La municipalité abandonne les poursuites contre l’Hôtel de la Rue
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La municipalité abandonne les poursuites contre l’Hôtel de la Rue

Une procédure d’expulsion était en cours en vue d’une expulsion des personnes résidant à l’Hôtel de la rue, un bâtiment appartenant à la Ville à Koenigshoffen. La nouvelle municipalité se donne trois mois pour régler ce dossier.

La nouvelle municipalité écologiste annonce dans un communiqué l’arrêt des poursuites contre l’occupation de la Maison Gruber à Koenigshoffen. Depuis juillet 2019, cet imposant bâtiment propriété de la Ville de Strasbourg est occupé par un squat autogéré appelé « Hôtel de la rue », qui a accueilli plusieurs centaines de personnes sans-abris. La précédente municipalité voulait obtenir une décision d’expulsion et avait engagé des poursuites contre Edson Laffaiteur, président de l’association d’aide aux personnes sans-abris La Roue Tourne. Le tribunal devait rendre sa décision ce jeudi 9 juillet.

La Ville avait cependant mis en place un service de sécurité, accepté par l’association. La nouvelle municipalité souhaite désormais établir une convention d’occupation temporaire avec La Roue Tourne, avant que des travaux ne soient engagés dans le bâtiment en vue d’y installer une « maison des services publics » pour l’ouest de l’agglomération.

Squat autogéré ou centre d'hébergement sous convention avec la Ville de Strasbourg ? Les bénévoles et habitants de l'hôtel de la rue Gruber décident lundi soir. (Photo Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc)
Le squat autogéré bénéficie tout de même de l’appui de la Ville de Strasbourg pour la sécurité (Photo Emeline Burckel / Rue89 Strasbourg / cc)

Le communiqué complet

La Ville de Strasbourg, sous l’égide de Roland Ries, était engagée depuis plusieurs mois dans une procédure contre l’occupation illicite de la Maison Gruber, située au 91, route des romains, dans le quartier de Koenigshoffen. Ce bâtiment, acquis par la Ville en décembre 2018, est destiné à devenir une maison des services publics attendue par les habitant.e.s du quartier.

Depuis un an, le lieu, dit « Hôtel de la rue » a été investi par un collectif devenu association « La Roue Tourne » afin d’y héberger et ainsi de donner refuge à des centaines de personnes sans domicile. En dépit de la procédure d’expulsion en cours, la Ville a toujours veillé à la sécurité des personnes, de leur environnement et des biens publics, dans une volonté constante de dialogue avec les occupant.es.

Aujourd’hui, la nouvelle municipalité souhaite formaliser une convention d’occupation temporaire associant les occupant.es des lieux, l’association « La Roue Tourne » et des professionnel.le.s de l’accompagnement social. La durée de cette occupation temporaire sera définie en fonction du lancement des travaux de la maison des services publics.

Ce travail sera mené, dans un délai de trois mois par Floriane VARIERAS, adjointe en charge de la ville inclusive, en associant l’ensemble des partenaires, dont les acteurs de la zone d’activité GRUBER.

Dans cet esprit, afin de laisser le temps au dialogue et à la co-construction d’une solution partagée par toutes et tous, la Ville de Strasbourg a décidé de suspendre toute action tendant à l’expulsion des personnes occupant ce bâtiment.

Jeanne BARSEGHIAN, maire de Strasbourg, fait de l’urgence sociale, avec les urgences climatique et démocratique, une des priorités fortes de son mandat. Le droit au logement effectif pour toutes et tous est un engagement qui se traduira rapidement par le lancement des 100 premières places d’hébergement pérennes.

La Ville de Strasbourg poursuivra son dialogue avec tous les partenaires et en particulier avec l’État, pour travailler ensemble à des solutions pérennes et innovantes.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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