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La future carte scolaire pour les quartiers Meinau et Neudorf a été dévoilée lundi soir lors d’une réunion publique. Malgré l’ouverture d’un nouveau groupe scolaire, la mixité sociale n’évoluera pas favorablement dans les écoles des quartiers.
Dans la soirée du lundi 16 décembre au centre administratif de la Ville de Strasbourg, près de 150 parents d’élèves ont pris place pour découvrir la carte scolaire des écoles élémentaires et maternelles de la Meinau et du Neudorf pour la rentrée de septembre 2025. Cette refonte est liée à l’ouverture progressive du nouveau groupe scolaire Krimmeri, installé à la frontière des deux quartiers, entre l’avenue de Colmar et le stade de la Meinau.
Le chantier est énorme : il concerne plus de 2 700 élèves répartis dans six établissements scolaires. Après avoir souligné « les 18 millions d’euros de travaux pour ce nouveau groupe scolaire situé dans une zone boisée au bord du Rhin tortu », l’adjointe à la maire en charge de l’Education, Hülliya Turan (Parti communiste français), commence énumérer les trois écoles qui ne connaitront pas de changement de carte scolaire :
« Pour l’école Schluthfeld, nous avons estimé qu’il n’y avait pas de besoin en effectifs d’élèves en plus ni en moins. Concernant l’école des Canonniers et Ziegelwasser, nous avons conclu que la distance entre les domiciles et le groupe scolaire Krimmeri était trop élevée. »

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Le Collectif Palestine 67 appelle à une « marche aux flambeaux » pour la Palestine mercredi 18 décembre à partir de 17h à Strasbourg.
Le Collectif Palestine 67 mobilise les soutiens strasbourgeois de la Palestine mercredi 18 décembre. Une marche aux flambeaux est organisée à partir de 17h, afin de réclamer que soit qualifié de génocide la guerre que mène Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. Selon des estimations croisées, les pertes humaines pourraient atteindre 45 000 personnes tuées parmi les Palestiniens et les Palestiniennes, dont de très nombreux enfants.
Pour le Collectif Palestine 67, la qualification en génocide de cette résurgence du conflit israélo-palestinien à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 permettrait aux organisations internationales de prendre des sanctions contre Israël. Le collectif s’alarme du silence de la France dans ce conflit, et de la persistance des ventes d’armes à destination d’Israël.
La Cour pénale internationale a estimé en janvier qu’il était « plausible » qu’un génocide ait lieu depuis le 8 octobre 2023 à Gaza. Les Nations unies ont publié un rapport en mars faisant état d’un « génocide en cours », avec un risque de « nettoyage ethnique », en qualifiant toute une population de « terroriste ou de soutien au terrorisme ».
Le cortège doit partir de la place Dauphine (devant l’entrée ouest du centre commercial Rivétoile), puis prendre par la route de Vienne, rue de la Brigade-Alsace-Lorraine, rue des Orphelins, rue de Zurich, quai des Pêcheurs, quai du Maire-Dietrich pour une dispersion prévue place de l’Université.

Les Jeunes insoumis et la Jeune garde de Strasbourg assurent avoir trouvé la parade à la progression de l’extrême droite dans les urnes et se proposent de partager cette trouvaille mardi 17 décembre.
Comment vaincre l’extrême droite et l’empêcher de capitaliser sur le mécontentement, la précarité, le sentiment de rejet et d’exclusion en rejetant les fautes sur les immigrés, les étrangers, l’Europe, l’autre d’une manière générale ? Une vaste question à laquelle s’est attelé le réalisateur Vincent Froehly dans son documentaire à Liebsdorf dans le Sundgau.
Et à Strasbourg, les Jeunes insoumis et la Jeune garde antifasciste annoncent avoir trouvé la solution et les deux organisations se proposent de la partager lors d’une conférence mardi 17 décembre à 18h30 à la Maison des syndicats intitulée « Comment nous allons vaincre l’extrême droite ! ».
Les deux mouvements ont invité quatre intervenants et intervenantes à cette conférence :

Les Écologistes voulaient mener un « projet de transformation urbaine » en profitant de l’extension du tramway pour réduire la circulation automobile à Strasbourg et Schiltigheim. Mais la commission d’enquête s’est faite le porte-voix des gens qui veulent continuer de se déplacer en voiture et de pouvoir se garer partout.
L’avis défavorable de la commission d’enquête publique sur le projet de tram nord démontre qu’il est toujours très compliqué pour les élus des collectivités locales de réellement mener des politiques écologiques. L’État, ses outils, ses règlements et ses lois, sont toujours taillés pour une société de la consommation et de la croissance.
Nommés par le tribunal administratif, les cinq commissaires enquêteurs ont produit une série de critiques techniques des aménagements prévus (voir notre article). Mais ils ont aussi développé des commentaires visant directement les choix politiques des municipalités écologistes à Strasbourg et Schiltigheim.
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Un projet « fourre tout », « clivant », qui réduit de manière « trop brutale » la place de la voiture en ville… Dans son avis, la commission d’enquête n’a pas ménagé ses critiques contre le projet du tram nord.
Un avis défavorable d’une commission d’enquête publique sur un projet de tramway, ce n’était jamais arrivé en trente années de tramway à Strasbourg. Mais c’est pourtant la conclusion à laquelle sont arrivés les cinq commissaires enquêteurs sur le projet d’extension du tramway de Strasbourg vers l’ouest de Schiltigheim et Bischheim (tram nord).
La surprise a été totale pour tous les élus, qu’ils soient de la majorité ou dans l’opposition. Mais les surprises continuent à la lecture du document, que Rue89 Strasbourg a pu consulter dans une version non définitive. Les cinq commissaires enquêteurs ont reçu 456 personnes, plus d’un millier ont participé aux réunions publiques et 7 102 contributions ont été enregistrées. La plupart concernaient des inquiétudes quant aux nouveaux plans de circulation qui étaient proposés.
Les enquêteurs indiquent s'être forgé leur "position après un examen attentif de l'ensemble des avis, contributions et documents mis à notre disposition ainsi que de plusieurs entretiens avec les responsables politiques qui ont souhaité nous rencontrer et des échanges avec l'équipe projet de l'EMS".

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Vincent Froehly a emmené sa caméra à Liebsdorf, pour tenter de comprendre le vote Rassemblement national dans son village natal. Pour lui, cette percée de l’extrême droite est liée à la disparition de la vie paysanne, favorisant une montée de l’individualisme.
73,6%. C’est le score du Rassemblement national au second tour de l’élection présidentielle de 2022, à Liebsdorf, qui signifie pourtant village de l’amour en alsacien. Au début de son nouveau documentaire, Vincent Froehly se demande s’il ne faudrait pas le renommer Hassdorf, ce qui voudrait dire village de la haine. « Mais je me suis dit que ça ne sert à rien d’insulter les gens si je veux qu’ils changent d’avis », confie t-il.
Cet enfant de paysan a donc décidé d’emmener une caméra dans sa commune natale du Sundgau, au sud de l’Alsace, pour discuter avec les habitants. Son but : comprendre la progression du vote d’extrême droite et trouver des pistes pour contrer ce phénomène. Dans son film Requiem pour mon village, on l’entend poser des questions d’un ton franc, teinté d’un bel accent alsacien, à des personnes qu’il croise dans la rue ou chez eux. Il rencontre un restaurateur, des prêtres, il fait aussi parler sa mère, l’une des rares encore réellement issue d’une famille de paysans.

Le film sera diffusé une première fois sur France 3 Grand Est jeudi 19 décembre vers 22h55. Vincent Froehly a réalisé plus de trente documentaires, notamment en Afrique de l’ouest et en Europe de l’est, traitant presque toujours de la vie à la campagne, paysanne et communautaire. Pour lui, l’avènement de l’agriculture industrielle et la transition vers des modes de vie individualistes ont créé le malaise dont se nourrit le Rassemblement national. Entretien.
Rue89 Strasbourg : Pourquoi décider de faire un film sur Liebsdorf, votre village, après le résultat des élections ?
Vincent Froehly : J’avais déjà fait un film sur la mort de la vie communautaire dans mon village il y a 20 ans, il s’appelle Liebsdorf City. Quand j’ai discuté de l’extrême droite avec mon frère au téléphone, qui est secrétaire de mairie là-bas, il m’a dit : “tu dois revenir, c’est encore pire qu’avant, les gens sont encore plus individualistes”. Il faut bien comprendre que les critères qu’on entend habituellement pour justifier le vote RN n’existent pas dans ce village. Il n’y a aucune insécurité, pas de chômage.
Beaucoup travaillent en Suisse, eux même sont des travailleurs immigrés en quelque sorte. Ils ont de très bon salaires, ils vivent dans de belles maisons et ont des grosses bagnoles. Certaines personnes avec qui je parle dans le film me disent qu’elles ont peur de l’immigration mais elles ne voient jamais d’étrangers. Il y a vraiment quelque chose d’absurde dans ce vote, je me disais qu’il fallait essayer de comprendre ça.

Alors, d’où vient ce vote d’extrême droite d’après vous ?
Les gens de Liebsdorf expliquent qu’ils sont en colère parce qu’ils se sentent abandonnés. C’est en partie vrai. La Poste, l’école, l’épicerie que tenait ma mère… Tout a fermé. Et en même temps, tout le monde s’accuse de ne pas faire vivre le village. C’est assez marrant mais les vieux disent que les jeunes ne s’investissent plus dans rien, et quand on leur demande ce qu’ils font eux, souvent ils n’ont rien à répondre. C’est toujours de la faute de l’autre.
Quand les gens rentrent chez eux après le travail, ils ne veulent plus sortir, ils se replient dans leurs maisons entourées de barrières et allument la télé. Quand je me promène dans Liebsdorf, il n’y a quasiment plus personne dehors. C’est tellement plus simple de regarder Hanouna. Et là, les discours simples et haineux d’extrême droite, qui font appel à nos plus bas instincts en renvoyant toujours la faute sur les musulmans, ça marche. On ne va plus vers l’autre et l’étranger finit par faire peur.

Je suis persuadé que ce vote n’est qu’un symptôme de l’individualisme, parce qu’on a perdu une forme d’intelligence paysanne avec le temps. Quand j’étais enfant, il y avait des mauvais côtés, on devait beaucoup bosser. Mais on était dépendants de pleins de choses, la météo, les récoltes… On avait le sens de la fragilité de la vie, de sa valeur, et de l’importance de s’entraider. On était obligés de se rencontrer et de s’intéresser aux autres quelque part.
Mes parents me disaient que quand j’allais dans le village d’à côté, j’étais un étranger. Nous étions tous des étrangers, ce n’était pas négatif, on voulait bien s’accueillir. Je l’ai aussi observé avec mes voyages dans d’autres régions du monde : la vie paysanne crée à la fois des repères forts et une ouverture d’esprit. On avait la polyculture et la polypensée, maintenant on a la monoculture de maïs et la monopensée.
Comment peut-on faire pour lutter contre ce report du désespoir vers le RN ?
Je n’ai pas de réponse simple, ce n’est pas mon métier. Je pense que cette montée de l’extrême droite est également un échec de la gauche. Je n’ai jamais entendu parler d’un élu de gauche à Liebsdorf, par exemple. Ils doivent retourner sur le terrain, pour montrer qu’ils s’intéressent aux problèmes des gens comme les fermetures de services publics, et se rendre utile sur ces questions.

Je pense que la gauche devrait carrément réinventer un projet de société dans le monde rural, basé sur une vie simple et une agriculture paysanne. Les villages pourraient être de vrais laboratoires de la transformation sociétale qu’on doit mettre en œuvre. Cela passe par le soutien à l’installation de jeunes exploitants, aux associations locales, et à tout ce qui fait la vie communautaire rurale.
Qu’espérez vous provoquer avec votre film ?
Déjà, qu’on comprenne un peu mieux le vote d’extrême droite, et que cela permette de réfléchir à des solutions concrètes. Avec ce film, j’essaye aussi de m’adresser aux gens des villages qui râlent parce qu’il ne se passe rien mais ne font rien eux mêmes. Ceux qui craignent l’immigration alors qu’ils ne savent pas ce que c’est, surtout qu’ils travaillent eux mêmes en Suisse pour une bonne part… J’aimerais que ce film agisse comme un miroir pour ceux qui le regardent. On va organiser des projections dans le Sundgau pour ça.

Et je trouve important de parler de la vie paysanne, pas pour revenir en arrière mais parce qu’on peut s’en inspirer. Il y avait quelque chose de vraiment beau dans notre vie, tout le monde était tout le temps dehors, on avait un lien avec la terre. Il y avait des personnes atypiques qui se baladaient dans les rues et parlaient alsacien. Je trouve qu’on avait une sorte de tolérance, on ne se posait pas la question. On connaissait les différences des autres. Je trouve que tout ça peut-être inspirant pour imaginer vers où on pourrait aller.

En 2024, la Collectivité européenne d’Alsace a accordé des subventions liées à l’enneigement artificiel de quatre stations de sports d’hiver vosgiennes.
Avec le réchauffement climatique, la pratique du ski est de plus en plus compromise dans les Vosges. Mais la majorité de droite à la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) n’est pas encore prête à lui dire adieu. En 2024, elle a voté 871 884 euros de subventions pour « conforter et développer l’attractivité » des stations de sports d’hiver vosgiennes. La collectivité départementale fait partie de quatre syndicats mixtes gérant ces structures, souvent dépendantes de financements publics.
« À l’heure où les collectivités sont contraintes de faire des économies, ces dépenses pour faire perdurer un modèle condamné sont d’autant plus absurdes », estime Ludivine Quintallet (Les Écologistes), élue de l’opposition de gauche à la CeA. Elle dénonce tout particulièrement les dotations visant à financer du matériel ou des études pour l’enneigement artificiel :
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Engagée contre les atteintes à l'environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l'eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d'activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l'ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.
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Une vingtaine d’organisations appellent à les rejoindre ce samedi 14 décembre à 15h place de Zurich pour demander l’hébergement des réfugiés à Strasbourg, quelle que soit leur situation administrative.
« Avec ou sans papier un toit c’est un droit ! » C’est ainsi que commence le texte de l’appel de la mobilisation de ce samedi 14 décembre, à l’occasion de la journée internationale des migrants. Le rassemblement est fixé à 15h place de Zurich, dans le quartier de la Krutenau. Un parcours est prévu jusqu’à la place de l’Étoile.
Une vingtaine d’associations, de collectifs et de partis politiques de gauche (liste en fin d’annonce) « appellent toutes celles et tous ceux qui sont effrayé·es par la montée du racisme et la perspective d’arrivée au pouvoir du Rassemblement national à manifester ensemble ».
Les signataires rappellent le fait que de nombreux migrants se retrouvent à la rue à Strasbourg ces dernières années. Régulièrement, ils forment des campements sur les espaces verts de la ville. Entre août et novembre, la préfecture du Bas-Rhin a encore mis fin à l’hébergement de dizaines de familles sous prétexte que leurs situations administratives étaient irrégulières. D’après la loi, l’État est pourtant censé fournir un toit à toutes les personnes qui le sollicitent.
Les organisations revendiquent que ce droit soit respecté. Plus généralement, elles entendent valoriser la solidarité avec les migrants : « Chaque fois qu’un quartier se lève pour éviter une expulsion, exiger la régularisation d’une famille, l’hébergement et la scolarisation des mineurs, le quartier devient plus beau, plus fort, plus solidaire. » Elles font notamment référence à la mobilisation du personnel éducatif et des parents du collège Lezay Marnésia à la Meinau, qui ont obtenu début décembre la mise à l’abri de familles d’élèves qui dormaient dehors.

Dimanche 15 décembre, un rassemblement est organisé place de la gare pour célébrer la libération de la Syrie du gouvernement al-Assad et penser à l’avenir du pays.
« On a pleuré à la prise d’Alep en 2016, on va maintenant exprimer notre joie pour sa libération. » Au téléphone, la voix de Nazih Kussaibi, président de l’association Alsace Syrie est enjouée. Dimanche 15 décembre, il organise un rassemblement pour la communauté syrienne de Strasbourg afin de célébrer la chute du gouvernement al-Assad. La place de la gare est symbolique, c’est là que s’est tenu un rassemblement fin 2016 alors que l’armée syrienne, aidée par l’aviation russe, reprenait les bombardements sur la ville d’Alep.
Alors que le parti Baas, au pouvoir en Syrie depuis 1963, a annoncé mercredi 11 décembre suspendre toutes ses activités jusqu’à nouvel ordre, le rassemblement de dimanche entend aussi évoquer le futur du pays. « Il est important de parler de l’avenir », souligne Nazih Kussaibi.
Le nouveau chef du gouvernement, Mohammed al-Bachir, mis en place par les rebelles qui ont pris le pouvoir à Damas, est en charge de la transition politique du pays. Il appelle notamment les Syriens et Syriennes en exil à revenir et s’engage à respecter toutes les minorités religieuses.
Depuis 2011, les révoltes contre Bachar al-Assad se sont multipliées et ont été réprimées violemment. Avec l’implication de nombreux pays, tels que la Russie, l’Iran, la Turquie, les États-Unis ou encore Israël, le conflit a suscité l’exil de quelques huit millions de personnes, en plus des déplacés à l’intérieur du pays.

La Fondation Vincent-de-Paul refuse d’accéder aux revendications salariales au sein du Groupe hospitalier Saint-Vincent, qu’elle contrôle. Elle dispose pourtant d’une trésorerie de plusieurs dizaines de millions d’euros.

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Aaah Noël, le mois du partage et de la famille. J’ai décidé d’inviter mon petit frère à une déambulation gourmande au marché de Noël de Strasbourg. Une belle idée, qui nécessite cependant d’avoir les finances de son ambition.
Quel meilleur moment pour resserrer les liens familiaux que le traditionnel marché de Noël ? Boire un coup, manger une bretzel entre frangins, partager les intentions de cadeaux pour la cousine, la tante, la grand-mère… J’ai décidé que cette année, j’allais prendre mes responsabilités d’aînée et inviter mon frère à une déambulation gourmande entre les chalets. Nous voilà donc mercredi soir, enthousiastes jeunes adultes pleins de rêves culinaires à passer le barrage de sécurité du pont du Corbeau.
Trois CRS droits comme des piquets nous accueillent de l’autre côté de l’Ill. À l’approche de la place Saint-Thomas, le nombre de touristes dans la rue augmente et commence à créer de petits bouchons. Pas de quoi altérer notre joie d’aller prendre un premier vin chaud, arme nécessaire pour contrer le froid strasbourgeois.
Arrivés sur la place, les lumières nous aveuglent et les chalets laissent échapper des fumets d’épices ou de gaufres en préparation. Les bananes suspendues aux barrières des stands de crêpes apportent même un petit côté exotique. Pour qui n’aime pas choisir, l’épreuve est compliquée. Direction donc les marmites fumantes pour tenter de trouver le meilleur rapport qualité-prix. Dans la famille, on a appris à être économes, à ne pas commander de pâtes si on va au restaurant (car on peut les faire à la maison), préparer un thermos de café pour la route des vacances afin d’éviter les stations services, préférer le camping à l’hôtel…
Alors face aux petits panneaux indiquant que le vin chaud, probablement pas préparé à partir de vins confectionnés avec amour par de petits vignerons indépendants, coûte entre 4 euros pour le petit gobelet et 5 euros pour le grand, on déglutit. Mais je suis là pour qu’on passe un bon moment, donc on se lance. Voilà donc 10 euros qui partent, consigne d’un euro par verre incluse. Les verres sont à moitié remplis.
Face à ma moue au moment de taper ma carte bancaire sur son terminal, la dame du chalet l’assure, « ça fait des années que c’est ce prix-là ». En tant que journaliste, je suis censée vérifier cette information, mais là dehors, dans le froid, j’ai plutôt envie de boire mon vin chaud, même acquis à prix d’or. En tous cas, je me félicite de ne pas avoir trop soif, puisque l’eau est à trois euros la bouteille de 50 centilitres.
À ce stade-là, j’imagine déjà ce qu’on pourrait me rétorquer « mais tu t’attendais à quoi ? » Je ne sais pas mais ça fait des années que j’entends que ce marché est aussi celui des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises. Et si c’est bien le cas, alors je devrais pouvoir en profiter sans avoir à choisir entre manger une munstiflette face au grand sapin et des chaussures d’hiver qui me font grandement défaut.



Mais on est là pour passer un bon moment, alors je remballe mon cynisme et ma critique du consumérisme, je les garde pour le repas de Noël, et je continue de marcher avec mon petit frère jusqu’au cœur du marché de Noël, la place Kléber. Il fait froid et je devine aux yeux malicieux de mon frère que son ventre grogne. Du haut de son mètre 90, il lorgne les stands gourmands. Au-delà des têtes de touristes agglutinés aux stands de bouffe, il reluque des marmites pleines de spaetzle, de sauces aux champignons et de saucisses en tous genres.
Il faut reconnaître que ça sent bon. C’est cependant dix euros le sandwich à la saucisse, 8 pour des spaetzele nature, 15 pour un currywurst, 12 pour une poêlée alsacienne ou un sandwich de choucroute, 6 pour des galettes de pomme de terre au fromage, 5 pour des bretzels aux knacks (on n’arrête pas le progrès). On passe notre chemin, persuadés d’être plus malins que la foule – en bons locaux qui se respectent, on ne se fera pas avoir, on saura trouver le chalet aux prix acceptables.
Direction place Broglie, qui nous semblait moins centrale. À tort, évidemment, vu le nombre d’humains hagards qui se traînent d’étal en étals en se frottant les gants. C’est à ce moment-là que nos yeux s’arrêtent sur un stand de baguettes flambées. Les mêmes que nous faisait notre maman les jours où le pain menaçait de durcir et qu’elle avait des lardons en rab dans le frigo familial.
Un coup d’œil au panneau des prix : ça va de 7 à 9 euros. Allez, je passe commande, sourire aux lèvres. Aurais-je trouvé ça acceptable si ce stand avait été le premier sur le trajet ? Est-ce que m’habitue aux prix du marché de Noël ? Est-ce qu’après 21h, je perds mon discernement ? Où est-ce le vin chaud qui adoucit mon échelle de valeurs ? Me voilà délestée de 14 euros, et le visage de mon frère s’éclaire d’un sourire alors qu’il croque la mie imbibée de crème fraîche. « C’est quand même super bon », ponctue mon petit frère, comme une réponse à mes hésitations. Pari gagné pour la grande sœur. Et puis la serveuse m’assure que les prix sont stables depuis des années dans son échoppe, c’est elle qui enchaîne les commandes après tout, qu’est-ce que j’y connais ?
Passée la joie primaire de la nourriture chaude, je me rappelle des leçons de ma maman. Quand même, quelques bouts de fromage sur une baguette premier prix, j’aurais pu la faire à la maison. « D’habitude j’achète rien ici parce que c’est trop cher », lance mon petit frère qui a le chic pour toujours ponctuer mes réflexions à propos.


Une fois les baguettes englouties en presque aussi peu de temps que ce qu’il faut pour l’écrire, il est temps de reprendre un vin chaud. Car le breuvage, aussi délicieux soit-il, a cette bête idée de refroidir. Mais cette-fois-ci, on ne se fera pas avoir : notre mission, tant qu’à le payer cinq balles, est de trouver le meilleur de la place. Notre technique consiste à repérer un chalet qui ne ferait que du vin chaud. On tombe sur un stand peu vieillot où il est inscrit que le breuvage est « prêt » sur le couvercle. Aucun doute, c’est le signe qu’il a passé plusieurs heures à s’imprégner d’épices, voilà des orfèvres du picrate anisé. Le petit frère prend ses responsabilités, c’est lui qui paye cette fois. Même si mon égo de grande sœur en prend un coup, je n’insiste pas. Voilà 10 euros qui partent, pour deux verres grand format sans consigne.
Allez savoir pourquoi, je trouve ce verre délicieux. Je n’ose imaginer que c’est parce qu’il ne m’a rien coûté et je me dis que c’est parce qu’on a bien choisi notre chalet, ou parce qu’il provoque un large sourire de mon frère. Du moins quand je le vois parce qu’entre les travées, difficile de se parler sans interruption, le corps d’un touriste du bout du monde venant s’interposer entre lui et moi à intervalles réguliers. On se regarde en souriant et je sais qu’il sait que je me dis qu’on serait mieux au chaud, finalement.


Mais c’était compter sans le stand ultime, celui qui diffuse le meilleur parfum de tous : les crêpes. « On prendrait pas un dessert ? », tente le frère à nouveau fort à propos. Rendus là, je ne peux pas dire non même si je n’en ai pas vraiment envie. Je cherche d’un œil les prix mais les chiffres deviennent flous, mon cerveau refuse de continuer à tout calculer après une heure et demie… Faire attention à un budget est fatiguant, je n’ai plus l’énergie de mes années d’étudiante précaire.
Trois crêpes, une pour le frère et une pour Margot, une amie qui vient de nous rejoindre et une pour moi, parce que je suis faible. C’est 5 euros la crêpe, 15 euros pour le trio mais qu’importe. Je sortirai moins en décembre. Alors que je regarde avec envie, et admiration, la dame étaler la pâte d’une manière parfaitement homogène sur les plaques brûlantes, un homme arrive avec son chien. Visiblement habitués à se voir tous les soirs, la foraine et lui font la causette. Elle lui offre une gaufre au sucre et les spaetzle qui lui restent. L’esprit de Noël donc n’est pas mort avec le capitalisme et voilà que mes quinze euros dépensés me semblent tout à coup plus légers. Quant aux quelques 50 euros de la soirée, je me fais la promesse qu’en décembre 2025, je ferai moi-même mon vin chaud, que je siroterai tranquille dans un thermos, sur la route des sapins et des lumières.

Lors du conseil municipal du 9 décembre, la foire Saint-Jean a été au cœur d’un vif débat. Pour l’opposition, son annulation jusqu’à 2027 ne passe pas.
Pour les forains strasbourgeois, le mandat de Jeanne Barseghian (Les Écologistes) est-il la pire période depuis la guerre de Cent ans ? « La foire Saint-Jean est une tradition qui remonte à 600 ans (depuis la visite de Sigismond de Luxembourg en 1414, NDLR), et il aura suffi de votre arrivée à la tête de la Ville pour que la fête devienne subitement silencieuse », assure Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), livrant sa pique comme une sentence historique. Tout au long de son intervention, le conseiller d’opposition étrille la gestion du dossier par la municipalité, voyant dans son annulation jusqu’en 2027 un « symptôme de déclin » pour Strasbourg.
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Candidat de la liste « Au pluriel » pour la présidence de l’Université, Mathieu Schneider a dévoilé son programme et son équipe rapprochée lors d’une conférence de presse mardi 10 décembre.
Les élections pour la présidence de l’Université de Strasbourg (Unistra) approchent. Après avoir été le premier à annoncer publiquement sa candidature, Mathieu Schneider, vice-président de l’Unistra depuis 2015, continue de mener une campagne en rupture avec son ancien allié et actuel président Michel Deneken. Mardi 10 décembre, le candidat a présenté son programme et son équipe rapprochée. Sélection de cinq promesses portées par la liste « Au pluriel » au cours de la conférence de presse.
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Après un premier rassemblement samedi 7 décembre, la communauté géorgienne appelle à une manifestation devant le Conseil de l’Europe mercredi 11 décembre.
Natia et Tamar sont géorgiennes. Pour la deuxième fois depuis le début du mois, elles organisent un rassemblement de leur communauté à Strasbourg mercredi 11 décembre. En jeu : leur soutien au processus d’adhésion de la Géorgie à l’Union Européenne.
Depuis les élections législatives du 26 octobre et la reconduction au pouvoir du parti prorusse Rêve Géorgien, les manifestations se multiplient dans le pays. En cause, la remise en cause du processus d’adhésion à l’Union Européenne, pourtant engagé depuis mars 2022. La sincérité du scrutin du 26 octobre est critiquée à la fois par l’ONU et par d’autres observateurs, malgré l’assistance du Conseil de l’Europe. Un recours a été déposé par la coalition d’opposition pour contester le résultat de l’élection auprès de la Cour Suprême.
Dans les rues de Tbilissi, la capitale du pays situé au sud de la Russie et au nord de la Turquie, les opposants au régime et à cette décision sont réprimés. Un des chefs de l’opposition, Nika Gvaramia, a été frappé, arrêté et condamné à 12 jours de prison en marge des manifestations. Un autre membre de l’opposition, Koba Khabazi a été passé à tabac le 8 décembre.
Pour Natia, il est essentiel que les pays de l’Union Européenne comprennent les enjeux de son pays :
« En plus d’exprimer notre protestation, nous souhaitons vous montrer et expliquer l’ampleur de la crise existentielle à laquelle notre pays est confronté, ainsi que les méthodes employées par un gouvernement illégitime, dirigé par la Russie, pour réprimer les jeunes Géorgiens pro-européens. »
Le 7 décembre, la mobilisation des Géorgiens et Géorgiennes de Strasbourg a mobilisé environ 200 personnes.

La commission d’enquête publique sur l’extension du tramway vers le nord de l’agglomération a rendu un avis défavorable. L’Eurométropole de Strasbourg en a « pris acte » et promet de proposer un nouveau projet. Mais cette extension, qui devait être le principal aménagement de ce mandat, ne sera pas réalisée avant les prochaines élections municipales.
La présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs, a confié mardi la nouvelle à des journalistes de France 3 Alsace : le rapport de l’enquête publique sur l’extension du tramway vers le nord de l’agglomération (tram nord) se conclut par un avis défavorable.
Rendu la veille aux élus après trois mois d’écoute, d’analyses et de rédaction, cet avis détermine la faisabilité juridique de toutes les opérations suivantes, et notamment de la déclaration d’utilité publique, qui permet de prendre des arrêtés d’expropriation et des permis de construire. Les détails motivant cet avis défavorable ne sont pas encore connus. Le rapport, qui doit être examiné par le tribunal administratif, n’a pas été rendu public.
« C’est malheureusement encore un projet retardé pour Schiltigheim », a commenté en fin de journée la maire de Schiltigheim, Danielle Dambach (Les Écologistes). Environ 1 500 habitants vont s’installer dans des logements ces prochaines années alors que le réseau de transports est déjà saturé. » Un nouveau projet de tram nord sera étudié et présenté, assure de son côté la présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, Pia Imbs :
« Nous prenons acte de l’avis défavorable de la commission d’enquête et nous ne ferons pas de recours. Nous devons étudier le rapport avant de le commenter plus avant mais je souligne que le principe du tram nord n’est pas remis en cause, la commission d’enquête est convaincue que le nord de l’agglomération a besoin de cet équipement. Il nous faut revenir avec de nouvelles propositions. »

Pia Imbs n’a pas été en mesure de préciser les délais mais il est désormais certain que le tram nord ne pourra pas se faire dans ce mandat, les élections municipales étant prévues en 2026. De nouvelles études doivent être commandées, puis réalisées, avant qu’un nouveau projet puisse de nouveau se présenter en enquête publique. Au moins deux ans sont nécessaires.
Jeanne Barseghian, maire (Les écologistes) de Strasbourg, s’est dite déçue tout en rappelant sa détermination à « poursuivre dans cette voie, par souci d’équité territoriale pour les habitants du nord de la ville et pour répondre aux enjeux climatiques ».

Ce projet était le principal aménagement urbain des mandats eurométropolitain et municipaux. En résumé, il proposait de supprimer les coupures routières entre Strasbourg et Schiltigheim pour rapprocher les deux communes avec un grand parc et un « tissu urbain apaisé », c’est à dire laissant une large place aux vélos et à la marche. Il prévoyait aussi de faire passer le tramway par l’ouest de Schiltigheim et à Strasbourg par les boulevards de la gare et l’avenue des Vosges. Cette dernière portion a mobilisé les élus de droite et socialistes qui se sont élevés contre ce tracé.
Dans un communiqué, le maire de Bischheim Jean-Louis Hoerlé, a indiqué :
« Le conseil municipal de Bischheim a délibéré pour demander une optimisation des transports en commun, notamment au travers d’études de solutions alternatives et l’amélioration considérable du réseau de bus. Cette demande, à l’instar des questionnements soulevés par les habitants lors des différentes phases de concertation, n’a jamais été prise en considération par l’Eurométropole de Strasbourg. »
Les oppositions se sont ensuite fédérées, entre citoyens inquiets par la suppression de voies de circulation et de places de parkings, et des élus d’opposition qui ont qualifié « d’idéologique » ces aménagements réduisant la place de la voiture dans les beaux quartiers. Plus de 6 000 contributions « contre » le tram nord ont été reçues par la commission d’enquête publique. Le coût total du projet, estimé à 268 millions d’euros, a également été critiqué, surtout au regard du faible nombre de kilomètres de voies prévues (4,8 km). En outre, la municipalité de Bischheim, dont la partie finale du trajet prévu était sur son ban communal, avait voté contre le projet.

Mardi en fin de journée, les élus métropolitains d’opposition ont fustigé « la méthode des écologistes, sanctionnée par la commission d’enquête. » Catherine Trautmann (PS), Jean-Philippe Vetter (LR), Pierre Jakubowicz (Horizons), Nicolas Matt (Renaissance) ainsi que les maires d’Illkirch-Graffenstaden, Thibaud Philipps (LR), et de Lingolsheim, Catherine Graef-Eckert (LR) ont regretté que leurs alertes « n’aient jamais été entendues par les écologistes, voire ont été traitées avec mépris. » « Cet avis défavorable en provenance d’une commission indépendante n’aurait jamais dû arriver dans une ville qui sait faire du tramway, » a repris Pierre Jakubowicz. Catherine Trautmann, ancienne maire de Strasbourg entre 1989 et 2001, a rappelé que « jamais en 30 années de tramway strasbourgeois, une enquête publique ne s’était conclue par un avis défavorable. »
Des avis favorables « avec réserves » avaient été émis lors des enquêtes publiques sur l’extension du tramway vers Kehl en 2013 et au-delà de Koenigshoffen en 2023, des réserves qui avaient été levées et qui n’avaient pas empêché les travaux.