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Fin de la grève CTS après des progrès pour les conducteurs
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Fin de la grève CTS après des progrès pour les conducteurs

par Thibault Vetter.
Publié le 25 mars 2022.
Imprimé le 05 octobre 2022 à 17:45
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Samedi 12 mars, l’Unsa CTS a levé le préavis de grève, lancé lors du Marché de Noël et qui courait jusqu’en juin. Le syndicat majoritaire au sein du service de transports en commun salue un accord avec des avancées sur les conditions de travail et une augmentation des salaires.

En décembre, Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), déplorait l’absence d’amélioration des conditions de travail malgré l’engagement de Jeanne Barseghian (EELV), maire de Strasbourg, pendant sa campagne. Majoritaire dans la société publique de transports en commun, l’Unsa avait été le seul syndicat à déposer un préavis de grève du 4 décembre 2021 jusqu’au 1er juin 2022.

Finalement, le syndicat a levé ce préavis samedi 12 mars, suite à un accord signé entre toutes les organisations syndicales et la direction. Stéphane Daveluy revient sur l’implication des salariés :

« On a eu 60% de grévistes les 4 et 17 décembre, qui devaient être les pics de mobilisation. Et en moyenne, tout au long de la grève, on a eu 7 grévistes par jour. C’est indéniable, cela nous a permis de faire pression sur la direction. »

5 ETP en plus pour soulager les conducteurs

Suite à cette mobilisation, cinq postes de conducteurs (équivalents temps plein) ont été créés comme le prévoit l’accord. « C’est une belle avancée : il s’agit de postes de réserve spécialement destinés à pallier les imprévus et permettre des congés exceptionnels ainsi que des récupérations aux conducteurs », assure Stéphane Daveluy.

Pour rappel, en janvier 2020, Rue89 Strasbourg dévoilait le contenu d’un rapport du Comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail daté de 2015. Dans ce document, 36% des conducteurs de tram y déclaraient s’être déjà endormis en conduisant. L’étude rendait compte d’une « dette chronique de sommeil chez des conducteurs » et formulait des « inquiétudes quand à leur somnolence et leur état de santé mentale ».

L’Unsa demandait la création de 30 équivalents temps plein (ETP) pour améliorer la situation. En cause selon le syndicat, des restrictions budgétaires et un sous-effectif qui imposent une grande flexibilité et des horaires irréguliers aux conducteurs.

Une banque d’échange des services

L’accord prévoit aussi la création de deux postes d’agent de maitrise, pour faciliter l’organisation du travail.

Autre avancée importante selon l’Unsa, l’instauration d’une « banque des services », pour que les conducteurs puissent s’arranger entre eux s’ils veulent s’échanger des services. La mesure sera mise en place sur tous les dépôts le 1er novembre 2022.

Rue89 Strasbourg enquête sur les conditions de travail à la CTS depuis fin 2019. (Photo Evan Le Moine / Rue89 Strasbourg / cc)

La direction se dit prête à financer des postes supplémentaires

L’Unsa salue par ailleurs de bonnes négociations annuelles obligatoire (NAO) concernant les salaires. La direction indique que l’augmentation générale accordée se décompose en plusieurs augmentations étalées dans le temps, sous la forme de trois paliers de 0,5% (avril et septembre 2022, puis janvier 2023), auxquelles s’ajoutes des augmentations forfaitaires de 10 euros en avril et septembre 2021, puis de 15 euros en janvier et mars 2023. Stéphane Daveluy calcule :

« En tout, avec le glissement vieillesse technicité et l’effet report des mesures d’augmentation prises en NAO, entre décembre 2021 et janvier 2023, l’augmentation sera de 150 euros bruts par mois. »

Les conducteurs gagnent aujourd’hui entre 1 600 et 2 200 euros nets par mois selon leur ancienneté.

Des négociations se poursuivent concernant les services à large amplitude, c’est-à-dire des journées qui commencent à 7h et finissent à 19h, avec une pause de 3 à 4 heures dans la journée. Aujourd’hui, cela concerne environ 45% des services. L’Unsa aimerait limiter le phénomène à 35%. Mais la direction estime que le taux de services à amplitude peut difficilement diminuer en dessous de 40%, vu les besoins de forte activité en périodes de pointe, vers 8h et 18h.

La direction affirme à Rue89 Strasbourg qu’elle est prête à financer des ETP supplémentaires, pour permettre un futur accord avec les organisations syndicales, qui engendrerait une réorganisation des plages de travail. Cela permettrait de réduire les tranches de services de 5h à 4h30, des relèves au dépôt le soir et un maximum de pause de 45 minutes. Régulièrement, des réunions de négociations se tiennent entre les syndicats et la direction au sujet des conditions de travail et dans ce cadre, de nouvelles mesures doivent être définies ces prochaines semaines.

Aller plus loin

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Article actualisé le 25/03/2022 à 11h56
L'AUTEUR
Thibault Vetter
Thibault Vetter
enquête sur l'hébergement d'urgence, la grande précarité, les pollutions et l'industrie.

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