Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au lycée Jean-Monnet, « le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles »

Au lycée Jean-Monnet, « le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles »
Coline De Dadelsen, professeure de sciences économiques et sociales au lycée Jean Monnet et militante du SNES-FSU.

Devant le rectorat, jeudi 12 février, des dizaines d’enseignants et enseignantes ont dénoncé la fermeture à venir de deux classes. Militante du syndicat SNES-FSU, Coline de Dadesden anticipe la fin de l’accompagnement des élèves les plus en difficulté.

« Jean-Monnet en colère ! » Jeudi 12 février, des dizaines d’enseignants et enseignantes ont manifesté devant le siège du rectorat. Au cœur de leur mobilisation, une annonce tombée la semaine précédente : l’établissement va perdre 90 heures d’enseignement hebdomadaire à partir de l’année scolaire 2026-2027. « Une saignée », selon la professeure de sciences économiques et sociales (SES) Coline de Dadesden. La militante du syndicat SNES-FSU déplore le poids disproportionné que porte le lycée Jean-Monnet dans les économies recherchées à l’échelle de l’académie de Strasbourg :

« Dans le Bas-Rhin, le rectorat supprime 715 heures par semaine pour tous les établissements. Le lycée Jean-Monnet, qui connaît les difficultés des établissements classés politique de la ville, prend plus de 10% des heures supprimées. 90 heures hebdomadaires, ce sont les heures pour deux classes. En les supprimant, le rectorat met fin à la possibilité de faire cours en demi-groupe et aux classes moins surchargées. Le rectorat enlève leur chance de réussir aux élèves les plus fragiles. »

Des conditions de travail « déjà mauvaises »

Derrière l’enseignante, une quarantaine de collègues manifestent. Signe d’une communauté prête à défendre ses moyens d’enseignement, le préavis de grève pour le jeudi 12 février a été déposé très rapidement après l’annonce de la baisse du nombre d’heures. « À Monnet, explique Coline de Dadesden, on a la chance d’avoir une communauté très soudée et motivée pour que les élèves réussissent. Mais sans moyens de faire notre travail, on se retrouve dépités. »

À quelques pas, Alice (le prénom a été modifié) explique, sous la pluie, les raisons de sa mobilisation. La professeure de français décrit des « conditions de travail déjà mauvaises, entre les violences verbales et parfois physiques de certains élèves, et les difficultés d’apprentissage d’autres lycéens. La plupart de mes collègues sont déjà à bout. » La manifestante dénonce aussi une décision injuste : « Nos seuls moyens, c’est du temps d’enseignement, pour avoir des demi-groupes et des classes moins chargées. Malgré tout, le rectorat coupe là où il y a déjà des difficultés. »

Les représentants syndicaux du lycée Jean-Monnet ont rencontré le recteur Olivier Klein lundi 9 février. Le maire et candidat à sa propre succession à Clichy-sous-Bois n’a fait aucune promesse aux enseignants et enseignantes. Ces derniers demandent que la réduction du nombre d’heures hebdomadaires passe de 90 à 55 heures supprimées.

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Crise du logement : ce que six ans de mandat n’ont pas su enrayer

Crise du logement : ce que six ans de mandat n’ont pas su enrayer
Quartier Starlette – Citadelle.
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À la prison de Sarreguemines, l’accident du travail d’un agent reconnu 18 ans plus tard

À la prison de Sarreguemines, l’accident du travail d’un agent reconnu 18 ans plus tard
Il aura fallu plus de 17 ans à Charles Del Popolo, agent pénitentiaire à la maison d’arrêt de Sarreguemines, pour faire reconnaître son accident du travail.

En 2008, Charles Del Popolo, employé de la maison d’arrêt de Sarreguemines, est agressé par son supérieur hiérarchique. Après plus de dix-sept ans et plusieurs décisions de justice, cet épisode a officiellement été reconnu comme un accident de travail.

« On ne peut pas mieux faire pour démolir quelqu’un. Imaginez tout l’argent que j’ai mis là-dedans », retrace Charles Del Popolo. Assis dans un café de Saverne, à quelques encablures du canal de la Marne au Rhin, l’agent pénitentiaire reconnu travailleur handicapé déroule son parcours, méthodique. Quand vient l’heure de clore l’exercice douloureux, Charles laisse échapper l’émotion qu’il avait jusque-là tenue à distance. « Quand vous êtes comme moi, percuté en pleine face, c’est difficile », souffle-t-il la voix tremblante.

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Après les critiques, Jeanne Barseghian promet une démocratie participative plus efficace

Après les critiques, Jeanne Barseghian promet une démocratie participative plus efficace
Jeanne Barseghian annonce de nouvelles mesures sur la démocratie participative.

Jeanne Barseghian a déroulé, mercredi 11 février, ses propositions de campagne pour la démocratie participative. Elle prévoit des élus de quartier avec un budget dédié, la création de conseils d’urbanisme ou un droit d’interpellation citoyen.

Jeanne Barseghian l’admet : la démocratie participative, marqueur fort de 2020, a suscité critiques et frustrations. Trop verticale, parfois trop lente pour les citoyennes et citoyens qui attendaient des réponses rapides à des problématiques très concrètes… Alors, pour le prochain mandat, l’exécutif promet un changement d’échelle. Pour cela, les élu·es de quartier verront leurs délégations renforcées. Ils pourraient disposer de budgets dédiés pour répondre plus rapidement aux demandes locales, avec des permanences accrues et des rendez-vous fixes avec les habitant·es. Une inflexion qui n’est pas sans rappeler les propositions avancées le 5 février par Jean-Philippe Vetter (Les Républicains).

Pour autant, la maire récuse tout retour aux adjoints de quartier de l’ère Roland Ries, qui avaient davantage de pouvoir de décision. Les élu·es resteront vingt, contrairement aux adjoints qui étaient moitié moins, et n’auront pas un pouvoir de décision équivalent. « Il y avait une forme de baronnie locale », tranche Jeanne Barseghian, évoquant des élus qui refusaient, par exemple, des logements sociaux dans leur secteur. Sur les grandes politiques — logement, transports — l’exécutif entend garder la main.

Un retour partiel au tirage au sort

Même logique d’ajustement pour les assemblées de quartier. Sous Roland Ries, les membres étaient tirés au sort. Sous la première mandature écologiste, la participation était libre. Pour la suite, Jeanne Barseghian propose un système hybride : un « noyau » d’habitant·es tirés au sort pour animer les travaux, tout en conservant l’ouverture à toutes celles et ceux qui souhaitent participer.

Autre évolution notable : la création de conseils d’urbanisme pour associer les Strasbourgeois·es en amont des grands projets. L’exécutif promet d’ouvrir la discussion dès la phase de conception, en simplifiant au passage un « jargon administratif » souvent dissuasif. Les premiers dossiers concernés seraient le réaménagement de la place de l’Homme-de-Fer, l’agrandissement du parc de la place de Haguenau et la végétalisation de la place de Bordeaux.

Seynabou Fall, Ameris Amblard et Floriane Varieras, colistières de Jeanne Barseghian, accompagnaient la maire sortante ce mercredi 11 février.Photo : Eva Chibane // Rue89 Strasbourg // cc

Médiateurs municipaux, un air de déjà-vu

En cas de réélection, la maire souhaite relancer les conventions citoyennes. La première porterait sur les déchets et l’avenir de l’incinérateur. Et une nouvelle mesure doit voir le jour pour les citoyennes et citoyens mécontents : un droit d’interpellation citoyen. Celui-ci serait instauré ainsi : à 5 % du corps électoral mobilisé par pétition, une convention citoyenne serait organisée ; à 10 %, une votation locale serait déclenchée. Le corps électoral serait élargi aux jeunes de plus de 16 ans et aux résident·es étrangers.

Dans cette même thématique apparaît une mesure au parfum de déjà-vu : la création d’un poste de médiateur ou médiatrice pour régler gratuitement les litiges entre usager·es et administration. Une proposition défendue dès décembre 2022 par Pierre Jakubowicz, élu d’opposition et aujourd’hui candidat Horizons. Sa résolution avait été adoptée en conseil municipal, « pour laquelle il y a eu un groupe de travail et qui n’a jamais été mise en œuvre », rappelle t-il. Une résolution votée à la quasi-unanimité. En la remettant sur la table en pleine campagne, l’exécutif assume de fait une reprise à son compte d’une initiative de l’opposition restée dans les tiroirs pendant plus de trois ans. De quoi alimenter le procès en opportunisme que ne manquera pas de faire Pierre Jakubowicz.

L’équipe de campagne de Jeanne Barseghian confirme qu’il s’agit d’une idée qui a été portée par Pierre Jakubowicz : « Nous y souscrivons. Dans le rythme déjà intense du mandat, elle n’a pas été mise en œuvre mais nous souhaitons nous y pencher par la suite. »

Conseil de l’accessibilité

La seconde partie de la conférence de presse a mis l’accent sur l’inclusion. Ameris Amblard et Floriane Varieras, colistières, ont annoncé la création d’un conseil de l’accessibilité réunissant personnes en situation de handicap, seniors, parents, aidant·es et associations, avec l’ambition de les intégrer systématiquement à tous les projets d’aménagement, jusqu’aux visites de chantier.

La majorité promet également un plan global « zéro discrimination », pensé de manière transversale dans toutes les politiques municipales. Les acteurs associatifs, éducatifs, sociaux et économiques seraient mobilisés pour renforcer la formation, tandis que l’observatoire des discriminations serait consolidé. L’exécutif entend aussi développer de nouveaux formats de rencontres interculturelles et valoriser les cultures locales, qu’elles soient géographiques ou religieuses.

Plus singulière, la volonté de faire de Strasbourg un laboratoire d’expérimentation en matière de justice restaurative. L’objectif est de ne pas se limiter à l’exclusion des auteurs de violences, mais de travailler à la prévention de la récidive et à la réparation.

Mobilités : Catherine Trautmann veut tout revoir et imposer le « pied à terre » aux cyclistes

Mobilités : Catherine Trautmann veut tout revoir et imposer le « pied à terre » aux cyclistes
Catherine Trautmann se voit en position de tout changer en 2026.

Dans les années 90, Catherine Trautmann s’était fait élire avec la promesse de construire un tramway moderne à Strasbourg. De nouveau candidate en 2026, elle souhaite étendre le tram, restreindre les cyclistes au centre-ville et planifier l’évolution des mobilités jusqu’en 2050.

Catherine Trautmann, de nouveau candidate aux élections municipales à Strasbourg, a présenté mardi 10 février à la presse une partie de ses propositions sur les transports et le stationnement. Et pour résumer : si elle est élue maire, elle remettra tout à plat avec des plans jusqu’en 2050.

Pour commencer, elle fera un nouveau schéma directeur des mobilités. Ce document de planification est pourtant assez classique à chaque nouveau mandat et la Ville s’en est dotée en décembre 2020. Mais les mobilités ont été « négligées par la municipalité écologiste » selon elle (voir notre bilan de Jeanne Barseghian sur les mobilités). Elle promet que ce schéma fera suite à une « grande conférence citoyenne » qui prendra « deux à trois années » à élaborer mais, assure-t-elle, le document intégrera toutes les mobilités et les ordonnancera jusqu’au milieu du XXIe siècle !

Sur la M35 par exemple, la voie rapide qui relie le nord de Strasbourg au sud, Catherine Trautmann prévoit de l’inclure à une nouvelle « gare haute », qui pourrait être située entre la gare actuelle et la place de Haguenau et qui permettrait de relier les quartiers ouest.

Le tram nord par la place des Halles

Pour l’extension du réseau du tramway, Catherine Trautmann prévoit d’abord de faire un audit de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Elle accuse l’entreprise publique de s’être éloignée de sa mission de service public et de s’être orientée vers « une politique du chiffre ». Une fois la CTS recadrée, elle accordera la gratuité aux plus de 65 ans et pense créer des lignes sur les boulevards Wilson, Clémenceau et Anvers pour rejoindre la place d’Islande et créer une deuxième extension vers l’Allemagne.

Quant au tram nord, Catherine Trautmann est favorable à faire passer le tramway par la route de Bischwiller à Schiltigheim puis le connecter à la place de l’Homme-de-Fer par le boulevard Wilson, la rue du Travail et le boulevard de Sébastopol. Un projet qui entrerait en conflit direct avec le hub des bus interurbains qui a été installé par les Écologistes place des Halles après quatre années de travaux…

Sur le stationnement, même discours de tabula rasa : Catherine Trautmann créera d’abord un « observatoire du stationnement », en utilisant les données des voitures de contrôle qui ne seraient plus affectées aux verbalisations. Elle promet de baisser le coût du tarif résident de 5 à 20€ par mois (au lieu de 15 à 40€), d’accorder la gratuité des 30 premières minutes dans toutes les zones payantes, y compris les places violettes en centre-ville. Pour que les quelques 25% de salariés qui travaillent à Strasbourg puissent se garer en ville, elle promet de faire participer les employeurs au coût de leur stationnement. En outre, deux parkings en ouvrage seraient construits, au sud et à l’ouest de la Grande-Île.

Quant aux vélos, Catherine Trautmann promet de ne pas supprimer les pistes cyclables construites ou étendues par les Écologistes mais de revoir les zones accidentogènes. Elle s’adresse plus aux piétons, auxquels elle promet de réserver l’usage du centre-ville en imposant progressivement le « pied à terre » aux cyclistes.

Téléconseillère à la SNCF, Liana craint d’être licenciée pour avoir porté un foulard

Téléconseillère à la SNCF, Liana craint d’être licenciée pour avoir porté un foulard

Mardi 10 février, Liana était convoquée en conseil de discipline. SNCF Voyageurs, son employeur, lui reproche le port d’un foulard au travail. Le syndicat Sud Rail Alsace dénonce une discrimination. L’inspection du travail a ouvert une enquête pour ce motif.

« Je vis seule avec trois enfants. Sans ce travail, je ne sais pas du tout comment je vais m’en sortir… » Liana (le prénom a été modifié) réprime un sanglot quand elle pense à son avenir. Convoquée par SNCF Voyageurs pour un conseil de discipline le mardi 10 février, la mère célibataire risque le licenciement. Son employeur lui reproche le port d’un foulard au travail. Liana ne comprend pas que l’affaire aille aussi loin. Une grande lassitude pointe dans sa voix lorsqu’elle décrit ce sentiment d’être « à nouveau étrangère » :

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Interpellé pour détention de pédopornographie, un psychologue pour enfants se suicide

Interpellé pour détention de pédopornographie, un psychologue pour enfants se suicide
Visite de l’unité Barb1e à l’Epsan.

Le psychologue exerçant en pédopsychiatrie à l’Établissement public de santé Alsace nord (Epsan) s’est suicidé fin novembre 2025. Son décès ne met pas fin à l’enquête en cours.

Un suicide six mois après la garde à vue. Le psychologue de l’Établissement public de santé d’Alsace nord (Epsan) avait été interpellé sur son lieu de travail pour détention d’images à caractère pédopornographique le jeudi 22 mai. Le soignant intervenait depuis février 2025 au sein du pôle psychiatrie infanto-juvénile de l’Epsan. Il a mis fin à ses jours le mardi 25 novembre, comme le confirme le parquet de Saverne. « L’instruction ouverte est néanmoins toujours en cours et ne nous permet par conséquent pas de donner plus d’informations », ajoute la vice-procureure du parquet de Saverne, Constance Champrenault.

Mercredi 10 septembre, la Maison d’enfants à caractère social (MECS) Oberlin dans la commune de La Broque avait annoncé que l’enquête pour détention d’images pédopornographiques s’étendait à son établissement. Le psychologue mis en cause y avait exercé pendant huit ans jusqu’en 2024. Citée par les Dernières nouvelles d’Alsace, la directrice Célia Ruch avait indiqué qu’à « ce stade de l’enquête, aucun élément du dossier n’est en lien avec un enfant de l’établissement Oberlin ».

Même tonalité du côté de l’Epsan, qui avait indiqué que « l’établissement ne dispose pas d’élément qui permet de penser que des patients de l’établissement auraient été concernés. L’Epsan est en train de prendre attache avec les familles et restera à leur disposition selon le déroulé de l’enquête, en lien avec les autorités compétentes. »

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Préfète à l’égalité des chances, Maryline Poulain a prouvé l’utilité de la fonction dans le Bas-Rhin

Préfète à l’égalité des chances, Maryline Poulain a prouvé l’utilité de la fonction dans le Bas-Rhin
Maryline Poulain, préfète à l’égalité des chances.

Préfète déléguée à l’égalité des chances, Maryline Poulain a permis de débloquer des situations administratives au service des populations les plus fragiles du Bas-Rhin. Élus et associatifs saluent l’efficacité de sa méthode, entre écoute du terrain et démarche rassembleuse.

« C’était une chance. On est tous triste qu’elle parte. » Cofondatrice d’un projet de centre de soins communautaires, l’Ile aux santés à Cronenbourg, Marika Desplats regrette le départ de Maryline Poulain. Désormais préfète du Lot, cette ancienne syndicaliste de la CGT a exercé la fonction de préfète déléguée à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin depuis août 2023. Marika Desplats se souviendra d’une fonctionnaire efficace et proche du terrain : 

« Elle m’a marqué par sa simplicité et sa chaleur humaine. Très vite, elle connaissait le tissu local. Elle a aussi tout de suite compris l’intérêt de notre projet pour les habitants. Elle nous a aidé à dépasser plusieurs obstacles institutionnels. »

Préfète de terrain

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Démissions, paroles déplacées, clivages… La gestion d’accusations d’agressions sexuelles fragilise la paroisse Saint-Matthieu

Démissions, paroles déplacées, clivages… La gestion d’accusations d’agressions sexuelles fragilise la paroisse Saint-Matthieu
L’Église protestante Saint-Matthieu

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Envahis par les souris, des locataires se soulèvent contre Obernai Habitat

Envahis par les souris, des locataires se soulèvent contre Obernai Habitat
Des habitants d’Obernai signent une pétition pour demander de meilleures conditions de vie à leur bailleur social.

À Obernai, des habitants de logements sociaux subissent une invasion de rongeurs. Ils dénoncent collectivement leurs conditions de vie et le manque de réponse de leur bailleur social, géré par la commune.

Il y a deux Obernai. La carte postale du centre historique et des quartiers résidentiels au sud, qui débouchent sur le piémont vosgien. Et de l’autre côté des rails du train, au nord-est, près de 800 logements sociaux répartis dans de vieux immeubles. Les habitants travaillent pour beaucoup dans les usines de cette petite ville d’Alsace centrale, comme Kronenbourg ou Hager. « On est vraiment pris de haut, souffle Angélique, employée de la charcuterie Stoeffler. Quand on alerte le bailleur sur nos problèmes, ils ne répondent pas, ou ils disent qu’ils vont faire quelque chose mais rien ne se passe. » « On a l’impression qu’ils essayent de nous avoir à l’usure », ajoute Monia :

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À Strasbourg aussi, la colère monte contre la restriction des permissions de sortie collectives

À Strasbourg aussi, la colère monte contre la restriction des permissions de sortie collectives
À Strasbourg comme dans toutes les prisons du Grand Est, certains détenus sont privés de permission de sortie collective.

La direction interrégionale des services pénitentiaires du Grand Est demande à son personnel d’exclure les détenus étrangers et ceux impliqués dans des dossiers liés aux trafics de stupéfiants des permissions de sortie. Jugée « illégale » et « discriminatoire », cette consigne est contestée en justice.

C’est une note de service envoyée le 18 décembre – la troisième en six mois – qui a fini par déclencher la colère des conseillers et conseillères pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) chargé·es de la réinsertion des détenus dans le Grand Est. Dans ce document, consulté par Mediapart, la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) demande à ses agent·es d’exclure des permissions de sortie collectives les profils qu’elle considère comme indésirables.

À savoir : les ressortissants étrangers faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou d’une interdiction de territoire français (ITF), ainsi que « les personnes incarcérées pour des faits en lien avec le narcotrafic ».

Des détenus privés de leurs droits

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Performance sur la police à la Hear : « La critique de la répression traverse l’histoire de l’art »

Performance sur la police à la Hear : « La critique de la répression traverse l’histoire de l’art »
Janig Bégoc est professeure d’histoire de l’Art habilitée à diriger les recherches à l’Université de Strasbourg et directrice du département Arts plastiques.

Jeudi 29 janvier, une performance étudiante sur le thème du carnaval à la Haute école des arts du Rhin (Hear) a provoqué des réactions politiques après la destruction d’une voiture de police en carton. Janig Bégoc, docteure en histoire de l’art, apporte un éclairage sur les principes de renversement carnavalesque et de performance.

Le jeudi 29 janvier au soir, un atelier collaboratif sur le thème du carnaval s’est tenu dans les locaux mulhousiens de la Haute école des arts du Rhin (Hear). Plusieurs œuvres ont été présentées au public. L’une d’elles a particulièrement attiré l’attention d’un adjoint à la maire, qui a filmé la scène : une piñata colorée représentant un véhicule de police, détruite par des étudiants à l’aide de bâtons en bois. La vidéo a ensuite été relayée sur les réseaux sociaux, déclenchant une série de réactions outragées de la part de personnalités politiques locales et nationales.

C’est dans ce contexte de polémique et d’interprétations multiples que s’inscrit l’éclairage de Janig Bégoc. Docteure en histoire de l’art et maîtresse de conférences à l’Université de Strasbourg, elle encadre des recherches en histoire et théorie des arts visuels. Elle s’intéresse aux arts de la performance ou encore à l’anthropologie des images. Janig Bégoc dirige également le département des Arts plastiques de l’Université de Strasbourg.

Rue89 Strasbourg : Les performances des étudiants de la Hear ont été réalisées dans un cadre pédagogique : celui d’une performance autour du thème du carnaval. Pourriez-vous revenir sur ce contexte de production ?

Janig Begoc : Tout le travail autour du carnaval est essentiel pour comprendre ces enjeux. Le carnaval est un événement social, un phénomène social qui relève du rituel. Le théoricien Mikhaïl Bakhtine, qui a étudié la littérature médiévale et particulièrement Rabelais avec Gargantua et Pantagruel, a créé le concept de « retournement carnavalesque ». Cette formule explique tout l’enjeu du carnaval, qui est cette question du retournement. C’est une suspension dans l’espace-temps. Un retournement des rôles sociaux avec un rapport au jeu et au rire, un renversement des hiérarchies, mais aussi la confusion des contraires : le sacré et le profane, le haut contre le bas. 

Le film de 1955 Les maîtres fous de Jean Rouch illustre également ce mécanisme. Le cinéaste observe les rituels réalisés par la secte religieuse des Haoukas au Ghana. Les participants se mettent en transe et viennent incarner les figures de l’autorité coloniale. Le temps du rituel, les rôles du pouvoir sont endossés : les Haoukas vont ainsi jouer les rôles du gouverneur, des soldats, des médecins, des ingénieurs, etc. Ce principe d’inversion est intéressant dans le cas qui nous occupe car il renvoie aux figures qui sont réempruntées et qui sont incarnées dans ce moment. C’était une réponse parodique à la violence et à l’aliénation de la colonisation. 

La critique de l’autorité policière est-elle un leitmotiv de ce renversement carnavalesque ?

Juste à côté de Mulhouse, il y a la ville de Bâle, connue pour son carnaval. La mise en dérision de la figure du policier y est récurrente. La critique de la police comme figure d’autorité est satirique, codée et collectivement acceptée pendant ces trois jours où « tout est permis ». La critique vise l’institution, comme le sont l’État, l’école ou encore le couple, c’est-à-dire tout ce qui fait système autour d’un ensemble de normes. 

La question de la représentation de la police, et plus largement de la critique de la répression et des appareils de contrôle, traverse l’histoire de l’art. Dès le XIXᵉ siècle, les lithographies politiques d’Honoré Daumier, conservées dans de nombreux musées, représentent gendarmes et policiers sous des traits obtus et serviles. On pourrait également citer Otto Dix, Picasso, Goya, Basquiat ou encore Banksy. Et ce, sans même évoquer le champ de la performance.

Qu’en est-il de la performance ?

C’est là que les choses se compliquent, car l’une des vocations de la performance est précisément de brouiller les limites et de mêler les médiums. La performance a cette particularité de pouvoir se déployer aussi bien dans l’espace public que dans les galeries ou les institutions artistiques — ici, en l’occurrence, dans l’espace de l’école, lors d’une restitution publique. Les étudiants ne sont donc pas allés perturber l’espace public : l’action s’est déroulée à l’intérieur de l’établissement.

Une remise en question de l’art lui-même

La performance apparaît dans un contexte plus large de remise en question de l’art lui-même. Elle interroge les normes et conventions artistiques. Dans un premier temps, ce sont les cadres traditionnels de l’art qui sont contestés : le génie de l’artiste, le savoir-faire technique vont être contredits. Cette remise en question des normes s’observe aussi bien en musique, avec John Cage et ses pianos préparés ou ses compositions aléatoires, qu’en danse, avec Merce Cunningham et l’introduction de mouvements du quotidien.

L’enjeu de la performance est ensuite d’aller plus loin, en ne remettant pas seulement en question les normes artistiques, mais également les normes sociales. La théoricienne de la performance RoseLee Goldberg en fait remonter les origines aux avant-gardes dadaïstes.

Cette remise en question des normes suscite donc nécessairement des réactions ?

Pourquoi on veut choquer ? Cette volonté n’a rien de gratuit. Les actionnistes viennois, qui ont développé un art de la performance ont fait la guerre, ont été traumatisés. Au lendemain de la guerre, l’Autriche est un État ultra conservateur, post fasciste et ces artistes vont dénoncer, par la provocation et la subversion, le système dans lequel les citoyens sont d’après eux enfermés.

Des artistes qui ont, dans les années 1970, fait le choix de se blesser devant le public ont pu être accusés d’être masochistes. Or, ils se blessaient pour essayer de casser une logique qui cherchait à rendre visible, illustrer et dénoncer tout à la fois la façon dont la société de consommation et la société des médias contribuaient à anesthésier la population face aux images violentes.

Une violence pour se réveiller

Jean Baudrillard, à la fin des années 1960, dans La société de consommation dénonce la façon dont les médias passent en boucle des images dont on ne saisit plus la violence et auxquelles on s’habitue. Bien des artistes se sont emparés de ce point de vue pour essayer de le traduire. Par exemple, une artiste comme Gina Pane se fait des incisions superficielles. Elle saigne pour essayer de réveiller les gens, parce qu’elle se dit que cette violence va peut-être provoquer une prise de conscience. Dans l’histoire de l’art, l’usage de la destruction et de la violence est omniprésent. Il s’agit autant de créer une catharsis, principe déjà évoqué par Aristote, que de provoquer une prise de conscience chez le spectateur.

Que pensez-vous du fait que l’ancien ministre de l’intérieur Bruno Retailleau ait dénoncé une banalisation de la violence contre les forces de l’ordre à propos de cette performance ?

L’art en général n’est pas la réalité. Les Arts plastiques — visuels et performanciels — sont des formes artistiques au même titre que le théâtre, la musique ou la peinture et se donnent les mêmes objectifs. En premier lieu celui de proposer une autre dimension que le réel, à savoir l’imaginaire. C’est aussi l’objectif de proposer d’autres situations, d’aller au-delà des principes classiques de l’esthétique et poser des questions, nous interloquer, nous étonner, nous surprendre.

En somme, à déplacer notre regard sur le monde. N’importe quel objet artistique a cette visée. Les étudiants en école d’art sont justement là pour proposer un regard déplacé, qui passe par la création. Il y a ce principe de fiction à ne pas oublier. Ce sont par ailleurs des travaux réalisés dans un cadre pédagogique. Ce sont des jeunes personnes qui testent, qui essaient. Comme l’a rappelé le directeur de l’école, si déjà ils sont censurés alors qu’ils sont en train d’expérimenter, c’est grave.

Que traduisent selon vous ces réactions ?

Aujourd’hui, les logiques de censure apparaissent de manière de plus en plus décomplexées. Ces réactions traduisent le trouble et la crise actuelle dans le partage de la diversité des idées. Elles traduisent une crise des interprétations. Il y a une instrumentalisation idéologique des représentations artistiques et des fonctions même de l’art.

Mais il ne faut pas oublier que celles-ci font légion dans l’histoire de l’art. Prenons la première foire internationale Dadaïste. Dans cette exposition, l’artiste John Heartfield a suspendu une sculpture d’un policier, avec un écriteau disant « pour comprendre cette œuvre d’art, il faudra quotidiennement faire des exercices physiques à raison de 12 heures par jour sur le terrain militaire de Tempelhof ». Et cette exposition a suscité des réactions. Il y a eu des plaintes, la police est venue. Je crois que les réactions sont les plus rapides et dures en période de crispation idéologique et politique. 


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Photo, textile et musique : exposition éphémère au Münsterhof

Photo, textile et musique : exposition éphémère au Münsterhof
Rémi Krupiak, Les lisières du silence, 2025. Maquillage : @emmbftt. Modèle : @strwbrr.aii.

Dimanche 15 février, le Münsterhof accueillera, le temps d’une journée, les travaux du photographe Rémi Krupiak et de l’atelier de mode expérimentale Atelier GRD. Entre deux sets de musique, l’événement propose de se plonger dans l’univers de la scène créative underground strasbourgeoise.

Au placard les images lisses et léchées d’icônes pop sur un tapis rouge : place à la théâtralité dramatique d’un néo-baroque déstructuré. Aux antipodes du cliché de mode classique et du portrait poli, Rémi Krupiak – photographe autodidacte strasbourgeois – immortalise ses modèles dans des mises en scène sculpturales dignes de la Renaissance maniériste. Mais exit les teintes douces et satinées : le noir se déploie dans toutes ses nuances, absorbe l’éclat des couleurs qu’il rencontre, plonge corps et décors dans le clair-obscur. Pour concrétiser ses visions, Rémi s’associe à ses collègues artistes, conviant ainsi, au sein d’un même projet, professionnelles des ongles et du maquillage, designer de mode, coiffeuses et modèles photo.

Rémi Krupiak, 2025. Vêtements : @atelier_grd. Bijoux : @fredduverge. Maquillage : @emmbftt. Modèle : @mrgx.kogan.Photo : @remikrupiak

Sa rencontre avec Alex, créateur de vêtements sous la marque Atelier GRD, a permis une collaboration dont rend compte l’exposition présentée au Münsterhof. Régulièrement photographiées par Rémi, les vêtements d’Alex sont présentés parmi les autres œuvres photographiques et permettent de faire dialoguer les deux univers. Les pièces de mode – uniques ou en éditions limitées – habillent les corps de coupes asymétriques, d’étoffes brutes et d’accessoires énigmatiques. L’univers de la marque évoque le style brutaliste en design et en architecture, une référence qui fait sens puisque Alex tire en partie son inspiration de l’histoire ouvrière de sa famille, notamment dans la domaine de la construction.

La collaboration des deux jeunes artistes débute avec le shooting de la première collection Atelier GRD par Rémi en 2022. Le travail commun s’est prolongé au-delà de l’image, jusqu’à donner naissance à un premier événement collaboratif en mars 2024 qui a accueilli plus de 600 personnes.

Forts de ce succès, ils réitèrent l’expérience en février afin de présenter l’évolution de leurs travaux après deux ans de travail. Ils précisent :

« Il est essentiel pour nous de partager notre travail de manière physique, en dépassant l’image que l’on peut se faire de nous à travers les réseaux sociaux. Ce qui nous anime dans notre collaboration, c’est la passion et l’ambition que nous partageons. Inspirés par le travail de l’autre, nous mettons nos compétences complémentaires au service d’un projet commun, dans une dynamique d’échange et de création constante. »

A mi-chemin entre un parti pris punk et industriel, Atelier GRD s’inscrit surtout dans une esthétique « avant-garde » qui prône une approche radicale et expérimentale de la mode, très clairement détachée des silhouettes et des matières conventionnelles de l’industrie de la mode et du prêt-à-porter.

Pour rythmer les événements de la journée, quatre DJ sets sont prévus de 13h à 19h, l’occasion de découvrir également une scène électro émergente : El Kazed et sa deep house aux grooves enveloppants, Bouki et sa house chaleureuse, Doudeh et sa minimal épurée, Tatlo et sa techno hardgroove percussive et hypnotique pour boucler l’événement.

Manipuler, démonter, remonter voire lire les livres, une exposition à la Cryogénie

Manipuler, démonter, remonter voire lire les livres, une exposition à la Cryogénie
Vue d’un projet de l’exposition

Du 3 au 10 février 2026, l’espace d’exposition La Cryogénie accueille Démonter / remonter les livres, une exposition de travail par des étudiant·es de masters artistiques de l’Université de Strasbourg.

L’exposition Démonter / remonter les livres, du 3 au 10 février à la Cryogénie, l’espace de l’Université de Strasbourg, propose une réinterprétation du livre comme objet à manipuler, interroger et transformer. C’est le point de départ d’expérimentation pour les étudiant·es. Stéphane Mroczkowski, maître de conférences en arts plastiques, veut « interroger les usages traditionnels des livres, pour explorer aussi d’autres aspects, comme par exemple la manière dont ils sont faits, ou leur contenu non-sémantique. »

Dans ce travail, mené dans le cadre du laboratoire de recherche « Approches contemporaines de la création et de la réflexion artistique », les étudiant·es issu·es de master arts de la scène, arts plastiques, cinéma ou design, ont exploré les potentialités formelles, narratives et symboliques du livre. Les livres sont issus des boîtes à livres de Strasbourg et de dons de la bibliothèque des arts de l’université.

L’exposition montre des films où les pages s’animent, des performances où les personnages interprètent des bouts de textes glanés, des jeux à manipuler et autres dispositifs participatifs. C’est un espace où le « démontage » des livres devient un acte de partage et de dialogue avec les publics.

Exposer un processus à la Cryogénie 

Les divers projets exposés à la Cryogénie témoignent de la diversité des démarches artistiques et des modes d’expérimentation à partir des livres. Livres d’artistes, installations, photographies, objets performatifs ou dispositifs interactifs proposent tous une nouvelle lecture d’un ou de plusieurs ouvrages.

Le parcours d’exposition permet aux visiteurs de circuler librement entre les propositions variées, où l’on observe, lit, manipule, traverse ou expérimente à travers une diversité de dispositifs. Certaines œuvres interrogent la matérialité du livre, la typographie tandis que d’autres s’approprient les images ou les mots, dans une multitude de médiums. Ce déplacement du livre vers d’autres formats artistiques révèle sa capacité à générer des récits alternatifs. En ce sens, Démonter / remonter les livres offre au public une expérience au pluriel, où chaque œuvre contribue à redéfinir le livre et ses usages contemporains.

Une vue de l’exposition.Photo : Siyuan Cheng

Bien que les projets exposés témoignent d’une qualité esthétique et théorique fortes, ils feront partie d’une autre exposition, prévue du 6 au 25 juin au Syndicat potentiel à Strasbourg, sans doute sous de nouvelles formes.

L’enquête sur les milliers de poissons morts à Colmar ne révèle aucun dysfonctionnement

L’enquête sur les milliers de poissons morts à Colmar ne révèle aucun dysfonctionnement
Les plaintes suite à la forte mortalité dans l’Ill ont été classées sans suite.

Lundi 12 janvier, le parquet de Colmar a classé sans suite les trois plaintes déposées suite à la forte mortalité de poissons dans l’Ill en juin 2025. Selon l’Office français de la biodiversité, ces événements découlent du fonctionnement normal du système d’assainissement en cas d’orage.

Aucune poursuite judiciaire après la pollution qui a tué une tonne et demi de poissons dans l’Ill le dimanche 1er juin 2025. Rue89 Strasbourg a pu consulter le dossier de l’enquête. Après cinq mois de procédure, l’Office français de la biodiversité (OFB) conclut à « l’impossibilité d’identifier un mis en cause » responsable de cette forte mortalité.

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Les ultras du Racing alertent la ministre des Sports pour « sauver le football »

Les ultras du Racing alertent la ministre des Sports pour « sauver le football »
Le stade de la Meinau est réputé pour son ambiance, en particulier la tribune ouest qui accueille la majeure partie des associations de supporters dont les UB90.

Quatre associations de supporters du Racing club de Strasbourg ont signé une lettre ouverte adressée à la ministre des Sports Marina Ferrari. Elles y dénoncent les dangers de la multipropriété des clubs de football.

« Madame la Ministre, nous souhaitons vous alerter par la présente sur les multiples dérives engendrées par la multipropriété. […] Vous avez la responsabilité historique de sauver le football tel que nous le connaissons. » Les Ultra Boys 90, le Kop Ciel et Blanc, la Pariser section, la Fédération des supporters et l’association nationale des supporters ont publié jeudi 5 février une lettre ouverte. Il s’agit notamment des groupes qui animent le stade de la Meinau. Et qui s’opposent à la progression de la multipropriété des clubs de football, en particulier depuis que le Racing a été racheté par le consortium d’investisseurs américains BlueCo, qui détient déjà le Chelsea FC.

La lettre publiée sur les réseaux des associations s’adresse à la ministre des Sports Marina Ferrari, mais aussi à Amélie Oudéa-Castera, présidente du Comité national olympique et sportif français, à Philippe Diallo, président de la Fédération française de football et à Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel. Les supporters accusent le système de la multipropriété de créer l’asservissement de petits clubs pour des clubs plus puissants. En témoignent les nombreux joueurs clé du Racing qui partent systématiquement vers Chelsea et le départ soudain début janvier de l’entraîneur Liam Rosenior, également vers le club londonien :

« Si vous n’agissez pas, ce schéma pourra être reproduit par d’autres clubs puissants qui ne voudront pas laisser un tel avantage compétitif au seul Chelsea FC. Si vous n’agissez pas, le championnat de France sera progressivement faussé, de plus en plus de participants n’auront pas d’intérêt sportif propre et changeront de trajectoire selon les secousses ressenties par les clubs tête de pont.

Si vous n’agissez pas, les propriétaires nord-américains seront en position de prendre le contrôle de vos ligues et fédérations pour imposer leur modèle. Vous serez relégués au rang de coquille vide sans aucun pouvoir […] à l’image de dangereuses dérives qu’a déjà connu le basket-ball, où une ligue privée a exproprié les fédérations de leurs prérogatives. »

Les supporters strasbourgeois défendent au contraire « un système ouvert, pluriel, ancré dans des territoires, connecté à la pratique amateur et basé sur les promotions et relégations ». Ils demandent une rencontre à toutes ces personnes pour échanger autour « des modes d’action » envisagés par ces instances.