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À Mulhouse, des petits propriétaires dépossédés : « Du jour au lendemain, on n’aura plus rien »

À Mulhouse, deux tours de logements datant des années 60 doivent être détruites. Les copropriétaires modestes, parfois endettés, voient l’investissement d’une vie disparaître brutalement.

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À Mulhouse, des petits propriétaires dépossédés : « Du jour au lendemain, on n’aura plus rien »
Les tours Plein Ciel, construites dans les années 1960.

« Le jour où ils feront péter les tours, je serai encore dedans ! », prévient Laurent Schneider, 71 ans, dans son appartement au 19e étage d’une des tours « Plein Ciel », situées dans le quartier prioritaire des Coteaux à Mulhouse. Comme lui, des dizaines d’habitants vivent suspendus à une décision d’expulsion de leurs logements, préalable à une destruction de ces tours. Certains habitants se sont endettés pour acheter leurs appartements il y a plusieurs décennies. Mais pour l’agglomération mulhousienne, d’importants travaux de mise aux normes incendie sont nécessaires sur ces tours et elle estime que les copropriétaires ne pourront pas les financer.

Mulhouse Alsace agglomération (M2A) propose de racheter les appartements à un prix moyen de 495 euros le mètre carré, bien en deçà des valeurs du marché, estimées à 1 000€ le mètre carré dans le quartier.

Les tours « Plein Ciel » construites dans les années 60 pourraient disparaître.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg / cc

« On s’est serrés la ceinture pendant de longues années »

« On a d’abord cru à une blague » assure Leïla Abadi, 49 ans, assise dans son salon. Jetant un regard aux jouets de son petit-fils, rangés dans un coin de la pièce, elle raconte : « Cet appartement, c’est la maison du bonheur. Toute la famille s’y réunit« .

Leïla Abadi vit au douzième étage de la première tour Plein Ciel. En 2006, avec son mari, elle a contracté un emprunt sur 25 ans pour acheter cet appartement. Ils avaient trente ans tous les deux, elle était caissière chez Aldi, son mari ouvrier, et gagnaient chacun 1 000€ par mois. Ils pensaient alors : « même s’il faut se serrer la ceinture pendant de longues années, on commence jeune. Comme ça, le prêt remboursé, on profitera avant d’être vieux. »

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