Strasbourg (Petite France). Tel : 03 88 32 68 53. Mais aussi à Vendenheim et Marlenheim.
Le Serpent vert, 37 boulevard de la Victoire, à Strasbourg. Tel : 03 88 35 2428. Et 9 rue d’Adelshoffen, à Schiltigheim. Tel : 03 88 18 55 65.

Pour « compenser » la perte des protéines animales, quand on passe d’une alimentation qui inclut la viande (bœuf, mouton, poulet…) à une alimentation qui en est dépourvue, il est nécessaire de changer ses habitudes et de se « rabattre », occasionnellement du moins, sur des produits tels que le tofu (du soja mariné dont on a extrait le lait, ensuite bouilli, caillé au vinaigre et pressé), le seitan (un aliment fabriqué à base de protéines de blé, le gluten) et surtout les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs…). Ces produits, parfois chers dans les magasins bio, sont disponibles dans certaines épiceries étrangères à des prix défiant souvent très compétitifs.

Vendu frais, le tofu coûte moins d’un euro pour 250 grammes. Ici, goût poireaux-champignons (Photo MM)

C’est le cas chez Tofu Hong, à deux pas du centre-ville et du Centre administratif, une petite épicerie asiatique qui ne paie pas de mine, qui nous a été recommandée par Luc Walter, secrétaire de l’association Animalsace, association de défense des alnimaux et de promotion du végétarisme en Alsace. Pourtant, depuis 16 ans, c’est là qu’est produite une bonne partie du tofu frais que l’on mange par exemple dans les soupes miso des restaurants japonais. Pour 250 grammes de tofu – assez pour trois à cinq personnes, dans une soupe ou grillé sur des pâtes – comptez moins d’un euro. Il existe en version nature ou poireaux-champigons, bio ou non. Il se conserve une semaine au frigo, d’abord à sec, puis trempé dans l’eau au bout de trois jours. Pour les écolos, bon à savoir : le soja utilisé ne vient pas du continent américain comme souvent, mais d’Alsace !
• Tofu Hong, 34 rue de la 1ère Armée à Strasbourg. Tel : 03 88 35 37 34.

Si les épiceries asiatiques proposent de nombreux produits recherchés par les végétariens, comme des algues, des nems et des sauces végétariennes, ou encore des pâtes de riz ou de blé, les épiceries indiennes ont aussi leur intérêt. Et notamment par leur grand choix de légumineuses et de riz là encore, leurs épices et leurs plats préparés végétariens (reconnaissables au logo végétarien international, un rond vert dans un carré vert), aubergines en sauce, boulettes de lentilles au yaourt…

Les légumineuses, le riz ou les pâtes, plus variés et moins chers dans les épiceries étrangères qu’en magasin bio (Photo MM)

Chez Indian Bazar, ouvert depuis 12 ans dans le quartier du tribunal, les acheteurs sont tout aussi bien passionnés de cuisine du monde que végétariens. « La cuisine indienne est traditionnellement sans viande, en tout cas sans bœuf ni porc », explique Ramany Doré, la très souriante vendeuse. Ce n’est qu’avec la modernisation du pays que la viande a pris une place importante dans l’alimentation. Si bien que la boutique strasbourgeoise alimente en épices, en légumes d’importation, en mangues fraiches comme en lentilles corail ou en riz basmati, une cliente fidèle.
• Indian Bazar, 5 rue Graumann à Strasbourg. Tel : 03 88 22 66 39.

Et en grandes surfaces…

Les grandes surfaces proposent de plus en plus souvent des rayons « bio » où l’on trouve et du bio et ce qui se rapproche des produits que recherchent les végétariens, lentilles, haricots et autres levures. On peut aussi trouver quelques références originales au rayon « cuisines du mondes », mais pas forcément moins cher que dans les épiceries étrangères en ville. Autres adresses : Satoriz à Vendenheim ou le réseau BioCoop. Certains lecteurs recommandent d’aller faire ses courses côté allemand, « où ils ont 20 ans d’avance sur nous côté alimentation », note l’un d’eux. Ce dernier fréquente régulièrement Edeka, mais aussi les hard discounters comme Aldi, ou DM.

L'AUTEUR
Marie Marty
Marie Marty
Journaliste indépendante, co-fondatrice de Rue89 Strasbourg. Membre de l'association des Journalistes - écrivains pour la nature et l'écologie.
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