Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Mardi soir, je me suis laissée emporter par les éclats du slam au Kitsch’n Bar

Mardi soir, je me suis laissée emporter par les éclats du slam au Kitsch’n Bar

Mardi, j’ai découvert pour la première fois les scènes ouvertes organisées par Oaz’Art au Kitsch’n Bar. Et j’ai adoré ! J’ai même pu voir un petit bout du concert de Tartart, un duo belge de poésie en rock.

Oaz'art
Oh ! Mon collègue ! Désolée pour la qualité minable, je n’avais que mon téléphone à 2€ sur moi. (Photo Lulu / Rue89 Strasbourg / cc)

C’était mardi soir. J’avais la tête dans les dossiers, je comptais et recomptais des listes de nombres, j’envoyais de longs e-mails sur des histoires très compliquées, et là un de mes collègues m’écrit : « Bon désolé mais je dois te laisser. Je vais faire un slam au Kitsch’n Bar. » Sur le coup j’étais genre… WTF ? Il faut que j’aille voir ça ! Alors ni une ni deux j’ai couru au garage, j’ai grimpé sur mon vélo et je suis partie dans la nuit strasbourgeoise jusqu’à ce repère de joie, à la décoration légère, moderne et sophistiquée. Je fais de l’ironie parce que je suis jalouse, j’aimerais bien avoir la moitié de leur déco rétro, loufoque et trop cool dans mon salon.

Je découvre alors mon collègue, entouré d’amis à lui, tous poètes, chanteurs et musiciens, et j’aperçois même une autre collègue un peu plus loin. La nuit, tous les chats sont gris. Et la nuit, tous mes collègues vont s’éclater dans les bars en révélant leurs multiples talents.

Tout est permis… en trois minutes

Mon collègue me paye une bière de Noël, un grand merci à ce parfait gentleman, puis je pars en quête d’une chaise pour m’asseoir. C’est vraiment un miracle d’avoir réussi à en trouver une, parce que le bar était plein à craquer. Avant que la soirée ne commence, j’ai juste le temps de demander à la magnifique brune assise à côté de moi comment ça se passe. Elle m’explique :

« C’est une scène ouverte en fait, organisée par Oaz’art, une association qui veut promouvoir la culture Slam. Tu vois le micro, devant nous ? Eh bien ! Il suffit de s’inscrire sur une liste là-bas, puis on t’appelle et alors tu peux prendre le micro et dire, chanter, bredouiller, clamer, slamer, rapper, conter tout ce que tu veux. Il faut juste le faire en trois minutes. »

Une jeune femme pleine de vie et au grand sourire s’avance alors sur scène pour annoncer que la première partie de la scène ouverte commence. Elle appelle les participants chacun à leur tour, les surnommant poète Arnaud ou poétesse Clémentine.

Le public applaudit chaque personne, les encouragements chaleureux portant les artistes de la soirée jusqu’au micro. Pour la plupart, ils sont très sûrs d’eux, on sent qu’ils ont l’habitude de parler en public, que ce soit ici ou ailleurs. Certains sont quand même un peu hésitants, on sent un léger trac au début, avant qu’ils ne se lancent et oublient le stress, portés par la bonne ambiance et le bonheur de faire ce qu’ils aiment.

Des éclats de personnalités différentes

Les prises de parole sont toutes très différentes, tant par la forme que par le fond. Il y en a un qui a lu un texte en tenant sa page, une autre qui a fredonné son récit de tête, une autre encore qui a raconté en jouant avec les rythmes, accélérant pour laisser des temps de pause avant de reprendre de plus belle. C’était leurs textes à eux, leurs rythmes à eux, et c’est aussi ça qui m’a tant plu, l’éclat de leur personnalité qui se révélait dans la sincérité et la beauté joyeuse de ce moment.

L’un des poètes a fait un texte plein d’humour sur les fans de sport, le sport devant la TV, celui que tu regardes avec une bière dans une main, une pizza dans l’autre. Une autre poète était plus engagée, s’imaginant face à ses amies d’enfance, leur demandant comment elles se sentent, après avoir renoncé à leurs idéaux et leurs combats d’antan pour se lancer dans l’unique course de l’argent. Une autre encore a récité un très beau texte, sur la fête, la danse et la nuit.

Après cela c’est le duo belge Tartart qui est monté sur scène. Ils font de la poésie en rock. En gros, il y a le grand chevelu qui scande ses poèmes et à côté de lui le barbu qui l’accompagne à la guitare. Ils étaient joyeux et plein de talent, collant parfaitement à la soirée.

Et là, j’ai dû partir, parce que je me levais très tôt le lendemain et j’avais encore du taff qui m’attendait. Mais cette soirée, je l’ai vécu comme une parenthèse magique dans ma soirée de travail. Ça m’a fait du bien, ça m’a donné envie d’y retourner, peut-être même un jour d’y lire un de mes textes, ça m’a surtout donner envie de le partager avec toi. Si tu as envie de découvrir les soirées d’Oaz’art, sache qu’il y en a une par mois.

Pour Noël, paye ta chemise hawaïenne

Pour Noël, paye ta chemise hawaïenne

Cet hiver, l’association Pelpass propose un dépaysement tropical pour la 11ème édition du festival Paye Ton Noël. Du 2 au 16 décembre, concerts, spectacles de rue et jeux animeront six lieux à Strasbourg.

Agitations tropicales pour un Strasbourg hivernal. C’est la promesse de l’association Pelpass pour sa onzième édition du festival Paye Ton Noël. Des pères noël en chemise hawaïenne, une soirée aux sonorités insulaires et des fanfares animeront la ville du 2 au 16 décembre, de la place Grimmeissen à celle de Zürich, en passant par le Molodoï et le Fat Black Pussycat.

Place au festival

L’événement commencera sur la place Grimmeissen, où se tient le marché Off de Noël. Le week-end des 2 et 3 décembre, des ateliers jeux seront proposés toute l’après-midi. La compagnie des Ô mettra en scène un Sherlock Holmes revisité. Pour Jeanne Bruxer, nouvelle présidente de l’association Pelpass, c’est le « spectacle-phare » de l’édition 2017.

Le dimanche 3 décembre, une autre performance posera une question d’une actualité brûlante : Est-ce que Bernard Arnault va bien ? A croire que la compagnie Quart de Seconde avait anticipé les révélations des Paradise Papers sur le patrimoine offshore du patron de LVMH… Des concerts clôtureront la soirée jusqu’au mardi 5 décembre.

Du 8 au 10 décembre, le festival prendra ses quartiers sur la place de Zürich, à la Krutenau. Concerts, spectacles et fanfares sont au programme tout le week-end. Le dernier jour des festivités est sans doute le plus original. Il commencera à midi par une session Disco Soupe, où l’on cuisine rebuts et invendus dans une ambiance festive. Un loto bingo absurde s’ensuivra avant de terminer sur un karaoké tout aussi prometteur.

Mélange des genres musicaux

La semaine suivante débutera au Fat Black Pussycat le 11 décembre. Profitant de la réouverture du lieu, l’équipe de Pelpass y a programmé une soirée Hip Hop avec l’Américain P.O.S. et le duo strasbourgeois Ishwa. Le lendemain, des courts-métrages seront projetés sur le campus central de l’Université de Strasbourg. Les vidéos auront été sélectionnées par l’association qui a lancé un concours (voir ici l’événement sur Facebook). Il est possible d’envoyer sa production jusqu’au 11 décembre, en envoyant sa production à jonathan@pelpass.net.

Paye Ton Noël se terminera au Molodoï du 14 au 16 décembre. Des rappeurs de Paris, Montreuil ou Nîmes feront hocher les têtes lors de la première soirée. Le vendredi 15, la scène sera successivement occupée par des guitaristes et des DJ’s. La soirée Tropical festif clôturera l’événement grâce aux rythmes entraînants d’Albinoid Afrobeat Orchestra et les notes cumbia de Baja Frequencia.

Revoir, la grande explication sur le GCO à l’Eurométropole

Revoir, la grande explication sur le GCO à l’Eurométropole

L’Eurométropole organise un débat, filmé, sur le Grand contournement ouest de Strasbourg au sein de son assemblée plénière mardi à partir de 17 heures. Rue89 Strasbourg vous propose de le suivre en direct (ou de le revoir), avec nos commentaires.

Une question ? Posez la et on y répondra en direct

Le dossier du Grand Contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg a connu tellement de rebondissements qu’il convient de rester prudent sur la suite.

La tenue d’un grand débat filmé avait été annoncée par le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), juste après la confirmation du projet par le nouveau gouvernement, après dix jours d’incertitude. Il fait un peu office d’explication finale sur le sujet pour les maires et les élus de l’agglomération, dont bon nombre ont été plutôt discrets sur le dossier.

À l’automne, les travaux préparatoires en forêt ont été reportés à l’année prochaine, le temps que les concessionnaires obtiennent un avis favorable quant à leurs compensations en faveur de la nature. La première copie avait été jugé trop légère par les scientifiques du Conseil national de protection de la nature (CNPN). Le deuxième avis est attendu cet hiver.

De plus, le projet ne correspond guère aux premières orientations du gouvernement en termes d’infrastructures, ce qui laissait planait le doute. Sur le terrain, des opposants se sont confrontés aux engins de chantier du concessionnaire de l’autoroute, la société Arcos filiale de Vinci. Guère emballé, le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot a expliqué que le contrat étant signé, il est difficile de revenir en arrière.

Utile ou pas ?

Les opposants (élus, riverains, défenseurs de la nature, association de consommateurs, syndicats, etc.) estiment qu’une rocade payante de 24 kilomètres ne réglera pas la congestion de l’A35, liée à l’accès et à la sortie de Strasbourg aux heures de pointe. Ils plaident pour des alternatives durables type ferroutage, écotaxe, transport fluvial, transports en commun. Pour les défenseurs (la CCI, l’Automobile Club ou Robert Herrmann en tête), c’est un moyen d’obliger les camions en transit à contourner Strasbourg. Ils estiment que cela permet de détourner une partie de la pollution des véhicules vers la campagne, moins touchée.

Ce débat exceptionnel, mardi 27 novembre à 17h, filmé, se tiendra en présence du secrétaire général de la Préfecture, Yves Séguy. Rue89 Strasbourg vous propose d’agrémenter les prises de position des élus de quelques commentaires, pour mieux comprendre les messages entre les lignes ou les éléments du dossier.

Notons que si le projet est validé et le contrat signé, les autorisations pour les travaux ne sont pas encore délivrées. Avec un calendrier remanié, la mise en service de l’autoroute est toujours prévue pour l’automne 2020.

La Carte du GCO (document Arcos)

La requalification en débat ?

Le débat pourrait aussi déborder sur la transformation promise de l’A35 en contrepartie. Certains estiment qu’il faut une requalification à minima, en abaissant simplement la vitesse de 90 à 70 km/h. Pour d’autres, il conviendrait de supprimer l’autoroute, en cassant les viaducs et talus, ainsi qu’en y installant des feux tricolores, des passages piétons et des abords sympathiques : quartiers, parcs, zones de loisir, bureaux, etc.

Une opportunité pour certains quartiers construits près de l’autoroute qui subissent bruit et pollution. L’autoroute coupe aussi la ville en deux et isole les quartiers ouest de manière assez sensible. Cet avenir assez hypothétique et lointain permet de parler de l’imaginaire, plutôt que d’en découdre sur l’utilité réelle de l’autoroute en question.

Des surprises ?

Problème, cette autoroute A35 est souvent bien pratique pour traverser la métropole du nord au sud en une poignée de minutes, pour les habitants comme les entreprises. Si bien que certains arrivent à défendre la réalisation du GCO tout en freinant une requalification. Mais l’intérêt du contournement payant devient alors minime…

Même les projections les plus optimistes tablent sur environ 135 000 véhicules par jour après la mise en place de l’autoroute, soit 4 à 5 fois l’avenue des Vosges. D’autres estimations indiquent, 148 400 véhicules/jour sur l’axe A35 au droit de l’A351 en 2021, contre 158 100 comptés en 2013. Les moyens financiers pour ces transformations d’ampleur sont aussi à préciser. Peut-être que le Secrétaire général sera interpellé sur ces aspects. Mais difficile d’être précis à ce stade.

Le débat permettra de faire le point sur la vision actuelle des uns et des autres sur ce projets des années 1970. Selon certains avis parmi les élus et leurs proches, quelques prises de position pourraient surprendre. Encore faut-il les assumer devant l’assemblée.

La Meurthe-et-Moselle prête à tester le revenu de base

La Meurthe-et-Moselle prête à tester le revenu de base

La possibilité d’assouplir les expérimentations évoquée par Emmanuel Macron devant les maires de France a donné des idées à huit présidents de départements. Dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche le 26 novembre, ces élus PS proposent d’expérimenter le revenu de base, « sans dogmatisme, sans certitudes ».

On rappelle le principe : une somme versée à tout citoyen, sans condition, ni contrôle. Ce pécule permet de subvenir aux premiers besoins, comme le logement ou l’alimentation pour plus facilement se concentrer sur ses passions, ses engagements, des études, un métier qui tient à cœur, etc.

Aussi appelé revenu de base, ce dispositif connait de nombreuses variantes, certaines très libérales (suppression totales des allocations et leurs organismes type Pôle emploi, CAF, etc.), d’autres plus redistributives (des allocations, par exemple pour les personnes handicapées ou au chômage, s’ajoutent au revenu de base).

« Pas le fossoyeur du travail »

Sommés de s’occuper des politiques de solidarité, ces responsables politiques y voient une version plus moderne du RSA, « qui échoue à vaincre la pauvreté, qui frappe près de 9 millions de personnes » :

« Le revenu de base n’est pas le fossoyeur de la valeur travail. Il est au contraire, pour celles et ceux qui passent à travers les mailles du filet de toutes les politiques publiques, une opportunité de reprendre le chemin de l’emploi. »

Le montant, ni les éventuelles conditions (le revenu universel est sensé être le même pour tous) ne sont pas évoquées à ce stade :

« Il y faut de la méthode. Étudier d’abord les bas revenus en France pour connaître plus finement les réalités sociales. Élaborer un modèle robuste, crédible scientifiquement, audacieux socialement et soutenable financièrement grâce à des micro-simulations. »

Et éventuellement le généraliser, si le dispositif s’avère efficace.

Mathieu Klein, partant

Dans le Grand Est, on retrouve le président de la Meurthe-et-Moselle en Lorraine, Mathieu Klein. Soutien de Manuel Valls lors des primaires, il n’avait pas lâché Benoît Hamon par la suite. À tel point qu’il reprend son idée-phare.

Le président du département de Moselle, Mathieu Klein (Photo Parti socialiste / Visual Hunt / cc)

Une autre initiative, lancée entres autres par Europe Écologie Les Verts, vise à tirer au sort des citoyens en France pour tester un revenu de 1 000 euros par mois. A cinq jours de la fin de l’opération de crowdfunding, les fonds pour obtenir trois cobayes sont presque atteints.

Lire la tribune sur le JDD.com

#revenu universel

Avec une forêt de sapins, la rue du Jeu-des-Enfants continue sa mue sociale

Avec une forêt de sapins, la rue du Jeu-des-Enfants continue sa mue sociale

À Strasbourg, la rue du Jeu-des-Enfants, récemment piétonnisée par ses habitants, s’habille d’une centaine de sapins pour Noël. Les samedis jusqu’au 16 décembre, ils accueilleront leurs décorations lors d’ateliers participatifs entre commerçants et riverains. La rue continue ainsi de se vivre comme une expérience sociale.

Dans l’association de la rue du Jeu-des-Enfants à Strasbourg, ils sont 45 adhérents, commerçants et riverains impliqués dans l’aménagement et la décoration de la rue avec comme ambition de recréer une vie de quartier. Pour Vincent Vigneron, secrétaire de l’association, l’installation d’une centaine de sapins dans la rue participe à cet objectif :

« Nous voulons sortir du lot avec nos 100 sapins. Nous les décorerons de manière participative avec les commerçants, les riverains, les passants et les habitants des quartiers. Tous les samedis il y aura des animations et cela jusqu’au 16 décembre. Les samedis de 11h à 13h, des ateliers de décorations seront réservés aux enfants des quartiers de la ville. De 14h à 16h, une animatrice proposera des ateliers pour réaliser des décorations de Noël à toute personne souhaitant participer. »

Dans la rue du Jeu-des-Enfants, 100 sapins habillent l’allée piétonne. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

En plus de cela, l’association a levé des fonds pour créer un chemin lumineux (tandis que la Grand’Rue échoue à le faire), grâce à une mise en place par des bénévoles. L’association et les commerçants s’engagent aussi à réaliser une collecte de jouets d’occasion, en bon état ou de jouets neufs, en faveur de l’association La Main du Cœur qui vient en aide aux enfants défavorisés d’Alsace. Les jouets peuvent être déposés dans les magasins de la rue jusqu’au 19 décembre.

En plus des sapins de forêts, des sapins en contreplaqué customisé décorent la rue. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Un village dans la ville avec de nombreux lieux d’échanges

Malgré sa piétonnisation, de nombreuses voitures continuent de passer rue du Jeu-des-Enfants. Les commerçants doivent jouer aux agents de circulation, alors qu’il est difficile de distinguer un riverain d’un automobiliste qui rejoint la place Saint-Pierre-le-Vieux à la place du Vieux-Marché-aux-Vins.

Depuis fin juin, cette rue ne cesse de se colorer puisque des artistes street art prennent peu à peu possession de certains espaces après un appel à projets lancé par l’association Akpé. En 2018, l’association de la rue souhaite investir deux façades de bâtiments. Pour les responsables, cette rue doit être en mouvement permanent.

Des œuvres street art sont présentes tout au long de la rue. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Le collectif New Ance a apporté plusieurs améliorations au mobilier urbain. À côté du cinéma Star Saint-Exupéry, une terrasse « citoyenne » a été installée avec un espace réservé aux enfants. Il y a également une palette de bois installée pour accrocher des vélos, une jardinière revisitée n’est pas loin. Des tiroirs permettent aux habitants de planter différents types de fleurs. Une trocothèque est installée aux abords du magasin M. Bricolage alors qu’une « cabane à savoir » trône place du Vieux-Marché-aux-Vins… Il s’agit d’une boite suspendue pour y déposer des livres, se les échanger, les partager.

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Pierre habite place du Vieux-Marché-aux-Vins. Il est le responsable végétation de l’association. Avec Strasbourg ça pousse il souhaite donner plus de verdure à cette rue. Lorsqu’il s’est installé, il ne connaissait que ses voisins. Aujourd’hui il connaît presque tout le quartier :

« Il y a vraiment une ambiance village aujourd’hui dans la rue du Jeu-des-Enfants. Nous voulons aménager encore plus de zones de verdures, faire des morceaux de trottoir végétalisés. Nous avons de nombreux projets. C’est important de faire des espaces verts, ça permet d’insonoriser et surtout c’est accueillant. « 

Malheureusement, Vincent Vigneron déplore déjà plusieurs dégradations. Des œuvres de street art sont dénaturées, des plantes volées. Les 100 sapins resteront-ils tous à leur place jusqu’à Noël ?

Comment financer tout cela ?

La forêt de sapins a coûté 1 400€ en partenariat avec les sapins Schreiber. Les initiatives artistiques en comptant les ateliers de décoration ont coûté 5 500€. Vincent Vigneron précise le budget d’animation de transformation de la rue :

« Notre budget global est de 73 000€. Nous en avons déjà dépensé 65 000 depuis la piétonnisation de la rue jusqu’aux aménagements de Noël. La participation des cotisations des adhérents s’élève à 21 000€. Nous avons également des dons de riverains. Les commerçants de la rue sont pratiquement tous adhérents de l’association. C’est ça qui fait notre force. »

Les cotisations annuelles pour les commerçants s’élèvent à 50€, celles des riverains à 15€, voire 5€ pour les étudiants.

Découvrez la « Capitale du bruit » et vous aussi, comprenez Calme Gutenberg

Découvrez la « Capitale du bruit » et vous aussi, comprenez Calme Gutenberg

« La capitale du bruit » est un documentaire sur Robert, un Strasbourgeois qui ne supporte par les fêtards, les bars et le bruit en ville d’une manière générale. Alors pour se calmer et documenter les ravages de l’alcool, Robert filme les personnes qui titubent et vomissent dans les rues de Strasbourg après minuit. Ça vous rappelle quelque chose ? C’est normal. Un film à découvrir lors d’une soirée spéciale mardi 28 novembre au cinéma Star Saint-Exupéry.

Qui se souvient de ces vidéos du collectif Calme Gutenberg, montrant sur YouTube des personnes éméchées dans les rues du centre de Strasbourg, en train de vomir ou de s’embrouiller ? Elles avaient défrayé la chronique en 2015 et relancé le débat, interminable, de la vie nocturne dans le centre d’une métropole. Elles avaient aussi tapé dans l’oeil de Rock Brenner, Arnaud Delecrin et Stéphane Bernard. Lorsqu’après la mort d’un fêtard retrouvé noyé dans l’Ill, Calme Gutenberg semble s’en réjouir sur sa page Facebook, les trois jeunes cinéastes se sont demandé « qui peut penser comme ça ? »

L’affiche du film

Ainsi est né le personnage de « Robert », magistralement incarné à l’écran par Stéphane Bernard, et l’idée de réaliser une sorte de documentaire sur lui pour « comprendre ses motivations ». Au départ, « La capitale du bruit » ne devait durer que quelques minutes et au final, un film d’une heure et demie est sorti du montage comme l’explique Rock Brenner :

« On a écrit un scénario global avec tous les comédiens. Au départ, le but était clairement de se moquer de Calme Gutenberg puis on a découvert ensuite l’étendue de la lutte menée contre le bruit en ville, des associations se montent un peu partout et parviennent parfois à remporter de nettes victoires. Ainsi à Toulouse, tous les bars ferment à 1h, autant dire que les anti-bruit de là-bas ont gagné… Le sujet a pris de l’ampleur et donc le film aussi… On a gardé le traitement en docu-fiction mais on s’est vraiment attachés à essayer de comprendre les gens comme Robert. »

Une page de haine soigneusement alimentée

Pendant plus d’un an, « Robert » a méticuleusement alimenté sa page Facebook, de vidéos de fêtards, de commentaires haineux contre ceux qui sortent et boivent, de photos de vomissures dans les rues, etc. Et ça a pas mal marché, dans les commentaires des publications de Robert, nombreux sont les internautes à avoir pris le personnage de fiction pour une nouvelle itération d’un énervé du centre-ville.

« Si la trame est écrite, tous les dialogues du film sont improvisés. Ils sonnent vrai parce que Robert existe quelque part, c’est un humain… comme Marine Le Pen par exemple, quelles que soient ses motivations, on ne peut pas nier qu’elles soient construites. Et même pour les plus tolérants d’entre nous, on a tous un petit côté Robert en nous, un côté qu’on préfère ne pas voir… Moi-même, je suis Robert par moments… »

Et effectivement, le spectateur parvient à comprendre Robert. Pas à l’excuser, encore moins à l’approuver, mais le film donne les clés pour décoder les névroses de Robert. Pour un film produit en complet bénévolat, improvisé à 90%, tourné avec un appareil photo et un enregistreur de sons grand public pour un budget total de 1 500€, c’est un trait de génie.

On se retrouve donc happé dans la vie de Robert, on est avec lui quand il part à la rencontre des fêtards de Strasbourg et on retrouve tout au long du film de nombreuses figures de la vie strasbourgeoise, dont Kansas of Elsass, Eli Finberg, Gil Jogging, Thomas Schoeffler, Jr

Les cinéastes le confessent, La Capitale du Bruit n’apporte pas de réponse au délicat problème de la coexistence entre riverains et fêtards dans les centres-villes français :

« Il y a des arguments et des extrémistes des deux côtés. On espère que le film permettra de poser la question des centres-villes, de leur animation en soirée et durant la nuit. Ce serait bien qu’il soit diffusé dans des bars et des lieux alternatifs. On a une version court-métrage. »

Entretien avec Robert, la version court-métrage de La Capitale du Bruit a été sélectionné dans une quinzaine de festivals et a remporté 4 prix.

Dans Chambre noire, les facettes de Valérie Solanas, féministe radicale, explorées en clair-obscur

Dans Chambre noire, les facettes de Valérie Solanas, féministe radicale, explorées en clair-obscur

Yngvild Aspeli et sa compagnie Plexus Polaire ont présenté Chambre noire au TJP à Strasbourg. Une création dans laquelle la marionnettiste, metteure en scène et comédienne norvégienne a plongé son public dans l’intimité de la fameuse militante féministe Valérie Solanas.

À la fois féministe, intellectuelle et prostituée, pleine de force et de fragilité, la personnalité de Valérie Solanas (1936 – 1988) est fascinante et remplie de paradoxes. Yngvild Aspeli les sonde dans un spectacle mêlant marionnette, jeu d’acteur, projection vidéo et musique sur scène, signée Ane Marthe Sorlien Holen. La metteure en scène norvégienne a l’habitude de puiser dans des oeuvres littéraires pour explorer des tourments d’individus et leur recherche d’une place dans la société contemporaine. Ici, elle s’inspire du roman La Faculté des Rêves de Sara Stridsberg, lui-même inspiré de la vie de Valérie Solanas.

Le corps de la comédienne fusionne avec celui de sa marionnette (Photo: Benoît Schupp)

Un féminisme radical et misandre

La lumière s’allume et dévoile une marionnette à taille humaine. Celle-ci prend les traits de Valérie Solanas, féministe américaine auteure du SCUM Manifesto et devenue célèbre pour sa tentative d’assassinat à l’encontre d’Andy Warhol. Elle s’adresse au public à travers quelques passages de son pamphlet :

« Life » in this « society » being, at best, an utter bore and no aspect of « society » being at all relevant to women, there remains to civic-minded, responsible, thrill-seeking females only to overthrow the government, eliminate the money system, institute complete automation and eliminate the male sex. »

Son féminisme radical et misandre, prônant la supériorité des femmes sur les hommes qui les ont oppressées (et leur élimination à terme !) s’exprime dans ces extraits dont l’humour n’a rien à envier à la virulence. Cependant, le spectacle ne se focalise pas sur son texte et son idéologie. Chez elle, il explore l’intime, ses tourments, sa vie personnelle.

Nous la retrouvons alitée, dans un hôtel miteux de San Francisco, alors qu’elle vit ses derniers instants. Dans une sorte d’hallucination, différents temps de sa vie surgissent autour de ce lit : son enfance, sa jeunesse, son procès après sa tentative de meurtre… accompagnés parfois des personnages les ayant marqués comme sa mère ou Andy Warhol. Le spectateur découvre, par bribes, Valérie Solanas, en public et dans son intimité la plus crasseuse, diplômée en psychologie et patiente d’institutions psychiatriques, victime de son père et bourreau de l’artiste pop-art. La complexité de ce personnage aux multiples facettes le rend insaisissable. Mais est-il vraiment question de le saisir ?

« Une inondation de colère face aux limites bafouées »

Son parcours, ses écrits, dressent le portrait d’une femme brillante et désaxée, à l’extrémisme absurde, cherchant sa place dans la société. C’est là que le spectacle dépasse l’histoire de ce personnage pour venir interroger le féminin et la place des femmes, voire de chacun. Selon la metteure en scène :

« Son manifeste S.C.U.M. transcrit pour moi son niveau d’humiliation, de douleur et de rage. C’est une collection, une inondation de colère face aux limites bafouées et aux abus du pouvoir, à la fois physiques, psychologiques et politiques. »

Une autre figure féminine, celle de sa mère Dorothée, est présente tout au long de la pièce. Son style rappelle celui de Marilyn Monroe ; elle est belle et aspire à le rester toute sa vie. Son rapport à la féminité et aux hommes se heurte à celui de la jeune Valérie Solanas, soulignant l’opposition entre les deux femmes. Enfin, l’artiste norvégienne évoque visuellement le corps sexualisé de la femme. Sur une scène qui prend des allures de cabaret, le corps féminin s’exhibe et se déforme de la pin-up à la femme araignée, la marionnette et ses distorsions permettent le surgissement d’un discours visuel sur les fantasmes et les violences autour de ce corps.

Le fantôme de Dorothée vient hanter les derniers instants de sa fille dans sa chambre d’hôtel (Photo Benoît Schupp / TJP)

Traduire le texte en images

La double formation d’Yngvild Aspeli l’amène à interpréter elle-même tous les personnages de la pièce – tantôt en tant que comédienne, tantôt en tant que marionnettiste – dans une sorte de dialogue schizophrène entre le corps, celui qui manipule, et l’objet animé. Ce double langage permet de dépasser la réalité :

« Je poursuis ici la traduction de la douleur en poésie par le spectacle de marionnette. Chercher comment cette approche peut éclairer les frontières entre le bien et le mal, entre le bon et le mauvais. Comment concrétiser l’abstrait ? Rendre compréhensible l’inexplicable ? Je souhaite m’attacher tout particulièrement au paradoxe de cette dualité/équilibre, qui forge chaque être… Un dialogue incessant entre la force et la fragilité. Lorsque la belle et la bête cohabitent au coeur de l’homme. »

Plus qu’un choix esthétique, la marionnette instaure une distance avec notre propre humanité, elle en cerne les parts les plus abstraites. Le rapport entre ces deux présences se manifeste aussi par des formes plus hybrides où le corps de la comédienne et celui de la marionnette se confondent dans un jeu entre illusion et altération.

Avec « Chambre noire », celle qui maniait les mots avec brio se dévoile finalement par images. Yngvild Aspeli parvient ici à rendre les multiples formes éloquentes; elles concourent à offrir un spectacle magnifique, brutal, drôle et profondément humain.

Concert tout feu tout femme jeudi à Django avec Carmen Maria Vega et Claire Faravarjoo

Concert tout feu tout femme jeudi à Django avec Carmen Maria Vega et Claire Faravarjoo

Jeudi 30 novembre, l’espace Django Reinhardt au Neuhof à Strasbourg accueille une artiste française de haut vol : Carmen Maria Vega. Elle viendra ensorceler le public, accompagnée de la très pop et strasbourgeoise Claire Faravarjoo. Opération séduction.

Carmen Maria Vega fait partie de ces artistes aux multiples facettes. De ceux qu’on croit connaître jusqu’au projet suivant qui chamboule tout. En 2009, elle sort un album éponyme mené par le titre « La Menteuse », premier album après le coup de projecteur donné par le dispositif Fair et le chantier des Francos. On découvre une voix et une personnalité pleines de caractère, qui font de la chanson française un terrain de jeu à dépoussiérer.

En 2012, elle fait ses premiers pas d’actrice au cinéma, juste avant de sortir un deuxième album, Du Chaos naissent les étoiles. L’année suivante, elle publie un album de reprises en hommage à Boris Vian et enchaîne avec un spectacle qui mêle danse, chant, théâtre et burlesque pour le présenter. C’est cette capacité incroyable à évoluer sur tous les plans artistiques qui la mène à la comédie musicale Mistinguett, dans laquelle elle incarne le rôle phare. Infatigable ? Hyperactive ? Complètement passionnée, surtout.

Énergie et humour, cocktail explosif

Depuis, l’artiste mi-guatemaltèque, mi-lyonnaise continue de tracer un chemin d’une liberté folle dans un paysage français guindé. Et aborde les sujets les plus sensibles et les plus nécessaires. Dans Garçons, elle rejoint Zaza Fournier et Cléa Vincent pour interpréter, en costume, des chansons d’hommes qui parlent de femmes. Féministe, intelligent, subtil.

En parallèle, elle sort un EP, Ultra Vega, et prépare Santa Maria, qu’elle sort en avril. Cet album, elle y met toute son histoire, du trafic d’enfants dont elle est victime à ses amours douloureuses, en passant par les fantômes de son adoption. Elle ne le fait pas seule, puisque c’est des meilleurs artistes actuels français qu’elle s’entoure : Zaza Fournier, encore, mais aussi Kim Gianni, qui l’accompagne en tournée, Mathias Malzieu (Dionysos), Jean Felzine (Mustang), Baptiste W. Hamon…

Et sur scène, elle mélange désormais son spectacle Ultra Vega aux titres de Santa Maria, associant poésie des mots au feu scénique qu’elle allume partout.

carmen maria vega
Ultra Vega Tour

C’est cette capacité à réunir tous ces talents qui peut-être prouve le magnétisme de la jeune femme. Un magnétisme facile à appréhender dès les premières secondes de ses arrivées en scène. Mais un magnétisme trouble parfois, quand elle laisse les fêlures apparaître. Ce sont ces deux cartes qui construisent un personnage ambivalent et passionnant à découvrir en chansons, à l’image de cette belle affiche de concert.

Claire Faravarjoo, pop claire strasbourgeoise

En première partie, Carmen Maria Vega sera accompagnée de la strasbourgeoise Claire Faravarjoo, dont Rue89 Strasbourg a déjà parlé. Auteure de Minuit, premier album sorti le mois dernier, elle sortira sa guitare électrique et ses synthés pour préparer le public à danser et bouger sur ses rythmes pop colorés.

Soirée heureuse en perspective.

Contre un bar d’extrême-droite à Strasbourg : ré-sis-tance !

Contre un bar d’extrême-droite à Strasbourg : ré-sis-tance !

Le Bastion social, mouvement d’extrême droite bien connu des lyonnais, prévoit d’ouvrir une antenne à Strasbourg. L’adresse est pour l’instant inconnue. À Lyon, les identitaires du Bastion social étaient connus pour leurs actions au vernis social, mais aussi discriminatoires.

Dix ans après, Strasbourg-Méditerranée continue de croire aux utopies

Dix ans après, Strasbourg-Méditerranée continue de croire aux utopies

Strasbourg-Méditerranée du 25 novembre au 9 décembre, c’est 15 jours de rencontres, de tables-rondes, de concerts, de spectacles ou encore de séances cinématographiques. Pour sa 10e année, le festival gravitera autour des utopies. Retour sur la programmation avec Myriam Chopin, présidente de Strasbourg-Méditerranée et Salah Oudahar, le directeur artistique.

Strasbourg-Méditerranée soulève et questionne la société française avec plus de 90 manifestations sur 37 lieux de diffusion, du samedi 25 novembre au 9 décembre. Myriam Chopin et Salah Oudahar, respectivement présidente et directeur artistiques du festival, détaillent comment ils ont construit le festival autour du thème des « utopies ». Pour Salah Oudahar, « la seule utopie digne de ce nom : faire reculer l’intolérance, la xénophobie ou encore l’indifférence à l’autre » :

« Nous voulons inscrire cette édition autour des frontières, de la thématique de l’hospitalité, sous le signe des libertés de circulation des hommes et des idées. Nous voulons élargir les frontières sous le signe de l’héritage partagé. L’utopie est un état d’esprit. Cela signifie avoir un esprit de résistance au renoncement, au fatalisme, être en quête d’émancipation. C’est aussi un combat pour l’égalité, la liberté, la paix, pour une société ouverte, plus juste, plus humaine. Les sujets récurrents porteront sur la crise des migrants. »

Myriam Chopin ajoute :

« Nous voulons montrer la variété de l’histoire de la Méditerranée, ses mémoires qui s’expriment à travers différentes formes artistiques. C’est à travers ces formes artistiques que l’on sait comment lutter contre les discriminations, les restrictions. C’est un moyen de dialoguer ensemble. »

Entre débat sur la Syrie, la Turquie et la Grèce, la programmation culturelle pluridisciplinaire cherche à rapprocher ces pays en crise. Salah Oudahar se remémore le festival de 2015 avec émotion :

« Il y a deux ans, le festival se déroulait tout juste pendant les attentats de Paris. Cette année, ces questions de crainte de l’autre, de la crise migratoire, de la fermeture de certaines frontières sont posées. Rapprocher certains pays qui sont aujourd’hui en crise, c’est un pari osé mais cela représente bien l’engagement de ce festival. Aujourd’hui cet engagement est partagé par la Ville de Strasbourg. »

Six à sept films seront projetés et sept expositions sont présentées dans le cadre du festival à Strasbourg. Plus de 90 événements se déroulent du 25 novembre au 9 décembre 2017 essentiellement à Strasbourg et dans l’Eurométropole, avec une évasion à Bischwiller. Le programme complet est disponible sur le site de Strasbourg – Méditerranée.

Le festival Strasbourg Méditerranée réunit plusieurs cultures autour d’intérêts communs (doc remis)

Coup de projecteur sur la Turquie en perdition autocratique

Myriam Chopin est fière d’accueillir Zülfü Livaneli, auteur, chanteur et homme politique turc qui fête ses 50 ans de carrière :

« C’est un auteur engagé qui s’est exprimé notamment sur la répression et la situation en Turquie. Directement cela donne le ton de l’engagement citoyen qu’a le festival. »

Le concert d’ouverture accueille les voix de Grèce et de Turquie d’Angélique Ionatos et de Katerina Fotinaki, puis le violoncelliste Erman Imayhan et le pianiste Henning Schmiedt. Salah Oudahar explique :

« Nous voulons faire dialoguer la Grèce et la Turquie, leurs Histoires. Un coup de projecteur sera donné à cette relation particulière entre les deux pays, son actualité tourmentée notamment en Méditerranée. »

Toujours dans les mêmes latitudes, le concert de clôture samedi 9 décembre reçoit le groupe turco-greco-français Pera et le groupe Tinariwen, né de la rébellion du peuple touareg des années 80. Les artistes proposent un mélange de musique arabe traditionnelle et de country. Pour Salah Oudahar, c’est un appel au voyage :

« Nous allons là en profondeur dans l’Afrique, en portant un regard sur les minorités. Tourag, berbère, en recherche de reconnaissance. »

Zebda revival en guest star

Notons également le grand retour du Grand Ensemble de la Méditerranée avec Aman Aman !, un concert mêlant danse et chansons populaires de Grèce, de Turquie, des Balkans, du Moyen-Orient, du Maghreb ou de l’Europe du Sud, dimanche 26 novembre à 17h30 à la cité de la Musique et de la danse.

Un autre concert important c’est celui mené par les frères Mouss & Hakim de Zebda qui partageront la scène avec Idir, Gari Grèu (Massilia Sound System) et Karimouche. Le concert se nomme Motivés! Est ce qu’on y croit encore ?, mardi 28 novembre à 20h30 à L’Illiade.

Concert avec les frères de Zebda Mouss & Hakim entre autre autour des utopies et leur combat. (doc remis)

Sept expositions proposent une relecture des conflits passés ou contemporains et un questionnement sur l’accueil des réfugiés et des immigrés. Myriam Chopin conseille particulièrement Frontières à la médiathèque Olympe de Gouges :

« Pour cette exposition, le festival est en partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration. L’importance de la question des frontières est un problème d’actualité. Faut-il oui ou non les ouvrir ? C’est la question. »

En plein dans l’utopie.

Strasbourg, ville zéro SDF ? Une majorité trouvable, mais un vote difficile

Strasbourg, ville zéro SDF ? Une majorité trouvable, mais un vote difficile

Il y aurait peut-être une majorité d’élus pour voter des crédits pour héberger la grande majorité des sans-abris à Strasbourg. Mais le maire ne veut pas que la Ville, déjà volontariste, se substitue à l’État. Liée à ses engagements vis-à-vis de Roland Ries, la majorité quadripartite ne peut avancer le sujet sans déclic de son chef.

Ancien du PS, membre du groupe d’élus apparentés à la Ville de Strasbourg, Syamak Agha Babaei a mis une proposition . . .

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La tradition du sapin de Noël est née à Strasbourg en 1492

La tradition du sapin de Noël est née à Strasbourg en 1492

Archives vivantes – L’Alsace a-t-elle inventé la tradition du sapin de Noël ? Entre historiens, la bataille fait rage pour savoir quelle ville, quelle bourgade de l’espace rhénan a été la première à installer un sapin. Et pour l’instant, c’est… Strasbourg qui tient la corde avec une mention de l’Oeuvre Notre-Dame de 1492. Il s’agissait alors d’accueillir la nouvelle année…

Mais d’où vient cette tradition si ancrée du sapin de Noël ? Selon plusieurs sources, le premier sapin de Noël aurait été érigé à Sélestat en 1521, ce qui ferait de cette ville d’Alsace le berceau de cette tradition maintenant largement respectée un peu partout. Sauf que des recherches récentes, menées par Georges Bischoff ont montré que l’Oeuvre Notre-Dame a commandé 9 sapins pour les 9 paroisses de Strasbourg « pour accueillir la nouvelle année » en… 1492 ! Et pan, Sélestat ! Médiateur culturel au Musée alsacien de Strasbourg, Adrien Fernique précise les conditions de cette découverte :
« Gérard Leser et Georges Bischoff ont travaillé sur les traditions de Noël dans l’espace rhénan. Il a d’abord été question de branchages de sapins dès le XIIIe siècle. Puis en 1521 à Sélestat, la ville a voulu « garder des arbres pour la Saint-Thomas (le 21 décembre, ndlr) » en dépensant 4 schillings. Mais dans un ouvrage de 2006, il est vraiment fait mention de sapins cette fois, achetés 2 florins, dans un livre de comptes de l’an 1492 de l’Oeuvre de Notre-Dame. C’est à ce jour la première mention de l’installation de sapins à cette période de l’année. »

Une tradition de l’espace rhénan

Dans les vidéos de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) ci-dessus, la mention de Sélestat est bien reprise pour situer dans l’Histoire l’origine de cette tradition. Elle est de toutes façons issue de l’espace rhénan, comme l’explique Adrien Fernique :
« La mention de 1492 était passée inaperçue mais maintenant que les historiens savent qu’ils peuvent chercher des sapins dans les livres de comptes, il n’est pas exclu que la date de la première édification d’un sapin pour la période de Noël change à nouveau. Les mentions de sapins se multiplient dans tout l’espace rhénan à partir du XVIe siècle, en Alsace à Ammerschwihr, Kaysersberg et de l’autre côté du Rhin à Fribourg. En 1576, on a la preuve qu’un linteau en pierre d’une porte à Turckheim est décoré par un sapin gravé, avec des bretzels comme décoration. »
Installation d'un grand sapin place de l'Homme de Fer à Strasbourg. Une tradition qui remonte à... 1492 ! (capture écran INA)
Installation d’un grand sapin place de l’Homme de Fer à Strasbourg. Une tradition qui remonte à… 1492 ! (capture écran INA)
Pourquoi un sapin à Noël ? Il s’agissait en fait d’une tradition populaire et profane, afin de célébrer la victoire du renouveau au moment le plus sombre de l’hiver. « C’est pourquoi l’Oeuvre Notre-Dame parle d’accueillir la nouvelle année », précise Adrien Fernique :
« Au XVIe siècle, l’arbre était disposé dans les lieux publics, parcs ou corporations par exemple. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle qui va faire son entrée dans les foyers. Il sera d’abord suspendu au plafond parce qu’alors, on décorait les sapins avec des denrées comestibles, des petites pommes rouges, des oblats (osties non consacrées)… Il s’agissait d’éviter les rongeurs. Ces sapins suspendus sont assez bien documentés par des témoignages et même des illustrations, comme un dessin de Benjamin Zix de 1816. »
Mais ce n’est qu’à partir de 1850 qu’on voit les sapins de Noël véritablement s’installer dans les maisons, de plein pied. Quant aux boules de Noël, il y a une controverse sur la première fabrique à l’avoir proposée :
« Goetzenbruck près de Meisenthal prétend être le berceau de la boule de Noël en verre mais en fait, il semble bien que des boules en verre aient préexisté en Thuringe. »

Repris par les Américains dans l’imagerie populaire de Noël

Ensuite, la tradition du sapin de Noël se raccroche à l’histoire des migrations des peuples germanophones. Il y a eu une première vague vers la France en 1870, après la défaire de la France face à la Prusse, les Alsaciens qui le désirent peuvent rester Français, à condition de partir. Ce que de nombreux Alsaciens font vers Nancy et Paris, en emportant leurs traditions de petits sapins de Noël avec eux. Et c’est la caisse de résonance américaine qui donnera aux traditions de Noël l’écho que l’on connaît aujourd’hui, comme l’explique Adrien Fernique :
« La tradition du sapin traversera l’Atlantique avec les migrants allemands vers les États-Unis, avec Santa Claus et toute l’imagerie du Noël américain que l’on connaît aujourd’hui, sa récupération par Coca-Cola, etc. Ces éléments sont revenus en Europe par l’influence américaine, ce qui explique que dans bien des endroits, y compris au Sundgau par exemple, il n’y avait pas cette tradition des sapins de Noël avant 1950. »
Quant à la solidité des sapins érigés sur les places, les archives restent muettes sur cette délicate question.

Entre boulevards et autoroute, le quartier Laiterie au défi de sa rénovation

Entre boulevards et autoroute, le quartier Laiterie au défi de sa rénovation

Les engins de chantier vont débarquer à la Laiterie, entre la gare et l’autoroute. Les éléments en débat de ces travaux attendus depuis longtemps donnent l’occasion à ce quartier populaire proche du centre de Strasbourg de s’interroger sur son identité.

La municipalité va entamer la rénovation des rues de la Broque, du Ban de la Roche et du Hohwald, au cœur du quartier de la Laiterie à Strasbourg. L’adjoint au maire de quartier, Paul Meyer (La Coopérative), a présenté mardi 21 novembre les premières orientations, elles-mêmes issues d’un premier diagnostic avec des habitants et associations au Molodoï, fraîchement rénové.

Comme pour toute concertation, la mobilisation des habitants s’annonce difficile. Une vingtaine de personnes étaient présentes en fin d’après-midi, alors que près de 2 000 personnes ont été invitées par des invitations, courriers, e-mails ou affiches.

Un immeuble détruit, la Semencerie vers la sortie

La réunion commence par quelques annonces : la barre d’immeubles des 12-14-16 rue du Hohwald va être détruite et reconstruite avec autant de logements sociaux, car selon Paul Meyer, une rénovation serait chère, complexe et inefficace. Le terrain de la Semencerie a été requalifié en zone industrielle et commerciale pour faciliter une éventuelle vente de cet ancien hangar, qui pourrait aussi abriter une promotion immobilière. Cette requalification a été faite à la demande des artistes actuellement occupants du hangar, qui estiment avoir été très bien traités par la famille Nungesser depuis 2008 (la belle histoire ici) et voient d’autres possibilités se dessiner pour eux à la Coop au Port-du-Rhin.

D’autres projets, sont présentés mais à l’état de propositions. On évoque par exemple de piétonniser la rue du Hohwald pour en faire « une cour urbaine », plus agréable.

Travaux attendus

Ces travaux très attendus, qui coïncident avec l’extension du tram vers Kœnigshoffen, font office d’introspection pour le petit quartier. Qualifié par le sigle de QPV (« quartier prioritaire de la Ville« ), pour ne pas dire « pauvre », il est le plus proche du centre-ville des 18 QPV strasbourgeois.

Dans la salle, on fait par exemple le constat que le jardin partagé n’est plus entretenu après quelques années de bonnes volontés. On remarque aussi qu’il manque une structure sportive, que le City stade, éteint la nuit, a du mal à compenser.

Dans la salle, des panneaux listent les constats effectués sur le terrain avec des forces vives et habitants. L’un d’eux localise sur une carte les lieux de trafics, tags, agressions,. Il a été réalisé à l’aide des informations des forces de police, bailleurs sociaux et autres institutions du secteurs, apprend-t-on par la suite.

Pas très dur de savoir où se déroulent les incivilités (Photo Pierre France / Rue89 Strasbourg)

Quid de l’embourgeoisement ?

Après des échanges, il est décidé de constituer trois ateliers, un par rue, plutôt que par thématiques (circulation, vivre-ensemble ou vie quotidienne « qu’on ne voulait pas appeler sécurité ») comme proposé initialement par la Ville. En toute fin de séance, on ajoute un quatrième atelier, celui de la « dynamique humaine ».

Néanmoins la question d’un embourgeoisement redouté du quartier génère quelques échanges vifs entre les participants à la réunion et l’adjoint de quartier. Lorsqu’il est indiqué un peu hâtivement que « les prostituées n’ont plus rien à foutre là », un habitant s’interroge sur le sens de la phrase. Paul Meyer démarre alors au quart de tour :

« Les prostituées ont toute leur place dans ce quartier. Que la police démantèle les réseaux plutôt que de s’en prendre à des femmes ou des hommes, qui sont plutôt des victimes de trafics. »

Pas de relance dans la salle.

Problèmes du quotidien

Pour d’autres, c’est l’occasion de faire remonter des problèmes du quotidien : des voitures garées n’importe comment, le bruit des fêtards le soir à la sortie des salles de spectacles. La question d’étendre le stationnement payant à ce secteur est évoqué par Paul Meyer. Des étudiants utilisent notamment le parking rue du Ban-de-la-Roche pour se garer, un report logique depuis que l’Esplanade est devenue une zone payante en 2016.

Le plan de la rénovation projetée du quartier Laiterie (doc Ville de Strasbourg)

Cette concertation vise bien les habitants, et non les habitués des lieux culturels. Car c’est aussi un des problèmes du quartier, il est divisé entre utilisateurs des structures (Laiterie, Molodoï, Espace K, Taps Gare, futur bar Saperlipopette) et des habitants, qui cohabitent peu.

Dans l’assemblée, un membre de l’association gestionnaire du Molodoï prend la parole pour dire qu’il « ne faut pas hésiter à solliciter les structures » pour y monter des projets de quartier. Dans leurs conventions avec la Ville, il est stipulé qu’elles doivent s’ouvrir au quartier. En plus d’événements ponctuels comme la fête de quartier, le Molodoï propose par exemple des cours de boxe populaire, gratuits (« et antifascistes » sic !) les lundis soirs.

La place pour des activités économiques autres que culturelles demeure floue, en dehors d’un projet de food court (voir notre article).

Amélioration ou disparition d’habitants ?

Un autre échange animé a eu lieu à propos de l’arrivée de nouveaux habitants, une nouvelle population qui trouverait attractif un quartier Laiterie rénové. Muharrem Koç, de l’ASTU (action sociale interculturelle) depuis 24 ans, fait part de ses préoccupations :

« Il y a une crainte que des personnes s’en aillent, notamment parmi les populations les plus fragiles et les plus précaires. Faisons attention, car ils ne reviendront pas et on risque de perde en mixité sociale. Il y a des exemples d’embourgeoisement dans beaucoup de quartiers à Strasbourg. »

Pour Paul Meyer, la question de l’embourgeoisement est « évoquée par quelques uns depuis 20 ans et n’a jamais eu lieu » dans le quartier, explique-t-il à l’issue de la réunion publique. Devant l’assemblée plutôt silencieuse, il a expliqué vouloir continuer à construire des logements sociaux (peut-être à la place de la Semencerie ?) dans ce secteur pour assurer que des populations à faibles revenus cohabitent avec d’autres :

« Il faut dépasser l’idée qu’une amélioration, c’est forcément une « boboïsation. » C’est une fierté que des gens avec plus de moyens et un fort capital culturel puissent choisir de vivre dans ce quartier. Cour de Rothau, il n’y a pas de mixité. »

La question devrait revenir dans le débat à l’avenir, Muharrem Koç, précise :

« L’idée ce n’est pas de dire qu’il ne faut rien faire, mais la question c’est qu’est-ce qu’on fait des populations qui sont là. Un quartier, ce n’est pas juste une rue… »

Le TGV qui passe au dessus de la rue du Hohwald... (photo Myriam Niss)
Le TGV qui passe au dessus de la rue du Hohwald… (photo Myriam Niss)

Les boulevards aussi rénovés

Peut-être que lorsque le mur anti-bruit le long de l’autoroute, aussi réclamé par les habitants et attendu de la part de l’État, sera construit, le quartier gagnera aussi en qualité de vie. À plus long terme, c’est même la disparition de l’A35, transformée en boulevard urbain, avec ses feux rouges et passages piétons, qui est promise après la mise en service du Grand contournement ouest (GCO).

Au nord du quartier, le boulevard de Nancy va aussi être considérablement transformé avec le prolongement de la ligne G du Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) vers la place de l’Étoile. Si cette extension est actée, la place des pistes cyclables (« très demandées » dixit Paul Meyer), la place des terrasses ou du stationnement sont à discuter.

Au conseil de l’Eurométropole, la hausse d’impôts suspendue aux décisions du Parlement

Au conseil de l’Eurométropole, la hausse d’impôts suspendue aux décisions du Parlement

Après celle du conseil municipal de Strasbourg, c’est la coalition gauche-droite au conseil municipal qui se penche sur ses orientations budgétaires pour 2018. Nouveau test, dans un climat plutôt serein, pour la majorité. Même si deux nouveaux groupes se sont formés. À suivre en direct à partir de 9h.

Il y a moins d’un an, la coalition droite-gauche à l’Eurométropole était reconduite à la suite d’une élection interne périlleuse, conséquence de l’arrivée de cinq nouvelles communes. Depuis, plusieurs élections sont passées par là et l’alliance locale continue de travailler.

Quelques bonnes nouvelles

Le débat d’orientation budgétaire (DOB), et le budget le mois suivant sont toujours des moments solennels pour faire le point sur la politique générale. Cette année, le DOB arrive dans une ambiance relativement zen qui dénote. Et pour cause, plusieurs nouvelles desserrent un peu la pression sur les finances.

Au niveau de la gestion locale, les taux d’emprunts sont toujours un peu plus bas (1,1 millions d’intérêts économisés) et les des détournements de déchets pendant la fermeture de l’usine d’incinération coûteraient un peu moins cher qu’estimé. Enfin, le nouveau gouvernement n’a pas amputé les dotations de l’État de 6 millions d’euros comme initialement prévu. Tout ceci fait bien plus qu’une hausse de 1% des impôts locaux, qui augmenterait les recettes de 1,5 millions d’euros autrement.

Pas d’augmentation, si…

Si bien que pour la première fois en 4 ans, la coalition planche sur une non-augmentation des taxes locales. Pour cela, elle espère que le Parlement vote fin décembre une revalorisation des bases locatives de 1%, qui correspond à l’inflation (à ne pas confondre avec les taux, fixés localement). Sinon, elle augmentera les taux de manière à compenser cette somme, soit environ 1% également. Pour le savoir, il faudra attendre le vote du Parlement le 14 décembre.

La vie de l’Eurométropole continue (Photo Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg)

Qu’en sera-t-il des bases ?

Notons que par le passé le Parlement a souvent voté des revalorisations supérieures à l’inflation. Mais ce n’était pas à lui de payer ces hausses de la fiscalité, ce qui va changer à partir de l’année prochaine ! En trois ans, la taxe d’habitation doit être supprimée pour les 80% de ménages les plus modestes (78,16% à Strasbourg, selon un simulateur du Parisien). C’était une promesse du candidat Macron.

Ce manque à gagner est bien compensé par l’État, si les taux locaux n’augmentent pas. Mais le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, et sa vice-présidente aux Finances, Caroline Barrière (PS), sont un peu moins enjoués à l’heure de présenter les premières mesures du gouvernement qu’Olivier Bitz, adjoint aux Finances macroniste qui s’est plié au même exercice à la Ville en début de semaine.

Ils sont aussi méfiants vis-à-vis des économies futures demandées aux pouvoirs locaux (13 milliards sur cinq ans, un peu plus qu’en 3 ans lors du quinquennat précédent). Caroline Barrière aimerait que les futures règles, le fameux Pacte avec les collectivités, « récompense ceux qui ont déjà fait des efforts », sous-entendu Strasbourg plus que d’autres.

Cela tombe bien l’un des rédacteurs du rapport Richard-Bur est l’ancien patron de la direction régionale des collectivités locales Dominique Bur, cousin d’Yves Bur, maire de Lingolsheim passé de Les Républicains à « En Marche » et numéro 2 de la coalition. Ce dernier est prié de glisser l’un ou l’autre message.

Les nouveaux groupes à l’épreuve d’un budget

Robert Herrmann regrette de son côté « un coup de frein à la décentralisation », en notant les baisses des aides à la politique de la Ville et celles au logement. « On pourra parler de pertes d’autonomie s’il n’y a pas de compensation à l’euro près », ajoute-t-il. Les élus macronistes, même s’ils n’ont toujours pas de groupe, prendront-ils la parole pour défendre la politique nationale, comme au conseil municipal ?

Dans ce contexte budgétaire, il sera intéressant de voir les premières prises de parole du groupe de six élus strasbourgeois « La Coopérative » et de celui fondé par sept maires des communes de la deuxième couronne. Ces derniers demandent un rééquilibrage des politiques de transports et d’habitat. Ces deux groupes n’ont pas de représentant parmi les 20 vice-présidents.

 

Des investissements un peu moins intenses

Malgré une modération de la fiscalité en vue, plusieurs indicateurs de la gestion pourraient être soulevés par les différents groupe de la majorité et surtout de l’opposition.

Les investissements prévus pour les années 2018 à 220 seraient au total de 580 millions (soit 199 millions en 2018, puis 190 millions en 2019 et 2020), contre 600 budgétés de 2015 à 2017 (520 millions réalisés, soit un taux de réalisation d’environ 86%). Traditionnellement, ils augmentent en fin de mandat pour boucler des projets. Ici, c’est l’inverse.

Une dette qui ralentit

La dette augmente moins vite que par le passé, mais augmente toujours de 578,2 à 591 millions. L’objectif est désormais de la stabiliser autour de 600 millions d’euros pour les trois dernières années. Début 2017, la coalition tablait encore sur une augmentation à 614 millions en fin d’année et 650 en 2018. Un coup de frein notable.

L’argent du stationnement remplace celui versé à la CTS

Autre choix qui peut être interrogé, la nouvelle recette liée aux amendes de stationnement transférée par les communes servira non pas à financer de nouveaux projets, mais à… verser moins d’argent du budget général à la Compagnie des Transports strasbourgeois (CTS), de 21,4 à 13,5 millions d’euros entre 2018 et 2019, où les hausses de tarifs s’enchaînent.

Le vote sur le budget final de l’Eurométropole aura lieu le vendredi 22 décembre. En attendant, le débat d’orientation est à suivre à partir de 9h, dans la vidéo en tête de cet article.

La nouvelle application de la CTS permettra de trouver son chemin et d’acheter les tickets

La nouvelle application de la CTS permettra de trouver son chemin et d’acheter les tickets

Après trois mois d’expérimentation auprès de testeurs, la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) lance ce jeudi 23 novembre sa nouvelle application. Parmi les nouveautés, la recherche d’itinéraire, les places de parking-relais disponibles en temps réel et surtout l’achat et validation du ticket. Petit avantage pour les appareils avec la technologie Androïd cependant, car ils sont les premiers à pouvoir acheter un titre de transport. Pour les adeptes d’Apple, il faudra attendre le 31 mars 2018.

C’était le grand projet de la Compagnie des Transports strasbourgeois (CTS) lancé au mois d’août. Une application gratuite disponible pour Androïd et IOS. Elle est mise en ligne dès ce jeudi 31 mars. Durant 3 mois, environ 1 000 clients de l’Eurométropole l’ont testé avant ce lancement.

Grâce à cette nouvelle application, il est possible de chercher son itinéraire, de se déplacer avec les horaires en temps réel, de localiser les arrêts de bus près de soi, les stations, les points de vente, les parking-relais ou les stations Vélhop, mais aussi d’être informé du trafic et des perturbations.

Ajouter ses lignes habituelles

Tout peut dorénavant tenir dans le creux de la main, ou dans le fond de la poche. Strasbourg, du moins son réseau de transport, n’aura donc plus de secrets pour ses utilisateurs. Sur l’application, il est également possible d’ajouter ses lignes favorites. Au passage, de précieuses données pour la compagnie.

« Départ immédiat »… enfin, le 31 mars 2018 pour les détenteurs d’Iphone. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Enfin l’achat de ticket pour tous

Les titres de transport, ticket ou abonnements, pourront être directement achetés via le smartphone, par carte bancaire. Le ticket électronique (moins cher de 10 centimes que le papier) pourra être valable pour plusieurs personnes. Pour les Android, il est possible d’accéder à l’ensemble de la gamme tarifaire, abonnements et tarifs solidaires compris, via la fonction « Mes Titres ». Mais pour le moment, la technologie NFC ne fonctionne que pour les abonnés SFR et Orange, comme par le passé.

Les autres, dont les détenteurs de produits Apple pourront en faire de même, mais à partir 31 mars 2018. Les tickets seront en format QRcode, à utilisation instantanée (sous réserve d’avoir des données dans son abonnement). Une sacrée amélioration par rapport à l’application précédente U’Go au succès très limité. Elle ne fonctionnait qu’avec les appareils Androïd, et certains opérateurs mobile. Les rares Windows phone ne peuvent en revanche pas du tout télécharger l’application.

Il faudra cependant toujours valider les titres dématérialisés sur les équipements billettiques à l’intérieur des bus ou à quai. En effet, avec la volonté de passer vers le tout « sans contact », la CTS fait évoluer son système billetique. Au 1er juillet 2018, plus de ticket papier.

L'application permet d'utiliser son téléphone comme une carte Badgéo (doc remis / CTS)
L’application permet d’utiliser son téléphone comme une carte Badgéo (doc remis / CTS)

Impliquer le passager

Fin janvier 2018, les utilisateurs pourront indiquer à la CTS des anomalies constatées sur le réseau à travers la fonction signalement. L’application deviendra alors un moyen de communication et permettra de faire remonter un dysfonctionnement.

L’ancien député Armand Jung menace de « parler vrai » à propos de Roland Ries

L’ancien député Armand Jung menace de « parler vrai » à propos de Roland Ries

Du 20 au 23 novembre, il y a le congrès des maires à Paris. Tous les maires de France sont invités à rencontrer le gouvernement et le président de la République pour savoir à quelle sauce ils vont être cuisinés pendant ce quinquennat.
Le maire de Strasbourg Roland Ries, qui a pris ses distances avec le PS sans . . .

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