Au conseil municipal, de l’argent, des pétitions, des PV et un coup de pouce au GCO
Politique 

Au conseil municipal, de l’argent, des pétitions, des PV et un coup de pouce au GCO

actualisé le 19/11/2018 à 13h42

Flux fourni par la Ville de Strasbourg / Commentaires par JFG pour Rue89 Strasbourg

Le conseil municipal du 15 octobre ne présente que 39 points à l’ordre du jour, mais il va parler démocratie locale, d’un budget participatif et de stationnement, quelques jours après la scission du groupe de gauche « La Coopérative ». Des débats à suivre en direct vidéo et avec nos commentaires à partir de 15 heures.

Trois semaines après la séance fleuve de septembre, le conseil municipal présente cette fois fois un ordre du jour plus ramassé avec 39 points. Mais le départ de quatre des huit membres de La Coopérative risque d’un peu pimenter les petites piques et sous-entendus dans la perspective des élections municipales de 2020…

Les hostilités pourraient débuter dès le point 1, avec une nouvelle rectification du budget de 2018. L’un des « rabot » concerne la baisse de la rémunération (-0,9 million d’euros) de la société en charge du stationnement, Streeteo, car les rentrées d’argent sont moindres qu’attendues (de 2,3 millions). Autre décision d’impact, la Ville va baisser son emprunt de 14,4 millions suite à la vente des parkings des Halles (13,1 millions) et au report d’investissements (Maillon et CIAP).

Toutes baisses ou hausses de dépenses, ainsi que le report de travaux se déroulent sur fond de tensions dûes au « pacte financier » proposé par le gouvernement en juin. Un premier test pour le nouvel adjoint aux Finances Serge Oehler (PS) ? À la prochaine séance en novembre, ce sera déjà au tour des orientations pour 2019.

« Vidéo-verbaliser » ?

Quelques points plus tard, un autre chantier concerne les réflexions sur la verbalisation des véhicules via les 180 caméras de surveillance des routes dans l’Eurométropole. Dans un premier temps, une commission va se focaliser sur les infractions à l’arrêt et au stationnement, la circulation dans les couloirs bus et les arrêts dans les espaces réservés aux vélos aux feux tricolores.

À terme, c’est le contrôle et la sanction des poids lourds, dont le transit est interdit sur l’avenue du Rhin ou l’utilisation des vignettes Crit’Air qui se profile.

L’ancien député et actuel adjoint au maire Philippe Bies (PS, Énergies positives) est le seul candidat déclaré aux élections municipales de 2020. Ses prises de parole sont dès lors très scrutées. (photo Pascal Bastien / Divergence)

Les pétitions et le budget participatif

La délibération suivante sera vraisemblablement soulevée puisqu’elle prévoit de mettre en œuvre le budget participatif et un système automatique de pétitions en ligne (réponse des services dès 500 signatures et interpellations automatiques du conseil municipales dès 2 800 signataires). Lors du vote du « Pacte pour la démocratie locale » en mai, environ un tiers de l’hémicycle avait demandé la parole.

Ouvrir un peu plus les décisions locales à la participation des habitants devrait être l’un des axes importants de la campagne des élections municipales de 2020. Le budget participatif, qui ne figurait pas au programme de 2014, est pour l’instant de l’ordre symbolique puisqu’il ne s’agit que que de 1 million d’euros, soit environ 0,2% du budget total (fonctionnement + investissement) de la Ville. Une somme à répartir en 10 quartiers.

Parcelles pour le GCO et Bains

Ensuite, sujet polémique, il sera question de la vente de parcelles dans la forêt du Herrenwald à Brumath. Il s’agit de petits espaces (1,42 ha) au sein d’un massif qui sert à la vente et revente de bois. Un chasseur y est titulaire d’un lot de chasse.

Ces parcelles doivent permettre à la Sanef de réaliser les compensations environnementales de l’échangeur nord avec l’A4 et l’A35 du Grand contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg. En particulier, un passage à faune (appelé « écopont ») à hauteur de l’A4, qui n’avait jamais été construit, et implique un petit déboisement. L’indemnisation (13 560€) concerne le prix du « fond » et le manque à gagner. D’autres mesures doivent être mises en place sur les parcelles qui restent propriété de la Ville de Strasbourg (voir plan), par ses agents. Mais c’est la Sanef qui devra payer.

Le mois précédent, cette délibération avait été retirée dans l’attente des recours. Mais les juges du référé n’ayant pas suspendu les travaux, rien ne semble entraver la transaction cette fois-ci.

« Nous avons anticipé pour avoir de la marge de manœuvre. Sinon nous aurions eu une expropriation », explique Christel Kohler (LREM), adjointe au maire en charge de la gestion des forêts qui voit un « intérêt à mettre en place ces mesures car nos forêts se sont appauvries ». Au programme : restaurer des mares et des zones humides. Une mini-extension de la forêt (13 ha, en violet sur le plan) va aussi remplacer un champ de maïs.

Plan des mesures compensatoires

Le plan des mesures compensatoires à l'échangeur du GCO prévues sur les parcelles appartenant à Strasbourg. (extrait de délibération, cliquez pour agrandir)

Le plan des mesures compensatoires à l’échangeur du GCO prévues sur les parcelles appartenant à Strasbourg. (extrait de délibération, cliquez pour agrandir)

Les échanges peuvent dériver sur l’implication de la collectivité, qui ne devait pas être impactée mais a acheté une page de publicité pour défendre le projet, voire l’utilité même de l’infrastructure. On peut imaginer que le maire Roland Ries va devoir faire un peu de discipline pour ne pas rouvrir ce débat, sur lequel il a changé sa position en 2013.

Le sujet suivant est un « classique » du conseil municipal, puisqu’il s’agit des Bains municipaux. Les élus vont acter que « l’aile médicale » servira de Maison du Sport Santé comme annoncé il y a près d’un an. Le dossier épineux de la rénovation a été repris par l’adjoint au maire Alexandre Feltz (non-inscrit suite à son départ de La Coopérative) suite au départ d’Olivier Bitz (LREM).

Les autres points suivants sont a priori de nature à entraîner de moins longs débats. Notons l’extinction de certains éclairages de minuit à 6h30 dans 11 parcs strasbourgeois l’automne et l’hiver. Si l’expérience est concluante, le dispositif sera reconduit. Une « extinction partielle » a déjà débuté dans le parc de l’Orangerie, avant minuit.

Encore des clash de fin de séance ?

Lors des deux dernières séances, c’est parfois lors des interpellations de fin de conseil, que les échanges se sont tendus, que ce soit autour de l’hébergement d’urgence, des cinémas ou des bateaux de plaisance. Parfois au cœur de ces confrontations lorsque l’hémicycle se vide, Paul Meyer a dit vouloir davantage « se protéger ».

L’une des élues du groupe de Fabienne Keller, Bornia Tarall risque quand même d’un peu mettre la pagaille dans la majorité en s’appuyant habilement sur une tribune de Syamak Agha Babaei (ex-PS) et Adbelkarim Ramdane (ex-EELV puis La Coop.) Les deux conseillers municipaux demandent à « dépenser plus dans les quartiers populaires et moins ailleurs pour réparer sur le long terme ces inégalités », en mettant fin à la politique de « saupoudrage ». L’élue d’opposition se demande pourquoi ces idées n’ont pas été mises en œuvre depuis 10 ans.

À suivre en direct dans la vidéo en tête de cet article à partir de 15h.

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Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur le conseil municipal de Strasbourg

Sur strasbourg.eu : l’ordre du jour du lundi 15 octobre (PDF)

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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