Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

On a visité l’université qui veut « quitter Strasbourg pour s’installer dans l’espace »

On a visité l’université qui veut « quitter Strasbourg pour s’installer dans l’espace »
L'International Space University (ISU), située sur le campus d'Illkirch, accueille depuis 2000 des étudiants de tous horizons, tous passionnés de spatial. (Photo : Rue89Strasbourg)
L’International Space University (ISU), située sur le campus d’Illkirch, accueille depuis 2000 des étudiants de tous horizons, tous passionnés de spatial. (Photo : Rue89 Strasbourg)

Aucune navette spatiale n’a jamais décollé de Strasbourg et pourtant, la ville accueille l’Université Spatiale Internationale (ISU). Entre ses murs, les étudiants organisent des lancements de mini fusées, imaginent des moteurs de satellite et… ne deviennent pas astronautes, mais continuent d’espérer.

(suite…)

Comment la SIG gagne grâce à un joueur dont elle voulait se débarrasser

Comment la SIG gagne grâce à un joueur dont elle voulait se débarrasser
Tadja Dragicevic a réalisé ses deux meilleurs matches sous les couleurs de la SIG (photo Banque image SIG)
Tadja Dragicevic a réalisé ses deux meilleurs matches sous les couleurs de la SIG (photo Banque image SIG)

Indésirable en décembre, le serbe Tadja Dragicevic a été le grand artisan de la qualification en finale du championnat de France de basket de la SIG. Merci le contrat et la protection qu’il offrait.

BlogÀ l’heure où la société semble plus que jamais séparée entre les CDI et les non-CDI, avec tous les avantages d’un statut par rapport à l’autre, c’est bien la protection qu’offre un contrat au travailleur qui a fait les affaires de la SIG. Le club de Strasbourg Illkirch-Graffenstaden (SIG) vient d’atteindre sa troisième finale du championnat de France d’affilée.

Dans le sport professionnel, les CDI n’existent pas. Les contrats de trois ans relèvent de l’exception en France. Bien sûr, il serait indécent de comparer la précarité des Français, au quotidien du basketteur professionnel. Le plus petit salaire de la SIG cette saison est de 5 000 euros par mois d’après Basket Hebdo.

Recruté à l’été au prix fort, l’ailier-fort serbe Tadja Dragicevic (deuxième salaire de l’équipe) devait être un joueur majeur de la SIG. Malgré les victoires du club, ses performances ont été décevantes. Tellement, que la SIG s’était offerte les services de Mickaël Gelabale, un joueur majeur de l’équipe de France et qui a joué au même poste, lors du mois de décembre. Certes, le Guadeloupéen n’a pas éclaboussé le Rhénus de son talent non plus, de l’aveu même du président Bellon, mais l’idée était quand même de le garder (on en parlait un peu ici), et qu’avec le temps il serait mieux intégré à l’équipe.

Dommage se disait-on

Fin décembre, Tadja était indésirable. Il n’avait même pas joué le dernier match du mois. Mais voilà, quand la SIG lui a demandé de faire ses valises, le Serbe n’a pas voulu, même en l’indemnisant d’une partie du salaire promis. Logique, vu ses performances, sa cote avait baissé. Lui et son agent ont estimé qu’il fallait payer l’ensemble de la somme prévue lors de la signature de contrat. Dans ces conditions, impossible de prolonger Mickaël Gelabale. Surtout qu’au même moment, le Conseil départemental faisait faux bond sur son financement. Dommage se disait-on.

Depuis, Mike Gelabale est passé chez le principal rival, Limoges, champion en titre de ProA. Mais la greffe n’a pas été une franche réussite. Des performances individuelles médiocres, équivalentes à celles du Serbe de la SIG. Le club du Limousin a été éliminé des trois coupes auxquelles il était en lice. Au classement, il a chuté de la première à la troisième place, au détriment de Strasbourg.

La SIG, elle, a remporté la Leaders Cup en février, puis la Coupe de France, avec un shoot important de… Tadja Dragicevic pour clore le troisième quart-temps, lorsque le petit club du Portel revenait dans la partie. Même si Tadja n’a pas été le principal artisan des deux trophées et de la première place au classement du championnat.

En finale face à celui qui devait prendre sa place

Mais lors des demi-finales face au Mans, c’est encore lui qui est sorti de sa boîte, pour peut-être ses deux meilleurs matches sous ses couleurs rouges et blanches. Par deux fois, il marque 21 points. Lors de la deuxième joute, l’équipe balbutiait son basket avant son entrée en jeu. Si Tadja se retrouvait sur le parquet, c’est bien grâce à son contrat signé en début d’année, qu’il n’a pas voulu rompre en décembre, malgré l’insistance des dirigeants.

En finale, il retrouvera Limoges, qui avait séché Strasbourg trois victoires à zéro en 2014, et donc Mickaël Gelabale. L’occasion de savoir si ce contrat, qui a fait les affaires de Tadja à l’hiver, aura définitivement permis à la SIG à gagner le championnat de France au printemps.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : la SIG veut un sponsor pour sa future salle

Sur Rue89 Strasbourg : le blog Streetball89

Quel modèle économique pour Rue89 Strasbourg ?

Quel modèle économique pour Rue89 Strasbourg ?

Peu de gens le savent, mais il y a une aventure économique unique derrière Rue89 Strasbourg.

Car Rue89 Strasbourg n’est pas une filiale de Rue89.com, ni du groupe Le Monde, propriétaire de la marque. Nous sommes une entreprise locale, fondée en février 2012 par trois strasbourgeois et comme toutes les petites boites, nous devons trouver un modèle économique.

Lorsque les trois fondateurs ont investi quelques économies dans ce site, on pensait qu’en deux ans, les revenus générés par les publicités nous permettraient d’équilibrer les comptes.

L’ennui, c’est que ça prend un peu plus de temps que prévu. Pourquoi ?

    parce que la pub locale sur Internet, ça n’existait pas quand nous avons débuté, parce que les décideurs ne s’informent pas toujours sur Internet, et ne voient pas forcément l’intérêt d’y être, parce qu’on est des journalistes et pas des bons gérants de boites (mais on se soigne), parce qu’il y a ceux que notre ligne éditoriale et notre indépendance énerve, parce qu’Internet, c’est compliqué, ça change tout le temps.

Tout ça combiné fait qu’on arrive à cumuler un chiffre d’affaires d’environ 120 000€ par an quand il nous en faudrait 150 000€. Attention hein, avec ça, on n’est pas les rois du pétrole mais on pourrait payer trois journalistes à temps plein, des pigistes et notre chargé de développement. Plus le loyer, c’est important le loyer.

Ce chiffre d’affaire est obtenu ainsi :

    80% par la publicité directe, des contrats entre des annonceurs locaux et nous, 10% par des formations aux techniques de communication numériques, 5% par de la publicité indirecte, type Google Adsense qui occupe nos espaces invendus, 5% par les dons (via J’aime l’info ou Paypal)

Nos dépenses se décomposent ainsi :

    80% en masse salariale (salaires nets des journalistes, charges sociales, du chargé de développement et des pigistes), 15% loyer 5% autres trucs comme l’hébergement du site, développements, etc.

Actuellement, les recettes ne suffisent pas à équilibrer les comptes. Alors on compte chaque euro, on ne paie pas beaucoup nos collaborateurs et on profite de la bienveillance de nombreux amis et partenaires. On ne peut plus continuer ainsi, même si le chiffre d’affaires progresse lentement, à attendre que les décideurs se décident et que la pub opère son transfert vers le numérique.

C’est pourquoi nous faisons appel à vous, chers lecteurs ! Car en rendant possible un nouveau site, vous nous donnez le temps de diversifier les revenus, d’expérimenter et d’ajouter :

    le micropaiement après la lecture l’abonnement volontaire l’abonnement à la place des publicités l’achat de contenus spéciaux…
    et quelques autres pistes de recettes qu’on a hâte de pouvoir explorer.

On pense fermement qu’il n’y a pas de solution entièrement payante qui fonctionne aujourd’hui, pour un site d’informations locales. Mais il y a peut-être de modèles à trouver autour de la publicté, du partage, des données et des abonnements lorsqu’ils sont possibles.

Il faut tenter des mix. Et c’est ce laboratoire d’un modèle économique de l’information locale que vous rendez possible en contribuant aujourd’hui !

Il reste 22 jours et nous avons déjà collecté près de 7000€, soir 20% de la collecte ! C’est bien, mais pas encore assez ! Partagez la campagne, envoyez des emails à vos amis, envoyez des feux d’artifice dans le ciel ! On compte sur vous.

Notre sélection pour sortir vivant du festival Contre-Temps

Notre sélection pour sortir vivant du festival Contre-Temps
Kenny Larkin
Kenny Larkin, tête d’affiche du festival Contre-Temps 2015 (Doc. remis)

Dix jours d’immersion musicale et artistique au rythme d’un groove protéiforme et multicarte. Voilà le programme du festival Contre-Temps dont l’édition 2015 dure jusqu’au 14 juin. Rue89 Strasbourg vous propose une sélection aux petits oignons, mettez le son à fond.

(suite…)

Pas de tram cet été sur 10 stations au sud de Strasbourg

Pas de tram cet été sur 10 stations au sud de Strasbourg
De grands travaux nécessiteront une coupure d'une partie du réseau de tram cet été. (Photo : Rue 89 Strasbourg)
De grands travaux nécessiteront une coupure d’une partie du réseau de tram cet été. (Photo : Rue 89 Strasbourg)

De grands travaux s’annoncent sur le réseau de tram. Du 6 juillet au 30 août, dix stations dans le secteur sud de Strasbourg, desservies habituellement par les lignes A et E, seront fermées. Des bus seront proposés comme solution de remplacement.

La Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) profite de la pause estivale pour rénover et moderniser ses lignes A, D et E.

Pendant une grande partie des travaux, du 6 juillet au 30 août, aucun tram ne circulera entre Schluthfeld et Illkirch-Lixenbuhl, le terminus. Ces 10 stations au sud de la ville sont habituellement desservies par les lignes A et E.

10 stations des lignes A et E vont être fermées à la circulation pendant une partie de l'été. (Carte de la CTS)
10 stations des lignes A et E vont être fermées à la circulation pendant une partie de l’été. (Carte de la CTS)

Des bus toutes les six minutes

Des bus de remplacement seront mis en place pendant cette période. Ils relieront Étoile Bourse à Illkirch Lixenbuhl. Ils passeront toutes les 6 minutes du lundi au samedi et toutes les 15 minutes le dimanche.

Les distributeurs automatiques de billet de tram étant démontés le temps des travaux, les voyageurs devront acheter leurs tickets sur le site de la CTS, dans les bus ou à la boutique.

Des bus de remplacements seront proposés aux voyageurs pendant la durée des travaux. (Carte de la CTS)
Des bus de remplacements seront proposés aux voyageurs pendant la durée des travaux. (Carte de la CTS)

Accès aux personnes handicapées et extension du réseau

Le réseau de tram devrait sortir rajeuni de ces travaux. Pour 3,5 millions d’euros, les dix stations vont être réaménagées pour être totalement accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Jusqu’ici les plates-formes surélevées ne permettaient l’accès que par la première porte avant du tramway. La CTS en profite aussi pour rénover l’ensemble des valideurs de tickets, distributeurs automatiques et abris.

Au premier semestre 2016, les voyageurs pourront aller jusqu’au centre-ville d’Illkirch-Graffenstaden en tram. Les lignes A et E seront étendues sur deux kilomètres vers le sud et desserviront trois nouvelles stations. Un chantier à 37 millions d’euros, financé par la CTS et l’Eurométropole de Strasbourg (3,7 millions d’euros), l’État (5,27 millions d’euros) et le conseil départemental du Bas-Rhin (1,5 million d’euros).

Week-ends d’août : travaux de rénovation en sortie du tunnel des Halles

Des travaux de rénovation des rails seront également menés entre les stations « Gare » et « Ancienne Synagogue Les Halles » durant l’été. Une coupure de l’exploitation sera ainsi opérée sur les lignes A et D du tram durant les week-ends du 8 et 9 août et du 22 et 23 août 2015. Des bus de remplacement assureront là aussi une liaison entre la station Rotonde et le centre-ville de Strasbourg.

#ligne A

Contre la loi sur le renseignement, les jeunes écolos fichent les passants samedi

Contre la loi sur le renseignement, les jeunes écolos fichent les passants samedi
Le projet de loi donne plus de moyens aux services français pour avoir accès aux données des français (photo Flickr / Japanexperterna.se /cc
Le projet de loi donne plus de moyens aux services de renseignement pour avoir accès aux données des Français (photo Flickr / Japanexperterna.se /cc)

Après le parti pirate en mai, c’est au tour des Jeunes Écologistes d’Alsace de se mobiliser contre la future loi sur le renseignement. Samedi 6 juin, à 16 h, ils se réunissent sur la place Gutenberg à Strasbourg.

Ce projet de loi, adopté le 5 mai par l’Assemblée nationale et examiné en procédure accélérée depuis le 2 juin au Sénat, compte renforcer la surveillance des moyens de communication électroniques. Pour ses opposants, qui ne comptent pas seulement les Jeunes écolos mais aussi de nombreux collectifs et associations de défense des droits, le projet de loi donne trop de latitude aux services de renseignement, ne comporte pas assez de garanties et va engendrer une surveillance de masse.

Dans leur communiqué, les Jeunes écologistes d’Alsace dénoncent notamment le « prétexte terroriste » de la loi, qui permettrait la surveillance d’autres domaines, comme, justement, les mouvements sociaux. Selon eux, la loi devrait privilégier une surveillance ciblée et un meilleur suivi des personnes déjà connues des services de renseignement.

Pour marquer les esprits, les militants inviteront ce samedi les passants à contrôler s’ils seront fichés ou non grâce à un organigramme. Les participants auront la possibilité de se faire prendre en photo avec un panonceau « Je suis fiché ».

Y aller

Manifestation contre la loi sur le renseignement, samedi 6 juin à partir de 16h sur la place Gutenberg à Strasbourg.

 

Aller plus loin

Sur Le Monde : Loi renseignement : on a vérifié le « vrai/faux » du gouvernement

Sur Rue89 Strasbourg : Lettre ouverte aux députés d’ALCA : « Ne votez pas la loi sur le renseignement »

#jeunes ecologistes alsace

Comment une application de potins a créé le malaise au lycée Saint-Etienne

Comment une application de potins a créé le malaise au lycée Saint-Etienne
L'application Gossip permet d'envoyer des rumeurs sans être identifié (Photo ML / Rue89 Strasbourg / cc)
L’application Gossip permet d’envoyer des rumeurs sans être identifié (Photo ML / Rue89 Strasbourg / cc)

En seulement quelques jours, Gossip, une nouvelle application mobile qui permet de poster des ragots de manière anonyme, a fait plusieurs victimes parmi les lycéens du collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg. Suspendue momentanément, les syndicats de lycéens demandent sa suppression totale. Encore en marge des problématiques de cyber-harcèlement, la rumeur à portée de smartphone est un phénomène nouveau et inquiétant.

Elle n’a rien demandé à personne et pourtant un de ses secrets a été dévoilé à tout son lycée. Via une nouvelle application mobile de partage de rumeurs, Gossip, Mélanie (prénom modifié), 18 ans, étudiante en terminale ES au collège épiscopal Saint-Étienne de Strasbourg a été la cible d’une dizaine de ragots désobligeants :

« Un problème que j’avais avec une fille du lycée concernant un garçon a été divulgué à travers Gossip. En quelques secondes, tout mon lycée pensait que cette fille avait eu des rapports sexuels avec un garçon que j’aimais bien. C’était un différent très personnel et qui ne nous concernait que toutes les deux. Très peu de personnes de mon entourage étaient au courant de cette histoire et je ne sais toujours pas qui a balancé ça sur l’application. C’est vraiment embarrassant ; quand j’ai vu que les rumeurs commençaient à me concerner, je me suis énervée, je n’étais pas bien. On m’a même traitée de nymphomane, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait ni pourquoi j’en étais la cible. J’ai toujours été très discrète sur ma vie personnelle, je n’ai jamais cherché à avoir ce genre de commentaires ».

La rumeur envoyée à tous les contacts du répertoire

Comme elle, une petite dizaine d’autres lycéens du collège Saint-Étienne a fait l’objet de commentaires déplacés, d’insultes et de moqueries. Et, à la différence de Facebook, Snapchat ou Twitter – où les auteurs de posts sont facilement identifiables grâce à leur compte personnel – les élèves ont vu qu’avec Gossip, tout échappait à leur contrôle. Si au départ, les lycéens ont téléchargé l’application pour rire et faire des blagues, ils ont vite compris que le phénomène prenait une tournure dangereuse :

« Cette application est malsaine, on ne peut rien gérer, c’est entièrement anonyme. Ailleurs sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, au moins, on sait d’où vient la rumeur. Là, il n’y avait aucune limite. N’importe qui peut dire n’importe quoi et c’est diffusé sur tous les contacts téléphoniques que l’on a dans notre répertoire. Si ma mère, par exemple, avait eu l’application Gossip, elle aurait pu voir les rumeurs sur moi. Du coup, ce qui a démarré de manière enfantine au début a très vite pris une ampleur énorme. Je ne sais toujours pas qui a envoyé ces rumeurs sur moi mais ça déstabilise parce que cette histoire, je ne l’ai pas racontée à beaucoup de monde. Quand j’ai vu ces messages, j’ai supprimé l’application. Le principe est totalement idiot. Ça crée des tensions entre nous alors que c’est notre dernière année, nos derniers moments ensemble même, alors au lieu de partager de bons souvenirs, il y a des gens qui ont préféré semer le trouble. »

Quatre attaques d’élèves dès le premier jour

En à peine deux ou trois jours, l’ambiance au sein de ce lycée privé s’est dégradée, rappelant étrangement les histoires de la série télévisée Gossip Girl de laquelle s’inspire largement l’application. Dans la série, les étudiants privilégiés d’écoles privées de Manhattan, sont tous accros au blog de « Gossip Girl » : une mystérieuse blogueuse qui dévoile tous les derniers potins et rumeurs sur leur communauté très fermée.

Et c’est justement en voulant télécharger un des épisodes de la série qu’un élève de Saint-Étienne a découvert l’application Gossip. Le bouche à oreille a fait le reste. Dès le premier jour, quatre élèves ont été attaqués sur leur apparence physique, leur manque d’argent et leurs relations intimes. Soupçonnant que l’auteur de ces attaques étaient Mélanie, le lendemain, elle était devenue la cinquième cible. Pierre Bourcier, élève en terminale ES, décrit l’atmosphère que son lycée a vécu pendant une semaine :

« On a commencé à sentir la trahison autour de nous, cela a créé une sorte de méfiance perverse, le climat dans l’établissement s’est détérioré en à peine quelques jours. Car le pire, c’est que les histoires qui étaient divulguées étaient souvent vraies, du coup, tout le monde s’est mis à chercher d’où ça venait. La moitié des gens se sont mis à télécharger l’application, tout le monde a été mis au courant très vite des potins qui visaient particulièrement les classes de terminale. C’est le côté anonyme qui est horrible, c’était gratuit, lâche, ça a été utilisé comme un défouloir. »

Déjà 60 000 téléchargements, déjà suspendue

Des incidents que les créateurs de Gossip n’ont certainement pas vu venir. Lancée par une « jeune Parisienne dotée d’une langue bien pendue », d’après le communiqué de presse de la créatrice Cindy Mouly, Gossip a très rapidement été victime de son succès. L’application, téléchargée déjà 60 000 fois, selon le Point, propose aux utilisateurs de « mettre en ligne des potins de façon totalement anonyme » sur leurs amis, les contacts inscrits sur leur répertoire téléphonique ou sur leur compte Facebook.

Une façon de fonctionner qui a fortement choqué les parents d’élèves d’autres établissements en France. Une page Facebook contre Gossip a été créée et a récolté près de 900 « like ». Dans la description de l’application, il est également précisé qu’elle est « à consommer avec modération ». Ironie du sort car elle fait l’objet aujourd’hui d’une mise hors-service par l’équipe faute de… modération : « Suite aux nombreuses réactions suscitées par Gossip, nous avons pris la décision de mettre l’application hors service quelques jours, le temps de mettre en place un système de modération plus élaboré », peut-on lire sur l’application lorsque l’on essaye de voir de nouvelles rumeurs.

Employant le même concept que Snapchat, les ragots ne sont visibles que de façon éphémère, pendant 10 secondes. Et à l’égal de Twitter, les messages ne peuvent pas dépasser les 140 caractères. Les personnes concernées sont identifiées clairement et pas sous pseudonymes. Il est aussi possible, en plus des potins écrits, de poster une photo ou une vidéo de 10 secondes aussi, accompagnée d’une légende. Si l’application est normalement interdite au moins de 16 ans, cette mesure n’a pas forcément été prise en compte lors de son téléchargement.

Au lycée Saint-Étienne, si l’application n’avait pas été suspendue aussi rapidement, elle aurait pu faire de nombreux dégâts. Ce qui est resté de l’ordre de l’agression en ligne aurait très bien pu se transformer en cyber-harcèlement si les attaques avaient été émises de façon répétée. Pour le chef d’établissement Guy Heitz, le problème de Gossip est bien réel mais il ne s’agit pas de situations de harcèlement.

D’autres applications comme Gossip existent aux États-Unis

En France, 40 % des élèves (collège et lycée) déclarent avoir été victimes d’une agression en ligne, selon l’ouvrage de Catherine Blaya, Les Ados dans le cyberespace (2013, De Boeck Supérieur). Selon un rapport du même auteur co-écrit avec Seraphin Alava intitulé « Risques et sécurité des enfants sur Internet » publié en 2012, les filles seraient trois fois plus nombreuses à être harcelées sur Internet alors que les garçons se disent plus souvent être harcelés par téléphone portable.

Désormais à portée de smartphone, la rumeur véhiculée par l’application Gossip – avec sa dimension inédite de l’anonymat total – a gravi les échelons de la sournoiserie, selon Florence Heitz, responsable de l’équipe mobile de sécurité de l’Académie de Strasbourg :

« Dans tous les cas de cyber-harcèlement que nous traitons, il est plutôt rare de voir ce type d’anonymat. Gossip n’a pas eu le temps de s’installer dans le paysage des réseaux sociaux, heureusement, car c’est encore plus lâche que ce que l’on voit normalement. Cela rajoute du sournois à la situation car l’adolescent s’enferme dans une spirale de violence, il ne sait pas d’où ça vient, et ça continue quand il rentre chez lui le soir. Mais dans notre Académie, on ne recense que très peu de problèmes comme ceux-là. Sur cette année scolaire, entre 5 et 10 situations de cyber-harcèlement nous ont été signalées. Les cas les plus fréquents restent tout de même le harcèlement frontal, des bousculades, des moqueries. »

Mais même si Gossip est suspendue aujourd’hui, d’autres applications du même genre existent déjà aux États-Unis et pourraient très bien s’exporter en France. À l’image de Yik-Yak, téléchargée par deux millions d’étudiants américains, qui a déjà été très critiquée puisque ses posts anonymes laissent libre cours aux insultes et à l’apologie de la violence. L’application Secrets, disponible aux États-Unis et au Canada, propose de dévoiler tous ses secrets et de « parler librement ». Là aussi, les utilisateurs restent anonymes. La rumeur à portée de smartphone inquiète, bien sûr, mais Florence Heitz veut rester optimiste :

« Aujourd’hui, l’écrasante majorité des cas de harcèlement en ligne que l’on comptabilise se font via Facebook, aucun via Snapchat. Notre travail en tant qu’adultes est de responsabiliser les adolescents dans leur utilisation des réseaux sociaux. Il n’est pas question de bannir ces nouveaux outils de communication mais plutôt d’apprendre aux jeunes à les utiliser correctement de façon intelligente et dans le respect de l’autre. Si d’autres applications comme Gossip doivent voir le jour, j’ai quand même envie de faire confiance à ces jeunes. On ne peut pas empêcher l’arrivée de ces applications. Mais souvent on se rend compte que les adolescents savent faire preuve d’intelligence et se rendent compte finalement que ce genre d’applications les desservent complètement. La prévention est un travail de longue haleine mais c’est la seule manière de dominer les réseaux sociaux. »

Émil Ivov, bulgare amoureux de Strasbourg, emmène son entreprise au Texas

Émil Ivov, bulgare amoureux de Strasbourg, emmène son entreprise au Texas
Emil Ivov a perdu la foi dans l'État bienveillant après le contrôle fiscal de son entreprise. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Emil Ivov a perdu la foi dans l’État bienveillant après le contrôle fiscal de son entreprise. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Il y a 14 ans, Émil Ivov débarquait à Strasbourg de Bulgarie, pour une année Erasmus. Aujourd’hui, il s’envole pour le Texas avec son entreprise, rachetée à prix d’or par un groupe australien. Entre les deux, Émil Ivov aura goûté au meilleur et au pire de la France, un pays qu’il aime profondément. Rencontre.

(suite…)

La fin du Strasbourg-Port Bou, symbole de l’abandon du train

La fin du Strasbourg-Port Bou, symbole de l’abandon du train
Le train de nuit entre Strasbourg et Port Bou est menacé (Photo Flickr / kishjar? /cc)
Le train de nuit entre Strasbourg et Port Bou est menacé (Photo Flickr / kishjar /cc)

Le train de nuit entre Strasbourg et Port Bou pourrait n’être bientôt plus qu’un souvenir d’une époque révolue. Après avoir vu ses horaires se réduire, son existence est menacée dans un rapport sur les trains français, au profit des avions low-cost et des trajets en bus.

(suite…)

#Strasbourg Port Bou

Tribune : à l’école Louise Scheppler, des parents contre le système pour garder leur directrice

Tribune : à l’école Louise Scheppler, des parents contre le système pour garder leur directrice
L'école Scheppler, entre l'autoroute et les boulevards du quartier gare (doc remis)
L’école Scheppler, entre l’autoroute et les boulevards du quartier gare (doc remis)

Les membres du conseil des parents de l’école maternelle Scheppler à Strasbourg sont désespérés : ils avaient la directrice parfaite. Mais le système de l’Éducation Nationale va leur enlever, et aucun argument n’a de prise face aux implacables calculs résultants des barèmes du ministère.

TribuneL’école maternelle Scheppler, vous connaissez ? Rappelez-vous, cette école maternelle du quartier Gare coincée entre une autoroute, une voie de chemin de fer et un transformateur électrique de lignes à haute tension, celle que vous croisez forcément au retour du travail ou d’un week-end en prenant la sortie 4, porte de Schirmeck, direction Strasbourg-Centre, celle où vous vous êtes peut-être dit plus d’une fois « mais qui peut bien vouloir mettre ses enfants dans cette école perdue au milieu de nulle part ? »

Et pourtant, nous, parents d’élèves, nous l’aimons bien cette école. Le bâtiment a été rafraîchi récemment, de la couleur égaie désormais les couloirs, trois énormes platanes fournissent depuis toujours une ombre bienvenue l’été sur la cour de récré. Les abords de l’école ont été sécurisés grâce à la renovation des rues de Fouday et de Saales. Elle a encore ses défauts : pas de préau, une salle de sieste incommode, des stores coincés après quelques semaines d’usage…

Une école qui cherche à construire le vivre-ensemble

Mais malgré cela, ce qui nous plaît c’est que cette école est à l’image de son quartier : mixte, cosmopolite, polyglotte, populaire, riche de toute sa diversité, quelque chose comme un précipité d’une société fière de ses différences et qui cherche jour après jour à construire un vivre-ensemble pour tous. À cela, il faut rajouter une équipe pédagogique bien implantée, consciente des défis à relever chaque jour pour faire d’un tel lieu une école de la République.

Depuis la rentrée 2014-2015, nous avions une nouvelle directrice pleinement consciente de ces enjeux. Après quelques années de flottement (pas moins de 3 directrices en 4 ans) où le vivre-ensemble a semblé bien effacé derrière des considérations arbitraires, pour rester pudique, Sonia Zimmermann est arrivée avec sa bonne volonté et son enthousiasme pour relever les défis de cette rentrée : mise en place des rythmes scolaires avec tout l’effort de pédagogie nécessaire pour expliquer aux parents d’élèves le bienfait pour les enfants de ces nouveaux rythmes ; mise en place d’un projet pédagogique axé sur le vivre-ensemble, par exemple à travers une brocante et un repas du monde à l’image de la diversité des publics de notre école… et toute une série d’autres actions d’équipe ancrées sur l’ouverture culturelle.

On y apprend ce qu’est la fraternité dans cette école

Bref, nous, Mme Zimmermann, on l’aime bien, parce qu’elle a compris tout de suite qu’une école, ce n’est pas une caserne, c’est un petit monde dans une société agitée, un petit monde qu’il faut savoir faire vivre en y mettant toute l’énergie de la joie, de la bienveillance et de la bonne volonté. Sonia, elle est à l’image de Louise Scheppler, la pieuse maîtresse de maternelle du pasteur Oberlin, qui inventa une école pour ceux qui n’ont rien, une école où l’on apprend ce qu’est la vie, ce qu’est le monde, ce qu’est la fraternité.

Mais voilà, le 20 mai, nous apprenions que Mme Zimmermann ne sera pas maintenue sur ce poste, non pas faute d’avoir fait son travail avec cœur et conviction, mais parce que les règles administratives ne le permettent pas. Voyez-vous, pour avoir un poste dans l’Éducation Nationale, il faut tant de points dans son dossier, et quels que soient vos qualités ou vos talents, si quelqu’un a plus de points que vous, il est prioritaire.

Quelles que soient les qualités, le barème, c’est le barème

La règle administrative est aveugle à tout mérite ; les barèmes sont des monstres froids qui n’ont pas grand chose à faire des qualités des personnes. Un inspecteur peut louer vos qualités, peu importe, le barème, c’est le barème. Votre travail peut être reconnu, et alors ? La règle, c’est la règle.

C’est pourquoi par cette tribune, nous voulons rendre hommage à Sonia, notre Louise Scheppler, et dire notre incompréhension et notre colère. Notre école maternelle, celle de nos enfants, celle où nous nous engageons comme parents-délégués, vaut mieux que ces barèmes. À l’Éducation nationale, à l’Académie, nous disons : qu’est-ce que vos chiffres à côté de l’engagement que nous constatons chaque jour d’une personne ? Qu’est-ce que le bon sens et la bienveillance à côté de vos règles administratives ?

On n’est pas dupe(s), on sait qu’on ne changera pas vos règles, que vous justifierez au nom de l’égalité de traitement des fonctionnaires. Mais, nous, parents d’élèves de l’école Louise Scheppler, on vous le redit : vos règles sont peut-être équitables pour vos agents, mais elles sont sans considération pour l’intérêt de nos enfants.

C’est pourquoi nous affirmons notre soutien à notre directrice Sonia Zimmermann, c’est pourquoi nous vous demandons de revoir votre jugement et c’est pouquoi aussi, quelle que soit votre décision, nous vous disons : nous préférons notre bon sens à vos barèmes.

Les parents élus au conseil de l’école Louise Scheppler

Un gang de cambrioleurs géorgiens démantelé à Strasbourg

Un gang de cambrioleurs géorgiens démantelé à Strasbourg

À LIRE SUR

LE PARISIEN.FR

(suite…)

L’Université de Strasbourg invente le disque dur en plastique

L’Université de Strasbourg invente le disque dur en plastique

À LIRE SUR

L’USINE DIGITALE

(suite…)

Clip de rap au Neuhof : Abdelos s’explique

Clip de rap au Neuhof : Abdelos s’explique
Armes à feu, drogue, trafic : les images du clip d'Abdelos suscitent la polémique (capture d'écran)
Armes à feu, drogue, trafic : les images du clip d’Abdelos suscitent la polémique (capture d’écran)

Accusé de faire l’apologie de la drogue et des armes avec « Eider », un clip tourné dans la cité du Neuhof à Strasbourg, Abdelos a déclenché l’ire des syndicats de police qui dénoncent une provocation. Le parquet de Strasbourg a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire qui doit déterminer si les armes et la drogue utilisées sont vraies. Depuis, la vidéo du rappeur a été reprise par les médias nationaux, atteignant les 200 000 vues sur Internet. Le principal intéressé, qui ne s’était pas encore exprimé, a réagi pour Rue89 Strasbourg. (suite…)

Ophélie Gobinet : « le format web permet de développer l’info »

Ophélie Gobinet : « le format web permet de développer l’info »

Elle est née à la Meinau, a grandi à Illkirch-Graffenstaden, n’a jamais quitté sa ville natale. A 26 ans, Ophélie Gobinet est aussi à l’aise à la radio que par écrit. Depuis sa sortie du CUEJ (Centre universitaire d’enseignement du journalisme), elle cumule ses chroniques sur RBS, la radio « black » de Strasbourg, et ses articles sur la banlieue et la politique de la ville sur Rue89 Strasbourg. Egalement titulaire d’un master d’histoire, la jeune femme raconte :

« J’ai toujours aimé raconter des histoires sur les gens, pour les gens. Mes études d’histoire m’ont donné le goût des sources, de l’exactitude des faits, des rencontres avec les témoins. Des choses que j’ai retrouvé ensuite dans mes études de journalisme. »

En 2005, lycéenne, Ophélie est marquée par le drame de Clichy-sous-Bois, à l’origine des violentes émeutes dans les quartiers périphériques des grandes villes. La création du Bondy blog, hébergé sur la plateforme web de Libération, la convainc de la possibilité d’une information plus proche « de ce que ressentent les gens, moins partiale et partielle ».

Dix ans après, alors que le Bondy blog fête sa décennie au Neuhof, Ophélie couvre l’événement pour Rue89 Strasbourg, dont elle devient en 2014 et 2015 la journaliste spécialisée dans la banlieue et ses problématiques. Elle signe notamment un article très remarqué sur plusieurs jeunes partis en Syrie rejoindre les rangs des islamistes.

Pour la jeune professionnelle, la création de Rue89 Strasbourg en 2012 a permis l’émergence d’une « nouvelle caisse de résonance sur la ville ». Elle poursuit : « Ce que j’aime avec le format web, c’est qu’il permet de développer l’info ». Le ton, plus « rentre-dedans » que dans la presse quotidienne traditionnelle, est un autre élément important pour elle.

Des « Scènes d’ici » gratuites jeudi 4 juin à la Laiterie

Des « Scènes d’ici » gratuites jeudi 4 juin à la Laiterie
Tedmo Festival
Le groupe Tedmo Festival, à l’affiche des Scènes d’ici le 4 juin à la Laiterie (Doc. remis)

C’est un plateau goûtu et alléchant que propose la Laiterie pour l’ultime soirée Scènes d’Ici de la saison. Le 4 juin, quatre formations alsaciennes se partageront donc la scène de la grande salle : Tedmo Festival, Call Me Cherry, Lubenica et 7ème Soul.

(suite…)

Une vingtaine de vignerons en biodynamie en Alsace

Une vingtaine de vignerons en biodynamie en Alsace
(Dessin Guillaume Decaux)
(Dessin Guillaume Decaux)

Au moins 15 à 20 vignerons font désormais de la biodynamie en Alsace pour 4 000 à 5 000 hectolitres par an.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Bienvenue chez mon caviste

Sur Rue89 Strasbourg : Vins Naturels : « Il y a vingt ans, on nous traitait de fous »