
Nouvel appel du procureur turc contre Pinar Selek


Les élections municipales de Plobsheim annulées


Les habitants de Plobsheim devront revoter pour leur maire suite à l’annulation des élections de mars. La liste d’Anne Weber, arrivée en tête, a eu des pratiques jugées diffamatoires envers son opposant Bernard Christen. (suite…)
Strasbourg en 3D sur les iPad, iPhone et Mac


Apple vient de sortir une nouvelle version de son application de cartographie Plans, avec une vue en 3D sur certaines villes, dont Strasbourg. Appelée Flyover, cette fonction permet de survoler certains endroits reconstitués à partir de clichés pris du ciel.
Leurs amis sont morts en Syrie, ils témoignent


En décembre 2013, une dizaine de Strasbourgeois âgés d’une vingtaine d’années prenaient la route vers la Syrie. Parmi eux, Yacine et Mourad, deux frères, originaires du quartier de la Meinau, ont trouvé la mort deux jours seulement après leur arrivée. Rue89 Strasbourg a rencontré leurs amis d’enfance, qui tentent de comprendre ce qui a pu se passer.
Le point de rendez-vous est un parking de magasin situé non loin des immeubles du quartier de la Meinau. Il fait nuit et froid, mais Boucif et Woualid vont rester plus de deux heures à parler de Yacine et Mourad, leurs amis d’enfance partis faire le djihad en Syrie et morts deux jours seulement après leur arrivée en décembre 2013. Depuis le collège, ils formaient avec les deux frères une bande de 5-6 potes, inséparables.
Dans la cité, le sujet reste tabou, personne n’ose vraiment en parler à haute voix et eux-mêmes risqueraient d’être considérés comme des «balances ». Ils s’en fichent pas mal : ils souhaitent raconter «pour que ça puisse servir à d’autres ». Au fond d’eux, ils ne veulent toujours pas croire que leurs amis sont morts, à des milliers de kilomètres pour quelque chose qui n’est « pas leur problème ».
« T’es amoureux Woualid ? » Je lui ai répondu “tu craques !” »
Ce sera la dernière question posée par Mourad à Woualid, son ami de toujours. Trois jours plus tard, accompagné de Yacine, son grand frère, Mourad et une dizaine de jeunes hommes âgés d’une vingtaine d’années quittaient Strasbourg pour Francfort, direction la Turquie. Karim, Foued, Ali, Rachid*, Mohamed, Yacine, Mourad et les autres… Tous habitaient la capitale alsacienne, mais quatre d’entre eux étaient originaires de Wissembourg. Personne, au sein de leur entourage, n’avait deviné leur projet.
À l’aéroport de Francfort, l’avion de la Turkish Airlines a du retard. Un des membres du groupe, peut-être gagné par le stress et la peur, appelle ses parents. Ceux-ci le récupèrent in-extremis. Le reste du groupe embarque pour la Turquie et atterrit à Antalya, au sud du pays. Ils entament ensuite la traversée de la frontière turco-syrienne où un passeur les fait entrer en Syrie. À partir de là, ils seraient pris en charge par Mourad Farès, l’homme soupçonné de les avoir recrutés sur Internet. Le début de l’angoisse pour les familles, comme ce père, qui va se déplacer jusqu’à la frontière turque supplier son fils, Mounir*, lui aussi originaire de la Meinau, de revenir. Réponse de celui-ci : « Moi, ce que je fais c’est juste, et tout le monde devrait en faire autant ».
Ça devait être des vacances à Dubaï
Tout a commencé par une lettre que Yacine et Mourad, les deux frères de la Meinau, laissent à leur mère. Ils y écrivent leur envie de rejoindre le « cham », ce pays sacré du Levant comme ils l’appellent, et font part de leur envie de « bien agir ». Quelques jours seulement avant leur départ, ils avaient pourtant assuré à Woualid qu’ils partaient prendre des vacances à Dubaï :
« En terminant ma semaine, je suis chez rentré chez moi. Ma mère était en pleurs. Elle me demande : « pourquoi tu m’as rien dit pour Mourad ? » Je savais même pas de quoi elle parlait. Moi ils m’avaient dit qu’ils partaient à Dubaï. Mais sa mère avait reçu une lettre… C’est comme ça qu’on a appris leur départ. Par un courrier qu’ils ont laissé. »
Après la lettre, survint le coup de téléphone par satellite. Au bout du fil, une voix d’homme. C’est Mounir, un des compagnon de route des deux frères. Il annonce à la mère de Yacine et Mourad que ses fils sont morts là-bas, en Syrie, en « héros ». Pour Boucif, les explications données par Mounir sur les circonstances de la mort de ses amis sont encore trop floues :
D’après Mounir, ça ce serait passé pendant un trajet d’un point A à un point B. Ils se sont pris une balle. L’un est mort sur le coup, l’autre aurait agonisé. Mais même ça, on en est pas sûr à 100% ! »

Après avoir passé la frontière turque, le petit groupe de Strasbourg gagne la région d’Alep. S’ensuivent deux semaines d’entraînements aux combats. Ils viennent ensuite grossir les rangs de l’EIIL, l’État islamique de l’Irak et Levant. Mais début janvier, tout s’accélère et des tensions, nourries de rivalité entre factions djihadistes, apparaissent. Mourad Farès, le recruteur présumé, quitte l’EIIL pour Jabhat Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Les frères de la Meinau eux, restent dans l’EIIL. C’est lors d’un règlement de comptes entre djihadistes que Yacine et Mourad trouvent la mort, le 10 janvier. Le lendemain, Yacine aurait eu 28 ans.
L’information a ensuite très vite circulé dans la cité. Boucif et Woualid, sous le choc, se souviennent :
« On s’est dit « eux ? Comment c’est possible ? » Quand il y a eu l’affaire Merah, c’était un cas isolé, tout le monde en avait parlé, c’était choquant. Un mec qui bute des gens pour une idéologie, c’est grave, c’est du fanatisme. Mais quand c’est des gens qui partent et que tu les connais… C’est une affaire Merah puissance dix. En plus, quand on connaît leur profil… C’était des crèmes. »
Quand le départ des Strasbourgeois est révélé par Europe 1 en janvier 2013, la cité de la Meinau a vite attiré l’attention des médias qui cherchaient à interroger les familles. Sami, le petit frère de Yacine et Mourad, avait d’ailleurs bousculé quelques journalistes, et refusé de témoigner. Une fois seulement, il a accepté de nous rencontrer. C’était trois mois après la mort de ses frères. Il se disait alors « choqué » mais « fier d’eux ». Yacine et Mourad étaient, d’après lui, « partis pour une bonne cause ». Depuis, il ne souhaite plus s’exprimer sur le sujet et a fermé les comptes Facebook de ses frères.
Du paintball dans la cité
Nés à Strasbourg dans une famille d’origine algérienne, Yacine et Mourad sont les aînés d’une fratrie de quatre garçons et une petite soeur. Leur père, un homme âgé d’une soixantaine d’années lorsqu’ils naissent, est marié à une femme plus jeune, et souvent absent. Les deux frères ont le profil type des garçons de leur âge : ils aiment sortir en boîtes, le rap, et « parler de nanas ». Plus jeune, Yacine avait décroché un bac professionnel en électrotechnique. Il s’était marié en septembre 2013 à une jeune femme qui ne se doutait pas de ses intentions. Son départ a d’autant plus choqué, qu’il avait le projet d’ouvrir à bar à narguilés à Brest. Mourad lui, était agent de sécurité.

Ils ne sont arrivés que tardivement à la religion. Jusque-là, ils pratiquaient l’islam par tradition, respectaient le Ramadan et se rendaient de temps à autre à la mosquée, mais guère plus. Boucif et Woualid dressent le portrait de garçons vulnérables, voire naïfs, et racontent leur lente progression vers la radicalisation :
« Ils ont le profil type des gens faibles, qui marchent à l’émotion. Yacine répétait beaucoup les choses qu’il entendait par ci ou par là, il ne cherchait pas par lui-même. C’était quelqu’un de malléable. Ils ont commencé par fréquenter la mosquée, un peu par effet de mode. Puis Mourad a commencé à se rapprocher de la religion, il en parlait tout le temps. Ensuite, il a commencé à s’intéresser à la Syrie, il parlait du djihad. Il n’en parlait pas à ses proches, mais à des gens qu’il voyait moins souvent, pour pas trop éveiller les soupçons. »
Au fur et à mesure que les souvenirs reviennent, le puzzle prend forme. Ils se souviennent des jeux de paintball entre les immeubles de la cité, l’été précédant leur départ. Ce qu’ils avaient pris pour un passe-temps était en réalité une forme d’entraînement camouflé au maniement des armes. Ils se rappellent aussi que Yacine et Mourad n’allaient plus prier à la mosquée de la Meinau, préférant aller à l’Elsau, où ils auraient rencontré leur recruteur. Et puis, juste avant leur départ, ces photos qu’ils prenaient avec leur mère, en guise de souvenir, et leurs affaires : vêtements de marque, CD, etc. qu’ils ont commencé à distribuer autour d’eux. En Syrie, ils n’en n’auraient plus besoin.
« On a un peu joué aux journalistes, la violence verbale en plus »
En avril dernier, le gouvernement lance un plan de lutte contre l’exode de Français en Syrie. Près de 500 d’entre eux se trouvent alors là-bas. Depuis, leur nombre ne cesse d’augmenter : on compte aujourd’hui plus d’un millier de Français impliqués dans le djihad, désireux de partir, ceux déjà sur place ou revenus en France.
Au même moment, une rumeur circule dans le quartier. Certains djihadistes partis en décembre avec Yacine et Mourad seraient revenus. Boucif et Woualid, qui ne supportent pas l’idée qu’ils puissent rentrer sans rendre de compte à la mère de leurs amis, forcent le destin pour les rencontrer :
« À leur retour, ils se sont faits petits. Un ami, qui savait qu’ils allaient rentrer, nous avait prévenu. Nous, on ne supportait pas qu’ils soient là, sans s’expliquer devant la mère de Yacine et Mourad. Du coup, on en a rencontré deux de la bande. À notre manière, on a enquêté et on a un peu joué aux journalistes, la violence verbale en plus. Une semaine avant la descente du RAID, on a sonné à une heure du matin chez l’un d’entre eux qui habitait à Illkirch. On l’a traîné devant la maman de nos amis. Pendant plus d’une heure, on l’a questionné, on a eu des débats religieux.
Il faisait le malin en disant qu’il avait envie d’y retourner et que sa mère était venue pleurnicher jusqu’en Turquie pour le récupérer. On lui a un peu mis la pression alors il nous a filé le contact d’un autre gars, qui lui aussi était rentré. On a été surpris de le voir en mode beau gosse, propre sur lui, et serveur dans un bar à chichas de la Plaine des Bouchers. Il bossait, comme si rien ne s’était jamais passé. Mais lui était plus sentimental, il semblait très choqué mais il nous a quand même dit que dès qu’il en aurait l’occasion, il repartirait. Et nous, on leur demandait : « pourquoi vous êtes revenus ? » Et ils nous répondaient qu’ils n’étaient pas revenus par choix mais qu’ils avaient été balancés par un passeur quand ils sont passés en Turquie pour chercher de l’argent. »
Huit mois de détention provisoire
La mort de Yacine et Mourad pourrait aussi les avoir secoués et décidés à rentrer en France. Prévenue par les autorités turques, la police antiterroriste les place sous surveillance. Arrêtés en mai, les six individus vont expliquer aux enquêteurs avoir commis une « erreur » en partant en Syrie, et invoque le caractère humanitaire de leur périple. L’un d’entre eux affirme même avoir été roué de coups et contraint de manger ses excréments après avoir refusé de combattre. Les écoutes téléphoniques révèlent pourtant qu’une fois revenus à Strasbourg, ils étaient restés très liés et tenaient des discours toujours radicaux. Les autorités craignaient qu’ils ne cherchent à monter une cellule de recrutement sur Strasbourg. Écroués depuis huit mois, l’avocat de deux d’entre eux dénonce une chasse aux sorcières :
« On juge un acte avant qu’il ne soit commis. L’État français se méfie de ces jeunes partis en Syrie mais tous ne sont pas des Mohammed Merah en puissance. Là, ils sont en détention provisoire depuis huit mois, c’est un simple principe de précaution. On ne doit pas être jugé pour ce qu’on va potentiellement faire, mais pour ce qu’on a fait. Ceux qui, en 1936, étaient partis combattre les Franquistes en Espagne, ont-ils été poursuivis ? »
Voir sur France TV Info l’interpellation en mai 2014
Au moment de leur arrestation, à 3 500 kilomètres de là, pas loin de la ville d’Alep en Syrie, Mourad Farès, le présumé recruteur, poste ce bref commentaire sur sa page Facebook : « Fallait bien que ça arrive… ». Interpellé en août en Turquie et considéré comme « particulièrement dangereux » par le ministère de l’Intérieur, il est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire.
Ce serait après visionné « Al Mahdi et le second Khilafah » une vidéo de 48 minutes inspiré d’une esthétique de jeux vidéos et de films de science-fiction, et multipliés les échanges internet avec cet homme de 30 ans, originaire de Thonon-les-Bains, que les Strasbourgeois, les ados de Nice, une lycéenne d’Avignon et bien d’autres, se seraient enrôlés. Dans une interview à VICE en février, l’homme s’en félicitait.

Le 4 novembre, un projet de loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme avec la création d’un dispositif d’interdiction de sortie du territoire a été adopté. Près de 50 Français sont morts en Irak et en Syrie depuis 2012.
Aujourd’hui, Boucif et Woualid restent en colère contre ceux qui partent. Ils avaient jugé violente la vidéo du petit strasbourgeois qui enjoint d’autres enfants à venir en Syrie. Ils oscillent toujours entre rancœur et tristesse et tentent de faire le deuil de leurs amis. Ils soutiennent comme ils peuvent la mère de Yacine et Mourad, qui n’a pu enterrer ses enfants mais continuent de croire que témoigner peut servir, pour d’autres.
*Les prénoms ont été modifiés
Aller plus loin
Sur Europe 1.fr :Djihad en Syrie : le voyage funèbre d’une famille strasbourgeoise
Sur Rue89 Strasbourg : « Eau Argentée », le film inoubliable que les Syriens émigrés voient tous les jours
La vie est une légende, une chevauchée fantastique au Kazaksthan


Avec La vie est une légende, Le Musée d’Art Moderne et Contemporain propose une rencontre inédite avec le Kazakhstan. Un pays méconnu, surtout en ce qui concerne son art contemporain. Une quinzaine d’artistes donnent leur vision de leur pays avec des images fortes empreintes de quête d’identité et de subversion. On découvre un pays aux règles terribles, à l’économie oligarchique, et à la créativité bouillonnante.
La sociologue Pinar Selek acquittée pour la quatrième fois


La sociologue turque de l’Université de Strasbourg, Pinar Selek, a été acquittée par la Cour d’Istanbul ce vendredi 19 décembre. Le procureur avait demandé son emprisonnement à perpétuité.
https://twitter.com/unistra/status/545962176545292288
La Cour d'#Istanbul a délibéré. #PinarSelek est acquittée @OBS_defenders @Pinar_Selek @fidh_fr #FIDH
— Martin Pradel (@MartinPradel) December 19, 2014
La jeune femme était accusée d’avoir posé une bombe sur un marché aux épices à Istanbul en 1998. Elle était alors en lien avec des séparatistes kurdes (PKK) dans le cadre de ses travaux sur les minorités. Un rapport d’enquête a conclu en 1999 que l’explosion sur le marché était due à une bouteille de gaz mal sécurisée. Mais entre-temps, son cas est devenu politiquement sensible, provoquant la persistance d’une partie du parquet turc.
Sur la radio alsacienne Topmusic, Pinar Selek, depuis Lyon, a fait part de son soulagement :
« C’est mon quatrième acquittement je suis très contente. Cela ne montre pas que la Turquie est un État de droit, mais que la solidarité internationale peut obtenir des victoires. »
Le parquet turc peut encore faire appel
Malgré trois acquittements, un appel exceptionnel l’avait condamné à la peine maximale en 2013, avant que la cour de Cassation n’annule la décision en juin 2014, ce qui recommence toute la procédure.
Le parquet turc peut donc encore faire appel. C’est, par exemple, l’hypothèse de la journaliste des DNA Anne-Camille Beckelynck. Mais les soutiens espèrent que ce jugement suffira pour décourager la Justice turque de continuer ses poursuites. Aucun nouvel élément n’a été présenté à l’audience.
Son domaine d’études sont les mouvements d’émancipation en Turquie. Elle organise de nombreuses rencontres et manifestations antimilitaristes.
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur Pinar Selek
Sur Pinarselek.fr : Une chronologie de l’affaire
Les Héritiers : y a-t-il un prof pour sauver la galère de l’enseignement ?


À l’occasion de la sortie de Les Héritiers, un film de Marie-Castille Mention-Schaar, inspiré de l’incroyable aventure d’une classe en zone prioritaire, j’ai décidé de vous livrer ma confession de prof « engagée », un brin désappointée…
Sur les places de Strasbourg, un WiFi un peu trop public


VIDÉO. – Cinq grandes places du centre-ville de Strasbourg sont désormais équipées d’un accès à Internet sans fil et gratuit. Une offre bienvenue mais qui demande quelques précautions d’usage. D’autant que l’opérateur n’a pas sécurisé sa page d’accueil et qu’il a bien l’intention d’exploiter les données personnelles.
L’Université de Strasbourg commence 2015 sans budget


L’Université de Strasbourg commencera l’année 2015 sans budget voté. Son conseil d’administration (CA), une première fois repoussé mardi 16 décembre à la demande d’un quart de ses membres, n’a pas pu s’exprimer sur ce point ce jeudi 18 décembre.
Cette fois ci, le nombre minimal de participants n’a pas été atteint pour soumettre au vote le budget primitif. Le quorum nécessaire est de la moitié des membres, soit 16 participants sur 31. Hors, seuls 14 membres étaient présents jeudi. La campagne d’emplois pour 2015 était aussi à l’ordre du jour. Ce point étroitement lié aux questions budgétaires a, lui, pu être adopté à l’unanimité des présents.
Politique de la siège vide et trois version sur la position de l’AFGES
Comme le laissait entendre Pascal Maillard (liste d’opposition RDC-CGT-Unef) à Rue89 Strasbourg dès mardi, les 8 élus de l’opposition n’ont pas siégé volontairement, ainsi que le représentant des étudiants de l’UNEF. Les autres absences sont vraisemblablement à mettre sur le compte d’indisponibilités d’autres titulaires. Les absents justifient leur démarche par le fait que leurs propositions sur le budget n’ont pas été écoutées.
Trois versions ont été données à Rue89 Strasbourg concernant la position de l’Association Fédérative Générale des Étudiants de Strasbourg (AFGES), principal représentant des étudiants strasbourgeois (4 des 5 élus). L’intersyndicale RDC-CGT-Unef indique que l’AFGES lui a fait part de son intention de refuser de siéger volontairement pour empêcher le quorum d’être atteint et, de fait, reporter une nouvelle fois le budget.
L’AFGES indique que son unique membre présent avait procuration de deux de ses homologues et que les trois absences ne s’expliquent que par des impossibilités d’emploi du temps en cette période d’examens. Enfin, l’Université de Strasbourg indique que cet étudiant était bien présent, mais qu’il n’avait pas de procuration de votes. Son président, Jimmy Losfeld, précise la position de l’organisation :
« Il est hors de question de bafouer le débat démocratique ou d’aliéner notre rôle d’élu pour faire du blocage institutionnel. Nous sommes opposés au désengagement de l’État et le vote contre était de mise. Néanmoins, l’université fait avec ce qu’elle a, la gestion est correcte et nous arrivons à nous en sortir mieux que les autres universités en France. »
Les affaires courantes gérées, prochain CA en janvier
Sans budget voté, comme l’indique l’Article R719-76 du code de l’éducation, l’État ne verse que 80% de sa part de l’exercice précédent, qui représente environ 350 millions d’euros sur les 519 millions de budget total, en attendant qu’un budget soit adopté. Les affaires courantes seront donc assurées le Un nouveau CA est prévu le 13 janvier. Entre l’opposition, actuellement soutenue par les étudiants, et la majorité le conflit se durcit.
Mis à jour vendredi 19 novembre à 10h45 pour préciser la position de l’AFGES
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : À l’Université, un budget reporté et des opposants qui veulent faire des émules
Sur Rue89 Strasbourg : [Grand entretien] Alain Beretz : « L’excellence n’est pas un gros mot »
Le Hall des Chars ferme ses portes à la fin de l’année


Le Hall des Chars, espacé dédié aux arts vivants à côté de la salle de concert de la Laiterie, fermera ses portes dès le 31 décembre, après huit ans d’existence. La Friche Laiterie, association qui gère ces locaux l’a annoncé dans un long communiqué :
« Suite aux décisions du premier adjoint au maire, Alain Fontanel et de la Direction de la Culture de la Ville de Strasbourg, la Friche Laiterie ne pourra plus gérer le Hall Des Chars. Nous faisons partie des structures culturelles indépendantes qui ne pourront plus contribuer au développement d’une culture non institutionnelle. »
Les artistes et bénévoles membres de l’association regrettent une vision « trop financière » de la culture, qui pousse les dirigeants « à juger chaque projet à son coût plutôt qu’à son sens ». Mais l’association est dans la tourmente depuis près de deux ans. En négociations serrées avec la Ville depuis juin pour renouveler son mandat, elle n’est pas parvenue à convaincre Alain Fontanel qu’elle pourrait sortir le Hall des Chars des accusations « d’une culture entre soi. »
L’avenir du site n’est pas encore déterminé. En juillet, une pétition pour que la convention entre la municipalité strasbourgeoise et l’association soit renouvelé avait circulé et recueilli près de 2 000 signatures. La semaine dernière, le festival d’illustration Central Vapeur se déroulait dans cet espace.
Aller plus loin
Sur Rue89 Strasbourg : La Ville accentue sa pression sur le Hall des Chars
Sur Rue89 Strasbourg : [Grand entretien] Alain Fontanel : « Le syndrome du Festival de musique guette tous les acteurs culturels »
Sur Facebook : l’intégralité du communiqué de l’association
[Grand entretien] Alain Beretz : « L’excellence n’est pas un gros mot »
![[Grand entretien] Alain Beretz : « L’excellence n’est pas un gros mot »](https://www.rue89strasbourg.com/wp-content/uploads/2014/12/Alain-Beretz.jpg)

Malgré des besoins en augmentation, les dotations des universités restent fixes. Alors que l’examen du budget de l’institution strasbourgeoise a été reporté, rencontre avec Alain Beretz, son président depuis 2008. Quand il ne fait pas de comptabilité, l’enseignant-chercheur reprend le dessus et livre sa vision de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la vocation de l’Université de Strasbourg ou encore de l’Europe. (suite…)
À l’Université, un budget reporté et des opposants qui veulent faire des émules


Soumis au conseil d’administration mardi, le vote sur le budget de l’Université de Strasbourg a été reporté à ce jeudi 18 décembre pour un dernier examen avant une hypothétique mise sous tutelle. Parmi la frange mobilisée, étudiants comme personnels se sont demandés quelle position adopter. (suite…)
« Eau Argentée », le film inoubliable que les Syriens émigrés voient tous les jours


En Syrie, la mort et la défiance se filment et se partagent sur YouTube. Ces clips nourrissent le quotidien des Syriens émigrés. Le réalisateur Ossama Mohammed en a fait un film inoubliable, un document témoin exceptionnel : « Eau Argentée ». Rue89 Strasbourg l’a visionné avec deux Strasbourgeois nés en Syrie.
La publicité en ville encore bien accrochée à Strasbourg




