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Au conseil de l’Eurométropole, la faible autosuffisance alimentaire de Strasbourg à améliorer
Politique 

Au conseil de l’Eurométropole, la faible autosuffisance alimentaire de Strasbourg à améliorer

par Jean-François Gérard.
Publié le 24 septembre 2021.
Imprimé le 28 octobre 2021 à 01:19
1 189 visites. 10 commentaires.

Flux vidéo fourni par l'Eurométropole de Strasbourg

L’assemblée des 33 communes va commencer par débattre et voter la nouvelle stratégie alimentaire de l’Eurométropole, qui vise à davantage produire sur son sol de la nourriture pour sa population. A suivre en direct à partir de 9h.

Comme en septembre 2020, le conseil de l’Eurométropole effectue sa rentrée au Palais de la Musique et des Congrès au Wacken, pour favoriser la distanciation sociale entre les 99 élus et élues. La grande majorité des 103 points sont de l’ordre technique ou consensuels.

Le point le plus important, pour commencer, sera le vote de la stratégie alimentaire (points 1 et 2). Lors de la campagne des élections municipales, les écologistes estimaient qu’il fallait viser l’autosuffisance alimentaire vers 2050. Sans aller aussi loin, deux délibérations visent à donner le cap jusqu’en 2026.

En 2019, l‘Eurométropole comptait un total de 11 843 hectares de terres agricoles, soit un tiers de la surface de l’agglomération, mais petit à petit grignoté par l’urbanisation (-1,2% par rapport à 2015). Une simulation de l’Eurométropole estime qu’en l’état, il faudrait 10 fois plus d’hectares pour arriver à l’autonomie alimentaire. « La suffisance alimentaire de l’Eurométropole ne peut s’envisager à l’échelle de l’Eurométropole ; elle doit être le résultat d’une alliance des territoires », nuance d’ailleurs la convention avec la Chambre d’Agriculture d’Alsace.

Une majorité de culture de maïs

Les trois quarts des terres actuelles de la métropole sont cultivées en céréales, notamment du maïs (51%) et du blé (18%) ainsi que des cultures industrielles, comme des betteraves sucrières. Les légumes, vignes et vergers ne représentent que 3,4% de ces surfaces. L’agriculture biologique n’occupe qu’une part symbolique (2,3%, soit 139ha de céréales, 96 de fourrage, 44 de légumes, 5 ha de fruits et autant d’oléo-protéagineux) ). Un pourcentage bien en-deçà de la moyenne en Alsace (8,6%) ou encore plus loin de l’objectif national de 15% vers 2022.

La culture maraîchère est largement minoritaire dans l’Eurométropole. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Alors qu’environ 2 500 hectares vont changer de propriétaire d’ici 2026, la convention avec la Chambre d’Agriculture vise à « orienter » ces changements de main vers des maraîchers bio. D’autres axes consistent à mieux protéger la nappe phréatique de la pollution agricole, réduire l’empreinte carbone des exploitations et favoriser les débouchées commerciales, que ce soit la vente directe à la population ou la restauration collective, notamment dans les écoles.

Pour 2021 et 2022, 32 actions avec la Chambre d’Agriculture sont co-financées par la collectivité soit l’équivalent de 733 jours de travail. Elles recouvrent aussi bien la politique foncière, la transmission, la protection de l’environnement, de l’aide logistique que des opérations de communication. D’autres conventions, de moindre ampleur, avec les structures Bio en Grand Est (120 jours) et Terre de Liens Alsace (16 jours) viennent appuyer cette stratégie. L’aide pour les deux années représentes 290 000 euros de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg.

13 projets soutenus

Par ailleurs, 13 projets en lien avec l’alimentation locale comme un système de consigne (Boomerang), le futur magasin au sein de la Manufacture des Tabacs, un restaurant solidaire à Emmaüs Mundolsheim ou la relance d’une légumerie à Breuschwickersheim seront soutenues pour un total de 1,3 millions d’euros entre 2021 et 2024.

Reste qu’il faudra démontrer que ces beaux projets sont suivis d’effets dans les décisions. Le projet de bureaux MackneXT à Plobsheim va par exemple grignoter des terres agricoles, alors qu’un autre site à Illkirch-Graffenstaden permettrait d’éviter cette nouvelle réduction de terres.

Parmi les autres points du jours, relevons :

  • Le tracé choisi pour la prolongation de la ligne de BHNS G vers le quartier Danube (point 3)
  • Un budget supplémentaire pour la fin 2021 (points 4 et 5)
  • La constitution de l’Agora Strasbourg Capitale européenne en comité consultatif pour défendre la vocation européenne de la ville (point 6)
  • La création de 49 emplois dans l’administration (point 13)
  • Le remboursement de frais de garde et d’assistance pour les élus prévu par une loi de 2019, qui ont suscité des débats au conseil municipal de Strasbourg lundi (point 15)

A suivre en direct à partir de 9h.

Aller plus loin

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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