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La cité-jardin d’Ungemach à Strasbourg était un projet eugéniste
Vigies 

La cité-jardin d’Ungemach à Strasbourg était un projet eugéniste

par Anaïs Engler.
Publié le 25 février 2016.
Imprimé le 23 octobre 2021 à 16:54
17 458 visites. 7 commentaires.
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LE MONDE.FR

Les maisons proposés dans la cité-jardin Ungermach était moderne et confortable pour un prix défiant toutes concurrences. Mais la sélection des résidents suivait des principes eugénistes. (Photo Ji-Elle)

Les maisons de la cité-jardin Ungemach était modernes et confortables pour un prix défiant toute concurrence. Mais la sélection des résidents suivait des principes eugénistes. (Photo Ji-Elle / Wikimedia Commons)

La réapparition d’archives concernant la cité-jardin Ungemach, au Wacken à Strasbourg a permis au chercheur Paul-André Rosenthal, professeur d’histoire à Sciences po Paris, d’éclaircir les raisons et les buts de sa construction dans les années 1920.

Le Monde publie un article à propos de l’ouvrage de Paul-André Rosenthal, Destins d’eugénisme, paru aux éditions Seuil en 2016. Ses travaux de recherche, sur la cité-jardin du Wacken, voulue et construite par Charles-Léon Ungemach, mettent en avant la « complexité du réel » face aux archives retrouvées et s’interrogent sur le concept même d’eugénisme « à la française ».

Une expérience hygiéniste, sélectionniste ?

Léon Ungemach (1844-1928), industriel strasbourgeois préoccupé de politique social et engagé politiquement dans la vie de la ville de Strasbourg, a fait construire de 1923 à 1928  « cent trente maisons coquettes offrant tout le confort moderne et un agencement astucieux de l’espace ». Cette cité était « destinée à de jeunes ménages en bonne santé, désireux d’avoir des enfants et de les élever dans de bonnes conditions d’hygiène et de moralité » d’après le mots d’Ungemach lui même.

Stèle de la cité (Photo EJ / Blog Robertsau)

Stèle de la cité (Photo EJ / Blog Robertsau)

Cette expérience est qualifiée d’eugéniste au sens donné dans les années 1920 en France. Elle relève donc davantage de l’hygiénisme social puisque seuls les éléments en meilleure santé de la société strasbourgeoise d’alors furent sélectionnés pour habiter dans ces constructions. Les couples étaient choisis suite à leurs réponses à un questionnaire de sélection et à leur état de santé physique et mental. D’après l’historien, le système a duré jusque dans les années 1980, ce qui veut dire que des familles qui y habitent encore ont été sélectionnées ainsi.

L’eugénisme est défini lors du Second Congrès International d’Eugénisme de 1921 comme « la direction par les humains de leur évolution ». Mais « sait-on seulement ce que l’on désigne par le terme d’« eugénisme » ? », s’interroge  Paul-André Rosenthal avant de rajouter que ce concept fut régulièrement recomposé pendant le XXsiècle, prenant des significations différentes, plus ou moins proches du sélectionnisme, prônant le tri des populations, ou de l’hygiénisme, promouvant l’utilisation la meilleure du capital humain disponible .

Lire la critique complète de Destins d’eugénisme sur Le Monde.fr.

Article actualisé le 26/02/2016 à 09h20
L'AUTEUR
Anaïs Engler
Anaïs Engler
Journaliste en devenir et stagiaire à Rue89 Strasbourg. Intéressée par la science et la culture dans la vie de tous les jours.

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