Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

L’enquête sur les « gestes déplacés » de Mgr Grallet classée pour prescription

L’enquête sur les « gestes déplacés » de Mgr Grallet classée pour prescription
Jean-Pierre Grallet, quand il était encore archevêque de Strasbourg, en mai 2013.

L’ancien archevêque de Strasbourg Mgr Jean-Pierre Grallet avait reconnu avoir eu « des gestes déplacés » envers une jeune femme majeure dans les années 80. Le parquet de Strasbourg a été saisi de l’enquête. Selon les DNA, elle aurait été classée sans suite pour prescription.

En novembre 2022, Jean-Pierre Grallet – archevêque de Strasbourg entre 2007 et 2017 – se confessait publiquement d’actes répréhensibles commis dans les années 80. Dans une lettre envoyée à la Conférence des évêques de France (CEF), l’ancien archevêque écrivait :

« À la fin des années 80, alors que j’étais religieux franciscain, j’ai eu des gestes déplacés envers une jeune femme majeure, comportement que je regrette profondément. »

Enquête canonique puis enquête judiciaire

Cette déclaration avait entraîné la venue de Mgr Joseph de Metz-Noblat, évêque de Langres, début janvier 2023 à Strasbourg, afin de mener une enquête canonique sur ces agissements, au nom du Vatican.

La jeune femme qui racontait avoir été victime de ces faits aurait d’abord tout raconté à Mgr Ravel en décembre 2021 – archevêque de Strasbourg en poste à l’époque. Puis, selon les Dernières nouvelles d’Alsace, elle aurait également écrit à la procureure de la République de Strasbourg en janvier 2022 et déposé plainte.

Lors de ses auditions par les gendarmes, l’ancien archevêque n’aurait pas cherché à nier les faits selon le quotidien local : Jean-Pierre Grallet aurait ainsi admis « ne pas avoir eu un comportement chaste » et avoir commis « une erreur dans sa relation » avec la jeune femme. Au cours de l’été 2022, il lui aurait également envoyé une lettre, afin de demander pardon. Une lettre dans laquelle il « avouait sa honte ».

Des faits constitués mais prescrits

Finalement, après plus d’un an d’enquête judiciaire, la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, a indiqué à la plaignante – par la voie d’un courrier consulté par les DNA – que « les faits révélés ou dénoncés constituaient bien une infraction » mais que le délai fixé par la loi pour les juger était dépassé. Il y a donc prescription et aucune poursuite ne sera engagée.

Toujours selon nos confrères, l’enquête canonique serait – elle aussi – close mais ses conclusions n’ont pas encore été rendues publiques.

Une relation de deux ans

Les faits prescrits se seraient déroulés à la fin des années 80. La jeune femme était alors âgée de 23 ans et « très croyante ». Jean-Pierre Grallet, lui, a 46 ans et occupe le poste d’aumônier universitaire au centre Bernanos de Strasbourg.

Entre eux deux, se noue une relation basée sur une « grande détresse psychologique » pour la jeune femme qui va mal à l’époque et un mécanisme « d’emprise » de la part du religieux. Une relation qui durera deux ans, selon les DNA, avec « des attouchements de plus en plus intimes auxquels (la jeune femme) se soumet », sans jamais avoir « exprimé de consentement ».

Le contournement autoroutier progresse sans désengorger la voie métropolitaine

Le contournement autoroutier progresse sans désengorger la voie métropolitaine
Le GCO a été mis en place en décembre 2021

Le journal économique La Tribune publie les chiffres de fréquentation 2023 du Grand contournement ouest (GCO), cette autoroute de 24 km à l’ouest de Strasbourg. Vinci, concessionnaire de cette autoroute jusqu’en 2070, se félicite d’avoir accueilli « 17 217 véhicules en moyenne par jour, dont 5 135 poids lourds, soit 20% de plus qu’en 2022 », selon Marc Bouron, directeur général de Vinci Autoroutes et cité par La Tribune.

Et le report des camions de l’ancienne A35 vers le GCO semble avoir opéré puisqu’en 2023, le trafic des poids lourds a baissé de 30 à 50%, selon les sections de ce qui est devenu un boulevard urbain, la M35. Des chiffres qui s’accompagnent d’une baisse de la pollution. La Tribune cite des chiffres de l’agence Atmo Grand Est : -15% de dioxyde d’azote et -13% de particules fines (PM 2,5).

La M35 toujours saturée

Cependant, note le quotidien économique, le trafic des véhicules légers n’a guère évolué sur la M35, avec 159 000 voitures par jour en moyenne autour de Cronenbourg, où la circulation demeure saturée certains matins et soirs de semaine.

Le Tribune a fait réagir le vice-président en charge des mobilités de l’Eurométropole, Alain Jund (EE-LV), qui parle du GCO comme d’un « accélérateur de flux », qui a globalement apporté plus de trafic total dans l’agglomération.

L’article revient également sur les politiques de déclassement et de réaménagement qui étaient prévues pour la M35, et qui n’ont pas été mises en œuvre par l’exécutif écologiste. Alain Jund détaille dans l’article de La Tribune avoir fait d’autres choix, dont l’aménagement de l’extension nord du tramway.

Dimanche 21 janvier, syndicats, élus et organisations de gauche appellent à manifester contre la loi sur l’immigration

Dimanche 21 janvier, syndicats, élus et organisations de gauche appellent à manifester contre la loi sur l’immigration
Près de 300 personnes ont manifesté contre la loi immigration en début de soirée jeudi 21 décembre.

Des syndicats, associations et élus du Bas-Rhin ont appelé lundi à amplifier la mobilisation contre la loi sur l’immigration. Ils organisent une « grande manifestation » dimanche 21 janvier à Strasbourg.

Adoptée le 19 décembre, la loi sur l’immigration attend toujours un examen du Conseil constitutionnel avant d’être promulguée. Mais pour une série de syndicats, d’associations et de partis politiques (de gauche), pas question d’attendre pour la contester. Dans le cadre d’un mouvement national de mobilisation, des syndicats, mouvements politiques et élus alsaciens (voir ci-dessous) ont appelé à une manifestation, dimanche 21 janvier à 14h30 à Strasbourg.

Lors d’une présentation à la presse lundi, Laurent Feisthauer, secrétaire départemental CGT du Bas-Rhin, a détaillé :

« Pour lutter contre l’apathie de la société française face aux mesures liberticides de la loi immigration, nous nous sommes réunis pour répondre à l’appel national du 7 janvier. Nous voulons sortir des microcosmes révolutionnaires pour mobiliser un public plus large. Dimanche, nous espérons une mobilisation citoyenne massive, qui peut aisément monter jusque 5 000 participants. L’objectif étant la non-promulgation de cette loi rétrograde, qui avalise l’avancée de l’extrême droite en France. »

Le député Emmanuel Fernandes (LFI) souhaite aussi « une mobilisation massive – syndicats, collectifs, mouvements politiques, personnalités issus du monde de la culture, des médias etc. – pour montrer que la France n’est pas raciste ».

Une tribune locale

Les membres du collectif ont signé un texte commun demandant « au président de la République de ne pas promulguer cette loi ». Ils fustigent un texte de loi « rédigé sous la dictée des marchands de haine, ne répondant pas aux causes de l’exil forcé d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant les guerres ou le réchauffement climatique » et qui rêve d’imposer un projet de « préférence nationale »

Cette initiative régionale s’inscrit dans le sillage de l’appel de 201 personnalités contre la promulgation de la loi sur l’immigration. Dans une tribune publiée dimanche 7 janvier par L’Humanité et Mediapart, cette loi est dénoncée comme un « tournant dangereux de notre République »

La baisse du budget de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg le met sous pression

La baisse du budget de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg le met sous pression
Répétitions de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, dans la salle Erasme du Palais de la Musique et des Congrès.

L’orchestre de la Ville de Strasbourg connaît des difficultés financières. Impactée par une baisse des subventions de 2,5% décidée en 2022, la direction de l’Orchestre philharmonique a annoncé un plan de mesures budgétaires en décembre. Suscitant une vive inquiétude du côté des musiciens.

Dans son grand et lumineux bureau situé au dernier étage du Palais de la musique et des congrès (PMC), Marie Linden, directrice de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg (OPS) depuis 2017, se veut rassurante. Souriante. Pourtant, l’actualité financière de l’institution musicale qu’elle dirige n’est pas au beau fixe. Avec d’un côté, des dépenses et des charges qui augmentent en raison de l’inflation et de l’autre, les subventions de la Ville en baisse. Une équation compliquée à résoudre.

Baisse votée en 2022, un report et une rallonge obtenus en 2023

Tout commence en décembre 2022, lorsque la Ville de Strasbourg vote une baisse globale de 2,5% des subventions allouées à toutes les structures culturelles pour l’année 2023. Jusqu’ici, la municipalité soutenait à hauteur de 10 millions d’euros environ l’Orchestre philharmonique (9,9 millions en 2022). Une baisse de 2,5%, c’est donc 247 500€ en moins dans le budget de l’OPS. Ce qui a immédiatement fait réagir Marie Linden. Elle se targue d’avoir réussi à négocier, ici ou là, des aides et des accords :

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Première réunion sur le budget local, interêt minimal

Première réunion sur le budget local, interêt minimal
Jeanne Barseghian était présente pour la première réunion publique sur le budget local.

Comme elle le fait depuis quatre ans, la municipalité s’est prêtée à un exercice de transparence sur son budget 2023, ce jeudi 11 janvier. Malgré une présentation dense et chiffrée, les citoyens ont préféré interpeller les élus sur leurs préoccupations quotidiennes.

« Vous allez voir c’est passionnant”, s’enthousiasme la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian. Le 11 janvier se tenait la première réunion publique « Budget local, parlons-en » au Palais des fêtes. L’objectif ? Vulgariser le budget 2023 et venir à la rencontre des habitants dans un exercice de transparence démocratique. Seule réunion avec la maire, les trois autres présentations prévues seront faites par le premier adjoint en charge du budget, Syamak Agha Babaei, et l’adjointe en charge de la démocratie locale, Caroline Zielenski, qui joue le rôle d’animatrice. Ce jeudi soir, ils sont là tous les trois. En plus de la dizaine d’élus installés au premier rang, une soixantaine de personnes se sont déplacées.

« Le budget quezako ? »

Après de multiples remerciements, la présentation du budget commence, diaporama à l’appui. Première partie : « Le budget, quezako ? » « Il se divise en budget de fonctionnement et budget d’investissement », clarifie Syamak Agha Babaei, face à l’audience. Le premier correspond aux dépenses pour le personnel, les charges et les subventions notamment. Il représente 449,1 millions d’euros en 2023.

Plus de soixante personnes étaient présentes au Palais des fêtes jeudi 11 janvier pour la première réunion publique sur le budget local.Photo : Mathilde Cybulski/ Rue89 Strasbourg

Le second permet de rénover et construire de nouvelles infrastructures. Ce budget est de 193 millions d’euros dont 55 millions dédiés aux remboursements des emprunts. C’est uniquement dans le cadre d’un budget d’investissement qu’une municipalité peut s’endetter. En revanche, le financement du budget de fonctionnement ne doit pas se faire avec des emprunts. Il doit être égal aux recettes, qui pour 50% d’entre elles viennent des impôts et taxes.

Les élus se sont ensuite arrêtés sur les grandes dépenses de la Ville en 2023. Avec quelques exemples :

    300 euros par habitant dédiés à la culture, 50 euros par habitant dédiés au sport, 3 900 euros par enfant pour l’éducation, 160 euros par habitant dans les domaines de la solidarité, la santé et la jeunesse.

L’équipe municipale tient par ailleurs à rappeler que le budget est impacté par la conjoncture. Quatre points sont détaillés par Syamak Agha Babaei : des taux d’intérêts élevés, les violences urbaines de juillet, une nouvelle donne énergétique liée aux prix élevés de l’énergie – en baisse toutefois par rapport à 2022 – et « une transformation durable du territoire ».

Caroline Zielenski (à gauche) animait la réunion sur le budget local, accompagnée de Syamak Agha Babaei (au centre) et de Jeanne Barseghian (à droite). Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

La solidarité et la jeunesse au « cœur » du projet municipal

« Plus de 50% des dépenses sont consacrées à la jeunesse et aux solidarités. Avec la transition écologique et le renouveau démocratique, c’est l’un des piliers de notre mandat. Nous devons avoir une réponse face à la pauvreté ».

Jeanne Barseghian

Avec cette présentation, la municipalité veut montrer son action sur le volet social. Quatre dépenses socio-éducative ont progressé en 2023. Comme celle des cantines scolaires, où les prix de l’inflation n’ont pas été répercutés sur les familles. Selon la maire, « c’est 1,4 millions d’euros de surcoût pour la municipalité. Une somme rendue aux ménages quelque part ».

Les élus ont expliqué avoir mis l’accent sur les dépenses « sociales » en 2023. Photo : Mathilde Cylbuski / Rue89 Strasbourg

Le budget des centres socio-culturels a également augmenté d’1 million d’euros. Une hausse décidée suite aux violences urbaines de juin, après la mort du jeune Nahel tué à Nanterre lors d’un contrôle policier. Pour Jeanne Barseghian, « il doit y avoir une présence des services publics dans les quartiers, avec une offre éducative sociale et culturelle ».

La municipalité a ensuite présenté de nouvelles mesures, parfois un peu vagues. Comme ce dispositif « vacances pour tous » qui doit permettre aux jeunes de partir en vacances pour la première fois. Pour bénéficier « d’une immersion dans la nature », dixit la maire de Strasbourg. Coût de cette nouvelle mesure : 180 000 euros.

Des questions sur tout, sauf le budget 

À la fin de cette présentation de 45 minutes, un échange était prévu avec les citoyens et des règles bien précises. « On respecte chacun, même dans la critique, et on ne hausse pas le ton. Je vais alterner homme et femme et donner la parole à tout le monde », stipule Carole Zielinski, debout et micro en main. Cette réunion, en présence de la maire, était l’occasion pour les habitants de faire remonter leurs préoccupations. Sur les huit personnes ayant souhaité interpeller la municipalité, seul un habitant a abordé le budget. 

« Il y a eu une suppression de la taxe d’habitation, pourtant on a toujours autant d’impôt. Comment ça se fait ?”. Syamak Agha Babaei répond :

« Parfois, les impôts augmentent. C’est le cas ici. Cette levée de la taxe d’habitation nous permet d’augmenter d’autres impôts pour financer des investissements ».

Poubelles, vieillesse, patrimoine, mobilités… Les questions s’enchaînent. Benoît, habitant de la rue Sellénick, lève rapidement la main. Il déplore le manque de moyens alloués à l’éducation populaire dans les quartiers de Strasbourg, et fait le lien avec les violences urbaines de début juillet. Jeanne Barseghian se dit « très mobilisée sur le sujet » et met en avant le « plan d’accompagnement d’urgence » mis en place pour les centre socio-culturel. « Depuis 2020, le budget dédié aux associations de jeunesse et sociales a augmenté de 20% », précise Syamak Agha Babaei dans sa posture d’adjoint au budget.

« On a autant parlé des chiens que des banlieues »

Isabelle, lunettes rondes et gros pull, prend ensuite la parole sur le bien vieillir, pas suffisamment mis en avant selon elle. Réponse de l’élue en charge de l’Orangerie et du Conseil des XV, le « quartier le plus vieillissant de Strasbourg » selon Marina Lafay :

« On met en place une réflexion sur l’installation de bancs supplémentaires et adaptés, pour faciliter les déplacements des personnes âgées. Un dispositif a aussi été mis en place pour mettre en lien des séniors isolés et des habitants ».

Isabelle est venue de la Robertsau pour assister à la présentation du budget. Photo : Mathilde Cybulski/ Rue89 Strasbourg

Particulièrement attentive, hochant la tête lors des interventions, la présidente d’une association pour les animaux demande plus de parcs à chiens. L’élue en charge des animaux, Marie-Françoise Hamard propose la mise en place de fontaines et d’éclairages supplémentaires dans ces espaces. « Notre victoire c’est l’acceptation des chiens dans le trams », s’enorgueillit l’élue. Une réponse applaudie par celle qui l’a interpellée.

Chaque question aura finalement sa réponse de la part de la municipalité. Satisfaisant ? « Non pas vraiment » selon Benoît.« La mairie n’en fait pas assez pour les jeunes. On a autant parlé des chiens que des banlieues, c’est significatif ». Pour Jean (prénom modifié), habitant de la Neustadt depuis 75 ans, « c’est joué d’avance » :

« Je suis juste venu pour voir s’il y avait du monde. Ils nous présentent le budget, mais ils ont déjà tout décidé. C’est simplement un jeu politique pour être réélu. »

Les débats publics sur le tram nord illustrent les ratés de la démocratie locale

Les débats publics sur le tram nord illustrent les ratés de la démocratie locale
Lors de la réunion publique d’opposants au tracé du tram nord à Schiltigheim

Des réunions publiques prétendent opposer à l’Eurométropole de Strasbourg un nouveau tracé pour l’extension nord du tramway. Des habitants s’émeuvent de ne pas être ou ne pas avoir été écoutés. Mais c’est ainsi que fonctionnent les collectivités locales.

Vendredi 12 janvier, la présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, Pia Imbs (sans étiquette) et le vice-président en charge des transports, Alain Jund (EE-LV) ont organisé une conférence de presse dans l’urgence afin de rappeler les échéances du projet d’extension du tram vers le nord de l’agglomération.

Il s’agissait de répondre à deux accusations récurrentes de l’opposition : que cette extension n’aurait pas bénéficié d’une concertation avec les citoyens, et qu’il faudrait modifier le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), un document patiemment construit par les 33 communes pendant quatre ans pour orienter les politiques d’aménagement.

Pia Imbs estime que la concertation sur le tram nord est plutôt « exemplaire »

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Kid Francescoli, de l’électro douce bankable à la Laiterie vendredi 2 février

Kid Francescoli, de l’électro douce bankable à la Laiterie vendredi 2 février

La Laiterie accueille Kid Francescoli vendredi 2 février. Ses musiques douces, utilisées pour vendre des parfums, des voitures ou des vêtements de luxe, sont connues au-delà de la notoriété de l’artiste, qui mérite pourtant le déplacement.

Kid Francescoli se présente comme le « leader de la French Riviera Touch », ce qui implique de définir la French Touch (un vague mouvement électro qui inclut aussi bien David Guetta que les Daft Punks), et sa déclinaison sudiste. Peine perdue. Kid Francescoli, c’est surtout le roi de l’électro tranquille, un concept non moins fumeux mais peut-être plus évident.

Dans un album de Kid Francescoli, on trouve des nappes de sons tirés de synthétiseurs, en masse, puis des voix douces, de femmes généralement, un soupçon de percussions et un peu de soleil, parce que l’artiste, Mathieu Hocine, vient de Marseille. Le mix est tellement bankable que tout le monde a déjà entendu sa musique, sans le savoir : elle sert de bande-son pour vendre des voitures ou des parfums dans nombre de publicités.

Mais c’est quoi cette musique ? Oui, c’est bien celle d’une célèbre pub pour un supermarché discount, dont le morceau, Moon a atteint 91 millions de vues sur Youtube (vidéo Kid Francescoli / Youtube)

Mais si Kid Francescoli est aussi lisse, pourquoi en parler dans Rue89 Strasbourg alors ? Eh bien parce que sous cette surface de musique de supermarché (branché quand même le supermarché), Kid Francescoli propose une série de titres particulièrement réussis, avec un sens de la mélodie évident et une qualité de production de top niveau. En concert, la connexion avec le public est immédiate, provoquant un dodelinement caractéristique de la tête dès les premières notes. En fait, écouter une rétrospective de Kid Francescoli, c’est refaire l’histoire de l’électro française. Mathieu Hocine, depuis son apparition au grand public en 2010, s’est toujours placé à l’avant-garde et a collaboré avec d’autres grands noms du secteur, comme Thylacine et French 79.

Kid Francescoli devant la Méditerranée, plus bleue que jamais. Photo : Nicolas Despis

Pas de blues dans Sunset Blue

Sa tournée 2024 est placée sous le signe de son cinquième album, Sunset Blue. Pas de révolution, les 11 titres sont toujours construits à partir de tempos millimétrés et de notes électroniques étirées, les fans ne seront pas déçus, mais Mathieu Hocine prend cette fois lui-même le micro. Sa voix, qui détonne par rapport à celles des jeunes chanteuses qu’il avait l’habitude d’inviter, donne une nouvelle profondeur, peut-être plus sombre, à ces nouveaux titres. D’autres artistes ont aussi été invités au micro dans cet album, afin de pallier l’absence de sa muse Julia Minkin, dont Bamby H2O, Julietta et Turbo Goth.

You are everywhere, une réussite issue d’une collaboration, pourtant pas évidente, avec Turbo Goth.

Pas de panique toutefois, on reste dans un univers extrêmement positif, chaleureux, festif et de toutes façons ensoleillé. « Mon ambition est d’évoquer des images dans la tête des gens grâce aux mélodies, de les transporter instantanément dans un film », indique Kid Francescoli dans une interview donnée à la radio FIP en novembre 2023. S’il s’agit de transporter les auditeurs sur la côte ouest des États-Unis, directement à Venice Beach, alors c’est réussi.

Au final, Kid Francescoli, c’est le bonbon musical parfait contre la dépression, la grisaille, l’extrême-droite et tous ces nuages sombres qui s’amoncellent dans nos vies. Alors oui, il n’y a aucun message, aucun slogan, aucune vérité remotivante, et oui ses tapis de sons duveteux sont récupérés par les agences de marketing comme autant de poudre aux oreilles analgésique, mais il serait dommage de ne pas en profiter en mélomane pour autant.

À Schiltigheim, Col’Schick mobilise les anciens contre la piétonisation du centre-ville

À Schiltigheim, Col’Schick mobilise les anciens contre la piétonisation du centre-ville
Réunion publique de Col’Schick contre le tracé du tram nord

L’association d’habitants de Schiltigheim Col’Schick a détaillé lors d’une réunion publique vendredi soir ses arguments contre le passage futur du tramway route du Général-de-Gaulle. L’objectif est d’empêcher le déclassement de la route de Bischwiller et éviter sa piétonisation.

Environ 150 personnes, en très grande majorité des personnes âgées, se sont déplacées en début de soirée vendredi 12 janvier à la salle des Tonneliers de Schiltigheim, à l’invitation de l’association d’habitants Col’Schick, pour échanger des arguments contre le tracé de l’extension nord du tramway. Ce projet à 300 millions d’euros de l’Eurométropole vise à relier les communes de Schiltigheim et Bischheim au centre-ville de Strasbourg (voir tous nos articles).

L’assistance était très majoritairement composée de personnes âgées.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

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Capitale mondiale du livre en 2024, Strasbourg dévoile son programme

Capitale mondiale du livre en 2024, Strasbourg dévoile son programme

Colloque sur la censure, lecture publique dans des lieux insolites, expositions… Vendredi 12 janvier, la municipalité de Strasbourg a dévoilé – à Paris – une partie du programme de Strasbourg en tant que Capitale mondiale du livre.

« Une année riche, éclectique et généreuse. » C’est la promesse de la maire Jeanne Barseghian pour une période particulière qui commencera à Strasbourg le 23 avril 2024. À compter de cette date, la ville sera Capitale mondiale du livre, un label décerné par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Avec pour thème « Lire notre monde », la municipalité écologiste compte « marquer l’histoire de notre ville mais aussi de notre pays, avec un programme qui imprimera le quotidien et les souvenirs de tous les habitantes et habitants. » Pour l’occasion, la maire de Strasbourg s’est exprimée depuis Paris, lors d’une conférence de presse.

La « grande lecture », un événement phare

L’inauguration de Strasbourg en tant que Capitale mondiale du livre aura lieu le 23 avril 2024, journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Au-delà de la cérémonie officielle et son lot de discours de personnalités politiques et culturelles, des tables rondes et rencontres d’auteurs et d’autrices sont prévues.

Ce sera enfin le moment de lancer la « grande lecture de Strasbourg ». Tout au long de cette semaine inaugurale et de l’année, des lectures publiques auront lieu dans la ville. Auteurs et autrices de renom, Strasbourgeois et Strasbourgeoises pourront lire à voix haute le livre de leur choix dans une centaine de lieux, bars, restaurants, et hôtels, sur la plateforme de la cathédrale ou dans le tram… Un moment phare de cette année pour l’adjointe en charge des cultures, Anne Mistler :

« Ces événements mobilisent toutes les catégories de population. Tout le monde peut se saisir de cette occasion pour lire à voix haute. Et puis, il y a ces lieux plus ou moins insolites qui accueilleront ces lectures. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant mais il se passera une série de lectures sur l’eau, sur les ponts par exemple. Je pense que ce sera un moment très fédérateur pour l’ensemble de la population, avec des interventions de lecture de textes littéraires, mais aussi de la musique, de la chanson, dans des langues différentes. »

Des expositions

Le mercredi 24 avril, les Rencontres de l’Illustration débuteront avec l’inauguration de deux expositions. La première au Musée Tomi Ungerer avec les œuvres de l’illustratrice Julie Doucet. Une seconde exposition débutera au Musée des Beaux-Arts avec une rétrospective consacrée à l’illustrateur, caricaturiste et peintre strasbourgeois, Gustave Doré.

La semaine inaugurale se poursuivra avec la fête des librairies indépendantes le jeudi 25 avril. À la même date, une troisième exposition intitulée « L’imprimé, quel caractère ! » permettra de se plonger dans l’univers de l’imprimé depuis Gutenberg jusqu’à nos jours, aux Archives de la Ville de Strasbourg.

La seconde partie de cette semaine inaugurale sera occupée par une « lecture perpétuelle qui durera trois jours ». Le Théâtre National de Strasbourg accueillera des lectures le vendredi 26 avril, de même que les médiathèques qui seront toutes ouvertes le dimanche 28 avril. Comme le promet le programme de la Capitale mondiale du livre 2024, « le public pourra entendre les textes de situationnistes au carrefour du boulevard de la Victoire, le discours de De Gaulle depuis le balcon de l’Aubette, les mots de Goethe sur la plateforme de la Cathédrale ». Parmi les premiers invités, on trouve les auteurs et autrices Lidia Jorge, Patrick Chamoiseau, Nancy Huston, Laurent Gaudé ou encore l’historien Pascal Ory.

250 événements jusqu’au 22 avril 2025

Puis la ville strasbourgeoise vivra d’autres événements tout au long de cette année qui s’achèvera le 22 avril 2025. À partir du 17 mai 2024, le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS) accueillera un nouveau parcours d’ateliers et d’expérimentations placés sous le signe du livre. De même, le cinéma municipal Le Cosmos proposera une programmation autour de la littérature sur le grand écran du 10 mars au 14 avril 2024.

Un colloque international sur la transition écologique pour le livre se tiendra en avril 2025, en lien avec l’Université de Strasbourg, la Région Grand Est et les grands acteurs de la chaîne du livre. Autre événement notable : une journée d’étude sur la censure menée par la Ville de Strasbourg, son Université et la Ville de Kehl. La date reste encore à préciser mais l’événement doit avoir au cours du premier trimestre 2025.

Au total, 250 événements s’inscrivent dans le cadre de cette année de Strasbourg Capitale mondiale du livre. Le budget de l’événement est de 6,1 millions d’euros, dont 4,1 millions d’euros pour la programmation et 2 millions d’euros pour la masse salariale et la communication.

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Mis à l’abri dans un gymnase à Strasbourg, il finit en centre de rétention à Metz

Mis à l’abri dans un gymnase à Strasbourg, il finit en centre de rétention à Metz
Les personnes visées par une obligation de quitter le territoire français peuvent se retrouver en centre de rétention administrative (ici, centre de rétention de Geispolsheim).

Un homme de nationalité arménienne a été arrêté par la police nationale vendredi 12 janvier à Strasbourg, dans un gymnase ouvert par la préfecture pour la vague de froid. Il est désormais au centre de rétention administrative de Metz.

Face à la baisse des températures, la préfecture du Bas-Rhin a ouvert deux gymnases à Strasbourg pour accueillir des sans-abris. Vendredi 12 janvier au matin, la police nationale a fait irruption dans l’une des deux salles de sport, le gymnase du Conseil des XV pour arrêter un homme originaire d’Arménie. Il a ainsi été séparé de son épouse enceinte et de ses trois enfants, qui étaient également sur place.

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Affaire Naomi Musenga : l’opératrice du Samu mise en examen

Affaire Naomi Musenga : l’opératrice du Samu mise en examen
Naomi Musenga était modèle et mère d’une petite fille (doc remis)

Six ans après la mort de la jeune femme – dont l’appel n’avait pas été pris au sérieux par une opératrice du Samu, cette dernière a été mise en examen pour non-assistance à personne en danger.

C’était le 29 décembre 2017. Naomi Musenga, Strasbourgeoise de 22 ans, appelle le Samu prise de fortes douleurs au ventre. Au bout du téléphone, elle est moquée et non-prise en charge. « Oui vous allez mourir, comme tout le monde ! » lui répond l’opératrice, avant de raccrocher. Au final, elle est hospitalisée en urgence, au terme de cinq heures d’attente auprès de SOS Médecins. Et décède en fin de journée, à l’hôpital de Strasbourg. La diffusion de l’enregistrement de l’appel en avril 2018 donne un écho national, voire international, à son décès.

Finalement, après six ans d’attente et de procédure judiciaire, le parquet de Strasbourg a annoncé aujourd’hui à l’AFP la mise en examen de l’opératrice du Samu, pour non-assistance à personne en danger. Une mise en examen qui aurait été décidée en février 2023, lors de l’audition de l’opératrice par le magistrat instructeur, selon l’AFP qui cite la procureure de la République de Strasbourg.

Le parquet aurait également requis le renvoi de cette personne devant le tribunal correctionnel en décembre 2023.

Depuis le décès de la jeune femme, sa famille se bat pour que la vérité sur les causes de sa mort soit faite. D’abord imputé à une intoxication au paracétamol – thèse officielle vivement combattue par la famille, le décès serait en réalité survenu en raison d’un accident vasculaire abdominal, d’après une contre-expertise réalisée en octobre 2021.

Socialistes, macronistes et Républicains voient l’apocalypse dans un tram sur l’avenue des Vosges

Socialistes, macronistes et Républicains voient l’apocalypse dans un tram sur l’avenue des Vosges
En janvier 2024, une réunion publique se tient sur le tram nord.

Exil des commerçants et professionnels médicaux, impact sur les finances publiques pour des décennies… Lors d’une très politique réunion publique jeudi 11 janvier, les forces d’opposition ont imaginé de lourds impacts sur Strasbourg en cas de passage du tram avenue des Vosges.

Plus de cent personnes se massent comme elles peuvent dans la grande salle du Foyer des étudiants catholiques en cette soirée du jeudi 11 janvier. Micro en main, le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz (Horizons) prend le rôle de maître de cérémonie de cette réunion publique contre le tracé de l’extension du tram vers le nord de l’agglomération. L’événement, bien qu’organisé en partie par le collectif de riverains « La Neustadt apaisée » prend vite une allure de meeting politique de l’opposition municipale. L’objet de la discorde : l’irruption d’un tramway et la création de zones piétonnes à la place de l’important axe routier de l’avenue des Vosges.

La réunion publique contre le tram avenue des Vosges a fait salle comble.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

D’ici 2027, le visage de Strasbourg va changer, avec l’extension du tram nord.

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Deux immeubles de l’Elsau sans chauffage en pleine vague de froid

Deux immeubles de l’Elsau sans chauffage en pleine vague de froid
L’ensemble du 74 rue Martin-Schongauer

Les habitants de deux immeubles du quartier de l’Elsau à Strasbourg se sont retrouvés sans chauffage ni eau chaude pendant trois jours.

« On ne peut pas dormir avec les enfants », souffle Mourad Chami. Cet habitant de la rue Martin-Schongauer à l’Elsau s’est retrouvé sans eau chaude, ni chauffage alors qu’une vague de froid touchait Strasbourg. Deux immeubles de huit étages, au 74 et 76 de la rue Martin-Schongauer, ont été concernés par cette panne. « Il faisait entre 5 et 10 degrés dans mon appartement, situé au rez-de-chaussée, précise Mourad Chami. Avec mes filles de 8 et 16 ans, on a eu très froid. On n’a pas pu se doucher. » Mourad Chami est allé chercher un chauffage d’appoint, mais qui n’était évidemment pas suffisant. Une situation qu’a dû endurer une vingtaine de familles de ces ensembles de logements sociaux.

Une intervention du bailleur en « moins de 48 heures »

Propriétaire et gérant de ces immeubles, le bailleur social Ophéa a confirmé l’incident à Rue89 Strasbourg. Le chauffage a été rétabli au soir du mercredi 10 janvier, grâce à une intervention en « moins de 48 heures » selon la communication du bailleur social :

« Nous nous sommes mobilisés pour colmater une fuite qui était à l’origine de l’incident. Nos équipes sont intervenues rapidement, en installant un système de chauffage provisoire, avant une réparation définitive qui devrait être finalisée dans les prochains jours. »

Selon Mourad Chami, c’est la première fois que le système de chauffage était en panne dans cet immeuble.

À Bischheim, la rénovation du quartier des Écrivains se dévoile

À Bischheim, la rénovation du quartier des Écrivains se dévoile

Depuis 2019, le quartier des Écrivains, entre Bischheim et Schiltigheim, se renouvelle. L’objectif de l’Eurométropole et de l’État est de proposer un cadre de vie meilleur dans ce quartier prioritaire de l’ouest de la collectivité. Jeudi 11 janvier, un bâtiment d’habitation rénové a été inauguré en grande pompe. L’occasion de faire le point sur ce projet à 113 millions d’euros.

Route du général de Gaulle, à Bischheim, le bus C9 s’arrête face à une grande tour immaculée, toute de cubes ornée. Rénové entre 2019 et 2022, le bâtiment accueille 66 logements et un pôle socio-éducatif au rez-de-chaussée. Il est le symbole de l’avancement du renouvellement urbain du quartier des Écrivains, à Bischheim, une opération prévue pour se terminer en 2030.

À l’occasion de son inauguration, Catherine Vautrin, présidente de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), a fait le déplacement. « Ce quartier représente bien le but de l’Anru : mettre l’humain au coeur de l’urbain », sourit-elle face à la foule de représentants d’institutions et de journalistes dans le petit hall d’immeuble.

Dix ans de travaux pour rénover

Entre 2019 et 2030, le second plan de renouvellement urbain de l’Eurométropole de Strasbourg comprend sept projets, parmi lesquels celui du quartier des Écrivains, entre Schiltigheim et Bischheim. Il fait partie du quartier prioritaire de la ville « Quartiers-Ouest » : 345 logements vont y être requalifiés (rénovés), 605 résidentialisés (privés), 302 seront construits et 336, détruits. Plus de 6 000 personnes habitent le quartier.

Une maison de l’enfance sera opérationnelle mi-janvier 2024 et le groupe scolaire Victor Hugo est en construction depuis fin 2023, afin d’accueillir 600 élèves de Schiltigheim. L’association des parents d’élèves des Écrivains a désormais un local avec pignon sur rue pour le soutien scolaire et une ludothèque a aussi été créée pour les habitants, rattachée au centre social et familial Victor Hugo.

Écrivains

En tout, le renouvellement urbain de ce quartier coûtera 113 millions d’euros, dont la moitié payée par le bailleur Alsace Habitat, 17,4 millions par la Ville de Schiltigheim et 21,7 millions par la Ville de Bischheim. Le reste étant pris en charge par l’État.

Cette rénovation va de pair avec l’extension du tram vers le nord, qui doit relier le centre ville de Strasbourg à Schiltigheim et Bischheim. Elle s’inscrit également dans le contexte de la rénovation de la gare de Bischheim – ou pôle multimodal – où une passerelle piétons et vélos viendra enjamber la voie ferrée.

Moins de logement social, plus de mixité

« On travaille sur l’éclairage, sur la végétalisation et sur la construction d’un grand parc d’un hectare pour contrer le phénomène des îlots de chaleur », détaille Élise Dietrich, chargée de projet à la Ville et à l’Eurométropole. En montrant un immeuble voué à démolition, elle précise que le nombre de logements restera similaire une fois le renouvellement urbain achevé :

« Il y aura moins de logements sociaux et plus de logements privés. Mais tous les logements sociaux supprimés ici seront construits ailleurs. Nous voulons éviter la sur-concentration de personnes en situation de précarité aux Écrivains. »

Elle conteste l’accusation de vouloir embourgeoiser le quartier et précise le but de cette opération :

« À précarité équivalente, une personne qui habite au Neuhof ou au centre-ville n’aura pas le même parcours de vie. Nous voulons rétablir une égalité des chances en recréant une mixité sociale. »

Sur les 1 252 logements qui constitueront le quartier à terme, 953 seront des logements sociaux et 299 seront privés, ou en copropriété privée.

Des habitants satisfaits

Dans la tour rénovée, Catherine Vautrin interpelle un habitant qui vient de sortir ses poubelles et rentre à nouveau s’abriter du froid. « Comment vous les trouvez, ces rénovations? », lui lance-t-elle joyeusement. « La poignée de la porte du hall marche mal et l’ascenseur a mis du temps à fonctionner », répond-il, à contre-sens des politesses de circonstance, concédant après plusieurs relances que l’immeuble « est quand même plus joli maintenant ».

Un peu plus tard dans la visite, Mourad Lashab, secrétaire de l’Association des parents d’élèves des Écrivains, salue les changements en cours dans le quartier. Avec les 80 places dédiées au soutien scolaire pour l’association, celle-ci peut désormais se concentrer sur ses missions :

« Avant, on était dans des locaux trop petits, puis dans le sous-sol de l’église. Depuis avril 2023, on a ces nouveaux locaux avec des grandes baies vitrées, alors les gens nous voient et ont tendance à venir nous rencontrer plus facilement. Ça nous donne un meilleur ancrage géographique. »

Carte de vœux des Hôpitaux de Strasbourg : bonne et instable année 2024 ?

Carte de vœux des Hôpitaux de Strasbourg : bonne et instable année 2024 ?
La carte de vœux des HUS pour l’année 2024 représente une pyramide de soignants et d’agents hospitaliers tenant, à bout de bras, un patient.

La carte des vœux des Hôpitaux universitaires de Strasbourg n’est pas passée inaperçue en ce début d’année 2024. Le dessin, envoyé par la cellule communication à tous les agents, gêne quelques soignants qui ont du mal à saisir le message qu’a voulu faire passer l’administration.

« J’ai été un peu perplexe en découvrant l’image ». Cette cardiologue qui travaille au NHC – et qui tient à rester anonyme – fait partie des nombreux soignants qui n’ont pas vraiment compris le choix fait par la cellule communication des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pour le dessin illustrant la carte de vœux 2024.

Dessinée par un illustrateur strasbourgeois de 33 ans, Adrien Weber, la carte représente une pyramide de soignants et d’agents hospitaliers, tenant à bout de bras un patient alité sur un brancard. À la façon d’une pyramide de gymnastes, avec à la base du personnel administratif, ordinateur et dossiers en main, et un laborantin. Tous les quatre soutiennent sur leurs épaules ou à quatre pattes sur leur dos, d’autres agents. Et ainsi de suite sur cinq étages d’hommes et femmes, tous pliés et contorsionnés dans d’étranges positions.

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Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abris, déjà saturé

Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abris, déjà saturé

Les basses températures ont poussé la préfecture à réquisitionner deux gymnases pour les sans-abris à Strasbourg. Selon nos informations, ils seront tous les deux pleins pour la nuit du 11 au 12 janvier.

Le Bas-Rhin étant placé en vigilance jaune à cause d’un épisode de grand froid, la préfecture du Bas-Rhin réquisitionne le gymnase du Conseil des XV depuis le 7 janvier. Sa capacité d’accueil de 100 places étant atteinte, une seconde salle de sport a été ouverte le 10 janvier, avec 60 lits de camp supplémentaires : le gymnase Menora au Wacken. Le nombre de places dans ce gymnase doit augmenter pour les prochains jours jusqu’à 80 ou 100 personnes. La Croix Rouge y gère l’accueil et la logistique.

À peine ouvert, déjà saturé

Selon nos informations, les deux gymnases devraient être saturées dés la nuit du 11 au 12 janvier. Le SIAO, en charge de répartir les personnes dans les dispositifs d’hébergement d’urgence, a une importante liste d’attente.

Sabine Carriou, présidente de l’association Les Petites Roues, témoigne :

« Il faudrait impérativement ouvrir un troisième gymnase parce qu’il y a encore des familles à la rue par ce froid. J’en connais quatre ou cinq qui tentent de trouver une place dans un gymnase et à qui on dit que tout est complet. On leur conseille de rappeler le 115 (numéro de l’hébergement d’urgence) vers 19h15, au cas où il y a des places qui sont finalement libres. »

Les familles placées au gymnase Menora doivent bénéficier de cette mise à l’abri au moins jusqu’au 17 janvier, selon la notification qui leur a été faite. Le grand froid a aussi amené la préfecture à augmenter la capacité de mise à l’abri du système classique d’hébergement d’urgence. Avec la remontée des températures prévues à partir de mercredi 17 janvier, le dispositif risque ensuite de prendre fin.

La préfecture n’a pas fait suite à la sollicitation de Rue89 Strasbourg qui souhaitait avoir des précisions.