Pour le Racing, après la frustration, l’exigence de la montée
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Le football est ma religion, le Racing ma confession. Je ne suis pas baptisé, si ce n'est à la sueur de mes premières émotions de supporter. Déjà 20 ans que ça dure et ce n'est pas prêt de s'arrêter...
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Pour le Racing, après la frustration, l’exigence de la montée

actualisé le 10/08/2018 à 11h20

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Au stade de la Meinau, le Racing recevra des équipes de National pour la quatrième saison de son histoire. La dernière ? (Photo : Paolo)

Au Racing, la saison 2014-2015 s’était achevée par un sentiment général de frustration pour avoir manqué de peu la promotion. Au lieu de la Ligue 2, on aura donc encore droit au National en 2016 du côté de la Meinau. Quel bilan tirer du dernier exercice en date ? Sur quelles bases le Racing 2015-2016 s’apprête-t-il à redémarrer ? État des lieux.

BlogC’était il y a presque deux mois, le 22 mai très exactement. Après des semaines de suspense, sur les coups de 21h50, le verdict était tombé : le Racing était finalement privé de Ligue 2, échouant à la quatrième place de National.

Il régnait alors comme une impression de déjà-vu, en témoigne les mésaventures similaires de 2009 et 2011, alors que le club ambitionnait respectivement une promotion en D1 et en D2. Le coup de l’ultime match décisif, ce n’est décidément pas le bon plan, si on rajoute en prime la rétrogradation de 2010 entérinée – devinez-quoi ? – ben, oui, à la dernière journée.

Le Racing n’est pas maudit

Et pourtant, non, le Racing n’est pas maudit, puisqu’en 2012 la finale de la saison avait enfin souri au RCS (promotion en National, arrachée à Epinal), tandis que le maintien en D3 un an plus tard fut même obtenu… après la fin de saison, sur tapis vert, suite à l’affaire Luzenac.

Pour tordre le cou une fois pour toutes à l’hypothèse d’une supposée « malédiction Racing », souvenons-nous aussi de toutes les vraies finales, de Coupe, sur un match sec, remportées par Strasbourg face à Valenciennes (1951), Rouen (1964), Nantes (1966), Bordeaux (1997), Amiens (2001) et Caen (2005).

Ironie du sort, la seule finale de coupe perdue depuis le premier sacre de 1951 était peut-être celle qu’on méritait le plus de gagner, face au grand Paris de 1995 ; à une époque où le PSG n’était pas encore arrosé par les pétrodollars

Prestations souvent convaincantes

Revenons-en à 2014/2015. Comme il est de coutume sur ce blog après chaque saison (en l’occurrence avec un brin de recul), il s’agit de tirer un bref bilan. Il faut tout d’abord reconnaître que les Strasbourgeois ont eu le mérite de présenter un visage pleinement conquérant, à compter du 10 avril : une certaine abnégation, sept succès consécutifs et des prestations souvent convaincantes.

Si dans un dernier billet moi-même et JPdarky pensions que Jacky Duguépéroux avait quelque peu perdu la flamme, un léger mea culpa est nécessaire : à 67 ans, le « Shaq » est encore parfaitement vaillant et sans doute un des meilleurs choix possibles pour ce Racing englué dans les basses divisions.

L’aspect du public est également remarquable. Les chiffres bruts (quoiqu’un peu surestimés) sont impressionnants : 12 829 spectateurs en moyenne à la Meinau et ce dernier match contre Colomiers joué à guichets fermés.

Suite à la liquidation judiciaire de 2011, on craignait que le Racing ne tombe définitivement dans l’anonymat et ne finisse carrément par crever d’indifférence. Au lieu de cela, une génération de supporters s’est spontanément mobilisée pour conjurer la mort du club et croire en une résurrection qui toutefois, d’un point de vue sportif, vient cruellement à tarder.

Manque de régularité

Le Racing a-t-il fait une bonne saison ? Une réponse nette et tranchée est impossible. Sur un plan strictement comptable, le RCS a conquis en moyenne 1,91 point par match, ce qui en général suffit pour atteindre le podium. En comparaison, il y a deux ans en CFA, le club avait fini en tête avec l’équivalent de 1,82 point/match (base de trois points par victoire).

En fait, chaque championnat possède sa réalité propre au-delà de toutes prévisions comptables, si bien que même le Racing de 2010-2011 avait échoué au pied du podium de National avec 1,93 points/match, trois défaites seulement et une Meinau inexpugnable.

Hormis un ou deux points en plus, qu’a-t-il manqué à Strasbourg pour monter ? Assurément, de la régularité sur l’ensemble de la saison. Sur les matches retour, le bilan est pour le moins flatteur : 13 victoires, 2 nuls et 2 défaites. Un vrai rythme de champion, à l’instar du Racing de Laurent Fournier (2010-2011) qui sur la seconde phase avait accumulé 14 victoires et 6 nuls, dans un championnat marathon à 21 clubs.

Mais si le Racing a raté la promotion en 2011 comme dernièrement en 2015, c’est essentiellement pour avoir foiré la phase aller. Ainsi, rater ses débuts signifie toujours hypothéquer ses chances de remplir les objectifs, même avec une remontée spectaculaire.

Avec un tel budget, finir quatrième est un échec

Compte-tenu de son gros budget et de son fort potentiel, le Racing ne peut avoir qu’un objectif en National : monter. Monter et convaincre même, car sans philosophie tactique on se ramasse en général rapidement la tronche dès que la difficulté s’élève un peu. C’est ce qui était arrivé au Racing il y a à peine plus d’un an, relégué piteusement en bas de tableau malgré la promotion enregistrée quelques mois auparavant.

En 2014-2015, bien que les dernières prestations en date aient été intéressantes, finir quatrième est avant tout un échec, un échec d’autant plus rageant que la concurrence directe était loin d’être effrayante.

Quelques instants après RCS-Colomiers, j’ai beaucoup apprécié la dignité de Jacky Duguépéroux, lequel déclarait : « C’est un échec personnel car j’ai toujours pensé qu’il n’y avait aucune autre équipe de ce championnat qui nous était supérieure. »

Précisément, ce championnat était largement abordable, en dépit de bonnes surprises footballistiques comme Bourg-Péronnas (troisième) ou Luçon (cinquième). A contrario, le niveau du Paris FC (deuxième) m’a laissé perplexe bien plus d’une fois, en témoigne par exemple la facilité qu’avait eue le Racing à dominer les Parisiens, en dépit d’un score final étriqué (2-1, fin janvier). Quelques bons matches ne sauvent jamais une saison.

Vaincre et convaincre en 2015-2016

Quoi qu’il en soit, le Racing s’apprête à entamer dans quelques semaines une troisième saison consécutive en National. Mais visiblement, être contraint au surplace ne semble toujours pas pousser à l’autocritique une direction satisfaite d’elle-même, en dépit des échecs répétés et d’une stratégie de développement pour le moins discutable.

Excessivement indulgent jusqu’ici envers Marc Keller et ses amis, le public pourrait commencer à perdre sérieusement patience en cas de nouvelle désillusion. En clair, c’est désormais quitte ou double : la promotion en D2 et le droit de rêver ou l’acceptation d’un redimensionnement à échelle réduite d’un club pourtant mythique.

Pour guider l’équipe, Duguépéroux a finalement rempilé. Il était également important de conserver l’ossature de la deuxième partie de saison, et en particulier parvenir à retenir Ernest Seka et Jérémy Blayac. Avec le recrutement supplémentaire de joueurs comme Eric Marester ou Massiré Kanté, le RCS semble se donner les moyens de ne plus se trouver d’excuse.

Selon Racingstub.com, la première sortie amicale du Racing version 2015-2016 face à la réserve du Bayern de Munich (victoire 1-0) a été « convaincante et réussie ». Reste à présent à enchaîner de la sorte, en cultivant un haut niveau d’exigence. Pour (enfin) monter, il faudra bien vaincre et convaincre.

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L'AUTEUR
Paolo
Paolo
Fidèle supporter du Racing depuis l'âge de 8 ans, je suis également un grand amateur de football allemand et italien. Mon regard se veut avant tout critique : Strasbourg mérite un grand club et ses fans doivent être respectés. Le lundi de 20h à 22h, je suis à l'antenne sur RBS (91.9 FM) pour le Mojito Football Club, une émission consacrée au foot étranger.

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