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Au conseil municipal, un premier budget en hausse pour la municipalité écologiste
Politique 

Au conseil municipal, un premier budget en hausse pour la municipalité écologiste

par Jean-François Gérard.
Publié le 22 mars 2021.
Imprimé le 14 avril 2021 à 13:56
2 733 visites. 3 commentaires.

La majorité écologiste va adopter son premier budget, marqueur économique pour lancer son mandat. Face à la crise et pour verdir Strasbourg, la taxe foncière, les investissements et la dette sont en hausse. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 10h.

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Nouvelle majorité, nouveau cap et nouvelles dépenses. La maire Jeanne Barseghian (EELV) va présenter son premier budget aux élus et élues de Strasbourg. Par rapport à 2020, il est en nette hausse, de près de 30 millions d’euros.

Le fonctionnement passe ainsi de 391 à 404 millions. Pour les investissements, le montant grimpe de 152 à 168,4 millions, du jamais vu depuis 2013 et la fin du premier mandat de Roland Ries.

Verdissement et aide sociale au budget

Ces débours supplémentaires, les écologistes les justifient par les trois urgences « écologique, sociale et démocratique » sur lesquelles ils ont basé leur campagne victorieuse un an plus tôt.

L’un des principaux postes de nouvelles dépenses sont les 5 millions d’euros réservés au verdissement des cours d’écoles et de la ville en général, ainsi que les plantations d’arbres (Plan Canopée). À cela, s’ajoutent 900 000 euros pour la rénovation énergétique de 10 écoles. D’autres suivront les prochaines années.

Devenu premier adjoint en charge des Finances, Syamak Agha Babaei aura comme tâche de défendre aux côtés de la maire Jeanne Barseghian les premiers choix financiers de son équipe. (Photo Abdesslam Mirdass / Studio Hans Lucas)

Côté social, la majorité prévoit notamment quatre millions d’aides aux commerçants, familles en difficulté, étudiants touchés par la crise sanitaire et au secteur culturel. Autre sujet de dépenses conséquent, les places pour les personnes sans-abri. Après les 104 premières ouvertes en 2020, une deuxième tranche de 100 places sera lancée en 2021. L’objectif est d’en créer 500 sur l’ensemble du mandat.

Pour la démocratie locale, troisième « pilier » du programme, les montants sont bien plus modestes, avec 660 000 euros. Après le débat sur la 5G mené par l’Eurométropole, on apprend ainsi que deux « conférences citoyennes sur des compétences municipales » seront organisées pour une somme de 50 000 euros. Le thème reste encore inconnu. Figurent aussi 285 000 euros supplémentaires pour les conseils de quartiers… qui n’ont toujours pas été réactivés. Comme au conseil précédent, les opposants Pierre Jakubowicz (Agir) et Nicolas Matt (LREM) interpelleront l’exécutif sur cette obligation légale en fin de séance (lire aussi leur tribune).

Forts investissements et plus de dette

Une partie de ces dépenses supplémentaires sont financées par la hausse de 5% de la taxe foncière, payée par les propriétaires. Elle devrait rapporter 7 millions d’euros de plus.

Les investissements sont en forte hausse et les écologistes ont prévu de les maintenir au même niveau au moins les deux années suivantes pour « transformer le territoire ».

En 2021, ces travaux seront financés pour moitié environ par des emprunts (87 millions d’euros). Ainsi, la dette va augmenter et revenir à un niveau comparable à 2016, soit 241 millions d’euros. Selon les projections du débat d’orientation budgétaire de janvier, elle devrait s’accroître encore dans les années suivantes.

Le débat sur le budget est une sorte de gros résumé des politiques menées. Dans toutes les villes de France, c’est un exercice un peu convenu, pas toujours de bonne foi, où l’opposition critique tout et où la majorité défend ses choix.

Le premier débat en janvier a montré que la fiscalité est un gros point de clivage avec l’opposition LR et LREM. De manière générale, le rapport à la dépense publique est différent : là où la droite la qualifie habituellement comme « les impôts de demain », le premier adjoint en charge des Finances Syamak Agha Babaei l’assimile aux « économies de demain », grâce aux investissements qu’elle permet.

La majorité aura beau jeu de répondre que toutes les collectivités locales, même celles de droite, et l’État français augmentent aussi leurs dépenses et s’endettent face à la crise. Mais l’opposition pourra pointer ce qu’elle estime relever des bonnes ou des mauvaises dépenses. La discussion devrait durer au moins deux heures.

Tour en bois et lieu pour les cultures urbaines

Parmi les autres sujets, un projet de tour en bois de bureaux de 7 étages avenue du Rhin devrait amener des débats (point 11). Cet axe surfréquenté, pollué et récemment urbanisé est depuis plusieurs années devenu un symbole de la politique de « densification » de Strasbourg et concentre de fortes critiques. L’opération, initiée en 2017, prévoit de caser un parking souterrain et « la reconstitution » du terrain multisport à ce carrefour, au 92 avenue du Rhin.

Plus consensuel, les élus votent pour une une zone de culture urbaine au parc de la Citadelle à l’Esplanade (point 34). En plus des mythiques terrains de basket qui seront « remis à niveau techniquement », ce nouveau lieu comprendra :

  • Une zone d’agrès de « Parkour »,
  • Deux skate-parks,
  • Deux nouveaux terrains de basket de 3×3 et deux paniers indépendants,
  • Une rénovation du terrain multisport actuel,
  • Une scène,
  • Un mur d’expression « en accès libre ou organisé » pour les grapheurs et grapheuses.

Le projet, limité à 7 025 mètres-carrés, est estimé à 1,6 million d’euros pour un achèvement en 2022. En campagne, la candidate socialiste Catherine Trautmann proposait un lieu similaire de l’autre côté du canal, sur la presqu’île Citadelle. Saluera-t-elle cette création dans le même esprit ou regrettera-t-elle un manque d’ampleur ? Son projet permettait à des activités nautiques de se développer et était couvert, là où celui de la Citadelle ne permet qu’un fonctionnement extérieur.

Plus de visibilité pour les pétitions ?

En fin de conseil, Pierre Jakubowicz tente pour la troisième fois d’affilée de faire adopter une « résolution », qui engagerait le conseil municipal de Strasbourg. Ses deux premiers essais avaient été rejetés. Il propose cette fois-ci de réserver un espace pour les « pétitions citoyennes » reconnues par le conseil municipal dans « Strasbourg Magazine ».

Une seule a été adressée à ce jour dans ce mandat, contre les repas froids dans des cantines scolaires (voir notre article). Comme les signatures sur papier ne sont plus acceptées, officiellement en raison de la crise sanitaire, il sera presqu’impossible d’atteindre le seuil nécessaire pour provoquer un débat. Les deux pétitions qui avaient dépassé les 2 800 signatures en 2019 avaient bénéficié d’une intense campagne de terrain. La proposition de l’hyperactif opposant semble consensuelle et veut lutter contre « la fracture numérique », mais sera-t-elle suffisante pour obtenir un feu vert de la majorité écolo ?

À suivre en direct à partir 10h.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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