Les services de l’Enfant fermés pour cause de grève vendredi 26 juin (Photo JFG/ Rue89 Strasbourg)
Une alliance de huit des syndicats à l’Eurométropole (CGT – CFDT – FAFPT- FO – UNSA – CFE CGC – CFTC – Sud) appelle à la grève pour l’ensemble des agents vendredi 26 juin. Les manifestants comptent venir au début du conseil de l’Eurométropole, qui se réunira dès 8h30. Les services de la petite enfance, c’est-à-dire les garderies et les accueils périscolaires seront fermés toute la journée.
Les représentants du personnel s’opposent aux suppressions de postes (500 non-remplacements d’ici 2017 et 1 000 à l’horizon 2020, sur un peu plus de 8 000 agents), aux missions du service public confiées à des entreprises privées, à la « dégradation des conditions de travail » des agents et à la remise en question de leur acquis sociaux, comme certains congés.
Robert Herrmann : « on ne peut plus acheter la paix sociale »
Le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) s’exprimera sur ce sujet en ouverture de la séance. Mais il indique déjà être en désaccord avec les manifestants :
« Cela ne fera pas changer notre stratégie. La conjoncture, personne ne l’a choisie. Nous faisons face à une baisse des dotations de l’État. On ne peut plus acheter la paix sociale comme autrefois. Leurs inquiétudes sont complètement légitimes, mais nous avons la nécessité d’être responsables. »
Catherine Kopp, secrétaire générale de la CFDT – Eurométropole, indique de son côté que le dialogue social est « au point mort » et veut alerter sur les conséquences de cette politique :
« On a l’impression que le personnel est la seule variable d’ajustement pour les économies. Un fossé va se creuser entre les Strasbourgeois qui pourront accéder aux services de l’Eurométropole et ceux qui ne pourront plus. On sait que la population n’est pas de notre côté, mais le jour où ils se rendront compte de l’inégalité de traitement, peut-être réagiront-ils. On ne regarde jamais le coût qui sera facturé par les entreprises qui reprendront nos missions pour savoir si cela coûte plus cher ou moins, on dirait que c’est un principe et que les élus ne nous défendent pas.
La collectivité est aussi un employeur local. C’est sur cela que nous voulons alerter. Chez les prestataires choisis pour nous remplacer, les employés commencent souvent leur carrière au SMIC et la finissent au SMIC. C’est peut-être là bas que travailleront les enfants de ceux qui veulent moins de fonctionnaires. Certaines villes se sont opposées à la baisse des dotations, mais ici non. »
3,6 tickets de tram à partir de septembre 2015 (1,80€ l’unité)
1,6 entrée de piscines (4,20€ l’unité)
1,07 entrée dans les musées de Strasbourg (6€50)
1 cocktail dans la plupart des bars ou 2 pintes de bière en Happy Hour
1,4 montée sur la plateforme de la cathédrale (5€)
Presque une place au Racing dans le Kop (7€ en tarif réduit ou 8€)
1 tour en mini-train pour touriste dans le centre de Strasbourg
1 carte culture ou atout voir pour les moins de 25 ans
1 Velhop pendant 1 jour et 2 heures
7 baguettes de pain
1 semaine de DNA
Un quart de place pour Ososphère
Un dessert dans la plupart des restaurants
Un livre de poche
0,77 aller simple Strasbourg-Sélestat en train (9€)
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L’entrée du lycée Jean Monnet au Neudorf, Strasbourg (Photo Roland Burckel / Archi Strasbourg / cc)
Trop peu d’inscriptions à la filière franco-allemande Abibac au lycée Jean Monnet de Strasbourg. Alors l’Académie a suspendu cette section l’an prochain. Le coup est rude pour ce lycée qui recrute en partie en zone « prioritaire », car les élèves Abibac permettent de maintenir un équilibre social certain dans l’établissement.
Vendredi, les principaux des collèges des quartiers sud de Strasbourg ont été prévenus par le Rectorat que les inscriptions à la filière franco-allemande Abibac de leur lycée de secteur, Jean Monnet, étaient suspendues pour la rentrée prochaine. En cause, le trop faible nombre de pré-inscriptions en classe de seconde, 7 selon l’Académie, pour maintenir cette filière d’excellence, qui permet de présenter à la fois le baccalauréat français et l’Abitur allemand.
Les élèves ayant le niveau suffisant en allemand, et un bon dossier scolaire ainsi qu’une recommandation de leur professeur principal, sont donc invités à s’inscrire dans l’un des autres lycées proposant cette filière : Marcel Rudloff, Les Pontonniers ou le collège épiscopal Saint-Etienne. Et merci pour tous ces bons élèves !
Mercato à l’envers
Car dans ce vaste mercato à l’envers auquel jouent les lycées pour attirer les bons élèves, le lycée Jean Monnet est plutôt désavantagé. Recrutant parmi les collèges du Neudorf, Neuhof et Geispolsheim, l’établissement reçoit plus que sa part d’élèves issus des collèges du « réseau prioritaire ». Mais jusqu’à ce jour, l’imposant lycée du Neudorf équilibrait les niveaux de ses classes de seconde grâce à trois filières sélectives : sport-études, européenne et Abibac.
Pour Dominique Perrin, enseignante et déléguée syndicale SNES-FSU de l’établissement, la suspension de la filière Abibac menace l’équilibre de l’établissement :
« C’est un nouveau coup dur pour la mixité sociale. Depuis l’assouplissement de la carte scolaire, les élèves Abibac peuvent choisir un autre lycée que celui de leur secteur. Et on constate une baisse des inscriptions à Jean Monnet depuis cette date… en faveur des établissements du centre-ville. Il y a un phénomène de ghettoïsation qui s’accentue et qui fragilise les établissements scolaires, malgré les efforts des enseignants. Car on sait bien qu’une filière dont le recrutement est suspendu a peu de chances de repartir. »
Jusqu’à l’an dernier, une vingtaine d’élèves Abibac se présentaient à Jean Monnet en moyenne. Gisela Lecomte, enseignante d’allemand, déplore le mauvais signal envoyé :
« La section Abibac est ouverte à Jean Monnet depuis 2003, et fonctionne très bien grâce à un excellent partenariat avec Städtisches Luisen-Gymnasium de Düsseldorf. Suspendre, voire supprimer, cette filière à Jean Monnet va remettre en cause ce partenariat ainsi que toutes nos actions en commun, par exemple auprès des entreprises allemandes. Il n’y a que 15 sections Abibac en Alsace, ce n’est pas de trop pour une Académie qui se dit volontariste en faveur des langues. Au final, on crée des classes à 35 élèves, ce qui n’est pas le meilleur moyen pour apprendre les langues. »
25% de ressources enseignantes supplémentaires
Les élèves en Abibac ont six heures de cours d’allemand, trois de plus que leurs camarades, et quatre heures de cours d’histoire-géographie en allemand, une de plus qu’en filière classique. Un élève Abibac coûte donc plus cher à l’Éducation nationale. Étienne Gondrexon, inspecteur d’académie en charge de l’orientation, détaille :
« Un élève Abibac demande 25% de ressources enseignantes supplémentaires, mais à condition qu’il y en ait suffisamment pour faire une classe ! À 7 élèves, ça n’a pas de sens. Le lycée Jean Monnet recrute sur un vivier d’environ 700 élèves, un chiffre en augmentation et d’ailleurs le lycée se verra doté d’une “division” (classe, ndlr) supplémentaire à la rentrée. Mais l’établissement doit s’interroger sur le pourquoi de ce nombre, seuls 7 élèves l’ont choisi pour Abibac. Et c’est le même problème avec la filière sport-études d’ailleurs, dont le recrutement n’est pas non plus optimal. »
Conscient du risque de « décrochage » du lycée Jean Monnet, l’Académie l’a attaché à deux autres mastodontes de l’Éducation nationale dans le sud de l’agglomération, les lycées Le Corbusier et Couffignal, au sein d’un « réseau sud ». Mais parmi les enseignants, on n’est guère rassuré comme l’explique Élodie Godié, enseignante d’histoire-géographie :
« Le lycée Jean Monnet brasse toutes les couches de la population et c’est ce qui fait sa particularité et son intérêt. Depuis que j’y suis, je constate un établissement qui fonctionne bien, avec une bonne équipe mais qui souffre d’une mauvaise image. Du coup, on est victime des stratégies d’évitement mises en place par certaines familles. Les sections Abibac permettent de compenser les effets délétères de ces évitements, car elles apportent des éléments moteurs dans les classes. Sans cette force d’entrainement, l’ensemble des classes va en souffrir et les effets négatifs vont se cumuler. »
Un rendez-vous… après la décision
Un constat confirmé par Cécile Thomas, délégué des parents d’élèves (FCPE) au collège Fustel de Coulanges :
« C’est vrai que Jean Monnet est un lycée de secteur, avec les problématiques que ça génère, mais l’équipe est formidable et ma fille a bénéficié d’un très bon enseignement en anglais et en allemand. J’avais bien l’intention d’y inscrire mon fils jusqu’à ce qu’on nous prévienne, au tout dernier moment, qu’il vaut mieux l’inscrire ailleurs. Je suis très remontée contre les méthodes cavalières de l’Académie, on ne laissera pas faire. »
Les parents d’élèves ont écrit une série de courriers aux élus locaux et ont demandé à être reçus par le Recteur. Ils contestent par ailleurs les comptages de l’Académie. Selon eux, 21 élèves auraient choisi la filière Abibac à Jean Monnet, dont 10 en premier choix. Les enseignants de la filière ont également écrit au Recteur. Une rencontre est prévue vendredi mais après la commission d’attribution des places Abibac, qui a lieu ce mercredi.
French tech : Pas de cocorico pour le monde numérique alsacien.
Inquiétude pour le monde numérique alsacien. L’Alsace ne serait pas retenue lors du deuxième et dernier tour d’attribution du label French Tech, d’après le site du magazine économique Challenges. Cinq villes labellisées sont Brest, Caen, Rouen, le Havre et Nice, ainsi que la candidature lorraine (Metz, Nancy, Thionville, Épinal). Curieusement, Angers ne figure pas dans la liste, alors que François Hollande l’avait promis lors d’une visite en juin. Quant à la candidature alsacienne, elle n’est pas dans cette liste car, toujours selon Challenges,la candidature de Strasbourg et Mulhouse n’a pas été mentionnée lors d’une communication de la mission French Tech à Los Angeles.
La date des résultats a été plusieurs fois repoussée durant le mois de juin et à ce jour, aucune annonce officielle n’est programmée. Des tergiversations peu appréciées de ceux qui ont travaillé des mois sur le dossier.
Lors de sa visite à Strasbourg en avril, la mission French Tech avait rappelé que seuls quatre territoires seraient labellisés. Le Havre, Caen et Rouen font partie d’une candidature normande commune. Mais avec Brest, Nice, la Lorraine voire Angers, le compte serait déjà dépassé.
Ce label récompense les éco-systèmes favorables aux entreprises numériques et vise à les mettre en réseau. Il donne aussi accès un fonds d’investissements de 200 millions d’euros auprès de la Banque publique d’investissement (BPI). L’État français investit également 15 millions d’euros pour promouvoir cette marque à l’international.
L’inauguration du Shadok en avril devait permettre à la candidature du pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse d’avoir « un lieu emblématique », qui manquait lors de la première vague d’attribution, qui avait consacré neuf métropoles en novembre 2014. Mulhouse compte le KM0. C’est donc sur les autres points que le dossier alsacien devait se démarquer : « des start-ups ayant réalisé des levées de fonds conséquentes, des entrepreneurs prêts à aider les jeunes entreprises » La visite de la secrétaire d’État au numérique Axelle Lemaire en avril était pourtant encourageante.
Contactée par Rue89 Strasbourg, la mission French Tech ne confirme pas l’information. Ses responsables sont en déplacement à New York, d’où seront énoncés officiellement les territoires labellisés dans la soirée.
« Cet article ne reflète pas parfaitement les orientations arrêtées par le Préfet du Bas-Rhin, à ce stade. Dans ces conditions, la Préfecture est amenée à apporter les précisions suivantes. »
Formidable, pensons-nous alors. La préfecture va enfin nous préciser les ambitions du préfet, alors qu’au cours de notre enquête, elle avait refusé par deux fois de répondre à nos questions. Sauf qu’après lecture de son communiqué, on ne se retrouve pas beaucoup plus avancé… Voici ce qu’on croit avoir compris.
Un préfet peut en cacher un autre
Premier point : la réflexion se fait à l’échelle du département et non pas de la région. Le préfet tient l’instance de dialogue avec l’islam en son titre de préfet du Bas-Rhin et pas de préfet d’Alsace.
Deuxième point à retenir, la préfecture détaille la liste des dossiers sur lesquels l’instance de dialogue avec l’islam travaille :
« Cette instance de dialogue est un cadre de réflexion et de discussion sur des thématiques diverses comme le diplôme universitaire de formation civile et civique, l’aumônerie hospitalière, le statut des imams, les femmes et l’islam, les écoles confessionnelles, l’enseignement laïc du fait religieux musulman. »
Bon. Et là, troisième point qui intéresse notre enquête, la préfecture parle de « l’enseignement laïc du fait religieux musulman ». Dans notre article, nous reprenions l’annonce fortuite et enthousiaste de l’agent de la préfecture Jean-Claude Herrgott à un parterre de musulmans lors de la conférence à Strasbourg de l’imam Tarek Oubrou. Le fonctionnaire parlait alors de la prochaine mise en place d’un « groupe de travail sur l’éveil cultuel [musulman] dans l’école publique » et d’une probable « première expérimentation à la rentrée ». Il faisait cette annonce trois jours avant la deuxième réunion de l’instance de dialogue avec l’islam, le 26 mai.
Enseignement laïc du fait religieux musulman
La préfecture nous apprend donc maintenant qu’elle aurait donc déjà opté pour l’approche de l’islam dans l’école publique en tant que « fait religieux », c’est-à-dire en tant que phénomène social et culturel. Que doit-on comprendre par-là ? Est-ce à dire qu’elle n’envisage pas de traiter l’enseignement sur l’islam au même titre que les cours sur le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme dispensés au titre d’enseignement de religion dans les écoles publiques d’Alsace-Moselle ? C’est pourtant bien cette option qui était initialement mise sur la table selon nos sources.
Pour nous éclairer davantage, la préfecture ajoute travailler sur ce dossier « dans le strict respect du cadre concordataire » :
« Concernant l’enseignement laïc du fait religieux musulman, lequel a déjà fait l’objet de multiples tables rondes et de travaux universitaires, l’instance de dialogue a souhaité faire le point de ce dossier dans le strict respect du cadre concordataire. »
On se perd alors un peu en conjectures. Est-ce que la préfecture suggère que l’islam ne peut être traité comme les cultes reconnus en Alsace-Moselle qui bénéficient d’un enseignement de religion confessionnel à l’école publique ? Ou alors que le droit local permet la réflexion sur un enseignement de l’islam ? On ne le saura pas.
L’administration souligne en outre que les thèmes de travail retenus par l’instance de dialogue « soulèvent des questions complexes d’ordre juridique et sociétal qui justifient une réflexion prospective, conduite de la manière la plus ouverte possible ».
Donc en conclusion, on comprend que l’instance de dialogue réfléchit et discute et qu’on ne s’était pas trompés en annonçant que la préfecture a ouvert le dossier de l’islam à l’école. Il fallait bien un communiqué, peut-être une réponse à nos questions la prochaine fois…
De nouveaux arceaux aux abords du centre, pour inciter les cyclistes à déposer leur vélo. Voilà comment un peu pacifier les relations entre cyclistes et piétons dans le cœur de Strasbourg. En attendant de voir ces espaces de rangement débarquer, il est possible de donner son avis.
« Le piéton est le roi de la ville ». C’est ainsi que le maire Roland Ries (PS) hiérarchise le centre de Strasbourg. Problème, Strasbourg est aussi la première ville cyclable de France et le centre-ville, le quartier où il y a le plus de vélos. Alors la cohabitation entre bipèdes et deux roues n’est pas toujours aisée. Et quand un cycliste passe trop près d’un piéton, ce dernier s’énerve et écrit au maire, un peu lassé par ces courriers à répétition :
« Les piétons trouvent que les cyclistes sont agressifs. Des personnes âgés, malvoyantes ou handicapées, même quand il n’y a pas de danger, peuvent s’inquièter quand un vélo passe près d’elles rapidement. Cela ne conduit pas à des accidents matériels, mais à des représentations mentales négatives. »
Alors l’adjoint de quartier centre Paul Meyer (PS) et le conseiller eurométropolitain en charge des déplacements, Jean-Baptiste Gernet (PS), ont décidé d’implanter de nouveaux range-vélos aux abords de l’hypercentre. Plus compacts, avec plus de places et plus jolis, leur mission est d’encourager le cycliste à y poser sa monture et se déplacer à pied dans le cœur de la capitale alsacienne.
L’arceau numéro 2 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Trois types d’arceaux de huit places sont envisagés (voir photos). On peut les expérimenter rue du 22 novembre, au croisement avec la rue du fossé des tanneurs, jusqu’à septembre. Les numéros 1 et 2 proposent de disposer les vélos face-à-face, le numéro 3 côte-à-côte, toujours en surélevant la roue avant. À première vue, l’arceau numéro 1 convient davantage aux cadenas rigides en U.
Il est possible de donner son avis sur ces équipements, soit par mail (rangevelos@strasbourg.eu) ou via le flashcode pour smartphone que l’on peut « flasher » à cet endroit (on l’a testé, il fonctionne). Ce n’est pas un vote, car la procédure des marchés publics interdit de décider d’un prestataire ainsi, mais les remarques seront intégrées au futur cahier des charges.
Et l’arceau numéro 3 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Paul Meyer détaille les objectifs de la démarche :
« Le but est d’inciter à garer son vélo aux abords du centre et de s’y déplacer ensuite à pied. Ces aménagements sont aussi plus jolis, plus carrés, plus nets, que les arceaux classiques. La démarche émane aussi une demande de certains commerçants qui n’apprécient pas de voir des vélos contre leur vitrine. »
Reste à convaincre les cyclistes, surtout ceux qui veulent traverser le centre, de laisser leur bicyclette. Car pour contourner la grande Ile, le quai des Bateliers ou le boulevard de Nancy sont peu favorables aux vélos. Une fois le modèle choisi, ces nouveaux arceaux seront déployés au printemps 2016. Une dizaine de lieux seront choisis pour 500 à 600 places. En outre du lieu expérimental, la place Gutenberg et la rue de la Division Leclerc sont déjà évoqués.
Aller plus loin
Donner son avis sur les trois arceaux à vélo : par mail à rangevelos@strasbourg.eu
Ce week-end, la collecte pour faire évoluer Rue89 Strasbourg a dépassé les 40%. Mille mercis à tous. Cependant, il ne reste plus que cinq jours pour boucler les 60% restants. C’est possible, à condition de réussir la mobilisation de tous ceux qui peuvent être intéressés par l’existence d’un média participatif, connecté et indépendant à Strasbourg.
Il y a 450 000 habitants dans cette agglomération, environ 12 000 d’entre eux visitent Rue89 Strasbourg quotidiennement! On devrait quand même pouvoir arriver à 35000€ non ?
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parce que des journalistes qui enquêtent, ça manque cruellement dans le coin…
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parce que j’adore commenter les articles et que j’ai envie de continuer à le faire,
parce que j’ai bien hâte de voir comment ces petits gars vont trouver un modèle économique à l’info sur Internet hin hin hin…
parce que je ne lis que ça tous les matins, et que si je reçois pas ma newsletter quotidienne, je deviens méchant,
et parce que c’est un peu fou fou ce truc, non ?
N’attendez pas pour soutenir, la collecte se termine vendredi 26 juin ! Ça démarre à partir de 7€. Et si vous avez déjà contribué, faites tourner cet article, vos amis vous en seront reconnaissants !
Entre les friches et les projets immobiliers, des résidents s’inquiètent (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Cernés par les constructions neuves, deux riverains de l’avenue du Rhin soupçonnent la Ville de Strasbourg de vouloir les déloger pour faire de la place aux projets d’aménagement de l’axe Deux-Rives. La Ville nie toute volonté en ce sens mais ils restent méfiants.
Sur le plan, ce sont trois maisons enserrées entre l’avenue du Rhin, des immeubles tous neufs et des projets immobiliers. Au 22, il y a la fameuse Villa Trautmann (en blanc à gauche sur la photo), inoccupée, juste derrière, une autre bâtisse alsacienne en bois et torchis et encore derrière, une petite construction sous appentis. C’est là que vit Daniel Tahibi avec sa famille depuis 1993.
À l’époque, il s’agissait de deux pièces, que la Ville louait au titre de son patrimoine privé. Mais Daniel Tahibi est bricoleur, il a aménagé les combles et transformé la petite dépendance en quatre pièces et s’y trouve tout à fait bien. Alors quand la Ville a voulu l’expulser en 2002 pour construire un centre socio-culturel, Daniel Tahibi ne s’est pas laissé faire. Procédurier, juriste, tenace et méticuleux, il a bien failli être mis dehors en 2006 mais il a finalement fait annuler le permis de démolir de la maison qu’il occupe et le projet de construction a finalement avorté, noyé sous les procédures.
Ces derniers îlots de verdure vont disparaître
En 2008, la nouvelle municipalité lui a signé un bail correspondant aux 64 m² du logement qu’il occupe mais il reste méfiant. Car autour de lui, tout change très vite. Juste au nord de chez lui, la Ville aimerait récupérer une parcelle pour un projet immobilier le long de l’avenue du Rhin. De l’autre côté, au sud, il voit se construire contre sa maison un immeuble en autopromotion, celui des Urban’hôtes et à l’est, Daniel Tahibi suspecte qu’une prolongation de la rue du Ballon est à l’étude.
Prêts pour la guerilla juridique
Du coup, il a commencé à stocker des armes en prévision d’une nouvelle guérilla juridique. Il explique :
« L’adjointe au maire Pernelle Richardot (PS) est venue lors d’une visite dans le quartier. Je l’ai interpellée à propos d’une délibération votée en décembre 2013 qui prévoit la prolongation de la rue du Ballon. Et elle m’a soutenu l’inverse ! Quant à Urban’hôtes, ils construisent contre mon mur, qui n’est pas mitoyen et n’a pas assez de profondeur pour ses fondations. Ils risquent de le faire écrouler. C’est probablement l’objectif, pour qu’ensuite la Ville prenne un arrêté de péril et m’expulse de mon logement. Mais je ne me laisserai pas faire. »
Juste à côté, Serge Bischoff surveille aussi de son balcon les visites de géomètres et d’architectes qui passent régulièrement sur les parcelles voisines. Lui aussi craint une destruction de deux maisons anciennes, et une extension de la rue du Ballon :
« La rue du Ballon est une impasse. Et avec ce qui se construit ici ou là, je vois venir la procédure de désenclavement et l’expropriation d’une partie de mon terrain. Puisque sur les documents de la Ville, mon garage ne figure pas alors qu’il a été légalement construit ! La Ville m’a reçu, mais j’ai le sentiment qu’ils m’ont raconté des salades. »
Philippe Bies en pompier
Lui aussi prépare son arsenal juridique car, c’est vraiment pas de chance, Serge Bischoff est un ancien avocat. Du coup, c’est Philippe Bies, député (PS) de Strasbourg-sud, qui a été envoyé déminer le dossier, afin d’éviter le naufrage procédurier qui avait ébranlé la campagne de Fabienne Keller en 2008 :
« On a proposé à M. Tahibi qu’il soit relogé dans la maison du 22 avenue du Rhin (maison Klee sur le plan, ndlr) mais il peut rester dans la demeure qu’il occupe s’il le souhaite. Il n’y a aucune volonté de l’expulser, la Ville n’a pas l’intention de faire passer un prolongement de la rue du Ballon ni devant ni derrière la maison occupée par M. Tahibi, ni par le terrain de M. Bischoff. »
Philippe Bies a tenu ce discours rassurant lors de rencontres individuelles fin mai avec les deux résidents, plans à l’appui. Mais hélas, le député n’a pas dévoilé exactement les mêmes projets à chacun, si bien que leur méfiance demeure.
Reste que la Ville entend bien céder le terrain encore libre le long de l’avenue du Rhin, ce qui, avec la construction des logements d’Urban’hôtes derrière, finira d’encercler les deux villas historiques.
Construites au début du XXe siècle en zone inondable et démontables en 48 heures afin de freiner les troupes allemandes en cas d’invasion, ces deux bâtisses remarquables ne sont néanmoins pas classées à l’inventaire des bâtiments historiques. Philippe Bies assure qu’aucune destruction de ces villas n’est prévue mais qu’en ce qui concerne la villa Trautmann, la Ville est ouverte aux suggestions pour son utilisation.
Vitaboucle Glacis: courir au milieu de la circulation départ (Photo Rue89 Strasbourg/AM)
Les « Vitaboucles » permettent depuis avril s’entraîner sur quatre parcours balisés dans Strasbourg. Pour cela, rien de plus simple : il suffit de suivre les balises : la 1, 2, 3 ou 4, mais aussi d’avoir un peu les parcours en tête). Classées par difficulté en fonction de la longueur, (de 6,5 km à 8,2km), « Vitaboucles » est une manière sportive de redécouvrir la ville. Nous avons testé celle des Glacis, derrière la gare.
La boucle n°1, dite boucle des Glacis. Comme un jour sur deux, j’enfile mes baskets pour aller courir : je sors de mes sentiers battus pour aller tester le nouveau dispositif mis à la disposition du coureur Strasbourgeois, du côté du parc de Glacis. Mon point de départ sera aux abords de la place de Haguenau. Il est 17h, c’est l’heure de pointe et je suis -très- loin d’être seul: voitures, cyclistes, piétons, trottinettes, poussettes… Je fais avec et j’entame un slalom entre les gens et les véhicules pour me diriger vers le Faubourg de Pierre.
La prudence et la retenue sont indispensables sur ce tronçon. Les coureurs cherchant la performance pesteront, les coureurs occasionnels eux, pourront profiter des nombreuses haltes aux feux rouges piétons pour discuter avec le copain ou recharger les batteries. S’en suit après une courte distance sur les berges de l’Ill que je rejoins au niveau de la Place des Halles: la libération, enfin (presque) seul !
Mes foulées deviennent maintenant plus rapides et je peux me lâcher. Mais à peine le temps de trouver un bon rythme que je dois me lancer dans un nouveau slalom au milieu des touristes de la Petite France.
La boucle 1 de 6,2 kilomètres va de la place de Haguenau à la grande mosquée. (document Ville de Strasbourg)
À noter que la ville a mis, sur ce parcours, des points d’eau à disposition: parfait pour s’hydrater en cas de fortes chaleurs. Après quelques gorgées, je me dirige vers l’Hôtel du Département, en face du musée d’art moderne et de nouveau le long de l’eau…
Vitaboucle Glacis: courir et pouvoir s’hydrater sur le parcours (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Les décors sont maintenant plus naturels, moins urbains, l’air y est plus frais. Ce chemin me mène à l’arrière de la Grande Mosquée, endroit où j’ai quelques difficultés pour retrouver les balises de marquage du parcours… après quelques hésitations, mais sur le bon chemin quand même, je me retrouve à monter sur un pont, le d’une voie ferrée : c’est clairement un endroit où je n’irai pas seul à des heures de moindre fréquentation, la nuit par exemple.
Je traverse le quartier de la Laiterie avec une certaine prudence à cause de la circulation automobile et je rentre enfin dans le long parc du Glacis, pour plus de deux kilomètres de ligne droite derrière la gare, le tout au calme et entouré d’espaces verts. Je peux à nouveau accélérer mon rythme sur ce chemin de gravier peu fréquenté.
Vitaboucle Glacis: courir un instant dans le calme (Photo Rue89 Strasbourg / AM)
J’y croise d’ailleurs quelques autres coureurs, peut-être des sportifs qui attaquent la Vitaboucle dans le sens inverse au mien. Je prends quelques minutes pour m’arrêter aux agrés et tenter de diversifier mon instant sport du jour. Un peu intrigué par leur fonctionnement mais surtout fatigué par les kilomètres déjà avalés, je repars assez vite vers mon point d’arrivée qui était aussi mon point de départ 35 minutes plus tôt. J’arrête ma montre qui m’annonce 6,2 kilomètres, conforme à la distance annoncée par la brochure de la ville.
Vitaboucle Glacis: courir (trop?) isolé et le long de la voie ferrée (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Mon sentiment sur cette première Vitaboucle est mitigé car les arrêts sont trop fréquents en raison du trafic routier à certains de ses points. Il faut accepter d’avoir les contraintes du « courir en ville » lorsqu’on s’engage sur cette boucle. Je conseille pour cela de la courir plutôt un dimanche matin afin de ne pas être trop souvent stoppé dans l’élan. Cependant la partie dans le parc du Glacis est, elle, très agréable en raison de sa verdure, son calme et son côté plus intimiste : il y a là de quoi se faire plaisir !
Les 4 Vitacboucles de Strasbourg (document Ville de Strasbourg)
Gros programme pour le dernier conseil municipal avant l’été 2015 (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
En direct – Dernier conseil municipal de Strasbourg avant la trêve estivale. Au menu, les Bains municipaux comme souvent, mais aussi du conseil des résidents étrangers, de la géothermie et de l’argent pour la chaîne Alsace 20.
C’est un gros ordre du jour qui attend le conseil municipal avant deux mois de pause, 77 points. Les élus locaux se replongeront d’abord dans les débats budgétaires de la fin d’année, avec l’adoption du compte final de l’année 2014.
Le sujet des Bains municipaux revient une nouvelle fois dans l’hémicycle. Les élus proposent de confier à la société publique locale (SPL) en charge de l’aménagement du quartier des Deux-Rives une étude pour sa rénovation. Le souhait de l’exécutif est de confier les bains romains et les espaces inutilisés à des entreprises privées ou de l’économie sociale et solidaire, en échange d’une participation financière aux travaux. La Ville resterait propriétaire de ce bâtiment classé et la piscine comme quelques douches seraient publiques.
Nouveau mandat pour le conseil des résidents étrangers
Une étude avait pourtant été réalisée en 2008 sur ce sujet par les services de la Ville. Elle n’avait chiffré qu’approximativement les coûts de rénovation, « entre 30 et 40 millions d’euros » répète l’exécutif, et ne serait pas publiable, car les personnes interrogées l’étaient sous réserve de confidentialité. À cette commande est associée une charte qui stipule que la piscine de la Victoire servira forcément à « des activités notamment liées à la balnéothérapie, à la détente, au domaine paramédical et à la restauration. » Cliquez ici pour voir notre diaporama et plus de détails sur ce dossier.
Autre délibération, celle de confier un nouveau mandat au Conseil des résidents étrangers (CRE). Cette instance est consultative et peut saisir le maire. Lors du mandat 2012-2015, il a demandé un rapport sur le vieillissement des travailleurs immigrés. Bien du courage sera nécessaire aux nouveaux représentants volontaires quand on lit que cette instance « lutte pour le droit de vote des étrangers », une promesse de François Hollande qui semble enterrée. Parmi les trois changements, le conseil sera désormais ouvert aux ressortissants des 28 pays de l’Union européenne, dont la France.
300 000€ pour Alsace 20
La chaîne régionale Alsace 20 se verra attribuer 300 000 euros sur 3 ans dans le cadre d’un « contrat d’objectif et de moyens ». Le texte de la délibération justifie ce soutien, car la chaîne, pourtant privée, se voit confier des « missions de service public », au motif qu’elle traite de l’actualité locale. France 3 Alsace risque de peu apprécier, puisque c’est aussi sa vocation. Peu de chance de voir la droite s’élever contre cette nouvelle dépense en temps de disette budgétaire, puisque la Région Alsace verse déjà plus de 500 000 euros par an à la chaîne locale. Une générosité qui lui permet de parfois apposer son logo sur certaines émissions d’Alsace 20.
Enfin le conseil municipal donnera avis à l’enquête publique sur la création d’un site de géothermie, cette technologie qui exploite la chaleur des sous-sols. Sur les quatre sites choisis, celui de la Robertsau fait le plus polémique, car il est en plein port aux pétroles de Strasbourg, une zone protégée par un Plan de protection des risques technologiques (PPRT) en raison des produits chimiques qui s’y trouvent. L’avis qui n’est que consultatif et la décision reviendra au préfet. Bien que la géothermie est un axe majeur du mandat pour diversifier les sources d’énergie de Strasbourg, les nombreuses craintes et protestations en raison du sit ont convaincu la municipalité donner cet avis défavorable. Elle avait tergiversé sur le sujet entre avant et après les élections départementales de mars.
Suivre le conseil municipal en direct à partir de 15h
La SPA de Strasbourg a perdu la fourrière animale au profit d’une société (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Le tribunal administratif examine lundi 22 juin l’attribution de la fourrière animale de Strasbourg à la société privée SACPA. Si la justice donne raison aux élus de l’Eurométropole, la SPA de Strasbourg ne serait plus très pressée de déménager à Cronenbourg.
Le bac de philo demandait à ses candidats « le bien être animal est-il un devoir moral ? » Avoir une fourrière est en tout cas une obligation pour les communes. À Strasbourg, cette activité est gérée au niveau de l’Eurométropole, son rôle est de récupérer les animaux errants. En 2014, 600 chats et 450 chiens ont été retirés des rues. Si au bout de 8 jours, personne n’a réclamé l’animal, il va au refuge, qui est en quelque sorte l’orphelinat des animaux.
Depuis 30 ans, l’association de la SPA de Strasbourg, indépendante de la structure nationale, assure cette délégation de service public, tout comme le refuge. Alors que l’association doit déménager dans les nouveaux locaux à Cronenbourg cet été, l’ex-CUS s’est rendu compte qu’elle devait procéder à un appel d’offre. À la grande surprise des membres de la SPA, c’est la société privée SACPA (pour Service pour l’assistance et le contrôle du peuplement animal) qui a remporté le marché.
« Nous aurions préféré que ce soit la SPA »
La décision a été adoptée lors de la très discrète commission permanente de l’Eurométropole. Cette nouvelle assemblée réuni une quarantaine d’élus. Les séances ne sont ni publiques, ni filmées, ni accessibles aux journalistes. Le sujet n’a pas été débattu. Malgré les 28 points à l’ordre du jour, la séance du 22 mai a été expédiée en 27 minutes, appel compris. À la sortie, le président Robert Herrmann (PS) s’était réjoui que la décision avait été adoptée à l’unanimité et des économies futures. La SPA a, elle, reçu un simple email pour la notifier de la décision. Pas même un coup de fil.
Françoise Bey (PS), vice-président de l’Eurométropole en charge de la fourrière animale, justifie la manière de procéder :
« Nous avons dû prendre la décision lors de la commission permanente, car il n’y avait pas de conseil métropolitain en mai et la décision était attendue pour juin. Et l’email leur permettait d’avoir l’information au plus vite, s’ils voulaient faire appel, car sinon il faut un courrier. Dès la construction des locaux, nous avions prévenu la SPA qu’il y aurait un appel d’offres, alors qu’avant nous fonctionnions par convention. Nous aurions préféré que ce soit la SPA car c’est plus simple d’avoir un seul interlocuteur, mais c’est la loi. Le cahier des charges était clair et la SACPA a convaincu. Si nous avions fait du favoritisme, la SACPA aurait pu se retourner contre nous. »
Le président de la SPA de Strasbourg Alfred Gebhardt ne digère pas la décision, ni la manière de procéder :
« Je suis profondément dégouté. Toute l’année, on nous a dit que ce qu’on fait est bien et lors du choix, on ne prend même pas la peine de nous appeler ou de justifier la décision. »
Dans la délibération adoptée que s’est procurée Rue89 Strasbourg (voir plus bas), la SACPA a reçu les notes de 35/35 pour les prix, 41/45 pour les moyens mis en œuvre et 19/ 20 pour l’efficacité contre 31,37/35, 31/45 et 19/20 pour l’association strasbourgeoise. La délibération du compte rendu sur le site strasbourg.eu est bien plus succinte. Quatre lignes.
La délibération adoptée par la commission permanente
3,2 millions d’euros sur 5 ans
Pour l’association, les services administratifs ont réalisé plusieurs manquements dans leur procédure. La SPA de Strasbourg a donc intenté un recours devant le tribunal administratif de Strasbourg. Catherine Bronner, salariée de la SPA, met en doute le bien fondé de la décision de l’Eurométropole :
« Comment une entreprise privée, qui doit réaliser des bénéfices privilégiera le bien-être animal à l’appât du gain ? À ce stade nous avons des doutes et des interrogations. On entend plusieurs choses. Notre offre était légèrement plus chère, mais nous ne pensions que le choix se faisait sur le critère du bien-être des animaux. Nous avons toujours été sous-dotés. En dehors de la CUS, nous intervenons pour les autres communes et aucune ne s’est plainte. »
Plus cher pour récupérer son chat
Il est vrai que la municipalité communique à tout va sur la place de l’animal en ville. Si la situation des animaux devait se dégrader, voilà qui mettrait à mal tous ces efforts. Le marché avec la SACPA est de 2,370 millions d’euros pour 5 ans, soit 474 000 euros par an. Quant aux tarifs, il faudra débourser 150€ pour récupérer son animal après 2 jours, alors que les tarifs de la SPA allaient de 40€ (1 jour) à 120€ (8 jours). L’association concède néanmoins qu’elle aurait « légèrement augmenté » ces tarifs, mais pas dans ces proportions.
Les nouveaux prix, fixés avec la collectivité, font craindre davantage d’abandons de la part des propriétaires les plus modestes. Sur le montant de l’offre de la SPA, plus personne ne veut communiquer à cause de la procédure en cours. Lors d’une délibération de juin 2014, la CUS attribuait seulement 45 519 euros pour un an de plus à la fourrière animale. Mais comme les budgets avec le refuge n’étaient pas distincts, on ne sait pas exactement à quoi correspondait cette somme, qui ne couvrait pas la totalité des dépenses. Le sentiment est que si la SPA avait été aidée à sa juste valeur avant, elle aurait pu conserver la fourrière.
« Un mariage de raison plus que de passion »
La SACPA est une société du Sud-Ouest de la France. Elle affiche un bénéfice d’environ 1 million d’euros par an ces dernières années. Elle a déjà travaillé à Strasbourg pour limiter l’impact des pigeons, mais ce sera sa première fourrière animale en Alsace. Nathalie Joly, animalière de la SPA Lorraine au refuge de Velaine depuis 15 ans n’a rien à redire sur cette cohabitation :
“La SACPA est là depuis 1996 et nous travaillons bien ensemble. Ils ont quelqu’un d’astreinte 24h/24, ce que ne pouvait avoir la SPA. La SACPA fait des stérilisations de chats et les relâche dans des endroits où ils peuvent survivre. Je n’ai pas constaté d’euthanasie. Nous sommes à côté avec le refuge et je peux voir ce que fait l’entreprise. »
Jean-François Fontenau, directeur de la SACPA sait que l’accueil est hostile, mais prend la situation avec philosophie :
“C’est toujours un peu comme ça quand on arrive. C’est d’abord un mariage de raison, puis de passion. On fait nos preuves sur le terrain. Historiquement la défense animale était quelque chose de militant et réservé aux associations, mais aujourd’hui c’est très réglementé. Une entreprise peut assurer cette prestation avec professionnalisme. À Strasbourg, il y aura de beaux locaux. Lors de l’appel d’offre, nous avons eu très peu de contacts, c’était une procédure assez classique. »
Au-delà de 700€, la question se pose
Sur la rentabilité au détriment du bien-être des animaux, Jean-François Fontenau demande à être jugé sur ses actions, mais n’exclut pas d’abréger la vie de quelques animaux :
« Il n’y aura pas de laissé pour compte. Les animaux non-récupérés ont vocation à aller au refuge. Mais quand un chat demande des soins pour 700 à 800€ et qu’il n’a aucune chance de retrouver un propriétaire la question se pose. Il faut trouver des équilibres. »
Les dissidents sont aujourd’hui aux côtés de la SPA, mais lors de la manifestation du samedi 13 juin, seule une cinquantaine de personnes étaient présentes et la SPA n’avait pas été conviée. De l’extérieur, l’association peut donner l’impression d’être minée par des conflits internes. Françoise Bey rétorque que cela n’est pas entré en ligne de compte et qu’il faut désormais renouer le dialogue.
Déménagement en suspens
Dans les nouveaux locaux à Cronenbourg, à côté d’Ikea, le réfectoire, le vestiaire, la salle de toilettage, la salle de soin et de chirurgie, ainsi que les archives doivent être partagés entre la SACPA et la SPA. Si le projet se concrétise, les débuts risquent d’être amers et l’ambiance tendue.
L’audience en référé du lundi, c’est-à-dire en urgence, suspend la signature du contrat. Le juge s’accordera peut-être un délai de réflexion de quelques jours après l’audience. Si la SPA n’obtient pas gain de cause, elle pourrait attaquer le bien fondé de la décision « sur le fond ».
Des locaux adaptés étaient en demande depuis 15 ans. Après d’innombrables retards, le déménagement rue de l’abattoir, renommé rue de l’Entenloch pour les circonstances, est programmé pour cet été. Mais pour Catherine Bronner, cela n’est plus urgent :
« Nous sommes propriétaires des murs et locataires du sol. Le bail court sur 15 ans. Si l’Eurométropole veut nous déloger, il faudra engager une procédure. »
Evoz est un projet de carrosserie pour les trike, les vélos à trois roues. (Photo de la page Ulule)
Le crowdfunding, le financement participatif en ligne, c’est bon pour le moral, c’est une dose d’optimisme partagée. Alors faites vous du bien avec cette sélection des projets en cours les plus originaux en Alsace.
Quel est le point commun entre les Strasbourg Fashion days, la cathédrale et le groupe de musique alsacien The Clockmakers ? Ils ont tous été en partie financés par le crowdfunding, le financement participatif, qui fait appel aux dons des internautes.
Les plateformes dédiées se sont multipliées sur internet (Kickstarter, Ulule, MyMajorCompany, Indiegogo, Alsace Innovation Crowdfunding…). Et si on a y vu passer le meilleur (ce film qui trouve des solutions pour réinventer l’avenir grâce à plus de 400 000 euros de don) comme le pire (cet homme qui a récolté 35 000 dollars pour faire une salade de pomme de terre), le crowdfunding est une aubaine pour les projets locaux, qui ont souvent plus de mal à attirer les investisseurs ou à décrocher des subventions.
Après 3 années d’activité, notre média Rue89 Strasbourg fait lui aussi appel à ses lecteurs pour continuer. Il a été prouvé que participer aux projets qui nous enthousiasment était bon pour le moral. Alors comme à Rue89 Strasbourg, on pense à votre petite santé, voici d’autres projets qui nous ont plu.
Captain Alsace, le super-héros alsacien
Un petit don de 5€ et les supers héros risquent de débarquer en Alsace : Captain Alsace et Batmanele voudraient voir leurs aventures incarnées dans une série. Le scénario, imaginé par des passionnés de cinéma strasbourgeois, oscille entre humour et réalisme : les deux super héros locaux combattent le crime à Willgotham City, mégalopole regroupant Strasbourg, Colmar et Mulhouse…. Ils protégent les Alsaciens et forment ensemble les Storik Troopers (Storik : cigogne en Alsacien).
• Voir ce projet sur Ulule
Devenir funambule à Strasbourg
Les Strasbourgeois les ont peut-être déjà vu accrocher leur sangle élastique entre deux arbres du parc de la Citadelle : ce sont les fans de Slackline. Ce nouveau sport consiste à progresser sur une sangle souple, accrochée en milieu urbain, entre deux lampadaires par exemple, ou dans la nature.
À Strasbourg, on pourra peut-être bientôt en faire en salle, grâce aux dons pour acheter du matériel, organiser des événements et compétitions locales. Même les débutants auront droit à une initiation sur le fil, dès 10 € de don.
• Voir ce projet sur Ulule
Les sportifs installent souvent leur slackline dans Strasbourg . (Photo du collectif)
Vivez la naissance d’un album de rock
Le groupe OUT5IDE, né à Strasbourg en 1996, a déjà sorti trois albums. Pour le quatrième, il propose directement à son public en ligne de devenir son co-producteur. Les donateurs pourront participer à la création de la pochette, la choisir, participer à la finalisation du son… Et recevoir carrément le groupe dans leur garage pour un concert de 2h30.
Plus qu’à jeter une oreille à leurs derniers titres avant de se lancer :
Le projet Evoz n’a pour le moment pas beaucoup décollé, pourtant ses initiateurs ont déjà tous les plans, les photos et un grand rêve : concevoir une carrosserie amovible pour les “trikes”, les tricycles qui se conduisent semi-couchés. Avec ce système ingénieux et un peu fou, vous pouvez faire du vélo par tous les temps.
Evoz est un projet de carrosserie pour les trike, les vélos à trois roues. (Photo de la page Ulule)
Un couple “un peu geek”, comme ils se présentent, tout juste reconvertis dans la restauration, veulent ouvrir un “Yummy Line Café” à Strasbourg. Le concept : un coffee shop où on pourra déguster des crêpes “harajuku”, des pâtisseries japonaises, des boissons “kawaii” dans un décor 100% nippon.
Le couple veut ouvrir un coffe shop de pâtisseries japonaises (Photo de la page Ulule)
“Chouchou”, jeune entrepreneure passionnée, a déjà ouvert sa maison de thé à Strasbourg (au 38, route du Polygone) : Thématis. Sa boutique n’expose pas seulement les boîtes de thé, elle permet aussi aux visiteurs de déguster le breuvage de leur choix, qu’il soit noir, vert ou blanc, dans un petit salon confortable où des artistes peuvent exposer leur toile. Avec l’arrivée des beaux jours, “Chouchou” sollicite l’aide des amateurs de thé pour installer une terrasse colorée devant sa boutique.
Euro par euro, les collectes via Kisskissbankbank et Ulule ont déjà permis de financer de nombreux projets, 127 réussis sur 283 lancés en Alsace, rien que sur la plateforme Kisskissbankbank. Douze jeunes artistes-scénographes vont pouvoir lancer la première édition “Scenopolis”. Le Stück, la monnaie locale strasbourgeoise ne partira pas de rien : elle a réussi à lever plus de 10 000 euros. Les détenus de la maison d’arrêt de Strasbourg pourront bientôt s’occuper d’animaux abandonnés, pour les aider dans leur réinsertion. Et les accros au bon café pourront bientôt s’installer aux tables d’un nouveau coffe shop associatif.
Et il reste jusqu’à vendredi pour participer à la campagne de Rue89 Strasbourg. Notre objectif est d’apporter de nouveaux services mais aussi de stabiliser notre modèle économique. On explique la démarche ici, et on détaille notre projet sur la plate-forme Ulule. On compte sur vous !
Ex-journaliste à Ouest-France, je termine deux années de formation au journalisme web à Metz. Je suis à la rédaction de Rue89 Strasbourg pour le mois de juin.
Goran Bregovic, parrain de la fête de la musique 2015 à Strasbourg (Doc. remis)
Dimanche 21 juin, la musique s’installe dans la rue. Pour votre promenade dominicale entre stands de merguez et fossoyeurs de notes, voici nos suggestions de parcours. Avec, en parrain du millésime 2015 strasbourgeois, Goran Bregovic qui proposera de déguster son « Champagne for Gypsies ».
Entre le tout début d’après-midi, vers 14h-15h, et minuit, la fête de la musique 2015 battra son plein dimanche à Strasbourg (voir notre plan interactif ici). La Ville propose quatre scènes « officielles » (une scène Culture urbaine, une scène Tête d’affiche, deux scènes Découvertes) avec, à la clé, une cinquantaine de groupes et artistes à l’affiche (le programme complet est à télécharger sur le site de la Ville de Strasbourg) ; plusieurs scènes associatives fleuriront en divers lieux de la capitale européenne, sans oublier, évidemment, les musiciens qui choisiront de descendre sur le pavé, avec leur matériel, pour contribuer à cet hommage païen au son sous toutes ses formes.
Officiellement, il sera possible de jouer et pousser la chansonnette entre 15h et minuit. Rue89 Strasbourg vous suggère une balade urbaine au gré des ballades pour célébrer comme il se doit l’arrivée de l’été en ce jour le plus long de l’année. Pour bien digérer le brunch ou le déjeuner, et aussi prendre un bon bain de soleil dans une ambiance détendue, choisissez de démarrer votre parcours place de Zurich, à la Krutenau. Dès 14h, l’Elastic Bar accueillera un Sound System reggae dans l’attente, notamment, de Joseph Cotton et de Soul Stereo. De quoi mettre le feu bien rapidement et entretenir, ensuite, le foyer :
Le parcours sera ensuite multicarte.
Première option : direction la place d’Austerlitz où la programmation sera entièrement assurée par l’association In Time Jazz avec, notamment, Whateverest en milieu d’après-midi et Funkindustry en tête d’affiche une fois la nuit tombée :
Deuxième option : le parvis de la médiathèque Malraux avec sa scène consacrée aux cultures urbaines, entre rap, hip hop, dancehall, ragga, slam et électro. Et dès 15h, l’ambiance sera au rendez-vous avec le collectif des 13 Looters (avant, notamment, la soul de Miss Yella, le dancehall de Black Twice et quelques DJ sets qui clôtureront la soirée) :
Troisième option : la place Sainte-Madeleine qui accueillera une nouvelle édition de la Bass Music Block Party après le succès du premier cru l’an dernier. Grâce à l’association On the Road, plusieurs DJ’s enchaîneront les mixes pour distiller du bon et gros son à base de soul, funk, hip hop pour mettre le feu. Avec Yeah Girl, Ficus, Radio Sanchez, Zee Reach, Banana Split, DJ Mute, El Gordo et Lowlo & K2000. Ambiance garantie !
Quatrième option : la scène Découvertes et Jeunes Talents de la place de l’Etal, juste en face de l’Ancienne Douane. Début du bal à 15h avec Klezm’Hear pour une aventure musicale d’environ trois quarts d’heure sur les routes vers Jérusalem via la MittelEuropa, porté par le Vent d’Est :
La place de l’Etal nécessitera un nouveau passage, plus tardivement, afin de ne pas manquer Soul’s Sparks, Eve-R ainsi que Neon Lines.
Vers 16h, il conviendra de monter vers la place Kléber où Swillbelly ouvrira la scène Tête d’Affiche auréolé de sa victoire lors du tremplin 2014 de la fête de la musique. Son tout premier EP est à découvrir ici. À cette heure, l’affluence ne devrait pas être étouffante mais ça changera vite grâce à une programmation éclectique et de haute volée, ensuite, sur cette même place Kléber puisque le souffle balkanique de l’ouragan de Goran Bregovic viendra décoiffer le public à partir de 21h, après les concerts de Lionel Grob (19h30), Flore M (18h15) et The International Unplugged Rock’n’Roll Society (17h), alias IURRS, qui, comme en décembre à la Laiterie, fera son cinéma durant une heure de reprises et adaptations de haute volée :
Presque au même moment, à 17h30, dans le quartier des Ponts Couverts, sur le parvis du Conseil général, ambiance jazzy avec le groupe Retro Swing en formation quintette avec les membres du groupe Mous’Taches (deux guitares, un saxophone, une contrebasse) et Sophie Dungler au chant.
Enfin, pour entamer la soirée, il faudra venir picorer quelques beats savoureux du côté de la deuxième scène Jeunes Talents de la Ville, place Gutenberg. A commencer par le groupe Kings Love Jacks (19h35) et son électro addictive diablement efficace en live :
La place Gutenberg verra aussi défiler, un peu plus tard, les deux valeurs sûres strasbourgeoises que sont Call Me Cherry (21h30) dont le second EP, Wild & Messy, est sorti au début du mois de juin, et Tristan and the Strange Words (22h20), tout en folk-rock à l’ADN mystique et haut perché. Illustration avec cet extrait de l’audition-concert des Inrocks Lab à la Laiterie le 18 mars 2015 :
Cette belle affiche ne devra toutefois pas faire oublier un rendez-vous tout proche qui promet d’être, lui aussi, bien savoureux : à 20h, rue d’Austerlitz, le Collectif KIM débranché diffusera sa poésie grâce aux groupes Secretive, Joy & Glory et Petseleh.
L’ultime suggestion de la soirée serait de se rendre à la Choucrouterie. Au menu, à partir de 22h : du jazz, avec un trio de haut rang, simple, talentueux et tout-terrain : Erwin Siffer, Edouard Séro-Guillaume et Stéphane Scharlé en version Stedwin.
La façade des bains municipaux, classée au patrimoine historique. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Diaporama – Visite des Bains municipaux de Strasbourg, à la piscine de la Victoire. La reconversion d’une partie du site cristallise les passions.
Jamais rénovés ou presque, les Bains municipaux sont devenus l’un des gros dossiers du mandat. Le bâtiment construit en 1908 est classé à l’inventaire du patrimoine historique. La piscine de la Victoire, sur le boulevard du même nom, appartient à la Ville de Strasbourg. Elle héberge deux bassins, mais aussi des douches publiques et des bains romains, c’est à dire des saunas, hammams et bains d’eau chaude.
Au fur et à mesure, plusieurs activités ont été fermées, sans qu’elles soient remplacées. En particulier, les bains de boues, les bains pour chiens, ou de nombreuses douches qui ont été condamnées, depuis que les salles de bains dans les appartements sont la norme. Aujourd’hui, près de la moitié de la surface, soit 5 000m², est inutilisée. Et la rénovation urge. La piscine ne compte même pas de pédiluve pour les pieds. Une partie du matériel est d’origine.
La piscine et quelques douches continuent, le reste…
Sauf que voilà, tous ces travaux vont avoir un coût et l’argent manque, surtout depuis que l’État a réduit ses financements. Les services de la Ville ont estimés de 30 à 40 millions d’euros le coût de la rénovation totale. Malgré des demandes répétées, ces travaux n’ont pas été publiés, car selon le Ville, certaines entreprises ne doivent pas être nommées à ce stade. L’adjoint en charge du dossier, Olivier Bitz assure qu’il travaille à ce que ces témoignages soient anonymisés pour publier cette étude.
Le conseil municipal du lundi 22 juin doit confier à la Société publique locale (SPL) des Deux-Rives, qui s’occupe normalement de l’aménagement du quartier éponyme, le traitement du dossier. La société qui appartient à la Ville et l’Eurométropole devra rédiger une nouvelle étude pour estimer plus précisément les coûts et identifier des entreprises qui pourraient occuper les lieux actuellement vides.
Olivier Bitz explique la démarche :
« Le recours à la SPL n’est pas pour cacher quoi que ce soit, mais parce qu’elle pourra mieux identifier les sociétés qui pourront intervenir dans ce lieu. C’est son domaine d’expertise. La SPL appartient à 100% à la collectivité et le maire Roland Ries est en le président. Nous voulons un vrai débat public et non qu’il soit monopolisé par une minorité. Il se déroulera à l’automne et ce qui en ressort sera intégré à l’étude, prévue pour décembre. La gestion d’une partie des lieux pourra être confiée à des société privées ou issues de l’économie sociale et solidaire. Il n’est pas question de privatiser le lieu, il nous appartiendra toujours. À ce stade, il est prématuré de dire ce qui se passera dans les emplacements inoccupés. »
Utiliser la cour arrière, supprimer la chaufferie
En échange de pouvoir vendre des prestations dans les Bains municipaux, les sociétés devront participer à sa rénovation. Un effort hors de portée de petites structures de l’économie sociale et solidaire, mais accessible aux plus solides, comme la Mutualité française. Si les arbitrages se feront lors de l’étude, la volonté des élus est connue. L’étude sera assortie d’une charte qui délimite l’avenir du site.
La piscine doit continuer à exister et son accès devra être proposé au même tarif que ceux des autres établissements de Strasbourg. Quelques douches aussi, pour ceux qui ne peuvent se laver chez eux ou qui sont sans domicile. Pour le reste, la charte indique que le lieu accueillera « des activités notamment liées à la balnéothérapie, à la détente, au domaine paramédical et à la restauration ». Les élus souhaitent que la collectivité n’assure plus directement la charge des bains romains, peu économe en énergie. Ils estiment que cela ne relève pas des missions du service public. La responsable du site Chantal Séguin fait valoir qu’une société pourrait ajouter des services de massages comme autrefois, ce que les fonctionnaires ne sont pas autorisés à faire.
Le collectif « La Victoire pour tous » mobilisé
Pour les locaux inutilisés, il faudra trouver un prestataire qui souhaite investir ces espaces. À l’étage, les praticiens privés qui proposent des activités sportives de rééducation sans lien avec l’eau pourraient déménager. La cour à l’arrière de bâtiment, qui peut accueillir jusqu’à 48 voitures et actuellement utilisée par des agents, devrait être convertie en piscine extérieure ou une autre activité de loisir stipulée par la charte. Enfin, la piscine pourrait être raccordée au réseau de chaleur de l’Esplanade pour se débarrasser de la chaufferie à vapeur, qui occupe une salle de la taille d’un terrain de tennis, à côté de la cour-parking.
En attendant de nouvelles bisbilles autour du dossier, Rue89 Strasbourg vous propose de voir de quoi on parle
Le grand bain, ancienne piscine pour hommes
Une des nombreuses douches publiques inutilisée
Le grand bain, vu de haut.
Un élégant crachoir, classé.
La piscine sert notamment au programme sport sur ordonnance
Les cabines en bois pour se changer et accéder directement à la piscine.
Un vestiaire avant les bains chauds.
Les vestiaires des bains chauds, où l’on se baigne nu.
Un bain romain à 37°, qu’il faut vider tous les soirs.
Les douches fraîches à 21°, après le bain chaud. Pas très économe en eau.
L’espace de bains chauds/froids, d’origine.
Un bain romain à 41°
Un bain à 41°
Le sauna, de l’air très chaud et très sec
Une pièce à 75° (pfiou !)
Le petit bain, ancienne piscine pour femmes
L’ancienne buanderie sert de salle pour le personnel
Le linge prêté au sauna, hammam par mesure d’hygiène et pour les SDF aux douches
Un bureau dans l’ancienne buanderie
Une baignoire publique encore en activité. Le dessous est d’origine, le dessus rénové.
Historiquement, les bains proposaient des massages à la sortie de la baignade, mais les fonctionnaires ne sont en fait pas autorisés à de telles manipulations
Un bain à haute température. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le hammam, de l’air chaud et humide.
D’autres locaux inutilisés
D’anciens locaux servent de réserve de matériel
Une autre baignoire désaffectée qui sert à entreposer du matériel
La tuyauterie est d’origine
La salle des machines fonctionne encore.
L’extérieur de la chaufferie est classée au patrimoine supplémentaire des monuments historiques
Heureusement, la tuyauterie n’est pas classée
Une cour derrière la piscine où des agents de la Ville de Strasbourg peuvent se garer
La tuyauterie
Les anciens bains de boue
Des activités de rééducation sportive louée dans les étages et sans contact avec l’eau
Une salle loué à des kinés.
Une autre salle de douche fermée.
La façade des bains municipaux, classée au patrimoine historique