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Huit syndicats appellent les agents de la fonction publique à faire grève pour une revalorisation salariale le mardi 19 mars. Une opération escargot des infirmières libérales est aussi prévue dans la matinée.
« Mettre un terme à la spirale de paupérisation de l’ensemble des personnels de la fonction publique. » Tel est le mot d’ordre de la journée de mobilisation du mardi 19 mars. Une intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires et Unsa appelle à la grève. Les organisations syndicales « condamnent l’absence de toute perspective de mesures générales d’augmentation des rémunérations dans la fonction publique dans un contexte d’inflation encore soutenue ». Une manifestation est prévue à Strasbourg au départ de la place Kléber à 14h.
Dans un communiqué du vendredi 15 mars, la Ville de Strasbourg annonce plusieurs perturbations « en raison d’un préavis de grève impactant l’ensemble des personnels éducatifs ». La fermeture des cantines de la Ville de Strasbourg en fait partie.
De plus, « aucun accueil n’étant possible entre midi et 14h, les enfants devront impérativement être cherchés par un parent ou une personne désignée sur le formulaire d’inscription au plus tard à midi et / ou 16h30 », indique le communiqué de la Ville. Les accueils périscolaires maternels du matin et du soir et les ateliers éducatifs seront assurés dans la mesure du possible. Chaque école précisera sa situation par une affiche à l’entrée de l’établissement.
La Ville de Strasbourg organise un Service Minimum d’Accueil à partir du moment où 25% des enseignants et enseignantes prévoient de faire grève. Les enfants sans professeur pourront être accueillis de 8h30 à midi et de 14h à 16h30 dans l’une de six écoles strasbourgeoises suivantes :
La Ville de Strasbourg conseille aux parents d’élèves de se renseigner dès que possible auprès de la direction de l’école afin de savoir si l’enfant est concerné par le Service Minimum d’Accueil et si son enseignant fait grève.
Selon le délégué syndical Unsa de la Compagnie de Transports Strasbourgeois (CTS) Stéphane Daveluy, les transports publics de l’Eurométropole ne seront pas affectés par cette journée de mobilisation.
Sur l’ampleur de la mobilisation à venir, les responsables syndicaux contactés peinent encore à répondre avec certitude. « Tous les secteurs de la fonction publique seront mobilisés et la grogne est bien là, surtout sur les salaires. La question, c’est à quel point les agents répondront présents », affirme, prudente, la secrétaire général de la CFDT du Bas-Rhin Sabine Gies.
Le secrétaire général de la branche bas-rhinoise de l’Unsa Mohamed Sylla est plus confiant et promet un niveau de mobilisation « proche des manifestations contre la réforme des retraites ». Et le syndicaliste d’expliciter les raisons de la colère :
« Une de nos collègues est secrétaire dans la fonction publique hospitalière, avec 29 ans d’ancienneté aujourd’hui elle gagne à peine 2 000 euros net. »
Du côté de la CGT, le secrétaire général de l’union départementale du Bas-Rhin Laurent Feistauer explique la colère des agents malgré les dernières annonces gouvernementales sur les salaires dans la fonction publique :
« Dans le domaine de l’éducation, on parle d’une baisse de pouvoir d’achat de plus de 20% en 20 ans. Quand j’ai commencé en tant que professeur il y a trente ans, on était à deux fois le Smic en début de carrière. Aujourd’hui, un professeur qui commence gagne 1,2 fois le Smic. Et après on s’étonne qu’on ne trouve plus personne.
Pour donner l’impression d’accorder des augmentations, le gouvernement avance des primes au mérite. On est dans les tromperies de type Sarkozy. Bien sûr, si je travaille plus, je gagne plus. Ce n’est pas une augmentation salariale. C’est faire plus avec moins de personnel. Il n’y a aucun gain de pouvoir d’achat là dedans. »
Le collectif des infirmières en colère s’associe au syndicat Convergence infirmière et appelle à manifester dans la matinée du mardi 19 mars. Une opération escargot partira du cinéma du Trèfle à Dorlisheim pour rejoindre Strasbourg par l’autoroute. Pour une revalorisation des actes et une augmentation des indemnités de déplacement, les infirmières libérales manifesteront devant l’Agence Régionale de Santé à Strasbourg entre midi et 16h.

Samedi 16 mars, le collectif Palestine 67 organise sa marche hebdomadaire en soutien aux Gazaouis et Gazaouies au départ de la place Dauphine, à Strasbourg. Il annonce aussi une conférence le 19 mars.
Le rendez-vous est prévu à 14 heures, samedi 16 mars 2024 place Dauphine à Strasbourg. Comme toutes les semaines depuis début octobre, le collectif Palestine 67 organise une marche de soutien aux Palestiniens vivant sur la bande de Gaza.
Du parvis du centre commercial Rivetoile, la manifestation se dirigera vers la place Kléber en passant par la place du Corbeau. « Nous laisserons la parole aux manifestants qui commémorent la révolution Syrienne lorsque nous les y croiserons », précise Hervé Gourvitch, porte-parole du collectif.
Il appelle notamment au cessez-le feu dans la bande de Gaza et dénonce un génocide « sous nos yeux ». Selon l’agence des Nations Unies en charge des réfugiés et réfugiées palestiniennes, plus d’enfants sont morts à Gaza depuis octobre 2023 que dans tous les conflits entre 2019 et 2022. Son commissaire général, Philippe Lazzarini, a qualifié le conflit de « guerre contre les enfants et leur futur ».
Le 19 mars à 20h, le collectif organise une conférence à la Maison des associations, située à la place des Orphelins au centre-ville de Strasbourg. Il donne la parole à Raji Sourani, avocat et créateur du centre palestinien des droits humains sur le thème « Gaza, cimetière du droit international ? ».
Ce dernier a reçu l’ordre national du mérite de la France en 2021. L’Organisation non gouvernementale qu’il préside a quant a elle reçu le Prix des Droits de l’Homme de la République française en 1996, pour son programme « Préparation de la société civile à la démocratie. »

Vendredi 15 mars, l’ancien maire écologiste de Kaysersberg Henri Stoll et le restaurateur Jean-Joseph Ancel comparaissent devant le tribunal correctionnel de Colmar pour avoir aidé Armand. Sans-papiers, ce dernier est accusé d’avoir contracté un mariage blanc avec son épouse.
« Ce procès symbolise l’état d’esprit actuel, cette mentalité nauséeuse, liée à la darmanisation de la société, où il faut faire la chasse aux étrangers », résume Henri Stoll. Maire Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) de Kaysersberg entre 2001 et 2016, l’ancien édile comparaîtra devant le tribunal judiciaire de Colmar vendredi 15 mars 2024. Il est poursuivi pour avoir « prêté un appartement meublé (…), prêté un véhicule, donné de l’argent (…) et facilité ou tenté de faciliter le séjour irrégulier en France d’Armand Ndountsop Ngouana. » Lors de la même audience, le gérant du restaurant Au Lion d’Or sera jugé pour avoir employé « un travailleur étranger (Armand, NDLR) sans s’être assuré de l’existence d’une autorisation de travail ».

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Dans un mail envoyé le mercredi 13 mars, la direction des services de la Région Grand Est a demandé à ses agents et ses agentes de ne plus utiliser « l’écriture inclusive » dans les documents émanant de la collectivité.
Rue89 Strasbourg a pu consulter un mail adressé aux agents de la Région Grand Est, signé Nicolas Pernot, directeur général des services (DGS). Ce dernier y annonce que « l’écriture dite inclusive est proscrite dans la rédaction des courriers, notes, rapports, vœux, motions, actes, délibérations et tout autre document émanant de la collectivité ».
Nicolas Pernot ajoute même dans son courriel que la consigne doit aussi être appliquée aux « documents […] annexés ».
Comme l’a également mentionné BFM Alsace, il estime que ce mode d’écriture, pensé pour représenter les femmes, les hommes et les personnes non-binaires, « se traduit par une fragmentation des mots et des accords qui constitue un frein à la compréhension de l’écrit. L’impossibilité de transcrire à l’oral les textes recourant à ce type de graphie gêne la lecture comme la prononciation, et par conséquent les apprentissages ».
Le DGS de la Région Grand Est réduit ainsi l’écriture inclusive à l’utilisation du point médian, une convention graphique pensée pour raccourcir les doublets (écrire manifestant·es à la place des manifestants et manifestantes).
Contactée, la Région Grand Est invoque une circulaire du Premier ministre du 21 novembre 2017, interdisant le point médian dans les actes administratifs publiés au Journal officiel, ainsi qu’une directive similaire, prise au sein de l’Éducation nationale, datant du 5 mai 2021.
Elle évoque également une proposition de loi adoptée au Sénat le 30 octobre 2022, visant à interdire l’utilisation de l’écriture inclusive, comme le point médian ou le pronom « iel », dans les documents administratifs mais aussi dans des documents professionnels, commerciaux et d’information du public (actes juridiques, contrats de travail, modes d’emploi, panneaux sur la voie publique…). Une proposition de loi transmise à l’Assemblée nationale.
Et la Région Grand Est d’ajouter : « Le mail du directeur général des services du 13 mars participe des rappels réguliers de cette règle en interne à l’ensemble des agents. Cette règle sera rappelée dans le “Guide des règles de la communication écrite” qui est en cours de finalisation et qui sera très prochainement diffusé à l’ensemble des agents. » Et des agentes.

Sud-Rail manifestera vendredi 15 mars suite à la menace de licenciement d’un syndicaliste de la SNCF qui a témoigné de faits de violences sexuelles sur son lieu de travail. La personne qui a dénoncé des attouchements est, elle aussi, menacée de licenciement.
« Je ne sais pas comment on en est arrivé là. » Marion, agente de circulation de la SNCF depuis douze ans, n’en revient pas. Elle dit avoir été victime d’attouchements par un de ses collègues sur son lieu de travail, en gare de Haguenau, à deux reprises au moins en 2023. Des faits pour lesquels elle a porté plainte, en février 2024. Mais, selon un document que Rue89 Strasbourg a pu consulter, c’est elle qui est convoquée, vendredi 15 mars, à un « entretien de garantie disciplinaire », « en vue d’une sanction pouvant aller jusqu’à la radiation » – ce qui équivaut, en langage SNCF, à un licenciement.

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L’ancien leader du groupuscule d’ultradroite Bastion social a été placé en garde à vue mardi 12 mars. Valentin Linder aurait commandité une agression visant son beau-frère.
Un commanditaire interpellé à Paris, trois complices à Schiltigheim. Selon une information de BFMTV, l’ancien président du groupuscule d’ultradroite Bastion Social et trois complices ont été placés en garde à vue mardi 12 mars. Depuis la capitale, Valentin Linder aurait suivi une agression qu’il aurait commanditée contre l’ex-conjoint de sa sœur. Le guet-apens devait avoir lieu à Schiltigheim, à la sortie du travail de l’homme visé. Ce dernier était suivi par l’équipe de Valentin Linder grâce à une balise GPS placé sous sa voiture.
Mais, comme le raconte BFMTV, les agents de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la police judiciaire de Strasbourg ont interpellé le trio à Schiltigheim avant que l’agression n’ait lieu. Selon nos informations, les membres du groupe étaient sur écoute depuis plusieurs jours.
Jeudi 14 mars, Valentin Linder et ses trois complices se trouvaient toujours au commissariat. Une commission rogatoire a été ouverte permettant aux enquêteurs de garder les suspects en garde à vue pendant 96 heures maximum.
L’enquête ouverte porte le chef « d’association de malfaiteurs en vue de la préparation du délit de violences volontaires aggravées ». Selon une source proche du dossier, l’association de malfaiteurs est caractérisée par l’utilisation d’une balise GPS visant à suivre la cible, et par plusieurs échanges entre les membres du petit groupe d’individus, âgés de 25 à 35 ans.
Selon nos informations, un ancien membre de l’Action française faisait partie du trio interpellé à Schiltigheim. Le militant d’extrême-droite n’en serait pas à son premier coup avec Valentin Linder. Une source policière affirme qu’il a participé à un autre guet-apens à Strasbourg, commandité par l’ancien président du Bastion Social contre un militant antifasciste strasbourgeois en 2022.
D’abord leader de la section strasbourgeoise du Bastion Social, Valentin Linder a pris la tête de l’organisation au niveau national. Le précédent président, Steven Bissuel, avait renoncé à son poste après avoir été condamné pour incitation à la haine raciale. En avril 2019, le Conseil des ministres prononce la dissolution du Bastion social pour « provocation à des manifestations armées dans la rue » et « provocation ou propagation d’idées incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence ».

Des habitants du Neuhof dénoncent des malfaçons et de mauvais matériaux utilisés lors du renouvellement urbain du quartier. L’investissement d’argent public est environ de 215 millions d’euros.
Djamel pose son téléphone sur le sol, la lampe torche activée, pour mieux dévoiler les ondulations du lino posé en octobre 2022 dans sa cuisine. Des impacts apparaissent par endroits. « C’est pire que du bas de gamme », résume l’habitant du Neuhof, dépité : « Là, ils ont même oublié une vis ou un cailloux en dessous », constate t-il, en passant son doigt sur le revêtement. Son appartement, qu’il loue au bailleur social Habitation Moderne, fait partie des 330 logements rénovés par Bouygues rue de Mâcon, pour 23 millions d’euros.


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Une vingtaine d’étudiants et d’étudiantes se sont rassemblées ce 13 mars pour s’opposer à la hausse des loyers de 3,5 % des logements du Crous. La mesure est justifiée localement par un besoin de financement pour rénover les résidences et en construire une nouvelle.
« Qu’est-ce qu’on veut ? Des logements ! Pour qui ? Pour tous ! » Devant un bâtiment du Crous de Strasbourg, quai Dietrich à Strasbourg, des étudiants se sont donnés rendez-vous en début d’après midi ce mercredi 13 mars. À l’initiative de deux syndicats étudiants, Communauté Solidaire des Terres de l’Est (CSTE) et l’Alternative étudiante de Strasbourg (AES), la manifestation dénonce l’augmentation des loyers des résidences du Crous, gelés depuis cinq ans.
Cette mesure a été annoncée le 28 février par Bénédicte Durand, nommée 13 jours plus tôt à la tête du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). Dans un entretien accordé au Parisien, l’ex-rectrice de l’enseignement supérieur en Île-de-France et conseillère d’Élisabeth Borne à Matignon, détaille :
« Il s’agit d’une hausse générale de 3,5% des loyers après cinq ans de gel. Un coût très modéré, entre 2 et 6 euros par mois par étudiant, une fois les aides personnalisées (APL) prises en compte. Les politiques sociales de ces dernières années, comme les repas à 1 euro, ont mis sous tension notre modèle économique. »
Extrait de l’entretien accordé au Parisien
Interrogée par France Bleu Alsace, la directrice du Crous de Strasbourg a justifié la mesure par la nécessité d’investir dans la rénovation et la construction de logements étudiants, dont la nouvelle résidence de 500 appartements place d’Islande qui devrait être livrée en 2027.
« Huit euros en plus par mois ça parait rien pour certains, mais pour moi ça change tout. » Alexandre, 20 ans, drapeau du syndicat Alternative étudiante de Strasbourg (AES) sous le bras, est venu pour « réclamer ses droits ». Logé à la cité universitaire de la Robertsau depuis trois ans où il dépense 191 euros par mois pour une chambre de 10 mètres carrés, l’augmentation l’amènera a payer 96 euros supplémentaires sur l’année. Un accroissement qu’il juge « d’autant plus injuste » au regard d’une résidence « particulièrement délabrée » dans laquelle ses amis ont eu des punaises de lit et ont croisé des cafards :
« La bourse est ma seule source de revenu. Alors chaque été quand je ne la reçois plus, c’est difficile. Avec presque une centaine d’euros en plus par an, ça va être compliqué. »
Également membre du syndicat étudiant, Lilian paye 301 euros pour un logement de 9 mètres carrés au sein de la résidence Paul Appell. Le jeune homme de 18 ans préfère ironiser : « Les seules dépenses que je fais sont alimentaires, et essentiellement pour faire des tartines. Un loyer plus élevé ne va pas augmenter mon niveau en cuisine. »
« J’ai l’impression qu’il y a un contexte général de dégradation de la précarité étudiante avec la fin du tarif boursier pour le Vélhop et le prix du transport qui a augmenté », observe Rayyan, lui aussi membre de l’UES. Son loyer devrait augmenter de 15 euros pour son 24 mètres carrés dans la résidence Les Flamboyants à l’Esplanade.

Mathieu Bellegeulle, secrétaire générale à la Communauté Solidaire des Terres de l’Est, siège le 13 mars au conseil d’administration du Crous qui doit entériner l’augmentation des loyers du Crous à Strasbourg : « Nous sommes ici pour interpeller l’ensemble des administrateurs du Crous et, peut-être, les convaincre. » Sans surprise, l’augmentation sera finalement votée le soir même, malgré l’opposition de l’étudiant de 22 ans et celle de Florian Kobryn (EE-LV), membre du conseil d’administration, conseiller départemental à la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) et seul élu présent au rassemblement.
Au mégaphone, ce dernier clame son soutien aux mobilisés : « Cette mesure enlève le pain de la bouche des étudiants. Il faut revenir à la naissance du projet du Crous, qui doit être un service public qui les aide dans une situation de crise. »
En janvier, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) a rendu les conclusions alarmantes de son étude sur la précarité étudiante. En France, sur les 2,93 millions d’étudiants, 665 000 sont boursiers et un étudiant sur cinq ne mange pas à sa faim.

Alsace-Syrie et l’association des travailleurs magrébins de France appellent à un rassemblement samedi 16 mars à Strasbourg pour le 13ème anniversaire de la révolution syrienne.
« La révolution des Syriens, commencée il y a 13 ans, n’a été soutenue par aucun pays. Depuis, ils subissent la répression du régime d’Assad et des groupes islamistes comme daech », dénonce Nazih Kussaibi, président d’Alsace-Syrie. Son association et celle des travailleurs magrébins de France (ATMF) appellent à un rassemblement samedi 16 mars à 15h place du Corbeau pour le treizième anniversaire de la révolution syrienne.
« Ça sera une mobilisation statique, avec des prises de parole, en solidarité avec le peuple syrien », résume Nazih Kussaibi, qui a vécu en Syrie jusqu’à 25 ans :
« Pour nous, le régime d’Assad est un régime d’extermination soutenu par Poutine et le Hezbollah au Liban. Au total, sur une population de 24 millions de personnes, 12 millions ont dû quitter leur lieu d’habitat au début de la répression, en 2014. Plusieurs millions sont allés en Turquie, en Jordanie ou au Liban, certains sont partis en Europe. La population est massacrée par deux groupes, le régime Syrien et les islamistes. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (source contestée, NDLR), un million de personnes sont mortes depuis le début du conflit, et 149 862 sont détenues politiques. »

Le président d’Alsace-Syrie rappelle que les Syriens sont « descendus dans la rue pour réclamer la démocratie, la liberté et la dignité ». Dans leur tract, les deux associations évoquent la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies, demandant un cessez le feu et une résolution politique du conflit.

Le Parquet national financier a mené une perquisition ce mardi 12 mars dans les locaux de l’Institut de recherche sur les cancers de l’appareil digestif (Ircad) et de l’institut hospitalo-universitaire. Cette opération est menée dans le cadre d’une enquête sur de possibles conflits d’intérêts entre les dirigeants des deux institutions.
Le Parquet national financier (PNF) a mené une série de perquisitions dans les locaux de l’Institut de recherche sur les cancers de l’appareil digestif (Ircad) et de l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg ce mardi 12 mars entre midi et 14h. Selon une source judiciaire, deux magistrats du PNF assistés d’enquêteurs de la Direction Zonale de la Police Judiciaire ont mené les opérations intervenues dans le cadre d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêts. Une source proche de l’IHU a indiqué à l’Agence France Presse qu’ »entre 10 et 15 policiers sont venus saisir des ordinateurs (…) de la direction » ainsi que des documents. Les bureaux du directeur général de l’IHU (le Pr. Christian Debry) et de la directrice des affaires financières (Clelia Kinderstuth) ont notamment été visés par les enquêteurs, selon la même source citée par l’AFP.
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Les bâtiments du nouveau projet immobilier du quartier Archipel devraient être livrés en 2028. La municipalité écologiste y a voulu des logements accessibles, des commerces et services ainsi qu’un parc au bord de l’eau.
Dans sa version initiale, le quartier Archipel 2, situé entre le théâtre du Maillon et le stade de la SIG au Wacken, devait accueillir les sièges du Crédit Mutuel et de la Caisse d’Épargne. Après le covid, les deux banques ont renoncé à ces projets. La municipalité écologiste, élue entre temps, en a profité pour modifier la planification de cette section dont elle a dévoilé les contours mardi 12 mars.

Cette zone de la ville, pensée par l’ancien exécutif socialiste, a des allures de quartier d’affaires avec ses grands édifices en verre et ses sièges d’entreprises. La petite dizaine de nouveaux bâtiments qui sortiront de terre et devraient être livrés jusqu’en 2028 « seront exemplaires et participeront au rayonnement de Strasbourg » selon Jeanne Barseghian, la maire de Strasbourg.

Matériaux biosourcés, îlots de verdure entre les immeubles, réseaux collectifs de chauffage, performance énergétique, toitures végétales… Tous les mots clés sont utilisés par les architectes et représentants des promoteurs immobiliers retenus suite à un appel à manifestations d’intérêts. Les heureux lauréats sont Opidia (qui construit trois petites tours à destination des bailleurs sociaux Habitation Moderne et Ophéa), Promogim, Weller/Lux, Linkcity, Artea ou encore Bouygues.

Au total, Archipel 2 comptera 680 appartements, dont 395 logements aidés : 105 logements sociaux Habitation Moderne et Ophéa, 90 logements d’accession sociale à la propriété et 200 logements intermédiaires. L’association SOS Femmes Solidarité a été incluse dans l’un des projets et bénéficiera de 18 logements à destination de femmes en difficulté, ayant par exemple subi des violences conjugales. Une auberge de jeunesse dédiée aux femmes en recherche d’un cadre sécurisé pour leur séjour strasbourgeois s’établira sur le même site.

Ces nouveaux bâtiments offriront également 10 000 mètres carré de bureaux. Grâce à Locusem, l’agence immobilière de la Ville pour la location aux petites entreprises et aux associations, des commerces et des services seront installés au rez-de-chaussée des immeubles. Certains locaux sont déjà attribués à des structures comme l’Agence du climat ou le magasin de producteurs Hop-Là. Des hébergements seront réservés aux artistes en représentation au Maillon.



« Nous avons fait le choix de garder un maximum d’espaces verts et un parc au bord de l’eau pour réguler la température et lutter contre le risque d’inondation », précise Suzanne Brolly, adjointe à la maire en charge de l’urbanisme. Sur neuf hectares d’emprise opérationnelle, quatre seront des espaces verts, avec notamment des aires de jeu et des lieux de rencontre. L’élue vante un processus de construction inédit avec un jury composé d’élus, d’habitants et d’architectes pour aboutir à un projet qui compte plus de surfaces végétales et de logements :
« Tout a été pensé collectivement, y compris la sectorisation, alors qu’habituellement les parcelles sont prédéfinies à l’avance. Nous avons travaillé deux ans et demi sur ce programme. »
La plupart des chantiers devraient commencer en 2025 ou 2026. Certains sont déjà en cours. « Une partie des habitats aidés avait été décidée par l’ancienne municipalité. Vu l’urgence de construire des logements, nous n’avons pas freiné ces opérations, bien au contraire », détaille Suzanne Brolly.

Mercredi 13 mars, l’association des parents et des enfants de Strasbourg et de l’Eurométropole (APEStE) se mobilise contre une réforme de l’éducation nationale qui prévoit de mettre en place des groupes de niveaux. Devant le collège Jacques Twinger, dans le quartier de Koenigshoffen, les parents d’élèves appellent à une demie-journée « collège mort » de 8h à midi.
Placé en Réseau d’éducation prioritaire (REP), le collège Jacques Twinger, à Koenigshoffen, est « particulièrement sensible à la réforme de niveaux », estime Brahim Maameri, responsable des parents d’élèves du collège et membre de l’association des parents et des enfants de Strasbourg et de l’Eurométropole (APEStE). Mercredi 13 mars, le collectif organise une manifestation « collège mort » devant cet établissement de l’ouest de Strasbourg, de 8h à midi.
« J’appelle tous les élèves et les parents d’élèves à venir nous rejoindre. En particulier ceux dont les enfants sont scolarisés à l’école élémentaire des Romains, juste en face. Ceux en CM2 connaîtront ce problème à la rentrée prochaine », insiste Brahim Maameri :
« Il n’y a pas une grande mixité des publics ici. Les élèves les moins bien lotis vont se retrouver dans des classes difficiles et les inégalités vont s’accroître. »
Après la manifestation, parents d’élèves et professeurs se retrouveront dans une salle mise à disposition par la direction. Damien Fremont, élu EE-LV à la Collectivité européenne d’Alsace, dont dépend la gestion des collèges, sera également présent lors des discussions.
« Je ne pense pas que ça sera suffisant, mais on ne sait jamais. Notre objectif est de nous regrouper pour faire des constats et continuer à mettre la pression », appuie Brahim Maameri. En février 2024, des professeurs de l’établissement avaient fait grève contre la même réforme.
Début décembre 2023, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, a effectué plusieurs annonces dans le cadre du «choc des savoirs», un ensemble de réformes destinées à redresser le niveau des élèves suite aux mauvais résultats de la France dans la dernière enquête internationale Pisa.
Parmi elles, la création de groupes de niveaux à partir de septembre 2024, en classe de sixième et de cinquième, pour le français et les mathématiques. Les élèves seraient divisés en trois groupes à effectifs réduits, selon leurs niveau – à besoins, faible à moyen, satisfaisant et au-delà. De tels groupes sont annoncés pour les classes de quatrième et de troisième, à partir de septembre 2025.

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Depuis 2020, Guilhem Chaubet coordonne Tact, un programme européen de recherche sur les thérapies ciblées dans le traitement du cancer. Quatre ans et une quinzaine de publications scientifiques plus tard, il fait le bilan sur des avancées prometteuses du projet sur l’immunothérapie. Une exposition, des films et une bande dessinée détaillent cette aventure.
Lorsqu’il arrive à Strasbourg, en 2017 après avoir passé avec succès le concours du CNRS, Guilhem Chaubet ne connaît « rien, ni personne ». Chimiste de formation, il décide de s’ouvrir à la biologie pour que son travail « rende service aux gens » au sein du laboratoire ChémoBiologie synthétique et thérapeutique d’Illkirch-Graffenstaden.
En 2020, il répond à un appel à projets européen avec un programme de recherche sur les ADC (antibody-drug conjugates, conjugués anticorps-médicament), un outil thérapeutique qui permet aux produits chimiothérapiques d’être distribués uniquement dans les cellules cancéreuses. Du 11 au 20 mars, le programme Tact (Targeted anti cancer therapies) présente ses résultats au Palais universitaire avec une exposition composée de trois films d’animation produits par le studio Atelier Limo et d’un roman graphique dont les dessins sont réalisées par l’illustratrice scientifique Lison Bernet. Guilhem Chaubet, tout juste lauréat d’une médaille de bronze du CNRS, revient pour Rue89 Strasbourg sur cette expérience.
Rue89 Strasbourg : Comment en êtes-vous venu à travailler sur le cancer ?
Dr Guilhem Chaubet : Quand j’ai postulé au CNRS, il fallait présenter un projet de recherche avec un laboratoire de rattachement. J’en ai pris un à Strasbourg, dans lequel je suis toujours, parce qu’on me l’avait conseillé et parce que les thématiques de recherches étaient intéressantes, comme modifier chimiquement des protéines. J’ai été sélectionné et c’est devenu mon nouveau domaine de recherche.
L’une des applications concrètes et majeures de la conjugaison de protéines, c’est-à-dire faire de la chimie à la surface d’une protéine pour la modifier et lui rajouter des molécules, ce sont ces fameuses thérapies ciblées, ces ADC.
Quel est l’intérêt de ces thérapies ciblées ?
Le problème des cellules cancéreuses, c’est que le système immunitaire n’est pas capable de les identifier comme différentes des saines et donc de les éliminer. Au fil des mutations qui les touchent, ces cellules finissent par devenir immortelles et par se multiplier rapidement. Une croissance infinie dans un milieu fini, ça pose fatalement des problèmes. Cette masse de cellules crée une tumeur et lorsqu’elle commence à envahir les tissus voisins, on rentre dans un cas de cancer.
« Les ADC permettent de livrer directement le poison dans les cellules cancéreuses sans toucher les saines »
Dr Guilhem Chaubet
Historiquement et pendant très longtemps, les moyens de lutte contre le cancer ont été la chirurgie, les radiothérapies et les chimiothérapies. Dans le dernier cas, on utilise des molécules très toxiques, des poisons. Comme les cellules cancéreuses ont besoin beaucoup de nutriments pour soutenir leurs croissances folles, elles vont pomper en majorité tout ce que le corps ingère, y compris du poison. Mais une partie de ce poison va atteindre les cellules saines comme celles du cuir chevelu, des ongles ou de l’appareil génital féminin.
Et puis il y a une idée un peu révolutionnaire qui est celle d’utiliser certains outils de notre propre système immunitaire. C’est le principe de ces ADC. Si on prend un anticorps qui possède la capacité de cibler et de s’attacher aux cellules cancéreuses et qu’on vient y mettre une molécule très toxique, alors on peut directement livrer ce poison dans la cellule cancéreuse sans toucher les saines.

C’est donc ce que vous avez voulu explorer avec le programme Tact…
C’est un domaine de recherche qui a quelques dizaines d’années et qui est très porteur mais aussi très coûteux. Sur des projets d’une telle ampleur, il n’y a que l’Europe qui propose des appels à projets pareils. Le Tact est donc un programme européen financé par les Actions Marie Curie avec un budget de 3,2 millions d’euros.
La recherche sur les ADC a besoin de différentes expertises comme celles sur les protéines, les molécules toxiques, la partie chimie pour lier les deux mais aussi une partie analytique avec des tests in vitro voire in vivo. On a donc essayé d’agréger autour de cette thématique tous les domaines scientifiques qui gravitaient autour. Cela a abouti à un consortium de 9 membres et 11 doctorants.
Ces doctorants sont d’ailleurs en grande partie des étudiants dans des universités européennes.
Un des gros points forts de ce projet, même si c’était un peu contraignant, c’est cet aspect européen. Au moment du recrutement, on ne pouvait pas prendre dans un pays un étudiant qui aurait passé dans ce pays plus de 12 mois au cours des quatre dernières années. Ça pousse à la mobilité européenne même si tous les doctorants ne le sont pas, car il y a aussi une personne indienne et une marocaine.
« Parmi la jeune génération des scientifiques, on a tous intégré le fait de raisonner à l’échelle européenne »
Dr Guilhem Chaubet
Certains travaillent sur une façon de rapetisser le format des anticorps, d’autres sur différentes manières de greffer les médicaments aux anticorps comme dans une nano-capsule ou encore d’évaluer de nouveaux composés toxiques. Il y a donc plusieurs études en parallèle et comme le consortium couvre plusieurs études de recherche connexes, il y a une circulation du savoir et des connaissances. Parmi la jeune génération des scientifiques, on a tous intégré le fait de raisonner à l’échelle européenne.

Quel a été votre rôle au sein du Tact ?
Comme j’en ai été à l’origine, je suis l’un des deux coordinateurs avec le Dr Alain Wagner. Tout au long de la vie du projet, il a fallu organiser des réunions qui duraient généralement une semaine et qui se déroulaient dans les universités participantes. Les doctorants avaient trois journées et demie de conférences et un jour et demi de présentation des résultats.
J’avais aussi en charge la gestion budgétaire et administrative, particulièrement lourde, car il faut très souvent soumettre à la personne de la Commission européenne qui suit notre dossier pour voir si le projet avance bien. Au final, j’avais en charge pas mal de choses, aussi bien scientifiques que non-scientifiques.
Avez-vous connu des difficultés particulières pendant ce programme ?
Le Covid a été un gros coup dur, car le premier confinement est survenu au tout début du projet. Pour moi particulièrement car j’étais à la maison avec ma femme enceinte et ma fille de deux ans. Je n’avais pas de bureau et j’ai travaillé depuis ma cuisine, c’était un peu la zone. Ça devait aussi être compliqué pour les étudiants de se mettre dans le bain. À l’échelle du consortium, cela a été difficile de mobiliser les gens. Notre première réunion physique a eu lieu en 2022, à mi-parcours.
« Le souci, ce sont les conditions de travail fournies par l’université »
Dr Guilhem Chaubet
L’autre souci, ce sont les conditions de travail qui nous sont fournies par l’université. Nous sommes dans un bâtiment particulièrement délabré à la faculté de pharmacie. En l’espace de deux ans, il y a eu 45 jours ouvrés de coupures pour diverses raisons, essentiellement parce que le bâtiment tombe en lambeaux. Il y a aussi peu d’accompagnements pour toutes les tâches administratives.
Je me suis retrouvé à avoir des doubles, triples casquettes où il faut gérer son boulot de chercheur, mais aussi la rédaction des rapports, la gestion budgétaire. Le tout avec peu de soutien de la part de l’université alors que c’est un projet d’excellence, prestigieux, rare. D’autant qu’ils prennent une part assez substantielle des financements pour payer leurs salariés.
Quel bilan tirez-vous de ces quatre années ?
Le succès numéro 1, c’est d’avoir formé des étudiants qui deviennent un peu des experts dans ce domaine. Pour nos recherches à Strasbourg, on a pu développer deux nouvelles familles d’ADC et faire des tests in vivo chez des rongeurs. Pour l’une de ces familles, on a quelque chose de particulièrement innovant qu’on a breveté avec mon ancien doctorant Lorenzo Turelli et le docteur Alain Wagner.
La technologie est encore confidentielle mais on a réussi à obtenir un financement de la part de notre société d’accélération de transfert de technologie (SATT), Conectus. Elle nous aide à continuer ces recherches avec, peut-être à terme, la possibilité de créer une boite autour de tout ça et, soyons fou, d’avoir des composés qui arrivent en test clinique et qui pourront être essayés sur des patients.
Qu’en est-il de la suite ? Il y aura t’il un Tact 2 ?
On a postulé en 2022 pour faire l’acte 2, en insistant sur le fait qu’on a 11 étudiants qui vont finir leurs thèses avec des grandes connaissances. Cela aurait été bien que la première vague de doctorants puissent former la vague des nouveaux mais malheureusement, ça n’est pas passé. On n’y est pas retourné en 2023. Ça fait partie des discussions qu’on doit avoir avec le consortium. J’avais suggéré que si on y retournait, je me mettrais un peu en retrait et ne plus avoir le statut de coordinateur car à cette époque j’avais beaucoup de travail. Mais maintenant, je le ferais avec plaisir.