Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au « Café Contact Emploi », dernier recours des chômeurs qui ont tout essayé

Au « Café Contact Emploi », dernier recours des chômeurs qui ont tout essayé
Près de 150 demandeurs d'emploi ont tenté leur chance au "Café Contact Emploi". (Photo : Rue89 Strasbourg)
Près de 150 demandeurs d’emploi ont tenté leur chance au « Café Contact Emploi ». (Photo : Rue89 Strasbourg)

Le « Café Contact Emploi », où employeurs et demandeurs d’emploi se retrouvent autour d’un café, a eu lieu pour la première fois au Neuhof jeudi. Une solution de dernier recours pour beaucoup, jeunes ou vieux, pour qui Pôle Emploi et candidatures spontanées ne débouchent sur rien.

« Ça fait deux ans que je cherche. Je prends tout, même l’armée ! » Son CV serré contre lui dans une pochette plastique, bien droit dans sa chemise et sa veste de costume, Sabri, 24 ans, a un diplôme dans la maçonnerie « qui ne lui a servi à rien » et quelques petits boulots comme concierge ou agent d’entretien. Ce « Café contact emploi », c’est un peu son dernier recours après l’échec de Pôle emploi et des boîtes d’intérim.

Après 158 éditions dans différents quartiers, le « Café contact emploi » s’est installé jeudi au Neuhof. Quartier pudiquement dit « sensible », 10 000 habitants, taux de chômage : 27%, 46% chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Entre deux grandes barres HLM, les locaux un peu défraîchis de la Maison de l’insertion et du développement économique ont été réquisitionnés pour la matinée. Une feuille placardée à l’entrée liste les 17 entreprises présentes et les 80 potentielles offres d’emploi : service à la personne, restauration, vendeur, assistant commercial, gendarmerie et armée de terre…

Mais avant de l’apercevoir, il faut se faufiler à travers les files d’attente devant les stands et la foule qui déborde jusque dans le hall. L’atmosphère embaume plus la sueur et le stress que le café, servi à tous à tour de bras. Paul Landowski, fondateur du « Café contact » :

« J’ai créé ce concept quand j’étais au chômage. Je trouvais le système français pour trouver du travail peu ouvert par rapport aux anglophones. Pour augmenter mes chances, j’ai demandé à avoir un entretien dans un café, dans un contexte plus informel, plus humain. »

L’idée n’est pas nouvelle mais elle révèle les dysfonctionnements du recrutement en France

« La majorité des employeurs ne répondent même pas »

Quand d’un côté les patrons interrogés parlent de « qualifications », « fidélisation des équipes », « pénurie de l’emploi », les chômeurs racontent « le découragement », la complexité des démarches, les offres « à côté de la plaque ». Deux mondes qui peinent à communiquer, alors se rencontrer…

Soutenez Rue89 Strasbourg

Pour Julianna, 23 ans, le pire, c’est le silence qui suit l’envoi des candidatures :

« Quand la réponse est non, la majorité des employeurs ne vous répondent même pas. Ici, j’ai pu faire plusieurs entretiens d’affilée et on m’a déjà proposé un boulot en période d’essai avec CDI ensuite. »

Lionel Wurms, responsable à Chefs & Stratégies, qui ouvre plusieurs restaurants par an, l’admet : « Sans ce dispositif, on n’aurait sans doute pas spontanément reçu toutes ces personnes ». Pour autant, cette rencontre vient pour lui seulement en complément :

« On recrute sinon par le web, par Facebook, on fait ponctuellement des annonces dans la presse. Et puis il y a aussi Pôle Emploi et le bouche à oreille. Ici il y a beaucoup de monde mais peu de personne qualifiées. On a du mal à recruter dans la restauration. Les gens ont pris l’habitude d’un certain confort de vie et ils ont du mal à accepter de travailler tard le soir, le week-end… »

Faut-il dire oui à toutes les conditions de travail ?

Dans la file devant un des stands, Walid, 27 ans, casquette hip-hop noire sur la tête et chaussures de ville vernies, pense au contraire que ce sont les employés « qui disent oui à tout » qui finissent par le regretter :

« Quand je suis arrivé ici, j’ai cherché les failles dans les offres proposées. Dans celle-là, pour distribuer les prospectus, il faut travailler avec son véhicule personnel : pas rentable sur le long terme. Là, c’est du conseil par téléphone : j’ai déjà fait ça et franchement le management dans ces sociétés est intenable, tout est chronométré, on te met la pression. Et là, en chargé clientèle, ils te font passer trois entretiens et une initiation pour décrocher seulement six mois de CDD ! »

Face au manque de métiers épanouissants, son objectif est maintenant de monter sa propre boîte. « Dès qu’on a les compétences, il faut commencer tout seul. Pas la peine de compter sur Pôle Emploi ! »

« Chez Pôle Emploi, tu n’es qu’un numéro »

Pôle Emploi en prend d’ailleurs pour son grade dans les couloirs du « Café Contact Emploi ». « Chez eux, tu n’es qu’un numéro, que l’on peut radier à chaque faux pas », regrette Cyril, jeune diplômé dans l’informatique, dreads sur la tête. « Et les conseillers sont injoignables, il faut passer par un standard central dès qu’on a un problème. »

Même mauvaise expérience pour Julianna :

« En deux ans, je n’ai jamais rencontré mon conseiller et mon CV en ligne n’a servi à rien. Et je n’ai jamais eu de nouvelles des offres auxquelles j’ai postulé. »

Les employeurs eux-mêmes ont parfois de mauvaises surprises, comme A2micile, société de services à la personne :

« Pôle Emploi nous envoie des gens pas qualifiés – on a même reçu une fois un boulanger ! – ou qui arrivent en disant : “Je viens parce que Pôle Emploi m’a dit de venir”. Ça ne peut pas marcher. »

« Il faut connaître les bonnes personnes, ça marche comme ça »

Il faut dire que Pôle Emploi ne capte pas toutes les offres disponibles, mais souvent celles qui ont du mal à trouver preneur. Ce qui laisse hors de la boucle beaucoup de demandeurs d’emploi. Paul Landowski fait la chasse à ces « offres cachées », qui représenteraient « 50% du marché selon lui » :

« Quand un chef d’entreprise cherche un comptable, il prend son téléphone, il appelle ses contacts… Et il en trouve un. »

C’est aussi l’avis de Sabri, qui ne donne pas cher de son CV : « C’est le système D. Il faut connaître les bonnes personnes, c’est comme ça que ça marche. »

Gilles Castel, jeune chargé de mission sur le quartier, rôde en costume-cravate impeccable parmi les tables de la rencontre. Son diagnostic est différent : ce sont les habitants du quartier qui « ont peur des institutions » et finissent par se détourner de l’emploi :

« Pour attirer les gens ici, il a fallu mobiliser les médiateurs, les associations… Certaines personnes, si elles n’étaient pas accompagnées par leur aidant aujourd’hui, ne passeraient pas d’entretien. »

Et si c’était plutôt les institutions qui avaient peur du quartier ? Elisabeth – c’est le prénom qu’elle donne quand elle cherche du travail pour ne pas se faire discriminer – 42 ans, s’est vu refuser deux fois un emploi en raison de ses origines algériennes :

« Elle m’a demandé où j’étais née. Je lui ai dit “À Strasbourg.” Et vos parents ? “À Strasbourg”. Elle est remontée comme ça jusqu’à ma grand-mère ! Puis elle est allée voir sa responsable dans l’arrière-boutique et quand elle est revenue elle a dit que ça n’allait pas être possible. »

Au Neuhof, « des accidentés de la vie »

Derrière les 27% de chômage du Neuhof se cachent aussi des personnes marginalisées, pour qui un retour dans la vie active est très difficile. Ce sont « des accidentés de la vie. Comment se poser dans l’existence en ayant vécu une telle insécurité ? », se questionne Pascal Migné. Responsable d’une entreprise de Service à la Personne, il a collecté ce jeudi une épaisse pile de CV, mais peu vont retenir son attention :

« Je le dis honnêtement : la plupart des personnes que j’ai vu aujourd’hui étaient trop éloignées du travail. J’ai vu des gens qui donnaient des réponses totalement décalées, immatures, des gens très peu confiants, des gens qui ne présentaient pas bien, qui sentaient mauvais. Elles peuvent prétendre à des tâches simples, très encadrées, mais pas à un travail où on leur demande d’être responsable de personnes ».

Le « Café Contact », à défaut d’être une solution magique au chômage, permet au moins à certains de remettre le pied à l’étrier, commente Alain, au chômage depuis peu :

« Quand on a envoyé 100 CV en trois mois, sans réponse, on reste chez soi à déprimer, on perd confiance. Là on sort, on est dans l’action, on tente notre chance. »

Manifestation contre la nouvelle fourrière animale privée samedi

Manifestation contre la nouvelle fourrière animale privée samedi
Lors de la manifestation contre la gestion de la SPA en octobre 2014.(photo ERA)
Lors de la manifestation contre la gestion de la SPA en octobre 2014.(photo ERA)

Les associations Chats’Franchis et ERA Ethique & Respect Animal, avec le soutien de plusieurs organisations, proposent une manifestation contre l’attribution de la fourrière animale de Strasbourg à la société privée SACPA. Le rassemblement se tiendra samedi 13 juin à 14h30, place Kléber.

Les manifestants contestent le recours à une fourrière privée et non plus l’association de la SPA Strasbourg. L’activité du refuge des animaux et celles de la fourrière, c’est-à-dire recueillir les animaux errants, ont toujours été séparées, bien que la SPA s’occupait des deux jusqu’alors. Dans les futurs locaux à côté d’Ikea à Cronenbourg, les deux institutions seront côte à côte. Certains locaux doivent même être mutualisés. Ambiance garantie.

6 fois plus cher pour le contribuable

La fourrière fait partie des services publiques de l’Eurométropole. L’agglomération strasbourgeoise n’assure pas cette mission par ses propres services et met en concurrence plusieurs sociétés à travers un appel d’offre. En mai, c’est la société SACPA qui l’a emporté pour 7 années (5 ans fermes et 2 reconductibles). Les organisateurs s’insurgent contre les coûts que cela va engendrer. Là où la SPA fonctionnait avec un budget de 80 993,68€ en 2013, la société SACPA percevra 474 072 €/an (2,3 millions sur 5 ans). La SPA a également déposé un recours au tribunal administratif.

Parmi les organisateurs, on retrouve Fanny Roederer, qui avait pourtant fait part de son opposition à la gestion du refuge par l’actuel conseil d’administration de la SPA. Mais elle estime que la SPA est meilleure pour le bien-être des animaux, comme le portefeuille des Strasbourgeois :

« A l’heure où l’on parle partout des efforts pour l’animal en ville, c’est un choix inverse, sans concertation, qui est fait. SACPA est une société privée, donc tenue de faire des bénéfices, et opaque. Euthanasier les chats est inefficace, les stériliser suffit. Ils participent à l’équilibre de la biodiversité. Pour les particuliers ou les associations, cela va coûter très cher de récupérer son animal s’il est perdu ou égaré : 22€ de frais de récupération, 12€ le premier jour, puis 75€ jusqu’au huitième jour (délai maximal pour garder un animal) et 22 € pour des vaccins, soit jusqu’à 150€ si l’animal est récupéré le deuxième jour. Avec la SPA, c’était 30€ et 10€ par jour, soit 110€ au maximum. Dans ces conditions, seront-ils tous récupérés ou assisterons-nous à des abandons ? »

Vendredi 12 juin en début de journée, une pétition en ligne avait recueilli environ 2000 signatures. Sur son site, la SACPA affirme travailler en étroite collaboration avec les associations de protection animale. À Strasbourg, cela commence difficilement.

Y aller

Manifestation contre l’attribution de la fourrière animale à la société SACPA, samedi 13 juin à 14h30, place Kléber, à Strasbourg.

Aller plus loin


Sur 20 Minutes : La SPA perd la fourrière

Sur Change.org : la pétition « Non à une fourrière animale privée à Strasbourg »

Sur Rue89 Strasbourg : Tous nos articles sur la SPA de Strasbourg

Six raisons pour lesquelles Rue89 Strasbourg produit du journalisme de données

Six raisons pour lesquelles Rue89 Strasbourg produit du journalisme de données

Cartes interactives, infographies qui s’animent, Rue89 Strasbourg est un des rares médias locaux à produire de la « data visualisation ». Ça s’explique et on vous dit aussi pourquoi on a bien l’intention de continuer.

1. Parce que c’est dans notre ADN

Média numérique, Rue89 Strasbourg peut proposer une diversité des contenus. Sur le web, outre les libertés de timing et d’espace, on peut également ajouter à l’habituel duo texte/photos de la vidéo, du son et des infographies interactives. Ces infographies, ou data-visualisations, pour employer le terme à la mode, permettent de donner du sens à un grande nombre de données. C’est dans notre mission.

2. Parce qu’on peut le faire

Produire des cartes ou des infographies interactives n’est pas à la portée de tous les médias. Ça demande d’abord du temps de journaliste, puisqu’il faut récupérer les données, toutes les données, et les traiter pour qu’elles soient homogènes et exploitables. Si on compare un budget de collectivité sur cinq ans par exemple, alors il faut les mêmes chiffres sur cinq ans, plus facile à dire qu’à trouver auprès d’acteurs plus habitués à fournir des infos prémachées qu’à répondre aux requêtes des journalistes.

Ensuite, il faut des compétences en visualisation. C’est du code et ce sont des techniques qui ne sont pas (encore) très répandues dans les écoles de journalisme. Mais nous, on peut faire appel à Raphaël Da Silva, journaliste indépendant installé à Strasbourg et qui accepte de passer ses nuits pour 3 francs 6 sous dans le but de produire des visualisations. L’objectif de cette campagne de financement, c’est aussi de lui permettre de mieux vivre de ces compétences rares, surtout à Strasbourg.

3. Parce que ça remplit une mission de proximité

Depuis la création de la mission Etalab en 2011, le mouvement d’ouverture des données publiques ne cesse de prendre de l’importance en France. Les ministères, les régions, les collectivités territoriales, tout le monde voit un intérêt à libérer ses données. D’un point de vue local, c’est un terrain de jeu passionnant car on peut zoomer à une échelle très fine et proposer des papiers inédits jusqu’alors, révéler des réalités.

Dans l’entre deux tours des municipales de 2014, nous avons par exemple identifié grâce aux données fournies par la CUS un « bureau de vote miroir » qui penchait systématiquement pour le vainqueur des présidentielles et des municipales. Depuis, ce bureau a également penché pour les vainqueurs des européennes et des départementales (après avoir bien sûr penché pour le vainqueur des municipales) !

4. Parce que ça libère de l’agenda traditionnel

Beaucoup d’articles de journalisme de données partent d’une initiative, et ne sont pas dictés par l’agenda médiatique traditionnel. On peut donc prendre le temps de peaufiner la réalisation de contenus très exigeants.

La grande enquête que nous avons réalisée sur l’ancrage du FN en Alsace en est un bel exemple. Elle a nécessité l’analyse commune par commune de nombreuses données électorales, de la documentation universitaire, des entretiens avec des chercheurs spécialisés et quelques heures de codage intensif pour réaliser ces cartes. Le résultat ? Un article qu’on ne verra nulle part ailleurs, et qui a même été présenté à la finale du concours national Dataconnexions.

5. Parce que les lecteurs en sont friands

La plupart des sites web de presse quotidienne régionale n’investissent pas ou peu dans le journalisme de données, préférant miser sur le fait-divers et les agences. Pourtant, on a constaté au fil du temps un grand intérêt de la part des lecteurs de Rue89 Strasbourg pour ces articles, qui sont souvent très lus.

Ça a été notamment le cas de notre analyse sur la transformation de Neudorf, un faubourg très peuplé de Strasbourg. Certains habitants du quartier nous on ensuite dit qu’ils avaient lu avec intérêt l’article, par exemple pour déterminer si une zone était plus chère qu’une autre à cause de la proportion de cadres qui y résident.

Même les choses plus abstraites peuvent intéresser. On peut citer une visualisation des marchés publics de l’Eurométropole pour l’année 2014. Beaucoup de lecteurs se sont attardés sur les différents contrats pour ensuite marquer ceux qu’ils avaient trouvés aberrants ou étonnants. Une preuve de plus de leur implication pour ce genre d’articles !

6. Parce que ce n’est qu’un début

La soirée du premier tour des départementales a été l’occasion de réaliser une très belle performance, avec une couverture des résultats en direct vue par plus de 50 000 personnes. Côté journalisme de données, la carte que nous alimentions en direct nous a permis d’être dans le Top 10 hebdomadaire du Global Investigative Journalism Network.

Les prochaines échéances régionales seront l’occasion de refaire une carte en direct encore plus ambitieuse, sans s’interdire une multitude de sujets entre temps, à l’instar des transports dans la future région ALCA ou d’articles plus légers comme ces balades de découverte du patrimoine excentré de Strasbourg.

Les ondes électromagnétiques de Strasbourg cartographiées

Les ondes électromagnétiques de Strasbourg cartographiées
Le Neufeld à Strasbourg, en bleu les zones sous 0,5 volt par mètre (très faible exposition) (document CUS)
Le Neufeld à Strasbourg, en bleu les zones sous 0,5 volt par mètre (très faible exposition) (document CUS)

En décembre 2012, la Ville de Strasbourg avait annoncé avoir acquis un logiciel permettant de modéliser les émissions électromagnétiques des antennes relais, nécessaires au fonctionnement des téléphones portables. Deux ans et demis plus tard, elle dispose enfin de toutes les données et la Ville a pu établir une carte, en trois dimensions, de ces émissions électromagnétiques.

« En toute transparence »

Vous aimeriez voir cette carte ? Impossible, assure Paul Meyer, adjoint au maire (PS) en charge du numérique :

« Vous comprenez, c’est compliqué. Avec les ondes, on est souvent dans l’irrationnel et on ne voudrait pas générer de peurs qui n’ont pas lieu d’être… Donc on propose aux habitants qui le souhaitent de se rendre sur le site Strasbourg.eu ou de contacter leur élu de quartier avec leur localisation, et on leur communiquera leurs niveaux d’exposition. En toute transparence. »

La Ville refuse de publier l’ensemble de ces données, arguant en outre qu’il ne s’agit que d’une « modélisation ». Autrement dit, les opérateurs ont communiqué les puissances utilisées par leurs antennes, ainsi que leurs coordonnées, hauteurs et azimuts, et c’est le logiciel, Mithra-REM, qui a établi une carte en 3D à partir des valeurs maximales.

La carte dont dispose la Ville est donc établie sur une situation entièrement théorique qui voudrait que les antennes soient sollicitées à leur niveau d’utilisation maximal et toutes en même temps. Les mesures de contrôles effectuées sur le terrain ont néanmoins validé la modélisation, avec souvent des niveaux d’émission constatés inférieurs de 30% à ceux modélisés.

« Pas un enjeu majeur de santé publique »

Pour le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire en charge de la santé, il ne faut pas céder à la psychose :

« L’effet sur la santé des ondes électromagnétiques n’est pas un sujet majeur de santé publique, contrairement au tabac, à l’alcool, à l’obésité, etc. Pour autant, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’y intéresser, ni opérer une vigilance sur ce que font les opérateurs. Donc on dispose de cet outil, on verra ensuite ce qu’il convient d’en tirer comme conclusions. Ce qu’on constate pour l’instant, c’est que les niveaux en ville sont bien inférieurs à ceux auxquels on est exposé lorsqu’on utilise un téléphone portable, sans fil ou un baby phone. »

Les services de la Ville ont repéré une trentaine de « points atypiques », qui nécessiteraient que les opérateurs ajustent leurs émissions. Une relation avec les opérateurs rendue possible grâce à une charte signée en septembre 2012, et qui leur permet d’installer des antennes sur les bâtiments publics de Strasbourg en échange de leurs données.

Une commission sur les expositions aux ondes électromagnétiques existe, Paul Meyer assure qu’elle sera étoffée avec des représentants des élus aux conseils de quartier. Et l’adjoint l’assure :

« Si cette commission demande que l’ensemble des données soient publiées, par exemple pour une visualisation et une recherche directe, alors on le fera. »

Chiche ?

Après le bidonville de la petite forêt : des Roms relogés, d’autres en errance

Après le bidonville de la petite forêt : des Roms relogés, d’autres en errance
La durée de la présence de certains occupants sur le bidonville est remise en question par la mission rom de la Ville. (Photo Gaspard Glanz/Rue89 Strasbourg)
La durée de la présence de certains occupants sur le bidonville est remise en question par la mission rom de la Ville. (Photo Gaspard Glanz/Rue89 Strasbourg)

Lundi 1er juin, le plus ancien et le plus grand bidonville de Strasbourg, où vivaient une cinquantaine de Roms, a été fermé par la municipalité. Mais si des familles identifiées par la mairie ont été relogées, d’autres arrivées plus récemment, ont vu leurs abris détruits sans solution.

Lundi 1er juin, la Ville de Strasbourg entreprend la fermeture du campement de la « petite forêt » près de la Porte Blanche à Koenigshoffen, où vivent une cinquantaine de Roms. Ce bidonville est l’un des plus anciens de Strasbourg. Fermé une première fois en 2008, la présence de quelques familles (une trentaine de personnes) y avait été à nouveau tolérée. Depuis, la présence sur le site est fluctuante, oscillant entre 50 et 90 personnes lors des pics comme en décembre 2014.

Un travail de la mission roms avec neuf familles identifiées

Dans le calme, les habitants font des allers et retours avec des brouettes chargées d’affaires, de vieux vêtements et de débris de baraques qu’ils vont déposer dans une benne située à l’entrée du terrain. Jean-Claude Bournez, en charge de la mission roms pour la Ville de Strasbourg, supervise les opérations :

« Nous déménageons les habitants du site pour le fermer en raison de son insécurité. Il y a eu un incendie le 17 avril dû à un accident domestique, cinq baraques ont brûlé. Sur les cinq familles touchées par l’incendie, trois ont été relogées à l’espace 16 (espace temporaire d’insertion situé rue des remparts, ndlr), une famille est partie à Metz, l’autre en Roumanie. Depuis l’incendie, la sécurité des habitants n’est plus assurée car une trentaine de nouveaux arrivants est arrivée sur le terrain avec un comportement très agressif : ils étaient prêts à déloger les habitants actuels pour s’installer. Nous allons fermer le terrain et reloger les neuf familles identifiées sur l’espace 16. »

Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire (EELV) en charge de l’action sociale, explique comment le processus de fermeture a pu se mettre en place :

« C’est un site très mal placé, à l’entrée de la ville, coincé entre un stade et une autoroute. Suite à l’incendie et aux troubles ont suivi les arrivées récentes, on a procédé au déménagement car une possibilité s’offrait pour reloger une dizaine de familles à l’Espace 16. On a identifié les gens qui étaient là pour ne pas se retrouver avec de nouvelles revendications. Mais entre temps, ce ne sont plus dix familles qui étaient à la petite forêt mais quinze dont certaines de Nantes, de Clermont-Ferrand… À un moment, on arrête la situation et on travaille avec les familles identifiées. »

Marie-Dominique Dreyssé : « ce ne sont pas des camps, ce sont des bidonvilles »

Un jeune rom d’une quinzaine d’années qui habitait sur le site confirme la venue de nouvelles personnes sur le site. Mais selon d’autres Roms :

« On est tous une famille, nous sommes tous parents, nous sommes maris et femmes, des frères, sœurs, neveux… S’il faut, on partage le terrain, moitié-moitié on fait une place pour tous. »

Sur le camp évacué, des hommes s’affairent à démonter les baraques pendant que les femmes préparent à manger et que d’autres s’occupent des enfants en bas-âge. Une femme accompagnée de deux enfants nous sollicite en roumain. Selon elle, c’est la Ville qui a détruit sa baraque, alors qu’elle s’était absentée.

Tensions entre nouveaux et anciens arrivants, et Jean-Claude Bournez, de la mission Roms de la ville

Jean-Claude Bournez réfute :

« Cette dame n’a jamais habité sur le site, cette famille n’habitait pas là. Il y avait d’autres familles qui sont reparties en Roumanie. Deux ou trois jours après l’incendie, des personnes sont venues sur le site et se sont revendiquées victimes de l’incendie alors que l’enquête de police avaient répertoriées les familles victimes. À l’évidence, ces familles ne disaient pas la vérité. Nous avons ce type de revendications à chaque fermeture de site. »

La femme reprend :

« Notre cabane était toute petite. Pourquoi on m’a cassé la baraque ? Pourquoi on ne me laisse pas faire de l’argent pour rentrer si je n’ai pas le choix ? Je veux mettre mes enfants à l’école. Je n’ai rien en Roumanie, c’est pour ça que je suis là. »

Cette femme ne sait pas où ni comment elle va dormir ce soir avec son mari et ses deux enfants âgés de deux et cinq ans.

« On est des gens à éliminer, ni plus ni moins »

Le soir même, sur le parking qui jouxte l’annexe de l’espace 16. Deux familles dorment dans des voitures dont celle d’Adrian qui abrite sa femme et ses deux enfants. Il raconte :

« On utilise une voiture qui a été prêtée par un ami avec lequel je bosse. Sur le terrain (de la petite forêt), il y a des rats, c’est sale. C’est très dur pour les enfants. Cette vie est très difficile. Il vaut mieux être mort que de vivre ça. On est des gens à éliminer, ni plus ni moins. »

À quelques mètres de là, deux tentes sont dressées. Les familles roms qui les occupent sont arrivées récemment et ne sont pas prises en compte dans l’opération de relogement. L’une des familles a deux enfants qui ont environ six et huit ans. Le plus jeune, handicapé à 40%, a subi une trépanation en Roumanie. Les séquelles de son opération nécessitent des soins quotidiens. Il n’a pas vu le médecin depuis dix-huit mois alors qu’il a des maux de tête fréquents.

Le vendredi suivant, six nouvelles caravanes ont bien été rajoutées à l’espace 16. Tous les nouveaux habitants ont signé une convention pour une durée d’un mois. Adrian a obtenu sa caravane mais il a dû renvoyer sa femme et ses deux enfants en Roumanie car il n’y avait pas de place pour eux. La femme avec son mari et ses deux enfants, dont la présence à la petite forêt avait été remise en question le lundi par le responsable de la mission roms, à elle aussi obtenu une caravane pour sa famille.

Dans la soirée, derrière la rue de l’annexe, la famille de l’enfant handicapé dort toujours sous une tente en compagnie d’autres nouveaux arrivants. L’enfant, accompagné par sa mère, a toutefois pu être observé par l’équipe de Médecins du Monde. Quant à la deuxième famille qui s’abritait dans une voiture, présente à Strasbourg depuis août 2014, elle dort désormais avec ses deux enfants derrière des buissons quelque part dans l’agglomération strasbourgeoise.

Vidéos : Gaspard Glanz
Traductions : Gabriela Munteanu

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Rencontre avec les Roms de Saint-Gall : « ici, nous avons trouvé la liberté »

Sur Libération : Roms, quand des mairies expérimentent des solutions concrètes

#Marie-Domique Dreyssé

Uber à Strasbourg : trois chauffeurs interpellés suite à l’arrêté de la préfecture

Uber à Strasbourg : trois chauffeurs interpellés suite à l’arrêté de la préfecture
Entre confort, performance et rentabilité, le choix du véhicule est presque cornélien
(Un taxi. Photo – Nicolas Hecquet)

UberPop n’aura pas fait long feu dans le Bas-Rhin. Dès ce mercredi 10 juin, via un arrêté, la préfecture a interdit l’utilisation du service lancé par la société américaine Uber, alors qu’il venait tout juste de s’étendre à Strasbourg.

Ce sont les chauffeurs de taxis strasbourgeois, très remontés contre ce service qu’ils qualifient de « concurrence déloyale », qui avaient formulé cette demande à la préfecture. Dans la soirée de lundi, plusieurs d’entre eux se sont présentés dans un hôtel où la société Uber organisait une session de recrutement de chauffeurs, a rapporté à l’AFP Roger Ritter, vice-président du syndicat départemental des artisans taxi. Plusieurs chauffeurs d’Uber auraient alors préféré s’éclipser et les entretiens ont tourné court.

Mardi, trois chauffeurs présumés utilisant « UberPop » ont été interpellés pour « exercice illégal de la profession de taxi », selon L’Alsace.

Le service, qui permet à des particuliers de s’improviser chauffeurs et à des utilisateurs d’être transportés à des tarifs réduits, a été étendu dans plusieurs villes de France : Paris, Lyon, Lille, Bordeaux… Malgré le passage de la loi Thévenoud en janvier 2015, un flou juridique permet à la société de continuer ses activités. Avec succès : les chauffeurs et les utilisateurs inscrits se multiplient.

Du temps où Saint-Exupéry volait au Polygone

Du temps où Saint-Exupéry volait au Polygone
Parade de Guillaume 1er au Polygone en 1877 (Doc. BNU) - Meeting aérien au Polygone en présence de l'industriel Mathis en 1910 (in "Un village aux portes de Strasbourg", Coprur, 1996) - le terrain d'aviation de loisirs aujourd'hui (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Parade de Guillaume 1er au Polygone en 1877 (Doc. BNU) – Meeting aérien au Polygone en présence de l’industriel Mathis en 1910 (in « Un village aux portes de Strasbourg », Coprur, 1996) – le terrain d’aviation de loisirs aujourd’hui (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Au bout de la rue, la ville. – Ce que l’on appelle aujourd’hui « le Neuhof » ou « le Polygone » était hier deux entités bien différentes : au sud, Neuhof-village s’est développé dès la fin du Moyen Âge, tandis qu’au nord, là où s’étendaient terres agricoles, terrains militaires et d’aviation, s’élancent aujourd’hui des dizaines d’immeubles d’habitat social. Mais le passé s’accroche à l’avenue du Neuhof : aviateurs, militaires et fondations religieuses sont toujours là, enserrant un quartier en mutation.

Elle devient « avenue » en 2006, peu avant la mise en service du tram C jusqu’à la nouvelle station Rodolphe-Reuss, qui désenclave en 2007 ce quartier sud de Strasbourg. La « chaussée » (1861) puis la « route » (1875) du Neuhof relie la route du Polygone à Neudorf (qui s’arrête à la voie ferrée) aux routes de la Ganzau et d’Altenheim, où débute le quartier ancien du Neuhof. Entre les deux, longtemps, il n’y a eu que des champs.

Plans de Strasbourg-sud en 1834 et 1883 (DR)
Plans de Strasbourg-sud en 1834 et 1883 (DR)
Le Neuhof en 1750 (DR)
Le Neuhof en 1750 (Carte de Cassini)

« De tous les faubourgs de Strasbourg, le Neuhof est, avec la Robertsau, le plus ancien », apprend-t-on dans l’ouvrage publié par la Coprur en 1996, « Neuhof, un village aux portes de Strasbourg ». Situé dans la plaine inondable du Rhin et recouvert d’une épaisse forêt, le Neuhof (notre actuel Neuhof-village), encore inhabité, appartient aux puissants seigneurs de Lichtenberg, qui le vendent en 1370 à plusieurs familles bourgeoises de Strasbourg.

La première mention du nom Neue Hoff (ou « nouvelle ferme ») apparaît en 1424, indiquant la création d’une ferme et de son domaine, dépendant d’un village outre-Rhin disparu aujourd’hui, situé entre Kehl et Marlen.

Le Neuhof, un village de « manants » et de religieux

La ville de Strasbourg rachète peu à peu les confettis de terres et devient seule propriétaire du domaine en 1647. À cette époque, le site n’héberge que des ouvriers agricoles, des orpailleurs (chercheurs d’or dans les bras du Rhin) et des pêcheurs de saumons. En 1699, les Jésuites rachètent à leur tour ces terres à la Ville. Peu à peu, naît le village du Stockfeld ou « champ gagné sur la forêt ». Au XVIIIe siècle, (le) Neuhof comprend 500 âmes, des « manants » (Schirmer), jouissant de la protection de la Ville, mais trop pauvres pour acheter le droit de bourgeoisie. Des citoyens de seconde zone, en somme.

En 1776, la municipalité partage en 80 lots tout le pâturage communal sur le terrain où se dressent aujourd’hui le Quartier Lizé et l’hôpital militaire Lyautey. Les manants y cultivent céréales, chanvre et tabac. Au XIXème siècle, à la faveur de la dissolution de l’ordre des Jésuites, les sœurs de Glaubitz, fondatrices de la congrégation des Sœurs de la Croix, installent au nord du village leur maison pour jeunes délinquantes, puis l’institut pour sourds-muets, qui s’y trouve encore. Les liens se resserrent entre Strasbourg et cette banlieue sud, avec une ligne de tramway inaugurée en 1885 (électrifiée en 1896).

Sur d'anciennes terres des Jésuites, les sœurs de Glaubitz installe leur fondation pour jeunes délinquantes en 1852 (DR - Photo MM)
Sur d’anciennes terres des Jésuites, les sœurs de Glaubitz installent leur fondation pour jeunes délinquantes en 1852 (DR – Photo MM)

En 1910, tandis que décision est prise d’installer au Neuhof des habitants délogés par la grande percée de la rue du 22-Novembre, entrainant la création au sud du Stockfeld de la première cité-jardin de Strasbourg, l’armée s’implante quant à elle durablement dans les champs du Polygone, terrain militaire entre 1720 et 1920.

Soutenez Rue89 Strasbourg

Le Polygone, terrain de parades militaires et champ de tir

Là, au XIXe siècle, sont organisées des parades militaires – les empereurs français Napoléon III, puis allemand Guillaume 1er y défilent -, des manœuvres et des essais d’armes d’artillerie. Ainsi, le nom « Polygone » provient, comme à Bourges, du polygone de tir utilisé pour ces essais. Vers 1830, on y construit un monument à la mémoire de Jean-Baptiste Kléber, général sous la Révolution française et durant le premier empire, originaire de Strasbourg. Ce monument est détruit par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

Monument Kléber au Polygone - Kléber passant les troupes en revue (DR)
Monument Kléber au Polygone vers 1906 – Napoléon III passant les troupes en revue au Polygone en 1857 (DR)

Dans les années 1900, le terrain militaire du Polygone est également utilisé pour des essais aéronautiques. Certains pionniers de l’aviation y font voler les premiers aéronefs – plusieurs rues du quartier portent d’ailleurs les noms d’aviateurs célèbres, tels Roland Garros, Jean Mermoz, Louis Blériot (côté Musau) ou, bien sûr, Antoine de Saint-Exupéry, qui passe à Strasbourg son brevet de pilote en 1921, lors de son service militaire. Il fait alors partie d’une unité d’avions de chasse, l’escadrille des Cigognes.

Au bord des pelouses de l’aéroclub, les HLM

Depuis 1935 et l’ouverture de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, le terrain du Polygone, rogné par l’urbanisation au nord et à l’ouest, est réservé à l’aviation de loisir, avec ses cours de parachutisme, de vol à voile et de vol moteur, chapeautés par l’Aéroclub Polygone67. Alors qu’à l’est du terrain, l’armée reste présente dans le Quartier Aubert-de-Vincelles, et qu’au nord, le nouveau dépôt CTS est inauguré au milieu des années 2000, à l’ouest, entre l’avenue du Neuhof et les pelouses du Polygone, s’étendent la cité des Aviateurs (2003), récemment rénovée par CUS Habitat, et celle des Musiciens, encore en construction, édifiée par Domial. Là, des familles de tziganes sédentarisées constituent une population encore à part.

Jouxtant le terrain d'aviation, le quartier des aviateurs a fait l'objet de plusieurs vagues de construction et réhabilitation (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Jouxtant le terrain d’aviation, la cité des Musiciens et celle des Aviateurs abritent des familles du voyage, sédentarisées au Polygone (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Cependant, l’armée n’a pas pour autant quitté le quartier. En progressant sur l’avenue du Neuhof, du nord vers le sud, l’on en devine sa présence, imposante, en longeant le mur des Quartiers Lyautey, puis Lizé. Sur ce terrain de 5 hectares, est édifiée une caserne d’artillerie entre 1910 et 1913. Mise à contribution financière par l’empire allemand, la ville de Strasbourg en supporte la charge de la construction, à partir des plans conçus par le même architecte que celui de la cité-jardin du Stockfeld, Edouard Schimpf.

Quartier-Lizé vers 1910 (Archives de Strasbourg) - Entrée du Quartier en 2015 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Quartier-Lizé vers 1910 (Archives de Strasbourg) – Entrée du Quartier en 2015 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

De la Neue Feldartillerie-Kaserne à l’Eurocorps

S’y installe d’abord un régiment d’infanterie allemand. En 1918, le ministère français de la Guerre en prend le contrôle, le baptise Quartier Lizé et y installe son 2e régiment d’aviation de chasse (la fameuse escadrille des Cigognes), dont le terrain d’aviation du Polygone est la base opérationnelle. En 1933, l’ensemble est divisé en deux : la partie sud conserve le nom de Quartier Lizé, tandis que la partie nord devient le Quartier Lyautey. En 1945, ce dernier devient l’hôpital de campagne de la 1ère armée, puis accueille, après-guerre, de nombreuses spécialités hospitalières. Dans les années 1990, l’éventail de soins s’élargit aux patients civils.

L'ancienne manège équestre militaire en cours de transformation en salle des fêtes - Le quartier d'habitat social Lyautey, à l'arrière de l'hôpital militaire - L'un des bâtiment de l'hôpital militaire, donnant sur la rue des Canonniers (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
L’ancien manège à chevaux Solignac (1907) en cours de transformation en salle des fêtes et en lieu de culte musulman – Le quartier d’habitat social Lyautey, à l’arrière de l’hôpital militaire – L’un des bâtiment de l’hôpital militaire, donnant sur la rue des Canonniers (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Le Quartier Lizé accueille quant à lui depuis 1993 l’Eurocorps (Corps européen de défense) et son bataillon de soutien multinational. L’ensemble des bâtiments a été restauré à cette occasion et de nouveaux logements ont été construits. Le Quartier Aubert-de-Vincelles, de l’autre côté du terrain d’aviation, fait également partie de l’ensemble.

4 000 logements sociaux dans les années 1950-70

En face des Quartiers militaires, entre les stations Saint-Christophe (du nom de l’église construite dans les années 1960) et Rodolphe-Reuss, s’étend depuis les années 1950-1970 la cité du Neuhof-Polygone. Toute la partie agricole au nord de village est ainsi entièrement urbanisée et connaît, tour à tour, chacun des avatars de l’architecture fonctionnaliste.

Entre 1964 et 2015, boom des constructions au Polygone (DR)
Entre 1964 et 2015, boom des constructions au Polygone (DR)
Route du Neuhof, vue aérienne de 1959 (CUS Habitat)
Route du Neuhof, vue aérienne de 1959 – au fond, le quartier de la Meinau (CUS Habitat)

Avec plus de 4 000 logements sociaux, le Neuhof double sa population et devient la plus forte concentration d’HLM de l’agglomération. On peut lire sur le site de la ville de Strasbourg :

« Depuis 1977, les cités ont connu toutes les procédures de la Politique de la Ville qui ont contribué à la réalisation d’équipements, à l’aménagement d’espaces publics et à la réhabilitation des immeubles, sans cependant réussir à ancrer le quartier du Neuhof dans la dynamique de développement de l’agglomération. La rénovation urbaine, engagée au début des années 2000, dans le cadre du grand projet de ville (GPV) et prolongée à travers la convention signée avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), marque un tournant dans l’histoire du quartier. »

Les millions de la rénovation urbaine

Ces 10 dernières années, la transformation du quartier à coups de millions d’euros, dans le cadre du plan de rénovation urbaine (PRU), est effectivement visible : les espaces publics ont été réaménagés, de nombreux logements sociaux rénovés, de nouveaux équipements construits, tel l’espace culturel Django-Reinhardt.

Aux beaux jours, c’est flagrant : le quartier a verdi, les parcs de jeux d’enfants se sont multipliés et leur végétation densifiée, de nouveaux bâtiments, espoir de mixité sociale, sont en cours d’édification. Le blanc du neuf, allié au vert des pelouses et places arborées, sont les nouvelles couleurs d’un Neuhof qu’on voyait plutôt au début des années 2000 tout en gris – revoir cette vidéo INA post-Saint-Sylvestre, datée de 2001.

Avenue du Neuhof et alentours, dans le cadre de la rénovation urbaine : réhabilitation des espaces publics et des immeubles HLM et construction de nouveaux équipements, comme la maison de l'enfance ou l'espace culturel Django Reinhardt, allée Reuss (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Avenue du Neuhof et alentours, dans le cadre de la rénovation urbaine : réhabilitation des espaces publics et des immeubles HLM et construction de nouveaux équipements, comme la maison de l’enfance rue de Clairvivre (Photos MM / Rue89 Strasbourg)

Même la mairie de quartier a fait peau neuve. Initialement installée place de Hautefort, au cœur de la cité, elle a déménagé en 2008 dans la villa Reuss, à l’extrémité sud de l’avenue du Neuhof, au nord du village. La villa, construite aux alentours de 1800, a longtemps appartenu à la famille Reuss, dont est issu l’historien Rodolphe, qui a donné son nom à l’allée et à la station de tramway. Mairie et annexe sont aujourd’hui entourées d’arbres, dans ce qui devient progressivement le centre du Neuhof, trait d’union (espéré) entre village et cité.

La villa Reuss et sa dépendance ont été rénovés pour y installer la mairie de quartier (Vues Google 2007 et 2015)
La villa Reuss et sa dépendance ont été rénovées pour y installer la mairie de quartier (Vues Google 2007 et 2015)

La rubrique « Au bout de la rue, la ville » reprendra en septembre. Après ces 8 premiers « numéros », je me dois d’adresser un grand merci aux bénévoles d’Archi-Strasbourg pour leur impressionnant quadrillage du terrain, aux bibliothécaires de la salle du patrimoine de la Médiathèque Malraux pour leur gentillesse et leur professionnalisme, aux éditions du Verger pour leur permission de puiser dans l’indispensable « Dictionnaire historique des rues de Strasbourg » et à tous les autres, amoureux de leur ville et de son histoire. Bel été à tous !

De la vidéo sur Rue89 Strasbourg ? Voici comment et pourquoi

De la vidéo sur Rue89 Strasbourg ? Voici comment et pourquoi

Dans le budget du financement auquel nous vous invitons à participer, il y a 10 000€ d’investissement dans du matériel vidéo. Pourquoi de la vidéo alors qu’on est si bien à lire des textes sur notre écrans, petits ou grands ?

1. Parce que parfois, la vidéo a du sens

Rue89 Strasbourg n’a pas l’intention de se transformer en web-télé. Nous pensons que la forme doit servir le fond. Ainsi, il y a des sujets qui sont plus intéressants en vidéo, soit parce qu’ils génèrent de belles images, soit parce qu’il y a une force dans les propos et dans les actions filmées.

Voir par exemple ce magnifique reportage sur les gitans sédentarisés au Neuhof. Aucune retranscription écrite n’aurait pu transmettre les émotions des personnes rencontrées.

2. Parce que la vidéo va de plus en plus vite

Média d’enquêtes, Rue89 Strasbourg n’est pas pour l’instant très présent sur l’actu immédiate. Avec la vidéo, ça peut changer parce qu’il est aujourd’hui simple d’envoyer des images en direct depuis un événement ou une manifestation. Avec cette levée de fonds, on pourra se doter d’un kit minimaliste mais fonctionnel permettant d’envoyer une caméra sur un point chaud pour immédiatement diffuser des images en direct sur Internet.

3. Parce qu’on pourra retransmettre des rencontres avec des personnalités strasbourgeoises

On organisera régulièrement des rencontres filmées, et retransmises en direct, avec des personnalités strasbourgeoises ou de passage à Strasbourg. Lorsque l’actu mettra en avant une personne, nous lui proposerons de venir dans nos locaux, et nous organiserons une petite conférence-débat en direct. Et grâce à la magie du net et des outils disponibles aujourd’hui, il vous sera possible d’intervenir directement, avec votre webcam !

Vous avez envie de voir tout ça sur Rue89 Strasbourg ? Alors n’hésitez plus et aidez nous à financer la suite de notre aventure médiatique. Et si vous l’avez déjà fait, invitez vos amis à le faire ! Envoyez des emails, partagez le projet sur les réseaux sociaux, mettez une affiche sur votre fenêtre !
Il ne reste que 18 jours ! Rue89 Strasbourg est fréquenté chaque jour par 12 000 personnes en moyenne, si une personne sur trois ne met que 7€, cette campagne est bouclée en 3 jours !

Loin de la foule déchaînée au cinéma : point de calme pour les âmes et les cœurs

Loin de la foule déchaînée au cinéma : point de calme pour les âmes et les cœurs
Un décor bucolique pour une époque victorienne en mode romantique
Un décor bucolique pour une époque victorienne au souffle très romantique (Photo 20th Century Fox)

Loin de la noirceur des drames familiaux (comme avec Festen et Submarino), Thomas Vinterberg se penche sur la part sublimée des souffrances et des renoncements : il explore cette sensibilité qui intensifie notre existence avec une nouvelle adaptation du roman de Thomas Hardy.

BlogUne jeune héritière, Bathsheba Everdeene prend la résolution de diriger seule la ferme léguée par son oncle en Angleterre. Mais il n’est pas bon d’être femme belle et libre et de vouloir s’assumer seule et sans mari à l’époque victorienne.

Bathsheba qui semble être issue d’un portrait d’Edouard Burnes Jones, a fermement décidé qu’elle ne se marierait ni par besoin de protection, ni par nécessité de répondre d’un impératif social quel qu’il soit. Elle ne s’engagera qu’avec l’homme dont elle sera amoureuse, celui qui saura parler à son cœur tout en prenant en compte son besoin d’indépendance et de liberté.

Une femme peut-elle tomber amoureuse d'un homme alors qu'elle chérit son indépendance et sa liberté?
Une femme peut-elle tomber amoureuse d’un homme alors qu’elle chérit son indépendance et sa liberté? (Photo 20th Century Fox)

Un classique indémodable

Au Royaume-Uni, Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy est un monument sacré, au même titre que Raisons et Sentiments ou Les Hauts de Hurlevent. Il a été élu par The Guardian «10e plus belle histoire d’amour de tous les temps». On ne s’attendait pas forcément à retrouver l’auteur de Festen de La Chasse aux commandes d’une grande fresque romantique, et pourtant !

Même si on le sent radicalement différent de tout ce qu’il a réalisé jusqu’à présent, Thomas Vinterberg nous apparait à tout moment comme très intimement lié à l’histoire de cette femme belle et rebelle, ainsi qu’à celle de son fermier courageux et dévoué. Il est d’ailleurs en adhésion totale avec tous ses personnages ; il parle de façon intime et singulière à travers chacun d’eux, et c’est ce qui fait essentiellement la force de ce très bel opus.

L'amour reste longtemps prisonnier d'une condition sociale
L’amour peut longtemps rester prisonnier d’une condition sociale (Photo 20th Century Fox)

La réalisation à la fois classique et lumineuse, porte chacun des rôles à son sommet, et la tension ne tient pas dans le dénouement qui nous est révélé dès les premières images, mais dans le combat que chacun des protagonistes aura à vivre et à affronter.

Trois hommes pour Batsheba

Bathsheba se fera courtiser par trois hommes bien différents. Le récit s’ouvre directement sur le premier d’entre eux et nous présente Gabriel Oak, un berger travailleur qui possède son propre troupeau à Norcombe. Gabriel croise par hasard la belle Batsheba Everdene dont il tombe amoureux dès les premiers regards.

Très rapidement, il lui demande de l’épouser et elle refuse espérant un parti plus intéressant. Mais on sait déjà que son cœur a chaviré, et que c’est à l’aune de cette demande qu’elle jugera ses deux autres prétendants.

Succomber à la passion pour fuir le mariage de raison
Succomber à la passion pour fuir un mariage de raison (Photo 20th Century Fox)

En fait, c’est depuis ce moment que Bathsheba et le fermier forment un couple. Ils ne vivent pas ensemble, mais sont inséparables dans leurs cœurs comme dans leurs esprits. Ils se suivent et se poursuivent sans jamais s’atteindre. C’est « ensemble » ou du moins de façon solidaire, qu’ils auront à affronter les difficultés du quotidien, les espoirs et les désillusions de la vie comme celles de l’amour.

La jeune femme sera confrontée au projet d’un mariage de sécurité et de raison, puis à l’extrême opposé, à l’embrasement d’une liaison passionnelle qui lui fera perdre toute raison. Au final, comme le disait Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ignore ; c’est le courage et la grandeur d’âme du fermier aussi digne que dévoué qui opposeront le meilleur argument au fantasme d’une liberté à jamais indomptable.

La bande annonce

Un conte très actuel

Cette histoire centrée sur un personnage féminin en pleine élaboration d’un équilibre entre son rêve d’indépendance et son besoin de répondre de la singularité de sa sensibilité est bien plus qu’un récit de féminisme avant l’heure. Le millénaire a changé mais la volonté de ne pas succomber à l’objectivation d’un désir masculin n’a pas anéanti le désir qu’ont les femmes d’être amoureuses avant même d’être rassurées. Loin d’être obsolète, on redécouvre la force de cette priorité dans sa difficulté à être compatible avec la liberté.

L’idée d’insoumission fait son chemin et elle progresse avec les années, mais elle ne parvient pas à réduire la primauté des sentiments telle que l’avait décrite Thomas Hardy avec tant de justesse. En dépoussiérant cette romance éminemment victorienne par une adaptation très réaliste, Vinterberg lui insuffle une nouvelle vie en lui redonnant toute son actualité.

Une valse à trois temps, une valse qui se conjugue à toutes les époques et de tout temps
Une valse à trois temps, qui se conjugue à toutes les époques et de tout temps (Photo 20th Century Fox)

Loin de la foule déchaînée est à voir au cinéma à Strasbourg au Star Saint-Exupéry et à l’UGC Ciné-Cité.

7 choses à savoir avant de se lancer dans UberPop à Strasbourg

7 choses à savoir avant de se lancer dans UberPop à Strasbourg
L'application UberPop est désormais ouverte à Strasbourg. (Photo : Rue89 Strasbourg)
L’application UberPop est désormais ouverte à Strasbourg. (Photo : Rue89 Strasbourg)

Arrivé en France en 2011, le géant américain Uber déploie son service à Strasbourg. L’appli « UberPop », qui permet aux particuliers de s’improviser chauffeurs, est devenue la pire ennemie des taxis. Mais est-elle pour autant l’alliée des Strasbourgeois ?

(suite…)

Une navette fluviale de Strasbourg à Saverne pour remplacer 5 800 camions ?

Une navette fluviale de Strasbourg à Saverne pour remplacer 5 800 camions ?

À LIRE SUR

INFLUENCES RHÉNANES

(suite…)

Jean-François Gérard : « Prendre le contre-pied de la communication »

Jean-François Gérard : « Prendre le contre-pied de la communication »

À 24 ans, Jean-François Gérard est le benjamin de l’équipe. Blogueur sur l’Europe à Strasbourg pendant ses années d’étudiant à l’Institut d’études politiques, il est journaliste à temps plein à Rue89 Strasbourg depuis septembre 2014. Né dans la capitale alsacienne, Jean-François a grandi dans le quartier de la Robertsau. Du plus loin qu’il s’en souvienne, il a toujours voulu être journaliste : « A 9 ans, je lisais parfois des articles dans les DNA à la bibliothèque… Les copains se moquaient de moi », se souvient-il, amusé.

Alors qu’il effectue sa troisième année d’IEP aux États-Unis, il découvre Rue89 Strasbourg via un lien publié par un contact sur Facebook. Il raconte :

« A l’étranger, j’allais de temps en temps sur le site pour prendre des nouvelles de ma ville ; ça me plaisait pas mal de lire des infos locales moins plates, plus intéressantes qu’ailleurs. Ce qui me passionne, c’est avant tout de voir comment la ville change, de quelle réflexion découle tel mode de transport, tel aménagement dans tel quartier… Autant d’infos qui nous concernent en tant qu’habitant. »

A son retour, en 2012, Jean-François publie quelques billets sur notre site en tant que blogueur « Europe ». Après avoir intégré l’équipe permanente, en remplacement de Marie Marty, il démarre en janvier 2015 une formation en alternance au CFPJ, à Paris. L’occasion de continuer à apprendre tout en travaillant selon des principes journalistiques qui lui sont chers :

« Ce qui me plaît à Rue89 Strasbourg, c’est qu’on met la politique au centre des sujets. On a aussi à cœur de publier des articles poussés, de donner la parole à beaucoup d’acteurs, de regarder au-delà de la conférence de presse quels sont les dessous d’une info… De prendre le contre-pied de la communication institutionnelle ! Et puis, de ne pas dire la même chose que les autres médias au même moment… »

Cette voix singulière, Rue89 Strasbourg a besoin de vous pour continuer à la porter ! Il reste 19 jours pour boucler la campagne : il y a 12 000 visiteurs par jour sur le site et il reste 27 000€ à trouver, soit un peu plus de 2€ par visiteur quotidien ! Faites suivre cet email à vos amis et partagez la campagne sur les réseaux sociaux. Merci d’avance pour votre mobilisation.

Philippe Bies, député PS, a tout voté et va s’en expliquer

Philippe Bies, député PS, a tout voté et va s’en expliquer
Le député Philippe Bies (PS) (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Le député Philippe Bies (PS) (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Nouveau député socialiste depuis juin 2012, Philippe Bies, propose aux Strasbourgeois de le rencontrer lors de 7 rencontres publiques. Malgré l’impopularité record du gouvernement et du président de la République, le député issu de la 2e circonscription du Bas-Rhin (Strasbourg-sud), assure « qu’il y a une cohérence derrière les choix » de l’exécutif :

« Le gouvernement a fait quelques erreurs bien sûr, la principale étant d’avoir sous-estimé la dégradation des finances publiques. Mais nous avons mis en œuvre des réformes qui confortent notre modèle social. Notre principal problème est de n’avoir pas su expliquer suffisamment ces réformes, et c’est ce que je vais m’employer à faire à présent. »

Principale fierté : Strasbourg « chef-lieu » d’Alca

Bon courage ! Le député Philippe Bies est resté insensible aux appels des « frondeurs » et d’une partie du PS, il a voté toutes les lois soumises par le gouvernement depuis le début de son mandat, sauf la réforme territoriale (créant la grande région Alsace – Lorraine – Champagne-Ardenne), pour laquelle il s’est abstenu. Sa principale fierté :

« À l’issue des deux lois de réforme territoriale, Strasbourg sort renforcée : la ville est devenue une métropole et son statut européen est désormais inscrit dans la loi. Par ailleurs, elle est le chef-lieu de la future grande région, ce qui n’allait pas de soi et sera un atout pour les équilibrages à venir. »

Membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, il a récemment proposé au gouvernement d’expérimenter une « contribution transport régionale » au sein de la future grande région, pour compenser l’abandon de l’Écotaxe et les reports de trafic en provenance de l’Allemagne, où une taxe similaire a été mise en place.

Interrogé sur la loi sur le renseignement, qui provoque la mobilisation contre elle de nombreuses associations de défense des libertés publiques, Philippe Bies a fustigé les conservatismes :

« On ne peut pas faire comme si rien ne changeait jamais. La précédente loi datait de 1990, à une époque où les télécommunications n’utilisaient que le téléphone filaire. Il fallait une loi pour moderniser les renseignements et des garde-fous ont été mis en place pour éviter que les écoutes ne soient dévoyées. »

Selon le site NosDéputés.fr, Philippe Bies est dans le milieu du classement des députés français, avec 32 interventions en commission, 104 interventions longues, 185 amendement adoptés, mais encore aucun rapport écrit. Un classement qui ne prend en compte que les 12 derniers mois.

En été, quels sont les coins frais et les coins chauds de Strasbourg

En été, quels sont les coins frais et les coins chauds de Strasbourg

Coup de chaud Strasbourg ? Où se réfugier ? À quelques centaines de mètres près, la température en ville en été peut varier de plus de 10 degrés. Une étude a répertorié les écarts. Alors suivez le guide à l’heure où les épisodes de chaleur alsaciens seront de plus en plus long.

L’été, il fait chaud, ça d’accord. Mais la nouveauté, c’est qu’avec le changement climatique, les périodes de canicule en Alsace seront de plus en plus longues. En revanche elles ne seront pas plus chaudes que ce que l’on connait déjà.

À plus long terme, entre 2050 et 2100, le continent européen dans son ensemble pourrait se refroidir, car le Gulf stream, ce courant marin de l’Atlantique qui ramène de l’air chaud depuis le golfe du Mexique est menacé par la fonte des glaces. Ces projections sont encore débattues par les scientifiques, mais le terme de « réchauffement » climatique est bien mal choisi.

La température précise sur les toits

L’Agence de développement et d’urbanisme de Strasbourg (ADEUS) s’est penché sur la question des écarts de températures à Strasbourg. L’association de droit privé financée par les collectivités alsaciennes a profité de la mise en ligne gratuite de données de la NASA de ses images satellitaires. La bande thermique infrarouge permet de savoir quelle température il fait à la surface de chaque bâtiment et au sol, ce qui permet de ne pas être perturbé par d’autres facteurs comme le vent ou le gaz. Un peu de traitement avec une carte et le tour est joué.

Ensuite, place à l’expertise de la soixantaine de salariés pour analyser les informations et guider les politiques futures. Valentine Ruff, chef de l’étude, reprend les premières indications :

« Nous avons appelé cette enquête ilôts de fraîcheur et pas de chaleur, car nous pouvons mieux comprendre ce qui rafraîchit l’air ambiant. Pour les coins les plus chauds, il s’agit souvent de zones industrielles – le marché gare ou le port autonome – ce sont sûrement les matériaux et les toitures qui provoquent cela, mais nous devons affiner nos travaux sur ce point. »

Un parc produit de la fraîcheur sur 100 mètres à la ronde

Le jour des relevés, le 14 juillet 2013, la température à Strasbourg était de 22 degrés. Pourtant, les écarts sur la carte (cliquez dessus pour l’agrandir) sont souvent d’une dizaine de degrés, voire du simple au double à un kilomètre d’écart !

Sans grande surprise, il fait plus frais dans les parcs et idéalement près des forêts (Robertsau et Neuhof). Plus précisément, un parc peut baisser la température de 2,5 à 4 degrés. Il fait profiter des ses vertus jusqu’à 100 mètres à la ronde. Mieux, les cours d’eau participent au refroidissement de l’air. Combinés, un parc et un ruisseau peuvent rafraîchir les alentours jusqu’à 6 degrés.

De quoi dégager aussi des mesures de bons sens pour Valentine Ruff :

« Avec le plan canicule on recommande de passer deux à trois heures dans une salle climatisée. Mais pour des pensionnaires de l’Ephad (c’est-à-dire la maison de retraite ndlr) Bethesda, ils peuvent se rendre au parc du Contades où il fera tout aussi frais et où il y a de la vie. À l’avenir ce serait plus économe de placer ces établissements près des parcs plutôt que de consommer de l’énergie en climatiseur. Il y a aussi une école à proximité et on sait que les enfants sont aussi des populations sensibles. »

La maison de retraite de Bethesda est à quelques mètres du parc des Contades, l'un des endroits les plus frais de Strasbourg. (document ADEUS)
La maison de retraite de Bethesda est à quelques mètres du parc des Contades, l’un des endroits les plus frais de Strasbourg. Photo : document ADEUS

10 degrés d’écart entre le skatepark et le parc de Koenigshoffen.

Et selon les matériaux, le grand écart est vite fait. Le skatepark de la Rotonde est l’un des endroits les plus chauds à cause de l’importance du béton des rampes métalliques. Du coup, les as de la glisse laissent la planche à roulette au garage l’été. À quelques mètres, le parc des Remparts, derrière la gare, autre point chaud de la capitale alsacienne, est presque aussi frais que l’Orangerie.

Autre constat, l’importance d’avoir de la terre à l’air libre pour absorber l’eau de pluie et restituer la chaleur. Des arbres seuls, sans pelouse autour comme le long de l’allée de la Robertsau, ne suffisent pas à rafraîchir significativement un endroit. À Schiltigheim, les jardins potagers ont peu d’arbres, mais ces terrains permettent de climatiser un peu l’entrée de la ville. En revanche l’ancienne brasserie Fischer, qu’Heineken souhaite revendre à des promoteurs immobiliers accuse de grosses chaleurs. Si les opérateurs veulent vendre des logements agréables, un peu de verdure devra accompagner les aménagements. Idem dans le centre-ville, la place de la République est agréable, là où ça chauffe place Kléber.

Accompagner l’urbanisation de la ville.

Ces résultats prennent tout leur sens à l’heure où le programme est « densifier » la ville, c’est-à-dire construire dans les espaces libres plutôt que de s’agrandir en dehors de Strasbourg. Guider et accompagner les politiques bas-rhinoises est justement l’une des missions de l’ADEUS.

L’importance des trames bleus et trames vertes dont on vous parlait lors de notre article sur la biodiversité est ainsi affirmée pour combattre les canicules à venir. De plus, la végétation permet aussi d’améliorer la qualité de l’air, un gros défaut de Strasbourg, en partie à cause de sa situation entre les Vosges et la Forêt noire, mais aussi son autoroute A35 qui traverse la ville, le chauffage de particuliers peu économe en énergie et un manque de volontarisme.

« 20% d’espace libre pour chaque construction »

Pour Valentine Ruff, augmentation et préservation de la qualité de vie ne s’excluent pas :

« Les nouvelles lois d’urbanisme prévoient que pour toute construction, il doit y avoir 20% d’espace libre avec un accès direct à la terre. Certains cabinets d’architectes ont compris que c’était un plus pour la qualité de vie, mais pour d’autres c’est plus difficile. Dans le secteur des Deux Rives, le nombre de places de parking a été abaissé pour cette raison et il y a des transports en commun. »

D’après une autre étude de l’ADEUS, l’accès à des espaces verts serait le deuxième critère lors d’un choix d’appartement, après la tranquillité, mais devant le prix.

En revanche il est plus compliqué d’ajouter de la verdure sur les espaces déjà construits, comme l’ancienne ville allemande (la Neustadt), à l’Esplanade ou encore autour des grands ensembles d’Hautepierre. Peut-être qu’en 2050, des jardins ou des fermes comme à New York naîtront sur les toits strasbourgeois, le poids de la terre demandera des aménagements.

Mais l’hiver ?

Mais cette fraîcheur bienvenue en été, n’entraînerait-elle pas des surcoûts de chauffage lors des rudes hivers alsaciens ? Pas si simple répond Valentine Ruff :

« Les températures sont plus homogènes puisque les arbres n’ont plus de feuilles. La surface de l’eau est plus froide, mais elle aurait tendance à se refroidir moins vite. Nous allons travailler sur ce point dans nos futures études, mais nous voulons d’abord approfondir ceux sur l’été. Voire si selon les étages la température change, croiser ces résultats avec d’autres facteurs comme le niveau de vie. »

Une salve de découvertes du label Deaf Rock jeudi à la PopArtiserie

Une salve de découvertes du label Deaf Rock jeudi à la PopArtiserie

1984
Le groupe 1984 (Doc. remis)

Cinq groupes en concert, un nouveau projet déjanté autour d’une websérie avec reprises musicales à la clé et une actualité débordante. Le label Deaf Rock n’en finit pas de surprendre et de séduire. Nouvelle salve de découvertes le jeudi 11 juin à la PopArtiserie.

(suite…)

Les dégâts de Gossip s’étendent au delà des lycées…

Les dégâts de Gossip s’étendent au delà des lycées…

(Dessin Guillaume Decaux)
(Dessin Guillaume Decaux)

Gossip est une application mobile permettant de poster des ragots de manière anonyme (son logo est un masque rouge ).
Elle a fait plusieurs victimes parmi les lycéens du collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg.