Au conseil de l’Eurométropole, les transports « à la demande » bientôt généralisés
Politique 

Au conseil de l’Eurométropole, les transports « à la demande » bientôt généralisés

Flux vidéo fourni par l'Eurométropole de Strasbourg

Transports, bornes électriques, agence pour le Climat… La majorité de Pia Imbs doit lancer, voire intensifier, des projets imaginés à la fin du mandat précédent. À suivre en direct à partir de 8h30.

Le conseil municipal d’octobre a été annulé à Strasbourg, mais celui de l’Eurométropole survit. La quasi-annulation du Marché de Noël à Strasbourg s’invitera dans les débats puisqu’une question d’actualité a été déposé par Jean-Philippe Vetter (LR).

Les oppositions LR et LREM fustigent « une décision unilatérale » et « l’absence [des] indispensables mesures d’accompagnement [qui] démontre le degré d’impréparation de la maire ». Le groupe socialiste est quant à lui plus mesuré et demande « un plan d’accompagnement économique » qui impliquerait jusqu’au ministre de l’Économie Bruno Le Maire, car « tout un pan de l’économie locale sera durement frappé ».

Le transport à la demande bientôt dans 33 communes

La séance prévoit 40 délibérations sur des sujets amorcés avant les élections municipales. Le deuxième point concerne la généralisation du « transport à la demande » à partir de février 2021, dans les communes de première et deuxième couronne. C’est un dossier cher au précédent président, Robert Herrmann (PS). Mais après une expérimentation dans 13 communes de l’ouest fin 2019, il a mis un point d’honneur à laisser la future majorité décider ou non de sa généralisation.

Concrètement, il s’agit d’une zone dans laquelle il est possible de rallier – dans un minibus électrique pour six personnes – différentes dessertes. La réservation est possible entre 15 jours et 30 minutes à l’avance. On accède à ce service, opéré par un sous-traitant de la CTS, via son abonnement ou un billet normal. En février, 1000 voyageurs ont utilisé le service avant le confinement. La nouvelle majorité va l’étendre à un maximum de communes.

La première zone de transport à la demande

La première zone du transport à la demande, à l’ouest de Strasbourg. Il sera généralisé à toutes les communes de la métropole en 2021.(doc CTS)

Vidéo d’explication de Flex’hop

Le nouveau vice-président aux mobilités Alain Jund (EELV) voit aussi les vertus de ce mode de déplacement :

« Il ne nécessite pas d’infrastructures nouvelles, mais crée un service nouveau. Il rend la voiture occasionnelle inutile. Enfin, cela permet de rabattre des voyageurs vers des lignes de tram ou des gares TER. »

En plus de l’achat de véhicules et de bornes de recharge (1,4 million d’euros), le budget de fonctionnement annuel est estimé à 3,4 millions d’euros par an, soit « trois fois moins cher qu’une ligne de bus », assure Alain Jund. La nouvelle majorité a aussi choisi d’avancer l’heure de début du service, dès 5 heures du matin, comme les tramways. Il se termine à minuit.

« Le succès est là »

« Avant, les communes regrettaient de ne pas être bien desservies. Avec les connexions entre communes, le succès est là. Il n’est plus nécessaire de passer par Strasbourg. Les horaires à la demande permettent d’avoir une bonne correspondance avec les TER », abonde la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs (sans étiquette), elle-même maire de Holtzheim en seconde couronne.

D’ici la mise en service, les élus devront encore choisir de l’implantation des « arrêts », jusqu’à 500 mètres d’une « ligne régulière », en discutant avec chacun des maires. Le débat de ce 23 octobre sera l’occasion de tester la réaction des élus, sachant que 13 sur 33 sont dans l’opposition. La nouvelle majorité a toujours insisté sur sa volonté de travailler le plus possible avec les 33 communes.

Les conseils de l’Eurométropole ont désormais lieu au Palais des Congrès pour permettre la distanciation physique entre les 99 élus et élues. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Voitures électriques et Agence pour le Climat

Toujours au rayon des transports, l’Eurométropole doit – enfin – mettre en œuvre le déploiement de bornes pour voitures électriques. Après le gros couac de l’appel à initiatives privées de 2018, un nouvel appel à été lancé et deux entreprises sélectionnées en mai par l’équipe précédente. Objectif, 90 bornes, soit 150 prises, entre 2021 et 2022. Chaque commune en aura au moins une.

L’autre gros morceau, dès le premier point, concerne l’écologie. Comme la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole déclare « l’état d’urgence climatique » à son tour. Mais Pia Imbs souhaitait coupler cette déclaration symbolique avec des mesures concrètes : celles sur le transport à la demande et les bornes électriques donc, mais aussi une Agence pour le Climat.

Là encore, l’idée avait émergé fin 2019 lors du mandat précédent et de la rédaction du Plan Climat 2020-2030. Sur ce dossier, l’ex vice-présidente Catherine Trautmann (PS) avait alors pris la suite d’Alain Jund, qui avait quitté ses fonctions.

« Nous sommes en pleine rédaction des statuts » indique l’écologiste Danielle Dambach, vice-présidente en charge du Plan Climat. Il devrait s’agir d’une association, comme l’Agence d’urbanisme, l’Adeus.

« Il ne faut pas qu’il y ait des élus de seconde zone »

Sa « gouvernance » sera la plus large possible, avec des « représentants du monde économique » et des associations. La maire de Schiltigheim cite Atmo Grand Est, l’Ademe ou le Centre d’initiation à la nature Bussierre.

Pour Catherine Trautmann, les esquisses de cette agence sont dans la lignée des idées du mandat précédent :

« Le choix associatif était déjà une orientation prise, car elle est plus souple, permet d’être autonome et d’associer le plus grand nombre pour des conseils et de l’expertise. Maintenant, il faut savoir où nous en sommes par rapports aux objectifs du Plan Climat. Comment évalue-t-on ces objectifs, et surtout comment on accompagne les propriétaires et les professionnels dans cette transition, notamment sur le plan énergétique ? Quelle seront les répercussions dans le Plan local d’urbanisme, l’aménagement ou encore la Zone à faible émissions ? Enfin, je me demande quelle place sera réservée aux élus comme nous, qui ne sont ni maires, ni membres de l’exécutif. Ce qui est un peu frustrant quand on a travaillé sur le début du dossier. Il ne faut pas qu’il y ait des élus de première et de seconde zone. »

Des moyens financiers étaient déjà fléchés dans le budget 2020, mais l’agence devrait naître début 2021. Danielle Dambach indique que la structure aura sans doute un directeur, « 10 à 15 salariés » et « un comité de pilotage ». Le budget est « la prochaine étape ». Enfin un « conseil scientifique local », sur le modèle du GIEC, devrait être prochainement constitué pour avoir des avis sur la situation climatique locale.

Aller plus loin

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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