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Dans la plaine du Grand Ried, la nappe phréatique s’assèche au profit de l’irrigation du maïs
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Dans la plaine du Grand Ried, la nappe phréatique s’assèche au profit de l’irrigation du maïs

par Danae Corte.
Publié le 27 juillet 2022.
Imprimé le 17 août 2022 à 15:07
1 591 visites. 3 commentaires.

Reporterre s’alarme pour les niveaux de la nappe phréatique rhénane, alors que les pompages agricoles se poursuivent, notamment dans la plaine du Grand Ried, malgré la sécheresse.

Mardi 26 juillet, Reporterre alerte sur la nappe phréatique rhénane, qui risque d’atteindre des niveaux historiquement bas en 2022, selon un rapport de l’Aprona publié le 18 juillet. Le nord et l’ouest du Bas-Rhin ont été placés en vigilance sécheresse depuis mi-juillet et des arrêtés préfectoraux limitent certains usages de l’eau. Ces restrictions ne concernent pas la plaine du Grand Ried, située entre Strasbourg et Colmar. Les pompages d’eau pour l’irrigation des céréales, notamment du maïs, se poursuivent.

Sur les cinq secteurs de mesure du Grand Ried, deux ont pourtant franchi le seuil « d’atteinte forte » et trois celui d’une « atteinte très forte » sur les cours d’eau, selon le rapport de l’Aprona. Fabien Toulet, ingénieur de l’association interrogé par Reporterre, s’inquiète :

« Nous sommes à quelques centimètres de la valeur la plus basse jamais enregistrée pour certains endroits. Ce sont des niveaux que l’on peut observer en août ou en septembre, mais pas en juillet habituellement. »

De nombreux cours d’eau du Grand Ried prennent leur source à un mètre au-dessus de la nappe. Selon l’Observatoire national des étiages (Onde), trois rivières sans eau ont été identifiées dans le secteur le 12 juillet. Or, « une seule journée d’assèchement d’une rivière anéantit des années d’efforts pour restaurer sa biodiversité », s’inquiète auprès de Reporterre Daniel Reininger, responsable du réseau eau d’Alsace Nature.

Les champs agricoles du Kochersberg. (Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

Une restriction des usages de l’eau s’impose. Si elle a bien été mise en place dans le nord et l’ouest du Bas-Rhin, elle n’est pas appliquée dans la plaine du Grand Ried, particulièrement concernée par les pompages d’eau pour le maïs. Daniel Reininger l’explique à Reporterre par le fait que le niveau des nappes n’est pas pris en compte dans les arrêtés préfectoraux. Les seuils déclenchant une alerte sécheresse sont indexés sur les étiages, c’est-à-dire sur les débits moyens des principaux cours d’eau de la région au moment où ils sont les plus bas.

Les associations dénoncent dans Reporterre un « système figé » qui ne prend pas en compte les particularités locales. Le porte-parole de l’association cite une étude de 2020 menée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur la gestion quantitative des eaux souterraines du Grand Ried, qui définit des limites au-delà desquelles il faut arrêter les pompages agricoles dans la nappe pour éviter l’assèchement des ruisseaux phréatiques. « Nous avons aujourd’hui des données qui nous permettent d’anticiper ces situations, d’imaginer un changement des pratiques : pourquoi ne sont-elles pas prises en compte ? », s’interroge-t-il auprès de Reporterre.

Lire l’article complet d’Anne Mellier sur Reporterre

Dans le sud alsacien, on irrigue le maïs malgré la sécheresse

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Article actualisé le 28/07/2022 à 16h57
L'AUTEUR
Danae Corte
Journaliste en alternance.

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