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À qui appartient Strasbourg ? Une série d’enquêtes sur la prédation immobilière et ses effets
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À qui appartient Strasbourg ? Une série d’enquêtes sur la prédation immobilière et ses effets

par Guillaume Krempp.
Publié le 22 novembre 2021.
Imprimé le 29 novembre 2021 à 00:37
12 720 visites. 4 commentaires.

Trois journalistes et plus de trois mois de travail sur une importante base de données et sur le terrain ont été nécessaires pour produire cette enquête en quatre épisodes sur le marché de l’immobilier strasbourgeois. Ou comment les habitants subissent de plus en plus les pratiques des investisseurs financiers et autres marchands de biens avides de grosses plus-values.

Au départ, il y a un fichier rendu public par le ministère des Finances à Bercy. On y trouve les adresses détenues par des personnes morales (entreprises, associations, etc.) dans toutes les villes de France. Ce fichier ne précisant pas la nature des locaux détenus  (logements, bureaux, commerces, entrepôts…), et la direction générales des finances publiques refusant de nous donner cette information complémentaire, nous avons développé une méthode basée sur la recherche en source ouverte afin de séparer les logements du reste.

Retour de la finance, locataires pénalisés, embourgeoisement

Rien que pour Strasbourg, plus de 23 000 adresses sont ainsi listées avec le nom de l’entreprise qui les détient. Après avoir participé à une investigation collective sur ces données à Paris, Alexander Abdelillah nous a proposer de mener l’enquête à Strasbourg.

Sur ce sujet d’intérêt public – le logement est une préoccupation de tous – Rue89 Strasbourg a accepté d’investir des moyens conséquents pour enquêter sur le marché de l’immobilier local. Le premier épisode détaille comment des groupes financiers spéculent sur des logements habités. Le deuxième épisode détaille comment ces groupes poussent des locataires vers la sortie pour améliorer les rentabilités (à paraître le 29 novembre). Une prédation qui modifie le paysage des propriétaires strasbourgeois, historiquement plus proches de familles d’entrepreneurs et autres héritiers que des grandes entreprises financières (troisième épisode à lire le 6 décembre). Le dernier épisode de notre série se focalisera sur le quartier gare, dernière poche du centre-ville où l’embourgeoisement n’a pas encore achevé son oeuvre (quatrième épisode à découvrir le 13 décembre).

Les coulisses de l’enquête

Le point de départ de notre enquête est la publication d’un fichier indiquant les adresses détenues par des personnes morales (entreprises, associations, etc.) dans toutes les villes de France par le ministère des Finances. Rien que pour Strasbourg, plus de 23 000 adresses sont ainsi listées avec le nom de l’entreprise qui les détient. 

Ce fichier ne précisant pas la nature des locaux détenus  (logements, bureaux, commerces, entrepôts…), et la direction générales des Finances publiques refusant de communiquer cette information, nous avons développé une méthode basée sur la recherche en source ouverte afin de séparer les logements du reste.

La première étape consiste en une recherche de l’adresse dans des moteurs de recherche afin de vérifier si des sites internet recensés associaient ce lieu au siège d’une entreprise, à un immeuble de bureaux, un hôtel ou autre. 

La deuxième étape passe par le moteur de recherche Google Street View, qui permet de visualiser un immeuble, son environnement, et parfois même les plaques et autres signes distinctifs sur sa devanture. En cas d’incertitude, la troisième étape nécessite l’utilisation d’annuaires en ligne comme pagesjaunes.fr, afin de vérifier les personnes et organisations domiciliées à l’adresse analysée, et éventuellement en contacter certaines. 

Lorsque ces étapes ne permettent pas de se faire une idée de la nature des biens situés à l’adresse donnée, une visite sur place est effectuée. Là, les noms affichés à l’interphone et le questionnement des riverains permettent de déterminer de manière définitive la nature des locaux.

Enfin, nous avons contacté tous les acteurs évoqués dans nos volets afin de leur soumettre la liste des biens qui leur est attribuée par la base et nos recherches, leur donnant la possibilité de confirmer ou infirmer certaines informations sur la base de preuves factuelles.

Cette enquête a été réalisée avec le soutien de la fondation allemande Rosa-Luxemburg-Stiftung et du Anti-Corruption Data Collective. Les visualisations ont été créées par l’Innovation Lab du Tagesspiegel et sont le fruit de l’enquête européenne Cities 4 Rent, à laquelle Mediapart a participée.

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Article actualisé le 24/11/2021 à 18h02
L'AUTEUR
Guillaume Krempp
Guillaume Krempp
Journaliste, en recherche d'enquêtes et d'impacts

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