L’application « Tell My City », c’est fini à Schiltigheim
Société 

L’application « Tell My City », c’est fini à Schiltigheim

actualisé le 14/01/2019 à 15h41

L’application pour signaler des dysfonctionnements dans la ville s’est révélée trop chère, chronophage et peu utilisée. Après près de quatre ans d’utilisation, la mairie de Schiltigheim a mis fin le 1er janvier à l’exploitation de Tell My City, une application qui devait permettre plus de démocratie locale.

Lancée en 2015 à Schiltigheim, l’application Tell My City (« rapporter à ma ville », en anglais) permettait aux Schilikois signaler un problème, suggérer une idée ou féliciter une initiative… La demande, géolocalisée ainsi qu’illustrée avec texte et photo était envoyée aux services de la mairie, qui interviennent quand ils la jugent recevable. Les cas relevés sont visibles par tous via une carte. Ce dispositif avait pour but le renforcement du lien entre citoyens et municipalité.

Mais, après moins de quatre ans d’usage, la nouvelle municipalité estime que l’application a surtout servi à dénoncer des infractions. La plupart des notifications rapportaient par exemple des nuisances sonores (voir ci-dessous), un stationnement gênant ou des déchets sur un trottoir… Au point qu’un agent de la police municipal s’est vite vu confier cette gestion quotidienne des doléances.

Fiche Tell My City pour des nuisances sonores.

La mairie a commencé par relayer les signalements de ce genre à la police municipale mais face à leur nombre a décidé de confier leur gestion à un agent. (capture d’écran)

À chaque notification acceptée la mairie devait tenir au courant l’utilisateur. Pour l’un d’eux, Marc-Antoine Laurent-Guy, les échanges avec la mairie étaient confus :

« Le suivi était assez incompréhensible. Un de mes signalements à propos d’un panneau caché par une haie était noté « en cours » alors que le problème avait été réglé. L’inverse est arrivé aussi, qu’on me dise que ma notification soit « terminée », alors que sur le terrain il n’en est rien. »

Problèmes d’aiguillage

Une partie des signalements faits par l’application ne relevaient pas des compétences de la mairie. L’entretien des trottoirs, l’un des sujets fréquent de mécontentement, relève par exemple des compétences de l’Eurométropole. Ce qui oblige la mairie à relayer à d’autres organismes les signalements qui ne sont pas de son ressort.

Capture d'écran de l'application Tell My City où un signalement refusé concernant un passage piéton manquant.

« J’ai signalé le manque d’un passage piéton. La demande a été rejetée sans autre forme de procès » raconte Marc-Antoine Laurent-Guy. (Document transmis)

L’un des intérêts de Tell My City pour les mairies est d’établir des statistiques sur le traitement des signalements. Cette technologie avait séduit l’ancien maire Jean-Marie Kutner (UDI) élu en 2014. Mais à Schiltigheim, seule une dizaine de personnes seulement se connectaient chaque mois, trop peu pour collecter automatiquement des informations pertinentes.

Ce potentiel étant réduit à peau de chagrin, la géolocalisation est le seul avantage du dispositif par rapport à l’envoi d’un mail ou d’un courrier classique. Pas assez pour justifier les 10 000 euros annuels que coûtaient l’application, en plus de la mobilisation d’un agent municipal. La majorité élue en 2018 a donc décidé de mettre un terme « dès que possible » au contrat avec Spallian, la société française qui gère Tell My City. L’entreprise revendique plus de 60 communes en France, dont la voisine de la Cité des brasseurs, Bischheim.

La Smart City se contentera d’e-mails

Dans le mail envoyé jeudi 27 décembre 2018 pour annoncer la fin de Tell My City, la mairie laisse la porte ouverte à l’usage d’une autre application qui proposerait plusieurs services en complément des signalements. Au cabinet de la maire Danielle Dambach (écologiste), on précise qu’une potentielle remplaçante devra au moins inclure un « agenda municipal », ainsi qu’un « moyen de participer aux choix de la Ville ».

Sans qu’aucune d’étude sur ce raté n’ait été établie, il semble que la nécessité d’un smartphone en soit l’une des principales limites. Une part importante des personnes impliquées dans la vie locale schilikoise sont des retraités, pas tous à l’aise avec ces nouvelles technologies. Néanmoins pour sa nouvelle consultation sur les transports, la municipalité propose un questionnaire… en ligne. Elle ajoute quatre déambulations et trois permanences physiques.

En attendant, la mairie propose aux rares habitués de Tell My City de revenir aux comptes de la municipalité sur les réseaux sociaux et aux e-mails pour communiquer.

L'AUTEUR
Pierre Petitcolin
Pierre Petitcolin
Stagiaire à Rue89 Strasbourg sur la période janvier - février 2019.

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