Bruno Studer imite (mal) l’accent alsacien lors des questions au gouvernement
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Bruno Studer imite (mal) l’accent alsacien lors des questions au gouvernement

actualisé le 23/10/2018 à 23h13 : Pour ajouter les explications de Bruno Studer

Lors d'une séance de questions au gouvernement, le député du Bas-Rhin Bruno Studer (LREM) a interpellé le ministre de l'Education sur sa stratégie pour l'enseignement des langues vivantes. (vidéo Assemblée Nationale)

Noyés dans une large majorité de plus de 300 élus (354 sur 577 avec le Modem), les députés « La République en Marche « ont parfois du mal à exister politiquement et se démarquent par des sorties loufoques. Ce n’est pourtant pas le cas du député strasbourgeois Bruno Studer, président de la commission de l’Éducation et des affaires culturelles, ainsi que rapporteur sur la loi contre les fausses informations (ou « infox »).

Dans une question au gouvernement ce mardi 23 octobre, l’ancien professeur d’histoire-géographie a cependant pris un accent alsacien complètement forcé, alors qu’il n’a pas d’accent en temps normal. Une manière sûrement de moquer le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui s’est lui-même… moqué de l’accent d’une journaliste originaire de Toulouse avant de s’en excuser.

« Une honte ! »

Dans les rangs de l’Assemblée nationale, on entend le député de Colmar, Éric Straumann (LR), furieux lui lancer « C’est une honte ». « Non, ce n’est pas une honte, vous n’avez pas le monopole de l’Alsace ! », lui répond Bruno Studer, qui ponctue son allocution par un « Vive l’Alsace » et une brève imitation de l’accent… marseillais.

La question et la réponse qui risque de passer au second plan était : « Quelle est votre stratégie pour l’enseignement des langues vivantes ? »

Quant au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, il regarde impassible et répond le plus sérieusement du monde. Le gouvernement prévoit notamment de faciliter les séjours de 6 mois à l’étranger pour les lycéens. L’école internationale de Strasbourg est notamment citée en exemple.

Rappelons que le gouvernement doit donner ses arbitrages sur les compétences attribuées au futur département Alsace. Alors que la majorité est souvent critiqué pour une mauvaise écoute des territoires, voilà qui va sûrement pimenter les dernières négociations.

Le député s’explique

En fin de journée, l’équipe de Bruno Studer a précisé l’intention de cette imitation. Un communiqué explique notamment :

« Sur la forme, le député a choisi de formuler sa question avec l’accent alsacien pour défendre tous les accents de France et celui de l’Alsace en particulier suite notamment à l’attitude récente de Jean-Luc Mélenchon qui s’est ouvertement moqué de l’accent d’une journaliste qui l’interrogeait. « C’est en raison de cet accent qu’en Alsace nous avons subi des moqueries, des brimades, parfois même des règlements de compte sanglants. Je suis fier de cet accent alsacien ».

Studer souhaite également souligner que si son accent était forcé, sa fierté de pouvoir le défendre à l’Assemblée nationale et avec lui l’ensemble des alsaciennes et des alsaciens est bien réelle. N’en déplaise à ceux qui semblent s’en offusquer. »

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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