Pour les associations écolos, la lutte continue au-delà du GCO
Société 

Pour les associations écolos, la lutte continue au-delà du GCO

Alsace Nature, les Fédinois contre le GCO ou encore La réserve du Bishnoï… Ces associations ont tenté par tous les moyens d’empêcher la construction du Grand contournement ouest (GCO). Un an après l’évacuation de la ZAD du Moulin, leurs combats ont évolué, entre surveillance des chantiers, ateliers zéro déchets et préparation des élections municipales…

« Lundi, j’étais encore sur le terrain pendant que les machines de l’entreprise Holtzinger déboisaient les derniers hectares de la forêt du Grittwald. » Philippe Ployé, président de l’association Les Fédinois contre le GCO, continue de se mobiliser contre le chantier du Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles).

L’habitant de Vendenheim le reconnaît : « Il y avait plus de forces de l’ordre que de militants (une quinzaine, ndlr). » Mais l’activiste ne baisse pas les bras, malgré une baisse du nombre d’adhérents actifs de 150 à une quarantaine aujourd’hui. Philippe et ses camarades continuent de garder un œil attentif sur le chantier de Vinci : « Tant que les travaux continuent, on relève les irrégularités pour éventuellement constituer des plaintes… »

Et le retraité de citer quelques exemples de contraventions aux cahiers des charges des travaux : filets de protection mal installés, chantier non-balisé, ou abris pour chiroptères non-bouchés avant l’abattage des arbres…

Début septembre 2018, peu avant l’audience d’une requête en référé déposée par Alsace Nature, une cinquantaine d’opposants au GCO se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg (Photo Abdesslam Mirdass)

Objectif : perturber les municipales

Au-delà du chantier, le président de l’association fédinoise compte aussi s’impliquer dans la campagne pour les élections municipales :

« On assistera à toutes les réunions des candidats. Ceux qui ont soutenu le GCO devront être mis face à leurs responsabilités. »

Lorsque le Fédinois lit le journal, il songe déjà au discours accusateur qu’il relaiera sur les réseaux sociaux et pendant les réunions de campagne :

« J’ai appris dans les DNA que l’État pourrait être condamné à payer 10 millions d’euros à Vinci si les camions en transit ne sont pas interdits de circulation sur l’A35 au moment de l’ouverture du contournement ouest. Ça représente une sacrée somme à payer pour le contribuable… et une position pas très confortable pour les élus pro-GCO… »

Le Bishnoï et la lutte anti-gaspillage

Dans le Kochersberg, l’association Réserve du Bishnoï a fait le choix de la diversification. « C’est toute la société de consommation qui doit changer », affirme l’une de ses membres, Christine Ludes. En mars, les militants ont ainsi lancé un défi « zéro déchet ». Six mois plus tard, « certaines familles ont réussi à diviser la quantité d’emballages jetés par deux », se félicite Christine.

Dans le secteur de Kolbsheim, les membres de l’association ont organisé des ateliers pour fabriquer ses propres savons, organisent l’achat en vrac ou directement chez le paysan… « On a répondu à la demande exprimée lors du dernier festival Bishnoï, se souvient la retraitée, beaucoup de gens ont demandé d’autres ateliers de réduction de déchets. »

Christine Ludes a aussi participé à l’organisation des « 10 jours vert le futur« , un événement « pour se retrouver après deux ans de lutte commune », comme l’explique la militante. Car l’Alsacienne n’a pas l’intention de baisser les bras :

« C’est une démarche de résilience pour continuer le combat ensemble. Peut-être que pour nous c’est trop tard, mais les générations futures doivent savoir que les paroles des politiciens sur l’environnement ne valent rien. Pour eux, le GCO doit au moins servir d’exemple pour que la poudre aux yeux ne fonctionne plus. »

« La lutte est toujours là »

Pour Stéphane Giraud, cette vigilance citoyenne est nécessaire. Le directeur de l’association Alsace Nature dénonce des contrôles préfectoraux trop laxistes sur le chantier autoroutier :

« Lors du dernier abattage à Vendenheim, la préfecture a annoncé que tout s’était bien passé alors que les filets de protection (des brataciens, ndlr) étaient totalement inopérants… »

Ces dernières années, la lutte contre le projet autoroutier a accaparé les ressources de l’association environnementale. En 2018, les dons ont connu une hausse de 50 000 euros par rapport à l’année précédente. Un effet GCO qui n’a cependant pas amélioré les finances d’Alsace Nature : « Cette autoroute a occasionné un sacré bordel pour nous, entre les frais d’avocat et les autres dossiers qui ont pris du retard… » Mais Stéphane Giraud ne regrette en rien la stratégie de l’association :

« La mobilisation qu’on a connue face à l’abattement des arbres en 2018, si on avait réussi à mobiliser autant de monde trois ans plus tôt, le projet n’aurait peut-être pas eu lieu. Mais au moins il y a eu une prise de conscience chez les citoyens. Si on a perdu sur le GCO, on est maintenant en capacité de changer la société pour faire en sorte de ne plus en avoir d’autres… C’est aussi pour ça qu’il y a ces commémorations, parce que la lutte est toujours là, elle nous a unis malgré les recours rejetés et l’évacuation de la ZAD. »

L'AUTEUR
Guillaume Krempp
Guillaume Krempp
Journaliste en alternance depuis la rentrée 2017.

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