Les tags peuvent être qualifiés de provocation à la haine raciale, un délit puni de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 45 000€.Photo : Facebook
Des inscriptions favorables au Hamas, le mouvement à l’origine de l’attaque du 7 octobre 2023 contre des civils israéliens, ont été retrouvés sur le bâtiment abritant Sciences Po Strasbourg. Le comité Palestine de l’établissement, mobilisé depuis 2024, a condamné ces inscriptions.
« Ces tags sont là pour mettre de la tension là où il y en a déjà trop », regrette un membre du comité Palestine de l’institut d’études politiques (IEP) de Strasbourg. Au matin du mercredi 8 octobre, il a découvert avec d’autres étudiants et étudiantes des inscriptions à la bombe rouge « gloire au Hamas », « mort aux colons », etc.
Découvrant « avec effroi » ces inscriptions, il a rédigé un communiqué avec ses camarades pour les « condamner fermement » :
« Ces tags ne reflètent ni nos mots, ni nos idées, ni nos actions. Toute tentative de nous associer à ces inscriptions relève de la désinformation et cherche à discréditer le travail politique, pacifique et solidaire que nous menons au sein de notre établissement. (…) Nous rappelons que notre engagement s’inscrit dans le cadre d’un militantisme fondé sur le respect, la justice et la défense des droits humains. »
Strasbourg, 19 janvier 2023 Manifestation contre le projet de loi de réforme des retraites.Photo : Pascal Bastien
À l’appel de la maison des associations de Strasbourg, un rassemblement est prévu samedi 11 octobre pour alerter sur le manque de moyens du milieu associatif.
« On assiste à un siphonnagefinancier des associations », témoigne Jérôme Bernard, directeur de la maison des associations de Strasbourg. Pour dénoncer la baisse des subventions allouées au tissu associatif tandis que les besoins augmentent, la structure strasbourgeoise appelle à un rassemblement samedi 11 octobre, à partir de 15h place de la République.
« On a la sensation que tout est piétiné », poursuit Jérôme Bernard. Relativement épargnée par les baisses de subventions, la maison des associations de Strasbourg se place « en solidarité avec le mouvement associatif » et veut alerter sur « la dégradation générale de la situation des associations ».
Mobilisation nationale
Un constat partagé par le président du mouvement associatif alsacien Piero Calvisi. Parmi les raisons qui le poussent à rejoindre la mobilisation du samedi 11 octobre, le président cite pêle-mêle « une situation trésorière dégradée, des fonds propres inférieurs à trois mois pour certaines structures » ou encore une insuffisance du montant des subventions en lien avec l’inflation. « Ça commence à être vraiment compliqué », déplore-t-il.
Sous la bannière « Ça ne tient plus », la mobilisation compte déjà plus de 90 lieux de rassemblement dans toute la France. À Strasbourg, La ligue de protection des oiseaux (LPO), tout comme Alsace Nature ou Sports pour tous Grand Est ont également relayé l’appel du mouvement associatif.
Margaux Delanys est journaliste à Rue89 Strasbourg depuis octobre 2025. Originaire du Grand Ouest, elle est diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille et s’intéresse aux enjeux sociaux, notamment les questions de santé au travail.
Le docteur Henri Brunner à la sortie de son audience devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins du Grand Est vendredi 13 décembre 2024.Photo : Hervé Roesch
22 médecins du Grand Est ont signé une pétition de soutien au docteur Henri Brunner. Malgré sa radiation par la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins, ils tiennent à défendre un psychiatre « intransigeant, pertinent et compétent ».
En réaction à cette sanction, 22 personnes ont signé une motion de soutien rédigée par le docteur Marc Bensoussan. Ce sont des médecins généralistes pour la plupart, ainsi que deux psychiatres et un professeur universitaire. Sur les 22 signataires, sept personnes sont experts agréés par la cour d’appel de Colmar. Les autres sont experts missionnés notamment par des compagnies d’assurance. Rue89 Strasbourg a pu consulter la motion qu’ils ont soutenue :
« Lors de notre présence au cabinet médical du docteur Henri Brunner, que cela soit pour un avis sapiteur, un examen d’arbitrage ou une assistance à expertise dans le domaine psychiatrique, nous n’avons jamais constaté une mauvaise réception de sa part pour les personnes devant être examinées par lui, aucune agressivité dans le cadre de son examen psychiatrique, et un réel respect dans la déontologie médicale. »
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les montages échangés par des membres de l’UNI Strasbourg offrent un condensé d’antisémitisme et de sexisme.Photo : Documents remis
L’Université de Strasbourg a sanctionné un ancien attaché parlementaire RN et ancien vice-président de l’UNI Strasbourg dans l’affaire des photomontages antisémites et sexistes qui circulaient au sein du syndicat étudiant.
C’est la troisième exclusion visant le syndicat étudiant d’extrême droite UNI Strasbourg en quelques mois. Josselin, ancien membre du syndicat, a été exclu a vie de l’Université de Strasbourg pour un salut nazi, le 31 mars 2025. Ce même jour, le président de l’UNI Strasbourg, Samy Amokrane, a été exclu pendant un an pour avoir créé des photomontages antisémites et sexistes où il se mettait en scène, de même que ses camarades du syndicat étudiant. Fin juillet 2025, c’est un ancien cadre du syndicat étudiant qui a été sanctionné. Vivien Boresy, étudiant en histoire, vice-président de l’UNI Strasbourg et attaché parlementaire de l’eurodéputée Rassemblement national Mathilde Androuët au moment des faits, a été exclu pour deux ans de tout établissement public d’enseignement supérieur.
Xénophobie, antisémitisme et misogynie
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Lorsque les épicéas poussent en monoculture, ils sont très vulnérables.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
La forêt de l’Oedenwald, près de Wasselonne, appartient à la Ville de Strasbourg. Cette dernière a entamé depuis mai une démarche de concertation avec les naturalistes, les chasseurs et l’Office national des forêts, pour se mettre d’accord sur des zones de libre évolution et une diversification des espèces.
C’est en 2022, lors de l’assemblée générale d’Alsace Nature, que la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) a évoqué pour la première fois ce projet. Rendre la forêt de l’Oedenwald plus sauvage. L’objectif est d’atteindre 30% de surface en libre évolution, c’est à dire sans exploitation humaine, contre quasiment 0% aujourd’hui. Ce massif s’étend sur 1 000 hectares au sud-ouest de Cosswiller. Il appartient à la Ville de Strasbourg qui mandate l’Office national des forêts (ONF) pour sa gestion.
« 30%, c’était la première fois que j’entendais un tel objectif de pourcentage, se souvient Patrice Dalo, le référent forêt d’Alsace Nature. En général on négocie pour 10%. Donc c’est une démarche très rare et exemplaire. »« À partir de là, on a relancé la municipalité à chaque fois qu’on les voyait pour leur demander quand le processus allait être lancé », relate Michèle Grosjean, présidente d’Alsace Nature.
Dans les forêts de sylviculture intensive, les gestionnaires sont souvent obligés de réaliser des coupes rases pour éviter la propagation des parasites qui tuent les arbres.Photo : Jean-Claude Génot
Démocratie forestière
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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.
Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.
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Pierre Jakubowicz veut renforcer le rôle des élus dans les quartiers de StrasbourgPhoto : Strasbourg on y croit / doc remis
Pierre Jakubowicz, candidat (Horizons) aux élections municipales de Strasbourg, a présenté vendredi l’un des axes du programme qu’il propose : une dizaine de maires de quartiers, dotés de budgets et de pouvoirs de décision.
Si Pierre Jakubowicz se verrait bien maire de Strasbourg, il aimerait qu’autour de lui, une dizaine de maires de quartiers le seconde. C’est le sens d’une proposition qu’il a présentée vendredi 3 octobre devant la presse.
Selon son analyse, l’organisation mise en place par la municipalité écologiste, avec une vingtaine d’élus référents de quartiers, a transformé le centre administratif en « tour d’ivoire », c’est-à-dire à des élus absents ou injoignables parce qu’ils n’auraient pas les moyens de faire avancer les dossiers. Pour y remédier, le conseiller municipal Horizons propose une décentralisation :
« Si je suis élu maire, je vais créer dix mairies de quartier, adossées chacune à une direction de territoire et dotées de représentants de chaque service de l’administration. Chaque maire de quartier aura un budget dédié et sera décisionnaire sur le territoire concerné. »
Pour Pierre Jakubowicz, cette décentralisation permettra de redynamiser les commerces de certains quartiers, grâce à des services administratifs qui généreront du passage. Il y a jusqu’à présent huit mairies de quartier, mais le conseiller municipal d’opposition estime que les limites de leurs prérogatives ne les rendent pas suffisamment attractives. En outre, il obligera les futurs maires de quartier à y tenir des permanences sans rendez-vous.
Renaissance se montre
Bénéfice direct du soutien que lui apporte désormais Renaissance, Pierre Jakubowicz a pu présenter cette proposition comme apartisane, en convoquant d’anciens adjoints du maire Roland Ries, socialistes et passés chez Renaissance : Henri Dreyfus et Michèle Seiler. Ces deux anciens élus ont pu témoigner à quel point le rôle d’adjoint de quartier était essentiel et identifié par les citoyens… surtout lorsqu’ils ont un problème avec l’administration.
Est-ce que Pierre Jakubowicz veut remettre en place une administration à deux vitesses, une pour le commun et une autre pour celles et ceux qui ont parlé avec l’élu de quartier ? Pas du tout assure-t-il : « Il n’y aura pas de passe-droits ni de coupe-file ! La démocratie locale, ce n’est pas le clientélisme. » Mais comment fera-t-il pour éviter la réapparition de barons de quartiers, qui furent l’une des caractéristiques les plus visibles des municipalités de Roland Ries ? Le conseiller municipal assure que « tout sera coordonné » et qu’il y aura une « charte des valeurs ».
Le pasteur Fabian Clavairoly souhaite permettre l’expression d’une parole qui soit prise au sérieux pour les victimes de violences sexuelles.Photo : Paciane Rouchon
Samedi 12 juillet 2025, des jeunes de la paroisse du Bouclier accusent un chef de camp d’avoir commis une agression sexuelle sur un mineur lors d’un voyage organisé par la paroisse protestante au Togo. Depuis, le pasteur prône une réaction « exemplaire ».
Samedi 12 juillet 2025, des jeunes de l’église réformée du Bouclier donnent l’alerte. Au cours d’un échange téléphonique avec le pasteur, Fabian Clavairoly, le groupe décrit une scène d’agression sexuelle sur un jeune Togolais de moins de quinze ans. Ils affirment en avoir été témoins lors d’un camp d’été au Togo. Le mis en cause est aussi membre de la paroisse protestante du Bouclier, située au centre-ville de Strasbourg. Âgé de plus de 70 ans, le chef de camp supervisait depuis une vingtaine d’années ces missions humanitaires au Togo, auxquelles participent chaque été de jeunes adultes de la paroisse. Face à ce signalement, le pasteur prône une réaction « exemplaire ». Il tente de mettre en place les conditions propices à une libération de la parole au sujet des violences sexistes et sexuelles dans sa communauté.
Un bénévole très impliqué
Le chef de camp accusé d’agression sexuelle sur mineur est décrit par les fidèles du Bouclier comme un bénévole très respecté. Il était particulièrement impliqué dans les activités jeunesse de la paroisse strasbourgeoise, qui sont loin de se limiter aux missions togolaises. Aline (le prénom a été modifié) est mère de plusieurs enfants participant à ces activités. Elle a fréquenté la paroisse dès son plus jeune âge et connait bien le mis en cause dans cette affaire.
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Journaliste indépendante, sensible aux thématiques environnementales, avec un focus sur les enjeux agricoles, énergétiques et les atteintes à l’environnement. Je couvre notamment l’actualité de la géothermie et du lithium alsacien.
Une soixantaine de personnes ont participé à La Costaud.e les 27 et 28 septembre.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Les 27 et 28 septembre, le club des Randonneurs de Strasbourg organisait pour la première fois un événement cycliste réservé aux femmes et aux minorités de genre. Une randonnée sur 150, 300 ou 430 km pour s’initier au vélo d’endurance dans un milieu encore très masculin.
Sous les tonnelles, le claquement des cales sur le bitume se fait à peine entendre au milieu des rires et des discussions. Il est 18h, ce samedi 27 septembre et la base-vie de La Costaud·e, située à La Claquette près de Schirmeck, se remplit doucement à mesure que les participant·es arrivent au checkpoint et laissent leurs vélos dans les racks. Certain·es s’arrêtent sous la tente technique pour faire regonfler leurs pneus ou vérifier un détail mécanique. Mais la plupart filent immédiatement en direction des tables pour boire un verre, dévorer une pizza et se raconter leur journée sur la route.
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Le 9 octobre 2023 à Strasbourg, lors d’un hommage aux victimes de l’attaque du 7 octobre.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Le Conseil représentatif des institutions juives d’Alsace appelle à un rassemblement dimanche 5 octobre à Strasbourg, pour rendre hommage aux victimes des attaques du 7 octobre 2023 en Israël. Le rassemblement demandera également la libération des otages restants aux mains du Hamas à Gaza.
Près de 1 200 personnes ont été tuées lors de l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël et 251 personnes ont été enlevées. Deux ans après, 47 otages sont toujours retenus par le Hamas dans la bande de Gaza. Le Conseil représentatif des institutions juives (Crif) d’Alsace appelle à un rassemblement pour rendre hommage aux victimes de l’attaque du Hamas et demander la libération des otages encore détenus.
Le rendez-vous est donné dimanche 5 octobre à 17h30, place Broglie, devant l’Opéra national du Rhin. « Nous devons nous souvenir de cet horrible événement. Certains otages sont toujours aux mains du Hamas dans des conditions épouvantables », déclare Pierre Haas, président d’honneur du Crif Alsace.
« Une cérémonie non politique »
La cérémonie comprendra des lectures de témoignages de victimes, des interventions musicales et une prise de parole du Crif Alsace, « pour rappeler le contexte de cet attentat, demander la libération des otages et lutter contre l’antisémitisme ».
Les organisateurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une « cérémonie non politique » et qu’aucune représentation extérieure n’est souhaitée. Ils espèrent toutefois la présence de nombreux responsables politiques. « Nous voulons une cérémonie digne pour cette douloureuse page qui ne s’est toujours pas refermée », ajoute Pierre Haas.
Marin sauveteur, Fiona Mischel a embarqué à bord du bateau Yulara à destination de Gaza, le 30 août 2025.Photo : Photo remise par la famille
Embarquée à bord d’un bateau de la flottille Global Sumud, la Strasbourgeoise Fiona Mischel a été arrêtée par l’armée israélienne dans la nuit du 1er au 2 octobre 2025. Depuis, sa famille n’a plus de nouvelles.
Forte d’une cinquantaine d’embarcations et de 500 personnes issues de 45 nationalités, la flottille Global Sumud qui naviguait en direction de Gaza a été interceptée par l’armée israélienne dans la nuit du 1er au 2 octobre. Comme tous les autres passagers, Fiona Mischel, de Strasbourg, est depuis détenue par l’État d’Israël.
Le 30 août, au départ de Barcelone, la jeune femme de 34 ans avait embarqué à bord d’un bateau nommé Yulara. Après des escales à Tunis et en Crète, Fiona Mischel s’était enregistrée à bord du bateau en expliquant vouloir « faire pression sur les médias et les gouvernements complices du génocide par leur inaction ». Elle ajoute : « J’ai l’impression que le monde a trahi et abandonné les Palestiniens. Nous voulons leur montrer que nous ne les oublions pas. » Déjà engagée auprès d’ONG en tant que marin sauveteuse, la jeune femme a saisi cette opportunité pour agir.
Une famille dans l’incertitude
Adèle Aïssi-Guyon a soutenu sa grande sœur Fiona quand celle-ci a pris la décision de partir pour Gaza :
« Avant son départ, on en avait beaucoup parlé toutes les deux. Étant moi-même militante pour la cause palestinienne, je l’ai plutôt poussée à partir. Évidemment, c’était inquiétant et on savait que l’arrestation était une issue probable. Mais ce génocide est tellement intenable que le risque en vaut la peine. »
Pendant toute la durée de la traversée, Adèle a pu suivre le parcours de sa sœur. « On recevait des informations directement de la flottille une ou deux fois par jour », explique-t-elle. Mais depuis l’intervention de l’armée israélienne, du mercredi 1er octobre, elle n’a plus aucune nouvelle. Le ministère des Affaires étrangères de l’État hébreu a confirmé que tous les passagers arrêtés étaient détenus et seraient prochainement renvoyés vers l’Europe. Quatre citoyens italiens ont déjà été rapatriés.
Inquiète pour sa sœur, Adèle se dit quand même rassurée de savoir qu’elle n’est pas seule face aux autorités israéliennes :
« Le mouvement de la Global Sumud Flotilla se veut pacifique, donc ils ont tous été formés avant de partir pour être capables de calmer tout acte de violence. Ce qui me rassure, c’est qu’ils sont tous ensemble et qu’ils étaient préparés à l’arrestation. Et même si on ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec Israël, ils n’ont pas d’intérêt à être violents, ça leur donnerait une mauvaise image. »
Briser le blocus maritime
La flottille tentait d’acheminer vers Gaza un peu d’aide humanitaire, bloquée par Israël depuis mars 2025 provoquant une famine et des décès par manque de soins. Mais pour Adèle, « les quantités transportées par bateau restent bien moindres que celles envoyées par camion ou par avion ». L’objectif était donc de s’en prendre à « ce blocus maritime illégal » mis en place par Israël, dont la juridiction sur les eaux au large de Gaza est contestée.
La mobilisation de citoyens occidentaux n’est pas anodine. Il s’agit d’une stratégie régulièrement utilisée par les mouvements de soutien à la Palestine. Si Adèle n’a pas traversé la mer pour apporter son aide à Gaza, elle n’en est pas moins engagée sur la question :
« Être citoyen européen offre une certaine protection face à la violence de l’État d’Israël. C’est aussi une façon de mettre les gouvernements devant leurs responsabilités : soit ils défendent leurs ressortissants, soit ils révèlent leur complicité. »
La jeune femme attend avec impatience que Fiona soit rapatriée, mais reste « effarée par l’absence de soutien diplomatique du gouvernement français ». Les gouvernements espagnol et italiens avaient envoyé des navires de guerre pour défendre la flottille après des attaques de drones au large de la Crête.
Lors d’une manifestation interdite pour la Palestien en octobre 2023.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Deux militantes ont été placées en garde à vue jeudi 2 octobre. Elles ont été interpellées en marge de la manifestation de soutien à la flottille pour Gaza. Un rassemblement de soutien est prévu dans la soirée devant l’hôtel de police.
« Elles ont passé la nuit en garde à vue », soupire Kévin, posté devant le commissariat de Strasbourg depuis 9h ce vendredi 3 octobre. La veille, deux militantes ont été interpellées par la police en marge de la manifestation de soutien à la flottille humanitaire pour Gaza, interceptée quelques heures plus tôt par l’armée israélienne. Suspectées d’être à l’initiative de la manifestation, non déclarée en préfecture, les deux jeunes militantes ont été placées en garde à vue dans la foulée. « La sommation était inaudible », se remémore un jeune manifestant du collectif Palestine 67, qui s’est « extirpé de la rue pour échapper aux gaz lacrymogènes ».
Un rassemblement de soutien
Suite au rassemblement du jeudi 2 octobre à 18h place Kléber, une centaine de personnes avaient décidé de poursuivre la manifestation sur les voies du tramway, bloquant partiellement la circulation. « Il y a eu gazage, charges et coups de matraques », rembobine de son côté Gabriel, lui aussi présent. « L’une d’elles a été suspectée d’être l’organisatrice de la manifestation sauvage car elle tenait le mégaphone », poursuit le manifestant. Il craint que les jeunes femmes « ne connaissent pas bien leurs droits ».
« Je suis fâchée et en colère qu’on puisse arrêter des jeunes qui se mobilisent contre le génocide à Gaza », réagit Perrine, membre du CJACP, le collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine. Un rassemblement de soutien « aux deux camarades interpellées » à l’initiative d’Urgence Palestine est prévu à 18h devant le commissariat.
Margaux Delanys est journaliste à Rue89 Strasbourg depuis octobre 2025. Originaire du Grand Ouest, elle est diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille et s’intéresse aux enjeux sociaux, notamment les questions de santé au travail.
Fabrice Berna, professeur de psychiatrie à la fac de médecine.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
L’Université de Strasbourg a saisi la commission de déontologie sur les liens entre le professeur Fabrice Berna et la Libre Université du Samadeva, une organisation qui vend des thérapies fondées sur des médecines non conventionnelles.
Les révélations du journal Le Point concernant le professeur Fabrice Berna pointent-elles vers un conflit d’intérêts ? La commission de déontologie de l’Université de Strasbourg (Unistra) et le référent intégrité scientifique devront notamment répondre à cette question suite à une saisine par la faculté de médecine et de l’Unistra. La communication universitaire précise à Rue89 Strasbourg l’objectif de la procédure initiée : « examiner si ces éléments [contenus dans l’article du Point, NDLR] sont ou non en conformité avec les obligations qui s’imposent aux enseignants-chercheurs ; s’agissant ici d’un professeur d’université et praticien hospitalier. »
Unistra d’un côté, Samadeva de l’autre
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les cheminots de la CGT plaident pour une grève ininterrompue, pour avoir un impact et mobiliser plus largement.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Les manifestants étaient bien moins nombreux ce jeudi 2 octobre, comparé aux journées de mobilisation des 10 et 18 septembre. Dans le cortège, beaucoup estimaient que le mouvement ne pourra se massifier que si une grève plus dure se met en place, pour que les employés sentent qu’elle peut avoir un impact.
Sur une place de la République bien moins garnie que lors de la mobilisation du 18 septembre, les manifestants se comptent jeudi 2 octobre. L’intersyndicale annoncera tout de même 8 000 personnes, contre 1 500 pour la préfecture. « Les journées de grève en saute-mouton, ça fatigue tout le monde », estime Khalid, ouvrier chez Cuisine Schmidt à Sélestat et syndicaliste à SUD Industrie :
« Nous on était partisans d’une grève sans interruption dés le 10 septembre. Nos collègues nous disent que c’est ce qui les motiverait, pour qu’ils n’aient pas l’impression qu’ils vont perdre une journée de salaire pour rien. »
Des employés de Cuisine Schmidt sont présents dans le cortège.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Une dizaine d’employés de cette usine ont fait le déplacement jusqu’à Strasbourg. « On doit avoir un peu plus de 50 grévistes pour 1 680 salariés », indique Khalid. « Il y a une vraie colère, explique Joël, aussi employé de Cuisine Schmidt. On fait des mouvements répétitifs qui créent des douleurs, des problèmes d’articulation. Des collègues ont déjà mal aux genoux à 30 ans. Donc quand on nous dit qu’il faut faire des efforts, ça ne passe pas. »
Avoir un impact
Mais selon les deux militants, le mot d’ordre de la mobilisation est devenu moins compréhensible pour celles et ceux qui suivent de loin : « On se bat pour faire pression sur un ministre avant qu’il fasse des annonces, c’est très subtile. Quand on luttait contre la réforme des retraites, il y avait quelque chose de plus concret », remarque Joël.
Les personnes non encartées, les étudiants et les lycéens, sont moins nombreux que le 18 septembre. Les chars des différents syndicats se succèdent, entourés de militants aux gilets colorés. Le cortège a surtout attiré les adhérents les plus investis. La CGT et Force ouvrière ont tout de même rameuté des centaines de personnes chacune. Mais les discussions sur la manière de remobiliser sont fréquentes dans la foule.
La manifestation du 2 octobre a attiré 1 500 personnes selon la préfecture et 8 000 d’après la CGT.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
« En 2023, contre la réforme des retraites, les salariés qui ont fait les 13 jours de grève ont perdu énormément d’argent sans succès. Ça a pu créer une résignation », observe Catherine, éducatrice de rue pour l’Arsea et secrétaire départementale du syndicat de l’action sociale de Force ouvrière :
« Le constat qui traverse l’ensemble du secteur, c’est une précarisation de notre métier, des établissements sans moyens, de plus en plus de difficultés à accompagner les personnes. On voit un grand désir que ça bouge. Mais il faut qu’on ait l’impression que ça aura un impact, avec les dockers, l’énergie, les transports… Je pense qu’une grève générale mobiliserait davantage. »
Catherine Jaegle, secrétaire du syndicat départemental de l’Action Sociale FO 67.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Les conducteurs CTS hors délai pour se mettre en grève
Justement, les conducteurs de tram et de bus n’ont pas pu se mette en grève ce 2 octobre. « Comme tout le secteur des transports, on doit faire une notification à la direction quinze jours avant le début de la grève. On a appris la date de cette journée de mobilisation trop tard, relate Cédric Chapeau, de la CGT – CTS. C’est à cause d’une loi de 2007 sous Sarkozy, pour la continuité du service public dans les transports. » Du côté de la SNCF, « on s’organise pour avoir toujours un préavis qui court », indique Clément, de la CGT des cheminots.
S’il n’a pas de chiffre de participation, il constate néanmoins que le nombre de grévistes n’est pas suffisant pour arrêter le trafic. « Moi j’en étais à 56 jours de grève d’affilée en 2023. On est quelques collègues à avoir tenu, se souvient t-il. C’est ça qui peut fonctionner pour nous, contrairement aux grèves espacées qui nous coupent les pattes. Dans un mouvement social, il faut de l’élan. » Une dizaine de cheminots acquiescent autour de lui. Joséphine, enseignante à l’école Ampère de la Musau et secrétaire départementale de la FSU, remarque que les avis de ses collègues sont partagés sur la question :
« Évidemment, on se rend bien compte que la pression serait plus grande en cas de grève reconductible. Mais il y en a aussi beaucoup qui craignent que les élèves en pâtissent. Donc il faudrait les convaincre que la mobilisation aurait des impacts positifs à long terme sur les enfants, si on obtient des choses. »
Certains syndicats semblent d’ailleurs peu motivés à œuvrer pour une grève illimitée. « Ce n’est pas le seul moyen, considère Aurélien, assistant social de l’Éducation nationale syndiqué à l’UNSA. C’est sûr qu’avec le gouvernement, le dialogue social ne fonctionne plus, mais on peut obtenir des petites avancées à l’échelle locale, des postes supplémentaires par exemple. » Mais ces postes « restent souvent vacants, reconnaît-il. Il faut améliorer l’attractivité du métier, et c’est vrai que ça se décide à l’échelle nationale. »
Alors comment peser sur le gouvernement quand le dialogue semble totalement rompu ? Pour Clément, le cheminot de la CGT, les « victoires sociales du Front populaire ou de mai 68 ont eu lieu grâce à des grèves massives et ininterrompues ». On en revient toujours à ça : la création d’un rapport de force réel. « C’est assez difficile à prévoir, la manière dont un mouvement dur peut s’enclencher. Ça dépend de l’ambiance générale. Mais vu la colère sociale, cela pourrait arriver tôt ou tard », analyse t-il.
Le bâtiment Cardo de Sciences Po Strasbourg bloqué jeudi 2 octobre, une quarantaine d’étudiants viennent soutenir le mouvement.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg
Une quarantaine d’étudiants de Sciences Po Strasbourg ont bloqué leur établissement ce jeudi 2 octobre en soutien à la flottille pour Gaza interceptée par l’armée israélienne. La direction les menace de sanctions disciplinaires.
Des drapeaux palestiniens sont accrochés aux poubelles et aux grilles qui bloquent l’entrée de Sciences Po Strasbourg, depuis 6h du matin, ce jeudi 2 octobre. La quarantaine d’étudiants présents se mobilise en soutien à la flottille Global Sumud pour Gaza, dont une partie a été interceptée dans la nuit du 1er au 2 octobre par la marine israélienne. Partis d’Espagne en septembre, les bateaux de la flottille tentaient d’apporter de l’aide humanitaire à Gaza.
Une reconduction dénoncée par le comité Palestine, qui déplore également l’invitation d’Éric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël. Le diplomate est convié pour une conférence jeudi 9 octobre dans le cadre d’un Forum pour la paix organisé par l’établissement. « Eric Danon réfute publiquement le génocide qui a lieu à Gaza et n’a pas soutenu la reconnaissance d’un État palestinien. C’est censé être une conférence pour la paix et lui, il fait tache sur la programmation », dénonce Louise, étudiante en deuxième année.
Le 22 septembre 2025, Éric Danon, invité sur France 24, a estimé que la reconnaissance de l’État palestinien ne venait « pas au bon moment ». Et en juin 2025, lors d’un dîner du Diaspora Défense Force, un collectif soutenant « la cause d’Israël et des Juifs en diaspora », Eric Danon annonçait : « 50 000 ou 60 000 morts à Gaza, si c’est la destruction du Hamas en face, je peux assumer publiquement. C’est immoral mais c’est éthique s’il y a un résultat. » Très peu repris par la presse, ce discours a pourtant beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.
Martin et Louise, membres du comité Palestine de Sciences Po, dénoncent l’incohérence de la direction et affirment leur soutien à la Palestine.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg
Dialogue compliqué avec la direction
Téléphone à la main, Martin, étudiant en deuxième année de master, réagit au mail qu’il a reçu de la direction à 9h30, en réaction au blocage :
« Ils nous rappellent la soi-disant illégalité de notre action puisqu’on entrave la liberté d’enseigner. Ils utilisent les mots ‘prise d’otage de l’établissement’. Ce parallèle nous dérange ; il est malvenu. Ce terme fait écho au conflit à Gaza, c’est disproportionné de l’utiliser pour désigner notre action. Encore une fois, on nous présente comme des gens extrémistes qui soutiennent le Hamas. »
Dans ce mail, la direction menace les étudiants mobilisés de « sanctions disciplinaires ». Élu en juin 2025, le nouveau directeur Emmanuel Droit s’inscrit, selon les étudiants interrogés, dans la continuité de son prédécesseur. « Il prône la politique du dialogue et de l’écoute, mais il esquive nos questions et il nous menace de sanctions. Je n’appelle pas ça du dialogue », regrette Louise.
Le comité Palestine appelle au rassemblement d’un comité d’accueil pour Éric Danon, jeudi 9 octobre à 15h devant le Cardo, le bâtiment principal de Sciences Po Strasbourg.
Thibaut Vinci va œuvrer lui aussi à un rassemblement au centre-gauche.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
Allié perpétuel du Parti socialiste, le Parti radical de gauche se voit mener une liste jusqu’au premier tour des élections municipales 2026 à Strasbourg. Son président dans le Bas-Rhin, Thibaut Vinci, estime qu’il a les moyens et le programme pour rallier le centre-gauche strasbourgeois.
Thibaut Vinci était sur la liste de Catherine Trautmann aux élections municipales de 2020. L’année suivante, il était sur la liste de l’ex-socialiste Aurélie Filipetti aux élections régionales. Mais pour mars 2026, Thibaut Vinci prend ses distances avec les socialistes et pourrait présenter sa propre liste au nom du Parti radical de gauche (PRG).
« Catherine Trautmann n’a pas répondu à mes sollicitations », indique Thibaut Vinci, qui aurait aimé qu’une élection primaire départage les candidats de gauche. Une idée effectivement écartée par le Parti socialiste du Bas-Rhin, dont les sections strasbourgeoises ont voté en avril pour l’établissement d’une « liste autonome ».
Pas d’ennemis à gauche
« C’est l’opportunité de présenter aux Strasbourgeois une gauche plus moderne », réplique Thibaut Vinci :
« Contrairement aux élus socialistes, je n’ai pas trois ou quatre mandats voire plus derrière moi. À 38 ans, je suis encore neuf en politique et puis je ne me suis jamais compromis avec la droite. »
Thibaut Vinci se souvient que « lorsqu’Alain Fontanel (candidat macroniste, NDLR) s’est allié avec Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) au second tour des élections municipales de 2020, il a perdu tout le centre-gauche. Moi je ne proclame pas vouloir un rassemblement trop large mais j’invite toute la gauche. »
Toute la gauche, y compris La France insoumise ? « Je m’entends très bien avec Emmanuel Fernandes », assure Thibaut Vinci :
« Avec LFI, nous avons des divergences politiques importantes mais au niveau national. Au plan local, ça ne m’intéresse pas de clasher avec la gauche radicale chaque semaine. Comme avec les Écologistes, il faut discuter plutôt que de faire de l’écolo-bashing en permanence. C’est normal qu’il y ait des travaux dans une ville en fin de mandat et il faut leur reconnaître qu’ils ont su renouveler l’exécutif municipal. »
Une campagne sur la tranquillité publique
Pas d’ennemis à gauche donc, même si Thibaut Vinci avoue que les discussions n’ont pas vraiment débuté entre le PRG et les Écologistes et LFI. Ce sera compliqué dans la mesure où ces formations sont parties pour présenter des têtes de listes au premier tour. Mais Thibaut Vinci espère convaincre que ses thèmes de campagne et ses propositions seront plus fortes (voir ci-dessous) :
« Je suis policier et la question de la tranquillité publique est pour moi un thème de gauche. La sécurité, c’est pour tous, y compris dans les quartiers populaires qui sont les plus confrontés à la délinquance. La gauche doit s’emparer de ce thème d’autant que lorsque la droite en parle, c’est une escroquerie : de la répression sans moyens adéquats. »
Déficit de notoriété
Thibaut Vinci est déterminé mais il sait qu’il va devoir pallier un déficit de notoriété en quelques semaines de campagne et ce, avec une formation politique affaiblie. « On sort d’une scission après une fusion ratée, rappelle Thibaut Vinci. Mais nous avons une cinquantaine de sympathisants à Strasbourg, ce qui nous permettra de tracter sur les marchés deux fois par semaine. »
Thibaut Vinci donne rendez-vous pour un grand meeting de campagne samedi 22 novembre, jour de son anniversaire. Le lieu n’est pas encore arrêté. Mais comme pour tout le reste rappelle le candidat, « d’ici novembre, on devrait y voir plus clair ».
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