Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Pour les usagers, Strasbourg reste la deuxième grande ville cyclable de France

Pour les usagers, Strasbourg reste la deuxième grande ville cyclable de France
Les associations de cyclistes sont critiques sur la gestion du réseau strasbourgeois malgré une seconde place au Baromètre vélo.

Le Baromètre vélo 2025 vient de livrer son verdict. Strasbourg reste à la seconde place des grandes villes cyclables, mais sa note stagne quand d’autres progressent à vive allure. Dans son sillage, les communes du Bas-Rhin raflent le top 10 du Grand Est.

Depuis 2017, la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) publie le Baromètre vélo, une grande enquête citoyenne sur la pratique cyclable, basée sur le ressenti des usagers. En 2025, le quatrième baromètre a récolté plus de 334 000 réponses en France. Publiés jeudi 18 septembre, les résultats consacrent une nouvelle fois Strasbourg à la seconde place des grandes villes cyclables du pays.

L’outil mesure le ressenti des usagers sur la sécurité, le confort, les efforts de la commune pour améliorer la situation, les équipements (stationnement, réparation, etc.), et le ressenti général. Chaque ville reçoit une note de 1 à 6.

Un score en légère baisse

Strasbourg garde son statut de référence dans la catégorie des villes de plus de 100 000 habitants. Avec une note de 4,15 (catégorie B), elle se classe derrière Grenoble (4,37), seule grande ville en catégorie A, et devant Rennes (4,05). Mais elle est la seule commune du top 10 à connaître une légère baisse de score par rapport à 2021 (4,18). Pendant ce temps, Clermont-Ferrand bondit de 25% par rapport à 2021, Lyon et Toulouse de 15%. Des villes longtemps en retard qui comblent la distance. Sur la période 2019-2021, la capitale alsacienne avait elle aussi enregistré une progression de 25%.

Dans un communiqué, l’Eurométropole se satisfait de ces résultats : « Strasbourg reste la première des villes cyclables de plus de 200 000 habitants, seconde dans la nouvelle catégorie « Grandes Villes » du baromètre au coude à coude avec Grenoble. » Il faut cependant préciser que la catégorie des villes de plus de 200 000 habitants n’existe plus depuis le baromètre de 2019. Toutes les villes de plus de 100 000 habitants étaient déjà regroupées dans la catégorie « grandes villes » dans le précédent baromètre de 2021.

L’Eurométropole rappelle toutefois que les Strasbourgeois restent très attachés à leur vélo.

« À Strasbourg, le vélo représente près de 20% de la part des déplacements domicile-travail, et à l’échelle de l’Eurométropole il représente 15%, la part la plus élevée de France. La fréquentation cyclable dans Strasbourg a augmenté de 20% ces cinq dernières années. »

Elle précise aussi que « des voies particulièrement structurantes et attendues sont encore en chantier, comme la Colmarienne (avenue de Colmar, NDLR) et le Ring (autour du centre-ville, NDLR) ».

« Strasbourg ne sera pas sur le podium du prochain baromètre »

« Dans son communiqué, la ville s’est auto-congratulée tout en étant la seule ville du top 10 à ne pas avoir progressé », ironise Guillaume Verstraete, du comité de direction de Strasbourg à vélo. Les associations de cyclistes ne s’étonnent guère de la stagnation de Strasbourg. En effet, le budget du plan vélo 2021-2026 de la métropole a été abaissé de 100 à 65 millions d’euros. Guillaume Verstraete évoque notamment une mauvaise gestion des chantiers qui met en danger les cyclistes et de nouveaux aménagements pas suffisamment qualitatifs :

« Il y a beaucoup de bonne volonté, mais elle n’est pas poussée jusqu’au bout. À ce rythme, Strasbourg ne sera pas sur le podium du prochain baromètre. La ville stagne pendant que d’autres villes progressent très fortement. Nous, les associations de cyclistes, invitons la ville à être plus à l’écoute de nos revendications. Depuis cette année, on commence à voir des enrobés de couleur aux carrefours, pour améliorer la visibilité des cyclistes. On les réclame depuis cinq ans. »

Le Bas-Rhin, modèle pour le Grand Est

Autour de la capitale alsacienne, la couronne semble profiter de la dynamique. Oberhausbergen, commune de banlieue, décroche la huitième place française de sa catégorie avec une note de 4,29, en progression depuis 2021. Dans le Grand Est, le Bas-Rhin fait office de modèle, pédalant largement en tête avec 9 villes dans le top 10 régional.

À l’échelle nationale, c’est la façade Atlantique qui s’impose sur le podium avec les Pays de la Loire en tête, suivis par la Bretagne et la Nouvelle Aquitaine. Avec une progression modeste (+2%), le baromètre place le Grand Est à 3,23 de moyenne, un score qui le situe à la sixième position des régions cyclables de France.

Lettre ouverte : « Monsieur Keller, arrêtez de nous prendre pour des gosses »

Lettre ouverte : « Monsieur Keller, arrêtez de nous prendre pour des gosses »
La tribune ouest du stade de la Meinau, avec les supporters qui mettent l’ambiance et qui sont visés par des mesures de surveillance.

Des supporters dénoncent depuis 2023 le rachat du Racing club de Strasbourg par un consortium d’investisseurs américain qui détient déjà le Chelsea FC. Suite à une banderole demandant la démission du président Marc Keller, le club a annoncé des mesures de surveillance d’associations d’ultras. Guillaume Ledit, membre d’une de ces associations, nous a fait parvenir en son nom cette lettre ouverte à Marc Keller.

Ce jeudi 18 septembre vous avez convoqué la presse afin de vous exprimer sur nous.  « Minorité », « ils ne comprennent pas le projet », « mesures disciplinaires » : vous avez mobilisé tout le champ lexical du paternalisme condescendant. Normal, pour un homme qui nous traite comme des gamins turbulents incapables de saisir les subtilités de sa stratégie d’adaptation au « football moderne ». Cette adaptation qui a conduit à la vente de notre club à un consortium d’investisseurs américains, BlueCo, dont le vaisseau amiral est le Chelsea FC. Vendredi, les sanctions sont tombées : contrôles d’identité, restrictions des libertés, fin de la liberté d’expression en tribunes, entraves logistiques.

An eim Ohr hehrt’r nix un am andera isch’r daub, dit le proverbe alsacien, qui signifie « d’une oreille il n’entend pas et de l’autre il est sourd » en français. Je me permets donc, à mon humble place de supporter membre d’une des associations visées par ces mesures vexatoires, de rappeler quelques vérités qui semblent vous échapper, ainsi qu’à vos séides très actifs sur les réseaux sociaux. 

Les ultras sont contre le projet, pas votre personne

Contrairement à ce que suggère votre discours, nos critiques ne s’attaquent pas à Marc Keller l’individu, mais à ce que vous êtes devenu : le porte-parole de BlueCo en Alsace. La banderole qui vous remerciait pour la « décennie dorée » tout en demandant votre départ est pourtant limpide : nous reconnaissons ce que vous avez accompli par le passé, mais nous refusons ce que vous représentez aujourd’hui. Et ce que préfigure le futur.

Si ce à quoi les UB90 ont réagi s’était produit à Marseille – un capitaine posant avec le maillot d’un autre club alors qu’il porte encore le brassard phocéen – la Commanderie (centre d’entrainement du club de Marseille, NDLR) aurait été à feu et à sang dans la minute. À Strasbourg, nous avons déployé une banderole qui commence par « merci ». Si une telle courtoisie mérite des sanctions disciplinaires, dites-nous donc ce qu’il faudrait faire pour être entendus ? 

Nous nous doutons bien que vous n’allez pas œuvrer au départ de ceux à qui vous devez votre situation. Nous demandons en revanche un minimum de considération pour nos prises de position et notre engagement sans faille. Il se trouve simplement que nous n’avons pas la même définition de ce qui est bon pour l’institution Racing Club de Strasbourg.

« Chacun à sa place »

De « club différent » à « club banal », vous avez enterré en deux ans tout le discours qui faisait votre légitimité. Vous nous avez pendant des années tenu le discours d’un « club différent » lorgnant du côté de l’Allemagne où les associations de supporters sont respectées. En actant la vente au consortium BlueCo, vous avez fait du Racing un club comme les autres. Pire : un club satellite (ou paillasson, ou équipe réserve de Chelsea…). « Chacun à sa place », dites-vous aujourd’hui. Nous sommes à la nôtre. 

L’affaire Emegha confirme nos craintes. Notre capitaine pose avec le maillot de Chelsea, annonce son transfert pour 2026, et vous trouvez cela normal ? Cette image symbolise exactement ce contre quoi nous nous battons : la transformation de notre Racing en simple vivier pour un club londonien. Ici encore, ce n’est pas le joueur qui est visé ad hominem, mais bien ce qu’il incarne : une déterritorialisation d’un sport dont le cœur battant doit précisément, pour moi, se fonder sur son rapport et son lien au territoire, et à son histoire.

« Un acte politique, et nous en sommes fiers »

L’histoire alsacienne, justement. Vous convoquez une « tradition d’accueil ». Nous ne la renions pas, mais puisons aussi dans la tradition de résistance à ceux qui ont voulu au cours de notre tumultueuse histoire guider notre conduite.

Face à nos arguments, face à notre mécontentement, face à notre exigence, une réponse : vous avez décidé de nous sanctionner. Ça tombe bien, les ultras sont le laboratoire permanent des techniques de contrôle et de coercition en France : on connaît la chanson.

Certains supporters pensent que les résultats sportifs suffisent (le Racing est cinquième du championnat français mi-septembre, NDLR), que « le football évolue », que les ultras sont « trop politiques », ou représentent un autre temps. Nous leur répondons que défendre l’indépendance de son club contre la prédation financière internationale, c’est effectivement un acte politique, dans le sens noble du terme. Et nous en sommes fiers.

La culture strasbourgeoise a toujours été ancrée dans le respect de l’autre et la fidélité à ses valeurs. Nous continuerons de l’honorer en refusant que notre Racing devienne la filiale d’un empire commercial et financier qui nous méprise.

Nos 15 minutes de silence (les associations de supporters qui mènent les chants pendant les matchs gardent le silence pendant le premier quart d’heure depuis août 2024) ne sont pas dirigées contre l’équipe que nous aimons, mais contre un système qui la dénature. Cessez de nous infantiliser. Nous savons très bien ce que nous faisons. Et c’est exactement pour cela que vous avez peur.

Guillaume Ledit, membre d’une association de supporters du Racing club de Strasbourg

Mobilisation du 18 septembre : forces de l’ordre blindées et manifestation « réussie » selon la CGT

Mobilisation du 18 septembre : forces de l’ordre blindées et manifestation « réussie » selon la CGT
Une large manifestation dans Strasbourg à l’appel de l’intersyndicale et du mouvement « Bloquons tout », jeudi 18 septembre.

Dans la matinée du jeudi 18 septembre, les militants de « Bloquons tout » ont été empêchés d’agir par un dispositif policier démesuré. L’intersyndicale se félicite de la manifestation de l’après-midi, qui a réuni plus de 15 000 personnes selon les organisateurs.

Fourgons blindés, camions et CRS venus en nombre… Jeudi 18 septembre, dès 6h30, la place de Haguenau était le théâtre d’une démonstration de force efficace pour décourager les militants et militantes du mouvement « Bloquons tout ». Suite à la mobilisation du mercredi 10 septembre, de nombreux appels à se mobiliser avaient circulé sur les réseaux sociaux pour organiser un deuxième acte du mouvement social.

La gendarmerie a déployé des blindés aux abords de la place de Haguenau.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Des blocages empêchés

Les blocages de la matinée ont été avortés avant même d’avoir commencé. Les militants venus aux rendez-vous fixés place de Haguenau, au lycée Kléber ou sur le pont de l’Europe n’ont pas eu le temps de s’installer. Les forces de l’ordre étaient déjà en place. Trois lycéens interpellés ont rapidement été relâchés après une brève interpellation. Seul un « déménagement fictif » a permis de bloquer la circulation dans le quartier de la gare de Strasbourg. Du côté du campus universitaire, des ateliers banderoles ont eu lieu toute la matinée, non loin d’un rassemblement de pharmaciens qui juraient avoir organisé leur journée de mobilisation bien avant l’appel à manifester de l’intersyndicale.

Un déménagement fictif a bloqué la circulation pendant une vingtaine de minutes dans le quartier de Gare.

Près de 15 000 manifestants

Dans l’après-midi, entre 15 et 20 000 personnes ont rejoint la manifestation à Strasbourg, selon les estimations de la CGT du Bas-Rhin. Notre journaliste sur place a compté environ 11 800 participants. Réunies en intersyndicale, la CGT, la CFDT, la CNT, la CFTC, la FSU, l’Unsa, Force ouvrière, la CFE-CGC, Solidaires ou encore l’AES ont marché dans le calme.

Le cortège s’est ensuite divisé. L’intersyndicale s’est arrêtée comme prévu place du Maréchal de Lattre de Tassigny (Bourse) tandis qu’un groupe a poursuivi son chemin en direction de la rue de Palerme. Les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Une manifestation « sauvage » s’est poursuivie. Cinq personnes ont été mises en garde à vue selon le commissaire Laurent Braulio, contacté aux alentours de 17h.

Interpellation d’un manifestant dans le quartier Krutenau aux alentours de 17h.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Gestion des camps de sans-abris : la Ville pérennise sa méthode au-delà des élections

Gestion des camps de sans-abris : la Ville pérennise sa méthode au-delà des élections
Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge des Solidarités (à gauche), et Nicolas Fuchs, coordinateur régional de Médecins du Monde (à droite).

Mercredi 17 septembre, la municipalité écologiste a signé un protocole élaboré avec Médecins du Monde pour la gestion des campements et des squats. L’objectif : pérenniser au-delà des élections municipales un dispositif permettant de satisfaire les besoins fondamentaux des sans-abris.

« Nous souhaitons poser des bases solides pour garantir au maximum les besoins fondamentaux des personnes dans les campements, commence Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge des Solidarités. C’est pourquoi nous signons ce protocole d’interventions. Pour que tout le travail qui a été fait ces dernières années ne s’oublie pas et que ces pratiques continuent. » « C’est le minimum acceptable tel qu’on le considère dans des crises humanitaires sur lesquelles nous intervenons », précise Nicolas Fuchs, coordinateur régional de Médecins du Monde. L’organisation non gouvernementale signe, mercredi 17 septembre, ce protocole d’interventions avec la Ville de Strasbourg.

Par sa signature, la municipalité s’engage à mettre en place « le plus vite possible, en quelques jours », des toilettes mobiles, un ramassage des déchets et un accès à l’eau lorsqu’elle identifie un campement avec au moins dix tentes ou 20 personnes. Plus généralement, la Ville de Strasbourg veut automatiser une procédure qui inclut la réalisation d’un diagnostic social, des prises en charge médicales nécessaires ou encore la scolarisation des enfants à la rue. Dans les faits, la Ville a réalisé la plupart de ces actions ces dernières années sur les campements identifiés.

Des toilettes mobiles dans un campement près de la rue de l’Église rouge en septembre 2025.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Des actions vitales

Hillary Contreras-Salmen, coordinatrice de la mission mobile de Médecins du Monde insiste sur le fait qu’elle voit « régulièrement des personnes très gravement malades, voire en fin de vie » dans les campements. « Les conséquences graves peuvent apparaitre rapidement si les besoins fondamentaux ne sont pas respectés », assure t-elle, pour appuyer l’impérieuse nécessité de ce protocole.

Hillary Contreras-Salmen, coordinatrice de la mission mobile de Médecins du Monde.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Certaines mesures peuvent être difficiles à mettre en œuvre. « Les services sont parfois en difficulté pour raccorder des robinets au réseau selon l’emplacement du campement, précise Floriane Varieras. C’était le cas au bidonville de Cronenbourg. Les agents n’ont pas trouvé de solution à part une extension du réseau, ce qui n’a pas pu être fait d’autant plus que le site n’avait pas vocation à perdurer. » Les personnes qui vivaient à deux pas d’une bretelle d’autoroute devaient marcher 300 mètres pour remplir des bidons au niveau d’un local des Restos du cœur.

Au campement de l’Église rouge, situé dans un parc entre la rue Jacques Kablé et Schiltigheim, la Ville a fait installer deux cabines de toilettes pour la trentaine de personnes qui y vivaient en septembre. Elle n’a pas encore trouvé de solution pour un accès à l’eau dédié. Celles et ceux qui dorment là-bas remplissent des bidons grâce à un robinet aux jardins familiaux voisins.

Sécurisation

Dans le protocole, la Ville promet également de « tout mettre en œuvre pour fournir un accès à l’électricité ». Une source d’électricité n’a jamais été directement installée sur un campement à Strasbourg. « On n’a pas encore trouvé la solution pour le permettre en toute sécurité, confirme Floriane Varieras. Les services travaillent sur la question. Parfois il y a des possibilités grâce à des acteurs qui sont à proximité, comme l’antenne du Secours populaire à côté du camp Krimmeri qui ouvrait un local la journée. »

Mais les réinstallations sur cet emplacement sont désormais empêchées par la Ville à cause du risque de chute d’arbre. « On fait toujours intervenir le service espaces verts pour qu’ils vérifient la sécurité des campements maintenant. On a dû couper des branches près des tentes du parc du Heyritz par exemple », complète une agente des services. Dans le même ordre d’idée, la municipalité avait posé des détecteurs de monoxyde de carbone au bidonville de Cronenbourg face à la menace d’incendie.

La Ville a fait des petites buttes pour que des tentes ne se réinstallent pas au bord du Krimmeri.Photo : TV / Rue89 Strasbourg

1 200 places d’hébergement en moins en 2025

Ce protocole vaut aussi pour les squats. L’occupation d’immeubles vides peut devenir la solution la plus logique pour certaines personnes sans perspective d’hébergement. Questionnée sur sa volonté ou non de ne pas demander d’évacuation de squats dans des bâtiments appartenant à des bailleurs sociaux liés à la Ville comme Ophéa ou Habitation Moderne, Floriane Varieras explique qu’il s’agit d’un « cas par cas » selon la situation de l’immeuble :

« Les bâtiments sont vides parce que leur démolition est prévue dans le cadre du renouvellement urbain. On ne peut pas bloquer ce plan. Mais avant ça, on mettra toujours en place le protocole d’interventions et on demandera le logement des personnes à la préfecture. »

La Ville est consciente que l’État refuse de loger une partie des personnes qui vivent dans les campements. « On croise des gens à la rue aujourd’hui qui étaient déjà dans des squats comme le Bugatti en 2019 », constate Nicolas Fuchs. Et la préfecture du Bas-Rhin est en train de supprimer, en 2025, 1 200 places pour les « ménages à droits incomplets », c’est-à-dire des familles dont certains membres n’ont pas obtenu ou réussi à renouveler leur titre de séjour. Il s’agit de 700 places fournies par des associations (comme nous le révélions en mai) et 500 places dans des hôtels selon les informations de la Ville.

Pérenniser ces interventions

« On s’attend donc malheureusement à une augmentation des personnes vivant dans des camps ou des squats, déplore Floriane Varieras. D’où la nécessité d’établir ce protocole. » Ces personnes refusent souvent catégoriquement de retourner dans leur pays d’origine en expliquant qu’elles y seraient en danger de mort. Elles sont condamnées à l’errance pendant plusieurs années, sans possibilité de travailler ou de se loger, avant que l’État ne décide de les régulariser. « Dans ce contexte, nous appelons les acteurs à se saisir de toutes les possibilités pour héberger des personnes », insiste Nicolas Fuchs.

La Ville de Strasbourg et Médecins du Monde ont signé ce protocole d’interventions élaboré ensemble sur les campements et les squats, mercredi 17 septembre.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

La mise en place de ces opérations coûte environ 900 000 euros par an à la municipalité. « On paye des interprètes, des travailleurs sociaux, l’entreprise qui installe les toilettes…, indique Floriane Varieras. Ce chiffre ne tient pas compte d’autres dépenses comme la prise en charge des repas à la cantine : 700 enfants mangent gratuitement le midi à Strasbourg. » La signature du protocole a également pour but de pérenniser ce mode d’intervention quelque soit le résultat de l’élection municipale en 2026.

Expulsées par l’État, des familles vivent sous tente au pied d’une entrée d’autoroute

Expulsées par l’État, des familles vivent sous tente au pied d’une entrée d’autoroute
Pallomb et Aferdita ont été logés avec leurs enfants suite à l’évacuation d’un ancien campement… pour quelques mois seulement.

Plus de trente personnes sans-abri ont installé des tentes dans un espace vert à côté d’une entrée d’autoroute entre Schiltigheim et la place de Haguenau. Certaines expliquent avoir été mises à la rue par l’État ces derniers mois.

Mari attend sur une chaise en plastique, la musique d’attente du 115 en fond sonore depuis presque quinze minutes. Comme chaque jour, cette Géorgienne compose ce numéro pour obtenir un hébergement d’urgence pour elle, son mari et sa fille de six ans. Si elle oublie d’appeler une fois, elle peut-être rétrogradée dans la liste des prioritaires. En pleine conversation, la voie d’une standardiste la coupe enfin : « Bonjour, vous m’entendez ? ». « Oui », répond Mari, une pointe d’espoir dans la voix. « On n’a toujours pas de place pour les familles. Rappelez demain. Au revoir », expédie la femme à l’autre bout du fil, avant de raccrocher.

Mari attendra 25 minutes en tout, pour un échange de dix secondes avec la standardiste du 115.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

« Avant d’être ici, on était hébergés à l’hôtel Forum à Schiltigheim. En août on nous a dit de partir. »

Mari, sans-abri installée dans une tente à l’entrée de Schiltigheim

Mari hausse les épaules. Elle dormira encore dans ce campement de sans-abris ce lundi 15 septembre. Des familles et des personnes isolées ont installé 25 tentes entre Strasbourg et Schiltigheim, dans un petit parc entouré par la rue de l’Église Rouge et l’entrée d’autoroute de la place de Haguenau. « C’est très dur, il fait de plus en plus froid la nuit. On est fatigués. Le sommeil est très difficile. Même ma fille n’arrive pas à dormir », relate Mari. Elle s’inquiète pour son compagnon, qui a des problèmes pulmonaires. C’est pour cette raison que la famille géorgienne est venue en France. « J’avais un titre de séjour pour l’accompagner mais il a expiré en juin. La préfecture n’a toujours pas répondu à ma demande de renouvellement. Ils me disent d’attendre », souffle la jeune maman :

« Avant d’être ici, on était hébergés à l’hôtel Forum à Schiltigheim. En août on nous a dit de partir. Depuis on est à la rue. »

Mari dort dans une tente avec son compagnon et sa fille, à côté d’autres familles géorgiennes.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

De camp en camp

Depuis l’été 2024, l’État met régulièrement à la rue des « ménages à droits incomplets », c’est-à-dire des familles dont certains membres n’ont pas encore réussi à obtenir ou renouveler un titre de séjour par exemple. C’est le cas de Mari.

À l’autre bout du campement, Pellumb et Aferdita font bouillir de l’eau dans une casserole grâce à un feu de bois. La nuit, ils se serrent dans une tente avec leur fille de 14 ans et leur fils de 16 ans. La famille était déjà au camp du parc Eugène Imbs en janvier, avant d’être temporairement logée dans un hôtel pendant cinq mois. « On est ici depuis deux mois, déplore Pellumb. Mes enfants ne peuvent pas prendre de douche avant d’aller en cours. »

Spontanément, Pellumb sort des papiers d’un sac. Un réflexe que beaucoup de personnes migrantes ont intégré pour justifier de leur présence. L’homme de 49 ans, les cernes creusées par les nuits dehors, montre des documents médicaux, dont une attestation d’un médecin demandant qu’il soit logé vu la dégradation de son état de santé. « On ne peut pas retourner en Albanie. Si on fait ça, on se fait tuer par la mafia », assure t-il. C’est aussi pour cette raison qu’il ne souhaite pas que son visage apparaisse dans la presse. « Je ne veux pas qu’ils puissent me retrouver, savoir où je suis », expose t-il.

Le campement est situé juste à côté de jardins ouvriers.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Pas encore de démarche d’expulsion prévue

« Regardez ces familles… Les enfants ont peur. C’est vraiment la merde. Il n’y a plus de place au 115. Je ne sais pas jusqu’à quand ça va durer », déplore Boujema, de nationalité française. « Je suis né à Schiltigheim. J’ai grandi à Schiltigheim, relate t-il. J’étais en prison et ensuite j’ai été hospitalisé à Brumath. Quand je suis sorti, je n’avais plus rien. Je me suis débrouillé seul. Je suis dans ce parc depuis quatre mois. » De temps en temps il peut dormir dans une structure proposée par le 115 pendant quelques jours. « Mais je me suis déjà retrouvé dans des hôtels pourris, avec des punaises de lits. Je préfère la tente quand c’est comme ça », regrette t-il.

Boujema ramasse des déchets sur le campement.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

L’homme bientôt quinquagénaire ramène près de sa tente une poubelle qu’il vient de vider. Il remet un sac vide dedans : « Je nettoie toujours ce que je peux », dit-il, avant de partir remplir un bidon sur un point d’eau des jardins ouvriers qui bordent le parc. La Ville de Strasbourg a posé deux cabines de toilettes mobiles. Mais les personnes qui vivent là manquent de bâches et de matériel. « J’aurais besoin d’une lampe torche pour la nuit », affirme Boujema.

Le campement grandit petit à petit en cette fin d’été. « Mi-septembre, nous comptons 36 personnes dont cinq familles avec 11 majeurs et cinq enfants », indique Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge des Solidarités. « Un ramassage adapté des déchets a été mis en place, et un protocole avec un diagnostic social est en cours. Nous allons faire des demandes d’hébergement des personnes. » Si aucune solution n’est proposée aux personnes et qu’elles sont contraintes de rester dans le parc, la Ville devra demander le démantèlement du camp comme le lui impose le tribunal administratif. Des personnes devraient alors être hébergées après l’expulsion, avant de peut-être se retrouver à la rue. Un interminable cycle qui pourrait s’arrêter si l’État se décidait à régulariser ces personnes, pour qu’elles aient le droit de travailler et de se loger.

18 septembre : des blocages empêchés par des blindés, plus de 15 000 manifestants selon la CGT

18 septembre : des blocages empêchés par des blindés, plus de 15 000 manifestants selon la CGT

Suivez en direct la mobilisation du jeudi 18 septembre à Strasbourg. Un important dispositif policier a empêché les militants du mouvement Bloquons tout de parvenir à leurs fins. Selon le syndicat CGT, plus de 15 000 personnes ont manifesté à Strasbourg.

Notre reporter sur place indique que la manifestation « sauvage » est terminée. Il a pu constater l’interpellation de deux manifestants.

Interpellation d’un manifestant dans le quartier Krutenau aux alentours de 17h.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Contacté, le commissaire Laurent Braulio confirme le placement en garde à vue de cinq personnes. La plupart ont été interpellées pour avoir masqué leur visage, d’autres pour avoir eu en main une barre de fer. Une personne a aussi été arrêtée pour détention de stupéfiant.

La manifestation « sauvage » semble se terminer. Un groupe d’une dizaine de manifestants est arrêté pour un contrôle d’identité par la police.

Aperçu de la manifestation « sauvage » en cours dans le quartier Krutenau à proximité du campus universitaire.

Place du Maréchal de Lattre de Tassigny, la manifestation se disperse dans le calme. Les syndicalistes remballent drapeaux, enceintes et retirent leurs chasubles.

À quelques centaines de mètres, à côté de la cité administrative Gaujot, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser le cortège qui a continué de manifester.

Une partie du cortège continue de déambuler en prenant la rue de Palerme. Ils arrivent devant la cité universitaire Paul Appel.

Place de la bourse, un important dispositif policier empêche la manifestation de continuer en direction de la place de l’Étoile.

La tête de cortège est arrivée place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, destination de la manifestation déclarée auprès de la préfecture.

« Il y a un monde fou. C’est un succès. Les salariés et les jeunes sont au rendez-vous. C’est ce qu’on attendait », réagit Laurent Feitsthauer, secrétaire général de l’Union départementale CGT. Le syndicat estime que la participation du jour se situe entre 15 et 20 000 personnes. Sur place, notre journaliste Thibault Vetter a estimé que le cortège comptait environ 11 800 participants. Aux alentours de 16h, la préfecture du Bas-Rhin donnait une estimation « non-consolidée » de 5 000 manifestants.

Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Dans le cortège, Mathilde Cybulski nous rapporte une manifestation haute en couleurs, pleine de pancartes aussi chiadées que percutantes.

Denis, 45 ans, a commencé à travailler à 15 ans sur les chantiers. Il est désormais salarié chez le constructeur CAF, anciennement Alstom Reichhofen. Le technicien de maintenance a commencé le travail à la chaîne en 2001 :

« Je me suis syndiqué à la CGT pour ça : la France qui se lève tôt, qui a mal au dos, qui paye ses impôts. Moi je me lève à 3h45, je fais 37 heures par semaine. Ça fatigue vraiment. Quand je rentre chez moi, je ne fais plus rien. J’ai pas la chance de pouvoir amener mes enfants à l’école. On nous demande toujours de faire des efforts. Je trouve ça très difficile. Il y a des privilégiés en France : il faut prendre l’argent là où il est. On est prêts à se mobiliser fortement pour ça maintenant, et pour revaloriser le monde ouvrier en général, dans la formation, les rémunérations, la protection des employés dans les usines… »

Denis, 45 ans, est salarié chez le constructeur CAF, anciennement Alstom Reichhofen. Le technicien de maintenance a commencé le travail à la chaîne en 2001.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Deux orthophonistes, salariées en centre médicaux sociaux (CMS), manifestent pour des augmentations de salaire :

« Aujourd’hui, nos salaires sont complètement déconnectés de notre niveau de compétences. On a fait quatre ou cinq années d’études et on est payés comme des personnes titulaires d’une licence. C’est tellement dévalorisant que la plupart des orthophonistes ne travaillent plus dans les centres médicaux. Ils préfèrent travailler en libéral. Conséquence : les CMS manquent de personnels et de moyens. »

Deux orthophonistes manifestent pour une revalorisation salariale, seule solution pour maintenir un effectif suffisant en centre médico-social. Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg

Étudiants et étudiantes forment un important cortège au sein de la manifestation.

« La lutte, la lutte, jusqu’à la victoire ! » Un important cortège s’élance au départ de la place de la République.

Chantha, salariée de la crèche du fossé des treize à Strasbourg :

« C’est un travail difficile. On porte des enfants. On les change. On doit être vigilants en permanence. Je gagne 1 400 euros par mois pour 35 heures. On est déjà fatigués et le gouvernement veut qu’on travaille encore plus. On a besoin de l’inverse… Là on travaille juste pour vivre. Si les ministres travaillaient comme nous, ils comprendraient qu’il faut une augmentation des salaires. »

Chantha, salariée de la crèche du fossé des treize à Strasbourg : « Il faut une augmentation des salaires. » Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Électricien chez Lohr industrie et syndiqué au sein de la CGT, Sahin revendique avant tout la démission d’Emmanuel Macron :

« Je veux qu’on retrouve une vraie démocratie en France. Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, le président aurait dû donner le pouvoir au Nouveau front populaire. On aurait pu avoir des mesures pour améliorer nos conditions de travail et regagner des acquis sociaux. On exige l’abrogation de la réforme de retraites. Dans la métallurgie, des collègue autour de moi sont bousillés. Ils n’arrivent même pas à la retraite, ils meurent. Depuis le début de ma carrière, j’en connais une dizaine qui sont morts avant de partir en retraite dans mon entreprise. »

Électricien chez Lohr industrie et actif au sein de la CGT, Sahin revendique avant tout la démission d’Emmanuel Macron.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

En tête de cortège, neuf syndicalistes – un représentant de chaque syndicat – portent la banderole : « Les sacrifices pour le monde du travail : ça suffit ! »

En tête de cortège, un représentant de chaque syndicat de l’intersyndicale.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Marvin, employé de la brasserie Meteor, délégué syndical Force Ouvrière :

« On est sur un secteur en souffrance et en mutation, avec très peu de syndicalisme. À Strasbourg, on a une multiplication des restaurants d’investissement. Chez nous, on a entre 70 et 80 employés, avec un objectif de rentabilité avant tout. Je suis serveur. Je travaille sous pression, avec des horaires difficiles et en étant payé au SMIC. Dans le cadre de cette mobilisation sociale, on aimerait aussi demander des mesures nationales pour notre secteur, notamment sur les revenus. »

Marvin, employé de la brasserie Meteor, délégué syndical FO.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

La place de la République se remplit peu à peu. Le cortège étudiant vient d’arriver au point de départ de la manifestation.

Il n’y a plus d’actions sur la voie publique à notre connaissance. Ce compte-rendu en direct reprendra à 13h30, pour donner la parole aux personnes présentes dans le cortège intersyndical strasbourgeois.

Une trentaine d’étudiants se sont rassemblé devant l’institut Le Bel sur le campus central de l’Université de Strasbourg pour un « atelier pancartes ».

Parmi les messages qui seront présentés dans le cortège : « Du fric pour les facs et les lycées, pas pour les patrons ni l’armée ».

Les étudiants doivent se rassembler dès 13h devant la présidence de l’Université de Strasbourg pour protester contre « la pression exercée sur les étudiants militants antifascistes ». Plusieurs étudiants font face à des procédures internes suite à des violences qui se sont déroulées sur le campus lors de la précédente année scolaire.





Un petit groupe de Bloquons tout a mis en scène un faux déménagement, avec comme objectif de bloquer la circulation automobile au niveau de la place de la Porte-Blanche, dans le quartier de la Gare de Strasbourg. L’action a duré une vingtaine de minutes avant que des dizaines de policiers n’interviennent.

Les participants ont été contrôlés mais pas interpellés. Un policier leur a cependant notifié que s’ils recommençaient, ils seraient gardés à vue pour « entrave à la circulation ».

« Les policiers étaient plus nombreux que nous ».

Parmi les manifestants, l’une d’entre eux témoigne :

« L’objectif, c’était de faire une petite action détente, rassembler des gens qui voulaient faire quelque chose de tranquille, avec humour et légèreté. Des automobilistes râlaient et d’autres rigolaient avec nous, on a eu de belles réactions, des personnes qui nous aidaient, disaient qu’on avait oublié des choses et qu’on devait repasser… Les policiers étaient plus nombreux que nous, c’était impressionnant. On s’était dit que si la police arrivait, on partirait à la première sommation mais ils nous ont tout de suite tous et toutes contrôlées. C’est un peu l’angoisse. »

Après un rendez-vous à l’Agence régionale de santé, les pharmaciens mobilisés se rendent au siège de la Caisse primaire d’assurance maladie, rue de Lausanne, puis à la préfecture du Bas-Rhin, où ils doivent être reçus.

Environ 120 pharmaciens et pharmaciennes sont réunies devant la cité administrative Gaujot à l’Esplanade pour protester contre un arrêté du gouvernement pris le 4 août réduisant les remises sur les médicaments génériques. Ils portent des gilets jaunes « Pharmacie en danger, santé menacée ». Le rassemblement est calme, surveillé par une dizaine de policiers postés de l’autre côté de la voie.

Claude Windstein.

Claude Windstein est pharmacien et maire de La Petite-Pierre :

« La loi autorisait 40% de remise sur les médicaments génériques, ce qui faisait une part de notre rémunération. Le gouvernement a pris la décision de la baisser progressivement pour arriver à 20% au 1er juillet 2027. La conséquence sera la fermeture des petites pharmacies, surtout celles en milieu rural. Il y aura des licenciements partout. »

Interrogé sur la participation des pharmaciens au mouvement intersyndical d’aujourd’hui, Claude Windstein précise :

« La manifestation est prévue depuis juillet. Les kinés, orthophonistes et orthoptistes vont bientôt arriver pour nous soutenir. On s’est rassemblé ici ce matin parce qu’on a besoin d’une visibilité à part, pour que les gens identifient bien nos revendications. Mais nous partageons le sentiment de ras-le-bol qui amène à la manifestation de cet après-midi. »

La préfecture du Bas-Rhin a pris un nouvel arrêté pour autoriser l’utilisation de deux drones au dessus du centre-ville de Strasbourg cet après-midi.

Le drone Mavic 2 Enterprise utilisé par les services de police à Strasbourg.

Cet arrêté n’a pas été contesté devant le tribunal administratif de Strasbourg. Un arrêté similaire pour la journée du 10 septembre avait été attaqué mais autorisé par le juge des référés le même jour.

Il n’y a plus d’action en cours sur la voie publique selon nos informations.

Quelques manifestants de Bloquons tout se sont rendus sur le pont de l’Europe au port du Rhin. Mais ils ont là aussi été accueillis par un important dispositif policier. Le blocage de la circulation a été empêché, alors que les personnes présentes sont contrôlées.

Selon des témoignages, trois lycéens auraient été interpellés par les policiers devant le lycée Kléber et emmenés à l’hôtel de police.

Après vérification auprès de la police nationale, ces lycéens ont été remis en liberté après une vérification d’identité, parce qu’ils n’avaient pas leurs papiers sur eux au moment du contrôle.

Luana et Alexis ont tenté de bloquer le lycée Kléber avant le début des cours.

Alexis, lycéen à Kléber, détaille :

« On est arrivé vers 6h30 devant le lycée pour choper des barrières et ce qu’il faut pour bloquer. Cinq minutes après, il y avait déjà une fourgonnette de police qui nous guettait. Au fur et a mesure, on était une vingtaine de personnes à proximité du lycée, sur le parking de France 3. Une voiture de police banalisée est arrivée devant nous. Les flics ont contrôlé et vidé les sacs. Trois autres voitures sont arrivées. Ils nous on dit “On se retrouve cet aprem !”. Après les gardes à vue de la semaine dernière, ils continuent d’essayer de nous faire peur. Mais on est révolté, c’est pas avec la répression, en gazant, que ça va nous décourager. »

Luana, une lycéenne, poursuit :

« Moi, ils m’ont pris ma bombe de peinture et mon marqueur en me demandant de venir les chercher à l’hôtel de police. Ils ont pris ma carte d’identité en photo et m’ont dit que ça suffirait pour récupérer les affaires. Que n’importe qui pouvait les récupérer en donnant mon nom, qu’il faudrait d’autres preuves d’identité. J’ai refusé de donner plus. »

Des policiers ont été déployés en faction devant des lycées de Strasbourg, avec le même objectif de prévenir d’éventuels blocages.

Déploiement à proximité du lycée Kléber de Strasbourg.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Une manifestante voulait participer à l’action place de Haguenau. Elle témoigne :

« La semaine dernière (le 10 septembre, NDLR) c’était déjà bien tendu. On a fini par attendre des copains au commissariat pendant 24 heures. Ce matin, je suis arrivée place de Haguenau avec une trentaine de personnes. Les flics couraient déjà partout. J’ai la flemme de me faire courser et finir en garde à vue. J’ai renoncé, j’ai été ultra surprise par le dispositif mis en place. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait des blindés. C’est l’escalade : ils ne respectent pas la démocratie par leurs choix, donc on veut se mobiliser, faire des actions et ils sortent des blindés… La semaine dernière, on a juste bloqué la circulation pendant quelques minutes et déplacé des barrières… C’était déjà trop : ils veulent juste qu’on se taise. »

La gendarmerie a déployé ses véhicules blindés place de Haguenau. Ce déploiement de force fait renoncer quelques dizaines de manifestants épars, qui n’auront jamais réussi à se rassembler.

La police est déjà présente place de Haguenau, où un appel à se rassembler avant de réaliser une action a été diffusé par Bloquons tout.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

La police nationale a déployé un nombre important d’agents autour de la place de Haguenau pour prévenir tout risque de blocage de la M35 ou d’autres axes routiers. Des opérations de recherche d’éventuels manifestants sont menées.

Deux manifestations pour la Palestine samedi 20 septembre

Deux manifestations pour la Palestine samedi 20 septembre
Deux mobilisations auront lieu le même jour, samedi 20 septembre, organisées par deux collectifs distincts.

Samedi 20 septembre, deux manifestations en soutien au peuple palestinien ont lieu place Kléber. Après la publication d’un rapport d’une commission de l’ONU concluant à la commission d’un génocide dans la bande de Gaza, les organisateurs veulent rendre hommage aux victimes.

Mardi 16 septembre, une commission d’enquête établie par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a publié un rapport concluant qu’Israël commet un génocide dans la bande de Gaza. Près de 65 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne depuis le 7 octobre 2023, selon les chiffres du ministère de la Santé de la bande de Gaza. Pour rappeler ce lourd bilan humain, deux collectifs organisent des manifestations samedi 20 septembre, place Kléber à Strasbourg.

Hommage aux enfants tués

De 11h à 18h, le collectif Palestine 67 organise une action symbolique intitulée « Chaussures – Des noms, pas que des chiffres ». Des chaussures seront disposées sur la place Kléber en hommage aux victimes tuées à Gaza. Une lecture des noms des enfants palestiniens tués est prévue de 13h à 17h. Les organisateurs précisent que des créneaux restent disponibles pour participer à la lecture, et invitent les personnes intéressées à s’inscrire via un lien Framadate.

En parallèle, une exposition rendra hommage aux journalistes assassinés, et une installation visuelle intitulée « Gaza Visage » sera présentée. De 13h à 15h, un espace participatif permettra aux passants de peindre des galets et de fabriquer de petits bateaux en soutien à celles et ceux qui tentent d’apporter des denrées alimentaires par voie maritime à Gaza.

Le collectif Palestine 67 tiendra aussi un stand de récolte de dons, proposant des livres, du café et des gâteaux. L’événement est organisé avec le soutien d’Emmaüs, du Relais Est et du Secours populaire.

Une marche aux flambeaux en soirée

Dans la soirée, le collectif décolonial pour la Palestine organise une marche aux flambeaux en hommage aux journalistes palestiniens assassinés. Le départ est prévu à 19h30, place Kléber. Des flambeaux seront fournis sur place. Le collectif rappelle l’engagement de ces journalistes qui ont perdu la vie en couvrant le conflit :

« Ils ont documenté l’horreur. Ils ont filmé sous les bombes, écrit sous les ruines. Ils ont porté la vérité au péril de leur vie. Ils ont capturé l’indicible pour que le monde ne puisse pas dire : « Nous ne savions pas ». »

Depuis le 7 octobre 2023, près de 210 journalistes palestiniens ont été tués à Gaza, faisant de ce conflit l’un des plus meurtriers pour la profession.

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La FSU constate dès la rentrée un sous-effectif généralisé dans l’Éducation nationale

La FSU constate dès la rentrée un sous-effectif généralisé dans l’Éducation nationale
L’état de l’éducation nationale semble continuellement se dégrader.

La Fédération syndicale unitaire (FSU), premier syndicat enseignant, constate la poursuite de la dégradation des conditions de travail et de la qualité de l’enseignement dans l’Éducation nationale. De nombreux personnels devraient être en grève jeudi 18 septembre.

« Ce dossier de presse de rentrée scolaire ressemble à celui de l’année dernière, avec des chiffres encore pires », introduit Géraldine Delaye, responsable de la Fédération syndicale unitaire du Bas-Rhin (FSU 67) pour le premier degré. Lors d’une conférence de rentrée, mardi 16 septembre à Strasbourg, elle continue :

« Nous dénonçons une fois encore le manque de moyens partout, en nombre d’enseignants, d’assistants des élèves en situation de handicap, de personnels administratifs, d’infirmiers, d’assistants sociaux. Ce sous-effectif met en péril le service public que nous sommes censés assurer. »

Dans le Haut-Rhin, 45% des remplaçants des écoles sont déjà affectés au 16 septembre d’après Mariane Brosse-Heimburger, responsable de la FSU 68 pour le premier degré :

« Le plus souvent, ces remplaçants sont affectés à des arrêts de longue durée. Ils ne pourront donc pas effectuer d’autres remplacements. Sur l’année 2024-2025, nous avions eu au moins 150 absences non-remplacées. »

Dans le Bas-Rhin, certaines circonscription n’ont déjà plus de remplaçants disponibles, à Strasbourg ou à Truchtersheim par exemple. « Nous avons 687 remplaçants dans l’académie au total. Il en faudrait au minimum 735 », indique Géraldine Delaye.

Géraldine Delaye.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Des démissions en hausse

Mariane Brosse-Heimburger évoque également les « 29 démissions d’enseignants titulaires » dans son département au cours ou à la fin de l’année 2024-2025, et « déjà cinq abandons » depuis la rentrée début septembre. Des chiffres semblables d’année en année. En 2023-2024, ce sont 35 enseignants titulaires du premier degré qui avaient démissionné dans le Bas-Rhin. De son côté, Valérie Wolff, responsable FSU pour les infirmières scolaires, explique que ses collègues ont entre 2 et 3 000 élèves à charge : « C’est impossible de répondre aux besoins de ceux qui ne vont pas bien, alors même que leur nombre augmente. »

Le syndicat déplore également le manque de moyens à l’Université de Strasbourg (Unistra). « En six ans, on a 150 postes d’enseignants chercheurs en moins, soit une baisse de 7 à 8% de l’effectif, pour une augmentation de 10% du nombre d’étudiants, constate Pascal Maillard, responsable Snesup-FSU à l’Unistra :

« Cette année, on aura plus de contractuels que de titulaires. On n’arrive plus à obtenir des CDI. Les gens sont jetés dehors avant de les obtenir. Globalement, on le constate tous les jours en tant que syndicalistes, les personnels ne vont pas bien. »

Pascal Maillard.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Grève massive le 18 septembre ?

« Il y a des choix budgétaires très discutables qui sont fait, avec des millions d’euros consacrés à des filières d’excellence tout en diminuant le nombre de titulaires », abonde Pierre Gilliot, représentant des chercheurs pour la FSU. Jacky Dietrich, responsable de la section FSU qui s’occupe du personnel des bibliothèques regrette « la grande souffrance de ses collègues », qui se retrouvent souvent avec « des fiches de poste de fonctionnaires de catégorie A ou B mais des statuts de catégorie C », et ont la rémunération qui va avec. « Encore ce matin j’ai vu une collègue de 56 ans en pleurs parce qu’elle n’a jamais eu de promotion », conclut-il.

Pierre Gilliot.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Toutes ces sections syndicales de la FSU s’attendent à une forte participation de leurs collègues pour la journée de mobilisation intersyndicale et de grève prévue jeudi 18 septembre. « Nous sommes dans une situation de maltraitance, et le gouvernement nous menace d’une politique austéritaire, avec des non remplacements de départs de fonctionnaires. C’est exactement l’inverse dont nous avons besoin urgemment : des moyens en plus », résume Géraldine Delaye.

Le tour de France d’Anticor fait trois étapes en Alsace

Le tour de France d’Anticor fait trois étapes en Alsace
La camionnette d’Anticor sillonne la France pour relancer l’association.

L’association Anticor passe à Colmar, Strasbourg et Barr les 18, 19 et 20 septembre. L’association qui milite pour la probité en politique cherche à sensibiliser les citoyens à l’éthique dans les affaires publiques et des bénévoles.

Depuis le mois de juin, une camionnette bleue et blanche, floquée aux couleurs d’Anticor, sillonne le pays à la rencontre du public. L’association de lutte contre la corruption cherche à se relancer depuis qu’elle a dû batailler ferme pour obtenir son agrément du gouvernement. Ce tour de France fera halte en Alsace du 18 au 20 septembre. L’objectif est d’aller à la rencontre des citoyens pour « rappeler que la corruption nous concerne tous et encourager chacun à devenir un citoyen vigilant ». Trois rendez-vous auront lieu cette semaine en Alsace :

    Jeudi 18 septembre, à 19h30, au cinéma CGR – 1, place Scheurer-Kestner à Colmar. Projection du film de Yannick Kergoat, Personne n’y comprend rien sur les financements libyens de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Le film sera suivi d’un débat public avec des membres de l’association, Vendredi 19 septembre de 9h30 à 18h, un stand d’animation et sensibilisation se tiendra sur la place Gutenberg à Strasbourg. À 19h, aux Petites Cantines, 5 rue Kuhn dans le quartier Gare, la projection du film de Léo Favier Qui n’a pas sa part d’ombre, sur l’affaire Cahuzac, sera suivie d’un débat avec Elise van Beneden, vice-présidente d’Anticor, puis d’un dîner solidaire, Samedi 20 septembre de 9h30 à 16h, un stand d’information et de jeux se tiendra sur la place Karrer à Barr, en présence d’Elise van Beneden.

Plus de 160 procédures judiciaires

Partie de l’Aveyron au début du mois de juin, la camionnette arrivera dans les Ardennes début octobre. Marion Graeffly, bénévole strasbourgeoise pour Anticor, souhaitait que l’association fasse étape dans le Bas-Rhin.

« C’est important de parler du sujet de la corruption partout. Cela concerne évidemment les citoyens des grandes villes comme Strasbourg, mais c’est tout aussi essentiel dans des petites villes comme Barr. »

L’association Anticor, créée en 2002, « soutient les lanceurs d’alerte » et « agit pour réhabiliter la confiance entre citoyens et élus ». En 2025, elle compte plus de 10 000 adhérents et 80 groupes locaux. Plus de 160 procédures judiciaires ont été engagées par l’association, parfois pour des scandales majeurs comme l’affaire Platini, les prises illégales d’intérêts d’Alexis Kohler et d’Éric Dupond-Moretti ou les financements de Vincent Bolloré en faveur de la réélection du président Faure Gnassingbé au Togo.

Élèves handicapés sans accompagnants : des enseignants en grève et une école fermée à Strasbourg

Élèves handicapés sans accompagnants : des enseignants en grève et une école fermée à Strasbourg
Les enseignants de l’école Saint-Jean feront grève jeudi 18 septembre pour dénoncer le manque d’AESH pour accompagner les enfants en situation de handicap.

Grève, blocage, banderoles… Une journée de mobilisation est prévue jeudi 18 septembre dans les écoles Saint-Jean et du Hohberg à Strasbourg. Enseignants et parents d’élèves alertent sur une « rentrée catastrophique » marquée par un manque d’accompagnants d’élèves handicapés (AESH).

« Notre école ne va pas bien, c’est une rentrée catastrophique. » Amélie, représentante des parents d’élèves du groupe scolaire du Hohberg, à Strasbourg, dénonce le nombre insuffisant d’Accompagnants d’élève en situation de handicap (AESH). « C’est la première année que nous faisons face à un manque d’AESH aussi important », confirme une enseignante qui souhaite rester anonyme.

Face à ce constat, une journée de mobilisation se prépare dans certaines écoles de Strasbourg, jeudi 18 septembre. À l’école Saint-Jean, dans le quartier des Halles, les professeurs feront usage de leur droit de grève, à l’exception de trois d’entre eux. Une banderole sera accrochée au portail : « Enfants à la rue, enfants sans AESH, familles et personnels en détresse. » Même mobilisation à l’école maternelle du Hohberg. Des parents d’élèves bloqueront l’école dès 8h30, tracts et pancartes en main, tandis que le corps enseignant fera grève.

Un manque cruel d’AESH

Si le syndicat Snuipp-FSU du Bas-Rhin ne peut pas fournir le nombre exact d’AESH manquants sur le département, dans le Haut-Rhin, 350 élèves manquent d’un accompagnement adapté. « Certains AESH sont sur plusieurs établissements et doivent s’occuper de 5, 6, 7 ou 8 élèves », confirme Mariane Brosse-Heimburger, membre du Snuipp-FSU du Haut-Rhin.

Amélie se fait le relais des enseignants et des parents démunis face à cette situation. Sa fille de 4 ans est inscrite en moyenne section à l’école du Hohberg dans le quartier Koenigshoffen de Strasbourg :

« Dans sa classe, il y a un petit garçon en situation de handicap. Il lui arrive par exemple de crier dans la classe et un atelier de peinture peut vite devenir ingérable. Il a besoin d’un accompagnement personnalisé mais l’enseignante n’est pas formée pour ça et ne peut pas consacrer tout son temps à cet enfant. Elle a une classe dont elle doit s’occuper. »

Dans cette école en Réseau prioritaire d’éducation (REP), cinq enfants ont un handicap diagnostiqué et nécessitent un suivi à temps plein, mais une seule AESH les accompagne.

Les parents d’élèves de groupe scolaire du Hohberg ont accroché des banderoles pour préparer le blocage du jeudi 18 septembre. Photo : Parents d’élèves du Hoghberg

L’école Saint-Jean, dans le centre-ville, se trouve confrontée à la même problématique. Les cinq AESH présentes ne suffisent pas pour accompagner les 15 élèves aux besoins particuliers. « Il en faudrait au minimum quatre supplémentaires », explique une enseignante de classe Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire), pour qui la présence d’AESH est essentielle. Certains accompagnants suivent des élèves individuellement tandis que d’autres apportent un soutien collectif à la classe :

« L’année dernière, j’avais cinq AESH juste pour ma classe. Cette année, je démarre avec deux. C’est un droit dont chaque élève devrait pouvoir bénéficier pour pouvoir travailler. J’ai une élève qui n’a personne pour l’accompagner depuis plus d’un an. »

Enseignants et parents en détresse

La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN 67) est en charge de l’affectation des AESH dans les établissements du Bas-Rhin. Ces affectations se font par école, laissant aux équipes de direction la tâche de répartir ces accompagnants auprès des enfants. Un système que l’enseignante en classe Ulis trouve particulièrement inadapté à la situation :

« Quand il y a suffisamment d’AESH, ce n’est pas un problème, le directeur peut affecter un accompagnant à chaque élève. Mais là, on est en manque de personnel. Comment décider quels enfants seront prioritaires pour bénéficier d’un accompagnement ? Il faut qu’on établisse une hiérarchie du handicap ? »

En l’absence d’accompagnants spécialisés, ce sont les enseignants qui doivent apporter l’aide nécessaire à ces élèves. « À Hohberg, les enseignantes sont dans des situations de détresse intense. L’école n’a repris que depuis deux semaines et elles sont déjà à bout », observe Amélie. Cette dernière regrette le silence du rectorat de l’académie qui, malgré un signalement du directeur en fin d’année scolaire 2025, n’a pas apporté de solutions pour la rentrée. Les parents d’élèves comptent sur la mobilisation de jeudi 18 septembre, devant l’école, pour obtenir une réaction.

Derrière la vitrine antiraciste du Wagon Souk, discriminations, abus de faiblesse et lingot d’or

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Parmi celles et ceux qui ont contribué au Wagon Souk, la parole se libère sur le management toxique du fondateur du lieu, Mohamed Zahi. Mais derrière la vitrine antiraciste et solidaire, un système économique bien rôdé et opaque lui a permis d’acheter un lingot d’or.

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Des places pour le Festival européen du film fantastique de Strasbourg

Des places pour le Festival européen du film fantastique de Strasbourg

Le Festival européen du film fantastique se déroule du 26 septembre au 5 octobre 2025 dans les cinémas de Strasbourg, avec des dizaines de films en compétition, des rétrospectives et des séances spéciales. Des invitations sont à gagner pour les lectrices et les lecteurs de Rue89 Strasbourg.

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) met à l’affiche de tous les cinémas strasbourgeois 122 films, dont certains présentés en présence des équipes de films. Le thème de l’édition 2025 est « Fascifiction », avec plusieurs projections de films de science-fiction qui ont rappelé les dangers des régimes autoritaires (voir notre présentation).

L’équipe du FEFFS propose aux lectrices et aux lecteurs de Rue89 Strasbourg de gagner des invitations pour deux personnes aux séances de cinq films. Faites votre choix et remplissez le questionnaire ci-dessous.

Silver Screamers

Il n’est jamais trop tard pour embarquer dans une nouvelle aventure ! Silver Screamers suit des seniors qui se voient proposer de participer à la réalisation d’un court métrage horrifique dans leur maison de retraite.

Ce documentaire, drôle et profondément attachant, célèbre à la fois l’enthousiasme pour le cinéma de genre de ces parfaits néophytes, mais aussi l’énergie de la création et le lien social qui en résulte. Parfaitement encadrées, plus à l’aise dans l’exercice qu’on aurait osé l’imaginer, les personnes âgées trouvent dans cette activité cathartique l’impulsion de la création tout en posant sur le cinéma d’horreur un regard neuf et quelque peu candide. Voir ici la fiche du film sur le site du FEFFS.

The Holy Boy

Un judoka traumatisé par la perte de son fils accepte d’enseigner le sport dans une vallée reculée d’Italie. Il y découvre une communauté qui protège un jeune garçon, presque sanctifié, dont les embrassades provoquent l’apaisement et l’extase.

Paolo Strippoli poursuit son exploration d’un fantastique très émotionnel. Après Flowing, montré au festival en 2023, il explore les dessous d’une petite ville où la plénitude et le chaos ne sont tenus à distance que du fait de l’existence d’un jeune homme aux pouvoirs étranges et au statut quasi christique. Dans l’Italie contemporaine, l’étude de ce microcosme profondément divisé a une forte dimension métaphorique.  Voir ici la fiche du film sur le site du FEFFS.

Bulk

Le terme scientifique « brane » pourrait se définir comme une bulle de savon où tout ce que nous connaissons se tiendrait à sa surface. C’est précisément cette « bulle » qu’un scientifique fait éclater par erreur. Corey, un type ordinaire, va tenter de rétablir l’équilibre cosmique en franchissant une série de portes en apparence banales… mais qui s’ouvrent toutes sur d’autres mondes.

Après En eaux très troubles, Ben Wheatley retrouve l’esprit artisanal de ses débuts : tourné à petit budget, Bulk est un film totalement dingue où courses-poursuites, fusillades, romance et science-fiction s’enchaînent dans une esthétique bricolée, mais foncièrement inventive. Voir ici la fiche du film sur le site du FEFFS.

The Curse

Alertée par les messages inquiétants de son amie postés depuis Taïwan, Riko est bouleversée d’apprendre sa mort brutale. Se rendant sur place, elle se retrouve confrontée à une malédiction meurtrière dont elle pourrait bien être la prochaine victime.

Kenichi Ugana est l’un des réalisateurs japonais les plus prolifiques du cinéma de genre, avec huit longs sortis en trois ans. Explorant un registre différent à chaque film, il revisite ici la J-Horror popularisée dans les années 2000 par des classiques tels que The Ring ou Ju-On. En transposant le motif de la malédiction à l’ère d’Instagram et de TikTok, il signe une satire des réseaux sociaux aussi mordante que terrifiante. Voir ici la fiche du film sur le site du FEFFS.

Her Will Be Done

Dans un village reculé de France, Nawojka aide son père autoritaire dans une ferme d’élevage bovin. Le retour de Sandra, une jeune femme au tempérament affirmé et à la réputation sulfureuse, réveille en elle des pouvoirs insoupçonnés… bientôt hors de contrôle.

Avec ce film d’horreur rural, transgressif et résolument punk, Julia Kowalski réinvente avec brio le mythe de la sorcière. Inspirée par le cinéma indépendant américain et de genre australien des années 1970, autant que par le cinéma français frondeur des années 1980, elle signe une œuvre à la fois intime et hallucinée, portée par une énergie folle, qui explore avec une rare acuité le trouble du désir féminin. Voir ici la fiche du film sur le site du FEFFS.

Le concours

Complétez le formulaire ci-dessous pour tenter de remporter une invitation pour deux personnes pour l’un de ces films.

Entre logements et commerces, l’avenir de la brasserie Schutzenberger se précise

Entre logements et commerces, l’avenir de la brasserie Schutzenberger se précise
Les architectes ont présenté samedi 13 septembre l’esquisse d’un projet déjà abouti, bien que ses contours ne soient pas encore définitifs.

Samedi 13 septembre, les architectes ont présenté l’avenir de l’ancienne brasserie Schutzenberger, que le Groupe BO souhaite rénover pour y installer des commerces et des logements. Un projet qui ne relève pas suffisamment de l’intérêt général aux yeux de certains habitants.

Samedi 13 septembre sur les coups de 10h, une petite foule pénètre dans l’enceinte de l’ancienne brasserie par le large portail vert, qui donne sur la rue de la Patrie à Schiltigheim. À l’intérieur, une immense place à l’abandon depuis la fermeture du site en 2006. L’ancienne cheminée en briques et la salle de brassage estampillée « Schutzenberger » dominent toujours les presque trois hectares de friche industrielle.

Malgré quelques tags et des façades vieillies, on devine le potentiel du site, que les familles Oussadon et Benarroch, actionnaires majoritaires du Groupe BO, souhaitent rénover pour y installer commerces et logements. Restaurant étoilé, café, hôtel, spa à la bière, food hall… Le cabinet d’architecte Anma a présenté samedi 13 septembre un projet déjà bien abouti, bien que ses contours ne soient pas encore figés.

« Il est grand temps que quelque chose se fasse ici, lance le commissaire enquêteur, en guise de préambule. Je vous rappelle que vous pouvez donner votre avis jusqu’au 26 septembre. La commission d’enquête rendra ensuite des conclusions basées sur les remarques de la population. » L’enquête publique en cours porte sur la modification du plan local d’urbanisme (PLU), qui doit permettre l’installation de commerces et de logements sur la zone, jusqu’à présent dédiée exclusivement à une activité industrielle.

Le commissaire enquêteur pointe la rue de la Patrie, sur la maquette de la brasserie Schutzenberger, exposée lors de la visite du 13 septembre 2025.
Le commissaire enquêteur pointe la rue de la Patrie sur la maquette de la brasserie Schutzenberger, exposée lors de la visite du 13 septembre 2025.Photo : Paciane Rouchon

L’architecte strasbourgeoise, Sibylle Pohler, est chargée de conception auprès du cabinet parisien Anma. Elle guide un premier groupe vers le nord du site. Là-bas, le goudron de la place centrale laisse place à une végétation abondante.« L’idée est de préserver un maximum de biodiversité, en conservant tous les grands arbres, puis d’ouvrir cet espace sur le parc du Château qui se trouve de l’autre côté de la rue », décrit l’architecte en désignant un portail englouti par la végétation.

Restaurant étoilé, halle restaurative et spa à la bière

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Mercredi 17 septembre, rassemblement de soutien aux locataires d’Alsace Habitat

Mercredi 17 septembre, rassemblement de soutien aux locataires d’Alsace Habitat
Le collectif des locataires d’Alsace Habitat compte faire entendre ses revendications mercredi 17 septembre.

Un collectif de locataires d’Alsace Habitat organise un rassemblement devant l’hôtel de la Collectivité européenne d’Alsace, mercredi 17 septembre. Face à des rappels de charges très importants, et imprévus, les locataires sont excédés du peu d’aide apporté par le bailleur social.

« Ce qu’on demande, c’est le respect. On souhaite simplement pouvoir vivre dignement. » Mercredi 17 septembre, à 17h, un collectif de locataires d’Alsace Habitat appelle à se rassembler devant le siège de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), place du Quartier Blanc à Strasbourg. Ouverte à tous, cette mobilisation a pour objectif de dénoncer la situation critique dans laquelle se trouvent certains des 17 000 locataires de ce bailleur social géré par la CeA.

Après des rappels de charges importants, dus notamment à des logements vétustes et mal isolés, pour les années 2022 et 2023, de nombreux locataires se sont retrouvés endettés, contraints de rembourser par mensualités des sommes dépassant parfois les 3 000€. « Le mètre cube d’eau est subitement passé de 7 ou 8€ à 36€. C’était l’erreur d’Alsace Habitat de ne pas avoir anticipé cette hausse et surtout de ne pas nous en avoir informés », dénonce Miloud Bellahcene, schilikois et président de ce collectif de locataires. Un fonds d’aide de 116 000€, débloqué par le bailleur social afin de plafonner les rappels de charges à 2 000€ est loin de satisfaire les locataires les plus précaires, parfois âgés ou en situation de handicap.

Trois revendications principales

Ce collectif, qui compte 300 membres dans son groupe Facebook, a établi trois principales revendications comme le rappelle Miloud Bellahcene :

« En premier lieu, nous souhaitons un effacement des dettes liées aux rappels de charges pour 2022-2023. Ensuite, nous demandons un gel de la hausse des loyers, afin de pouvoir nous reconstruire financièrement. Pour finir, nous souhaitons participer à un audit avec la CeA sur la question des charges, afin de comprendre ce qu’il s’est passé. C’est nous qui payons. Certains vivent depuis plus de 50 ans dans ces logements sociaux. »

Plus largement, c’est un climat d’abandon des logements sociaux que dénonce le collectif. Entre les problèmes d’entretien, les dégradations et la suppression des concierges, les habitants ont vu leur qualité de vie diminuer peu à peu. Miloud Bellahcene regrette :

« Moi je suis bien dans mon quartier mais Alsace Habitat nous a rendu la vie difficile. Personnellement, je suis désormais endetté. J’aimerais pouvoir payer ces rappels, mais ce n’est pas possible. »

Pour ce rassemblement, le collectif espère mobiliser un maximum de locataires, même si ce déplacement au centre de Strasbourg peut être difficile, mais aussi toutes les personnes qui sympathisent avec leur situation.

Un immeuble affichant des drapeaux palestiniens vandalisé dans le centre-ville

Un immeuble affichant des drapeaux palestiniens vandalisé dans le centre-ville

L’entrée d’un immeuble de Strasbourg arborant des drapeaux palestiniens à ses fenêtres a été vandalisée entre samedi et dimanche 14 septembre. Les habitants, indignés, appellent à documenter ces actes d’intimidation.

Dimanche 14 septembre au matin, les habitants d’un immeuble du boulevard de la Victoire à Strasbourg ont découvert leur porte d’entrée recouverte de peinture tricolore, symbolisant un drapeau français. Depuis le mois de juillet, trois petits drapeaux palestiniens flottaient aux fenêtres des 1er, 2e et 4e étages de la façade donnant sur le boulevard. L’acte de vandalisme vise directement ces habitants, qui affichent leur soutien à la population palestinienne de Gaza, cible des bombardements de l’armée israélienne depuis le 7 octobre 2023 qui ont fait plus de 60 000 morts, sans compter les pertes indirectes. Ces habitants ont déposé une plainte en ligne dimanche.

Des locataires indignés

Lætitia vit en colocation dans l’un des appartements où flotte le drapeau de la Palestine :

« Évidemment, on a été dépités de découvrir ça. Mais on ne se laissera pas intimider pour autant. On n’enlèvera pas ces drapeaux. Qu’un simple soutien à un peuple victime de génocide puisse donner un sentiment d’insécurité à certains, ça me met très en colère. »

Les locataires de l’immeuble s’étaient concertés sur une conversation de groupe pour l’accrochage des drapeaux aux fenêtres. Lors de l’entre-deux-tours des élections législatives de 2024, une affiche humoristique visant le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait déjà été déployée sur la façade.

« Les colocations de l’immeuble sont plutôt engagées mais, avec ce graffiti, on a le sentiment de faire subir cet engagement à nos voisins, regrette l’une des habitantes. L’entreprise basée dans le bâtiment se retrouve avec la porte d’entrée taguée alors qu’elle n’a rien demandé. »

Les locataires rencontrés n’ont cependant pas le sentiment d’être menacés. « Visiblement, les fachos ne sont pas de très bons peintres. Ils ne sont même pas capables de colorier sans dépasser », plaisante une voisine.

Des faits similaires en juillet

Cette dégradation n’est pas la première observée ces derniers mois à Strasbourg. En effet, une enquête de police a été ouverte suite à des actes de vandalisme survenus entre le 25 et le 27 juillet 2025 dans le quartier de la Neustadt. Dans un bâtiment occupé par des militants pour la Palestine, des tags insultants, comme « Fuck Palestine » ou « Bureau du HamaSS » avaient été découverts sur la façade dans la nuit du 24 au 25 juillet. Deux jours plus tard, le 27 juillet, c’est la vitre de la porte d’entrée de l’immeuble qui a été brisée en pleine journée.

« Si nous avons accroché les drapeaux au mois de juillet, c’est évidemment pour défendre le peuple palestinien. Mais c’était aussi en soutien aux camarades victimes de dégradations », explique Lætitia :

« Nous avons voulu rendre cet acte public mais peut-être que d’autres personnes sont victimes de vandalisme ou d’intimidation en raison de leur soutien affiché à la Palestine. C’est important d’en parler. »

Le détail des mobilisations syndicales et Bloquons tout du jeudi 18 septembre en Alsace

Le détail des mobilisations syndicales et Bloquons tout du jeudi 18 septembre en Alsace
Plus de 10 000 personnes ont manifesté dans les rues de Strasbourg, le 10 septembre.

La plupart des centrales syndicales appellent à une journée de mobilisation jeudi 18 septembre. Elles demandent au nouveau gouvernement que les mesures d’austérité en préparation ne pèsent pas sur « le monde du travail ». Le mouvement Bloquons tout prévoit aussi des rassemblements.

Après le premier acte du mouvement social « Bloquons-tout », dont l’ambition est d’empêcher l’installation d’un programme d’austérité pesant sur les Français les plus modestes, voici que les centrales syndicales appellent à la mobilisation populaire avec plus ou moins le même objectif. Outre la CGT et Solidaires mobilisés depuis le 10, la CNT, la CFDT, la CFTC, la FSU, l’Unsa, Force ouvrière et même la CFE-CGC font partie de l’intersyndicale du jeudi 18 septembre.

Mercredi 10 septembre, « Bloquons tout » avait réussi avec l’aide de la CGT à réunir environ 10 000 personnes à Strasbourg. L’intersyndicale appelle à une manifestation jeudi 18 septembre à 14h, place de la République à Strasbourg. Le cortège doit passer par l’avenue de la Liberté, le quai du Maire-Dietrich, le quai des Pêcheurs, le quai des Bateliers, la rue des Bouchers, la rue de la Première-armée puis arriver place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny (Bourse).

Les étudiants strasbourgeois prévoient un rassemblement place de l’Université, où doit passer le cortège, pour le rejoindre.

Rassemblement « Bloquons tout » place d’Haguenau à l’aube

Sur les canaux Telegram du mouvement « Bloquons tout », des appels se succèdent pour rejoindre et participer aux mobilisations syndicales avec comme mot d’ordre de « rappeler aux syndicats qu’ils doivent assumer de se confronter au gouvernement ». Sur ses réseaux sociaux, le comité local du mouvement diffuse un appel pour « un grand rassemblement place de Haguenau » à 6h30 du matin.

À Strasbourg, l’initiative des cantines solidaires se poursuit et devrait se déployer autour du cortège le 18 septembre. Les volontaires distribueront des repas, préparés dans la cuisine que l’association Calima met à leur disposition. Certains proposent des chants et des morceaux de musique pour alimenter une playlist diffusée pendant la manifestation. D’autres appellent à danser à 16h place Broglie après la manifestation.

Perturbation du trafic

Les cheminots de la CGT et de SUD-Rail réitèrent leur appel à la grève, comme ils l’avaient annoncé lors d’une assemblée générale tenue mercredi 10 septembre sur les quais de la gare de Strasbourg. Ils seront rejoints par leurs collègues de la CFDT. Des perturbations sont donc à prévoir dans le trafic des trains régionaux et les transports en commun. Étant donné l’ampleur de l’appel syndical, le trafic des TGV pourrait également être perturbé.

Le trafic de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) sera aussi perturbé par la mobilisation du jeudi 18 septembre. Par communiqué, la société annonce : « Les lignes de tram A, B, C, D circuleront toutes les 10 à 15 minutes environ. La ligne de tram E circulera toutes les 20 minutes environ. La ligne de tram F circulera toutes les 15 à 20 minutes environ. » Une vingtaine de lignes de bus fonctionneront normalement. Le détail des perturbations peut être consulté sur le site de la CTS.

Cantines et écoles fermées

Les cantines des écoles de la Ville de Strasbourg seront fermées. Les enfants doivent donc être recherchés par un parent ou un représentant désigné sur le formulaire d’inscription au plus tard à midi et/ou 16h30. Les accueils périscolaires maternels du matin et du soir et les ateliers éducatifs seront assurés dans la mesure du possible. Une affiche précisant ces modalités est apposée à l’entrée de chaque école.

Pour le temps d’école, la Ville de Strasbourg organise un Service Minimum d’Accueil (SMA) dès lors qu’au moins 25% des enseignants de l’école sont grévistes. Les enfants concernés pourront alors être accueillis de 8h30 à 12h00 et de 14h00 à 16h30 dans l’établissement communiqué aux familles. La liste ci-dessous précise les écoles d’accueil par quartier :

    Quartiers Hautepierre – Cronenbourg : accueil à l’école maternelle Langevin – (6 rue Langevin)
    Quartiers Neudorf – Port du Rhin : accueil sur l’école primaire du Schluthfeld – (62 rue de Saint Dié)
    Quartiers Robertsau – Esplanade et Conseil des XV : accueil sur le site de l’accueil de loisirs Schwilgué (45-47 rue de la Doller) Quartiers Gare – Centre-ville et Krutenau : accueil sur l’école maternelle Louise Scheppler (3 rue de Fouday) ;
    Quartiers Elsau – Montagne Verte – Koenigshoffen et Poteries : accueil à l’école maternelle Gliesberg (10 chemin du Gliesberg) ; Quartiers Meinau et Neuhof : accueil à l’école Guynemer (11 rue d’Argenton- Annexe).

Manifestations similaires à Sélestat et Mulhouse

À Sélestat, les militants du mouvement « Bloquons tout » donnent rendez-vous au square Ehm à 10h. La manifestation empruntera l’avenue de la Liberté, la rue de la Première-armée, le boulevard du Général-Leclerc, le boulevard Charlemagne et terminera au parc Adélaïde-Hautval vers 13h. Ils appellent ensuite à rejoindre la manifestation de Strasbourg.

À Colmar, les cheminots tiendront une assemblée générale à 11h30, « derrière le poste H » de la gare, avant de rejoindre la manifestation de Mulhouse.

À Mulhouse, les syndicats donnent rendez-vous à 14h au square de la Bourse avec le même mot d’ordre qu’à Strasbourg et ailleurs en France. « Bloquons tout » donne rendez-vous à midi au même endroit pour un « pique nique convivial » et à 13h pour un « atelier pancartes ». Le mouvement appelle en outre à une assemblée générale après la manifestation.