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En Palestine, un premier projet pour faire vivre le jumelage entre Strasbourg et Aïda

Initié par l’association strasbourgeoise Un appel juif pour les droits humains, le premier projet associatif du jumelage entre Strasbourg et le camp de réfugiés d’Aïda, en Cisjordanie occupée, a débuté fin décembre. Il vise à former des jeunes Palestiniens au droit international.

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En Palestine, un premier projet pour faire vivre le jumelage entre Strasbourg et Aïda
Plusieurs personnalités d’Aïda (Bassam Abu Srour, Anas Abu Srour et Saïd Alazzeh) au côté de Jeanne Barseghian, samedi 24 mai 2025.

Permettre aux jeunes d’Aïda de « plaider leur cause par leur propre voix ». C’est le cœur du tout premier projet associatif lié au jumelage, inauguré en juin 2025, entre Strasbourg et le camp d’Aïda près de Bethléem en Palestine. Âgés de 19 à 26 ans, une vingtaine de jeunes Palestiniens suivent depuis dimanche 28 décembre une formation dédiée au plaidoyer et au droit international.

Vers une « école des droits humains »

Concrètement, Yoav Shemer-Kunz, enseignant en sciences politiques, donne des cours aux jeunes d’Aïda, au sein du centre de jeunesse du camp. Au programme : droit international, connaissance des grandes conventions internationales et décryptages des instances européennes. La formation est pensée comme une première étape vers la création d’une « École des droits humains » à Aïda.

A Aïda, devant le centre de jeunesse du camp.Photo : Document remis

Militant franco-israélien à Strasbourg, Yoav Shemer-Kunz détaille le rôle de ce cursus :

« L’idée est de donner aux jeunes les clés juridiques pour qu’ils puissent mettre des mots sur ce qu’ils vivent au quotidien. Ces formations leur permettront de promouvoir la cause palestinienne par le droit et l’engagement international, dans la diplomatie et avec l’Europe. »

Cinq jeunes Palestiniens sont attendus à Strasbourg à l’issue de la formation, à une date encore indéterminée. Ils y rencontreront des élus locaux et européens, des étudiants et des responsables associatifs de la ville.

Soutenir la « résistance culturelle palestinienne »

L’armée israélienne a déjà fait irruption dans le centre de jeunesse du camp d’Aïda, qui défend des projets d’art, de culture et de sport. Yoav Shemer-Kunz estime que cette formation est aussi un soutien à « la résistance culturelle et à l’identité palestinienne face à l’occupation et à l’apartheid » d’Israël en Cisjordanie.

Le camp d’Aïda, établi depuis 1950 au pied du mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël, compte environ 7 000 habitants. « Les jeunes y font face à des restrictions de mouvement et à une exposition constante à la violence », explique Saed Zain, chargé de projet du centre de jeunesse d’Aïda dans une vidéo tournée pour le projet. « Les conditions de vie y sont extrêmement difficiles, d’autant plus depuis 2023, décrit Yoav Shemer-Kunz. Les habitants sont enfermés, encerclés par l’armée israélienne. »

« Faire vivre un axe citoyen Strasbourg – Aïda »

Un Appel juif pour les droits humains, l’association strasbourgeoise qui porte le projet, souhaite « promouvoir les voix juives et israéliennes pour les droits des Palestiniens et la paix au Proche-Orient ». Elle a obtenu 5 000 euros de la Ville de Strasbourg mais pour mener à bien l’ensemble du projet, qui comprend la visite des jeunes d’Aïda à Strasbourg, 5 000 euros supplémentaires restent à réunir.  

L’association a mis en place un financement participatif. Il permettra, selon Yoav Shemer-Kunz, de « faire vivre un axe citoyen Strasbourg – Aïda » et donnera aux Strasbourgeois l’occasion de « s’impliquer de manière concrète dans le jumelage ».


#Palestine

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