« Face aux flux migratoires, nous, les maires, sommes au pied du mur. » À l’initiative de Roland Ries, sept maires de grandes villes françaises ont publié dimanche une tribune dans Le Monde pour s’alarmer du manque de moyens alloués à l’hébergement d’urgence pour les migrants.
Les signataires de cette tribune demandent « de nouvelles mesures, aussi fortes qu’innovantes, pour se hisser enfin à la hauteur de la crise que nous traversons. » Les maires, comme Martine Aubry (PS) à Lille, Eric Piolle (EELV) à Grenoble ou Alain Juppé (LR) à Bordeaux, appellent à la « mise en place d’un réseau solidaire entre les villes de France et qui, en lien avec les réseaux existants, se consacre à cette question. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Le kelsch d’Alsace a bien failli disparaître complètement. En 2015, ils n’étaient déjà plus que deux artisans à réaliser ce tissu traditionnel produit en Alsace depuis le Moyen-Âge. Quand la principale fabrique, à Muttersholtz, ferme en avril 2017, plus personne n’est en mesure d’alimenter les boutiques d’artisanat. Mais la filière textile alsacienne n’a pas lâché l’affaire…
Le kelsch d’Alsace se fait rare ces temps-ci. Dans les boutiques spécialisées, sur les marchés de Noël dont celui de Strasbourg, il faut chercher, racler les fonds de tiroirs. On trouve encore ce tissu traditionnel au « chalet des cœurs » place Broglie, une partie de la gamme est fabriquée avec ce tissu traditionnel rayé rouge et écru. C’est authentique, ça plaît aux touristes mais… il n’en reste plus qu’une poignée et le chalet ne parvient plus à s’approvisionner. Car la production de kelsch en Alsace s’est arrêtée depuis avril 2017.
Des cœurs en kelsch de plus en plus rares au « Chalet des cœurs » place Broglie. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Petite histoire du tartan alsacien
Le kelsch, c’est ce tissu traditionnel à carreaux ou à rayures, tissé en Alsace depuis le Moyen-Âge, à base de lin ou de chanvre. Petit à petit, un kelsch métis a été réalisé avec du coton. Avec ses carreaux écrus et bleus, écrus et rouge, ou les trois couleurs mélangées, le kelsch pourrait avoir le tartan, le tissu écossais, comme cousin éloigné. Les deux couleurs prédominantes du kelsch alsacien sont le bleu, réalisé à l’indigo, et le rouge réalisé à partir de la garance. La tradition veut que les Catholiques portaient des tissus à prédominance rouge et que les Protestants utilisaient très souvent des carreaux bleus.
Pour les carreaux, ils étaient différents selon les régions, les tisserands et les familles. Le nom du tissu pourrait provenir de l’adjectif « Kölnisch », de Cologne. Cela rappelle l’usage du « Bleu de Cologne ». En Alsace, le kelsch est le fruit d’un artisanat saisonnier lié aux travaux de la ferme et des champs. Ce tissu était fabriqué par les paysans alsaciens en hiver principalement, et à leur domicile. À l’époque, beaucoup de fermes disposaient d’un métier à tisser.
Le kelsch se retrouvait souvent en linge de maison, et cela jusqu’au XIXe siècle. Aujourd’hui il est possible de l’acheter en nappe, serviette, chemin de table, etc. Il est souvent présent dans les winstubs, ces restaurants typiquement alsaciens et dans les commerces spécialisés. Le kelsch est un tissu de choix avec une véritable histoire derrière lui. Son prix varie selon les revendeurs. À la fabrique de Michel Gander, le mètre brut de kelsch coûtait 36€. Dans d’autres magasins revendeurs, la nappe 150×150 cm peut coûter entre 80 et 100€, la nappe 250×180 cm peut coûter environ 130€.
Plus que deux ateliers de kelsch en 2015
En 2015, ils ne restait plus que deux ateliers à produire du kelsch en Alsace : une fabrique à Muttersholtz près de Sélestat et une autre à Sentheim, à 30 minutes de Mulhouse. Mais en avril 2017, l’artisan du Bas-Rhin, Michel Gander décède avant d’avoir pu transmettre son savoir-faire.
Dans la boutique Plaisirs d’Alsace à Strasbourg, tout le Kelsch est là. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Issu de la tradition d’installation de nombreux tisserands au XVIIe siècle à la recherche de chanvre et d’eau, Michel Gander a exploité la fabrique de Muttersholtz pendant 40 ans. Il était la septième génération de sa famille à créer ce tissu. Aujourd’hui, les sept machines de l’atelier sont arrêtées, personne à ce jour ne s’est proposé pour reprendre sa fabrication comme le détaille Chantal Gander, l’épouse du tisserand :
« Pendant toutes ces années personne n’est venu sérieusement nous demander d’être formé. Très souvent, les clients s’étonnaient « mais pourquoi vos enfants ne reprendraient-ils pas l’affaire ? » Mes enfants ont déjà leur vie, leur profession. Et quand je leur retourne la question : « et les vôtres, pourquoi ne deviendraient-ils pas tisserands ? », là ils ne répondent plus. C’est terrible et dommage mais tout est arrivé si vite. Moi je ne pouvais pas me lancer. Notre atelier et nos machines ne sont pas aux normes, alors quand on travaille à son compte il n’y a pas de problème, mais quand il faut embaucher c’est une autre histoire. Tout remettre en état nous coûterait beaucoup trop cher. »
Pour l’instant, Chantal Gander peut encore garder l’atelier en l’état. Puis elle verra pour la suite :
« En ce qui concerne les machines, nous en avions sept. Deux d’entre elles ont été vendues à Cédric Plumey, un tisserand à Montbéliard, c’était ce que Michel voulait. Si ce jeune était venu deux ans plus tôt, nous aurions pu le former pour faire du kelsch. D’ici deux à trois ans, je verrai ce qu’il adviendra des cinq autres machines. »
L’atelier de Michel Gander à Muttersholtz. (doc remis)
Pas de reprise franc-comtoise à espérer
Cédric Plumey a ouvert une manufacture à Étupes dans le Doubs, non loin de Montbéliard, son atelier s’appelle Métis. Ses métiers à tisser datent de la fin du XIXe siècle et viennent d’un peu partout en Europe. Mais Cédric Plumey n’a pas l’intention de tisser du kelsch, pour l’instant. Dans le pays de Montbéliard, un tissu ressemblait au kelsch, la verquelure. Plus aucune fabrication de ce tissu n’existe en Franche-Comté. Pour Chantal Gander, le problème est surtout que ce savoir-faire artisanal ne se soit pas transmis :
« Trouver quelqu’un qui sait dessiner, tisser, tout faire comme mon mari, c’est quasiment impossible aujourd’hui. Ce qu’il faudrait, c’est qu’il existe encore quelques hurluberlus comme lui pour reprendre une fabrication de kelsch. »
Dans la région de Strasbourg, beaucoup de commerçants se fournissaient chez Michel Gander. Le magasin Art et Collection d’Alsace, place du Marché-Aux-Poissons à Strasbourg, n’a plus de stock. Tout est parti très vite suite au décès de Michel Gander. L’une des commerçantes affirme : « pour l’instant nous n’avons plus rien, mais nous sommes sur une piste. »
La Coudrerie à Wasselone ou encore Broderie déco, à Ingwiller, eux aussi se fournissaient en kelsch à Muttersholtz et sont à la recherche d’un nouveau fournisseur. Dans le magasin plaisirs d’Alsace à Strasbourg, le kelsch est encore présent sur les étals. Nathalie Wilm, gérante du magasin, ressent un regain d’intérêt pour ce tissu :
« Le kelsch part vite et intéresse tout le monde, c’est un tissu de qualité. Après le décès de Michel Gander, sa femme m’a contacté pour que je reprenne un stock. Michel Gander a réussi à moderniser ce tissu. Il a créé de nouvelles couleurs, de nouveaux imprimés. Il est important que la fabrication de kelsch reste dans la région ! »
Des petits cœurs en kelsch de plus en plus rares au marché de Noël, place Boglie. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Le dernier atelier de Sentheim est incapable d’absorber la demande
Si la fabrication de kelsch ne s’est pas installée plus largement en Alsace, c’est surtout parce que ce savoir-faire se transmettait de manière orale et par la pratique. Il n’y a que très peu d’informations écrites. Sur le site internet de la fabrique de Kelsch à Sentheim, il est écrit : « la tradition ne veut pas dire remuer les cendres mais entretenir la flamme ». C’est ce à quoi s’emploie le couple Abraham. À Sentheim, ils sont devenus les derniers à tisser du kelsch.
Mais ici, pas de mécanique. Les métiers à tisser de Marlène et Gérard Abraham sont à bras. Conséquence, pour disposer les fils et préparer le tissage, cela prend trois à quatre jours. Pour tisser un mètre de tissu, il faut compter 3 heures. Marlène Abraham a 65 ans, elle aussi est déçue. Aucun repreneur ou apprenti ne s’est présenté à elle :
« Lorsque mon époux a été retraité, il m’a rejoint, nous tissons tous les deux. Mais personne d’autre ne s’intéresse à la fabrication du kelsch. Pour essayer de faire connaître le tissu et sa fabrication, nous faisons des stages d’initiation sur des petits métiers à bras. Les clients ou les curieux confectionnent une pièce qui peut être une écharpe, un sac. Nous faisons cela régulièrement, ça marche bien. En soit, la technique est simple, pas besoin de sortir de polytechnique pour créer une nappe. Bien sûr, s’il n’y a personne pour reprendre, ce sera la perte d’une tradition. »
Depuis le décès de Michel Gander, Marlène Abraham croule sous les appels et les commandes. Mais sans mécanique, elle ne peut pas répondre à toutes les demandes. À l’atelier, ils commandent les matières premières :
« Pour le lin, il vient du Nord de la France. Pour le coton, c’était plus difficile à trouver. Nous avons un fournisseur en Alsace mais les fils sont tous écrus, il faut les teindre pour créer du kelsch. »
Le couple est donc à la recherche d’un teinturier. Pour que le kelsch reprenne vie, il faudrait trouver des passionnés, selon Marlène Abraham :
« Je suis fière de la culture régionale, tisser, c’était mon deuxième travail. On ne m’a pas élevé dans le tissage, c’est vraiment parti d’un loisir, d’une passion. On a été autodidacte dans la création. Lorsque j’avais 20 ans, nous avons rencontré une dame qui faisait du kelsch. Et nous sommes tombés à genoux devant ce tissu. Ça m’a rappelé tous mes souvenirs d’enfance. À cette époque, Michel Gander n’était pas encore en activité. En fait, avant que nous ne commencions et avant que Michel Gander ne commence également dans le kelsch, il y avait un moment de flottement aussi. Plus personne ne faisait ce tissu. »
Vers une reprise semi-industrielle du kelsch
Mais si le kelsch pourrait se ménager une deuxième vie, c’est peut-être grâce à Pia Clauss. Ce tissu est « la marque de fabrique » de son association Hélène de cœur, où des bénévoles créent des objets de décoration en kelsch, des peluches, sacs à bouteille, des couronnes, etc. Ils sont vendus en faveur de la recherche sur les morts subites non expliquées, un drame qui a touché la fille de Pia Clauss en 2010.
Pour ne pas avoir à stopper l’activité de son association, Pia Clauss a cherché un nouveau fournisseur. Et c’est l’entreprise Emanuel Lang de Hirsingue qui a répondu à son appel. Pia Clauss a développé de son côté une nouvelle marque, Kelsch d’Alsace in Seebach (11 route de Schleithal à Seebach) :
« Le fabriquant est un industriel alsacien qui fait pour la première fois du kelsch. Nous ne sommes plus dans l’artisanat pur, mais beaucoup de choses peuvent aujourd’hui être automatisées pour faire perdurer le kelsch. L’entreprise ne prendra pas les commandes directement, je m’occuperai de commercialiser le kelsch auprès des particuliers et des professionnels. »
Elle s’est largement intéressée au kelsch, à son histoire, ses significations. Pour elle c’est un héritage à perpétuer. Son objectif est aussi de lui donner un petit coup de jeune :
« Je voudrais que le kelsch ne soit pas cantonné aux serviettes ou aux nappes. Pour moi, il est possible de mêler cette tradition à une certaine modernité. Relooker, customiser, c’est peut-être la rusticité du tissu qui a fait qu’on l’a presque oublié. Mais le kelsch peut aussi être moderne, vous verrez. »
Une renaissance aussi industrielle
Après une fermeture en 2013 et être passée tout près de la liquidation, l’entreprise Emanuel Lang, anciennement Virtuose SAS, produit des tissus de haute qualité depuis janvier 2014. L’entreprise a été absorbée dans le groupe de Pierre Schmitt, Velcorex – Matières Françaises, qui compte également Philea à Soultz, Velcorex à Saint-Amarin et Tissage des Chaumes à Sainte-Marie-aux-Mines.
Pour Pierre Schmitt, après le décès de Michel Gander, il fallait agir :
« Aujourd’hui, beaucoup de gens parlent du kelsch. La mort de Michel Gander aura été un électrochoc, nous ne pouvions pas laisser ce savoir, cette tradition alsacienne disparaître. Nous sommes des industriels, nous ne pouvons pas créer en petite quantité, une commande doit porter au minimum sur 500 mètres pour que cela soit rentable. Avec cette filière de distribution, c’est une belle histoire qui commence. Il s’agit de faire évoluer ce tissu, innover dans les motifs, les couleurs, le mélanger avec de nouvelles matières. Nous avons les moyens de faire perdurer cette tradition et de faire redécouvrir le kelsch. Je suis ravi de voir qu’il y a une prise de conscience. C’est un art traditionnel important pour l’Alsace. »
Christian Didier, quant à lui, est le responsable de l’entreprise Emanuel Lang. Lui aussi est fier de faire vivre le kelsch à nouveau, de pouvoir le retravailler :
« Nous voulons reprendre le flambeau de Michel Gander. Lorsqu’il était en activité, nous lui livrions déjà des fils teintés. Nous avions donc déjà le savoir faire, mais c’est bien la première fois que l’on fait du kelsch de A à Z. Dans l’entreprise, nous sommes une vingtaine de personnes avec 35 métiers à tisser. Nous faisons déjà des vêtements en chanvre, en lin et nous sommes en création de textile en ortie. C’est une fierté de faire revivre le kelsch. C’est un accouchement difficile mais nous sommes de plus en plus opérationnels. »
Une réalisation de kelsch, certes un peu plus industrielle, restera donc en Alsace. La filière balbutiante devrait être labellisée, sous l’oeil bienveillant du cluster Alsace terre textile, qui a suivi la structuration.
Avant de partir en congés de fin d’année, le conseil municipal de Strasbourg va longuement débattre du budget 2018, le premier de la nouvelle majorité. Il sera notamment question de la diminution de la taxe d’habitation pour 78% des ménages, puis des Illuminations de Noël. À suivre en direct et avec nos commentaires, exceptionnellement dès 9h30.
Somme de toutes les politiques, les comptes de la ville de Strasbourg pour 2018 sont ficelés. Il ne reste plus qu’à la majorité de les voter. Depuis la création de groupes « En Marche » et La Coopérative, en plus du Parti socialiste (dit « Énergies positives ») et d’Europe Écologie-Les Verts, le maire Roland Ries (PS, mais qui a quitté son groupe pour se placer au-dessus de la mêlée) a prévenu que toute abstention ou vote contre le budget reviendrait à s’exclure de la majorité locale. Et malgré des tensions depuis l’été, toute voix manquante à l’appel ce lundi 18 décembre serait une surprise.
Le débat sur le budget dure au moins deux heures, ce qui justifie un démarrage de la séance dès le matin. Un temps de parole équitable est garanti à chaque groupe. Il sera intéressant de regarder quels bons points sont soulignés par chaque faction de la majorité et aussi quelles nuances sont apportées, avec des sous-entendus à décoder. Dans ce contexte, il sera une nouvelle fois difficile pour l’opposition de faire entendre une vision plus critique de la gestion des affaires locales. Avec la création de nouveaux groupes, la majorité a désormais plus de temps de parole que l’opposition.
Sur le fond, la municipalité ne prévoit pas d’augmentation des trois impôts locaux. En 2018, la taxe d’habitation devrait baisser de 30% pour 78,16% des ménages à Strasbourg, soit ceux qui gagnent moins de 30 000 euros par an pour un célibataire ou 54 000 euros pour un couple avec un enfant (les détails ici).
Suppression, sauf si les villes augmentent leurs taux
D’ici 2020, la taxe d’habitation doit être complètement supprimée pour 80% des Français (contre 15,5% aujourd’hui)… à condition que les villes n’augmentent plus leur taux. Si cela devait être le cas, la différence serait alors répercutée sur la feuille d’impôts locaux, à la charge du contribuable. Notons que toutes ces rentrées d’argent pour les villes doivent être compensées « au centime près » par l’État.
Cette promesse électorale du président Macron devrait refaire débat dans l’hémicycle strasbourgeois. Son opposition, de droite ou de gauche, estime qu’elle limite la décentralisation et s’inquiète des compensations à l’avenir. Le Parlement sera-t-il toujours aussi enclin à revaloriser généreusement les bases d’imposition locales, qu’il devra désormais lui-même compenser ? Par ailleurs, cette disposition a été portée devant le Conseil constitutionnel par la droite, qui y voit une « inégalité devant l’impôt ».
L’Esplanade est l’un des quartiers de Strasbourg où la taxe d’habitation est la plus élevée car il était tout neuf lors de la définition des bases fiscales en 1971 (Photo Pascal Bastien)
Pour 2018, le budget total s’élève à 528,5 millions d’euros (+4%). Entre les hausses d’impôts passées, des économies et une dotation de l’État enfin stable après des années de baisse, les contraintes budgétaires se sont un peu déserrées sur les finances strasbourgeoises. Si bien que le fonctionnement, établi à 392,5 millions d’euros, augmente légèrement, de 1,8%.
Les investissements sont quant à eux évalués à hauteur de 99,9 millions d’euros, un peu plus qu’en 2017 et principalement affectés aux écoles (25,8 millions), à l’aménagement (20,6 millions), la Culture (20 millions ) et l’administration, le patrimoine, la sécurité et les cultes (18,5 millions). À cela, s’ajoute 36,1 millions de remboursements financiers.
Pour équilibrer ses comptes alors qu’elle ne touche pas aux taux d’impôts locaux, la Ville compte entres autres s’appuyer sur les recettes du stationnement payant, étendu en juillet (+2,6 millions d’euros).
Les Illuminations de Noël de retour
En dehors de ce copieux débat préliminaire, 52 autres points sont au menu. On imagine qu’il sera bien question des Illuminations de Noël, prévues au point 26. Malgré la commission d’enquête et des estimations budgétées bien supérieures aux montants payés en 2016, la Ville de Strasbourg reconduit sa subvention habituelle de 300 000 euros. Cette dotation vient abonder le budget de l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, qui gère les opérations.
À suivre en direct et avec nos commentaires dans la vidéo en tête de cet article, dès 9h30.
Qui recevra quoi à Noël ? Piet clôt une première année en compagnie de l’actualité strasbourgeoise et alsacienne. Il file s’empiffrer de charcuterie islandaise au Marché de Noël en admirant le beau sapin de Strasbourg qu’on aime, même bancal, et vous dit à très vite.
C’est un super-groupe strasbourgeois qui va jouer pour la première fois au Mudd Club. The Nuclear Motocultors réunit jeudi 21 décembre des noms connus de la scène strasbourgeoise autour d’un projet inédit. On lève (un peu) le voile sur cette date.
Attention, un super-groupe n’est pas (forcément) un groupe super. Généralement groupe de rock, il réunit plusieurs musiciens officiant déjà dans d’autres groupes reconnus. Cream dans les années 60, This Mortal Coil dans les années 80, ou encore Audioslaves, The Raconteurs, Them Crooked Vultures ou Prophets Of Rage plus récemment… En Alsace, les bons groupes de rock ne manquent pas. Alors ce n’était qu’une question de temps pour que certains se décident à se réunir pour tenter quelque chose. C’est le cas de The Nuclear Motocultors.
Du bien beau monde
On en sait très peu pour l’instant sur ce super-groupe, mais on connaît au moins sa composition. Au chant et à la guitare : Thomas Schoeffler Jr. Le musicien de country blues d’habitude solitaire oublie donc le one-man band pour un temps. Au chant et à la batterie : David Schmidt. Il fait ainsi quelques infidélités à son frère avec qui il forme d’habitude le duo « hillbilly urban blues » Bad Juice. À la guitare : Nick Wernert, qui officiait il y a quelques années dans le groupe de rock Room Service et aujourd’hui plutôt dans la soul music. Et enfin à la basse : Thibaut Lévy, qui joue au sein d’Albinoïd Afrobeat Orchestra ou de Pepper Club. Il a accompagné Jimmy Clark ou encore Luc Arbogast. Bref, que du beau monde, que les habitués des scènes strasbourgeoises connaissent bien.
Pour le reste, c’est un peu le mystère. On peut néanmoins être assuré que les 4 garçons ne joueront pas d’électro. Ayant tous le même amour pour le rock’n’roll brut, c’est de ce côté-là qu’ils piochent pour la composition de leurs morceaux. Une source proche du groupe (oui, nous aussi renforçons le mystère autour de ce projet !) assure même que l’ensemble lui ferait penser à Grandaddy, tandis que les musiciens parlent Nick Cave, The Beatles ou encore Flaming Groovies. Mais avec des influences bien différentes pour chacun, on retrouvera forcément quelques notes de country, blues et… pop.
« Un bon groupe, très complémentaire »
Un peu perdu ? Il ne faut pas. Le groupe avoue lui-même ne pas savoir comment se définir. La composition des morceaux est à peine terminée, rien n’a encore été dévoilé au public, et aucun vrai retour n’a pu aider Thomas, David, Nick et Thibaut à poser des mots objectifs sur leur musique. Mais David l’assure : « Ça aurait pu se transformer en accident industriel, mais c’est un bon groupe, très complémentaire, avec des mecs qui savent écrire de bonnes chansons ».
On n’en doutait pas un seul instant. De quoi, qui sait, préparer une suite ? À voir… Mais en attendant, pour avoir l’occasion d’assister à la naissance live de The Nuclear Motocultors, c’est au Mudd jeudi soir qu’il faudra absolument être.
Avant le temps des arbitrages politiques, de nombreux projets ont été évoqués pour le contrat triennal qui finance à coups de millions les projets européens de Strasbourg.
Tous les 3 ans, les pouvoirs locaux se mettent autour de la table avec l’État pour co-financer des projets qui renforcent la vocation européenne de Strasbourg. Mais celui pour 2018-2020 ne sera peut-être pas signé avant le 31 décembre 2017.
Avec les années, les retards dans les projets s’accumulent et chaque contrat débute de plus en plus tard l’année . . .
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Incontournable marronnier. Mais toujours utile pour ceux qui n’ont pas trop d’idées ou qui veulent « bien » faire. Une fois de plus, je vous enjoins à ne délier votre bourse qu’en conscience, pour les personnes que vous aimez, à privilégier les objets artisanaux, utiles et/ou durables, les moments passés ensemble et les expériences originales, les attentions « zéro déchet » et de seconde main. Mes 5 catégories gagnantes (avec idées 2017 inside).
Rien de neuf sous le sapin, quand on cause Noël écolo ? C’est pas faux. En 2015, Laure Haag vous parlait déjà « cadeaux-expériences », emballages en tissu et sucreries maison. Je ne réinvente pas le fil à couper la bûche, mais cette année, je vous propose quelques idées « zéro déchet » (ZD) qui feront bien la blague dans vos bas de fête. N’hésitez pas à ajouter les vôtres en commentaires, je suis toujours preneuse !
1 – Les objets artisanaux, utiles et/ou durables
Quoi, vous n’avez pas encore la « rotor », la « fizz » ou la « silex » ?! Pas de panique, moi non plus. La boule de Meisenthal millésimée reste, à mon sens, le cadeau artisanal incontournable. Je l’aime, les aime, les offre et me les offre (quand j’achète des choses pour moi, ce qui n’est pas le cas jusqu’au 31 août 2018). Je trouve ces boules en verre, soufflées artisanalement dans les Vosges du nord, magnifiques et précieuses, parfaites pour habiller une table de fête. Cadeau idéal pour des beaux-parents chez qui on va jouer les pique-assiette le 25 à midi. On les trouve à Strasbourg, place Benjamin-Zix, sur le marché de Noël. Comptez 22€ la boule (quand même, oui).
Boules de Meisenthal dans une assiette en poterie Betschdorf (Photo MH / SOSD)
Autres cadeaux artisanaux que j’apprécie à la fois d’offrir et de recevoir : la vaisselle, poterie en terre cuite ou porcelaine. Bols, assiettes, tasses…, j’opte, en fonction des goûts de chacun, soit pour du loco-local avec les poteries de Betschdorf ou Soufflenheim, soit pour de l’artisanat asiatique. Ok, on ne va pas se mentir, ça vient de loin (Chine ou Japon), mais j’en suis dingue, je trouve ça superbe. Idem pour une belle théière en fonte (pour thé en vrac) : chère, mais qui dure toute une vie et se patine avec le temps. Plusieurs boutiques à Strasbourg proposent ce type de produits, dans différentes gammes de prix. Attention néanmoins aux trop plein d’emballages !
Autre idée zéro déchet et artisanale : les mouchoirs en tissu des Vosges (deux boutiques Grand-rue notamment) ou une jolie nappe. Les kits ZD à offrir peuvent être achetés ou fabriqués maison : sacs en tissu, brosse à dent en bambou, gamelles inox, gourde, etc.
2 – Les livres qui font avancer
Comment dire… 99% des cadeaux que je fais généralement sont des livres. Ils permettent de transmettre un message, d’ouvrir la conscience, de donner le goût, d’informer, de rêver, de pratiquer. Ma sélection 2017 :
« Zéro plastique, zéro toxique » d’Aline Gubri, fraîchement édité chez Thierry Souccar. Pratique, facile d’accès, avec des entrées thématiques simples à identifier (« Ma cuisine », « mes courses », « ma salle de bains », « mon dressing »…). Ce livre prend le relais des best sellers ZD de Béa Johnson et de la Famille (presque) zéro déchet, en tête de gondoles depuis quelques années. A noter qu’Aline, 22 ans, est également l’auteure du blog Consommons sainement, que je trouve particulièrement complet et bien écrit.
« Le miracle du jeûne » d’Anne-Claire Méret, jeune naturopathe, chez First éditions. Contrairement à qu’indique son titre, ce livre est beaucoup plus qu’un énième guide sur le jeûne. Il aborde les fondamentaux naturopathiques sur lesquels reposent une bonne hygiène de vie, ainsi que les différentes variantes de la détox : monodiètes, jeûne, alimentation santé, etc. Une bonne entrée en matière pour retrouver la forme par l’alimentation.
« Tricots douillets » de Dorthe Skappel, aux éditions de Saxe. Ce livre est sorti en 2015, mais je le trouve top pour tricoter des pulls simples et chauds (avec des pelotes de laine naturelle et françaises, what else…). Chez le même éditeur, je me sers également énormément de « Bonnets et écharpes au point mousse, assemblage de rectangles et carrés », chouette et facile. Les deux sont à offrir les yeux fermés aux personnes qui tricotent, mais pas comme des pros, genre comme moi, quoi…
« Mes assiettes végétariennes équilibrées » de Valérie Cupillard, chez Pratt éditions, est un total must have. La papesse de l’alimentation végé n’a pas besoin de moi pour faire sa pub, mais je trouve ce livre particulièrement bien construit (par saison et par repas complet) et le conseille à tous ceux qui veulent bien manger. Mes deux autres chouchous : « Des soupes qui nous font du bien », de Cléa et Clémence Catz aux éditions de la Plage, sorti l’année dernière, et « Ma cuisine des légumes d’automne et d’hiver », de Meret Bissegger chez Ulmer, parfait pour les familles abonnées à un panier de légumes, qui en ont marre de cuisiner toujours la même chose avec leurs panais, carottes, endives ou courges diverses.
« Mon potager bio en ville », d’Eric Prédine et Franck David chez Terre vivante, réédité plusieurs fois, est le livre de jardinage à avoir/offrir. Pour creuser le sujet de la permaculture (vous avez bien des amis qui rêvent de s’y mettre !), je vous conseille aussi l’original « Révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu Fukuoka (Guy Trédaniel), « Le guide de la permaculture au jardin » de Carine Mayo (Terre vivante) ou « Mon potager de vivaces » d’Aymeric Lazarin (toujours chez Terre vivante).
Sur ce sujet, je m’inspire de blogs et notamment de celui d’Echos Verts, extrêmement complet. Sur les « moments-cadeaux », je préconise d’éplucher ce billet, avec 10 bons à confectionner soi-même. Je n’invente rien, mais pratique moi-même le bon pour un resto en famille ou en amoureux (cette année, les enfants ont commandé pour l’une un resto de sushis, pour l’autre un resto de burgers artisanaux), les massages maison pour les copines, les vacances à la mer…
4 – Les expériences originales
Là encore, vous trouverez des tas d’idées sur le web. Les « cadeaux-expériences » peuvent être du ressort du secteur marchand ou non. Cette année, chut hein…, nous offrons une journée à Europa-Park aux enfants. Moi, je ne suis vraiment pas fan, mais je sais qu’ils attendent cette sortie depuis longtemps, et rien de tel que Noël pour glisser les tickets d’entrée dans la chaussette !
Ces expériences sont à adapter aux goûts de chacun. Il peut s’agir d’une initiation à l’ULM (à Steinbourg), d’un cours de yoga personnalisé, d’une journée à Caracalla, ou autres. Seule limite : votre imagination (la mienne n’est pas extensible plus que ça…). Conseil : n’hésitez pas à demander aux boutiques/artisans/entreprises de services de vos secteurs s’ils peuvent vous faire un bon-cadeau. Un peu comme se procurer de la farine chez un boulanger : ce n’est pas parce que personne ne le fait (et que le commerçant n’y pense pas) que ce n’est pas possible !
5 – Les attentions ZD et/ou de seconde main
Et n’oublions pas les cadeaux fait-maison, plus que jamais d’actualité ! Dans ma belle-famille par exemple, le cadeau qui génère le plus de « youpi », « merci » ou « encore » est le sachet de bredele fait par mamema que chacun reçoit à son nom. Dans le même ordre d’idée, les confitures, chutneys ou biscuits maison sont toujours appréciés. Pour ma part, je compte réaliser la découpe de mes feuilles d’aloé véra et offrir du gel en bocal à quelques amis.
Et puis, n’hésitez pas à offrir un livre de votre bibliothèque qui vous a énormément plu et qui est adapté à la personne qui va le recevoir. Avec une jolie carte et un mot personnel, c’est un cadeau que je fais souvent. Même chose pour les fringues sympas ou les accessoires qu’on ne porte plus ou qui ne sont plus à la bonne taille, mais toujours en parfait état. La seconde main, c’est aussi les friperies, Carijou ou Emmaüs, surtout pour les jouets d’enfants de bonne qualité (Playmobil, jeux de société…).
Et puis, ce n’est pas très original, mais je pratique à fond : la bouteille de vin (nature ou biodynamique) ou le panier garni (avec bocaux en verre recyclable), c’est l’assurance d’offrir un truc qui sera consommé et n’encombrera pas votre famille ou vos amis. A contrario, je n’offre pas de cartes cadeaux, même si je reconnais qu’elles peuvent représenter une solution acceptable pour les mamies qui ne savent pas quoi offrir aux petits-enfants, ou certains parents à leurs ados… Je les trouve impersonnelles et, le plus souvent, elles ne permettent d’acheter que des objets ou biens culturels producteurs de déchets et/ou inutiles, dans des chaînes à qui je n’ai pas envie de donner mon argent ni celui de mes proches.
Et vous, des idées ?
Le premier cinéma MK2 dans une ville de province arrive à… Schiltigheim en 2020. Dans l’ancienne malterie Fischer, la société de la famille Karmitz va installer un complexe de huit salles avec un espace pour la réalité virtuelle. Les cinémas Star seront associés à la programmation, afin de proposer une offre cinématographique en cohérence avec les salles du centre-ville de Strasbourg.
À l’entrée Sud de Schiltigheim, il y a l’ancienne brasserie Fischer. Un peu plus de 4 hectares propriété d’Heineken France depuis 1996, à l’abandon depuis l’arrêt de la brasserie en 2009. La ville de Schiltigheim a engagé la réhabilitation du site avec l’aménageur Cogedim. Si on en croit les dépliants en papier glacé, il y aura des jardins partagés, un nouveau groupe scolaire, des arbres partout et… un complexe cinématographique.
Proposé par la société MK2, connue pour ses exploits en distribution de films et pour ses onze cinémas en région parisienne, le complexe doit occuper 15 000 m² de l’ancienne malterie et du palais Fischer avec huit salles (1 200 fauteuils) avec un espace pour la réalité virtuelle, un restaurant et une librairie. Selon Nathanael Karmitz, fils du fondateur de MK2, le projet mobilisera 15 à 20 millions d’euros et le complexe devrait ouvrir ses portes fin 2019 ou 2020.
En association avec les cinémas Star
L’actuel directeur des cinémas Star, Stéphane Libs, en deviendra le gérant, tout en continuant d’exploiter les salles du centre-ville, dans une programmation en synergie, allant des productions labellisées « art et essai » à certains films grand public.
Selon Nathanael Karmitz, c’est Jean-Marie Kutner, le maire (UDI) de Schiltigheim qui a pris les devants et présenté la friche Fischer au groupe de production et de diffusion cinématographique, pour l’instant implanté à Paris et en Espagne. L’intéressé précise :
« Je suis allé dans le MK2 du quartier de la Villette à Paris. J’ai trouvé ce complexe remarquable. Nous avons alors songé à proposer la création d’un cinéma MK2 dans ce quartier Fischer que nous voulions réaménager. Au départ, l’Eurométropole n’était pas favorable. Puis l’idée a fait son chemin. Nous avons contacté Nathanaël Karmitz. Il est venu voir, et je crois qu’il est tombé amoureux du bâtiment. À l’origine, nous avions pensé à un autre projet mais le cinéma l’a emporté. Nous avons été en contact avec un architecte des Bâtiments de France. Nous étions tous d’accord pour respecter le bâtiment, son intérieur. Si nous avions choisi le premier projet, nous aurions majoritairement fait des logements et le bâtiment aurait dû être réaménagé. »
Le MK2 Fischer va s’installer dans deux bâtiments de la brasserie (doc remis / S&AA – Patrick Schweitzer & Associés Architectes / Vize)
« Au début, Strasbourg ne nous intéressait pas du tout »
De passage à Strasbourg jeudi, Nathanaël Karmitz détaille :
« MK2 c’est une entreprise familiale qui a 43 ans cette année. Nous n’avons jamais cherché à aller en province. Nous avons toujours constaté qu’il y avait des exploitants qui faisaient extrêmement bien leur travail. On n’a aucune vocation à venir concurrencer des exploitants qui font peu ou prou le même travail que nous. Et Strasbourg ne nous intéressait pas du tout, parce qu’il y a le meilleur exploitant de France représenté par Stéphane Libs avec les cinémas Star. Mais Jean-Marie Kutner nous a contacté et mon frère habite à Strasbourg. J’ai refusé plusieurs fois de venir mais ils ont réussi à me convaincre de venir voir la friche Fischer. J’ai vu ce bâtiment ancré dans l’imaginaire et l’histoire de l’ensemble des Schillickois et des Strasbourgeois. Et du coup, sur l’ambition urbanistique et culturelle, ce projet est devenu excitant. Néanmoins, on a posé un énorme préambule à tout ça, l’exigence au dessus des autres était que nous fassions ce cinéma avec Stéphane Libs. »
Au directeur des cinémas Star de poursuivre :
« J’ai d’abord répondu qu’il fallait faire une étude de marché pour voir de quelle manière le projet allait impacter les autres salles, et voir quel public on allait toucher. L’étude était une base de confiance et cela a permis de commencer à travailler. Strasbourg est une ville qui a accueilli un très grand multiplexe de 22 salles il y a 17 ans (UGC Ciné-Cité, ndlr), c’était aussi la dernière grande ville à ne pas être équipée en multiplexe. Il y a deux cinémas classés arts et essais en centre-ville, une salle municipale (l’Odyssée), le cinéma Vox et le complexe du Pathé Brumath. C’est dans ce contexte là que le MK2 doit s’insérer. »
Le « MK2 Fischer » sera donc le septième cinéma de la région de Strasbourg. L’entreprise de cinéma a déposé le permis de construire il y a trois semaines. La Commission départementale d’aménagement cinématographique (CDAC) doit se prononcer sur la pertinence de ce projet mais aucun dossier ne lui a encore été soumis.
Nathanaël Karmitz et Stéphane Libs, ensemble pour le MK2 Fischer de Schiltigheim. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
L’étude faite aux mois de mars-avril par un cabinet spécialisé révèle selon Nathanaël Karmitz que cette zone pouvait accueillir un cinéma :
« Schiltigheim est mal desservie par les cinémas existants. Le cinéma rentrait dans l’évolution démographique de la ville et des rénovations. Le programme qu’on avait imaginé à la base était plus ambitieux que cela, nous voulions faire 14 salles. Mais selon l’étude, cela aurait potentiellement impacté les salles de centre-ville. Du coup, on a réduit le programme à 8 salles. On va répondre aux besoins de Schiltigheim en harmonie avec les salles du centre-ville de Strasbourg. L’ambition et l’enjeu du projet sont plutôt de renforcer ces salles plutôt que de les concurrencer. »
Intellos et populo au même endroit
Stéphane Libs présente cet accord entre Star et MK2 :
« Le partenariat s’est fait véritablement par affinité, par envie commune. Aussi par la vision d’un cinéma, dans le MK2 Fischer nous voulons aussi bien faire de l’art et essai mais aussi Star Wars, qui appartient à un autre style de cinéphilie et doit être aussi diffusé parce que c’est un bon film. Donc c’est proposer un cinéma à spectre large, pour tout le monde au même endroit, ne plus séparer les gens, de l’art et essai pour les intellos, du multiplexe pour le populo… Cela fait longtemps que ça n’existe plus. »
Nathanaël Karmitz appuie :
« La solution c’est de faire plusieurs salles avec leur spécificité, qui s’adresseront à un public local. Cela va permettre au Star d’élargir son offre, d’offrir notamment une plus grande diversité, plus de durée de programmation sur les films et des meilleures conditions aussi bien pour les distributeurs que pour les spectateurs de l’agglomération. »
Au fil du temps, la programmation pourra s’affiner en fonction des tendances et des spectateurs. Contrairement à ce qu’il a pu être écrit, il n’y aura pas de salle dédiée à la réalité virtuelle, mais un espace pourra être aménagé. Il sera de 500 à 1 000 m², un peu dans l’idée de la salle VR du MK2 Bibliothèque à Paris. Nathanaël Karmitz confirme :
« La réalité virtuelle est très dynamique à Strasbourg avec des start-ups et entreprises impliquées. L’un des grands donneurs d’ordre aujourd’hui, c’est Arte. En plus de cela, il y aura bien évidemment de la restauration et de la bière. Nous ne pouvons pas faire autrement, c’est écrit sur le bâtiment. Vous dire quoi, comment, je ne sais pas… Ce qui est sûr, c’est que ça se fera avec des acteurs locaux. Il y aura un point, qui sera je pense extraordinaire pour la ville : un toit terrasse accessible, un « rooftop. » Il y aura une librairie et des commerces culturels et encore pleins d’éléments qui restent à déterminer, toujours avec des partenaires locaux. Nous avons encore un long chemin devant nous mais ce qui est sûr, c’est que ce sera un grand lieu de vie culturelle. Le Pixel Museum, la librairie Totem, sont des partenaires en pourparlers. »
Sur le toit de la brasserie Fischer. (Photo Collectif Entrée Sud Ouest Schilick)
Schiltigheim, sur la dorsale Paris-Berlin de la culture (!)
Pour Nathanaël Karmitz, si les cinémas MK2 sont présents dans des capitales européennes c’est pour rassembler l’Europe autour de la culture :
« On cherche à se développer à Berlin. C’est une construction intellectuelle qu’on souhaite souligner et avec Strasbourg, on est heureux de matérialiser une ligne d’une dorsale européenne de la culture. Je pense que pour l’Europe de demain, la matérialisation d’enjeux culturels est un point important. On ne regarde pas Strasbourg comme une ville de province mais comme la capitale de l’Europe. On souhaite valoriser ce patrimoine qu’est l’ensemble Fischer et s’inscrire dans son histoire pour lui inventer un futur. On envisage toujours le cinéma comme un facteur d’urbanisme fort. C’est un facteur important de sociabilité nécessaire pour demain, dans un monde ou on nous vend de l’internet pour rester chez soi. Je pense que des lieux de vie à émotion collective sont des éléments importants. »
Accueil prudent des cinémas strasbourgeois
Puisque les cinémas Star seront partenaires du futur MK2 Fischer, qu’en pensent les autres exploitants ? René Letzgus gère le cinéma Vox à Strasbourg et le Trèfle à Dorlisheim :
Une facade bien connue des Strasbourgeois (photo Greg LAUERT)
« Nous avons été surpris mais dans le monde du cinéma, on se respecte les uns les autres. Nous sommes tous de grands passionnés. J’attends donc d’en savoir plus avant de me prononcer. Pour l’instant c’est un collègue. Bien sûr, c’est pour moi important de défendre les cinémas du centre-ville. »
L’Alpha de René Letzgus aurait pu devenir le cinéma de Schiltigheim
Le cinéma schilikois Alpha fermé il y a 28 ans, était déficitaire malgré ses 35 000 spectateurs par an. C’était l’un des projets de René Letzgus :
« Il y a une vingtaine d’années, j’ai créé un cinéma art et essai nommé l’Alpha. Nous avions deux salles. Mais il n’a pas été soutenu par la mairie qui ne nous a pas aidé financièrement et qui se sont tournés vers le Cheval-Blanc. Nous avons été mis en redressement. Nous avons fermé en 1989. »
Laurence Algret, directrice de l’UGC Ciné Cité de Strasbourg, reste aussi fair-play :
« C’est un projet cinématographique supplémentaire, voilà tout. Tout n’est pas encore finalisé. Si le MK2 s’installe, nous ne serons pas les plus impactés. D’autres cinémas pourraient l’être avant nous. Nous n’avons pas spécialement peur, de plus, notre carte illimitée est acceptée dans les MK2 de Paris, si c’est la même chose ici, ce sera tant mieux. »
L’UGC Ciné Cité Etoile a fêté ses 10 ans fin 2015 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pour savoir si la carte illimitée UGC pourra être utilisée dans le MK2 Fischer, Nathanaël Karmitz et Stéphane Libs ont répondu qu’il était encore trop tôt pour le dire.
Faruk Günaltay, directeur de L’Odyssée, pense qu’il existe un risque de rupture :
La grande salle rénovée du cinéma Odyssée (Photo Wikimedia Commons / cc)
« L’Odyssée n’est qu’un petit moustique et je ne pense pas que nous serons sur le même créneau que ce que proposera le MK2. Notre slogan c’est « le cinéma autrement », nous ne nous alignons pas sur la programmation commerciale disons. D’un point de vue général, je pense qu’il peut y avoir un risque. Ce cinéma va rajouter 8 salles à une offre déjà abondante. Or plus l’offre est abondante, plus la situation peut être tendue avec un risque de rupture. J’ai peur que les cinémas en arrivent à une guerre aux spectateurs pour les attirer. »
Interrogé sur l’avenir des cinémas Star, Stéphane Libs répond :
Le cinéma Star-St-Exupéry (Photo Hesdes / FlickR / CC)
« Il n’y a aucune volonté de fermer le Star ou le Saint-Exupéry. La proximité des deux salles est très importante, elles sont complémentaires. On est épatés par le dynamisme des magasins qui ouvrent, le fait que la rue du Jeu-des-Enfants soit piétonne, que la rue du 22-Novembre pourrait l’être bientôt… Tout cela est en affinité avec notre travail de proximité au centre-ville. Il y a un problème technique sur le bâtiment du Star Saint-Exupéry, qui appartient à la ville de Strasbourg. Elle étudie actuellement l’ampleur des travaux à faire, il pourrait y avoir une interruption pendant l’été mais aucune volonté de fermer. »
La Ville de Strasbourg compte proposer des places d’hébergement supplémentaires, de sorte à loger tous les sans-abris de ses rues. Un plan à plusieurs niveaux.
Fin novembre, Syamak Agha Babaei, conseiller municipal délégué (ex-PS, majorité municipale), proposait que la municipalité offre une solution aux quelques 500 personnes sans-abri qui ne trouvent pas de solution tous les soirs à Strasbourg. Le maire Roland Ries (PS) répondait poliment que la Ville faisait déjà beaucoup en avançant des nuitées de chambres d’hôtel, que l’État met parfois beaucoup de temps à rembourser.
Car ce n’est pas la municipalité qui est en charge de cette question, mais l’État via la préfecture du Bas-Rhin. Problème : ce sont plutôt les élus locaux qui se font interpeller par les citoyens et les associations d’aide aux personnes sans-logis ou demandeurs d’asile. Quoiqu’il en soit, la position du premier magistrat de Strasbourg a évolué en quelques semaines, alors que des familles avec des enfants passent leurs nuits dehors.
L’idée de l’appel à projets reprise
D’une part, la mairie va lancer un appel à projets à destination des associations de solidarité. D’un montant de 500 000 euros, quand même, cette politique volontariste est financée par une partie de l’argent de la vente exceptionnelle d’actions historiques de Danone, pour un total de 2,6 millions d’euros (comme nous le suggérions dans cet article).
Le but est de trouver 100 places dès le début de l’année 2018 parmi les logements vacants, grâce à la Fédération nationale des agents immobilier (FNAIM) et les Agences Immobilières à Vocation Sociale (AIVS). Ces solutions dans le parc privé permettent aussi de répartir les sans-abris précaires plutôt que de tous les concentrer sur un site.
Un SDF dans une rue de Strasbourg, une image qu’on ne verra plus ? (photo Sandro Weltin / doc remis)
Les bailleurs sociaux et les locaux inutilisés à la rescousse
Par ailleurs, la Ville va mobiliser ses bailleurs sociaux, dans le but de fournir 368 places à des personnes toujours logées en centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), alors qu’elles ont obtenu le statut de réfugié. Par effet domino, cela libérerait autant de places pour les personnes qui ne trouvent pas de places auprès du 115, qui sont souvent des demandeurs d’asile en attente de l’instruction de leur demande (souvent rejetée, mais qui prend du temps).
Enfin, le maire veut engager une discussion de plus long terme, sur la gestion de lieux d’accueil temporaire, à l’instar des Grands voisins à Paris. La mairie vise notamment des anciens locaux militaires inutilisés par l’État. Cela s’appellerait une « conférence du consensus » avec tous les acteurs concernés.
Trois gymnases sollicités
Toutes ces idées ne pourront pas se concrétiser dès cet hiver. Ainsi, la municipalité va mettre à disposition trois gymnases dès que les températures baisseront, pour suppléer le plan hivernal de l’État, déjà insuffisant avec ses 264 places. En janvier 2017, il n’y avait qu’un seul gymnase reconverti en dortoir, soit 80 lits. C’est Roland Ries lui-même qui décidera quand les activer. Les gymnases sont identifiés, mais ne sont pas communicables.
Syamak Agha Babaei qui a « beaucoup parlé avec le maire ces derniers jours » s’est dit très heureux de voir ses propositions en grande partie reprises : « c’est une très bonne avancée, à nous d’être ingénieux ».
Pour les pistes de financement à terme, il pense que des financement participatifs, mais aussi des fondations ou le mécénat pourraient aider la municipalité. Ou encore, d’affecter une somme correspondante aux nouvelles recettes de la taxe de séjour, désormais récoltée par des services comme AirBnB. Ces plateformes de location d’appartements meublés pour des courts séjour tendent la situation du logement dans l’agglomération.
En annonçant la naissance d’un « groupe informel » de 70 eurodéputés se réclamant des idées d’Emmanuel Macron pour l’Europe, le député socialiste Gilles Pargneaux a créé la surprise. Et pour cause, un tel groupe n’existe pas. Retour sur une vaste supercherie qui, entre Strasbourg, Bruxelles et Paris, a échauffé les esprits.
« On est environ 70, et 21 nationalités sont représentées dans ce groupe informel. Je vais proposer qu’il puisse se dénommer Refondation européenne. » Dans l’émission « La Faute à l’Europe » sur France TV info, diffusée le samedi 9 décembre, le député européen français Gilles Pargneaux n’a laissé aucune place au doute : il est à l’origine d’un grand rassemblement entre eurodéputés de différentes couleurs politiques tous animés par une même vision, celle d’Emmanuel Macron.
D’ailleurs, au début du week-end, un e-mail de « Check Productions », derrière l’émission, avait même alerté un grand nombre de journalistes de la présence du député européen en plateau, évoquant, par cet alléchant « teasing », la grande annonce qu’il comptait y faire :
« Le député européen socialiste Gilles Pargneaux, à l’initiative de ce rassemblement, a déjà pu réunir l’accord de plus de 70 députés européens (…) de sensibilités politiques différentes. Gilles Pargneaux présentera cette liste députés ce lundi à l’Elysée. »
Le présentateur, Yann-Antony Noghès, parle pour sa part d’un « scoop », et ce, chiffres à l’appui : parmi ces 70 élus qui composent la liste en question, 30% sont issus du groupe des Socialistes, 25% du Parti populaire européen (PPE, à droite dans l’hémicycle), 20% du groupe des Libéraux et 15% sont verts.
Dans l’émission « La Faute à l’Europe », l’eurodéputé Gilles Pargneaux a vanté l’existence d’un groupe informel de soutien aux idées d’Emmanuel Macron. (Capture d’écran « La Faute à l’Europe » sur France TV info)
Le « coup de comm’ » est savamment orchestré. Mieux encore : l’initiative d’un groupe « En Marche » au Parlement européen semble exister. Après tout, le député français (ancien aubryste, élu dans la circonscription Nord-Ouest) à la réputation passablement écornée dans l’hémicycle – « pas le plus efficace au Parlement » selon les uns, un « buveur de cafés en chef » aux yeux des autres – a pu vouloir bien faire et se racheter une image.
Une liste inventée de A à Z
Les premiers doutes se font sentir dès lors que le député, comme les membres de son équipe au Parlement européen, refusent de donner les noms de la liste. Motif invoqué : les risques de pression politique sur les membres du groupe informel, qui appartiennent évidemment tous à des groupes politiques au sein du Parlement européen et à des partis dans leur pays d’origine bien établis.
« C’est à se demander si cette liste existe… », interroge une source au Parlement européen. D’autres sont plus directs, dénonçant une liste « inventée de A à Z », « montée de toute pièce ». « C’est du vent », entend-t-on encore.
Le député Vert luxembourgeois Claude Turmès, qui donne l’impression, dans « La Faute à l’Europe », d’être un soutien de la première heure à Gilles Pargneaux et un membre de ladite liste, envoie pour sa part à ses collègues eurodéputés un e-mail dans lequel il explique se « sentir piégé ». Surtout, il craint qu’on lui prête l’ambition de rejoindre un futur groupe parlementaire estampillé « La République en Marche ». Par communiqué de presse, il indique :
« Je suis prêt à participer à toute forme de discussion structurée sur le défi auquel font face les forces pro-européennes : se positionner dans une Europe qui subit de plus en plus la pression de l’euroscepticisme de droite. (…) J’insiste sur le fait que ma famille politique est, et sera toujours le Parti vert européen. Mon objectif principal pour les élections de 2019 sera de lutter pour un groupe vert fort dans le prochain Parlement européen. »
Claude Turmès affirme n’avoir « jamais vu de liste », ne pas avoir été informé de la création d’un quelconque « groupe informel » ou « groupe d’amitié » ; il s’est simplement entretenu avec Gilles Pargneaux, le temps d’une réunion bilatérale qui a duré une quinzaine de minutes. Pour lui, « l’annonce à la télévision de ce groupe informel est une surprise totale ». De même, l’équipe d’Alyn Smith, eurodéputé écossais également présenté comme l’un des 70 « happy few » sur la liste, confirme n’avoir jamais eu vent de l’existence de celle-ci.
Un travail de « mapping »
De son côté, le principal intéressé, Gilles Pargneaux, refuse dans un premier temps de s’exprimer, avant de se raviser, tard lundi, par téléphone. Il explique :
« Je propose simplement que l’on se retrouve régulièrement entre pro-européens, pour voler le haut de l’affiche aux eurosceptiques et travailler ensemble sur des projets communs. J’ai pris des contacts informels avec des collègues. C’était beaucoup de travail de téléphone. Certains, comme Arnaud Danjean par exemple, m’ont dit non. Il n’y a aucune obligation pour personne. Il faut bien comprendre qu’on ne met pas en place une instance formelle, pas un groupe parlementaire macroniste. »
L’initiative d’un groupe de soutien à Emmanuel Macron du député européen Gilles Pargneaux fait un flop. (Capture d’écran « La Faute à l’Europe » sur France TV info)
Quid, alors, des 70 noms sur la liste ? Ils ne sont en fait autres que ceux identifiés par le député français comme de potentiels soutiens, au cours d’un travail de « mapping » (comprendre : l’élu et son équipe ont épluché l’organigramme des 751 députés européens et ont surligné les noms de ceux qu’ils pourraient, peut-être, compter à leurs côtés au sein d’un hypothétique groupe de travail). En aucun cas 70 députés n’ont donné leur accord pour faire partie d’un groupe de soutien informel aux idées d’Emmanuel Macron.
« Un mouvement de relance est en marche… »
Enrique Calvet-Chambon, eurodéputé originaire d’Espagne, sympathisant de l’initiative de Gilles Pargneaux, partage sa vision des choses :
« Je ne pense pas que Gilles Pargneaux ait eu le temps de rencontrer 70 personnes. Mais un mouvement est en marche, il prend des contacts. Impossible de parler d’un groupe solide, en vitesse de croisière, mais l’idée et l’initiative sont là. Il ne s’agit pas de signer quoi que ce soit, sinon de reconnaître une affinité transversale au relancement européen que suggère Emmanuel Macron. »
Ainsi, pour le député madrilène, il faut quoi qu’il en soit profiter du « moment Macron ». Mardi matin, Gilles Pargneaux a envoyé un e-mail à certains homologues eurodéputés – une centaine, vraisemblablement – en expliquant sa démarche.
Il développe notamment les thèmes qui pourraient faire l’objet de discussions au sein d’un groupe informel (à savoir la gestion de la crise migratoire, la lutte contre le terrorisme, l’approfondissement de l’union économique et monétaire, la lutte contre le changement climatique et l’émergence d’une citoyenne européenne) et conclut ainsi sa missive :
« Étant donné votre parcours et vos prises de position, je pense que cette initiative peut vous intéresser. Je me tiens à votre disposition pour approfondir ce contact et envisager de nous rencontrer prochainement pour définir un agenda commun. »
Un e-mail supposé « sauver les meubles » qui a donc été envoyé quatre jours après avoir annoncé sur le plateau de « La Faute à l’Europe » l’existence d’un tel groupe. Ou comment prendre ses rêves pour la réalité. Toutefois, cette mascarade s’inscrit dans le contexte, pour sa part bien réel, de recomposition du Parlement européen, 73 sièges seront en effet vacants dans l’hémicycle dès 2019, suite au Brexit.
Marre des psychodrames de sapin ? Voici la polémique du classement des marchés de Noël ! Distancée, Strasbourg « capitale de Noël » dit qu’elle n’a jamais été candidate… après avoir quand même appelé à voter pour Strasbourg. Les organisateurs sont surpris de la proportion des réactions strasbourgeoises.
À Strasbourg, s’il y a un sujet avec lequel on ne plaisante pas, c’est la collection impressionnante de titres de « capitale ». Des attributions parfois décernées par d’autres, mais parfois auto-attribuées (citons pêle-mêle l’Europe, l’Alsace puis le Grand Est, les droits de l’Homme, l’Amour, le vélo, la biodiversité). Et parmi ces titres, il y en a un qui compte encore plus, c’est celui d’auto-proclamée capitale de Noël !
Sauf que cataclysme, un palmarès sur internet classe Strasbourg seulement 5ème « meilleur marché de Noël » en Europe. Il s’agit du classement European Best Destinations. Un palmarès comme il en existe des dizaines, mais celui-ci se base sur le nombre de votes des internautes.
Une association européenne de promotion du tourisme
Cette participation populaire et un très bon référencement sur les moteurs de recherche a fait de ce classement une référence, à l’heure où beaucoup de touristes se basent sur les recommandations internet. Les différents classements (ski, parcs, plages, etc.) ont aussi beaucoup de retombées médiatiques.
Comment ça notre marché de Noël c’est pas le plus beau de la terre, de la galaxie et au-delà ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Lauréate, puis 2e, puis 5e…
Dans l’Est, Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Metz sont membres. C’est le cas de plusieurs grandes villes et destinations touristiques françaises, mais pas Lyon ni Rennes par exemple. Ainsi, le marché de Noël de Kaysersberg ne figure pas dans ce classement, alors qu’il est considéré par certains comme le plus beau d’Alsace.
Strasbourg l’avait emporté en 2014 et 2015. Mais fin 2016, Zagreb en Croatie l’avait déjà détrônée (33 607 votes contre 19 242). Simple accident de parcours avec cette deuxième place ? Cette année, c’est pire, puisque Strasbourg est surtout devancée par Colmar (2e) et talonnée par Montbéliard (6e), qui avait déjà battu Strasbourg dans un autre classement en 2016, par Paris Match.
Strasbourg « en désaccord avec cet esprit »…
Visiblement vexée, la Ville de Strasbourg a réagi via un communiqué de presse (!) dans la soirée de mardi. Pas de remise en question à l’horizon, « ce classement est devenu celui des moyens consacrés à la création de clics, et n’a plus rien à voir avec le ressenti réel des visiteurs. » Et pan, sur la tronche de European Best Destinations !
Le courroux de la Ville de Strasbourg ne s’arrête pas là. Elle balance au passage que la participation à ce classement est « désormais payante ». En désaccord avec « cet état d’esprit qui n’est pas celui de « Strasbourg Capitale de Noël », la Ville de Strasbourg indique avoir signifié à l’organisateur qu’elle « ne voulait plus participer ». Et donc pas question de payer les frais d’inscription.
… mais appelle quand même à voter
Strasbourg, pas candidat à un titre de capitale ? Voilà qui est fort étonnant. Le 1er décembre, c’est pourtant un certain Roland Ries, le maire de Strasbourg, qui appelait ses concitoyens à voter pour… Strasbourg, avec le bon lien, du bon classement…
C’est ballot, personne n’a semble-t-il pensé à prévenir le maire et son équipe qui gère son compte Twitter. Il faut dire que Strasbourg était un peu moins en désaccord avec cet « esprit » tant qu’elle était bien placée.
Strasbouyrg n’a pas demandé mais demandait quand même de voter pour. On ne sait jamais
Il était accompagné par son adjoint aux Sports et de Hautepierre, Serge Oehler.
Strasbourg déteste désormais le classement European Best Market ! Mais un adjoint au maire a quand même suggéré de voter pour. (capture d’écran)
Un sujet grave !
La Ville assure qu’ »aucun moyen pour la promotion de votes » n’a été engagé. Après avoir dénigré le classement, Strasbourg « félicite » quand même Colmar, qui a réussi à mobiliser plus d’internautes qu’elle. Au moins, l’Alsace reste bien placée.
Contactée, l’association European Best Destinations (EBD) se déclare étonnée par la réaction de Strasbourg par la voix de son responsable, Maximilien Lejeune. D’abord, l’association assure que rien n’a changé dans son classement et que « les règles sont les mêmes depuis cinq ans. » La participation au concours est toujours payante, 468€, et Strasbourg a réglé ces frais en 2015 et 2016. Selon l’association, Strasbourg a été exonérée de ces frais en 2013 et 2014 car la ville avait mentionné « une situation budgétaire serrée. »
Quant à la participation de la Ville à ce classement, European Best Destinations n’a pas voulu prendre le risque d’enlever Strasbourg de la compétition faute de réponse de celle-ci, car « Strasbourg participait sans souci depuis cinq ans et que nous n’avions aucune réponse. » EBD n’obtient une réponse, de retrait, que le 2 décembre, mais trop tard car « les votes avaient commencé la veille et que 400 personnes avaient déjà choisi Strasbourg… »
Maximilien Lejeune conclut :
« Nous avons l’impression de traiter d’un sujet grave à Strasbourg quand nous parlons de Marchés de Noël. Certes ce classement est important mais être classé 5e est déjà très bien et de nombreuses villes se réjouissent juste de figurer dans le classement, les 20 premières sont promues tout au long de l’année à des millions de voyageurs. Les Américains, Anglais, Australiens, Irlandais qui visitent notre site ne vont pas se dire “Mon dieu Strasbourg est complètement out, nous filons à Vienne” ils voient des marchés, choisissent ceux qu’ils ont envie de découvrir, cela s’arrête là. »
Moralité : mieux vaut rester une capitale auto-attribuée, que de faire voter. Et si on arrêtait les classements pour tout ?
L’association gérant le centre de primatologie de Niederhausbergen, l’Adueis, a été dissoute fin août. Les administrateurs de l’Université de Strasbourg, dont l’association est une filiale, l’ont appris incidemment alors qu’il est question d’internaliser le personnel et les activités de ce centre qui élève des singes pour la recherche.
Le 14 novembre, les administrateurs de l’Université de Strasbourg (Unistra) ont appris que l’institution avait fait procéder à la dissolution de l’association gérant le centre de primatologie de Niederhausbergen. Filiale de l’Université, cette association appelée ADUEIS (Association pour le développement des liens universités-entreprises dans les industries de la santé) voit son personnel intégrer l’université et ses activités être reprises à partir du 1er janvier 2018.
La discussion sur l’ADUEIS a été houleuse entre les administrateurs selon le compte-rendu que Rue89 Strasbourg s’est procuré. Les actions de l’Université de Strasbourg sont suivies à la loupe sur ce dossier, surtout depuis qu’une enquête judiciaire pour « abus de confiance et autres détournements » est en cours, comme Rue89 Strasbourg le révélait en septembre, mais aussi parce que les activités d’élevage et de quarantaine du centre sont dénoncées par des associations de protection des animaux.
Un projet terminé et sans nouveau partenaire
Le centre de primatologie, d’une capacité d’accueil de 1 600 singes au sein du fort Foch, emploie une vingtaine de personnes (23,5 équivalents temps-plein) et ses dépenses sont entièrement couvertes par son activité d’hébergement et de quarantaine qui génère plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les clients du centre sont des laboratoires pharmaceutiques européens. L’association ADUEIS avait été créée en 2009 pour accueillir des entreprises partenaires au sein du projet Silabe (Simian Laboratory Europe), à la suite du succès de l’appel d’offres du Fonds unique interministériel (FUI). C’est l’utilisation de ces fonds, 1,7 million d’euros, qui fait l’objet d’une enquête de la justice.
Selon Michel de Mathelin, vice-président de l’Université en charge du dossier, quatre raisons ont conduit à la dissolution de l’association : « il n’existe plus l’obligation d’avoir une structure externe pour gérer le projet Silabe puisque ce projet est terminé depuis 2016, aucune entreprise ne s’est manifestée pour co-investir dans le projet, l’activité lucrative et administrative peut être menée au sein de Conectus (la société de transfert de technologie de l’université, ndlr) et l’organigramme serait simplifié, l’organisation complexe [faisait] l’objet d’attaques de médias (sic – ça doit être de nous dont il parle…, ndlr) et des groupes d’activistes. »
La recherche scientifique réintégrée à la fac
Quant à la chaire de primatologie d’Hélène Meunier, elle sera intégrée au laboratoire de neurosciences cognitives et adaptatives (LNCA) de l’université, toujours selon compte-rendu. Michel de Mathelin a conclu son intervention en espérant que cette réintégration « devrait effacer les soupçons d’activités cachées au sein du centre de primatologie. »
Mais pour cela, l’Université de Strasbourg a encore du chemin à faire en transparence… Ainsi, des administrateurs de l’Université se sont plaints que des documents sur l’ADEUIS ne leur ont été fournis que 24 heures avant le conseil et ce, après des demandes répétées. Mais surtout, Christine Vespa, administratrice issue de la liste « Alternative 2017 », remarque que « ni le rapport de gestion de l’association, ni le rapport d’activité » n’ont été transmis aux administrateurs…
En outre, Christine Vespa pense que l’Université de Strasbourg ne peut pas récupérer les actifs de l’association aussi simplement, qu’une étape de liquidation doit intervenir et que seul le produit de la vente des actifs peut éventuellement revenir à l’université. L’association Pro Anima, opposée aux recherches sur les animaux et donc à l’existence même du centre de primatologie, fait la même analyse juridique. Vice-présidente de l’association, Sylvia Hecker précise :
« Nous allons attaquer cette dissolution devant le tribunal administratif, sur le fond et en référé pour obtenir la suspension de la décision. De notre point de vue, cette dissolution est une manœuvre de l’université de Strasbourg pour empêcher qu’on ne s’intéresse de trop près aux activité du centre de primatologie… Sinon, pourquoi est-il si urgent de dissoudre cette association ? »
Deux heures de discussion tendue
C’est à l’occasion de cette discussion juridique en séance que les administrateurs ont appris que la dissolution de l’association avait déjà eu lieu, le 31 août, et qu’en fait, les administrateurs devaient seulement en prendre acte et approuver la reprise des actifs. L’Université, par la voix de son président Michel Deneken, précise que l’institution est accompagnée dans cette démarche par un cabinet de conseils juridiques et que tout a été fait dans les règles.
L’Université va reprendre en main la gestion du centre de primatologie. (Photo Public domain via Visual hunt)
Administratrice de la liste « Alternative 2017 », Hélène Michel revient sur ces échanges :
« C’est assez incroyable ce qui s’est passé… On nous promet plus de transparence, de ne plus mettre les administrateurs devant des faits accomplis et Michel Deneken fait exactement l’inverse. On ne saura sans doute jamais vraiment ce qu’il s’est passé pour que cette date du 31 août sorte comme ça du chapeau… On a eu un conseil en septembre et on ne nous a pas parlé de cette assemblée générale de dissolution… »
À partir de là, la discussion devient tendue au sein du conseil d’administration… Elle durera près de deux heures ! Nombre d’administrateurs évoqueront ne pas disposer d’assez d’informations sur ce dossier, sur les activités de l’ADUEIS, sur la portée de Silabe, etc. Pour Michel de Mathelin, l’important est de conserver le centre, « une chance pour la recherche de l’université grâce à ses possibilités d’hébergement des singes en quasi-liberté. »
L’existence du centre n’est pas remise en question
Il a aussi été beaucoup question des répercussions de ce dossier sur la réputation de l’Université de Strasbourg, pour conclure qu’internalisées ou non, les activités du centre feraient de toutes façons l’objet de critiques de la part des associations de défense des animaux. Sylvia Hecker ne dit pas autre chose :
« Quelme que soit la décision du tribunal administratif sur la dissolution, ça ne change rien de notre point de vue. Nous voulons que ce centre d’exploitation des singes ferme. »
De son côté, Nicolas Matt, qui représentait l’Eurométropole au conseil d’administration a indiqué que « l’urgence [était] de couper court [aux rumeurs] par une plus grande transparence, par une rigueur scientifique et plus d’explications. » Mais contactée, l’Université de Strasbourg a refusé de répondre à nos questions.
Au final, les administrateurs sont tombés d’accord pour reformuler la décision du conseil. L’Université n’approuve que « la possibilité d’une dissolution de l’ADEUIS, et la potentielle réintégration des actifs et passifs du centre de primatologie. » Cette formulation a été approuvée par 26 voix contre 9. Le prochain conseil d’administration, prévu le 19 décembre, doit approuver formellement cette nouvelle résolution.
La Ville de Strasbourg devrait voter lundi une subvention de 300 000 euros à l’association des Vitrines de Strasbourg pour la gestion des Illuminations de Noël, une somme identique à celle votée en 2016. Le suivi de la commission d’enquête avait pourtant mis en évidence des écarts entre les sommes budgetées et celles dépensées.
Le budget prévisionnel de l’opération, que nous avons pu consulter, a le mérite de séparer les sommes qui correspondent aux installations d’éclairages d’une part, et aux frais de fonctionnement d’autre part. Pour l’installation des lumières dans les rues du centre de Strasbourg en 2017-2018, l’estimation des dépenses s’établit à précisément 567 249,11 euros. Le reste à charge est financé par les commerçants eux-mêmes. Les Vitrines anticipent des recettes d’environ 350 000 euros en provenance des participations et 8 000 euros d’un partenaire.
Des frais pour la vie de l’association
Dans son budget, l’association ajoute plus de 120 000 euros correspondant aux frais inhérents à la vie de l’association (commissaire aux comptes, secrétariat, frais postaux, etc). Une quote-part des salaires pour le temps passé par le directeur et les deux secrétaires de l’association sur ce dossier est chiffrée à 48 875 euros.
Par cet ajout, le grand total s’élèves ainsi à 692 624,11 euros. Sachant que ces estimations avaient été réalisées avant le partiel échec de la collecte de la Grand’Rue, ce qui a amené l’association de commerçants de la rue piétonne à rembourser 38 commerçants et annuler certaines illuminations prévues et budgétées (et donc en partie couverte par la subvention municipale demandée).
Grand écart entre les prévisions et le total de l’an passé
Poussées à un peu plus de transparence par la municipalité, les Vitrines indiquent par ailleurs avoir supporté 23 418 euros de factures exceptionnelles liées aux recommandations facultatives de la fameuse commission. Ces dépenses exceptionnelles et ponctuelles avaient été utilisées pour expliquer le déficit d’environ 12 000 euros, annoncé lors de l’assemblée générale des Vitrines de Strasbourg le 18 octobre.
Parmi ces dépenses, une attestation des comptes de l’édition 2016-2017 a été réalisée par les cabinets In Extenso et Mazars-Fiduco. Ces travaux indiquent que seuls 381 205€ ont été dépensés l’an dernier pour les guirlandes lumineuses. Environ 100 000€ (99 422 euros) sont des frais de gestion, dont seuls 55% (54 682) peuvent réellement être imputés à l’opération des Illuminations selon les experts-comptables. Une quote-part des salaires (48 875 euros) est également intégrée dans ce calcul. Le total, bénéficiaire de 2 003 euros, était loin de celui prévu.
L’association a finalement dépensé 484 762€ (hors taxe) alors qu’elle avait estimé les coûts autour de 685 000€ (TTC) pour établir sa demande de subvention fin 2016. Même en ajoutant 20% de TVA, l’écart est de plus de 100 000 euros par rapport aux prévisions, sans que cela modifie la subvention municipale (300 000 euros TTC soit 250 000 euros hors taxe).
Une répartition par rue encore floue
En 2016, les rentrées des cotisations des commerçants ne correspondaient qu’à 240 693 euros, loin de la prévision de 350 000 euros affichée pour 2017-2018 (avant l’épisode Grand’Rue). Dans ce contexte, le budget réalisé devrait une nouvelle fois être moindre que celui annoncé et la subvention municipale supérieure à la moitié du coût réel de l’opération. Une proportion inverse aux objectifs votés qu’avait déjà conclu la commission d’enquête, sans remettre en cause la gestion des Illuminations. Ce plafond de subvention à 50% du total a d’ailleurs depuis été ôté des conventions signées avec l’association.
À titre d’exemple, le lancement des illuminations est ainsi budgété à 53 000 euros en 2017, alors qu’il a coûté 38 006 euros l’année précédente. Ces écarts n’ont pas incité la collectivité à niveler sa participation vers le bas dans ces temps de restrictions budgétaires.
Le lustre de la place du Marché-Aux-Cochons-de-Lait, financé à moitié par la subvention publique (Photo Patrick Müller / FlickR / cc)
En outre, les Vitrines ont aussi fourni un décompte par rue ou par quartier. Mais il n’indique pas quelle est la part financée par les commerçants. Ainsi la Robertsau perçoit 5 000 euros, alors que l’association des commerçants est devenue une coquille-vide gérée par Pierre Bardet.
« La proportion de financement public augmente »
Le président de l’association de commerçants Défis, Michel Pirot, avait demandé des comptes aux élus du conseil municipal de Strasbourg. Malgré des éléments transmis, il regrette qu’il n’y ait guère de changement sur la méthode :
« La subvention ne se base que sur des prévisions, qui sont semblables avec les années. Il n’a pas été regardé combien d’argent a réellement été dépensé l’année précédente, ce qui conviendrait de faire. La part des commerçants baisse avec les années, mais la subvention est identique. Donc la proportion de financement public augmente. Le refus de payer peut s’expliquer par des affaires qui ne sont pas si florissantes que ça ou par des commerçants qui souhaitent savoir dans le détail à quoi leur cotisation sert. Il y a toujours un conflit d’intérêt puisque le gestionnaire des illuminations en tire aussi des bénéficies (le directeur des Vitrines, Pierre Bardet, touche des droits d’auteur sur certains éclairages qu’il a dessiné; ndlr). Que cela se passe avec l’argent des commerçants c’est leur problème, avec une subvention des contribuables, c’est gênant. »
Contacté, l’adjoint au tourisme et au commerce, Paul Meyer (La Coopérative), défend cette subvention qui permet d’installer chaque année dans les rues de Strasbourg des illuminations de Noël de grande ampleur, en ne payant finalement qu’une partie des coûts :
« La clé de répartition est toujours de 50% entre la subvention et ce que cotisent les commerçants. Le système n’est pas parfait, notamment dans la répartition par rue qu’il faudra éclaircir, mais il est largement plus intéressant que de le faire par nous-même, en régie, ou de tout confier à un prestataire privé. C’est ce qu’avait conclu la commission d’enquête où toutes les formations politiques avaient participé. Aujourd’hui, les Vitrines sont sûrement l’association la plus contrôlée, par les agents de la Ville, ses adhérents et les médias. »
Reste que si la proportion d’argent public continue d’augmenter dans l’opération, la municipalité sera bien obligée de revoir son système. Le vote de la subvention est prévu lors du conseil municipal du lundi 18 décembre. Comme chaque année, elle consiste en une avance de 270 000 euros, puis un versement de 30 000 euros sur présentation des justificatifs. La commission d’enquête est sensée se réunir une fois par an pour effectuer un suivi.
Ce mardi 12 décembre à partir de 16h une manifestation se tiendra devant le Parlement Européen, réuni en session plénière. C’est la deuxième manifestation contre l’esclavage en Libye à l’initiative du mouvement Équité et du collectif des associations africaines de Strasbourg et du Grand Est.
Mardi 12 décembre à 16h, le mouvement Équité et le collectif des associations africaines de Strasbourg et du grand Est appellent à la manifestation. Le but : interpeller les députés européens sur l’esclavage moderne en Libye. Les deux associations « jugent inacceptable la condition d’esclavage faite actuellement aux migrants africains en Libye ».
Nombres de manifestations partout en France et en Europe ont suivi la diffusion d’un reportage de CNN le 14 novembre. Sur cette vidéo, une douzaine de migrants subsahariens sont vendus aux enchères non loin de Tripoli en Libye. Ce pays est un des points de passage des migrants en route vers l’Europe. Suite au reportage de CNN, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a mis en avant ce qu’il considère comme « la politique inhumaine de l’UE » qui « aide les gardes-côtes libyens à intercepter et repousser les migrants en Méditerranée ». Après le cinquième Sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne des 29 et 30 novembre derniers, plusieurs engagements ont été pris (voir encadré).
Manifestation contre l’esclavage en Libye, pour la dignité de l’Homme. (capture d’écran)
À Paris, ils étaient un millier de personnes le samedi 18 novembre. À Strasbourg, une première manifestation le 20 novembre avait débouché sur trois interpellations. Environ 200 personnes s’étaient réunis place Kléber pour se rendre vers la gare. L’association Équité Strasbourg ainsi que le Collectif des Associations Africaines de Strasbourg et du Grand Est ont ensuite appelé à un première manifestation devant le parlement européen, le 25 novembre. La deuxième manifestation se tiendra mardi 12 décembre de 16h à 18h (événement Facebook).
Cinquième Sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne des 29 et 30 novembre
Le cinquième sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne (UA-UE) s’est tenu les 29 et 30 novembre dernier à Abidjan en Côte d’Ivoire. De cette rencontre est sortie une condamnation ferme du « traitement inhumain des migrants et des réfugiés par des groupes criminels ». Tous se sont engagées à œuvrer pour mettre un terme à ces traitements. Une déclaration commune a été adopté appelant à une coopération internationale afin de lutter contre les auteurs de ces crimes et de les mener en justice. Le 30 novembre, pour clôturer le sommet, le président de la Commission de L’Union africaine Moussa Faki Mahamat a affirmé vouloir rapatrier d’urgence 3 800 migrants d’un camp près de Tripoli. Emmanuel Macron affirmait la décision du sommet « de mettre en place une coopération renforcée sur le plan sécurité et intelligence pour démanteler les réseaux de trafiquants » il parle de plus de la constitution d’une « task force » rassemblant service de police et de renseignement pour détruire les réseaux d’esclavage humain. De plus une campagne de communication devrait être mise en place afin de dissuader des habitants d’Afrique de tenter l’exode.
Dans un communiqué de presse, les organisateurs listent leurs demandes :
– Une ferme condamnation de l’esclavage des temps modernes en Libye déjà reconnu comme crime contre l’humanité.
– L’arrêt du programme européen de soutien à la gestion intégrée des migrations et des frontières qui donne une souveraineté totale en matière de contrôle migratoire à la Libye, pays toujours très instable
– Un traitement humain des migrants
– Des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables de la traite des êtres humains »
Mastou Diallo la présidente de l’association Équité Strasbourg et porte-parole du collectif a invité des eurodéputés à la manifestation et espère que les organisateurs seront reçus.
Pour la première fois à Strasbourg, l’Opéra national du Rhin présente Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai, un chef-d’œuvre méconnu du répertoire italien du début du XXe siècle. Il puise son sujet dans le Chant V de l’Enfer de Dante : un amour interdit unit Francesca à son beau-frère Paolo, en se livrant l’un à l’autre, ils subiront la vengeance de l’époux de cette dernière, ainsi que celle de son autre frère Malatestino.
Depuis L’Enfer de Dante, les amants maudits Francesca et Paolo ont inspiré de nombreux artistes et donné lieu à une production d’oeuvres riche et variée : peinture, sculpture, adaptation dramatique ou lyrique… Riccardo Zandonai, comme Rachmaninov et Tchaikovsky, en fit une oeuvre lyrique : Francesca da Rimini, opéra en quatre actes d’après la pièce du même nom de D’Annunzio est présentée pour la première fois à Turin en 1914.
Premier acte, évocation des souvenirs de jeunesse de Francesca avec sa soeur Samaritana (Photo Klara Beck / ONR).
L’histoire
Francesca, lectrice passionnée des amours de Tristan et Iseult ou de Lancelot et Genièvre, est promise à un homme puissant qu’elle n’a jamais rencontré, héritier d’une famille ennemie. Ce mariage politique, arrangé par son père, a pour but de sceller une paix nécessaire au moment où s’affirment de nouveaux dangers. Un stratagème odieux va tromper la jeune femme : on lui présente non pas son futur mari, physiquement repoussant, mais son frère, le beau Paolo, dont elle tombe immédiatement amoureuse. Si elle sait respecter un époux qu’on lui a imposé, elle ne peut résister à la passion qui s’est emparée d’elle. C’est un troisième frère qui va lui porter le coup fatal. Après avoir été éconduit par sa belle-soeur, lascif et jaloux, celui-ci révèle à son frère aîné que Paolo entretient une relation amoureuse avec sa femme. L’assassinat des deux amoureux surpris au coeur de la nuit clôt cette tragédie saisissante.
« Il s’agit incontestablement d’un chef-d’oeuvre »
Direcrtice de l’ONR, Eva Kleinitz est à l’initiative de cette nouvelle production. C’est une oeuvre qu’elle connait bien pour avoir soutenu sa thèse de maîtrise sur cet opéra, dont elle parle aujourd’hui avec enthousiasme comme d’un ouvrage « bouleversant, fort, exceptionnel, (…) qui se situe entre Debussy, Wagner, Strauss, Puccini ». Pour cette création, la directrice de l’ONR a fait appel à la metteuse en scène mondialement reconnue Nicola Raab, qui fait ses premiers pas à Strasbourg avec cette oeuvre :
« Je connaissais déjà l’oeuvre de Zandonai, mais sa découverte s’est faite intensivement au moment du travail. Elle a été assez peu jouée, c’est pourquoi lorsque Eva Kleinitz me l’a proposée, j’ai tout de suite accepté (…) C’est un opéra qui est riche, exigeant – en particulier pour les chanteurs – et qui nous offre beaucoup de possibilités pour nous exprimer sur scène. C’est cette richesse qui nous émeut et nous emporte. »
Quant à la direction de l’orchestre philharmonique de Strasbourg, elle revient au chef d’orchestre italien Giuliano Carella, déjà familier de cet ouvrage, et qui expliquait en novembre dernier :
« Les répétitions de cette nouvelle production me confirment tout ce que j’ai ressenti à Amsterdam il y a dix-sept ans lorsque j’ai dirigé pour la première fois Francesca da Rimini : il s’agit d’un incontestable chef-d’oeuvre. »
Entretien avec Nicola Raab, chef de l’orchestre (vidéo ONR / YouTube)
Francesca, une figure féminine au centre de l’oeuvre
Au XIXe et au début du XXe siècle, l’histoire de l’adultère commis par Francesca à l’encontre de son mari boiteux, Giovanni, connait un fort intérêt chez les dramaturges et compositeurs. Parmi eux, Gabriele D’Annunzio écrit sa propre Francesca da Rimini en 1901 pour sa maîtresse Eleonora Duse. Le rôle principal s’inscrit dans la lignée des grands personnages féminins de cet auteur tels qu’on les retrouve dans ses romans, ici son héroïne n’hésite pas à affronter le danger d’un champ de bataille par exemple. La Francesca de Zandonai est ainsi une véritable « donna dannunziana » comme l’explique Nicola Raab :
« Dans l’opéra de Zandonai, le personnage de Francesca est central, davantage que chez les autres compositeurs. Cela est déjà présent chez D’Annunzio. La dramaturgie est concentrée autour d’elle, son évolution émotionnelle et sa trajectoire depuis sa rencontre avec Paolo jusqu’à sa mort. C’est un des grands personnages féminins de la littérature et de l’art lyrique. »
La metteuse en scène souligne par ailleurs le fait que Francesca demeure maîtresse de son destin, malgré la violence des sentiments qui s’imposent à elle et engendreront sa perte. Elle mène le jeu au milieu des frères, qui partagent tous trois des sentiments amoureux à son égard.
Au second acte, après la bataille Francesca fait boire le vin à Giovanni (Photo Klara Beck / ONR).
Un opéra mélancolique et nostalgique
L’amour de Francesca pour Paolo part d’un regard, celui qu’ils échangent à la fin du premier acte, alors qu’abusée par son frère, elle croit rencontrer en la personne de Paolo son futur mari. Le regard, comme le philtre (dont il est également question) sont deux éléments centraux des passions interdites comme chez Lancelot et Genièvre ou Tristan et Yseult… Il constitue ce moment initial qui décide du destin des personnages : dès que Paolo et Francesca se voient, leur sort est scellé.
Aussi le premier acte, précédant le mariage de cette dernière avec Giovanni, est-il placé sous le signe de la mélancolie. Il est interprété comme une évocation des souvenirs de Francesca, dans l’écriture musicale et scénique, elle se dédouble pour se raconter avant de rejoindre le présent dès l’acte deux.
Troisième acte: les suivantes de Francesca occupées à lire des histoires (Photo Klara Beck / ONR)
La scénographie est signée Ashley Martin-Davis. À contre-courant d’une volonté d’illustration, elle matérialise des lieux assez abstraits. Une tour circulaire et mobile permet de représenter différents espaces ouverts et vastes ou bien clos. Le décor évolue au gré de l’histoire, en accord avec la composition musicale : l’évocation de la mer Adriatique par exemple se produit sur ces deux niveaux. À ce sujet, Giuliano Carella explique :
« Pesaro fut la ville d’adoption de Zandonai. Le château de Gradara où les personnages réels de Francesca et Paolo ont certainement trouvé la mort à la fin du XIIIe siècle ne se trouve qu’à une quinzaine de kilomètres de Pesaro. Nous pouvons ressentir dans cet opéra toute la force de suggestion de la citadelle d’où l’on aperçoit au fond l’Adriatique. Il y a une saveur particulière, une évocation fréquente de la mer qui à certains égards rappelle Claude Debussy »
Du texte à la scène, une structure circulaire
La scénographie est efficace et signifiante, elle vient matérialiser sur le plan spatial la boucle temporelle qui réunit les amants de leur rencontre, mort annoncée, à leur assassinat, mort effective. Elle souligne par ailleurs la place centrale de Francesca autour de qui toute l’action prend forme.
Duo entre Francesca et Paolo (Photo Klara Beck / ONR)
« De la page aux lèvres, des lèvres à la page », l’art au service du non-dit
Francesca da Rimini est par ailleurs un opéra sur le non-dit, où l’intérieur des personnages va s’exprimer via les événements extérieurs. Ceux-ci servent de prétexte à dévoiler les sentiments des principaux protagonistes et en particulier de son personnage éponyme : la guerre, les cris d’un homme qu’on torture… La servante Smaragdi (Idunnu Münch) est à ce propos tout à fait fascinante : c’est un personnage qui sert à révéler ce qui est caché, elle fonctionne comme l’inconscient de Francesca. Au deuxième acte par exemple, c’est elle qui apporte le vin servi aux trois frères par Francesca dans une scène qui évoque la relation qui les lie et la place de sa maîtresse.
L’art, en particulier la littérature sont extrêmement présents dans cet opéra, occupant une place centrale dans le déroulement de l’action. Le rapport aux livres, aux histoires d’amours proscrits, vient faire écho aux sentiments des protagonistes, « de la page aux lèvres, des lèvres à la page » selon les mots de la metteuse en scène. Les deux amants s’embrassent à la lecture du récit de l’énamourement de Lancelot envers Genièvre, et l’histoire de Tristan et Yseult parcourt l’oeuvre comme pour annoncer dès l’ouverture du premier acte la fin tragique des amants.
Giovanni surprend les deux amants ! (Photo Klara Beck / ONR)
Encore peu joué, notamment en raison de ses difficultés techniques, Francesca da Rimini est – selon la formule d’Eva Kleinitz – une « rareté à redécouvrir ». Zandonai y conjugue la tradition lyrique italienne à des éléments germaniques, notamment wagnériens, qui feraient pratiquement de cet opéra un Tristan et Isolde italien. Le succès est au rendez-vous : la première s’est clôt par une pluie d’applaudissements, et les deux interprètes des rôles titre la soprano Saioa Hernández (Francesca) et le tenor Marcelo Puente (Paolo) ont salué le public sous ses acclamations.
Le marché de Noël s’est resserré dans l’enceinte de l’île centrale de Strasbourg mais ça ne l’empêche pas de s’étendre. De l’autre côté de la cathédrale, trois nouveaux sites essaient de proposer des parcours différents : place Saint-Étienne, place du Marché-Gayot et place Mathias Mérian. Problème : ils ont chacun leurs jours et heures d’ouverture, différents évidemment.
Depuis cette année, trois nouveaux petits marchés de Noël ont rejoint l’opération « capitale de Noël » à Strasbourg sur les places Saint-Étienne, Marché-Gayot et Mathias Mérian. Décoration collaborative, jeu de piste pour les enfants, activités pour petits et grands, spectacles, chapiteau chauffé, etc. L’objectif est d’attirer les habitants de Strasbourg, et pas seulement les touristes. Mieux vaut prendre connaissance des jours d’ouverture de ces marchés et de leurs stands (voir ci-dessous) car, confiés à des structures différentes, les horaires ne concordent pas.
Peu de cabanes en bois mais plutôt des jeux pour tous les âges, l’objectif pour la Ville était de développer un nouveau territoire et d’offrir un nouveau panel d’animations. Surtout animés le week-ends, ces marchés préfèrent donner des rendez-vous ponctuels aux amateurs.
Place Saint-Étienne, gourmets et musique
Sur la place Saint-Étienne, des stammtisch à ciel ouvert sont installés et des animations musicales de fin de journée sont organisées en partenariat avec la Tribu des gourmets et leur vin blanc chaud. Cette place est ouverte les jeudis de 17h à 20h, les vendredis de 17h à 21h, les samedis de 14h à 22h et les dimanches de 14h à 19h. Sur cette place se trouve un calendrier de l’avant évolutif.
Place Mathias Mérian, café éphémère
Place Saint-Etienne, quelques stands sont présents mais ils n’ouvrent pas tous les jours de la semaine. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
La place Mathias Mérian, peu connue, se dévoile cet hiver. C’est un espace d’animation convivial avec son café éphémère et une petite piste couverte. Ce chapiteau chauffé est ouvert les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h, le Café éphémère est ouvert du mercredi au dimanche. Le chapiteau ne sera vraiment opérationnel qu’à partir du weekend du 9 décembre, il a déjà subi plusieurs dégradations, des tags, des trous des cigarettes… Il sera décoré de manière chaleureuse pour accueillir Strasbourgeois et touristes qui trouveront la place.
La place Mathias Mérian accueille entre autre un café éphémère avant Noël. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Place du Marché-Gayot, sapin collaboratif
Sur la place du Marché Gayot, il y a plusieurs tables baptisées des manges-debouts. Un sapin collectif trône au milieu de la place, les passants, petits et grands, en sont les décorateurs. Les ateliers de confection des décorations de sapin se font les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h. Un jeu de piste est également organisé pour les enfants les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h30. La Place du Marché Gayot accueille le public les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h.
Le marché de Noël s’étend, plusieurs animations place du Marché-Gayot. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
Pour des fêtes comme la Saint-Nicolas, la Sainte-Lucie ou le solstice d’hiver, ces places s’habillent.