Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne menacés

Les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne menacés
Mobilisation du 12 décembre 2023, à Gare de l’Est à Paris à l’occasion du lancement du train de nuit Paris-Berlin.

L’association Oui au train de nuit a organisé un rassemblement vendredi 26 septembre à la Gare de l’Est de Paris pour dénoncer le risque de suppression des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne. Une décision qui impacterait fortement le réseau ferroviaire nocturne déjà peu investi.

Les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne, qui passent par Strasbourg, risquent d’être supprimés en décembre 2025. L’État envisage la fin d’une subvention de plusieurs millions d’euros versée à la SNCF pour ce dispositif. L’association Oui au train de nuit a organisé un rassemblement vendredi 26 septembre à 18h à la Gare de l’Est de Paris pour inciter les opérateurs ferroviaires, l’État et l’Union européenne à réagir. « Il n’est pas acceptable que les deux seuls trains de nuit internationaux qui desservent la France à l’année disparaissent », dénonce-t-elle dans un communiqué. Une mobilisation simultanée a eu lieu à Berlin.

Lancées en décembre 2023 pour Berlin et en décembre 2021 pour Vienne, les deux lignes de nuit internationales sont pourtant fréquentées. L’association Oui au train de nuit compte près de 66 000 voyageurs transportés en 2024. Sur la même année, le Réseau action climat estime à plus d’un million le nombre d’usagers des trains de nuit en France.

Une offre encore trop restreinte

Avec seulement trois départs par semaine sur les lignes Paris-Berlin et Paris-Vienne, les opérateurs ferroviaires n’ont pas respecté leur promesse, dénonce Nicolas Forien, membre du collectif Oui au train de nuit :

« La SNCF, l’ÖBB autrichienne et la Deutsche Bahn allemande avaient promis que les trains de nuit seraient quotidiens à l’automne 2024 et ça n’a toujours pas été mis en place. À les croire, personne n’est responsable, ils se renvoient la balle. On veut que l’État leur mette un peu la pression en jouant sur les subventions pour que la desserte devienne quotidienne. »

En juillet 2020, Emmanuel Macron annonçait vouloir « relancer les trains de nuit » en créant une dizaine de lignes d’ici 2030. Désormais, au départ de Paris, il est possible de rejoindre Nice, Lourdes, Aurillac, Toulouse ou encore Tarbes de nuit. Dans un rapport publié en juin 2025, le Réseau action climat reconnaît que la « volonté politique a été au rendez-vous en 2020 » mais qu’elle doit désormais « changer d’échelle ». Notamment en renforçant les liaisons européennes et en s’affranchissant de Paris. Un constat que partage Nicolas Forien de l’association Oui au train de nuit :

« Les décideurs ont une vision trop parisienne des liaisons ferroviaires. Il n’y a plus aucune ligne transversale qui relierait Bordeaux à Nice par exemple. Actuellement en train de jour, ça prend 9 heures et avec des correspondances. Ça n’encourage pas à prendre le train. »

Strasbourg, le centre névralgique des lignes ferroviaires du Grand Est, proposées en 2019 par le collectif Oui au train de nuit, à l’horizon 2030. Photo : Collectif Oui au train de nuit

La concurrence déloyale de l’avion

Dans son communiqué, le collectif Oui au train de nuit accuse l’Union européenne de favoriser les déplacements par avion au détriment d’une solution « alternative plus vertueuse ». Selon le Réseau action climat, les vols internationaux sont exonérés de taxe sur le kerozène et profitent d’un taux de TVA à 0%. Résultat : les prix des billets d’avion défient toute concurrence. Nicolas Forien et son association dénoncent ces « niches fiscales » qui bénéficient à l’aérien :

« Ces exonérations fiscales s’apparentent à une sorte de subvention de l’Union européenne qui favorise massivement l’avion. Autrement dit, le mode de transport le plus polluant. Alors que le train de nuit reste l’alternative la plus écologique pour voyager en Europe. Mais tant qu’il existe des billets d’avion à 20€ pour des lignes européennes ou internationales, le train ne pourra pas rivaliser. »

Le collectif Oui au train de nuit a lancé une pétition à destination d’Emmanuel Macron et de Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF pour « sauver les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne ».

Le coup de pouce de Thibaud Philipps pour loger sa grande tante chez Habitat de l’Ill

Le coup de pouce de Thibaud Philipps pour loger sa grande tante chez Habitat de l’Ill
Le maire d’Illkirch-Graffenstaden jure d’abord qu’il n’est pas intervenu dans le dossier de sa grande tante. Il admet ensuite avoir simplement transmis son dossier à Habitat de l’Ill…

Le maire d’Illkirch-Graffenstaden, Thibaud Philipps (Les Républicains), a transmis une demande de logement de sa grand-tante auprès de Habitat de l’Ill à une commission d’attribution dominée par sa municipalité. Un procédé qui a permis d’accélérer la procédure.

Quand on cherche un logement social, avoir un petit-neveu maire peut permettre de régler l’affaire plus rapidement. C’est l’histoire de la grand-tante de Thibaud Philipps (Les Républicains), à la tête de la Ville d’Illkirch-Graffenstaden depuis 2020. En janvier 2021, Marie-Alice dépose une demande de logement auprès de Habitat de l’Ill. Le bailleur social est alors présidé par le maire d’Illkirch-Graffenstaden. Au conseil d’administration de la coopérative siège une majorité d’élus de la municipalité. Quant à la commission d’attribution de logements, elle est même entièrement composée d’élus de la Ville d’Illkirch.

Dans un tel contexte, l’obtention d’un appartement T2 à Illkirch-Graffenstaden par la sœur du grand-père du maire a de quoi susciter les suspicions. Révélée par Le Canard Enchainé, il avait déclaré dans les colonnes du Palmipède : « Je ne suis pas intervenu ». Cette affirmation est infirmée par un document obtenu par Rue89 Strasbourg.

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Censurés par le Racing, des centaines de supporters se battent pour leur liberté d’expression

Censurés par le Racing, des centaines de supporters se battent pour leur liberté d’expression
Les associations de supporters les plus ferventes s’opposent au modèle de la multipropriété depuis le rachat du club par BlueCo, qui détient également le Chelsea FC.

Suite aux mesures de surveillance et de censure annoncées par le Racing club de Strasbourg, quatre associations de supporters ont réagi pour la première fois publiquement jeudi 25 septembre. Elles dénoncent une grave atteinte à leur liberté d’expression.

« C’est un exercice rare pour nous. Notre vocation est d’animer une tribune, pas de faire des points presse », commence Alexandre, porte parole de la Fédération des supporters jeudi 25 septembre. Mais l’heure est grave pour ces fans engagés « pour un Racing indépendant, populaire et différent ». C’est leur première expression publique depuis l’annonce de mesures de censure et de surveillance par le président du club Marc Keller. Elles faisaient suite à des banderoles déployées lors du match contre Le Havre le 14 septembre. Alexandre rappelle :

« Ces banderoles posent des questions légitimes. On peut juger qu’elles sont provocatrices. Nous ne le trouvons pas. Elles relèvent de l’exercice normal de notre droit à la libre expression. […] Nous avons le sentiment que ce qu’on nous reproche, c’est un délit d’opinion, contre la multipropriété dans le football. »

Alexandre, porte-parole de la Fédération des supporters.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

« Marc Keller n’est plus qu’un communicant de BlueCo »

Communiqué de quatre associations de supporters du RCSA

Tout a commencé avec la publication d’un communiqué signé par quatre associations, dont les ultras qui mènent les chants lors des matchs au stade de la Meinau. Les UB90, le Kop Ciel et Blanc, la Pariser Section et la Fédération des supporters du Racing comptent déjà 1 539 membres pour la saison 2025-2026, dont 800 chez les UB90. Mi-septembre, ils dénonçaient à nouveau le rachat du club par BlueCo, un consortium d’investisseurs américains aussi propriétaire du Chelsea FC. Dans leur déclaration, les supporters suggéraient le départ du président : « Marc Keller n’est plus maître des décisions de ce club qu’il avait su rebâtir avec des bases solides. Aujourd’hui il n’est plus qu’un communicant chargé de défendre la politique de BlueCo. »

Lors du match contre Le Havre le même jour, les UB90 brandissaient une banderole qui allait déclencher une intense polémique : « Marc Keller, merci pour cette décennie dorée, il est temps de s’en aller ! » Une autre bannière de la même association demandait à un joueur, Emmanuel Emegha, de « rendre son brassard » de capitaine parce qu’il a déjà annoncé son départ et posé avec le maillot de Chelsea, le club phare de BlueCo.

« On n’a enfreint aucune ligne rouge »

« Est-ce qu’on a le droit de se questionner sur de telles pratiques ? », fait mine de questionner Alexandre. Puis il continue : « C’est très soft. On n’a enfreint aucune ligne rouge, aucune loi. » Mais visiblement, pour certains, c’était déjà trop. Sur les réseaux sociaux, la banderole suscite des centaines de commentaires d’autres supporters du Racing. Certains profèrent des insultes contre les ultras. D’autres vont jusqu’à demander des interdictions de stade contre ces associations qui organisent pourtant bénévolement, depuis de longues années, diverses animations à Strasbourg ainsi que des déplacements dans toute la France.

Suite au match, la banderole continue de susciter des réactions jusqu’aux notables locaux. Des personnalités des milieux économiques et politiques signent une tribune de soutien à Marc Keller. Jeanne Barseghian, la maire écologiste de Strasbourg, en fait partie. Elle n’a pas répondu à Rue89 Strasbourg sur ce qui l’a poussée à prendre cette décision.

Des bénévoles passionnés, attaqués de toutes parts

« Les banderoles ont été déployées uniquement par les UB90, et c’est les quatre associations qui sont ciblées », remarque Alexandre :

« Même si nous sommes tous solidaires des messages, cela interroge. C’est pour avoir signé le communiqué que nous sommes pénalisés ? Nous ne le savons même pas. Ils nous ont juste envoyé un mail avec la liste des mesures, en disant que c’était pour “notre comportement inacceptable”. C’est très flou. Nous avons proposé un échange au club mais il a refusé. »

Parmi les sept mesures, le club impose le contrôle de toutes les banderoles déployées, une escorte par la sécurité pour l’accès à leurs locaux dans le stade ou encore l’installation d’agents de sécurité à leur niveau dans la tribune. Alexandre se dit particulièrement choqué par ce tournant. « Nous sommes des supporters très engagés. Ils nous frappent dans notre vie », confie-t-il :

« Nous avions un partenariat étroit depuis le dépôt de bilan du club en 2011. Nous avons continué à encourager le Racing en toutes circonstances. Nous nous rendions service mutuellement. Si on en est là aujourd’hui, c’est aussi grâce aux supporters. Pour révoquer tout ça, ils nous ont envoyés un simple courriel. »

« La liberté d’expression est un droit, pas un privilège »

Après ce courriel de la direction du RCSA, le premier contact entre le club et les supporters ultras a eu lieu lors du déplacement pour le match contre le Paris FC le 21 septembre. « Nous, les UB90, avions affrété deux bus », relate Maxime, vice-président des UB90. Il y avait aussi un bus du Kop Ciel et Blanc, et un autre du CCS (une autre association, NDLR). « Nous avons eu droit à une fouille de la police à notre arrivée, une deuxième fouille de la sécurité du stade, et à des contrôles d’identité par des agents de sécurité du Racing. On pense que ce n’est même pas légal. » Sollicité pour discuter de ces mesures, le club n’a pas répondu au moment de publier cet article.

De nombreux journalistes étaient présents pour la conférence de presse organisée par les associations de supporters jeudi 25 septembre.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Dans le même temps, des banderoles de soutien aux supporters strasbourgeois ont été déployées dans plusieurs tribunes en France le week-end du 20 septembre. « Multipropriété : gangrène du football. Soutien aux UB90 », à Lyon. « La réussite éphémère aveugle le grand public. Des clubs courent à leur perte. Non à la multipropriété », à Saint-Etienne. « La multipropriété est l’ennemie du football français », à Marseille.

Lundi 22 septembre, une centaine de supporters représentant les quatre associations se sont réunies pour discuter de l’attitude à adopter, notamment pour le match contre l’Olympique de Marseille (OM) le 26 septembre. « On veut que tout se passe bien. Donc on va jouer l’apaisement et respecter les dispositions prises par le club. Même si on ne les cautionne pas et qu’on demande leur suspension », explique Maxime :

« On ne sait pas encore vraiment ce qui peut être accepté par le comité de censure, mais voilà les banderoles qu’on va présenter : “Pour un Racing indépendant, populaire et différent” et “La liberté d’expression est un droit, pas un privilège”. Mais ce n’est pas en procédant brutalement, en nous intimidant, qu’ils vont obtenir qu’on chante pendant tout le match. Cela entérinerait que leur répression fonctionne. »

Silence contre l’OM

Les associations ne chantent plus pendant le premier quart d’heure des matchs depuis l’été 2024, pour manifester contre BlueCo. Face à l’OM, elles prévoient de rester silencieuses tout le match. « Nous lançons un ultime appel à la présidence, pour qu’ils fassent un pas vers nous. Alors nous pourrions peut-être changer d’avis, estime Maxime. Mais pour l’instant, nous n’avons pas le cœur à nous défoncer les cordes vocales. Aux autres supporters qui demandent notre dissolution et qui veulent en même temps qu’on chante pendant 90 minutes, on ne leur interdit pas d’encourager l’équipe eux-mêmes. »

Pour sortir de cette crise, les associations de supporters demandent que la présidence « se rapproche d’eux ». « Nous avons toujours été dans le dialogue, nous souhaitons l’apaisement, assure Alexandre. On pourrait imaginer que ça se calme après un retrait des mesures, et des engagements concrets pour ne pas être dans une forme de multipropriété aussi agressive. On aimerait aussi un dialogue avec les propriétaires. »

« Marc Keller nous avait promis en 2023 qu’ils souhaitaient nous rencontrer », abonde Maxime :

« On a re-sollicité cet échange à de nombreuses reprises mais il n’a jamais eu lieu. En avril dernier, un rendez-vous était enfin prévu avec Behdad Eghbali (l’un des actionnaires majeurs de BlueCo, NDLR). Il est arrivé avec 1h15 de retard et nous n’avons pu parler que 10 minutes. Nous n’avons pas réellement discuté. »

Proposition de loi contre la multipropriété

Quoiqu’il arrive, ces associations de supporters continueront leur engagement contre « la financiarisation du football ». Ce ne sont pas les rares prises de parole de Behdad Eghbali qui vont les rassurer. Ce dernier considère par exemple que le sport européen à 20 ans de retard sur le sport américain. « Dans le sport américain, souvent il n’y a pas de système de relégation et de montée, ce sont des ligues fermées », déplore Alexandre. Les clubs doivent acheter leur place pour participer au championnat. « Nous sommes pour l’équité et l’éthique sportive. On a toujours combattu le foot business et on continuera à le faire », prévient-il.

Maxime, vice-président des UB90.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Les supporters rappellent que des dispositifs existent pour lutter contre les prises de pouvoir d’investisseurs comme c’est le cas au Racing. En Allemagne, les clubs sont des associations dont les supporters peuvent être membres. Et ces associations doivent détenir 50% des parts plus une voix minimum. Cela empêche que des propriétaires prennent le contrôle. Des associations de supporters participent ainsi aux décisions puisqu’elles sont membres du club. Par ailleurs, le député La France insoumise Éric Coquerel a déposé une proposition de loi visant à interdire la multipropriété des clubs de football. Elle est soutenue par des députés de plusieurs partis, y compris de droite, et pourrait être présentée à l’Assemblée nationale fin 2025 ou début 2026.

S’Cargo lance un financement participatif pour trois nouveaux vélos-cargos électriques

S’Cargo lance un financement participatif pour trois nouveaux vélos-cargos électriques
Les vélos cargo électriques sont les plus réservés par les quelque 150 adhérents de S’Cargo.

L’association S’Cargo a lancé un financement participatif pour acquérir trois nouveaux vélos-cargos électriques. L’objectif du collectif : rendre ces vélos multi-usages accessibles à tous.

« Promène n’importe qui, transporte n’importe quoi. » Depuis le printemps 2024, l’association S’Cargo propose à ses adhérents d’emprunter des vélos cargo dans l’Eurométropole pour transporter ses enfants, faire ses courses, ou déménager. Jusqu’au 12 octobre, elle lance un financement participatif pour agrandir sa flotte de trois nouveaux vélos électriques.

L’objectif est d’atteindre 15 000€ pour acheter trois biporteurs ou triporteurs d’occasion, les réparer, les faire décorer par des artistes locaux, puis y intégrer un système électrique. Fanny Laemmel, responsable de projet à S’Cargo, fait le point sur la campagne de financement :

« Nous avons choisi de lancer cette campagne sur la plateforme alsacienne Okoté. L’avantage, c’est qu’à chaque euro récolté, l’Eurométropole verse un euro et les entreprises partenaires aussi. Donc avec 5 000€ de dons citoyens, on atteint l’objectif de 15 000€. Pour l’instant, on a récolté près de 9 000€ depuis le début du mois de septembre, on est très content. »

« Le bon pote qui t’aide à déménager »

Fidel Cargo, Brigitte Cargo ou encore Cargoline de Monaco… Au total, 17 vélos-cargos sont déjà disponibles dans plusieurs quartiers et communes de l’Eurométropole. Fanny Laemmel rappelle les multiples usages possibles :

« Chaque vélo est personnalisé et a son petit nom. C’est le bon pote qui t’aide à déménager, à te déplacer avec tes enfants, ou à transporter ton chien. On reçoit des photos d’adhérents qui l’utilisent pour aller au marché, à la déchetterie ou faire leurs courses en Allemagne.« 

Pour les emprunter, une adhésion à l’année au tarif de 45€, ou 15€ en tarif solidaire, est demandée. Il est ensuite possible de réserver gratuitement son vélo cargo en ligne pour une durée de trois jours, sans déposer de caution.

Une parade à vélo cargo, le 28 septembre

Parallèlement, l’association S’Cargo organise une parade à vélo-cargo, le dimanche 28 septembre, dans le cadre de la journée « Sans voiture Simone ». Le rendez-vous est donné à 11h au parc de Heyritz, devant le Rowing Club, à Strasbourg. L’arrivée est prévue vers midi à l’événement « Sans voiture Simone », place d’Ostwald, à Strasbourg – Montagne Verte.

Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini se lancent au centre-gauche

Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini se lancent au centre-gauche
Paul Meyer assure qu’on ne le retrouvera pas sur une liste de droite cette fois-ci…

Anciens adjoints du maire Roland Ries, Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini se lancent dans la campagne des élections municipales avec un mouvement appelé « Réconcilier Strasbourg ». L’objectif est de créer une dynamique au centre-gauche, un espace politique pourtant déjà saturé.

« Je ne pensais pas revenir en politique ». Rencontré dans un café strasbourgeois fin septembre, Paul Meyer revient sur ses années loin des projecteurs médiatiques. Issu du Parti socialiste dont il a été secrétaire général jeunes, adjoint du maire de Strasbourg Roland Ries en 2014, il s’était échappé de la politique en 2020 après s’être retrouvé sur une liste d’union menée par le macroniste Alain Fontanel et Jean-Philippe Vetter (Les Républicains). « J’avais fait le tour », dit-il.

Une ville fracturée

Mais apparemment pas tout à fait. Paul Meyer revient après avoir été consultant en « relations publiques, communication et transition environnementale des territoires » après la victoire des écologistes en 2020. « Je pensais qu’ils réussiraient quand même à mener quelques chantiers », se remémore l’ancien adjoint au maire.

Mais non, à ses yeux, les écologistes ont tout raté. Mais surtout, Jeanne Barseghian et ses alliés ont « fracturé la ville » :

« À force de dogmatisme, de tout vouloir conflictualiser, on en arrive à ce qu’il n’y ait pas de tram vers Schiltigheim, pas de piste cyclable ! Cette méthode qui consiste à prouver qu’on est de gauche en faisant crier la droite est détestable. »

« Le tournant social et populaire, je l’attends toujours. »

Paul Meyer, cofondateur du mouvement « Réconcilier Strasbourg »

Ces arguments ne sont pas nouveaux dans le débat public. Ils sont répétés inlassablement par l’opposition au conseil municipal, dont Jean-Philippe Vetter, Pierre Jakubowicz (Horizons) et Catherine Trautmann (Parti socialiste). Pourtant, Paul Meyer l’assure, son engagement d’aujourd’hui est résolument « social-démocrate, pour une gauche populaire ». Aucun risque qu’on le retrouve à nouveau dans une liste de droite :

« Le tournant social et populaire, je l’attends toujours. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les critiques envoyés par des élus de la majorité réunis au sein d’un “bloc de gauche” après cinq ans de mandat ! À l’époque de Roland Ries, si nous avions expulsé les sans-abris des camps comme Jeanne Barseghian l’a fait, notre majorité aurait explosé. »

« La question des étiquettes n’est pas mon problème »

C’est donc à gauche que Paul Meyer veut rassembler, avec Nawel Rafik-Elmrini et tous ceux et celles qui rejoignent son mouvement « Réconcilier Strasbourg ». À gauche mais évidemment pas avec les Écologistes mais pas non plus avec La France insoumise, que Paul Meyer range dans le même camp des élus conflictuels. Avec les Socialistes ? Ce sera compliqué dans la mesure ou Paul Meyer en a claqué la porte pour mener son aventure personnelle…

« La question des étiquettes n’est pas mon problème », évacue l’ancien élu. « Avec Nawel, nous mettons en place notre plateforme. Nous faisons nos propositions (voir plus bas) et nous rejoint qui veut et qui se reconnait dans ce que nous proposons. Nous sommes libres et nous nous donnons les moyens d’aller jusqu’au bout. »

Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini en campagne au Forum des associations.Photo : Réconcilier Strasbourg / Facebook

Cette candidature au centre gauche devra tout de même se faire une place dans un créneau déjà bien occupé. Outre les Socialistes probablement emmenés par l’ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann, on y trouve Thibaut Vinci avec le Parti radical de gauche, l’ancienne adjointe de Roland Ries Chantal Cutajar et Citoyens engagés, sans compter Place publique et Génération.s qui devraient partir en coalition avec les Écologistes.

À Strasbourg, l’État crée une tension alimentaire pour les migrants et les SDF

À Strasbourg, l’État crée une tension alimentaire pour les migrants et les SDF
Plusieurs centaines de personnes ont besoin d’une distribution alimentaire chaque jour à Strasbourg, en septembre 2025.

La préfecture ne fournit quasiment plus de repas aux demandeurs d’asile depuis le 1er septembre. Face à l’augmentation du nombre de personnes dans le besoin, les associations craignent de ne pas pouvoir assurer suffisamment de distributions alimentaires.

Une file de personnes encapuchonnées ou protégées par des parapluies s’allonge à côté de la gare ce mardi 23 septembre. Au bout, sous une tonnelle, les bénévoles de Strasbourg action solidarité mettent du ragoût de lentilles et des pommes de terre dans des boites en carton. Elles auront délivré 350 repas chauds en un peu plus d’une heure. « Et encore, ceux qui viennent d’habitude ne sont pas tous au courant de la reprise des distributions », s’inquiète Valérie Suzan, présidente de l’association. En attendant son dîner, Boris confie qu’il a faim. « Les grosses maraudes, c’est pas tous les jours. Et les petites n’ont plus assez pour tout le monde. Alors des fois je ne mange pas, quand la manche ne suffit pas », témoigne ce sans-abri originaire de la Meinau.

Boris.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

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Des visages et des témoignages d’habitants et d’habitantes des campements. Des révélations sur le business de l’hébergement d’urgence, sur les expulsions de familles par l’État, sur la tension alimentaire à Strasbourg, ou sur la réalité du plan Grand froid, au-delà de la communication préfectorale. L’engagement de Rue89 Strasbourg sur le sans-abrisme, c’est de vous donner accès à toutes ces informations qui font rarement la Une des médias traditionnels.

Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C’est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d’hébergements d’urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

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À Benfeld, un adolescent fasciné par le nazisme agresse son enseignante au couteau

À Benfeld, un adolescent fasciné par le nazisme agresse son enseignante au couteau
La procureure de Strasbourg, Clarisse Taron annonce l’ouverture de deux enquête suite à l’agression d’une professeure dans un collège à Benfeld.

Une professeure de musique a été blessée au visage par un de ses élèves qui l’a agressée avec un couteau, mercredi 24 septembre au collège Robert Schuman de Benfeld.

Un adolescent de 14 ans a été interpellé par les gendarmes, mercredi 24 septembre, après avoir agressé sa professeure de musique avec un couteau au collège Robert Schuman de Benfeld. Il était 8h, les cours venaient tout juste de débuter. À l’entrée de la salle de classe, cet élève de 3e a blessé au visage son enseignante âgée de 66 ans.

Lors d’une conférence de presse à 17h30 au tribunal judiciaire de Strasbourg, la procureure de la République Clarisse Taron a assuré que le pronostic vital de l’enseignante n’était pas engagé. Au contraire de celui du suspect. Lors de son interpellation, le jeune garçon « s’est porté des coups de couteau au cou et aurait à ce stade des lésions jugulaires et au niveau de la carotide ». Le mineur devrait rester sédaté pendant au moins 48h à l’hôpital de Strasbourg.

La procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron annonce l’ouverture de deux enquêtes suite à l’agression d’une professeure dans un collège à Benfeld.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg

Un jeune fasciné par le nazisme

Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) alors qu’il n’avait que quelques mois, l’adolescent a rapidement été placé en famille d’accueil où il a subi des violences. Ces dernières ont abouti à la condamnation de l’assistante familiale par la Cour d’appel de Colmar en 2024, selon la procureure de Strasbourg. Depuis, le jeune garçon vit en foyer. Clarisse Taron décrit un mineur « en situation de handicap », porteur d’une « maladie génétique héritée de sa mère ». Dans le cadre de son suivi par l’ASE, il aurait bénéficié d’un suivi psychologique et psychiatrique.

Selon le général de gendarmerie Gwendal Durand, il est encore trop tôt pour connaître les motivations du jeune suspect ou pour affirmer que sa professeure de musique était particulièrement visée. L’adolescent avait tout de même un « goût pour les armes et tout ce qui a trait à la Seconde Guerre mondiale, avec des références nettes au nazisme », déclare la procureure. Des dessins du symbole SS ou d’un homme levant le bras droit à la manière d’un salut hitlérien, retrouvés dans ses cahiers, avaient déjà inquiété le personnel du collège et fait l’objet de sanctions disciplinaires.

Trop peu de moyens pour la santé mentale

Cette agression s’inscrit dans une série d’attaques à l’arme blanche commises par des élèves à l’encontre du corps enseignant. En février 2025, Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation, avait annoncé la mise en place de fouilles surprises des sacs par les forces de l’ordre à l’entrée des établissements. Fin août, lors de son discours de rentrée, la ministre démissionnaire faisait le bilan : 6 200 fouilles réalisées et près de 400 armes blanches saisies. Au collège Robert Schuman de Benfeld, des contrôles avaient eu lieu en fin d’année scolaire et à la rentrée 2025 mais « rien n’avait été trouvé », résume le général de gendarmerie Gwendal Durand.

Selon les Dernières nouvelles d’Alsace, Élisabeth Borne, qui s’est rendue à Benfeld dans la matinée, a déclaré vouloir « agir sur la santé mentale, une priorité pour cette rentrée scolaire ». Une problématique récurrente qui ne semble pas se résoudre d’une année sur l’autre. En juin 2025, Mediapart faisait déjà le bilan des postes de psychologues scolaires, trop peu nombreux pour prendre en charge entre 1 400 et 1 800 élèves en besoin de suivi psychologique. Dans un communiqué du mercredi 24 septembre, les membres de la Fédération des conseils de parents d’élèves du Bas-Rhin le rappellent :

« Il n’y a pas assez d’adultes pour encadrer, écouter, détecter, suivre, orienter les élèves… Les délais de prise en charge sont déraisonnables. Nous sommes démunis. »

Deux enquêtes en cours

Clarisse Taron a annoncé l’ouverture de deux enquêtes. La première porte sur « les faits d’agression de la professeure », la seconde traite des conditions d’interpellation du mineur blessé. La procureur précise que « le parquet n’a pas d’inquiétude particulière sur le comportement des forces de gendarmerie » qui ont procédé à l’interpellation. En parallèle, « le parquet national antiterroriste évalue la situation compte tenu du profil du mineur ».

Centre d’hébergement à Montagne Verte : une réunion pour répondre à la peur des étrangers

Centre d’hébergement à Montagne Verte : une réunion pour répondre à la peur des étrangers
La réunion publique entre les acteurs du projet et les habitants de la Montagne verte a duré deux heures.

Une réunion publique sur l’installation d’une structure d’hébergement à Montagne Verte a eu lieu mardi 23 septembre. La Ville et Caritas ont répondu à des opposants qui ont surtout montré qu’ils craignent les immigrés…

Nous sommes loin de l’affluence de la précédente réunion publique sur le futur centre d’hébergement pour réfugiés en juin 2024. 200 personnes étaient venues ce jour là. Mardi 23 septembre, une cinquantaine d’habitants de la Montagne Verte entre au compte-goutte dans la salle du foyer Saint-Paul de Koenigshoffen. « La pluie a sans doute dû en refroidir quelques-uns de venir… », suggère une habitante en enlevant son vêtement de pluie et son casque de vélo.

Si des habitants du quartier s’étaient fortement mobilisés à l’époque, l’ambiance est aussi bien différente en cette soirée de début d’automne. Face à plusieurs dizaines de chaises vides, Floriane Varieras, élue adjointe à la maire de Strasbourg en charge de la Solidarité, prend la parole sur ce foyer qui doit être construit au 13 rue de la Montagne Verte. À ses côtés, l’ensemble des acteurs du projet sont alignés, face à une audience silencieuse et attentive.

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Rush des chantiers à Strasbourg avant le Marché de Noël

Rush des chantiers à Strasbourg avant le Marché de Noël
Sur l’un des chantiers d’un réseau de chaleur en 2024.

La municipalité a tenu à faire un point sur les travaux en cours à Strasbourg. Une trentaine de chantiers sont programmés au quatrième trimestre 2025 et des échéances cruciales approchent.

Septembre 2025, Strasbourg est parsemée de trous, de pelleteuses, et d’ouvriers en combinaisons orange qui semblent indifférents à la chaleur ou à la pluie. Une trentaine de chantiers sont en cours en ville, ce qui agace certains habitants et l’opposition à la municipalité.

Face à la presse mardi 23 septembre, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) a donc tenu à faire le point. « Ces travaux sont liés à nos objectifs de transformation écologique et d’adaptation aux enjeux climatiques », a indiqué Jeanne Barseghian :

« Beaucoup de désagréments proviennent de la pose des tuyaux pour les réseaux de chaleur et les rénovations des réseaux d’eau et d’assainissement. Mais il fallait le faire ! Les réseaux de chaleur vont permettre de raccorder 15 000 logements à une énergie faiblement taxée et à un prix abordable. Les habitants vont tous en bénéficier. Quant aux réseaux d’assainissement, il s’agit d’éviter le gaspillage de l’eau. »

Trois réseaux de chaleur s’étendent à Strasbourg : RCUA au centre de Strasbourg, Neudorf et autour du boulevard Clémenceau, Evos vers Koenigshoffen et Cronenbourg et Eco2Wacken. À ces réseaux destinés au chauffage des logements, il faut ajouter R-Pass, qui s’intéresse aux entreprises du Port autonome. Ces chantiers progressent de 30 kilomètres par an et devraient continuer à le faire au moins jusqu’en 2029. « Ils fournissent 370 gigawattheure (GWh) d’une énergie produite localement, précise Marc Hoffsess, adjoint à la maire en charge du suivi de ces réseaux. Et l’objectif pour 2030 est d’atteindre 1 000 GWh. »

Libération fin novembre

Un incident avenue de Colmar a retardé les travaux de La Colmarienne, une large piste cyclable à deux voies prévue sur cette route mais assure-t-on du côté de la municipalité, « cet incident est résolu. Les travaux ont pu reprendre et La Colmarienne devrait être terminée autour du 15 novembre 2025 ».

Quant au Ring (anneau), des aménagements cyclistes permettant de contourner le centre-ville de Strasbourg, il devrait être terminé autour du 30 novembre 2025, au grand soulagement des riverains de la place d’Austerlitz.

Jeanne Barseghian estime que 70 kilomètres de nouvelles pistes cyclables ont été déployées de 2020 à 2025. Le plan vélo de l’Eurométropole en prévoyait 100 mais une bonne partie étaient adossés à l’extension vers le nord du tramway, un important projet de mobilités entre Strasbourg et Bischheim qui n’a pas pu émerger durant ce mandat.

Parmi les grand travaux, Jeanne Barseghian cite le réaménagement du secteur des Halles, qui doit apaiser la circulation du centre-ville jusqu’au boulevard Wilson, tout en permettant la desserte des cars interurbains et en agrandissant le parc. Ces travaux devraient être terminés fin novembre 2025.

Nombre des travaux engagés doivent être terminés fin novembre car les aménagements doivent être prêts pour… le Marché de Noël, qui verra quelque trois millions de touristes déferler dans les rues du centre-ville de Strasbourg. Jeanne Barseghian a réfuté toute synchronisation avec le calendrier électoral, les élections municipales étant prévues en mars 2026 mais reconnaît que les plannings sont parfois serrés mais « nous avons dû faire face à la pandémie de covid, qui a retardé les déploiement d’une année. Pour chaque projet structurant, il faut compter quatre à cinq années. »

En Alsace, trois marches pour la justice climatique et sociale dimanche 28 septembre

En Alsace, trois marches pour la justice climatique et sociale dimanche 28 septembre
Trois marches sont prévues en Alsace, dimanche 28 septembre, dans le cadre de l’appel national « Climat, Justice, Libertés ! », porté par 238 organisations.

Dimanche 28 septembre, plus de 50 marches des résistances auront lieu en France pour demander une transition écologique, sociale et démocratique. À Strasbourg, le rendez-vous est donné à 14h place Kléber. Deux autres marches sont également prévues à Colmar et Guebwiller.

« Porter haut et fort les exigences de justice climatique, sociale et démocratique. » C’est l’ambition de la marche des résistances, nommée « Climat, Justice, Libertés ! », organisée dimanche 28 septembre dans plus de 50 villes en France. Nouvelle étape d’une rentrée riche en mobilisations sociales, l’appel a été signé par 238 organisations, dont le Réseau Action Climat, Attac, Extinction Rébellion, Greenpeace et la Ligue des Droits de l’Homme.

À Strasbourg, le rendez-vous est donné place Kléber, à 14h, à l’initiative d’Alternatiba et de Fridays for Future. Le cortège partira vers la place Gutenberg, et continuera sur le quai des bateliers, le quai
des pêcheurs, l’église Saint-Paul avant de finir son trajet place de la République.

En Alsace, des marches sont également prévues à 11h à Colmar, au départ de la place Rapp, et à 15h, à Guebwiller, au départ du parc de la Marseillaise.

Une mobilisation mondiale

Les organisateurs présentent la journée comme « festive, populaire et combative ». Comme le rappelle Alternatiba Strasbourg et Fridays for Future dans leur communiqué, elle s’inscrit dans l’initiative internationale « Draw The Line » (tracer la ligne en anglais), lancée par des peuples autochtones d’Amérique latine, à quelques semaines de la COP30, prévue à Belém, au Brésil.

La mobilisation se veut solidaire de toutes les luttes climatiques et sociales à travers le monde, notamment le droit à l’IVG, dont la journée mondiale est également le 28 septembre :

« La mobilisation du 28 septembre rappellera que nos luttes, ici, résonnent avec celles menées partout dans le monde, face aux politiques d’accaparement, d’exclusion, de destruction et de militarisation. Nous appellerons collectivement à la fin des violences coloniales et des guerres, notamment en Palestine. »

Climat, justice et libertés

Cette marche combine à la fois des revendications en faveur du climat, de la justice sociale, de la démocratie et des droits fondamentaux. Les signataires de l’appel entendent donc réclamer des mesures immédiates comme la sortie des énergies fossiles, l’interdiction des pesticides dangereux, la taxation des majors du pétrole et des ultra-riches, mais aussi l’abrogation de la réforme des retraites, ou la régularisation des sans-papiers.

« Le 28 septembre, nous marcherons ensemble à Strasbourg pour transformer la colère en alternative et ouvrir la voie à une transition écologique, sociale et démocratique », conclut ainsi Alternatiba Strasbourg et Fridays for Future.

En Alsace, le rectorat préfère les professeurs précaires et sans diplôme

En Alsace, le rectorat préfère les professeurs précaires et sans diplôme
Le ministère préfère embaucher des contractuels que des enseignants stagiaires diplômés.

Vanessa et Sabrina ont été admises sur la liste complémentaire du concours de recrutement des professeurs des écoles. Par souci d’économie, l’académie de Strasbourg les a ensuite invitées à postuler en tant que professeures contractuelles.

À 25 ans, Vanessa Koelher a toujours voulu enseigner. Fraîchement admise sur liste complémentaire au concours externe de recrutement de professeurs des écoles (CRPE), la jeune femme a touché du doigt son métier rêvé. Elle a fini par déchanter après avoir sollicité le rectorat sur son affectation. Jeudi 2 septembre, elle reçoit du secrétariat général de l’académie de Strasbourg la réponse suivante : « Nous ne pouvons pas donner de suite favorable à votre demande, les appels à la liste complémentaire étant clos pour 2025. » Attablée en terrasse d’un café, place d’Austerlitz à Strasbourg, Vanessa exprime sa colère dans un flot ininterrompu. Elle semble avoir oublié l’existence de son chocolat chaud au creux de ses mains.

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Rassemblement pour Cécile Kohler et Jacques Paris jeudi 25 septembre

Rassemblement pour Cécile Kohler et Jacques Paris jeudi 25 septembre
Cécile Kohler et Jacques Paris

L’association « Liberté pour Cécile » organise une journée de rassemblement jeudi 25 septembre pour la libération de Cécile Kohler et de Jacques Paris, retenus en otages par l’Iran depuis 2022 pour faire pression sur la France.

Les dernières nouvelles de Cécile Kohler datent du samedi 13 septembre. La professeure agrégée de lettres modernes de 41 ans, originaire de Soultz dans le Haut-Rhin, a pu contacter sa famille depuis une prison en Iran, où elle est retenue par le régime des mollahs.

Alors que s’approche le quatrième anniversaire de son enlèvement, le collectif « Liberté pour Cécile » organise une journée de rassemblement en France, afin de lui apporter un soutien et de se rappeler au souvenir des autorités françaises et iraniennes. À Strasbourg, le rassemblement doit avoir lieu à 17h30, place Kléber.

Emprisonnés depuis 2022

Enseignante et syndicaliste de Force ouvrière – Éducation, Cécile Kohler a été interpellée le 7 mai 2022 par les autorités iraniennes avec son compagnon Jacques Paris, responsable du même syndicat. Le régime iranien les accusent d’espionnage, parce qu’ils ont été en contact avec des syndicalistes du pays selon le collectif « Liberté pour Cécile ». Une quinzaine de ressortissants européens sont ainsi retenus en otage par le régime des mollahs pour faire pression sur leurs gouvernements.

Le collectif « Liberté pour Cécile » rappelle que la situation de Cécile Kohler est « dramatique. Ses droits fondamentaux sont bafoués, elle est privée de toute ressource matérielle, séparée de Jacques, et maintenue dans une détresse totale par les privations et la torture psychologique constante qu’elle subit. »

Le comité de soutien demande sa libération immédiate, ainsi que celle de Jacques Paris mais également la « révélation précise de leur lieu de détention » et la « garantie de conditions de détention conformes au droit international », ainsi que « des contacts réguliers et sans contraintes à leurs proches, l’accès consulaire ainsi qu’à leurs avocats indépendants mandatés par la famille ».

Reconnu comme un État par la France, les couleurs de la Palestine ont orné l’hôtel de ville de Strasbourg

Reconnu comme un État par la France, les couleurs de la Palestine ont orné l’hôtel de ville de Strasbourg
Le rouge, le noir, le blanc et le vert du drapeau palestinien ont été projetés sur la façade de l’hôtel de ville.

La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a déployé les couleurs du drapeau palestinien sur l’hôtel de ville lundi soir malgré l’opposition du ministre de l’Intérieur et ce, alors que la France a reconnu l’existence d’un État de Palestine devant l’assemblée générale des Nations unies.

Jeanne Barseghian a choisi d’afficher les couleurs de la Palestine sur l’hôtel de ville de Strasbourg. La maire écologiste s’est ainsi rangée aux côtés des quelques 80 villes qui ont déployé un drapeau palestinien lundi 22 septembre à l’occasion de la reconnaissance par la France d’un État de Palestine devant l’assemblée générale des Nations unies.

Cet affichage symbolique a cependant été condamné par avance par le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau (Les Républicains) qui a ordonné vendredi à tous les préfets d’attaquer systématiquement devant les tribunaux administratifs toutes les décisions communales en faveur du drapeau palestinien. À Strasbourg, les conseillers municipaux d’opposition, et candidats aux élections municipales, Jean-Philippe Vetter (LR) et Pierre Jakubowicz (Horizons) ont également condamné la décision de la maire.

Lundi, la préfecture du Bas-Rhin a donc demandé en référé la suspension de la décision de la maire dès qu’elle fut connue, soit en fin de matinée après la diffusion d’un communiqué de presse. Le juge des référés du tribunal administratif, Claude Carrier, a entendu les parties en audience vers 17h en regrettant d’avoir été saisi tardivement. Vers 20h, il a prononcé une suspension de la décision mais trop tard, puisque la Ville avait déployé les couleurs palestiniennes depuis 19h30.

Un préfet très impliqué

Le préfet Jacques Witkowski est venu en personne constater l’affichage et l’inapplication de la décision du tribunal administratif (TA). Dans son télégramme aux préfets, Bruno Retailleau avait justifié sa guerre contre les drapeaux palestiniens au nom du principe de neutralité des services publics. Également présente sur place, la députée de la première circonscription du Bas-Rhin, Sandra Regol (Les Écologistes) a estimé qu’il s’agissait d’un détournement de ce principe :

« C’est dangereux d’en appeler à la neutralité du service public quand il s’agit de choix de municipalités. Cela reviendrait à nier aux élus locaux le droit de prendre des positions politiques. Ils l’ont pourtant fait sans que ça pose de problème en affichant le drapeau ukrainien après l’invasion russe en 2022 et le drapeau israélien après l’attaque du Hamas en 2023 par exemple… »

Le juge des référés du TA de Strasbourg a pourtant retenu ce principe de neutralité pour suspendre la décision de la maire de Strasbourg, considérant qu’aucune « consigne n’a été donnée par le Gouvernement aux administrations en vue de donner un écho particulier à la reconnaissance » d’un État de Palestine :

« La Ville de Strasbourg précise dans son communiqué que “cette lumière symbolise notre soutien aux efforts diplomatiques en faveur d’une paix juste et durable où deux États – Israël et la Palestine – pourraient enfin coexister en sécurité”. La maire de Strasbourg y exprime publiquement son opinion politique sur un conflit international en cours. Ainsi, la décision de la commune de Strasbourg d’illuminer l’hôtel de ville de Strasbourg aux couleurs du drapeau palestinien doit être regardée comme symbolisant la revendication d’une opinion politique. (…) La maire de Strasbourg a porté gravement atteinte au principe de neutralité des services publics. Il y a lieu de suspendre la décision de la maire. »

Le juge des référés n’a cependant pas prononcé l’astreinte de 1 000 euros par jour que demandait le préfet. Contacté, le cabinet de Jeanne Barseghian indiquait lundi en début de soirée « étudier la décision du tribunal », tout en précisant que cet éclairage n’était prévu que pour la nuit du lundi au mardi.

Une veillée pour la paix, lundi 22 septembre à Strasbourg

Une veillée pour la paix, lundi 22 septembre à Strasbourg
Bougie

Alors que la France doit reconnaître l’État de Palestine devant l’Organisation des nations unies, l’Appel de Strasbourg pour la paix organise un rassemblement lundi 22 septembre en hommage aux 129 000 victimes des conflits armés dans le monde en 2024.

Lancé fin octobre 2023 par plusieurs organisations de gauche alors que la guerre menée par l’armée israélienne commençait à multiplier les pertes civiles parmi les Gazaouis, l’Appel pour la paix de Strasbourg visait à rappeler l’attachement de Strasbourg « à la paix, à la justice, au droit des peuples et au respect du droit international ». Ce mouvement organise un rassemblement ce lundi 22 septembre à 18h, place de la République à Strasbourg. À l’aide de 129 bougies, l’Appel de Strasbourg veut rendre hommage aux quelques 129 000 victimes des conflits armés dans le monde en 2024.

Cet appel survient alors que la France doit reconnaître l’État de Palestine le même jour devant l’assemblée générale des Nations unies à New York, un geste symbolique qui sera relayé à Strasbourg par la projection du drapeau palestinien sur l’hôtel de ville.

« L’année 2024 restera l’une des plus sanglantes depuis la fin de la guerre froide. Au lieu de choisir la paix, la France augmente son budget militaire et se hisse au 2e rang mondial des exportateurs d’armes », déplore le communiqué de l’Appel de Strasbourg pour la paix :

« Les tensions et conflits au Proche-Orient font planer le risque d’un embrasement généralisé. Le génocide en cours à Gaza, les frappes incessantes contre le peuple palestinien et l’organisation de la famine au mépris du droit international, sont des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. »

L’Appel pour la paix de Strasbourg demande à la France « d’imposer un embargo sur les armes à destination de l’État d’Israël, à sanctionner le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahou et à suspendre sans délai l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël. »

Le mouvement demande en outre « un retour à la stabilité politique en Afrique subsaharienne, notamment au Soudan et au Congo », et « la fin de la guerre en Ukraine et de l’agression du pouvoir russe au mépris du droit international ».

À l’Université, l’antifascisme convoqué en commission de discipline

À l’Université, l’antifascisme convoqué en commission de discipline
Manifestation contre l’extrême droite en juin 2024.

Six étudiants et étudiantes sont convoqués en commission de discipline lundi 22 septembre. L’Université de Strasbourg sanctionne leurs actions contre l’UNI, un syndicat étudiant d’extrême droite.

Les convocations sont arrivées au beau milieu de l’été. Mardi 22 juillet, six étudiants et étudiantes ont reçu une lettre de la section disciplinaire de l’Université de Strasbourg (Unistra). Le courrier les convoque à comparaître le lundi 22 septembre pour plusieurs comportements : « tentatives d’intimidation physiques et verbales à l’encontre d’autres étudiants, injures publiques proférées à l’encontre de membres de la communauté universitaire, menaces explicites de nature à créer un climat d’insécurité ainsi que des dégradations matérielles » sur des biens de l’Université. Pour Delphine (le prénom a été modifié), membre du syndicat étudiant Fédération syndicale étudiante (FSE) comme trois autres personnes convoquées, ces poursuites constituent une répression sans précédent à l’Unistra :

« Chaque étudiant doit savoir que des militants sont réprimés pour leur antifascisme. Ce n’est pas une attaque contre six personnes. C’est une attaque contre tout mouvement de contestation au sein de l’université. Personne ne doit laisser passer cette attaque contre le mouvement étudiant de gauche. »

Des insultes racistes, homophobes

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En Alsace du nord, le péril permanent des déchets chimiques propagés sous terre

En Alsace du nord, le péril permanent des déchets chimiques propagés sous terre
Un puits de pétrole à Ohlungen.

Entre 1964 et 1974, l’État a autorisé le déversement de 100 000 tonnes de déchets chimiques dans d’anciens puits de pétrole près de Pechelbronn. Ces produits se sont diffusés sur plusieurs kilomètres et les autorités doivent vérifier en permanence s’ils ne remontent pas à la surface.

Un visqueux mélange de produits chimiques contamine les sous-sols de Pechelbronn, Preuschdorf, Kutzenhausen ou Gunstett. C’est dans cette zone au nord de Haguenau que la première exploitation industrielle du pétrole a été implantée en Europe. Elle a duré jusqu’en 1964. À ce moment là, huit puits de mine reliés entre eux par 400 kilomètres de galeries permettaient l’extraction de l’or noir. Et c’est dans quatre de ces puits que l’État a autorisé, juste après la fin des activités liées au pétrole, le largage de déchets, transformant ainsi l’installation en décharge souterraine.

Les camions ont déversé les liquides à même les galeries.Photo : Capture d’écran reportage de France 3 Alsace – 2020

Au total, « environ 100 000 mètres cubes de produits liquides provenant des secteurs alsaciens de la chimie et de la métallurgie ont été déversés, précise Cécile Rackette, sous-préfète du Bas-Rhin. La composition précise des déchets n’est pas connue », relève-t-elle. Ces éléments toxiques venaient notamment des anciennes raffineries de Reichstett et Herrlisheim. Il s’agit de composés organochlorés, de phénols, d’acides, de bases, de sels ou de métaux lourds, qui ont simplement été lâchés directement dans les puits pendant 10 ans, sans contenants, jusqu’en 1974. Ils se sont ensuite répandus sur plusieurs kilomètres carrés dans les sous-sols.

Risque de remontée de liquides toxiques

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Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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#Gunstett#Kutzenhausen#Pechelbronn#Preuschdorf