Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Qui est dérangé par le voile de Nacera ?

Qui est dérangé par le voile de Nacera ?
Le sourire de Nacéra devait rappeler qu’il fait bon vivre à Strasbourg…

Depuis samedi 27 septembre, la Ville de Strasbourg est la cible d’une nouvelle campagne de dénigrement en provenance de l’extrême droite parce qu’elle a osé afficher une femme voilée dans une campagne de communication.

Emmanuelle Brisson peut être fière d’elle. Jeune élue Les Républicains, engagée pour que la droite n’ait « plus honte d’elle-même », elle a publié dans ce cloaque qu’est devenu X une photo d’une femme voilée, Nacera, choisie par la Ville de Strasbourg pour lancer sa campagne « ville amie des aînés ». Bingo ! Le post étiqueté #Strasbourgistan où elle dénonce une atteinte à la laïcité a été vu plus de deux millions de fois après avoir été relayé par toute l’extrême droite. Emmanuelle Brisson sera même invitée plus tard sur BFM pour évoquer une nouvelle fois l’islamisme et ses dangers…

Pour Nacera en revanche, c’est l’effondrement. À 66 ans, elle se réjouissait d’être mise en valeur pour son engagement avec la Ville de Strasbourg. Mais elle se retrouve sur tous les médias d’extrême droite en quelques heures. Selon Nadia Zourgui, adjointe à la maire de Strasbourg, elle s’est recluse dans son appartement, après avoir été insultée et menacée.

Une élue socialiste accuse de « prosélytisme »

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Charles Sitzenstuhl, macroniste isolé contre l’arrivée du RN au bureau de l’Assemblée

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Charles Sitzenstuhl.
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La Presse Libre : un seul abonnement pour lire huit médias indépendants à prix doux

La Presse Libre : un seul abonnement pour lire huit médias indépendants à prix doux

La Presse Libre est une plateforme accessible avec un abonnement unique, permettant de consulter les publications de huit médias indépendants, dont Arrêt sur images, Politis, Médiacités et les trois éditions locales Rue89.

La Presse Libre redonne vie à un vieux rêve de lecteurs : rassembler plusieurs titres de presse en ligne indépendants au sein d’une même plateforme accessible avec un seul abonnement. Pour 14,90 euros par mois pendant six mois pour celles et ceux qui s’abonneront avant le 15 octobre, il sera ainsi possible d’accéder à huit médias : Arrêt sur images, Politis, Next (ex-Next INpact), Reflets.info, Mediacités et les trois Rue89 (Bordeaux, Lyon et Strasbourg). Après le 15 octobre, cet abonnement pour huit médias coutera 19,90 euros par mois.

Nous sommes très fiers de participer à cette aventure. Ce concept de « Netflix de la presse indépendante », attendu par les lectrices et lecteurs, voit enfin le jour. C’est aussi une manière pour la presse indépendante de s’organiser face aux monopoles des grands titres.

Lancement le 15 octobre 2025

L’ambition va bien au-delà d’un simple kiosque numérique. Il s’agit de garantir à un large public un accès direct à une information indépendante, plurielle et exigeante. Dans un contexte où la démocratie est fragilisée, offrir un bouquet de médias nationaux et locaux à un prix doux, c’est donner aux citoyen·nes les moyens de s’informer, de confronter les points de vue et de prendre des décisions éclairées.

L’abonnement mensuel à La Presse Libre est fixé à 19,90 euros, donnant accès à l’intégralité des contenus des huit titres. La plateforme est pensée pour évoluer, d’autres médias pourront la rejoindre à l’avenir, à condition d’être indépendants et fondés sur un modèle d’abonnement. S’abonner, c’est une manière de soutenir dès maintenant le pluralisme de l’information et l’indépendance du journalisme.

L’idée pour ces médias est de « faire résonner leur voix plus fort, dans le respect, bien entendu, de la personnalité de chacun », précise le manifeste de la plateforme. « La démarche de La Presse libre est née le jour où Vincent Bolloré a pu racheter le JDD. On a vu monter son influence et on s’est demandé “mais qu’est-ce qu’on peut faire nous, alors que Bolloré va rassembler un archipel de presse considérable ?” La solution était évidente, c’est le regroupement », résume Daniel Schneidermann, fondateur d’Arrêt sur images et à l’origine du projet.

Un avocat écarté de la commission des droits de l’Homme pour avoir alerté sur Gaza

Un avocat écarté de la commission des droits de l’Homme pour avoir alerté sur Gaza
Un avocat strasbourgeois a fini par démissionner du conseil de l’ordre du barreau après avoir été écarté d’une commission pour avoir alerté sur Gaza.

Un avocat strasbourgeois du conseil de l’ordre avait proposé, en octobre 2023, une mention du risque de représailles inconsidérées à l’encontre des Palestiniens dans une motion condamnant le 7 octobre. Il a ensuite été écarté de la commission des droits de l’Homme.

En octobre 2023, quelques jours après l’attaque du Hamas, un projet de motion est sur le point d’être voté au barreau de Strasbourg, afin de condamner les crimes contre des civils israéliens. Romain (prénom modifié), co-président de la commission des droits de l’Homme, propose alors « une mention du risque de représailles inconsidérées à l’encontre des Palestiniens et susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité ». Une démarche qui a déclenché un processus de mise à l’écart de sa commission, comme le révèle Streetpress ce 30 septembre.

Saisie du défenseur des droits

La demande de l’avocat est rapidement rejetée, et il devient la cible de moqueries de certains de ses collègues sur la liste de mails du barreau de Strasbourg. Fin 2023, la bâtonnière annonce à Romain qu’il est limogé de son poste de président et écarté de la commission des droits de l’Homme. Il saisi alors le défenseur des droits, qui conclura que ces faits « laissent présumer une discrimination en raison des opinions politiques ».

Romain fera même l’objet de deux plaintes déontologiques en 2024, mais les affaires seront classées. Interviewé par Streetpress, il dénonce les différences dans les prises de position du barreau de Strasbourg, qui a adopté des motions pour le respect des droits de l’Homme après la prise de pouvoir des talibans ou pour dénoncer les violences du régime tunisien, mais rien pour Gaza. Dans ce contexte, l’avocat a finalement décidé de démissionner du conseil de l’ordre du barreau.

L’air de Strasbourg s’améliore mais dépasse toujours les seuils de l’OMS

L’air de Strasbourg s’améliore mais dépasse toujours les seuils de l’OMS
L’air de Strasbourg a des conséquences sur la santé des habitants et habitantes.

Mardi 30 septembre, ATMO Grand Est et l’Eurométropole ont présenté le bilan de la qualité de l’air à Strasbourg. Si les résultats s’améliorent, les concentrations restent au-dessus des seuils de l’Organisation mondiale de la santé.

« La pollution de l’air est un désastre sanitaire, elle est sur le podium des principales causes de mortalité en France », a rappelé Françoise Schaetzel, vice-présidente de l’Eurométropole chargée de la qualité de l’air. Mardi 30 septembre, aux côtés d’ATMO Grand Est, l’association en charge de la qualité de l’air dans la région, l’élue a présenté le bilan de la qualité de l’air à Strasbourg. Selon Santé publique France, 40 000 décès par an sont liés à la pollution de l’air dans le pays. Si les résultats récents montrent des améliorations au niveau local, « nous ne sommes pas au bout de nos efforts », a-t-elle reconnu.

Selon les données d’ATMO Grand Est, les émissions de polluants ont nettement diminué entre 2005 et 2023. Les émissions de dioxyde d’azote (NO2), issues majoritairement du trafic routier, ont baissé de 44%. Celles des particules fines PM10 et PM2.5 ont baissé respectivement de 43% et 51%. Seul l’ammoniac a vu ses émissions augmenter de 26%. Cela est lié à l’augmentation du recours à des engrais azotés de type urée, utilisés pour la fertilisation du maïs dans les communes les plus éloignées de Strasbourg.

Des concentrations supérieures aux seuils de l’OMS

Si les émissions baissent, les concentrations de polluants respirées demeurent toutefois bien supérieures aux valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la métropole. « Concrètement, au-dessus du seuil de l’OMS, les effets secondaires sur la santé sont importants », alerte Françoise Schaetzel. La métropole s’est ainsi fixée l’objectif d’atteindre ces valeurs guides d’ici 2035.

Pour le dioxyde d’azote, la totalité des stations de l’Eurométropole respectent la valeur réglementaire en France fixée à 40 microgramme par mètres cube (µg/m3). 2024 marque un record à la baisse avec 33 µg/m3 en moyenne. Ce résultat positif est lié à la baisse de la circulation et à l’amélioration du parc automobile, mais aussi à des conditions météorologiques favorables. Ce chiffre reste en revanche loin des 10 µg/m3 recommandés par l’OMS. La grande majorité des habitants de la métropole sont exposés à des valeurs supérieures à ce seuil.

Pour ce qui est des particules fines, liées en majeure partie au chauffage résidentiel et au trafic routier, Étienne Koszul, directeur général d’ATMO Grand Est, fait le point :

« La concentration reste en dessous des valeurs réglementaires. Mais il faut poursuivre les efforts. Les particules fines PM2.5 pénètrent profondément dans l’organisme et ont donc des effets sanitaires plus importants. L’ensemble de l’Eurométropole reste exposée à des concentrations supérieures aux recommandations de l’OMS. »

L’Eurométropole indique ainsi poursuivre ses aides pour accompagner les habitants vers des méthodes de chauffage plus propres, le chauffage au bois étant particulièrement émetteur de particules fines. Il est possible de demander une aide de maximum 2 500 euros pour remplacer son poêle à bois par un autre plus performant en termes de filtration.

L’Alsace, principale touchée dans le Grand Est

L’ozone est un gaz irritant pour les muqueuses respiratoires, pouvant causer des effets à court terme sur la santé (toux, crises d’asthmes, irritations). Ce polluant estival, très volatil, est le résultat de l’action du soleil et d’un cocktail de polluants précurseurs. En raison du réchauffement climatique, les teneurs en ozone sont en hausse dans tout le Grand Est depuis dix ans. Étienne Koszul indique que cela impacte principalement l’Alsace :

« Le fossé rhénan fait de l’Alsace une véritable cuvette. Elle est donc beaucoup plus exposée que le reste du Grand Est à l’ozone. Pour les villes alsaciennes, l’indice quotidien de la qualité de l’air s’en retrouve plus dégradé, l’ozone ayant un poids important dans celui-ci. »

ATMO Grand Est reste également vigilant sur un dernier type de polluant, les particules ultra fines. Leur impact sanitaire est peu connu, et il n’existe pas encore de seuil réglementaire :

« Ces polluants sont plutôt liés à l’activité agricole. Leur présence à Strasbourg est sensiblement similaire aux autres métropoles. Mais la ville de Reims, proche des zones viticoles, est particulièrement exposée. Il est nécessaire que la recherche et les pouvoirs publics avancent sur cette question. »

Le diocèse de Strasbourg a menti pour garder en responsabilité un prêtre accusé d’agression sexuelle

Le diocèse de Strasbourg a menti pour garder en responsabilité un prêtre accusé d’agression sexuelle
Hubert Schmitt en mai 2025

Avant d’accepter la démission de son vicaire général Hubert Schmitt, le 10 septembre, le diocèse alsacien a tout fait pour le sauver, jusqu’à déclarer que l’enquête canonique qui le visait était close. D’après nos informations, c’est parfaitement faux. La procédure vient même de rebondir.

Début septembre, le diocèse de Strasbourg a tout fait, jusqu’au mensonge, pour conserver dans ses rangs, dans de prestigieuses fonctions, un prêtre accusé de violences sexuelles par un ancien enfant de chœur.

Si Hubert Schmitt a ensuite été contraint à la démission, le 10 septembre, c’est sous la pression d’une partie des fidèles alsaciens. Mais l’institution, elle, aura tenté à tout prix de le préserver.

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La Ville refuse de mener une médiation entre le Racing et ses supporters

La Ville refuse de mener une médiation entre le Racing et ses supporters
Les associations de supporters qui mènent les chants d’habitude sont restées silencieuses lors du match contre l’Olympique de Marseille le 26 septembre, suite aux mesures de répression décidées par le Racing.

Au conseil municipal du 29 septembre, la municipalité de Strasbourg a appelé à la réouverture d’un dialogue entre le Racing club de Strasbourg et les associations de supporters engagées contre le foot business. Mais elle refuse pour l’instant d’endosser le rôle de médiatrice.

Le Racing club de Strasbourg a annoncé des mesures de surveillance et de contrôle des banderoles de quatre associations de supporters le 18 septembre. Leur point commun : elles ont signé un communiqué dénonçant le foot business et l’actionnariat du club, qui fait désormais partie d’une multipropriété avec le Chelsea FC. Et elles suggéraient à Marc Keller, le président, « de s’en aller », comme « la défense du Racing n’est plus de son ressort ». Le surlendemain de l’annonce des mesures, le 20 septembre, ces associations ont envoyé un courriel à la direction pour demander un dialogue. Cette dernière n’a pas accepté le principe d’une réunion d’urgence. Dans une réponse adressée le 23 septembre, elle a demandé quels seraient les points de discussion et des garanties sur le fait que la conversation comporterait des éléments nouveaux.

C’est dans ce contexte que la conseillère municipale Soraya Ouldji (non inscrite) a interpellé la maire de Strasbourg lors du conseil municipal du 29 septembre. Elle demandait que la Ville permette qu’une discussion entre le club et ces associations ait lieu :

« La Ville de Strasbourg pourrait proposer la mise en place d’une instance de médiation tripartite réunissant la direction du club, les représentants des groupes de supporters et la municipalité. Cette instance aurait pour vocation de rétablir un dialogue serein et structuré, et de prévenir toute escalade conflictuelle. »

Les associations « très ouvertes au dialogue »

Refus de la municipalité exprimé par Owusu Tufuor, adjoint à la maire en charge des sports. Il a répondu à Soraya Ouldji que « les tensions actuelles ne laissent personne indifférent » mais il a estimé que la Ville n’avait pas à « s’insérer dans le fonctionnement interne d’un club privé ». « Nous restons attentifs à la situation et continuerons à dialoguer avec les dirigeants du club pour favoriser un climat constructif, a-t-il précisé. La sortie de crise ne pourra être que partagée. Nous faisons confiance aux dirigeants du club et aux supporters pour construire ensemble ce schéma. »

Soraya Ouldji a rétorqué qu’il n’était pas question de décider quel serait « le fonctionnement d’une entreprise privée mais de proposer un espace de médiation étant donné la rupture du dialogue ». Elle rappelle que les municipalités jouent régulièrement ce rôle, « avec des propriétaires privés et des locataires ou avec des entreprises et des riverains ». Et à Marseille, la Ville a précisément proposé une médiation entre le club et les supporters en 2021. Pour la conseillère municipale, « il s’agit d’un enjeu de participation citoyenne, d’écoute et de régulation pacifique des conflits, des piliers fondamentaux de la démocratie locale ».

Contacté par Rue89 Strasbourg, Alexandre, porte-parole de la Fédération des supporters affirme que les associations sont « toujours très ouvertes au dialogue ». Le Racing club de Strasbourg attend de son côté une nouvelle sollicitation des supporters avec des précisions sur leur démarche.

Grève générale et manifestations en Alsace, à quoi s’attendre jeudi 2 octobre ?

Grève générale et manifestations en Alsace, à quoi s’attendre jeudi 2 octobre ?
Le 18 septembre 2025, l’intersyndicale avait déjà appelé à manifester, réunissant près de 15 000 personnes dans les rues selon la CGT.

Estimant que le gouvernement reste sourd à leurs revendications, les syndicats appellent à une journée de mobilisation jeudi 2 octobre. À Strasbourg, une manifestation est prévue dans l’après-midi.

Une intersyndicale comprenant la CFDT, la CGT, Force ouvrière, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU et Solidaires annonce dans un communiqué une seconde journée de mobilisation « pour la justice sociale et fiscale » jeudi 2 octobre. À Strasbourg, l’intersyndicale rejointe par les syndicats étudiants AES et FSE appelle à manifester à partir de 14h, place de la République, point de départ du cortège. À Mulhouse, le rendez-vous est prévu à 14h30, place de la Bourse, et à Colmar, à 18h au Champ de Mars devant la préfecture.

Jeudi 18 septembre, entre 15 000 et 20 000 personnes selon une estimation de la CGT avaient déjà défilé dans les rues de Strasbourg. Une manifestation jugée « réussie » mais qui n’a pas suffi à infléchir la position du gouvernement. Les représentants syndicaux, reçus à Matignon mercredi 24 septembre, sont ressortis déçus. Sébastien Lecornu n’a apporté « aucune réponse concrète à la colère des travailleurs » dénonce l’intersyndicale dans son communiqué.

Un « changement de cap » attendu

« On nous a reçus, on nous a écoutés, mais ça ne suffit pas. Les demandes de l’intersyndicale pour plus de justice sociale et fiscale ont été récusées. Il est clair que le Premier ministre ne va pas dans notre sens », constate Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin.

Fraîchement nommé, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’inscrit, selon les syndicats, dans la continuité de son prédécesseur. « Ce qu’il faut, c’est un changement de cap, pas un changement de casting », regrette Laurent Feisthauer. Alors que la composition du nouveau gouvernement doit être annoncée d’ici mercredi 1er octobre, le secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin redoute une manœuvre qui consisterait à « placer les mêmes ministres mais à des postes différents ».

Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin, lors de la manifestation du 18 septembre.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Un appel à la grève générale

Renoncement à la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires et au dédoublement des franchises médicales ou taxation des plus hauts revenus, l’intersyndicale veut peser dans les choix budgétaires du gouvernement. Elle espère que davantage de salariés d’entreprises rejoindront la grève du 2 octobre. Laurent Feisthauer rappelle que la grève reste le mode d’action le plus efficace :

« La manifestation, ce n’est que le point d’orgue de la mobilisation pour montrer qu’on n’est pas seuls à se battre. Mais la grève générale peut vraiment faire plier le gouvernement, ça déstabilise le fonctionnement économique du pays. À la réforme des retraites, on n’a pas réussi à faire bouger le gouvernement parce que la grève n’était pas assez suivie dans les entreprises. Cette fois on espère faire mieux. »

Le préavis de grève a été relayé par la CGT des cheminots de Strasbourg et par les syndicats enseignants. Des perturbations sont à prévoir dans les transports en commun et dans les établissements scolaires. La Ville de Strasbourg a annoncé la fermeture des cantines scolaires dans les écoles, ce jeudi 2 octobre.

La CGT métallurgie appelle également à un rassemblement, à 12h devant la nouvelle usine Clestra-Mobidecor, pour soutenir les ex-salariés de Clestra, « toujours mobilisés contre leur licenciement et pour faire condamner leur actionnaire ».

Cet article sera mis à jour avec les conséquences des grèves effectives, dès lors qu’elles nous auront été communiquées.

La préfecture interdit les raves partout dans le Bas-Rhin pendant un an

La préfecture interdit les raves partout dans le Bas-Rhin pendant un an
Lors d’une rave organisée par le collectif Implak’ab.

Jusqu’au 30 septembre 2026, la préfecture du Bas-Rhin interdit les raves et autres rassemblements festifs musicaux dans tout le département.

D’ordinaire, les arrêtés d’interdiction des raves et autres « free-parties » ne ciblent que quelques jours d’un week-end prolongé. Ils sont aussi récurrents pour les fins de semaine au printemps ou en été. Mais jeudi 25 septembre, la préfecture du Bas-Rhin a sorti l’artillerie lourde. Cette fois,-ci l’arrêté « portant interdiction de rassemblements festifs à caractère musical » sur l’ensemble du Bas-Rhin est valable du mercredi 1er octobre 2025 au mercredi 30 septembre 2026 inclus.

Dégradations, usage de stupéfiants…

Pour fonder cette interdiction d’un an, la sous-préfète Cécile Rackette cite d’abord une dizaine d’exemples de free-parties en France et diverses formes d’infractions et de troubles à l’ordre public associés. En Indre, en mai 2023, un rassemblement non déclaré a suscité 293 verbalisations pour détention de stupéfiants et 47 personnes ont été verbalisées pour conduite sous l’emprise de stupéfiants. L’arrêté préfectoral évoque aussi « 450 personnes prises en charge par les secours » dont huit en urgence absolue et 91 en urgence relative… sans préciser que ce teknival avait rassemblé plus de 30 000 personnes. Et si le maire de la commune concernée se dit favorable à l’interdiction de ces fêtes non-déclarées, il estime malgré tout que l’événement s’est bien passé. Le terrain rendu était « nickel », comme il l’avait indiqué à l’AFP.

L’arrêté se fonde aussi sur des exemples plus récents. Dans le Lot, une « rave-party illégale » dans la nuit du 7 mai 2025 a causé de nombreux dégâts dont le préjudice a été estimé à 150 000 euros pour la commune concernée. En Lozère, du 11 au 13 juillet, une autre free-party a réuni 12 000 personnes. « Au cours de cet événement, les secours ont réalisé près de trente interventions, dont celle relative à l’accident mortel d’une jeune femme de 25 ans, décédée alors que son camion s’est renversé sur une piste menant au site », peut-on lire dans le document.

« Ça ne va rien changer »

Cofondateur et président du collectif Implak’ab, Dan milite pour « changer le regard sur les free parties ». Informé de la publication de l’interdiction préfectorale d’un an dans le Bas-Rhin, le cuisinier de profession n’est pas surpris :

« Dans plusieurs régions dans le sud, les préfectures produisent des interdictions sur plusieurs mois. C’est déjà un classique. Mais ça ne va rien changer pour nous. Fin octobre, nous avons un événement prévu dans l’Est de la France. Et le 18 octobre, on montera tous à Paris pour la techno-parade. »

« Oui des gens se droguent, parfois chez eux, parfois en free ou à la fête de la choucroute.

Dan, cofondateur et président du collectif Implak’ab

Face au sombre tableau dressé par l’arrêté préfectoral au sujet des raves et autres free parties, Dan réagit :

« Ce sont des stéréotypes classiques sur le monde de la teuf. On a fait un événement il y a un an et demi. La protection civile était présente. Il n’y a eu aucun blessé. Pour ce qui est de l’usage de stupéfiants, oui des gens se droguent, parfois chez eux, parfois en free ou à la fête de la choucroute… Et parfois ils meurent parce qu’ils prennent la dose de trop. Ça n’arrive pas qu’en free party. Et pour la propreté des terrains : lors de la techno+ mi-mai, on était plus de 13 000. Le site a été rendu complètement propre à son propriétaire. »

Pour Dan, l’argumentaire préfectoral n’a d’autre objectif que de « flatter un électorat réactionnaire ». Le cuisinier tient à contredire le cliché de teufeurs qui n’auraient d’autres buts que la consommation de stupéfiants :

« Le monde de la teuf, ce sont plein de passionnés de musique, des artistes, des ingés sons. Moi je suis dans l’organisation, je passe mes journées à parler avec des artistes pour organiser des fêtes. Et je fais ça en plus de mes 48 heures par semaine… »

Cet arrêté préfectoral peut être contesté devant le tribunal administratif dans les deux mois qui suivent sa publication. A l’heure d’écrire ces lignes, aucune organisation n’avait manifesté son intention d’introduire un recours contre cette interdiction préfectorale.

Une « forêt nourricière » s’implante dans le quartier de la Musau

Une « forêt nourricière » s’implante dans le quartier de la Musau
Simon Le Melle, président de l’association Les Planteurs Cueilleurs, a été à l’origine du projet de forêt nourricière.

Citronnier, noyer, grenadier… Une « forêt nourricière » de 5 000 mètres carrés a été inaugurée mercredi 17 septembre. Premiers résultats en 2035.

D’ici dix ans, sur ce qui ne ressemble encore qu’à un champ, un jardin d’arbres, ou « forêt nourricière », verra le jour au sud de Strasbourg, rue Guynemer près de l’aérodrome de la Musau. Mercredi 17 septembre, à 18h30, Simon Le Mellec et l’association des Planteurs cueilleurs dont il est président, ont célébré le lancement du projet avec la plantation d’un noyer du Japon en présence de la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (Les Écologistes). La Ville met à disposition un terrain de 5 000 mètres carrés.

200 espèces comestibles

Le principe de forêt nourricière s’inspire de l’écosystème des forêts naturelles et tropicales où la végétation se développe sur plusieurs strates. Des plantes poussent au sol tandis que de grands arbres grimpent vers le ciel. Simon Le Mellec explique comment une telle végétation peut survivre en Alsace :

« Chez nous on n’a pas le même climat que dans les tropiques, donc on doit cultiver différemment. Il faut mettre plus d’espace entre les arbres pour mieux faire rentrer le soleil. L’idée est de faire pousser une diversité végétale pour que les plantations soient plus résilientes aux aléas climatiques. L’emplacement de chaque plante est réfléchi pour lui offrir les meilleures conditions de développement. »

Grenadier d’Ouzbékistan, jujubier brésilien, mandarine satsuma, citron yuzu, poivre de Sichuan… L’association cultivera 200 espèces végétales comestibles parmi la centaine d’arbres et d’arbustes plantés. Une soixantaine d’arbres seront plantés le 25 novembre, pour la Sainte-Catherine. « Il y a un vieux dicton qui dit qu’à la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine, s’amuse Simon Le Mellec, et c’est vrai que novembre c’est vraiment la meilleure période pour planter. »

Des fruits et des poules

La mairie alloue à l’association un terrain de 5 000 mètres carrés dans le quartier de la Musau, à côté de l’aérodrome. Sur l’ensemble du terrain, un tiers sera utilisé pour la forêt nourricière. Le reste sera « accessible pour se balader ou pour promener son chien », précise Simon Le Mellec. Fermée par une clôture, la forêt fonctionnera « comme un jardin partagé ». Seuls les adhérents à l’association pourront y accéder, planter, cultiver et récolter.

Même s’il faudra attendre une dizaine d’années avant que les arbres ne donnent des fruits, le président des planteurs cueilleurs a bon espoir :

« Le but c’est qu’au bout d’un moment, on ait trop de denrées pour en faire profiter d’autres personnes extérieures à l’association. On donnera à la Banque alimentaire, au collectif Vrac ou bien à ceux qui travaillent avec les migrants. Les écoles qui viendront faire des ateliers de jardinage pourront aussi repartir avec leurs fruits. »

Le projet de forêt nourricière compte aussi l’installation d’un poulailler, qui sera géré par une dizaine de personnes. La clôture sera posée mi-octobre et l’enclos pourra accueillir entre 12 et 15 poules ainsi que deux lapins.

Au conseil municipal, démocratie participative, subventions et centre d’hébergement

Au conseil municipal, démocratie participative, subventions et centre d’hébergement
Chaises vides lors du conseil municipal du 12 décembre 2023.

L’ordre du jour du conseil municipal de septembre 2025 témoigne de l’approche de la fin du mandat. Période de réserve électorale oblige, il n’y a plus de nouveaux projets à voter. Mais la municipalité et son opposition auront tout de même de quoi débattre.

Le conseil municipal du 29 septembre 2025 prévoit d’aborder 52 points, presque tous techniques. Depuis le 1er septembre, la période de réserve électorale contraint la municipalité à ne plus lancer de nouveaux projets.

Le conseil doit débuter par l’étude du rapport de l’observatoire indépendant de la participation citoyenne. Composé de 20 habitant·es, les neufs membres restants de cet observatoire se sont formés aux principes de la démocratie participative pour servir d’aiguillon à la municipalité, laquelle avait placé la participation parmi les piliers de son action. Mais voilà : les gens ont autre chose à faire que penser la ville. Quand ils s’impliquent, c’est surtout pour s’opposer à un aménagement qui va bouleverser leur quotidien. Le bien public, l’intérêt commun, passe bien après. Manon Loisel et Nicolas Rio ont démontré cet échec dans leur ouvrage Pour en finir avec la démocratie participative. L’observatoire strasbourgeois a néanmoins formulé 18 recommandations aux élus strasbourgeois (voir ci-dessous).

Au chapitre de la culture, des sports, de la solidarité et de l’éducation, une série de subventions doivent être reconduites lors des points 3 à 31 à destination des structures partenaires de la Ville. Citons par exemple 610 000€ pour Artefacts, l’association qui pilote notamment la programmation de la Laiterie qui doit rouvrir en avril 2026, 464 345 euros pour le Festival Musica, 1,1 million d’euros pour le théâtre TJP, plus d’un million d’euros en deux marchés pour la SIG…

Au point 11, la Ville prévoit de nommer une série de rues et de places, en rendant hommage à des femmes dans la vaste majorité des cas. Ainsi, une rue Oum-Kalthoum, célèbre chanteuse égyptienne décédée en 1975, verra le jour à Hautepierre, un jardin Suzanne-Noël, médecin féministe décédée en 1954, sera inauguré à la Montagne Verte… La place de l’Étoile, devant le centre administratif, est renommée place Samuel-Paty-et-Dominique-Bernard, des noms de ces deux professeurs assassinés en 2020 et 2023 pour avoir enseigné et défendu les valeurs de la République.

Un centre d’hébergement temporaire

Le point 42 risque d’être retenu puisqu’il confère à Caritas la gestion d’un terrain à la Montagne Verte pour y installer un centre d’hébergement de demandeurs d’asile dans des bâtiments modulaires. Le projet, révélé par Rue89 Strasbourg, a provoqué de nombreuses réactions notamment parmi des riverains persuadés que ce centre provoquera plus d’insécurité dans le quartier.

Pierre Jakubowicz, conseiller municipal d’opposition (Horizons) et candidat aux élections municipales, a déposé quatre questions orales sur les pistes cyclables de l’Elsau et de l’avenue de Colmar, les projets immobiliers des Deux-Rives et de la place d’Islande et pour que soit amélioré l’accès aux documents administratifs. Il a en outre déposé une motion d’urgence pour que Strasbourg s’élève contre une possible suppression des trains de nuit franco-allemands.

Conseillère non-inscrite depuis septembre 2024, Soraya Ouldji propose à la maire de s’intéresser au divorce entre le Racing Club de Strasbourg et une partie de ses supporters les plus actifs (voir notre article). Dans une question d’actualité, elle propose que la Ville mette en place une instance de médiation.

Ce qu’ont fait les Écologistes à Strasbourg face à « l’urgence sociale »

Ce qu’ont fait les Écologistes à Strasbourg face à « l’urgence sociale »
Le camp de Krimmeri, au quartier de la Meinau, lors de son évacuation.

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En octobre, de la danse historique, une expo déter et des festivals éloignés

En octobre, de la danse historique, une expo déter et des festivals éloignés
Le Dance Marathon Express avec Kaori Ito au premier plan.

Alors que les jours raccourcissent et que le soleil s’éloigne, voici une sélection de sorties à Strasbourg et un peu plus loin pour ramener le soleil en vous.

Le marathon de danse de Kaori Ito

Au Japon, les onomatopées sont perçues comme un langage primitif. Kaori Ito, directrice du Théâtre TJP, s’empare du récit poétique Les pieds nus de lumières de Kenji Miyazawa, riche en onomatopées, pour évoquer l’amour fraternel et le sacrifice.

Sur scène, huit interprètes extravagant·es participent à un marathon de danse, qui va de la pop contemporaine des années 2000 jusqu’aux années 30, en passant par la City pop des eighties et le boogie-woogie d’après-guerre.

Une expo déter et féministe au Ceaac

L’exposition Hope for change. Hackney Flashers, de Londres à Strasbourg a été réalisée selon les principes de travail du collectif féministe britannique des Hackney Flashers. Dans les années 1970, ces militantes lièrent engagement social et production visuelle pour dévoiler dans l’espace public les conditions de vie et de travail des femmes du quartier populaire de Hackney.

L’exposition présentée au CEAAC s’en inspire pour interroger les conditions des femmes et des mères de Strasbourg de nos jours. Trois artistes-chercheuses ont été invitées : Claude Dugit-Gros, Julie Luzoir et Pascaline Morincôme. Leurs productions portent sur l’état de l’emploi des femmes strasbourgeoises, les politiques publiques en faveur des parents et les représentations visuelles et discursives des femmes.

L’énergie des quartiers populaires au Point d’Eau

Le Point d’Eau à Ostwald accueille toute la première semaine d’octobre une bonne partie du festival OQP, qui met à l’honneur des productions issues des quartiers populaires de Strasbourg et d’ailleurs avec du rap, du breakdance et du stand-up.

Shoot de tolérance avec les Sacrées journées

Dans cette période fracturée, il reste tout de même quelques personnes qui croient au dialogue, et même au dialogue interreligieux. Ils en ont fait un festival, Sacrées journées, qui depuis 13 ans permet à des juifs et des musulmans de se rencontrer dans des églises. Les organisateurs présentent ce festival comme un « acte de résistance culturelle et spirituelle, un pont entre les mondes, une célébration du vivre-ensemble par la musique et la danse ».

Près de 150 artistes issus d’une vingtaine de pays du globe sont attendus dans les lieux de culte strasbourgeois avec des rituels amérindiens, du jazz sacré, des chants musulmans soufis, des polyphonies occitanes, du baroque italien, des traditions juives et hindoues, mantras indiens…

Un festival exploratoire à Hemmersdorf

Pourquoi pas aller écouter de la musique à Hemmersdorf ? Dans ce village allemand sur la frontière, à 1h30 de route de Strasbourg, un festival expérimente depuis 2019 des mariages improbables, des sonorités nouvelles… « Por qué no ? » est le titre de l’édition 2025 du Hemmersdorf Pop Festival et effectivement, pourquoi pas ?

Parmi la programmation 2025, citons Sofi Paez, mélancolie latino-américaine et sonorités d’avant-garde berlinoises, Yana et ses mondes néo-classiques intimes au piano, violoncelle et violon, Anushka Chkheidze, de la musique électronique minimaliste et poétique ou Xixa, de la cumbia psychédélique d’Arizona…

C’est pas très loin dans la vallée…

À Sainte-Marie-aux-Mines, le festival C’est dans la vallée, s’installe pour sa 16e édition du 9 au 12 octobre. Organisé par la compagnie de Rodolphe Burger, l’édition 2025 explore le Dreyeckland, ce territoire du sud de l’Alsace qui englobe une partie de l’Allemagne et de la Suisse, et les années 70. Le festival mixe les expositions, les rencontres, le théâtre et les concerts et propose parfois tout en même temps, avec souvent Rodolphe Burger dedans… La programmation est toujours subtile et l’ambiance chaleureuse comme le démontre cette captation d’un concert de 2023.

Magistrale reprise d’Eisbär par Rodolphe Burger, Olivier Cadiot et Stephan Eicher et on peut aussi écouter cette reprise de Radioactivity de Kraftwerk en 2013.

Le blues US de Loner Deer au Blue note

Le musicien strasbourgeois Loner Deer chante un country-folk américain appuyé, quelque chose entre Johnny Cash et JJ Cale. Il est très suivi sur Youtube et les plateformes d’écoute mais plutôt rare en concert. C’est en train de changer et il vaut mieux en profiter tant qu’il est accessible dans de petites salles.

Florian Hueber de son vrai nom compose lui-même ses morceaux, des histoires de cœurs égarés et d’horizons lointains qui font mouche. Loner Deer sort le 10 octobre son deuxième album, Great Mullein. Pour son concert au Blue note, Loner Deer sera précédé de The Wooden Wolf, ce qui fera deux chanteurs solitaires au même endroit. Le début d’un club ?

#Point d'eau

À Koenigshoffen, une caisse d’alimentation pour financer le droit à bien manger

À Koenigshoffen, une caisse d’alimentation pour financer le droit à bien manger

Samedi 27 septembre, la Caisse d’alimentation de Koenigshoffen-Est a été inaugurée par l’association « Pour une Sécurité sociale de l’alimentation ». Vingt habitants du quartier vont expérimenter pendant un an un dispositif pour rendre le bien manger accessible et faire vivre la démocratie alimentaire.

Samedi 27 septembre, dans la salle qui jouxte la tour du Schloessel, une quarantaine de personnes se sont rassemblées pour le lancement de la Caisse d’alimentation de Koenigshoffen-Est. Les membres de l’association « Pour une Sécurité sociale de l’alimentation – Alsace » et des habitants du quartier ont échangé sur ce projet autour de plats partagés.

« Nous ne faisons pas de l’aide alimentaire, insiste Léa Staraselski, salariée de l’association, entre deux bouchées de börek :

« La caisse d’alimentation est faite pour que les habitants choisissent ce qu’ils veulent manger. Ce que nous défendons, c’est un droit : celui de décider collectivement de notre alimentation. »

Une caisse et un marché pour changer les habitudes alimentaires

Pendant un an, vingt habitants volontaires du quartier vont recevoir 100 euros par mois à dépenser dans un réseau de commerces partenaires. Une enveloppe financée par l’État ainsi que par des cotisations des membres. En échange, les participants s’engagent à prendre part à des temps collectifs mensuels pour réfléchir à l’évolution du projet. L’idée est de construire pas à pas une mutuelle alimentaire à l’échelle locale. À noter que l’ingénierie et le développement de projet sont financés entre autres par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, l’Europe et la Banque des Territoires.

Cette caisse est directement liée à un marché hebdomadaire pensé par les habitants et facilité par l’association. Il a été inauguré jeudi 25 septembre. Chaque jeudi après-midi, de 15h à 19h, des producteurs locaux, boulangers, bouchers, traiteurs ou encore un food-truck végétal s’installent au cœur du quartier, rue Lothaire, aux côtés d’associations. Ce marché est destiné à devenir un lieu de vie, tout en favorisant l’accès à une nourriture de qualité.

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Emmanuel Fernandes : « réguler la multipropriété parce que le Racing est bien plus qu’une entreprise »

Emmanuel Fernandes : « réguler la multipropriété parce que le Racing est bien plus qu’une entreprise »
Une démonstration des supporters du RCSA contre Lens en août 2019.

Député de la 2e circonscription du Bas-Rhin, où se trouve la Meinau, Emmanuel Fernandes (LFI) appelle à soutenir un projet de loi déposé par La France insoumise contre la multipropriété dans le football professionnel.

Les bons résultats du Racing Club de Strasbourg Alsace, qui sont le fruit du travail exceptionnel des joueurs et du staff, ne suffisent pas à masquer les tensions entre ultras et dirigeants. La polémique autour du cas Emmanuel Emegha, capitaine du club qui a annoncé son départ pour la maison mère Chelsea en juin 2026 dès septembre 2025, en portant le maillot de son futur club, a été la goutte d’eau qui a envenimé un conflit latent. Cette situation de tension nous offre une occasion unique : celle d’avoir un débat constructif autour de la multipropriété dans le football et de réfléchir à ce qu’est réellement devenu un club de football aujourd’hui.

Un club de football est bien plus qu’une simple entreprise : c’est un outil de rayonnement régional, c’est un héritage local, mais aussi une passion qui se transmet entre générations. À Strasbourg plus qu’ailleurs, ce sont des passionnés, ancrés profondément dans le territoire, qui ont permis au club de renaître de ses cendres.

La multi-propriété, quintessence de la financiarisation du sport

C’est pourquoi, malgré les bons résultats sportifs, le rôle d’un responsable politique attaché à l’intérêt général consiste à regarder au-delà de l’euphorie du moment. Le modèle économique sur lequel repose le succès du Racing, celui de la multipropriété (en anglais multi-club ownership ou MCO), se répand comme une traînée de poudre dans le football français et européen. Ce système est la quintessence de la financiarisation du sport, qui doit nous interroger collectivement.

Le Racing, via son appartenance à la galaxie BlueCo, n’est pas un cas isolé. Sont concernés des clubs historiques comme Lyon, Bordeaux ou encore Nice. Partout, des fonds d’investissement tissent leur toile, transformant nos clubs en actifs financiers au sein de portefeuilles mondialisés. Ce système porte en lui des risques et des dérives que nous ne pouvons ignorer.

Il suffit de regarder la situation de l’Olympique lyonnais, immense club du football français, qui a frôlé la catastrophe et la faillite il y a quelques semaines. Le montage financier complexe de son propriétaire, Eagle Football, qui a utilisé l’Olympique Lyonnais pour transférer un maximum d’actifs vers un club tiers basé au Brésil, a placé le club au bord du gouffre. Cet exemple doit nous servir d’avertissement : l’objectif de la multipropriété n’est aucunement sportif, il est presque toujours tourné vers la recherche de profits rapides et importants, à court-terme.

Clubs sacrifiés pour des intérêts financiers

Dans un système financiarisé et sans aucune régulation, comme celui du foot français, personne ne peut empêcher un groupe de se désengager et de démanteler un club, qui se retrouve alors sacrifié sur l’autel d’intérêts purement financiers.

Il est à noter que la multipropriété (ou MCO) n’est que la dernière étape d’une mondialisation et d’une financiarisation sans limite du football, qui a fait perdre l’essence même de ce qu’est le sport. Déjà le Qatar, en 2011, avait fortement déstabilisé le football français avec ses apports de pétrodollars pour constituer artificiellement le meilleur club sur la scène nationale. En 2008, c’était les Emiratis qui achetaient Manchester City pour en faire la tête de pont de leur stratégie de soft-power. Et comment oublier l’arrivée de Roman Abramovitch, premier grand magnat à investir sans limites pour faire de Chelsea une place forte du football anglais ?

Alors évidemment, le MCO n’est que la conclusion de ce phénomène de dérive profonde du “foot-business”, où face à la puissance financière quasi illimitée de ces clubs détenus par des États ou des magnats ultra-fortunés, nos équipes historiques sont poussées dans les bras d’investisseurs, simplement pour pouvoir exister.

Une fois ce constat fait, nous ne pouvons rester les spectateurs passifs de cette transformation qui éloigne le football de ses supporters et de ses racines. Car la multipropriété pose une question fondamentale : à qui appartiennent vraiment ces clubs ?

Quelle garantie que le Racing ne sera pas un outil jetable ?

Quelle est la garantie que le Racing Club de Strasbourg Alsace, par exemple, qui est déjà considéré comme une sorte de filiale de sa maison-mère Chelsea, ne deviendra pas, à terme, un simple outil jetable ? Souhaitons-nous avoir dans le football français d’autres cas funestes comme les Girondins de Bordeaux, dont le propriétaire emprunte à des taux usuriers simplement pour acheter et posséder une myriade de clubs dans l’optique de gagner de l’argent avec une stratégie bancale de trading de joueurs ?
Enfin, comment pouvons-nous savoir où va réellement l’argent du football ? Une récente enquête de Romain Molina a par exemple démontré que les bénéficiaires effectifs de BlueCo, une fois remontée la chaîne de sociétés écrans qui possèdent le club de Strasbourg, sont situés aux Îles Caïmans, pays qui pratique l’anonymisation des actionnaires et l’évasion fiscale.

Ces questions relèvent de la lutte contre les dérives financières et nous imposent, en tant que législateur, de faire évoluer la loi pour encadrer ce phénomène de la multipropriété des clubs sportifs.

C’est pourquoi j’ai co-signé et je soutiens avec force la proposition de loi transpartisane, portée notamment par mon collègue député insoumis Éric Coquerel, visant à réguler la multipropriété. Il ne s’agit pas de fermer la porte aux investisseurs, mais de fixer des règles claires pour protéger notre patrimoine sportif et éviter les dérives financières et les catastrophes économiques qui s’ensuivent, malheureusement, trop souvent.

Aussi, cette proposition de loi contient des mesures justes et équilibrées, telles que :

    imposer une transparence totale sur l’identité des propriétaires réels, renforcer le rôle de la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion), le gendarme financier du football français, interdire pour un même actionnaire de contrôler plusieurs clubs susceptibles de s’affronter, afin de garantir l’équité et l’intégrité des championnats et des compétitions.

Soutenir cette loi, ce n’est pas attaquer le Racing Club de Strasbourg Alsace, ni même ses dirigeants actuels. C’est au contraire protéger les clubs d’une dérive nocive qui a déjà démarré. C’est garantir qu’une stratégie sportive, décidée localement, sera toujours la priorité.

Emmanuel Fernandes

La famille Mack met la pression sur les élus alsaciens pour Europa Vallée

La famille Mack met la pression sur les élus alsaciens pour Europa Vallée
Le projet Europa Vallée consiste à construire un complexe hôtelier en Alsace qui pourrait être relié par un réseau de transport encore inconnu, à Europa-Park en Allemagne.

Cinq ans après nos révélations sur le projet Europa Vallée, la famille Mack, propriétaire d’Europa-Park, confirme qu’elle souhaite construire un complexe hôtelier en Alsace centrale. Des associations de défense de l’environnement réitèrent leur opposition à ce projet qui artificialiserait des centaines d’hectares de terres.

Le projet de complexe hôtelier en Alsace centrale Europa Vallée est « quasiment prêt » selon des déclarations de la famille Mack recueillies par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Lors d’une rencontre au siège français de la société Mack One à Plobsheim, déjà construit sur des terres naturelles autrefois protégées, Michael Mack, directeur associé d’Europa-Park, a demandé aux élus alsaciens d’afficher « une volonté politique claire ».

Au-delà du message envoyé aux élus alsaciens qui doivent se présenter devant les électeurs en mars, cette clarification est bienvenue puisque la famille Mack préférait jusqu’à présent faire avancer ce projet loin de la sphère publique. Lorsque Rue89 Strasbourg a révélé l’existence de ce projet en 2020, les institutions et la famille Mack avaient préféré garder le silence…

Un complexe hôtelier en plein Ried

Et pour cause. Europa Vallée est un complexe touristique avec un village de loisirs, des unités hôtelières et une liaison de transports vers Europa-Park, le tout sur 150 hectares de terres agricoles alsaciennes. Michael Mack confirme que le complexe est envisagé « près de Diebolsheim » mais ne précise pas l’étendue exacte du terrain alloué.

À l’époque, le projet avait déjà suscité de vives réactions de la part des acteurs territoriaux. Le Chaudron des Alternatives avait participé à une manifestation en juillet 2022 devant la mairie de Rhinau, des habitants alertaient sur l’engorgement du réseau routier départemental ou encore des associations de défense de l’environnement comme Alsace Nature qui dénonçaient l’impact environnemental de tels travaux. Ces avis ont été récoltés lors de l’étude de l’Agence de développement d’Alsace (Adira) de 2020, publiée en février 2023. Ces points de crispation n’ont pas débouché sur l’abandon ou la révision du projet dans la mesure où l’entièreté du rapport n’a pas été rendue publique.

Comme pour Mack One à Plobsheim, la famille Mack assure qu’Europa Vallée sera « écologique » et que le projet affichera un « grand respect de la nature ». Michael Mack fait miroiter l’idée qu’Europa Vallée a été pensé comme « un espace vert, du beau, du calme, avec peut-être des sports de plein air, des attractions familiales, intégrées à la nature ». Une déclaration qui fait réagir Alsace Nature dans un communiqué diffusé le 25 septembre 2025, rédigé en commun avec le Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace et la Ligue pour la protection des oiseaux d’Alsace. Le texte urge de « laisser ces espaces tranquilles, préserver ce qui en reste et arrêter de vouloir les transformer ».

Une artificialisation inexorable

Situé au bord du Rhin, entre Strasbourg et Colmar, le Grand Ried d’Alsace constitue « un patrimoine naturel d’une valeur inestimable » rappelle Alsace Nature dans son communiqué. Or le projet Europa Vallée envahirait ces zones naturelles. Michèle Grosjean, présidente d’Alsace Nature, alerte sur les dangers de la construction d’un tel complexe :

« Le Ried, c’est un espace avec des oiseaux et toutes sortes de faune et de flore. Si on artificialise les sols, on détruit les habitats naturels et on empêche le bon écoulement de l’eau. Le courlis, par exemple, est un oiseau emblématique du Ried qui niche au sol. Il a besoin de tranquillité et d’être protégé. Avec les travaux, il ne pourra plus s’implanter dans ce genre d’espace, ce sera terminé. Il faut arrêter de détruire, construire par dessus et d’inventer après un respect de l’environnement, ça ne marche pas comme ça. »

Alsace Nature espère que les élus sauront résister à la pression de la famille Mack. Selon Michèle Grosjean, la plupart des maires des communes concernées étaient « plutôt défavorables » au projet lors des travaux de préparation. Elle compte sur eux pour ne pas changer de position alors que la révision du Schéma de cohérence territorial de la région de Strasbourg (Scoters) est en phase d’enquête publique jusqu’au 30 septembre. Le communiqué d’Alsace Nature s’adresse directement aux élus : « Puisque la famille Mack appelle à la volonté politique des élus français, nous, associations de citoyens, vous demandons de choisir de protéger le Ried. »

#Diebolsheim