La police sur le campus pour empêcher un troisième jour de blocage…
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La police sur le campus pour empêcher un troisième jour de blocage…

L’Université de Strasbourg a demandé l’intervention de la police sur le campus de l’Esplanade. L’objectif : empêcher un troisième jour de blocage consécutif des bâtiments par les opposants à la loi relative à l’Orientation et la Réussite des Étudiants (ORE). Mais l’administration a finalement maintenu les bâtiments fermés, en raison des manifestations.

Une cinquantaine de CRS attendaient les étudiants opposés à la loi relative à l’Orientation et la Réussite des Étudiants (ORE) devant les bâtiments bloqués du campus de l’université de Strasbourg, dès 6 heures du matin ce mercredi 11 avril. Les accès avaient été préalablement dégagés par une vingtaine d’étudiants anti-blocages dans la nuit. Ce matin, les « étudiants en lutte » étaient une centaine, mais ils ne sont pas allés jusqu’à la confrontation avec les policiers.

Cent manifestants dès six heures du matin

La nouvelle du déblocage a circulé dans la nuit. Les opposants à loi ORE sont arrivés sur le campus universitaire peu avant 6h du matin. Une cinquantaine de CRS arrivent peu après. Les manifestants déguerpissent. Commence alors une longue déambulation dans les rues de Strasbourg. Deux membres des Renseignements Généraux suivent la manifestation de près.

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Trois heures durant, les manifestants cherchent à « foutre le bordel ». Ils chantent des slogans contre l’intervention policière ou renversent quelques poubelles sur la route. Les opposants à la réforme tentent de bloquer le lycée Marie Curie. Ils sont vite chassés par la police.

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Le groupe retourne sur le campus universitaire. Dans un bâtiment, ils activent l’alarme. À l’institut Le Bel, les militants traversent un dédale de couloirs gris. Ils finissent dans un amphithéâtre où les étudiants attendent leur professeure. À son arrivée, elle est applaudie par ses élèves. Les manifestants quittent les lieux et gagnent le Patio.

Les bâtiments maintenus fermés

Vers 8h30, l’administration annonce par e-mail aux étudiants et aux professeurs que les bâtiments du Patio, du Nouveau patio, du Portique et de l’Escarpe (bloqués la veille), ainsi que l’institut Le Bel (jamais bloqué mais qui faisait partie des objectifs votés en AG) sont fermés ce mercredi « jusqu’à nouvel ordre ».

 

Dans le bâtiment de l’institut Le Bel, des étudiants ont pu passer leurs examens à 8h. Ils n’étaient autorisés à sortir qu’à 10h et midi.  Un cours de la faculté de psychologie qui devait se tenir dans la bâtiment s’est également tenu en extérieur.

Suite à l’activation d’une alarme incendie, le Palais universitaire était temporairement inaccessible aux étudiants.

La direction avait (un peu) prévenu

Le président de l’Université Michel Deneken, favorable à cette réforme, avait laissé entendre sur plusieurs médias qu’il envisageait d’appeler les forces de l’ordre pour rétablir les cours et examens. L’Université songe également à un vote en ligne sur le sujet auprès des étudiants, à l’instar de Nancy.

Un déblocage planifié

Des anti-bloqueurs, liés en particulier au syndicat étudiant Uni, se sont coordonnés via les réseaux sociaux durant la nuit pour retirer les poubelles, meubles et autres objets qui bloquaient les accès aux bâtiments depuis lundi.

Le 10 avril, à 18h55, un étudiant de Sciences Po Strasbourg relaie l’action de déblocage prévue pour 22h sur le campus universitaire. Il publie l’information sur un groupe fermé, intitulé « Philippe Muray 2 : l’attaque des festivus » :

« Ok cette nuit on vas (sic) débloquer les barricades de la fac avec des potes. On fait du repérage, les gauchistes sont trop occupés, ils ne sont plus là à partir de 22h. On vas (sic) donc y aller à 15, et on a discuté avec quelques RG qui nous ont promis d’être là. »

Une nuit sans confrontation

Le 10 avril, vers 22h, les passants sont rares sur le campus universitaire de Strasbourg. Quelques opposants à la réforme de l’orientation post-bac guettent. Ils savent qu’une action de déblocage est prévue. Plusieurs voitures de la police nationale stationnent devant le centre Bernanos. Il est 22h17 lorsque quelques policiers semblent alertés par un message diffusé par talkie-walkie. Un collègue relaie l’information : Liverpool vient de marquer un second but.

Peu avant 23h, les opposants au blocage arrivent. Un membre du syndicat Uni affirme avoir informé les policiers sur place de leur action. Les forces de l’ordre ont laissé faire.

Vers minuit, le groupe « Contre les blocages à l’université de Strasbourg » clame victoire sur Facebook. Une photo du Patio dégagé de toute barricade accompagne la publication : « Patio, Escarpe et Portique libérés!! » Le communiqué est vite retiré, de peur que « les bloqueurs […] rebloquent » dans la nuit.

Les opposants à la recherche d’un nouveau point de chute

Le blocage de cinq bâtiments avait été voté la veille en Assemblée générale étudiante à 200 voix contre 75. Les étudiants opposés aux blocages, comme l’association « Les Jeunes avec Macron » avaient appelé à venir en masse pour retourner la majorité, mais se sont retrouvés minoritaires.

Ils participent à nouveau à l’Assemblée générale du 11 avril. Les membres du syndicat Uni mettent aussi en avant les 241 signataires de la pétition en ligne : « Non aux blocages à l’Université de Strasbourg ».

avec Jean-François Gérard

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