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Féminisme, genres et multiculturalisme : trois week-ends de débats aux Bibliothèques Idéales
Culture 

Féminisme, genres et multiculturalisme : trois week-ends de débats aux Bibliothèques Idéales

par Alizée Chebboub-Courtin.
Publié le 3 septembre 2022.
Imprimé le 27 septembre 2022 à 11:03
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Pendant trois week-ends, du 2 au 18 septembre, les Bibliothèques idéales proposent une soixantaine de rencontres, de lectures et de concerts gratuits autour de thèmes qui interrogent la société d’aujourd’hui. Et ce, dans des lieux symboliques.

Après avoir laissé « les livres prendre la parole » lors de leur précédente édition, les Bibliothèques Idéales déclinent cette fois « Le livre est un royaume ». Et pour cause, le festival est dorénavant auréolé par la récente nomination de Strasbourg en tant que Capitale mondiale du livre 2024. Un titre qui oblige cette édition 2022 aux sommets avec une très belle programmation et l’ajout à ses habituels partenariats avec les médiathèques et les libraires de la ville, un week-end de rencontres au Parlement européen.

Cette édition est la deuxième de l’année 2022. La première a eu lieu en janvier, sur le thème « Les livres prennent la parole  » (Photo ACC / Rue89 Strasbourg)

Trois week-ends et une soixantaine d’événements 

Si les Bibliothèques Idéales se succèdent depuis treize ans avec la même volonté – mettre à l’honneur les mots, les livres et la littérature contemporaine – , ses différentes éditions ne se ressemblent pas. Cette année, les organisateurs ont décidé que les rencontres seraient dispersées sur trois week-ends, du 2 au 18 septembre, explique François Wolfermann, le programmateur et créateur du festival : 

« En arrivant début septembre, nous ouvrons la saison culturelle. Mais nous avons eu cette année la volonté d’être présents sur plus de dates, afin que ceux qui font leur rentrée plus tard puissent aussi en profiter. Cibler les week-ends permet également d’être plus facilement accessible pour ceux qui travaillent la semaine et étaient parfois déçus de ne pouvoir se libérer pour une rencontre. »

Les Bibliothèques s’inscriront donc également dans les Journées européennes du patrimoine qui ont lieu les 17 et 18 septembre. 

Comme lors des dernières éditions, des lectures en stations, piscines et musées, ainsi que des concerts rythmeront le festival. (Photo DR)

Comme chaque année, des plumes célèbres seront présentes au festival. Il s’ouvrira avec une lecture musicale de Pascal Quignard, prix Goncourt 2002 pour Les Ombres errantes qui sera accompagné par la pianiste Aline Piboule. Le 11 septembre, on pourra également entendre les paroles engagées de Laurent Gaudé, qui dénonce dans son dernier roman, Chien 51, un monde impitoyable perclus d’injustices sociales. Le désormais habitué Edwy Plenel évoquera ses propres indignations le samedi 17, en partant de son dernier essai L’Épreuve et la contre-épreuve / De la Yougoslavie à l’Ukraine

Transidentité, genres et littérature

En plus des rendez-vous avec des têtes d’affiche, des rencontres plus inédites se tiendront autour de sujets de société ultra-contemporains. Samedi 3 septembre, à 16h, il sera question de transidentité, de liberté et d’égalité avec l’auteur, journaliste et militant trans Tal Madesta et Marie Cau, première femme transgenre à avoir été élue maire en 2020. Elle reviendra sur le sujet de son livre Madame le maire, son parcours de transition et d’engagement politique. 

Tal Madesta, journaliste et militant trans, est l’auteur de l’essai Désirer à tout prix dans lequel il questionne la course à la sexualité et la place laissée aux différentes preuves d’amour. (Photo DR)

La semaine suivante, samedi 10 septembre, ce sera au tour de la philosophe et chroniqueuse de France Inter, Aïda N’Diaye, la traductrice Nora Bouazzouni et l’autrice de Vivre fluide, Mathilde Ramadier, de parler à nouveau de genre, de consentement et de bisexualité. 

Les questions de multiculturalisme et d’origines seront également abordées à plusieurs reprises dans cette édition. Le premier week-end, l’autrice Halimata Fofana et la philosophe Nadia Yala Kisukidi parleront de leur double culture, puis Leïla Slimani interrogera la place de ses racines alsaciennes et marocaines, notamment dans son travail d’écrivain, le 9 septembre à 17h. Enfin, Yasmina Khadra, auteur des Hirondelles de Kaboul, magistralement adapté en film d’animation, livrera sa vision de l’Algérie d’entre-deux-guerres, dimanche 18 septembre à 14h.

Yasmina Khadra est l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad, vendus à cinq millions d’exemplaires. Ses romans ont été traduits dans une cinquantaine de pays. (Photo Géraldine Bruneel. DR)

Questionner sa place quand on naît femme  

Alors que les droits des femmes sont toujours remis en question, certaines artistes viendront questionner et mettre en perspective la place qui leur est allouée ou celle qu’elles choisissent de prendre. Vendredi 9 septembre, à 17h, la talentueuse Emma Becker reviendra sur son rapport au désir, à son corps et aux mots, notamment en tant que femme, à l’occasion de la publication de sa nouvelle œuvre, L’Inconduite, une autofiction à travers laquelle elle questionne son rôle de mère. Elle avait fait polémique avec son premier livre, La Maison, dans lequel elle revenait sur son expérience de travailleuse du sexe et le plaisir qu’elle avait éprouvé à exercer ce métier. 

L’historienne Michelle Perrot et la psychanalyste Laurie Laufer se rencontreront autour du thème Femmes puissantes, puis l’historienne féministe Christelle Taraud livrera un grand entretien sur la question du féminicide, dimanche 11 septembre. Lou Lubie et Blanche Sabbah, respectivement autrices des BD Et à la fin ils meurent et Mythes et Meufs échangeront sur la place des femmes dans les contes et la morale qu’ils véhiculent. Une occasion de rappeler que les romans graphiques, les BD et l’illustration ont toujours toute leur place au festival.

L’illustration et la Bande dessinée sont aussi présentes dans cette édition, avec notamment la venue de Lou Lubie et Blanche Sabbah, ainsi que de l’illustrateur strasbourgeois Frédéric Pillot. (Photo DR)

Ces sujets très actuels séduiront certainement un public jeune. Celui-ci est de plus en plus présent aux Bibliothèques Idéales, comme cela a pu être observé lors de l’édition de janvier 2022 aux rencontres avec les autrices du podcast et du livre Kiff ta race et Rose Lamy, créatrice du compte Instagram Préparez-vous pour la bagarre et autrice du livre Défaire le discours sexiste dans les médias. 

Finir en beauté au Parlement européen

Pour la première fois, les Bibliothèques Idéales pénétreront dans l’hémicycle du Parlement européen. Une manière de (re)découvrir le lieu comme un espace de vie citoyenne. Il sera même possible d’y prendre son petit-déjeuner lors de la première rencontre du dimanche 18 septembre, à 10h, autour d’un Café Libé. Seront présents l’illustrateur Pochep, les journalistes Marie Colmant et Gérard Lefort pour proposer un retour sur les plus belles années du journal Libération, racontées dans la BD Libération – Nos années folles. 

Pour la toute première fois, les Bibliothèques Idéales proposeront des événements dans le Parlement européen. (photo Manuel Magrez / Rue89 Strasbourg / cc)

Ce nouvel espace devrait rassurer ceux s’inquiètent de la disparition des réservations – elles avaient été mises en place pendant le Covid. Avec ses plus de 800 places, l’hémicycle devrait en effet être assez grand pour accueillir tous les participants, même lors de rendez-vous avec des têtes d’affiche comme Amélie Nothomb et sa soeur, Juliette Nothomb, le 15 septembre à 17h, Simone Schwarz-Bart le 18 septembre à 11h30, ou encore Emmanuel Carrère, présent pour la clôture du festival à 17h. Les détails de la venue des 80 artistes sont disponibles sur le site de l’événement ainsi qu’en version papier avec le retour du programme imprimé.

Article actualisé le 03/09/2022 à 15h38
L'AUTEUR
Alizée Chebboub-Courtin
Alizée Chebboub-Courtin
Journaliste sortie de l'Ecole de Journalisme de Grenoble. Fouineuse hyperactive. Social, écologie et féminisme.

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