Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Avec Peter Harper et Petseleh, soirée cocooning mardi à la Maison Bleue

Avec Peter Harper et Petseleh, soirée cocooning mardi à la Maison Bleue

Dans la famille Harper, je demande le petit frère. Peter Harper, après des années dans le monde de la sculpture, suit désormais les traces de son aîné, un certain Ben. Il sera en concert à la Maison Bleue mardi soir, pour un moment doux en compagnie du musicien strasbourgeois de l’intime, Petseleh.

Le froid tombe, l’hiver arrive et il est difficile de résister à l’appel de la couette. Il faudra néanmoins en sortir mardi soir, pour aller jusqu’à la Maison Bleue au Neudorf à Strasbourg, à la rencontre de Peter Harper. Californien et forcément amateur de surf, le petit frère de Ben Harper est bien équipé pour réchauffer le public strasbourgeois. Avec dans ses bagages sa voix chaleureuse, sa guitare et son ukulélé, il apporte en quelques notes le soleil et la lumière d’une fin d’été qui séduit tout doucement.

Peace, love and music

Celui qui cite Ben Howard ou Damien Rice dans ses artistes références a choisi la voie de la musique folk et soul pour débuter sa carrière de musicien. Ayant grandi entouré de musique (ses grands-parents ont fondé un Folk Music Center, magasin de musique, dans leur ville de Claremont), il se dirige pourtant d’abord vers les arts plastiques avec la sculpture du bronze.

Mais la musique n’étant jamais loin, il finit par consacrer de plus en plus de temps à la scène, et enregistre son premier album éponyme en 2013. C’est au lendemain des attentats de novembre 2015 qu’il commence à composer son second album, Break The Cycle, sorti cette année. Il y souhaite la fin des violences et des discriminations pour construire un monde plus en paix.

On retrouve donc la même philosophie de vie que son grand frère, dont il avoue être un grand fan. À tel point que si vous l’abordez en commençant par parler de Ben, il n’en prendra pas ombrage. Bien conscient que c’est souvent la curiosité de cette parenté qui pousse le public à venir le voir, c’est surtout sa propre musique qui les fait rester. Avec sa guitare ténor, à 4 cordes, qui n’est pas sans rappeler le banjo tout en ayant un son très profond, il intrigue et charme durablement en nous faisant voyager dans une bulle confortable et optimiste.

Rencontre de deux artistes généreux

Il sera d’autant plus facile de s’installer dans cette bulle que c’est Petseleh qui se chargera de la première partie. En solo pour cette date, le Strasbourgeois et sa guitare baliseront le chemin d’une musique folk souriante et douce, mélancolique et joyeuse, délicate et généreuse. On ne peut s’empêcher de penser à la réunion de ces deux guitaristes, qui ont tant d’influences en commun. Deux artistes faits pour se rencontrer, et qui sont donc absolument à retrouver pour une belle soirée d’ondes positives.

De quoi faire naître un bel esprit de Noël pour ceux qui auraient résisté jusque là aux élans festifs de la ville !

Les bons plans de Sylvain Waserman gare de l’Est

Les bons plans de Sylvain Waserman gare de l’Est

Les Alsaciens qui ont à faire à Paris, comme le député Sylvain Waserman (Modem), connaissent bien la gare de l’Est. Cette semaine, Rue89 Strasbourg vous montrait les curiosités de ce quartier parisien, et vous racontait aussi comment Sylvain Waserman défendait à Strasbourg pour les emplois aidés dont il avait voté le « recentrage », pour reprendre son doux euphémisme.

Contre le « Bastion social » à Strasbourg, 350 manifestants ont dénoncé une nouvelle idéologie fasciste

Contre le « Bastion social » à Strasbourg, 350 manifestants ont dénoncé une nouvelle idéologie fasciste

La manifestation contre l’ouverture de L’Arcadia, le bar associatif néofasciste à Strasbourg, a réuni samedi environ 350 personnes. Le cortège s’est rendu place de la Bourse en passant par la gare, les Halles, la place de la République et la place de Zurich. La manifestation, très encadrée par de nombreux gendarmes, s’est déroulée sans incident.

Les réseaux antifascistes strasbourgeois se sont mobilisés samedi contre l’installation d’un local du « Bastion social » à Strasbourg, appelé l’Arcadia. Ils étaient 350 selon les forces de l’ordre à manifester contre l’ouverture du bar associatif à l’idéologie proche de l’extrême-droite identitaire et néofasciste, prévue le même jour rue Vauban, dans le quartier de l’Esplanade (voir ici une vidéo sur le début du cortège).

La manifestation antifasciste, suivie par presque autant de gendarmes mobiles que de participants, est partie du quartier gare pour se diriger vers la Krutenau, en passant par les Halles, la place de la République et la place de Zurich. À la fin de la manifestation, les organisateurs ont demandé à la foule de se disperser rapidement pour éviter toute rencontre avec les membres du « Bastion social. »

Pour le collectif Justice et Libertés, le Bastion Social « n’hésitera pas à organiser (…) des distributions de soupe au cochon ou des apéritifs saucisson-vin rouge, dans le but d’exclure des citoyens en détresse de confession musulmane ou juive. »

La manifestation amobilisé environ 350 personnes. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

« Pas de facho dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos » ont scandé les manifestants. Parmi eux, Bastien et Mathieu ont tous les deux 21 ans et rappellent qu’au centre de Lyon, les groupes identitaires comme le GUD, dont la section strasbourgeoise s’est dissoute dans le Bastion Social, sont à l’origine de violences et de manifestations discriminatoires.

À la tête du cortège, il y a les jeunes communistes et les membres de la Brigade Anti Fasciste (Baf). Mickaël en fait partie et trouve scandaleux de laisser L’Arcadia s’installer :

« On nous parle souvent de la liberté d’expression et on justifie ou on accepte l’ouverture de ce bar grâce à ça. En fait, avec ce discours on protège ceux qui souhaitent couper la tête à la République. Ils organisent des actions très violentes et racistes ; à la sortie des stades par exemple, on en a déjà vu. Ce sont des agressions. Dans le vieux Lyon, des commerçants se sont fait agressés. »

Le cortège se dirige vers la place de la Bourse en longeant la Grande-île. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

La municipalité appelée à s’impliquer

Les manifestants scandent « Alerte antifasciste » et essaient d’attirer l’oeil des passants. Mais pour Frédérique, 40 ans, il ne s’agit pas seulement de mobiliser les habitants de Strasbourg, mais aussi la municipalité :

« Je m’oppose à l’installation du local fasciste à Strasbourg. Sous couvert de vouloir combattre la misère, ils répandent des idéologies racistes, antisémites, homophobes, etc. Le rejet. Quand j’ai entendu parler de cette histoire, je n’ai pas vraiment eu peur, j’avais envie d’agir, de militer. On aimerait interpeller la municipalité, les Strasbourgeois, que chacun se rende compte. La position officielle de la mairie ne me parait pas assez ferme. Ils devraient faire plus ! Le fascisme est un fléau. Aujourd’hui, je suis curieuse de voir si ce local va tenir. J’ai peur, vu la précarité qui touche nombre de personnes, que cette idéologie raciste se développe. Je suis là pour défendre les valeurs de la République. »

François a 49 ans, lui aussi est présent pour défendre les valeurs républicaines :

« Lutter contre le fascisme a sa place sur la place publique. En une semaine, cette manifestation a réussi à mobiliser largement. Pour moi, l’ouverture de cette salle, c’est de la connerie autorisée. Nous sommes ici dans un rôle préventif. Dans la manifestation, il y a de tout, toutes les instances politiques, intergénérationnelles. On représente le beau Strasbourg, celui qui doit perdurer. Je reste confiant pour l’avenir, confiant dans notre capacité à réagir. »

Roland Ries, maire de Strasbourg a dénoncé dans un communiqué « l’idéologie du rejet » prôné par le Bastion Social. Mais pour les manifestants interrogés, la réaction du maire n’est pas à la hauteur de la menace.

La réponse de Roland Ries, maire de Strasbourg à l’annonce de l’ouverture du bar l’Arcadia. (capture d’écran)

Plusieurs adjoints au maire sont présents lors de la manifestation, dont Eric Schultz (La Coopérative). Il scrute les aspects légaux de l’ouverture du bar associatif :

« Pour l’instant, on en est à une déclaration d’intention. S’ils venaient à enfreindre la loi, nous pourrons avoir d’autre arguments que la protestation qu’on a aujourd’hui. On suivra cela de près, jusqu’à ce que le problème disparaisse. »

Julie et Lola, 21 et 22 ans, sont présentes pour demander la fermeture claire et nette de l’Arcadia. Julie l’affirme :

« Ce n’est pas juste une manifestation comme ça. Je suis sûre qu’il y en aura d’autres. »

Rue du Faubourg national, des messages contre l’ouverture du bar néofasciste sont accrochés. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Pour un membre du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), l’installation de ce bar est une augmentation de violence assurée :

« Il faut alerter la préfecture, les citoyens. Aujourd’hui vers 13h50, des fascistes sont venus rue du Faubourg-National. Nous avons tendu une corde pour y accrocher des messages contre l’ouverture de ce bar. Ils sont venus et ont tout décroché, ils ont déchiré les messages affichés. Ce n’est pas grand chose mais ça montre leur état d’esprit. Lors d’une manifestation en mai, ça avait mal tourné avec eux. S’ils restent, ce n’est que le début. »

« Aujourd’hui, les fascistes ne se cachent plus »

Julien et Jeanny, 37 et 38 ans, sont venus en famille avec leurs deux enfants. Ils sont là pour militer contre fascisme, à Strasbourg comme ailleurs :

« Ma fille a 4 ans et demi, c’est important pour nous de lui montrer ce que c’est que le fascisme. Nous habitons dans le quartier gare et elle me pose beaucoup de questions sur les personnes dehors, le racisme, etc. J’essaie de lui expliquer. Moi je suis en colère. Je ne suis pas d’origine alsacienne et quand je suis arrivée ici, j’ai ressenti une ambiance raciste. Je travaille avec des enfants, et parfois ils ont des réactions douteuses en ce qui concernent les personnes qui n’ont pas la même couleur de peau qu’eux. Je sais que cette manifestation ne changera pas grand chose, mais c’est important de sensibiliser la population et la municipalité. »

Un autre slogan est lancé : « les fachos au fond du Rhin, » suivi de »Elsass frei, facho rauss ». Les drapeaux des jeunes communistes et de la Baf sont toujours à l’avant du cortège. Plus loin, la France Insoumise et la CGT, ainsi que nombre de drapeaux noirs des mouvements anarchistes. Christian et Alain, 70 et 72 ans, font partie de la trentaine de militants insoumis présents. Pour Christian, c’est l’incompréhension:

« Je n’arrive pas à comprendre que des gens puissent dire qu’il y a des différences entre les êtres humains. »

Alain quant à lui, est un ancien professeur d’allemand, il dresse un parallèle entre les deux pays :

« Je suis allé à Dresde en Allemagne. Là bas nous somme allés voir la maison des Jeunes qui est prise en main par des fascistes. Je n’ai rien inventé, ils s’en revendiquaient ouvertement. Aujourd’hui, ils ne se cachent plus. »

Christine Kaïdi a été candidate aux élections législatives pour la France Insoumise à Strasbourg. Elle continue son combat contre l’extrême-droite qui tend à s’installer en Alsace selon elle :

« Ma première réaction en entendant cette affaire de « Bastion Social » était la colère. Ces gens diffusent leur idéologie raciste grâce à la misère sociale. Malheureusement, je suis sûre que beaucoup de gens tomberont dans leur panneau avec ces actions en faveur de personnes défavorisées. C’est très dangereux. »

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Au fur et à mesure de l’avancée de la manifestation, les slogans deviennent de plus en plus violents. On entend : « les fascistes, on les cramera, l’Arcadia on n’en veut pas ».

Après moins de deux heures, les militants sont invités à se disperser et à ne pas chercher à tomber sur les membres du Bastion Social dans les bars en soirée. Jules, qui fait partie du collectif qui a créé la page Facebook Fermons l’Arcadia, local fasciste à Strasbourg, 28 ans affirme :

« Je suis satisfait de cette manifestation. On le sent, c’est un début. On voit qu’on peut travailler ensemble entre associations, syndicats et groupes politiques. On a réussi à réagir rapidement. Selon moi, les personnes ne sont pas assez au courant de l’ouverture de ce local, c’est pourquoi il était important de défiler dans les rues. Nous avons fait entendre notre voix pour montrer qu’on était là et qu’on arrêterait pas. En manifestant contre cela, nous n’agissons pas simplement pour une cause locale. Le fascisme est bien là, il faut lutter. Cette manifestation a montré que nous pouvons rassembler. »

Du lycée des Pontonniers à TF1, le fulgurant parcours de Simon Parmentier

Du lycée des Pontonniers à TF1, le fulgurant parcours de Simon Parmentier

Simon Parmentier est un jeune strasbourgeois, fraîchement bachelier du lycée des Pontonniers. Animé par le théâtre depuis son enfance, il sera aux côtés de François Berléand et Isabelle Gélinas dans Les Chamois, une nouvelle série diffusée sur TF1. Entretien avec ce jeune homme en marche vers la notoriété, encore tout étonné par son aventure.

Simon Parmentier a 18 ans, il a décroché son bac à l’été au lycée des Pontonniers à Strasbourg et lundi 11 décembre à 21h, quelques millions de personnes vont le découvrir dans Les Chamois, une nouvelle série diffusée sur TF1.

Le tournage eu lieu aux Gets, en Haute-Savoie, en avril, avec François Berléand, Isabelle Gélinas ou encore Julie Depardieu. Pour Rue89 Strasbourg, le jeune comédien revient sur son parcours de météorite.

Simon Parmentier, ses premiers pas au petit écran. (doc remis)

Rue89 Strasbourg : comment, alors que vous étiez en pleine préparation de votre bac, vous êtes vous retrouvé à tourner dans une série de TF1 ?

Simon Parmentier : J’étais en terminale aux Pontonniers et un ami comédien, Hugo Roth, m’envoie une annonce de casting pour une série. Ils cherchent un garçon de plus de 16 ans, rondouillard et drôle pour le rôle de Thomas Leroy. J’ai envoyé ma candidature. Le lendemain, je reçois une réponse. L’équipe du film était intéressée. Vu que je n’étais pas à Paris, ils m’ont demandé d’envoyer une vidéo de moi en train de jouer un passage du script. Une scène entre Thomas, le rôle pour lequel je postulais, et Jessica Bernard, un autre personnage de la série.

Je me suis filmé à 23h chez moi, dans la pièce d’à côté la machine à laver tournait et faisait un raffut monstre ! Le plus drôle c’est que je n’avais pas de trépied pour la caméra, on a dû empiler des livres et poser la caméra dessus. Malgré ça, après avoir envoyé ma vidéo, la directrice de casting m’a appelé. Elle me demandait de venir à Paris pour rencontrer le réalisateur Philippe Lefebvre. J’étais en terminale, en pleine semaine, mais je me suis dit, « la carrière passe avant tout ! » Mes professeurs n’y ont vu aucun problème. Mais je n’en ai pas trop parlé autour de moi. Je n’avais pas envie de passer pour un vantard, rien n’était fait.

Simon Parmentier a été prévenu par Hugo Barth, c’est lui qui lui a envoyé l’annonce du casting. (doc remis)

Arrivé à Paris, comment s’est passé l’audition ?

J’ai pris mon train pour Paris, j’ai rencontré le réalisateur, j’ai passé mon audition et je pensais rentrer à Strasbourg. Mais Philippe Lefebvre m’a demandé de rester pour donner la réplique aux filles qui passaient le casting pour jouer Jessica Bernard. Je me suis dis, bon, c’est bon signe mais ça ne voulait pas dire que j’étais pris. Pourtant toutes les comédiennes me disaient que j’avais eu le rôle.

« Les 4 ou 5 jours les plus longs de toute ma vie »

Je ne voulais vraiment pas me faire de faux espoirs. S’en sont suivi les 4 ou 5 jours les plus longs de toute ma vie ! Le week-end passe, le lundi, toujours rien. Et le mardi le producteur de la série m’appelle et me dit : « je pense qu’on te l’a déjà dit, tu es pris pour le rôle de Thomas. On commence dans deux semaines. » J’étais fou de joie ! À ce moment, j’étais avec une amie et on a directement fêté ça. Je lui ai offert une bière ! Peu de temps après, la directrice de casting m’appelle, elle me dit « ah oui, un petit détail, ton père sera François Berléand et ta mère Isabelle Gelinas. »

Sur le coup, je n’ai pas trop réalisé. Je suis donc retourné à Paris pour faire une lecture du scénario avec toute l’équipe. C’est là que j’ai rencontré les acteurs. Moi j’étais tout petit devant eux, je n’avais jamais fait de télé avant ça ! C’était incroyable.

François Berléand et Simon Parmentier se sont liés d’amitié. (doc remis)

Justement, qu’est-ce que vous avez fait avant Les Chamois ?

J’ai fait tous les stages, tous les ateliers théâtre de ma scolarité, je lisais des pièces et j’ai toujours été un grand consommateur de théâtre. Un jour je me suis tourné vers l’opéra. Je suis devenu un petit chanteur de la maîtrise de l’opéra national du Rhin. J’ai participé à 11 opéras différents, en tant que cœur, une fois comme solo. Puis je me suis concentré sur le théâtre.

Quant j’étais dans au lycée Sturm à Strasbourg, avec un groupe d’élèves nous avons formé une petite troupe. Nous avons entre autre monté La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco, j’ai adoré. Puis j’ai intégré la section théâtre du lycée international des Pontonniers. Malgré mes résultats scolaires plutôt bancals, j’ai été pris, à ma grande surprise. C’était les plus belles années de ma scolarité. On était 23 élèves avec 5 h de théâtre par semaine, 3h de pratique et 2h de théorie. Durant une année, on avait 3 pièces au programme, Les Bacchantes, Figaro Divorce et L’illusion comique de Py, avec pour chacune un comédien du TNS pour nous encadrer. C’était une expérience de dingue ! En terminale, on les a joué dans la petite salle du TNS. Elle était pleine, c’était génial.

D’où vient votre passion pour le théâtre ?

C’est étrange de dire ça mais tout a commencé quand j’avais 5 ans. On a joué une pièce avec notre maîtresse, je jouais maître lapin. Un grand rôle ! C’est un souvenir qui m’a marqué, j’étais hyper heureux. Mes parents m’ont directement dit : « on sent que tu aimes ça. » La vérité c’est que j’adore faire le pitre, le zouave comme ils disent. Quand j’étais plus jeune, je disais toujours que mon rôle c’était de rendre les autres heureux. C’est toujours le cas.

Le tournage s’est déroulé dans la station des Gets en Haute-Savoie. C’était en avril, comment ça s’est passé, il y avait encore de la neige ?

C’est vrai que la neige a posé problème. Par endroits les pistes étaient totalement dégagées ! D’un côté, on avait des arbres sans feuilles et de l’autre un cerisier en fleurs. C’était bizarre… Je pense qu’en post production ils ont ajouté de la neige au montage. En tout, nous avons eu un mois de tournage. Moi, j’ai tourné 18 jours et j’y étais en tout 23 jours.

« J’avais l’impression d’être en colonie de vacances »

Le tournage s’est très bien passé. La station n’avait pas été privatisée mais les personnes qui passent dans le champ sont tous des figurants. Le gros avantage que nous avions, c’était pour prendre les remontées, on passait sur le côté, là où passent les écoles. Tourner sur les pistes ou dans le chalet, dans la montagne, c’était un régal ! On travaillait sur les pistes et on rentrait en skiant. J’avais l’impression d’être en vacances d’hiver avec ma famille.

L’autre chose vraiment géniale c’est qu’avec François Berléand, on est devenu amis ! Dans la série, il joue mon père et bien sûr, il est un peu devenu mon père spirituel. Il croit beaucoup en moi, il m’a vraiment fait confiance, si bien qu’il m’a conseillé à son agent Elisabeth Tanner. Je suis dans son agence aujourd’hui, sur le site Time art.

Simon Parmentier, bien entouré sur le site Time Art (capture d'écran)
Simon Parmentier, bien entouré sur le site Time Art (capture d’écran)
Entre deux scènes, toujours de temps pour un selfie avec Julie Depardieu et Simon Parmentier. (doc remis)

« Avoir François Berléand à côté, ça donne des ailes »

Comment avez-vous trouvé votre place dans l’équipe ?

J’étais un peu le petit jeune, la nouvelle génération. Les acteurs me donnaient souvent des conseils, des encouragements et des compliments. Quand c’était le cas, je ne savais plus trop où me mettre. Avec Stéphanie Crayencour, qui joue ma sœur dans la série (Emma Leroy), nous sommes devenus très amis. Et avoir François Berléand avec moi, ça donne des ailes et surtout ça donne envie de continuer.

Nous étions tous dans le même hôtel, nous avions des soirées tous ensemble. On a fait une soirée bowling par exemple. En fait, chaque équipe organise une fête, du coup pendant le mois de tournage, on a eu 4 à 5 fêtes. J’avais parfois l’impression d’être dans une grande colonie de vacances. Bien sûr il pouvait y avoir des petits moments de tensions. Certaines fois la fatigue et la chaleur prenaient le dessus. Parce que oui on avait chaud ! Nous faisions beaucoup de scènes d’intérieur dans le chalet où un feu de bois était allumé. Et dehors, nous étions en avril donc le soleil chauffait pas mal. Entre les vitres feutrées, les spots…

Vous n’aviez jamais joué un rôle aussi important avant cela. Toutes ces caméras, ces spots, ça ne vous a pas perturbé ?

C’est vrai que c’est très différent de ce que j’ai pu expérimenter et voir auparavant. Les Chamois, c’est mon premier gros projet. J’ai été figurant pour Arte dans un film sur l’histoire de l’imprimerie, mais je n’apparaissais même pas une minute. J’ai fait des courts métrages, une web série sur YouTube avec Hugo Roth. C’est vrai que même en terme de jeu, Les Chamois, c’est très différent.

Les premières fois étaient difficiles, on me disait que j’avais un jeu très théâtral. Devant la caméra, il faut être naturel mais ce qui est super c’est qu’on peut aussi improviser un peu, sortir du texte. Je me suis vite détendu, j’ai appris avec la pratique. Puis est arrivé un moment où je n’avais plus à regarder mes marques au sol, je sentais les axes de la caméra, la lumière, je savais parler avec les micros. J’ai appris vite grâce à la présence des acteurs confirmés. Bien sûr, on ne peut pas toujours être super efficace, il y a eu des moments de fou rire. Mais il y avait une très bonne ambiance, je pense qu’on s’est tous bien amusés.

Parlez-nous un peu plus de cette série, Les Chamois ?

Alors, c’est l’histoire de deux familles. La famille Leroy, plutôt aisée, c’est la mienne. La famille Bernard est tout ce qui a de plus normale. Le père de famille Leroy, Etienne, joué par François Berléand est un grand propriétaire d’usine. La mère de la famille Bernard, Kristel, soit Julie Depardieu, travaille dans l’entreprise Leroy. Elle est déléguée syndicale et sa relation avec le chef d’entreprise est plutôt tendue. Une sorte de remake de Roméo et Juliette va pourtant se mettre en place entre la fille Leroy et le fils Bernard. C’est pendant ce séjour au ski, qu’ils vont s’avouer leurs sentiments et bien plus !

« J’avais peur que ce soit une série un peu gnangnan »

Au début, j’avais vraiment peur que ce soit une série un peu gnangnan. Mais quand j’ai vu les acteurs engagés dessus, je me suis dis que ça allait vraiment être drôle de travailler et d’apprendre à leurs côtés. Début juillet, on a eu une projection du pilote en avant première. Moi ça m’a beaucoup plu, je suis très fier de ce qu’on a fait. C’est une comédie familiale touchante et sympathique, parfaite avant les fêtes de Noël.

Qu’en est-il de votre rôle, va-t-il évoluer s’il y a une suite à la série ?

Dans cet épisode, j’ai un petit rôle. Dans les prochains épisodes, je pense que les rôles vont évoluer. François Berléand, Isabelle Gélinas, Stéphanie Crayencour et Edouard Court jouaient presque toute la journée. Moi, j’ai même eu droit à quelques jours de repos sur le mois de tournage. Ce que je peux dire, c’est que j’ai signé pour deux saisons alors, si ça marche on risque de me voir plusieurs fois !

En terme de rémunération comment ça se passe ?

C’est en fonction de la côte de popularité de l’acteur. Normalement c’est l’agent qui négocie la paie, puisqu’il prend 10% du salaire de l’acteur. Quand j’ai commencé, je n’avais pas d’agent. J’ai bien sûr eu le plus petit salaire de toute l’équipe, c’est normal. Pour moi, c’était déjà pas mal conséquent pour un mois ! Après, j’ai quand même voulu renégocier mon salaire : il ne devait pas changer tout au long de la série mais j’ai pu négocier une hausse de 10% à chaque épisode et cela dès le tournage du prochain.

Un petit selfie avec Waly Dia et Al Talid Ariss. (doc remis)

Quels sont vos prochains projets ?

Je suis à la Comédie de Reims, un centre dramatique national qui est relié à la scène nationale. J’ai passé l’audition pour rentrer dans l’école pendant les grandes vacances et dans ma promotion nous sommes 11. La formation est gratuite et dure deux ans. Ensuite, je vais voir si j’essaie ou non de passer des concours pour entrer dans des grandes écoles, comme celle du TNS, ou l’école d’art de Cannes (l’ERAC), ou encore si je tente ma chance au conservatoire de Paris.

Je serai très intéressé pour faire une école supérieure à Berlin, à l’école Ernst Busch. Les Allemands sont très avancés théâtralement et étant bilingue, ça pourrait être pas mal. Si ça se passe bien avec ce projet télé ou si j’arrive à faire les bonnes rencontres pour entrer dans le cinéma, je verrai si j’ai besoin ou tout simplement envie de suivre une école. L’avenir me le dira. Je n’ai pas d’autres castings de prévu pour le moment. J’attends de voir si Les Chamois marche, je me laisse porter.

Spécialiste du XIXe siècle, Paul Lang va diriger les musées de Strasbourg

Spécialiste du XIXe siècle, Paul Lang va diriger les musées de Strasbourg

Selon Le Journal des Arts, la Ville de Strasbourg a choisi Paul Lang pour diriger ses musées à partir d’avril. Il succédera à Joëlle Pijaudier-Cabot, partant à la retraite.

Directeur adjoint de la National Gallery of Art d’Ottawa, Paul Lang est un spécialiste du XIXe siècle selon le magasine spécialisé. Franco-suisse, il a suivi ses études de lettres et d’histoire de l’art à Genève après une scolarité en Alsace. Il a été responsable de la bibliothèque de l’Institut suisse pour l’étude de l’art (SIK-ISEA) à Zürich.

Il est devenu conservateur en chef du département des beaux-arts au Musée d’art et d’histoire de Genève avant de rejoindre le Musée des beaux-arts d’Ottawa, où il a pris la tête de dix départements en 2011. Il rejoint Strasbourg alors qu’il termine son mandat canadien à la fin de l’année 2017. Le Journal des Arts précise que Paul Lang a été co-commissaire de l’exposition Gustave Doré au musée d’Orsay en 2014 et de l’exposition sur Vigée Le Brun au Grand Palais à Paris.

Les musées de Strasbourg comprennent onze établissements, dont le Musée d’art moderne et contemporain (MAMCS), le Musée des beaux-arts, le Musée des arts décoratifs, mais aussi le Musée de l’Œuvre Notre-Dame, le musée historique et le musée alsacien.

Baptist Cornabas, professeur d’Histoire, youtubeur précaire

Baptist Cornabas, professeur d’Histoire, youtubeur précaire

Au collège ou sur YouTube, Baptist Cornabas enseigne l’Histoire. Arrivé à Strasbourg par amour, ce professeur critique volontiers la pédagogie des établissements scolaires. Grâce à ses vidéos, il souhaite rendre sa discipline plus vivante.

« Mindfuck ! Boum ! » Avec malice et un vocabulaire de geek, Baptist Cornabas résume la réaction de ses élèves lorsqu’ils apprennent, quelques semaines après la rentrée, que ce professeur d’histoire au collège Notre-Dame de Strasbourg est aussi… youtubeur.

Baptist Cornabas, professeur d’histoire et youtubeur sur la chaîne « Parlons Y-stoire ». (Photo GK / Rue89 Strasbourg / cc)

À 31 ans, cet enseignant, que rien ne dépare de ses collègues, suscite tout d’un coup une certaine curiosité de la part des élèves. Qui est ce prof’ dont la chaîne YouTube compte tout de même 40 000 abonnés ? Baptist Cornabas s’amuse de ces réactions :

« À ce moment, les ados ne savent plus sur quel pied danser. Tu passes d’une figure d’autorité à un symbole de liberté. Un youtubeur, c’est presque un pote pour beaucoup. »

De Berlin pendant la chute du mur…

Né à Romorantin dans le Val-de-Loire, il a suivi son père militaire durant sa jeunesse et garde un souvenir amer de ces déménagements incessants :

« Tous les deux ans on allait ailleurs. À chaque fois, je perdais mes amis et je devais en trouver de nouveaux. J’ai habité à Orléans, en Vendée et même à Berlin Ouest entre 1988 et 1991, en plein pendant la chute du mur ! »

Baptist, au centre, devant le fameux Checkpoint Charlie à Berlin. (doc remis)

Rien ne le prédestine ni à l’étude de l’Histoire, ni à son installation à Strasbourg :

« J’ai étudié cette matière un peu par hasard. C’était dans ce domaine que j’avais les meilleures notes au collège et au lycée. Mais je suis venu à Strasbourg par amour. J’ai rencontré à Angers une étudiante allemande en Erasmus. Nous étions ensemble dans un cours d’Histoire de l’Europe. Lorsqu’elle a dû retourner en Allemagne, à Heilbronn, nous avons décidé de nous retrouver à Strasbourg. »

… à Strasbourg, « le centre du monde pour l’Histoire »

En septembre 2008, Baptist se rend donc en Alsace pour poursuivre ses études. En première année de master d’Histoire, le futur professeur travaille au McDonald’s. Le premier jour, un collègue lui demande : « Ça geht’s ? » Baptist, qui ne parle ni allemand ni alsacien, se demande dans quel pays il est arrivé. Mais passé ce petit choc linguistique, il apprend à apprécier la ville, de plus en plus. L’enseignant trouve son bonheur dans les rayons de la librairie Kléber. Quand ses parents lui rendent visite, il se ballade volontiers dans le quartier de la petite France. Pour sortir le soir, le youtubeur privilégie les bars de la Krutenau.

Le reste du temps, c’est le passé de la capitale alsacienne qui le fascine :

« Quand tu t’intéresses à l’Histoire, Strasbourg, c’est le centre du monde ! Il y a un tel creuset. Je me suis beaucoup intéressé à la germanisation de la ville en 1940. Tous les magasins ont dû changer leur devanture pour utiliser la langue allemande et la typographie gothique. La place Broglie est renommée « Hitlerplatz »… Et la francisation en 1944 est une période tout aussi violente. On en parle beaucoup moins. »

Mais ces sujets, Baptist Cornabas ne peut les aborder en profondeur avec ses élèves de troisième. Le programme est trop large, trop dense. En une année scolaire, il faut traiter de l’histoire de l’Europe de 1914 à nos jours, de la vie politique française sous la cinquième république, sans oublier les thèmes de géographie… Le temps manque pour aborder correctement les faits, sans parler des détails ni des anecdotes historiques, qui permettent de structurer les savoirs.

« Beaucoup d’élèves souffrent de l’enseignement classique »

Embauché à l’année, l’enseignant enchaîne les contrats précaires dans des établissements alsaciens. En 2015, il enseignait au collège des missions africaines d’Haguenau. Depuis la rentrée 2017, il travaille au sein de l’établissement de Notre-Dame à Strasbourg. Dans ses salles de classe, le prof’ se veut aussi accessible que sur YouTube :

« Beaucoup d’élèves souffrent de l’enseignement classique. Tout s’y fait sous la contrainte. La société t’oblige à aller à l’école. Tes parents te demandent tes notes. Tes professeurs te donnent des devoirs… Alors dans mes cours, j’essaie de donner envie à mes élèves de participer. Sur des sites comme Plickers ou Kahoot, je peux leur soumettre des quizz ou des questions affichées via un vidéoprojecteur. Quand on touche à la fin de la Guerre froide, je leur amène toujours un morceau du mur de Berlin que mon père m’a donné ! En revanche, je n’utilise pas mes vidéos dans mes cours, car elles traitent de points qui sont souvent hors programme ou elles sont trop détaillées. »

Depuis longtemps, le professeur satisfait sa curiosité sur YouTube. Il regarde les vidéos de la chaîne « e-penser ». Bruce Benamran y répond à des questions comme « Pourquoi bâiller, c’est contagieux ? » ou « Comment se forment les arcs-en-ciel ? ». Lorsque le vidéaste souligne l’absence de youtubeur français en Histoire, Baptist décide de se lancer dans l’aventure, en 2014.

Cette activité a fini par lui prendre un temps fou :

« En plus des heures en classe, de la préparation des cours et de la correction des copies, je produis mes vidéos de A à Z. Pour un clip de dix minutes, il faut compter 30 à 40 heures de recherche, 10 heures de rédaction du scénario, 2 à 3 heures de tournages et autant pour le montage… »

À l’aide de cartes dont il est l’auteur, de vidéos d’archives, de frises, le professeur souhaite rendre l’Histoire plus vivante. Avec plus d’une cinquantaine de vidéos à son actif en trois années d’existence, il a déjà présenté « L’origine et l’évolution du ghetto », expliqué « Pourquoi 2 Corées ? » ou « Pourquoi le 14 juillet ? »…

18 dollars pour 25 000 vues

Un travail important qui n’est pas récompensé par un revenu suffisant, comme souvent sur YouTube. Sur son téléphone portable, qu’il garde toujours à portée de main, Baptist affiche les statistiques de sa chaîne :

« Au cours des derniers 28 jours, j’ai gagné à peine 18 dollars pour plus de 25 000 vues sur mes vidéos… Heureusement, les revenus publicitaires sont complétés par des dons, via Teepee. J’ai eu un abonné qui a versé 30€ par mois pendant un an et demi ! »

Avec des productions visionnées parfois plus de 100 000 fois, le youtubeur est conscient d’être devenu une sorte de personnalité publique. Il participe désormais à des événements tels que le Play Azur Festival ou le Festival des historeeks où vidéastes et abonnés se rencontrent. Certains de ses fans sont aussi devenus des amis. Il les retrouve à Strasbourg de temps à autre dans son bar préféré, le Public House, ou autour d’un jeu de société.

Ce n’est pas encore la célébrité mais…

« Les gens qui me reconnaissent peuvent être gênants parfois. Une fois, nous étions au restaurant avec ma compagne et on nous a interrompu en plein repas… Et elle n’avait pas envie de parler de mes vidéos. »

Malgré tout, le youtubeur espère toujours tirer un revenu décent de sa chaîne. Il pourrait alors déménager son studio d’enregistrement et sa table de montage dans un bureau, en dehors de son domicile. Pour y parvenir, Baptist compte faire évoluer sa chaîne pour attirer plus d’audience et ainsi augmenter les revenus versés par YouTube. Il voudrait par exemple reprendre sa série « Cinq anachronismes dans… », qui « traque les erreurs historiques dans les films qui se disent historiques. »

Le vidéaste produirait volontiers des vidéos pour des institutions strasbourgeoises. Certaines l’ont d’ailleurs déjà contacté mais Baptist a dû décliner :

« J’aimerais sortir mes caméras de la cave pour filmer sur commande. Mais la plupart des institutions me demandent de travailler bénévolement. Je refuse parce que je considère qu’un travail doit être rémunéré. Pour une vidéo, je pourrais demander au minimum 1 000€. »

D’autres youtubeurs ont choisi de se concentrer sur des sujets racoleurs, dont l’unique but est de générer des centaines de milliers de vues. Baptist Cornabas refuse de sombrer dans cette facilité, le professeur est perfectionniste. Il assume son goût pour la complexité de l’Histoire et tient à la qualité de ses productions :

« Ma première publication sur YouTube est celle qui a généré le plus de vues. J’y parle des plus grosses bourdes de mes élèves. Je pourrais continuer régulièrement avec ce type de productions qui font le buzz. Mais ça me pose un problème éthique. Aujourd’hui, j’ai un public exigeant. Pour l’instant, ça ne me permet pas de gagner beaucoup plus que mon smic de professeur mais j’aime ce que je fais. Alors je vais tout simplement persévérer. »

À la Semencerie, un marché de Noël artisanal, une kermesse et des concerts

À la Semencerie, un marché de Noël artisanal, une kermesse et des concerts

Les week-ends des 9, 10, 16 et 17 décembre, la Semencerie à Strasbourg organise sa Kermesserie : flipper, chamboule tout, auto-tamponneuses et… un marché de Noël alternatif, le déclic-déclic. Et le soir, c’est concerts ou spectacle.

Dans le quartier de la Laiterie à Strasbourg, la Semencerie se transforme en Kermesserie : restauration, attractions foraines, concerts et un marché de Noël atypique sont proposés pendant deux week-ends. Ouverture prévue vendredi 8 décembre à partir de 18h puis la Kermesserie est ouverte les 9, 10 et les 16, 17 décembre de 14h à 20h. Certaines animations comme les concerts, pourront s’étendre jusqu’au 21h30.

Thérèse Partiot est l’une des artistes de la Semencerie, elle s’exprime au nom de la vingtaine de créateurs installés dans cet ancien hangar :

« Tous les ans, nous mettons en place une exposition d’hiver. Cette année, à la place d’une exposition, nous voulions organiser une sorte de kermesse foraine. »

L’espace Déclic-déclic et la kermesse seront ouvert de 14h à 20h

Le marché déclic déclic existe depuis 6-7 ans. C’est un peu une marque de fabrique de la Semencerie en hiver. La trentaine d’exposants proposera des objets artisanaux, parfois des œuvres d’art. Pour Thérèse Partiot et tous les artistes, c’est un message à faire passer :

« C’est un gros marché de Noël totalement consacré à l’artisanat. Pour cet espace nous n’avons pas de cabane en bois, mais les gens seront amenés à se promener dans notre marché, le long de tables. Et à la sortie nous proposons une caisse commune. »

Des objets artistiques qui coûteront entre de 2 et 200€, ou seront vendus à prix libres. En ce qui concerne le côté kermesse, il sera mélangé au marché. Les jeux pour petits et grands seront par exemple, un stand de tir à la carabine, des auto tamponneuses, une course de cheval ballet.

Thérèse Parliot précise :

« Les attractions sont toutes réalisées par des artistes de Strasbourg et de ses environs. Nous avons une dizaine d’attractions en tout. »

Le marché de la Semencerie déclic-déclic en 2016. (doc remis)

Spectacle et concerts

Le marché ainsi que les animations foraines fermeront à 20h. Les rendez-vous du soir pourront se terminer aux alentours de 21h30, mais les portes de la Semencerie fermeront avant, vers 21h. La soirée se terminera avec les visiteurs qui auront franchi les portes avant qu’elles ne soient closes.

Plusieurs petits concerts sont prévus à partir de 20h30 environ. Notamment Kidan un groupe de rock touareg strasbourgeois viendra présenta une musique traditionnelle interprétée avec des instruments modernes et des chants en tamacheq. Urs Graf Consort, un groupe de pop italienne expérimentale présentera également quelques morceaux sur la scène de la Semencerie. D’autres artistes les accompagneront. Le programme complet de la Kermesserie est disponible sur le site de la Semencerie.

Les entrées sont libres et l’année dernière environ 500 personnes s’étaient retrouvées le temps d’un weekend. Les concerts, les spectacles ainsi que la proposition de contes sont à prix libre.

Contre les emplois aidés à l’Assemblée, Sylvain Waserman est pour aider les emplois à Strasbourg

Contre les emplois aidés à l’Assemblée, Sylvain Waserman est pour aider les emplois à Strasbourg

Voter quelque chose à Paris, mais s’inquiéter de ses effets à Strasbourg, cas d’école. Dans une lettre rédigée en octobre que nous avons pu consulter, le député de Strasbourg-sud Sylvain Waserman (Modem) « informe » le maire de Strasbourg des difficultés rencontrées par l’accueil périscolaire à l’école du Ziegelwasser au Neuhof.
Percuté par la baisse des contrats aidés, le Centre socio-culturel (CSC) du Neuhof propose en effet moins de places aux enfants et le service est désormais plus cher . . .

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Les charmes méconnus du quartier de la gare de l’Est à Paris

Les charmes méconnus du quartier de la gare de l’Est à Paris

Passage obligé pour les Strasbourgeois à Paris, le quartier de la Gare de l’Est n’est pas le quartier parisien qui fait le plus rêver. Pourtant, ce quartier populaire et vivant gagne à être connu. Rue89 Strasbourg vous emmène à la découverte de ses coins préférés, à moins de quinze minutes de marche du TGV.

Loin du Paris de carte postale, le quartier populaire de la Gare de l’Est à Paris a de quoi dépayser le Strasbourgeois. Passée l’adaptation au niveau sonore et au nombre d’êtres humains au mètre carré – comparable au marché de Noël douze mois par an sur certains trottoirs – ce quartier animé de jour comme de nuit recèle quelques bons coins.
L’ancien couvent des Récollets, le havre de paix le plus proche de la Gare de l’Est (Photo IM / Rue89 Strasbourg)

Hors du monde face à la gare

Pour un départ ou une arrivée en douceur, rien ne vaut une pause au Café A. C’est sans nul doute le havre de paix le plus proche de la Gare de l’Est, le plus inattendu du quartier aussi. Sans enseigne lumineuse visible de la rue, il se tient à l’abri des regards. Pour le trouver, il vous suffit de traverser la rue, sur votre gauche en sortant de la gare, et de descendre la rue Faubourg Saint-Martin sur une cinquantaine de mètres. Vous longerez alors une enceinte en fer forgé, celle de l’ancien couvent des Récollets. Vous y êtes ! Passez la grille, longez l’espace vert sous les voûtes : le café se niche au rez-de-chaussée de la Maison de l’architecture. Cerise sur le gâteau, un de ces trésors dont Paris regorge vous attend à l’arrière du bâtiment : une cour, insoupçonnable de la rue, avec tables de jardins et guirlandes de fête de village. L’endroit idéal pour prendre l’air – un café ou une bière – avant de se lancer dans le brouhaha de la capitale.
A l’abris des regards, la paisible cour intérieure du Café A (Photo IM / Rue89 Strasbourg)

L’immanquable sandwich kurde

Un petit creux ? Si vous avez envie de manger sur le pouce, tout en emmenant vos papilles en voyage, foncez chez Urfa Dürüm. C’est au numéro 52 de la très animée rue du Faubourg Saint-Denis, à moins de 10 minutes de la gare à pieds. Sur votre chemin, l’église Saint-Laurent et son petit square, valent le coup d’oeil.
Excellent sandwich kurde pour moins de 10 euros chez Urfa Dürüm (Photo IM / Rue89 Strasbourg)
C’est ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de midi à minuit et la file d’attente déborde largement sur le faubourg à l’heure du déjeuner. Devant vous et sous les yeux des passants, la pâte à pain roule sur le plan de travail en bois enfariné adossé à la vitrine de la sandwicherie kurde. Elle est ensuite étalée et garnie selon votre choix puis lancée dans le four à bois. À l’agneau, à la viande hachée, au poulet fermier ou végétarien, le sandwich traditionnel kurde vous coûtera entre 7 et 8,50 euros. Compter 2 euros pour une boisson sans alcool, 3 euros la bière ou le vin. Il est possible de manger sur place et même en « terrasse », disons plutôt en « trottoir ». Une option réjouissante si votre appétit n’est pas du genre à se laisser perturber par la densité de la circulation et le niveau élevé des décibels sur le faubourg.

Les petites écuries, une charmante cour animée le soir, paisible le matin

Accès à la cour des petites écuries côté faubourg Saint-Denis (Photo IM / Rue89 Strasbourg)
Autre option : changer de trottoir et quitter le faubourg. À cent mètres de là à peine, la Cour des petites écuries cache son entrée entre les numéros 61 et 63 de la rue du Faubourg-Saint-Denis. En marchant d’un pas rapide, on peut passer à côté sans la voir. Mais cette charmante voie pavée bordée d’arbres, où les voitures ne s’aventurent que rarement, vaut le détour. Sa fréquentation en soirée vous confirme qu’elle a été largement démasquée par qui aime boire et/ou manger dans un endroit aussi vivant que sympa. Revenez-y le matin pour apprécier le calme et le charme de l’endroit avant une journée parisienne forcément trépidante…

Soigner son « Heimweh »

Parmi les restaurants et bars de la Cour des petites écuries, l’épicerie corse Terra corsa est à découvrir. Sandwich à emporter, planche plus conséquente et vin corse pour l’apéritif, les produits, de qualité, restent abordables. Mieux vaut arriver assez tôt pour s’offrir une place à l’extérieur.
Le Lucky Luciano, restaurant italien à prix abordable | ©IM
C’est également le cas du Lucky Luciano, restaurant italien juste à côté du corse. Pizzas, salades et carpacccio sont au menu, à des prix très corrects, entre 10 et 16 euros, de la Margherita à la Pizzicante. Si vous êtes plutôt bière et repas sur le pouce, les bars de la Cour vous régaleront. Vous sentez le Heimweh monter ? Le blues de la maison persiste ? Rendez-vous au numéro 7 de la Cour, chez Flo, une brasserie alsacienne, lieu idoine pour une délicieuse « culino-thérapie », à 26,50€ la choucroute.

Au bord du Canal Saint-Martin en attendant de revoir l’Ill

L’atmosphère des bords de l’Ill vous manque ? Partez en balade le long du canal Saint-Martin et offrez vous une pause café au fameux Hôtel du Nord, qui doit sa popularité à Arletty, dans le film éponyme. Situé au numéro 102 du quai de Jemmapes, au bord du canal, ce lieu mythique n’est qu’à 15 minutes à pieds de la Cour des petites écuries et à seulement 500 mètres de la gare de l’Est. Ce détour appréciable devrait vous permettre de tenir quelques heures avant de revoir l’Ill. Et vous, vous avez des bons plans dans le quartier de la Gare de l’Est ? Partagez les en commentaires.

Collectivité d’Alsace : les deux sujets sur neuf qui coincent

Collectivité d’Alsace : les deux sujets sur neuf qui coincent

L’avenir institutionnel de l’Alsace continue d’agiter les élus et de tracer des lignes au milieu des formations politiques. Voici un récapitulatif.

Fusionnée dans le Grand Est, l’Alsace aura-t-elle à nouveau une existence politique ? La question de « dedans » ou « en dehors » de la Région Grand Est a été tranchée par le président de la République Emmanuel Macron à l’automne : ce sera dedans.
Bien que le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), avec d’autres étaient pour le « dehors » qui semblait . . .

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Manifestation samedi contre l’ouverture du bar associatif du « bastion social » à Strasbourg

Manifestation samedi contre l’ouverture du bar associatif du « bastion social » à Strasbourg

Les réseaux antifascistes strasbourgeois répondent à l’installation d’un local néofasciste dans la ville. La localisation exacte de ce bar associatif, baptisé l’Arcadia, est tenue secrète. Un face-à-face indirect prendra place le samedi 9 décembre à 15h. C’est l’heure annoncée de l’ouverture du « bastion social » à Strasbourg, c’est aussi l’heure du rendez-vous de la manifestation des antifascistes.

Affiche annonçant l’ouverture du bastion social de Strasbourg
L’inauguration du « bastion social » de Strasbourg est ce samedi 9 décembre à 15h. L’ouverture de ce bar associatif, nommé l’Arcadia, devrait se faire en présence de Steven Bissuel, le président du collectif néofasciste. Ce mouvement national lié à l’extrême-droite et identitaire a déjà ouvert des établissements à Lille, Lyon et en Meuse. Ils auraient pris possession d’un local au centre-ville de Strasbourg, la localisation reste secrète. Le Groupe union de défense (GUD) Strasbourg s’est dissous pour rejoindre le Bastion social. Le même jour, samedi 9 décembre à 15h, un contre-événement est lancé pour les antifascistes de différentes organisations. La Brigade antifasciste de Strasbourg (Baf) et l’AFA ont initié cette rencontre contre l’ouverture du bar, rejoints par nombres d’associations, de syndicats et de militants politiques. Le rendez-vous est donné rue du Faubourg national.

Face à face entre néofascistes et antifascistes

Sur le groupe facebook de l’événement pour la manifestation de samedi, il est écrit :
« Ne voulant plus se limiter à être un « club de ratonnade », le GUD essaye de sortir de sa situation groupusculaire. Comme le feu Bastion Social de Lyon, le bar identitaire La Citadelle à Lille, la Taverne de Thor dans la Meuse, sous couvert de récupérer la lutte contre la misère sociale et le mal-logement, les fascistes entendent surtout disposer d’un QG pour la préparation d’agressions. Devons-nous rappeler les violences quotidiennes dans le Vieux Lyon ? »
Depuis plus d’une semaine, les militants font des actions de collages et de tractages pour mobiliser les strasbourgeois. Ici, à la Taverne française. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Pas d’affrontement souhaité

Mickaël est un étudiant strasbourgeois de 21 ans. Depuis un an, il est membre de la Baf, militant antifasciste. Lorsqu’il a appris l’ouverture de L’Arcadia, il n’a pas vraiment été surpris :
« Un membre du GUD à Strasbourg avait annoncé il y a longtemps : « quelque chose se prépare à Strasbourg, vous n’êtes pas prêt ». Steven Bissuel avait également annoncé dans une interview à la chaîne internet d’extrême droite TV libertés, qu’il préparait quelque chose en Alsace. À Lyon le GUD a été délaissé. Aujourd’hui je pense que ce groupe néofasciste souhaite sortir de la formation groupusculaire, pour attirer plus de monde et être plus visible. De base on s’imaginait des choses, on pensait plutôt à un congrès avec les groupes néo-fascistes européens, mais finalement c’est un bar qui devrait ouvrir. Disons que de base, ils squattaient déjà quelque part, les soirs de matchs on sait où les trouver. Ils sont dans un bar à l’arrêt de tram juste à côté du stade de la Meinau. »

« Un local néo-fasciste à Strasbourg, ce n’est pas rien »

Le parcours reste secret pour des raisons de sécurité. Tout devrait se faire dans le quartier gare, en dehors de la Grande-Île, sécurisée par des barrages filtrants à chaque pont. La manifestation devrait durer environ une heure. Pour Mickaël, c’est un moment important :
« On essaie de ramener de plus de monde possible. On essaie d’avoir un certain front uni contre le fascisme et surtout contre son installation dans la ville. L’objectif n’est pas de les rencontrer. C’est une manifestation populaire pour sensibiliser la population à ces questions là. Un local néo-fasciste à Strasbourg, ce n’est pas rien. Ces gens menacent la liberté de chacun, ils ont prouvé leur homophobie, leur racisme, etc. Il y a un danger, ce n’est pas un petit truc. »

Langues régionales : 4 régions déjà rodées aux classes immersives

Langues régionales : 4 régions déjà rodées aux classes immersives

Comment transmettre les langues régionales françaises ? En Bretagne, au Pays-Basque français, en Occitanie, en Catalogne du Nord et, depuis la rentrée 2017 en Alsace, des classes maternelles dites « immersives » accueillent des élèves. Tour d’horizon sur ces pratiques, qui consistent à commencer la scolarité par un apprentissage uniquement de la langue régionale jusqu’au CE1, voire au-delà.

Normand, créole, tahitien, basque, corse, alsacien ou occitan, autant de langues régionales coexistent en France à côté de la langue officielle. En plus des classes bilingues mises en place depuis 1982, des « classes immersives » existent depuis encore plus longtemps. Dans ces classes, 100% de l’enseignement au moins jusqu’au CE1 se fait en langue régionale.

En France, il existe cinq réseaux d’écoles associatives et immersives. Seaska au Pays-Basque, Bressola pour les écoles en Catalan, Diwan pour le Breton et Calandreta pour l’occitan ainsi que les classes ABCM Zweisprachigkeit en Alsace depuis 2017 (voir notre article). Ces fédérations forment l’Institut Supérieur des Langues Régionales de la république Français (ISLRF) créé en 1997.

L’institut est un fonds de recherche commun et permet le dialogue entre les réseaux. Dans ces écoles associatives, les parents d’élèves sont largement mis à contribution et participent à la vie de l’établissement. Elles sont reconnues par l’État et fonctionnent grâce à des conventions. Elles peuvent être territoriales, parfois des collectivités locales (ces écoles n’étant par publiques, le forfait scolaire payé par la collectivité n’est pas obligatoire), et également par autofinancement (des dons, des soutiens de particuliers). Le but de ces associations : refaire vivre le dialecte régional.

 

Dans les régions de France

    En Bretagne :

    Le réseau d’école immersive bretonne Diwan a fêté ses 40 ans.

En Bretagne, il existe le réseau d’écoles associatives, libres et gratuites : Diwan (ce qui signifie germer). L’enseignement de la langue régionale se fait par immersion. La première école à Lampaul-Ploudalmézéau dans le Finistère a fêté ses 40 ans. Les classes Diwan sont majoritairement des établissements privés sous contrat avec l’État. Les cours s’y font en Breton, le Français n’est introduit qu’à partir du CE1 ou du CE2.

Grâce à Diwan, il est possible de faire toute sa scolarité en donnant une place prépondérante au dialecte régional. Aujourd’hui, le réseau réunit 47 écoles, soit 4 310 élèves, 6 collèges et 1 lycée. Un deuxième devrait voir le jour à Vannes à la rentrée 2018. Le nombre d’élèves est en progression, +17% en cinq ans. Avec 97,3% de réussite au bac général, le réseau Diwan affiche une moyenne supérieure à celle du reste de la France (90,7%). Le budget de ce réseau est de 4,7 millions d’euros, 53% d’autofinancement, le reste est comblé par des subventions et des dotations publiques. Fulup Jacq, directeur de l’Office régional de la langue bretonne (OPLB) estime que les bretons à parler le patois sont 180 000 aujourd’hui. Ils étaient 1,3 million au début du XXe siècle.

    Au Pays-Basque français :

Le réseau d’école au pays-basque français ouvre de plus en plus de structures immersives. (capture d’écran)

Le basque se dit « Euskara » en langue régionale. Son apprentissage se fait dans des ikastolas, appartenant au réseau Seaska (signifiant le berceau). Il regroupe 32 écoles maternelles et primaires, 4 collèges et 1 lycée, soit en tout 3 500 élèves. La première ikastola est né en 1969 à Arcangues. Les écoles sont toutes autonomes et gérées par une association de parents d’élèves.

En juillet 1994, un statut d’école privée sous contrat d’association est attribué aux ikastola. Les cotisations par an vont de 15 à 40 euros par mois. Le reste des frais est couvert par des subventions publiques, des dons, ou des actions pour récolter de l’argent. Il y a des ikastolas dans chaque coin des Pyrénées-Atlantiques, de Pau à Bayonne, en passant pas Biarritz, et Saint-Jean-Pied-de-Port. Pour ce qui est du coût de la scolarité, à Bayonne à l’école Oihana Ikastola, le budget est de 92€ par élève pour l’année. 46 € à la charge des parents et le solde est financé par l’ikastola. Au Pays Basque français en 2016, 20,5% des habitants sont bilingues et 9,3% sont bilingues réceptifs. Mais 70,1% des habitants sont non-bascophones.

    En Occitanie :

Les Calandretas sont présentes dans 19 départements avec 68 établissements scolaires immersifs. (capture d’écran)

En 1979, le réseau d’école associatives appelées calendrettes ou calandreta (ce qui signifie petite alouette) est créé en occitanie avec une première école à Pau. Chaque établissement est conduit par une association. Ce sont des établissements laïcs et gratuit. À Toulouse, les noms des rues sont en occitan, les arrêts de métro sont dits en français puis en occitan.

Le premier collège en occitan a ouvert à Lattes en septembre 1997. En 2017, le réseau Calandreta fédère 67 écoles, 4 collèges et 1 lycée répartis sur 19 départements. Au total 3 894 enfants sont concernés. Les écoles sont gérées par des associations de parents. Le français n’est introduit que progressivement à partir du CE1. Selon une étude réalisée par la région Midi-Pyrénées, 32 % des habitants de Midi-Pyrénées déclarent avoir au moins quelques notions d’occitan quand 18 % d’entre-eux, se disent des locuteurs. Cependant, seuls 4% ont un niveau allant de très bon à bilingue. Toute l’étude ici.

    En Catalogne

En Catalogne, la Bressola réunit 1 000 élèves. (capture d’écran)

En Catalogne française, le réseau d’écoles immersives se nomme la Bressola. Il représente 6 écoles et 1 collège avec plus de 1 000 élèves. L’association est née en mai 1976, inspirée par le Seaska au pays-basque. La même année, une école d’immersion ouvrait ses portes à Perpignan et accueillait 7 enfants. Cette année encore, une nouvelle classe a ouvert ses portes à Pézilla-la-Rivière.

Tous les établissements confondus, l’année scolaire coûte environ  2 500 000€. Le budget de fonctionnement provient des cotisations parentales, de l’Éducation nationale, des différentes aides et une subvention de la Generalitat de Catalogne en Espagne.

    Et peut-être bientôt en Corse ?

Des classes immersives pourraient voir le jour en Corse à la rentrée 2018. Il est question de deux projets privés à Ajaccio. C’est lingua corsa, un collectif de parents d’élèves et d’enseignants qui souhaitent ouvrir de nouvelles classes afin de sauvegarder la langue corse. Le collectif Parlemu Corsu, nourrit la même envie. Elles n’existent pas encore sur l’île, cependant, trois heures d’enseignement sur la langue et la culture régionale sont obligatoires jusqu’à la sixième. Après, l’enseignement devient facultatif.

L’Alsacien se lance dans un apprentissage intensif

Tomi Ungerer a créé le signe de l’association. (capture d’écran)

ABCM Zweisprachlichkeit propose des cursus bilingue français-allemand depuis 27 ans. Alors que la Bretagne a ouvert ses premières classes immersives il y a 40 ans, elles viennent d’ouvrir en 2017 en Alsace.

Les quelque 200 élèves répartis dans 3 écoles sont tous en maternelle, toutes sections confondues. Ceux qui passent au CP apprendront à lire en Allemand la version écrite de l’alsacien.

Selon Pascale Lux, vice-présidente des écoles ABCM Zweisprachlichkeit, ces écoles immersives sont en projet depuis 20 ans :

« On a commencé par faire des classes moitié en français, moitié en allemand. Puis nous avons introduit la langue régionale. Et enfin nous sommes arrivés à une immersion complète. »

Alors que les autres régions de France ont directement ouvert des classes immersives, en Alsace, ABCM y est allé petit à petit. Le temps de changer les mentalités selon Pascale Lux :

« Nous avons dû convaincre les parents. Dans les autres régions je pense que c’était plus facile. En Alsace, il y a une sorte de blocage avec l’alsacien, voire une honte, de l’accent par exemple. Pour beaucoup, l’alsacien c’était une langue pour les paysans. À l’époque, quand les enfants parlaient alsacien à l’école, ils étaient punis. Nous avons dû mener un combat contre ces idées reçues. Je pense que dans les autres régions de France, les habitants ont peut-être aussi un plus fort soutien de leurs hommes politiques. Du moins, ils sont plus offensifs. En Alsace, les mentalités commencent à changer, il y a un regain d’intérêt pour le dialecte. »

Et pour Pascale Lux, il était important d’agir vite pour sauver l’alsacien :

« Le déclin de la langue en Alsace est impressionnant. Seuls 1% des enfants sont dialectophones aujourd’hui. Cette langue ne s’apprend plus. Les deux dernières générations ne parlent pas ou que très peu alsacien. »

Des classes maternelles pour apprendre l’alsacien, pourquoi c’est plus compliqué qu’ailleurs

Des classes maternelles pour apprendre l’alsacien, pourquoi c’est plus compliqué qu’ailleurs

Depuis la rentrée 2017, trois classes de maternelles proposent une immersion complète aux enfants : deux jours en allemand, deux en alsacien, aucun en français. Elles sont à Mulhouse, Ingersheim et Haguenau et font partie de l’association ABCM Zweisprachligkeit. Après avoir ferraillé avec le rectorat, elles devraient pouvoir continuer à condition de solliciter une autorisation pour pouvoir enseigner de manière immersive.

Pour apprendre une langue, partir quelques mois à l’étranger est souvent bien plus efficace que plusieurs années d’études. Avec les classes immersives, c’est la même chose. Apprendre l’alsacien, ça va plus vite si on l’entend et si on le parle tous les jours. Des expressions, des mots, des coutumes décorent le quotidien vocal des Alsaciens mais qui parle le dialecte aujourd’hui ?

Pour l’association A.B.C.M. Zweisprachigkeit, l’alsacien peut être sauvé grâce aux classes immersives dès la maternelle. Créée en 1991 et présente en Alsace et en Moselle avec 11 écoles pour plus de 1 100 élèves âgés de 3 à 11 ans, l’association organise la semaine des enfants avec deux jours d’allemand et deux jours d’alsacien. Le français est seulement entendu dans la cour de récréation. En Alsace, les écoles immersives existent à Mulhouse, Ingersheim et Haguenau.

Le rappel à l’ordre du Rectorat

Alors que dans d’autres régions comme la Bretagne ou l’Occitanie ces écoles immersives existent depuis plusieurs dizaines d’années (voir notre article), en Alsace il aura fallu plus de temps. Le réseau ABCM s’est lancé cette année, mais à peine né, le rectorat de Strasbourg les a rappelés à l’ordre. L’administration n’a reçu aucune demande d’autorisation de la part d’ABCM pour ouvrir ces classes immersives.

Après une inspection le 9 octobre à l’école de Haguenau, la rectrice de l’académie de Strasbourg, Sophie Béjean, estime qu’ABCM Zweisprachligkeit enfreint le code de l’Éducation. Le 24 novembre, elle écrit à la directrice d’ABCM, Karine Sarbacher, une lettre (voir ci-contre) dans laquelle le rectorat enjoint l’association d’enseigner en français, faute de quoi le contrat d’association serait rompu, ce qui impliquerait le départ des enseignants.

Sophie Béjean, rectrice de l’Académie de Strasbourg (à gauche).  (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

 

La lettre de la rectrice, rendue publique, a provoqué de nombreuses réactions indignées, y compris de la part d’élus régionaux.

Mardi 5 décembre, en marge d’une réunion sur les langues régionales, Sophie Béjean a semblé revenir sur la nécessité d’enseigner en français :

« L’école ABCM à Haguenau n’a pas transmise une demande d’autorisation, nous n’étions pas au courant de son programme en immersion. Si le soutien de l’académie de Strasbourg aux écoles du réseau ABCM devait évoluer, j’en aurai d’abord parlé avec les intéressés et les représentants des collectivités territoriales. Ce n’est pas par un courrier administratif que nous l’aurions fait. L’école doit maintenant régulariser sa situation, cela ne veut pas dire revenir à un bilinguisme paritaire mais faire une demande d’autorisation. Les obligations en matière d’éducation, de contenu et de réglementation doivent être respectées, ce qui n’empêche pas d’avoir des classes d’immersion. Il faut simplement s’assurer que la maîtrise de la langue française soit acquise par les élèves. »

Vice-présidente de l’association ABCM, Pascale Lux respire :

« Nous avons été très surpris par le courrier de madame la rectrice. Pour nous, on nous mettait des bâtons dans les roues. Nous pensons que c’est un malentendu, nous ne pensons pas qu’il faut une autorisation pour enseigner en immersif étant donné que nous sommes une structure privée. »

Opération déminage…

Une rencontre est prévue entre Sophie Béjean et Karine Sarbacher « avant Noël » et il n’est pas question de fermer ces écoles immersives. Mardi, Sophie Béjean se disait surprise par l’ampleur des réactions suscitée par cette affaire :

« Pour nous, ce n’était pas tout à fait un sujet urgent. Notre politique n’a pas changé, le contrôle des établissements privés sous contrat ou hors contrat fait partie de nos services académiques. Cela appelle parfois à certaine remise aux normes. »

La rectrice affirme que l’objectif de l’Académie de Strasbourg est même de renforcer l’apprentissage des langues au sein des établissements :

« Nous préparons la nouvelle convention quadripartite avec la Région, les deux départements alsaciens et l’État. Dans ce cadre, cinq groupes thématiques se réuniront jusqu’en février pour dégager de nouvelles pistes pour développer le bilinguisme. Nous réfléchissons au renforcement de l’apprentissage bilingue au lycée et dans les filières professionnelles, ainsi que la place de l’alsacien dans nos politiques bilingues. »

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, s’est déclaré satisfait de cette réponse :

« Les langues régionales font partie intégrante de l’identité de chacun des territoires, de leur histoire et de leur altérité. Notre devoir en tant qu’élus de la Nation est de faire vivre ces cultures, et de les respecter. C’est pourquoi je suis attaché à toutes les initiatives permettant de perpétuer l’apprentissage de ces langues à nos jeunes, notamment via la pédagogie bilingue immersive totale. »

Des écoles maternelles immersives pour que les plus jeunes apprennent l’alsacien. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Une lutte contre la disparition de l’alsacien

ABCM Zweisprachlichkeit propose des cursus bilingues français-allemand depuis 27 ans mais l’association constate que l’alsacien se perd, car les jeunes ne l’apprennent pas. Suivant l’exemple de la Bretagne avec des écoles Diwan immersives depuis 40 ans, l’association espère en remplaçant le français par l’alsacien lutter contre la disparition du dialecte.

L’école de Haguenau est la plus grande du réseau ABCM. Aujourd’hui, les classes en immersion ne sont que des maternelles. L’année prochaine, au passage en CP des sections en immersion, les élèves ne parleront qu’allemand et apprendront donc à lire avec des manuels en langue allemande :

« Ça peut faire peur aux parents mais vous savez, on apprend à lire une fois. Si on sait lire l’allemand, on peut lire du français. »

Les enseignants sont soit professeurs d’allemand soit dialectophones. Martine Hintenoch, directrice et enseignante en classe de maternelle immersive à Haguenau, détaille :

« Je parle exclusivement alsacien les lundis et jeudis et ma collègue ne s’exprime qu’en allemand les autres jours. Nous ne faisons pas de cours de langue, nous faisons la classe dans une autre langue. Petits, moyens et grands sont mélangés dans la classe. Les grands et les moyens ont une bonne compréhension de l’allemand et de l’alsacien, les petits miment. Nous ne faisons jamais de traduction en français, nous reprenons, nous réexpliquons. Notre objectif c’est qu’ils aient confiance en eux et qu’ils osent s’exprimer dans une des deux langues. « 

« Les enfants n’ont pas remarqué que je ne parlais plus français »

Parfois, les enfants hésitent et mélangent les différentes langues. Mais pas d’inquiétude à avoir selon la directrice, c’est en grandissant qu’ils feront la différence :

« Si vous demandez à des petits en quelle langue je parle, ils ne sauront pas répondre. Ce n’est que la dixième semaine en immersion mais nous ressentons déjà les effets positifs. Les plus grands n’ont même pas remarqué que je ne parlais plus du tout français ! »

La majorité des parents d’élèves ne sont pas bilingues ni même dialectophones. Martine Hintenoch les invite pourtant à continuer l’immersion à la maison, avec des disques en allemand ou même des émissions de radio. La directrice de l’école ABCM de Haguenau est convaincue que l’apprentissage de nouvelles langues va très vite pour les petits :

« Dans la classe, il y a une douzaine de nationalités, des enfants danois, camerounais, chinois, russes… Ils n’ont pas de difficulté pour apprendre la langue. Quand un enfant est déjà habitué à d’autre langues, il fait des ponts, il apprend plus vite. »

À Haguenau, l’association souhaite même ouvrir une crèche immersive. Du moins, si son programme pédagogique et sa manière d’enseigner sont en règle vis à vis de l’Académie de Strasbourg…

#Sophie Béjean

À Colmar, environ 30 citoyens portent plainte contre le danger des centrales nucléaires

À Colmar, environ 30 citoyens portent plainte contre le danger des centrales nucléaires

À Colmar, 30 personnes ont déposé plainte contre l’État français et Électricité de France (EDF) pour « mise en danger » ce samedi 2 décembre. Ils estiment que les 19 centrales nucléaires présentent un risque, que ce soit via un attentat terroriste, ou via un accident dû à leur vieillissement.

Environ 60 personnes s’étaient mobilisées. Toutes n’ont pas eu le temps d’enregistrer leur plainte au commissariat, l’action s’étant déroulée en fin de matinée.

Feu d’artifice géant

En octobre, une action militante de Greenpeace a montré qu’il était possible de s’introduire dans une centrale pour y tirer un feu d’artifice. « Tout le monde est concerné, on ne peut pas toujours compter sur les associations », nous a par exemple expliqué Marc l’un des plaignants, motivé entres autres par ce geste non-violent.

Tout le monde n’a pas pu déposer sa plainte car il y avait foule (photo Greenpeace)

Dans quatre autres villes

Des actions similaires coordonnées par Greenpeace, et l’association « Réseau sortir du nucléaire » se sont déroulées le même jour à Lyon, Thionville, Bordeaux et Dunkerque. Au total, 140 plaintes individuelles et 250 personnes mobilisées ont été dénombrées par Greenpeace. Avec cette action collective, les anti-nucléaires espèrent qu’une enquête soit a minima lancée.

Le nouveau gouvernement consulte les élus alsaciens pour organiser la fermeture de la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vielle de France, vers fin 2018 ou début 2019. La reconversion du site est au cœur des débats. Aucune autre fermeture n’est enclenchée.

Une enquête sur la sécurité nucléaire est diffusée par Arte ce mardi 5 décembre, à 20h50.

#action collective

Pesticides, amiante… L’étau se resserre contre les industriels empoisonneurs

Pesticides, amiante… L’étau se resserre contre les industriels empoisonneurs

Après les 68 à 100 000 morts dues à l’amiante, comment va se gérer la catastrophe sanitaire annoncée des pesticides ? La question est en débat jeudi 7 décembre au Ciné-Club organisé par Rue89 Strasbourg et les cinémas Star avec la projection du documentaire « Les Sentinelles » suivie d’un échange avec Anne Vonesh, vice-présidente d’Alsace Nature et Karine Favro, enseignante-chercheure à l’Université de Haute-Alsace.

Les risques industriels et leurs conséquences sur la santé semblent se dérouler sous nos yeux sans qu’il semble possible d’intervenir : amiante, pesticides, perturbateurs endocriniens… Un documentaire, « Les Sentinelles » (voir la bande-annonce ci-dessus), revient sur les efforts d’Henri Pézerat, chercheur au CNRS. Ses travaux ont mis en évidence les dangers de l’amiante et permis aux autorités sanitaires d’interdire entièrement la production et l’utilisation de ces fibres en 1997. Mais les responsables de ces empoisonnements à l’échelle planétaires restent difficiles à atteindre…

Les cinémas Star et Rue89 Strasbourg organisent un ciné-club jeudi 7 décembre avec la projection de « Les Sentinelles » puis un débat avec Anne Vonesch, vice-présidente d’Alsace Nature et Karine Favro, enseignante-chercheure en droit des risques et droit de l’environnement à l’université de Haute-Alsace (UHA).

Rue89 Strasbourg : Karine Favro, vous suivez de près les évolutions du droit des risques au sein du Centre européen de recherche sur le risque, le droit des accidents collectifs et des catastrophes. Comment évolue la jurisprudence ?

Karine Favro : Le droit des risques est encadré par plusieurs grands principes, comme le principe de précaution, lorsqu’il existe des incertitudes scientifiques, le principe de prévention, quand les risques sont connus ou le principe « pollueur-payeur » qui date de 1995. Mais dans chaque dossier, tous ces principes sont contrebalancés par d’autres et comportent parfois leurs propres contradictions. Ainsi « pollueur-payeur » pourrait être interprété comme un permis de polluer par exemple, alors que ce n’est évidemment pas le cas.

« Le droit des risques progresse par à-coups »

Le droit des risques progresse par à-coups, c’est regrettable mais c’est ainsi. Suite à l’explosion de l’usine AZF par exemple, il a fallu caractériser qui pouvait se prévaloir de la qualité de victime, ça va des salariés aux habitants mais aussi les sous-traitants, etc. Selon les cas, des fonds d’indemnisations sont mis en place préventivement, pour les victimes d’attentats par exemple. Depuis quelques années, le droit progresse aussi de manière préventive, comme la responsabilité sociale des entreprises, la responsabilité morale, etc. On remarque aussi que le montant des dommages et intérêts augmente tout comme la durée des peines encourues.

Le round-up, pesticide de Monsanto, est composé de glyphosate, molécule cancerogène mais il est encore autorisé (Photo Mike Mozart / FlickR / cc)
Le round-up, pesticide de Monsanto, est composé de glyphosate, molécule cancerogène mais il est encore autorisé (Photo Mike Mozart / FlickR / cc)

Le droit des risques semble agir avec lenteur, est-ce une fatalité ?

Dans les dossiers à cinétique lente, comme l’amiante, les pesticides ou d’autres, est-ce que c’est le droit qui est lent ou les facteurs de risques qui mettent du temps à se révéler ? Pour que la justice soit saisie, il faut que les effets soient visibles or dans certains cas, ils peuvent mettre des années à se manifester. D’une façon générale, on accepte tous, tous les jours, de courir des risques, on ne les gère juridiquement qu’après leur survenue. C’est le cas par exemple des nanotechnologies ou des perturbateurs endocriniens… Ces risques donnent pas lieu nécessairement à des interdictions mais peuvent faire l’objet d’un encadrement juridique telle qu’une procédure d’autorisation.

Démontrer un lien de causalité

Le droit semble un allié bien faible pour les victimes de risques industriels…

Pour qu’une entreprise soit mise en cause, il appartient aux victimes de démontrer un lien de causalité entre un problème identifié, par exemple un cancer ou la mortalité d’un essaim d’abeilles, et un produit commercialisé par cette entreprise. On ne peut pas faire sans ça, aucun juge ne peut suivre une plainte sur des présomptions ou des suspicions si la loi ne simplifie pas la tâche de la victime. C’est évidemment compliqué d’établir cette preuve, surtout des années après. Mais l’alternative serait un viol de l’Etat de droit.

Rappelons tout de même que les victimes sont souvent indemnisées avant que les affaires n’arrivent au procès. Et heureusement car dans le cas de l’explosion de l’usine d’AZF, qui a eu lieu en 2001, le procès ne s’est tenu qu’en 2017.

Il faut donc s’en remettre aux experts…

À moins d’être un expert soi-même, oui, il faut confier l’analyse à un expert et bien le choisir car, de sa qualité, de sa capacité à mettre en évidence un lien de causalité dépendra l’issue judiciaire d’un dossier… D’autant que face aux experts d’un plaignant, se trouveront les experts des défenseurs. Les dossiers de risques industriels évoluent vite en batailles d’experts, ce qui pèse ensuite sur les épaules des juges en charge de ces affaires. La justice n’étant pas riche, leur temps d’analyse est forcément limité. Des fois, ça se passe bien et le juge est en mesure de relier des expertises contradictoires pour en tirer une conclusion qui convient à tous comme dans le cas du naufrage de l’Erika par exemple et parfois… le juge peut se considérer lui-même comme un expert.

Le Bas-Rhin prêt à financer une part de l’agrandissement de la Meinau

Le Bas-Rhin prêt à financer une part de l’agrandissement de la Meinau

Le Racing Club de Strasbourg a réussi l’exploit de battre le Paris Saint Germain (2-1), c’est le bon moment pour montrer tout son soutien pour le club alsacien. Alors que le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR) présentait aux élus de l’Eurométropole sa nouvelle méthode de concertation pour décider des investissements futurs, ce dernier a laissé filtrer une petite annonce . . .

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous