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Au conseil de l’Eurométropole, top départ pour  la gare routière des Halles et l’Arena
Politique 

Au conseil de l’Eurométropole, top départ pour la gare routière des Halles et l’Arena

par Jean-François Gérard.
Publié le 28 juin 2022.
Imprimé le 16 août 2022 à 14:34
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Flux vidéo fourni par l'Eurométropole de Strasbourg

Le dernier conseil de l’Eurométropole avant l’été va se pencher sur le déménagement de la gare routière des Halles et les travaux pour l’Arena du club de basket de la SIG. À suivre en direct vidéo à partir de 9h.

Le dernier conseil de l’Eurométropole avant la trêve estivale présente un ordre du jour fourni avec 91 points. Comme à Strasbourg vendredi, la séance de ce mardi 28 juin débutera avec le compte administratif. Il s’agit de l’étude des recettes et dépenses de l’Eurométropole en 2021. La première « année pleine » de la coalition de maires et des écologistes a précédé le quadruplement très contesté du taux d’impôts de l’Eurométropole, soit une hausse de 10 à 15% de la taxe foncière. Ce choix, une ligne rouge pour l’opposition, devrait donc sûrement revenir dans les débats de début de séance.

Débat sur le déménagement de la gare routière

Ce n’est pas le seul point pendant lequel l’assemblée des 33 communes va revenir sur des sujets déjà abordés par le conseil municipal de Strasbourg (prolongation de la ligne G, déménagement du Wagon souk, implantation d’un commerce à l’Elsau, etc…). Ce sera notamment le cas du déménagement de la gare routière à l’arrière de la place des Halles (point 8). Le débat pourrait y être plus intéressant, puisqu’il prendra en compte l’avis des maires de première et deuxième couronne sur cette infrastructure, qui concerne davantage ces habitants que les Strasbourgeois.

En 2020, c’est notamment l’absence de solution sérieuse pour le déménagement de la gare routière, soulevé par différents maires dont l’actuelle présidente de l’Eurométropole Pia Imbs, qui avait amené l’ancien président Robert Herrmann (PS) à retirer le vote sur le déménagement du cinéma Vox à cet endroit.

Les bus continueraient de déposer des voyageurs place des Halles, mais sans y stationner. (doc Eurometropole)

Une « gare de passage »

Le nouveau projet prévoit de transformer le terminus actuel des autocars de la CTBR en « gare de passage ». Le détail des aménagements de la place (où s’arrêteront les autobus, les piétons, les vélos, quel agrandissement pour le square, etc.) sera soumis à une concertation du 12 septembre au 8 novembre. Les autocars, eux, auront pour nouveau terminus l’arrière de la gare ferroviaire.

Dans un premier temps, l’Eurométropole va créer quelques arrêts de bus temporaires rue du rempart, du côté nord près de la rue Wodli et de la Grenze. Ces solutions convaincront-elles davantage que celles d’il y a deux ans ? À moyen et long terme, il est question d’aménager une vraie gare routière et ouvrir la gare ferroviaire « à 360 degrés ». Une vielle idée d’urbanisme qui entrainera d’âpres discussions avec la SNCF, qui réinvestit dans son centre d’entretien des trains (28 millions d’euros) à cet endroit. L’exécutif a plusieurs front à mener, car il n’est déjà pas satisfait des évolutions à l’intérieur de la gare. Des travaux prévoient plus de place aux commerces et moins pour les passagers… qui devraient augmenter avec le Réseau express métropolitain à partir de décembre 2022.

Bus, trains, autocars et tram, l’Eurométropole souhaite que le secteur Halles/Gare soit une porte d’entrée de la ville en transports en commun. (doc Eurométropole)

Enfin des travaux pour l’Arena de la SIG ?

L’autre gros point à l’ordre du jour concerne l’Arena de l’équipe de basket de la SIG : un agrandissement du Rhenus actuel pour le porter de 6 100 à 8 500 places. À l’instar du stade de la Meinau, c’est un projet que les écologistes ont critiqué lors du mandat précédent, mais qu’ils ont décidé de mener à bien, quitte à reprendre plusieurs aspects.

« C’est un dossier complexe qui ne voyait pas le jour sous l’ancien exécutif », résume le vice-président aux Sports, Vincent Debes (divers droite), déjà partie prenante de la précédente majorité. C’est déjà la deuxième fois que la nouvelle majorité délibère sur ce dossier, dont les prémisses remontent à 2015 (lire nos articles).

Mais cette fois, l’Eurométropole pense avoir trouvé le bon équilibre. Elle a listé les dernières « conditions suspensives » à la signature d’un bail emphytéotique de 50 ans avec le club pour le déclenchement des travaux. Parmi celles-ci, la transmission des derniers contrats de travaux, un pacte d’actionnaire stabilisé et la signature définitive des emprunts avec les banques. La collectivité compte signer ce bail durant l’été. La démolition du Rhenus nord, où sera construit un terrain d’entrainement, a de son côté débuté.

Les ajouts des écologistes pour le projet Rhenus

L’opération vise à créer un grand parvis de plein pied face au Parlement européen. La nouvelle entrée du Rhenus s’y trouvera avec davantage de surfaces commerciales qu’initialement imaginé. Parmi les enseignes envisagées dans le quartier Archipel : une crèche, de la restauration et une salle de sport. La possibilité d’une extension future à 10 000 places a été abandonnée, ce qui facilite les travaux de surélévation de la toiture. Enfin, sur la toiture justement, des panneaux photovoltaïques seront ajoutés.

Côté business, l’Arena ne devra pas accueillir des spectacles et concerts qui peuvent se tenir au Zénith ou du Palais de la Musique et des Congrès. Le lieu pourra en revanche tenir des congrès « en partenariat » avec Strasbourg Événements et le parc des expositions, pour 5 000 à 8 000 personnes, des repas de gala jusqu’à 2000 convives ou des séminaires jusqu’à 500 participants.

Un coût passé de 40 à plus de 46 millions d’euros

Avec le renchérissement des matières premières et les modifications du projet, son coût est passé de 40,2 à 46,1 millions d’euros. Un différentiel supporté par le club, qui va augmenter son emprunt bancaire, pour s’élever jusqu’à 23 millions d’euros. Les subventions des trois collectivités (Eurométropole, Région Grand Est, Collectivité d’Alsace) sont toujours de 17,1 millions d’euros.

Objectif : premiers matchs dans ce nouvel écrin à partir de la rentrée 2024 ou la saison suivante. Pendant quelques mois de gros œuvre, les matches devront d’ailleurs trouver un lieu de repli, qui reste à déterminer.

Agriculture dans les quartiers et aéroports

Parmi les autres points, il sera aussi question d’installer des agriculteurs sur des petites parcelles des quartiers prioritaires de la ville (QPV) : au Neuhof (100 ares), à l’Elsau (80 ares), à la Cité de l’Ill (80 ares) et aux Écrivains (25 ares )à Schiltigheim-Bischheim. Avec le programme des « Cités fertiles », Strasbourg a récupéré des financements à hauteur de 653 250 euros (point 9). Le conseil de l’Eurométropole devra aussi se décider sur une aide à hauteur deux millions d’euros pour permettre à l’aéroport d’investir dans la rénovation des chaussées, la modernisation de l’éclairage, un pavillon d’honneur pour les diplomates, une centrale biomasse, etc (point 23).

Ce long conseil devrait se terminer dans l’après-midi, mais pas trop tard. Car à 16h30, les principaux élus d’Alsace sont tous attendus pour le lancement de la chaîne d’info en continu BFM Alsace.

Aller plus loin

Article actualisé le 28/06/2022 à 12h18
L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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