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À Bischheim, les lycéens se mobilisent ce mardi contre le maintien des épreuves écrites du baccalauréat
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À Bischheim, les lycéens se mobilisent ce mardi contre le maintien des épreuves écrites du baccalauréat

par Manuel Magrez.
Publié le 11 mai 2021.
Imprimé le 20 juin 2021 à 21:34
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Un collectif d’une trentaine d’élèves du lycée Marc Bloch à Bischheim appelle à manifester devant leur établissement, le mardi 11 mai à 13h30. Après une année scolaire bouleversée par la pandémie et les confinements, ces lycéens s’opposent au maintien des épreuves du baccalauréat, et demandent la prise en compte unique du contrôle continu.

Au fur et à mesure que l’échéance approche, la colère gronde dans les couloirs des lycées. Et cette colère concerne aussi les établissements strasbourgeois. Ce mardi 11 mai à 13h30, des élèves et quelques professeurs ont prévu de se rassembler devant le lycée Marc Bloch, à Bischeim, pour protester contre l’organisation du baccalauréat 2021.

Épreuves en présentiel mais mal préparées

La première des revendications du collectif à l’initiative de la manifestation, c’est la prise en compte du contrôle continu pour les épreuves de philosophie pour les terminales, et de français pour les classes de première. À ce stade, le reste des épreuves est déjà annulé dans la filière du baccalauréat général. « Les deux épreuves de spécialité (issues de la dernière réforme du lycée, qui a transformé une partie du tronc commun en spécialités, ndlr) sont déjà en contrôle continu, » assure Gaulthier Meyer, élève de terminale au lycée Marc Bloch. Le jeune homme a choisi les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et les Sciences Économiques et Sociales (SES) en spécialité, et il affirme ne pas se sentir prêt à passer des épreuves écrites dans des conditions normales.

Il ne lui reste plus que deux épreuves à passer courant juin, dont la philosophie. Et l’inquiétude règne. Notamment en raison de la règle imposée des demi-groupes en classe : « On n’a pas suivi tous les cours de philosophie et c’est une matière difficile à maîtriser, » concède le lycéen de Bischheim.

L’organisation du Baccalauréat est totalement modifiée cette année encore, en raison de la pandémie du Covid-19.

Pour tenter de calmer le mouvement des lycéens partout en France, le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé la mise en place de nouvelles adaptations. En effet, c’est la note la plus élevée entre celle du contrôle continu et celle de l’épreuve écrite qui sera prise en compte. Mais cette mesure n’est appliquée que pour la philosophie.

En ce qui concerne le français, dont l’épreuve se déroule en classe de première, rien n’est prévu à ce jour. « L’argument du ministère, c’est que la philosophie est une matière assez neuve pour les lycéens, alors qu’on a des années d’enseignement de français derrière soi quand on est lycéen, » déplore un enseignant, qui plaide la « symétrie » dans les règles.

La crainte de grand trous au grand oral

« Je ne pourrais étudier que quatre thèmes sur cinq d’ici la fin de l’année », note de son côté Pascal Kittel, professeur d’histoire-géographie et affilié au syndicat Sgen-Cfdt, qui y voit un obstacle dans la préparation d’une autre épreuve : le grand oral.

Le principe est simple, mais sa mise en place est compliquée : les lycéens planchent sur deux questions qui concernent les spécialités qu’ils ont choisies, et doivent en parler lors d’une épreuve orale face à des professeurs. Dans ce cas, une partie des lycéens et professeurs s’accordent sur l’impossibilité de bien se préparer. « Ils sont face à une année de préparation compliquée, des programmes lourds et une nouvelle épreuve, ce sont un peu les cobayes d’une nouvelle méthode d’évaluation » se désole Pascal Kittel.

De son côté, Gaulthier Meyer se dit en faveur « d’un allègement du coefficient ou d’une neutralisation de l’épreuve ». Un avis qui n’est pas partagé par les professeurs interrogés.

Pascal Kittel se dit encore plus inquiet pour les mois qui suivront le bac. « Ce qui me préoccupe le plus, ce n’est pas le bac, mais l’après-bac. Comment vont faire nos élèves pour se préparer aux études supérieures ? » Il conclut en s’interrogeant : « Avec le confinement et la demi-jauge, les lycéens en spécialité mathématiques n’ont pas pu tout voir. Comment vont faire ceux qui vont intégrer les classes préparatoires l’année prochaine ? »

L'AUTEUR
Manuel Magrez
Manuel Magrez
Etudie le journalisme dans les Côtes-d'Armor et de passage dans l'Est. Intéressé par les sujets de société, santé et politique.

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