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Colmar, Wissembourg, Strasbourg… Une nouvelle minute de silence « pour la mort annoncée de l’hôpital public » vendredi
Société 

Colmar, Wissembourg, Strasbourg… Une nouvelle minute de silence « pour la mort annoncée de l’hôpital public » vendredi

par Guillaume Krempp.
Publié le 16 décembre 2021.
Imprimé le 29 novembre 2022 à 17:55
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Déçus par les annonces du Premier ministre, des médecins et agents des hôpitaux observeront une nouvelle minute de silence « pour la mort annoncée de l’hôpital public » vendredi 17 décembre à 14 heures devant plusieurs établissements à Strasbourg. Cette fois, l’action est également prévues dans les hôpitaux publics de Colmar, Wissembourg et Haguenau.

« C’est gentil de proposer des murs neufs, mais ça ne sert à rien si c’est pour finir par avoir un hôpital fantôme, sans soignant. » Interrogé sur sa réaction face aux annonces de Jean Castex pour les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), le médecin des urgences Sébastien Harscoat exprime toute son insatisfaction. En visite au Nouvel hôpital civil vendredi dernier, le chef du gouvernement a simplement répété une annonce de reprise de dettes déjà connues (190 millions d’euros), rappelle le médecin.

Certes, Jean Castex a aussi annoncé une aide de près de 20 millions d’euros pour rénover le service de pédopsychiatrie et 20 autres millions d’aide à l’investissement. Mais le praticien hospitalier estime que le « besoin urgent, c’est de donner de l’air au personnel hospitalier, en leur payant leurs primes, en respectant leur repos et le paiement des heures supplémentaires et en recrutant… »

Une reprise de dette insuffisante

Sebastien Harscoat appelle donc à une nouvelle minute de silence vendredi 17 décembre à 14 heures sur le parvis des sites des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (CHU de Hautepierre, NHC, CMCO…). Cet appel s’adresse non seulement aux soignants mais aussi aux citoyens. Selon le médecin, d’autres minutes de silence auront lieu dans les hôpitaux de Colmar, Wissembourg et Haguenau.

Côté syndical, les réactions aux annonces du Premier ministre sont tout aussi négatives. Le secrétaire général de la CGT des HUS regrette tout d’abord une reprise insuffisante de la dette de l’hôpital public : « Avec 190 millions de reprise, on n’est même pas à la moitié de la dette des HUS (500 millions d’euros, NDLR). » Pierre Wach estime aussi que la venue de Jean Castex n’a donné aucune réponse sur le problème de la rémunération des soignants :

« Aux HUS, il nous manque 10 millions d’euros pour le paiement des hausses salariales décidées lors du Ségur. Le Premier ministre ne nous a pas répondu sur ce point… »

« Les effectifs de soignants ne collent plus aux besoins »

« Dubitatif », c’est ainsi que se décrit le secrétaire général de la CFDT des HUS face aux mesures annoncées par le Premier ministre. Florent Cretin estime que le salaire des infirmières reste insuffisant :

« Le Ségur a juste permis de remonter la France de la 28e à la 18e place au niveau des salaires des infirmières selon le pays de l’Union Européenne. Or, la France fait partie des cinq pays les plus riches de l’UE… »

Pour une prise en charge de qualité des patients, le responsable syndical estime qu’il faudrait un soignant pour 10 soignés. L’Agence régionale de Santé en recommande un pour 14 patients. « Les effectifs ne collent plus aux besoins d’une population vieillissante », souffle Florent Cretin.

« On va continuer d’embaucher moins et de fermer des lits »

Pour le secrétaire général Force Ouvrière des HUS, la venue du Premier ministre a au moins permis au chef du gouvernement de prendre conscience « d’une problématique propre à l’hôpital de Strasbourg. » Mais Christian Prud’homme déplore des annonces insuffisantes face au cercle vicieux dans lequel se trouve l’hôpital public strasbourgeois :

« Nous avons de moins en moins de professionnels, donc moins de lits, ce qui entraine une baisse des actes et donc une diminution des recettes directes de l’hôpital. On va donc continuer d’embaucher moins, de fermer des lits pour encore perdre de l’argent ? Soit l’État accepte qu’il doit donner 50 millions d’euros par an au CHU de Strasbourg, soit on réforme le système de financement de l’hôpital public. »

Comme Sebastien Harscoat, Christian Prud’homme espère que cette minute de silence renouvelée permettra « d’inscrire dans le débat présidentiel l’hôpital public et ses moyens. C’est pour cette raison qu’il est important que les citoyens se mobilisent aussi et participent à l’hommage à la mort annoncée de l’hôpital public vendredi. »

Article actualisé le 27/12/2021 à 17h32 : Pour ajouter la participation de l'hôpital de Haguenau à la minute de silence.
L'AUTEUR
Guillaume Krempp
Guillaume Krempp
Journaliste, en recherche d'enquêtes et d'impacts

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