Depuis le début de la campagne municipale, la critique est la même au sein de l’opposition : l’exécutif aurait mal géré les finances de la Ville pendant six ans. Avec cet argument : la dette de la collectivité a doublé. Travaux et re-travaux de la rue Mélanie, brumatiseurs installés l’été, aménagements éphémères place du Château, réaménagement de la place du Temple-Neuf… Sans cesse, ces projets sont invoqués comme des exemples de « dépenses superflues » de la mandature écologiste.
À son local de campagne au Neudorf mardi 24 février, c’était la même rengaine pour Pierre Jakubowicz (Horizons) qui a rajouté vouloir en finir avec la « spirale infernale » mise en place par Jeanne Barseghian dans la gestion des finances.
Mettre fin aux « gadgets »
Le candidat promet qu’il n’y aura plus de « gadgets » ni de « gâchis » et rêve d’une « gestion à l’alsacienne ». C’est à dire « revenir au bon sens ». C’est à dire limiter le recours aux cabinets de conseil. Ah.
« Leur recours sera une exception », affirme son colistier Philippe Cornec, retraité et ancien cadre de la fonction publique territoriale. Exit donc les consultant·es, place aux agents et agentes municipales et à leurs compétences, officialisées dans une charte de collaboration avec les élu·es.

Relancer l’attractivité économique
Pour Anne Jelinski, numéro 4 sur la liste et… consultante en ressources humaines, Strasbourg doit redevenir « un écrin pour l’attractivité et l’investissement ». Traduction libre : si les entreprises créent des richesses, tout le monde y gagne. La mesure phare ? Un « guichet unique de l’attractivité » pour simplifier la vie des entreprises depuis le centre administratif. Pierre Jakubowicz abonde. Il faut « créer des richesses avec plus d’emplois ». Et recourir davantage aux fonds européens :
« Strasbourg est loin d’être exemplaire. On aurait pu postuler au label Ville neutre en carbone 2030. Toutes les grandes métropoles ont eu 30 millions d’euros sur le mandat et Strasbourg était la seule métropole absente. »
Créer un fonds « fierté »
Le candidat annonce la création d’un « fonds fierté », qui pourrait s’appuyer sur les capitaux des sociétés d’économie mixte dans lesquelles la Ville est actionnaire telles que la Samins, Parcus ou la CTS. « Souvent, il y a des capitaux qui dorment pour consolider des matelas financiers, ou alors qui sont placés. Nous, nous voulons les utiliser », avance-t-il.
Côté économies cette fois, le candidat Horizons revient sur la gratuité des transports pour les moins de 18 ans à la CTS. Sans annoncer sa suppression, il en conteste le principe universel. « Il faut que ceux qui peuvent payer paient. » Un argument déjà avancé par Étienne Loos, son colistier, lors d’un débat sur la gratuité des transports. Selon Pierre Jakubowicz, les 11 millions d’euros annuels consacrés à cette mesure auraient pu financer « un an et demi d’entretien des espaces verts, trois ans de subventions sportives ou sept années d’éclairage public ».
Suppression de postes si nécessaire
Les postes de fonctionnaires créés pendant le mandat seront, s’il est élu maire, examinés rapidement. Un audit devra déterminer leur « pertinence » et permettre, si nécessaire, de les « redéployer » ou de décider de leur maintien – ou de leur suppression.
Toujours dans l’optique de séduire un électorat commerçant et entrepreneurial, Pierre Jakubowicz promet un suivi très concret des projets municipaux. Chaque initiative susceptible d’affecter les commerces — qu’il s’agisse de stationnement, de voirie, de travaux ou de transports — sera passée au crible par une étude d’impact économique. L’idée étant d’anticiper les pertes potentielles de chiffre d’affaires, les perturbations sur le flux de clients et l’influence sur la fréquentation des quartiers.
« Pause fiscale »
Il conclut en promettant une « pause fiscale » lors du prochain mandat, pour les ménages comme pour les entreprises. « Strasbourg a les moyens d’agir », lance-t-il.
Il dit vouloir réorienter les investissements vers des priorités plus structurelles, comme l’accessibilité des « 30 000 sites non accessibles » aux personnes en situation de handicap, plutôt que vers des projets qu’il considère comme ponctuels, tels que les tiny houses de la Robertsau ou certaines installations éphémères de logements à la Montagne verte.






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