Au conseil municipal, la délicate question du Rhénus, du parc expo et de la Meinau
Politique 

Au conseil municipal, la délicate question du Rhénus, du parc expo et de la Meinau

Flux vidéo fourni par la Ville de Strasbourg. Commentaires par Rue89 Strasbourg.

Le conseil municipal du lundi 19 février va traiter du transfert de bâtiments emblématiques et de leurs terrains de Strasbourg, comme le Rhénus Sport, le parc des expositions et le stade de la Meinau au profit de l’agglomération, l’Eurométropole. À suivre en direct vidéo et avec nos commentaires à partir de 15h.


La Ville de Strasbourg et l’Eurométropole (Strasbourg, mais aussi ses 32 communes voisines) se mettent d’accord sur les bijoux de familles. Depuis plusieurs mois, les services juridiques communs aux deux collectivités planchaient sur des transferts de propriété. En cause, la loi de Modernisation et de l’action territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) de 2014 qui obligeait les communes à céder gratuitement la propriété des bâtiments dont la compétence relève de la métropole et vice-versa.

Or les deux collectivités n’ont pas engagé ces transferts dans l’immédiat. Un premier recensement a établi que 50 équipements doivent être transférés de la Ville vers l’Eurométropole et 48 dans l’autre sens… L’occasion de découvrir quelques incongruités vieilles de plusieurs décennies, à Strasbourg ou dans les communes voisines.

Plongée dans les cadastres

Exemple, le centre socio-culturel (CSC) de l’Elsau appartient à l’Eurométropole, car construit dans le cadre d’une zone d’aménagement concertée (gérée par l’ex-Communauté urbaine de Strasbourg) il y a… 50 ans. Or, depuis sa création, c’est la Ville qui gère l’établissement, comme tous les CSC et paie les factures.

Pour beaucoup de bâtiment, la situation est simple à régulariser mais la question est plus complexe pour trois lieux d’envergure, le Rhénus Sport, le parc des expositions (Pex) au Wacken et le stade de la Meinau amenés à être transformés sous peu, avec des dizaines de millions d’euros en jeu.

Des enjeux prioritaires

Au cœur de ces échanges, Robert Herrmann, président de l’Eurométropole et Roland Ries, maire de Strasbourg élus sur la même liste strasbourgeoise du Parti socialiste, conviennent pour trouver la loi « imprécise ». Si le transfert des bâtiments et de leurs terrains semblent clairs, que veulent dire « les objets y afférant » ? Les parkings, les parvis, les terrains d’entrainement ? Il n’y a guère de jurisprudence sur le sujet pour éclairer le tandem strasbourgeois.

Autour du stade de la Meinau, des parkings vont aussi être transférés de la Ville à l’Eurométropole de Strasbourg (photo Kevin Näf / Wikimedia commons)

Un cabinet d’avocat avait été missionné pour creuser la question. Fallait-il faire trancher le cas par des tribunaux ? « Non », conviennent les deux hommes, pour ne pas perdre de temps et au nom de « l’intérêt général ».

Le Rhénus, le PEX et la Meinau

Les deux assemblées se sont ainsi mises d’accord sur trois lieux urgents : le Rhénus au Wacken, le Parc des expositions, toujours au Wacken, et le stade de la Meinau. Les autres lieux, moins stratégiques à court terme, vont être passés au peigne fin. Ce délai de réflexion a vraisemblablement retardé l’annonce du sponsor pour la nouvelle salle des basketteurs de la SIG. Dès septembre, le club indiquait avoir trouvé son namer pour son Arena et le dévoiler sous quelques semaines.

La Ville transfère les terrains, mais aussi ceux correspondant à l’extension de la salle, qui pourrait compter 8 000 places. La SIG pourra ensuite signer un bail emphytéotique (long et à prix symbolique) pour engager les travaux. Son projet est autofinancé par le club, aujourd’hui estimé à 40 millions d’euros.

Schéma du futur quartier d’affaires Archipel, avec l’extension du Rhénus en Arena (document Ville de Strasbourg)

Le PEX reste provisoirement à la Ville

Autre lieu critique, voisin de la SIG, le vétuste parc des expositions (PEX). Plutôt que de procéder à un transfert, il est convenu entre les deux collectivités que l’utilisation des halls par Strasbourg-Événements, entreprise missionnée par l’Eurométropole, est à « caractère provisoire ». Les terrains seront ensuite vendus à des promoteurs dans le cadre de la deuxième phase du quartier d’affaires Archipel par la Ville de Strasbourg. La Caisse d’Épargne et le Crédit mutuel ont manifesté leur intérêt de manière pressante.

Le bénéfice de l’opération des phases 1 et 2, environ 10 millions d’euros, participera au financement du futur parc des expositions, deux rues plus loin près de l’hôtel Hilton, dont la nouvelle mouture est estimée à 80 millions d’euros.

Les abords du stade de la Meinau

Enfin, concernant le stade de la Meinau, la Ville de Strasbourg transfère le stade, mais aussi les parkings publics et gratuits attenants. Néanmoins, tout projet sur ces terrains nécessitera l’accord de la municipalité strasbourgeoise. Le Racing Club de Strasbourg étudie un agrandissement, qui vise surtout à ajouter des loges. Des montants très variables ont été annoncés, de 60 à 120 millions d’euros.

En plus du stade de la Meinau, ses abords, en particulier les parkings vont aussi être confiés à l’Eurométropole, avant un possible agrandissement (extrait de la délibération)

Habitat participatif, forêt et français au programme

En dehors de ce gros dossier, qui ne manquera pas de soulever des questions, l’ordre du jour de ce conseil municipal est assez restreint avec 26 points. Une opération d’habitat participatif à Kœnigshoffen (verger Saint Gall) est attribuée, la vingt-cinquième depuis 2008, dont 15 sont achevées.

Par ailleurs, la Ville vote l’intensification du programme d’apprentissage du français à destination des parents d’élèves, pendant les heures de cours des enfants. Depuis la rentrée 2017, 207 adultes non-francophones dans 16 écoles maternelles ont bénéficié de ces enseignements, 138 régulièrement. L’objectif est de toucher davantage d’écoles, selon les besoins.

Enfin, la question de la gestion des forêts, classées réserves naturelles nationales, du Rohrschollen et du Neuhof, sera abordée pour voter le fonctionnement de l’année 2018, l’occasion d’un bilan sur les années passés. Cette délibération fait écho à l’actualité puisqu’un classement similaire de la forêt de la Robertsau est en cours d’enquête publique. Notons qu’il sera question d’espèces protégées et la séance de décembre était partie en vrille sur ce sujet à la surprise générale.

Trois interpellations

Il faudra peut-être attendre la fin du conseil pour connaître un regain d’action à l’occasion des interpellations de l’opposition. Thierry Roos fait écho à une information du blog de la Robertsau, qui indique que 75 des 150 places du parking-relais tram Boecklin seraient données au consulat de Turquie, en cours d’achèvement à quelques mètres de là.

Deux autres interpellations portent sur les rythmes scolaires, les renforts de policiers à la Meinau et au Neuhof et le déménagement de la foire Saint-Jean à Kœnigshoffen.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

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Aller plus loin

Sur Strasbourg.eu : l’ordre du jour du 19 février (PDF)

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur le conseil municipal de Strasbourg

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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