Le président Emmanuel Macron en déplacement à Sélestat mercredi 19 avril 2023.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
Vendredi 26 avril, l’Élysée a donné l’exclusivité de la quasi-totalité du déplacement d’Emmanuel Macron aux médias du groupe EBRA, dont les Dernières nouvelles d’Alsace à Strasbourg.
L’essentiel pour les médias du Crédit Mutuel, les miettes pour les autres. Vendredi 26 avril, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu à Strasbourg pour signer le quinzième contrat triennal, des millions devant conforter la vocation européenne de la capitale alsacienne pendant trois ans.
La veille, le service presse de l’Élysée avait informé les journalistes du déroulé de la visite présidentielle. Les rédactions ont ainsi découvert que sur trois heures de présence d’Emmanuel Macron en Alsace, deux étaient réservées aux seuls médias du groupe EBRA, la filiale du Crédit Mutuel propriétaire des titres de presse quotidienne régionale du Nord Est de la France, dont les Dernières nouvelles d’Alsace.
Une belle publicité pour le groupe EBRA
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les quatre militants sont attachés depuis vendredi 26 avril au matin.Photo : Extinction Rebellion / document remis
Quatre militants d’Extinction Rebellion se sont cadenassés aux abords des puits de Stocamine à Wittelsheim vendredi 26 avril, pour protester contre la décision de l’État d’enfouir définitivement des dizaines de milliers de tonnes de déchets, sous la nappe phréatique rhénane.
Arrivés dès le matin du vendredi 26 avril, des militants d’Extinction Rebellion, combinaison blanche sur le corps et masque en carton sur le visage, se sont attachés à des grilles à proximité des puits d’accès à Stocamine, à Wittelsheim près de Mulhouse.
Lundi matin, quatre militants du groupe étaient toujours cadenassés par le cou. Les clés ont été envoyées au ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, et au préfet du Haut-Rhin, Thierry Quéffelec, par le mouvement écologiste qui dénonce le choix du gouvernement d’enfouir à jamais 42 000 tonnes de déchets toxiques (cyanure, amiante, arsenic… ) sous la plus grande réserve d’eau potable de l’Europe. Certains étaient pourtant interdits par le règlement du site.
Le groupe militant rappelle au ministre et au préfet qu’à « la fin des années 1990, l’État s’était engagé à ce que cette solution (de stockage des déchets NDLR) soit temporaire et réversible ». Et note que « le dérèglement climatique accroit la pression sur la ressource en eau, il serait criminel de risquer l’empoisonnement de la plus grande nappe phréatique d’eau douce d’Europe ».
À l’heure de publier cet article, ni le ministre, ni la préfecture du Haut-Rhin n’ont réagi à l’action d’Extinction Rebellion. Cet article sera mis à jour en fonction de l’évolution de la situation à Wittelsheim.
Le Wangenhaus numéro 34 où la terrasse culturelle de la Grenze et l’association Creative Vintage pourraient s’installer.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Projet d’hôtel, potentiel déménagement de la Grenze, étude du patrimoine et transformation à venir avec la gare à 360 degrés… L’avenir de la rue du Rempart se dessine aujourd’hui.
À l’arrière de la gare de Strasbourg se dresse un rempart. Vestige des fortifications strasbourgeoises édifiées à la fin du XIXe siècle, ces bastions et autres fortins forment une frontière avec l’ouest de la ville. La rue du Rempart garde un aspect d’abandon, coincée entre une ancienne forteresse doublée d’une autoroute d’un côté et des voies ferrées de l’autre.
Pourtant si proche du centre de Strasbourg, cette zone reste un impensé urbanistique depuis des dizaines d’années. Mais des études en cours, paysagères et patrimoniales, indiquent du côté de la municipalité écologiste l’intention de transformer cet espace. Ces réflexions, qui en sont encore à leurs prémisses, s’appuient sur plusieurs projets.
Un parking, une gare routière et un hôtel
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
350 personnes ont manifesté pour la visibilité lesbienne ce 27 avril.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
L’association Juin 69 a organisé la seconde marche lesbienne de l’histoire de Strasbourg samedi 27 avril. L’occasion pour plus de 350 personnes de revendiquer le droit d’être et d’aimer qui elles veulent.
À 14h sur la place Kléber, samedi 27 avril, deux manifestations s’apprêtent à partir. Celle de soutien à la Palestine côtoie celle qui va défendre la visibilité lesbienne. Marie Furlan, co-fondatrice et présidente de l’association Juin 69, à l’organisation de la marche, semble avoir hâte. « Nous sommes galvanisées par tous les évènements de la semaine de visibilité lesbienne », sourit-elle. Au total, la seconde édition de la marche aura rassemblé plus de 350 personnes – environ autant qu’en 2023.
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En 2022 s’est tenue la première édition de la fête des alternatives à Sélestat.Photo : document remis
Pour la troisième année consécutive, une journée joyeuse et pleine de solutions est organisée à Sélestat par le collectif du Chaudron des alternatives, samedi 4 mai 2024.
De 14h à 22h, samedi 4 mai, le Chaudron des alternatives organise sa troisième fête des alternatives au foyer Notre Dame de la Paix, à Sélestat. L’occasion de se rencontrer, d’apprendre et de discuter.
Des ateliers pour petits et grands
La fête des alternatives regorge d’activités manuelles pour apprendre de nouvelles choses. Il y aura les ateliers créatifs d’illustration, d’affiches, d’écritures ou de reliure. Mais aussi ceux de réparation de vélo, de jeux de bois ou de maquillages pour enfants.
Vidéo promotionnelle réalisée lors de l’édition 2023 de la fête des alternatives.
Le do it yourself (ou « le fait soi-même ») occupera une place du programme, avec la démonstration du fonctionnement de la cuisson solaire ou encore le « réalisateur automatique de rêves ». Pour les plus désireux de calme, un coin lecture et presse alternative sera aménagé.
Discuter et débattre
Trois conférences sont au programme du 4 mai, parmi lesquelles l’une sera consacrée à l’indépendance des médias en Alsace – avec la présence d’un journaliste de Rue89 Strasbourg.
Enfin le soir, un concert dansant conclura la journée.
Le 1er mai 2023, plus de 20 000 personnes ont défilé à Strasbourg, après plusieurs semaines de mobilisation contre la réforme des retraites.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
La journée internationale des travailleurs édition 2024 s’annonce haute en couleurs à Strasbourg, avec un cortège intersyndical qui s’élancera dès 10 heures en direction du Jardin des Deux Rives et un cortège alternatif qui restera en centre ville.
Après une édition 2023 légendaire à Strasbourg, la marche du 1er-Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses, s’annonce divisée pour 2024. Un cortège intersyndical s’élancera de la place de l’Université à 10h et prendra la direction de l’avenue de la forêt Noire. Elle continuera vers la place d’Islande, le pont d’Anvers, rue du Port-du-Rhin, rue Coulaux, rue de l’abbé François-Xavier-Scherer, rue François-Noblat, rue Lina-Ritter, et débouchera au Jardin des Deux Rives.
Syndicats unis
Les sept organisations qui composent l’intersyndicale ont écrit un communiqué commun, misant justement sur l’unité des travailleurs et travailleuses. Elles se rejoignent autour de revendications communes, telles que l’augmentation des salaires et du point d’indice des fonctionnaires, la création de postes de fonctionnaires, l’abandon du « choc des savoirs » à l’école, l’abrogation de la réforme assurance chômage et la défense du droit de grève.
L’intersyndicale rassemble la FSU, l’Unsa, Solidaires, AES / FSE, FO, la CGT et la CFDT – elles s’élanceront dans cet ordre mercredi 1er mai.
Molodoï et Barbecue
De son côté, le collectif Retour de Flamme annonce partir du Palais universitaire, à 10h également, mais n’ira pas jusqu’au port du Rhin. Contrairement à l’intersyndicale, le « Carnaval des colères » empruntera l’avenue de la Forêt-Noire, le boulevard de la Victoire, le quai des Pêcheurs et poursuivra jusqu’à la place Henri-Dunant. Il entend combiner la lutte des travailleurs et travailleuses avec une opposition aux Jeux Olympiques.
« Si nous faisons le choix de l’unité (pour le départ de la marche, NDLR), nous faisons aussi celui de l’autodétermination. »
Communiqué de presse du collectif Retour de Flamme
Pour celles et ceux qui ne pourraient se déplacer dès 10h, le collectif donne rendez-vous à midi au Molodoï, 19 rue du Ban-de-la-Roche. L’après-midi, des activités et des concerts sont organisés (voir le programme).
Enfin, le Nouveau parti anticapitaliste du Bas-Rhin organise une fête, à la Maison des associations, place des Orphelins dès midi. Il y aura un barbecue, une buvette et un repas végétalien. Le parti souhaite dédier cette journée de « solidarité » au peuple palestinien la présente comme « un moment pour échanger sur les sujets au cœur de notre militantisme ».
L’école Steiner-Waldorf de Wintzenheim, près de Colmar.Photo : capture d’écran / Google Maps
L’école Steiner-Waldorf Mathias Grünewald, à Wintzenheim (Haut-Rhin), a été mise en demeure par le rectorat de se mettre en accord avec le code de l’éducation. 14 « enseignants » y exercent sans autorisation, selon une information de BFM Alsace.
Dans un rapport de l’inspection académique consulté par BFM Alsace, celle-ci indique la présence de professeurs sans autorisation d’enseigner, à l’école Steiner-Waldorf Mathias Grünewald, située près de Colmar. Le 12 mars 2024, l’académie de Strasbourg a mis en demeure l’établissement hors-contrat de se mettre en conformité avec le code de l’éducation.
Une seconde école Steiner-Waldorf, située à Wittelsheim (Haut-Rhin) a également fait l’objet d’une mise en demeure pour des faits similaires. Celle de Strasbourg, située dans le quartier de Koenigshoffen, attend les résultats de son inspection.
Un tiers des enseignants non autorisés
L’enquête de l’inspection académique a été entamée le 12 octobre 2023, suite à une plainte contre l’établissement après des allégations de viols entre enfants. Elle révèle qu’à l’école Mathias Grünewald, « plus d’un professeur sur trois » n’a pas le droit « d’enseigner tout ou en partie des matières dont ils ont la charge ». Elle accueille environ 400 enfants, de 3 à 18 ans.
En mai 2023, l’une de ces professeures, alors décrite comme compétente pour donner des cours de chimie, avait allumé un feu avec des feuilles dans sa salle de classe. Elle était en fait uniquement qualifiée pour enseigner… la musique. L’évènement a été à l’origine d’au moins une plainte de parent d’élève contre l’établissement (voir notre article).
À la tête de l’association en charge de la gestion de l’école hors-contrat, Antoine Defèche explique les « irrégularités […] par le fait que les matières enseignées n’ont pas d’équivalence dans le système public » – alors que « les transgressions relevées par le rapport concernent, dans 85% des cas, des matières communes à l’éducation nationale, telles que le français, les mathématiques, l’éducation musicale ou la géographie ».
Auprès de France 3 Alsace, le recteur de Strasbourg Olivier Faron a déploré que ce rapport ait circulé en dehors de l’Éducation nationale, tout en précisant :
« Si [les enfants] ne reçoivent pas le bon niveau d’enseignement, ou qu’ils ne sont pas dans des conditions propices à leur développement personnel, je prendrai les décisions qui s’imposent. »
Olivier Faron, recteur de l’académie de Strasbourg, à France 3 Alsace le 25 avril
En campagne européenne, la tête de liste des Écologistes Marie Toussaint a tenu une réunion publique à Strasbourg, jeudi 25 avril. La candidate en a profité pour marquer son opposition au discours qu’Emmanuel Macron tenait le jour même sur l’Europe.
« S’il devait y avoir un siège unique, je souhaiterais qu’il soit ici. » Pour séduire son public alsacien, Marie Toussaint connait les ficelles. À l’occasion de sa venue à Strasbourg, jeudi 25 avril, les Écologistes ont organisé une réunion publique, rebaptisée « causerie », dans un espace dédié à l’économie sociale et solidaire du quartier du Port du Rhin.
La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian ouvre la soirée en saluant ses administrés et les invités du soir. Élus locaux, députée, sénateurs… Tout ce que les Écologistes comptent de représentants en Alsace s’est pressé pour soutenir leur tête de liste. Avec eux, un large panel d’élus et de cadres du parti s’est également déplacé, en plus d’un public d’environ 300 personnes.
« Le meilleur investissement électoral, c’est le bulletin vert »
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Beaucoup d’agriculteurs sont au contact de pesticides tout au long de leur vie professionnelle.Photo : Zeynel Cebeci / Wikimedia Commons
Environ 20 000 affiliés alsaciens à la mutualité sociale agricole ont participé à Agrican. Cette vaste étude vise notamment à répertorier les maladies qui ont un lien avec les pesticides. Entre 2005 et 2015, 1 990 membres du groupe régional ont déclaré un cancer.
« On veut sensibiliser les professionnels agricoles, faire en sorte qu’ils ne soient pas dans le déni concernant les pesticides », explique Pierre Lebailly, coordinateur d’Agrican. Il s’agit de la plus grande étude au monde sur les cancers en milieu professionnel. 180 000 affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) répartis dans 11 départements transmettent des informations sur leur état de santé à ces scientifiques depuis 2005.
Rue89 Strasbourg dévoile les données concernant la cohorte alsacienne (c’est-à-dire le groupe testé), composée de 20 000 personnes. En dix ans, de 2005 à 2015, au moins 1 990 d’entre elles ont déclaré un nouveau cancer, dont 1 034 dans le Bas-Rhin et 956 dans le Haut-Rhin.
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Le site de Stocamine se trouve à Wittelsheim, au nord de Mulhouse.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Le député insoumis de Strasbourg Emmanuel Fernandes a fait un signalement à la procureure le 25 avril. Il signale la présence de polluants persistants et interdits dans les galeries de Stocamine.
Plus le temps passe, plus le doute grandit sur les substances toxiques que l’État envisage de confiner sous la nappe phréatique sur le site de Stocamine, à Wittelsheim (Haut-Rhin). Des anciens mineurs avaient témoigné en 2022 de la présence de produits radioactifs interdits auprès de gendarmes de l’environnement enquêtant sur la nature des déchets.
Emmanuel Fernandes, député insoumis strasbourgeois de la deuxième circonscription du Bas-Rhin, apporte des éléments supplémentaires jeudi 25 avril. Il a signalé à la procureure de la République la présence de nouveaux produits irréguliers qu’il considère avoir identifié à Stocamine – dans le cadre d’une procédure appelée « article 40 ».
L’élu a déterré l’annexe 3.5 d’une étude datée de 2004 et réalisée par la société BMG Engineering, disponible sur le site des Mines de potasse d’Alsace (les gestionnaires du site). Elle évoques les « risques » liés aux substances chimiques présentes dans les déchets de la mine, en cas de confinement.
1 643 tonnes contaminées au PCB
Celle-ci mentionne la présence de 1 643 tonnes de produits contenant des polychlorobiphényles (PCB), une forme de polluants éternels, avec une concentration d’environ 150 mg/kg. Ces composés étaient utilisés dans divers procédés industriels au 20ème siècle, par exemple comme isolants électriques.
Selon Emmanuel Fernandes, cette découverte est importante :
« Le PCB est un polluant organique persistant (POP) qui s’accumule sans s’évacuer dans les organismes en bout de chaîne alimentaire, particulièrement chez les humains. Il est de la même famille que les PFAS. Il est reconnu cancérigène par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC). »
Théoriquement, ce type de produits n’était pas autorisé à Stocamine, d’après l’arrêté préfectoral de 1997 fixant le règlement de la décharge. Pour le député, ces informations doivent être signalées au parquet de Strasbourg. Il explique dans sa saisine que le PCB en question est contenu dans des terres polluées en provenance de l’usine Haefely-Trench, basée à Saint-Louis. Celle-ci fabrique des équipements électriques de haute tension.
Des fûts de PCB déstockés en 2002
À noter que 200 tonnes de PCB et de pyralène avaient déjà été déstockés en 2002 sur ordre du préfet du Haut-Rhin, parce que leur présence dans la mine contrevenait au règlement de Stocamine. L’existence de nouveaux déchets non-conformes fragiliserait encore l’argumentaire du gouvernement qui assure maitriser le risque pour la nappe phréatique en cas de confinement.
« Le maintien définitif de ces déchets par la pose de sarcophages en béton conduira à la pollution de la plus grande nappe phréatique d’Europe qui empoisonnera l’eau potable de 7,5 millions de personnes », alerte Emmanuel Fernandes.
Parallèlement, Me François Zind, l’avocat d’Alsace Nature, a déposé ce 23 avril une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Il y soutient notamment le fait que le début du chantier d’enfouissement est une entrave au droit de la défense dans le cadre des actions juridiques de l’association sur la présence de déchets interdits à Stocamine.
Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste et de Place publique aux élections européennes, à Strasbourg, le 24 avril 2024.Photo : Mathieu Delmestre / Parti socialiste
La tête de liste du Parti socialiste et de Place publique a dévoilé mercredi les grandes lignes de son programme pour l’Union européenne lors d’un meeting à Strasbourg. Une réponse ambitieuse au chaos guerrier et climatique, que la famille sociale-démocrate a jusque-là peiné à mettre en œuvre.
« J’étais parti pour faire un discours à la Chávez », plaisante Raphaël Glucksmann auprès des journalistes, à l’issue de son meeting strasbourgeois du mercredi 24 avril. Pour ne pas lasser son auditoire, la tête de liste du Parti socialiste et de Place publique a en effet renoncé à se mettre dans les pas de l’ancien président vénézuélien, préférant sabrer des pans entiers d’un discours-fleuve sur sa vision de l’Europe en 2030.
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Manifestation en soutien aux enfants tués à Gaza, le 9 novembre 2023, place Kléber à Strasbourg.Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Samedi 27 avril 2024, trois évènements sont organisés pour la population de Gaza : une marche, une conférence et une soirée de soutien.
Les initiatives se multiplient à Strasbourg pour montrer le soutien à la population gazaouie, bombardée par l’armée israélienne presque sans relâche depuis plus de six mois. Le 27 avril, la première manifestation aura lieu à 14h au départ de la place Kléber. Organisée par le collectif Palestine 67, elle sera entamée par un « die-in » (lorsque les manifestantes et manifestants simulent le fait d’être morts).
Conférence et soirée de soutien
La seconde manifestation est en fait une conférence au centre socio-culturel Le Gallet, dans le quartier de Hautepierre, à 19h. Organisée par le collectif Strasbourg Palestine, en partenariat avec France Palestine Solidarité (AFPS) et Culture de Palestine, la conférence aura pour thème « la terrible tragédie palestinienne ». Elle donnera la parole au médecin urgentiste strasbourgeois Mohammed Abarguiss (de retour d’une mission humanitaire à Gaza) et au politologue François Burgat (ex-directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions politiques du Moyen-Orient).
Enfin le centre auto-géré du Molodoï accueillera une soirée de soutien à la Palestine et contre tous les racismes. Co-organisée par les collectifs locaux Hackstub, le BRIF, Zest Radio et Radio Rhino, la soirée commencera avec le concert d’une chorale et un repas vegan dès 18h. Un drag-show, des DJs et des partages de récits sont ensuite au programme. La soirée durera jusqu’à 3h.
Les relations entre écologistes et communistes s’étaient dégradées en novembre 2023.Photo : Fantasio Guipont / Rue89 Strasbourg
Un temps en retrait de la majorité municipale menée par la maire écologiste Jeanne Barseghian, le groupe du Parti communiste français revient dans le rang après avoir obtenu quelques gages.
« On travaille bien, il n’y a pas de raison qu’ils ne participent pas aux prochaines réunions de l’intergroupe. » Au téléphone, Benjamin Soulet, le co-président du groupe Strasbourg écologiste et citoyenne, ne laisse entrevoir aucun signe d’inquiétude pour l’avenir de sa majorité. Six mois plus tôt, en novembre 2023, l’attelage entre élus écologistes et communistes connaissait pourtant une période de turbulences.
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L’opposition monte d’un cran contre la liaison A4-Lorentzen.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Les Soulèvements de la Terre appellent à une mobilisation samedi 27 avril pour protester contre la construction d’une nouvelle route départementale sur une colline qui abrite des espèces protégées à côté de Lorentzen.
Dès midi samedi 27 avril, le collectif des Soulèvements de la Terre, l’association nature Alsace Bossue, l’association de sauvegarde de la vallée de l’Isch et le collectif Kenn strass meh donnent rendez-vous aux manifestantes et manifestants à l’étang de pêche de Mackwiller (Bas-Rhin), au nord ouest de l’Alsace, pour un pique-nique. Il entend contester la construction d’une route départementale entre l’autoroute A4 et la commune de Lorentzen.
Un projet « écocide »
Autorisée par la préfecture en décembre 2023, la construction de cette nouvelle route met en danger l’habitat de plusieurs espèces protégées, selon plusieurs associations naturalistes (voir notre article). Il est par exemple prévu qu’elle traverse la colline du Morsberg, un « site inédit » qui crée une écosystème particulier.
Dans leur annonce de manifestation, les Soulèvements de la Terre demandent « l’abandon pur et simple de ce projet écocide et destructeur des terres agricoles » :
« La colline du Morsberg, le vallon du Hoellgraben, comportent 11 milieux protégés qui sont eux-mêmes l’écosystème de 90 espèces protégées et de centaines d’autres non protégées. »
Après le rendez-vous fixé à midi, une balade naturaliste sur le tracé de la route s’élancera à 14h. Puis des discussions et un apéro seront organisés à 16h30, avant un repas-concert qui aura lieu à 19h.
De nombreuses organisations écologistes s’opposent au confinement des déchets toxiques de Stocamine par un sarcophage de béton sous la nappe phréatique.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
L’avocat de l’association environnementaliste a déposé ce 23 avril une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour demander en urgence la suspension des travaux de remblayage à Stocamine.
Autorisés par le Conseil d’État à poursuivre le confinement définitif des déchets industriels ultimes de Stocamine sous la nappe phréatique, les gestionnaires du site réalisent des travaux dans les galeries. Mais Alsace Nature, fermement opposée à cette opération au vu du risque pour l’eau potable à long terme, emploie tous les recours juridiques possibles pour empêcher l’enfouissement de ces produits toxiques.
L’association environnementaliste a déposé, dans la soirée du 23 avril, une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Me François Zind, l’avocat d’Alsace Nature, décrit son angle d’attaque :
« Si le bloc 15 (zone dans laquelle des déchets irréguliers ont causé un incendie dans la mine en 2002, NDLR) et les autres galeries sont remblayées, cela rend inaccessibles des preuves d’infractions pénales pour abandon de déchets non-conformes au règlement de Stocamine. Nous soutenons donc devant la Cour européenne qu’il s’agit d’une entrave au droit de la défense.
Aussi, le tribunal administratif n’a pas encore rendu son jugement concernant la légalité de l’enfouissement définitif des déchets. Les travaux vont donc aussi à l’encontre du droit à un recours. »
L’association met en avant le droit des générations futures à vivre dans un environnement sain. Cinq personnes vivant à proximité de la décharge souterraine, dont le militant du collectif « Destocamine » Yann Flory ou l’ancien mineur Étienne Chamik, se joignent à la requête. « La protection de l’environnement n’est pas assurée sur le long terme, et il y aura, à minima, une altération des écosystèmes aquatiques », estime Me François Zind.
La CEDH devra se prononcer dans les prochains jours.
Pour la dernière session plénière ce mardi 23 avril, la France insoumise a opportunément tenu un meeting à Strasbourg. Devant une salle comble, les eurodéputés et candidats ont présenté un bilan de leur mandat et les combats à venir, allant du prix de l’électricité à la paix en Palestine.
Après une semaine de campagne chaotique, le passage à Strasbourg ressemble à une accalmie. En quelques jours, La France Insoumise a connu l’annulation par la préfecture de sa conférence sur la Palestine à Lille, puis la convocation pour « apologie du terrorisme » de sa candidate Rima Hassan (7ème position) et de la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot. En comparaison, le meeting que tenait le mouvement, ce mardi 23 avril, semblait presque tranquille.
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