Le Bulli sent le crâmé, mais il tient sur les routes du sud de l’Europe occidentale
Carnets du Bulli Tour
Deux journalistes pendant six mois en Europe de l'est à bord d'un combi Volkswagen. On vous raconte ici les coulisses de ce road-trip.
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Le Bulli sent le crâmé, mais il tient sur les routes du sud de l’Europe occidentale

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Le 1er PV du Bulli Tour Europa, à quelques minutes du départ depuis Strasbourg.

Et voilà, après une panne mécanique, un cadeau de la police municipale, nous sommes sur les routes à la rencontre des Européens ! Première destination : la Slovénie et l’Italie avec Trieste.

BlogDépart du Bulli Tour, merci Strasbourg !

Le départ du Bulli Tour Europa, rappelons qu’il s’agit de 10 000 km de reportages sur les routes d’Europe de l’Est, s’est effectué sur des chapeaux de roues, samedi 10 mai, place Gutenberg avec une contravention généreusement octroyée par une représentante de l’ordre municipal. Menaçant, le véhicule était garé en zone piétonne, moteur éteint. L’autorisation municipale n’avait pas été brandie à chaque passage de policiers. Croyant bien faire et protéger les concitoyens menacés, la policière a dégainé son stylo et a consciencieusement rempli un petit papier, retrouvé ensuite glissé sous l’essuie-glace. Le Bulli Tour Europa comptait son premier procès verbal, avant même que le véhicule n’eût fait ses premiers kilomètres !

Qu’à cela ne tienne, le combi VW de 1978 a quitté Strasbourg pour l’Italie.

Finalement, l’été tant attendu est repoussé puisque le passage en Autriche s’annonce périlleux : grêle, rafales de vents et températures bien basses. La couverture de survie s’est imposée car le système de chauffage par récupération d’air était rendu inactif par la pluie battante. On sortira les mouchoirs et les bouilloires pour les prochains jours, et tant pis : l’équipée poursuit son périple et parvient à rejoindre le port de Trieste.

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Le Bulli dans les montagnes autrichiennes.

Nos nuits triestinnes

Avec l’arrivée à Trieste, c’est aussi les premières nuits dans le Combi, 3 mètres carrés, avec pour seuls outils une pompe à eau non potable à actionner par gesticulations pédestres, deux lampes frontales (mais avec seulement un jeu de piles sinon c’est pas drôle), et le fusible de l’allume cigare qui grille dès le pont de Kehl… soit plus de jus dans le Combi, ni dans la glacière électrique. Baptiste, du haut de ses deux mètres, ne tient ni debout, ni couché. Il se courbe, se plie, s’assomme mais, en bonne bête de somme, continue le montage des premières images du Bulli Tour.

Intérieur nocturne du Bulli

Intérieur nocturne du Bulli

Avant d’arriver dans le port de Trieste, il a fallu traverser l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Slovénie puis à nouveau l’Italie, ce qui se traduit par trois passages en station essence, deux vignettes autoroutières et 15 heures de route pour 800 km (si, si).

Pour aérer le gosier de Mister Bulli, arrêt recommandé toutes les deux heures, pendant 20 minutes, ce qui nous a permis de découvrir les architectures sublimes et si diversifiées des stations essences européennes, constituées d’un abri de tôle pouvant abriter dix à douze pompes, puis d’un espace principal contenant caisses, toilettes (payantes si territoire allemand), buvette (paire de knacks à 3,90 euros), une machine à café, les bonbons sur le présentoir près de la caisse enregistreuse, deux ou trois magazines et des DVD pour adultes avertis. Ici et là des M&M’s en toutes les langues, un JT en boucle, des triangles de sécurité en promotion et l’éternelle poubelle collante qu’il faut toucher pour jeter son petit déchet des 60 derniers kilomètres.

Capot ouvert pour refroidir le moteur et le plein pour poursuivre la route.

Capot ouvert pour refroidir le moteur et le plein pour poursuivre la route.

L’Europe, entre nationalités et citoyennetés

Puis arrive Trieste. Ville frontière, marquée par des mouvements historiques violents (prise par les fascistes italiens, reprise par Tito, sous mandat de l’ONU), est aujourd’hui une capitale européenne et compte d’illustres représentants pour faire parler d’elle. L’équipe du Bulli Tour Europa a donc rencontré un de ses doyens, Boris Pahor, bientôt cent un ans. Il nous attendait à Prosecco, petit village sur les hauteurs du port. Pour s’y rendre, le Bulli rugit, vrombit, frôle, cale, mais parvient finalement à bon port, avec une légère odeur de cramé qui nous suit. Les manœuvres s’avèrent plus faciles que prévu même si le Bulli est imposant et les ruelles minuscules.

Trieste, à la frontière entre Slovénie et Italie.

Trieste, à la frontière entre Slovénie et Italie.

Auprès de Boris Pahor, nous avons découvert que nationalité et citoyenneté sont deux choses bien distinctes et que l’on peut être citoyen italien mais slovène de nationalité, ou comment décrypter l’identité plurielle de l’Europe.

Le Bulli Tour Europa taille la route toujours plus à l’Est et part pour Ljubljana ! À bientôt !
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En route vers l’Est!

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L'AUTEUR
baptistecogitore
baptistecogitore
Réalisateur de films documentaires, journaliste rapporteur d'images. Éditeur à ses heures. (Cette photo a 10 ans, c'est dingue comme le temps passe vite)

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