Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Sciences Po bloqué pour contester le rétablissement du partenariat avec Israël

Sciences Po bloqué pour contester le rétablissement du partenariat avec Israël

Lundi 6 janvier 2025, une quarantaine d’étudiantes et étudiants de Sciences Po ont bloqué leur bâtiment pour contester le rétablissement du partenariat entre leur établissement et l’université israélienne Reichman.

« Pour une fois qu’on obtenait quelque chose de manière démocratique, ils nous l’enlèvent… » L’amertume est palpable lundi 6 janvier. Devant le Cardo, le bâtiment de l’Université de Strasbourg qui accueille Sciences Po, une quarantaine d’étudiantes et étudiants ont bloqué l’entrée et ratent pour certains des examens partiels de début d’année.

Ils et elles demandent la fin du partenariat avec l’université israélienne Reichman, une institution privée installée à Tel Aviv. En juin 2024, celui-ci a été suspendu par un vote en conseil d’administration. Médiatisé en octobre, le vote a suscité des dizaines de réaction outrées, des tribunes, des dénonciations d’antisémitisme, d’entrave à la liberté intellectuelle… Passant par l’envoi de centaines de mails à certains membres du conseil d’administration menacant de cesser d’embaucher en stage des étudiants de l’IEP, et allant jusqu’à des communiqués de Franck Leroy, président de la Région Grand Est (LR) ou Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Mais six mois plus tard en décembre 2024, le partenariat a été rétabli… par un autre vote du conseil d’administration, à la suite duquel cinq enseignants-chercheurs ont démissionné de l’instance. Le directeur de Sciences Po Strasbourg, Jean-Philippe Heurtin, est personnellement opposé au boycott et n’a par aillleurs jamais considéré que le vote de juin suspendait effectivement les liens avec l’université israélienne.

La colère sur le campus

Alors sur le campus lundi matin, les étudiants sont en colère, à l’instar de Simon :

« J’avais confiance en notre directeur. Il a le droit d’avoir son avis personnel mais il est sourd à nos arguments et reste sur une position dogmatique. Nous avons pourtant des professeurs, des chercheurs qui sont en capacité de nous éclairer sur ce qu’est l’université Reichman. Tout ce qu’on veut, c’est parler du fond du problème de ce partenariat plutôt que rester sur de grandes positions. »

À ses côtés, Léo est moins optimiste. « Je n’ai jamais eu d’espoir de ce côté-là, tranche l’étudiant. Le sujet de la Palestine suscite des réactions plutôt que des réflexions. » Les cinq étudiants et étudiantes rencontrées sur le campus partagent cette frustration de ne pas pouvoir parler de ce que signifie le boycott, de son cadre légal, des accusations d’antisémitisme, de la définition de génocide et de l’articulation de toutes ces notions, de manière pratique, documentée et apaisée.

Les murs des bâtiments de l’hôpital civil se sont recouverts de slogans politiques. Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg

Camille dénonce une mauvaise foi de la part de l’administration. « Dans les communications officielles, les actions du comité Sciences Pro Palestine sont décrites de façon violente, comme si on envahissait des amphis alors qu’on organise des tables rondes », souligne-t-elle. « Et le mot “Palestine” n’est jamais utilisé », remarque Léo. Le 3 décembre, des étudiantes et étudiants ont fait entendre leur désaccord avec l’intention du vote du rétablissement du partenariat en s’invitant au conseil d’administration, retardant ainsi sa tenue. Il s’est déroulé en visio conférence ultérieurement pour éviter toute « invasion ».

« Nous avons suivi le chemin institutionnel, mais ça ne fonctionne pas, alors on bloque. »

Simon, étudiant à Sciences Po Strasbourg

Il en faut cependant plus pour démotiver les militantes et militants. « Et ça ne nous fait pas plaisir de nous lever à l’aube et de rater nos partiels », souligne Camille. « Nous avons suivi le chemin institutionnel, mais ça ne fonctionne pas, alors on bloque », résume Simon.

Un peu plus loin, une étudiante, keffieh sur le dos, ressent surtout une situation d’injustice. « Le génocide à Gaza n’a aucune influence sur Sciences Po alors que la guerre en Ukraine a tout de suite suscité la fin du partenariat avec la Russie », souffle-t-elle, trouvant la décision de décembre irrespectueuse envers la souffrance des Palestiniens et Palestiniennes.

Parmi les critiques sur la fin du partenariat, celle d’un antisémitisme motivant le vote a été de nombreuses fois opposé aux étudiants et étudiantes mobilisées. « Ça me met en colère », avoue Léo :

« Notre directeur est fier de notre esprit critique, de notre capacité à nous informer, à identifier les problématiques… Mais là, on nous considère comme des personnes qui agissent sans s’être renseignées, sans capacité à identifier l’antisémitisme… Bien sûr qu’on se questionne, qu’on sait que l’antisémitisme existe mais que dans ce cas du partenariat, il s’agit complètement d’autre chose ! »

Saisissant les bouts de son keffieh, une autre étudiante raconte une situation dans laquelle un homme a retiré sa kippa à la vue de son foulard. « J’aimerais bien qu’on puisse se parler, que le symbole du keffieh ne soit pas perçu comme menaçant », explique-t-elle. « Nous aimerions que tout le monde se sente respecté pour participer à nos actions, quelle que soit sa confession », souligne son voisin.

Parmi les professeurs démissionnaires du conseil d’administration, Simon cite le nom du chercheur Michel Fabreguet, spécialiste de la mémoire de la Seconde guerre mondiale. « Il y a aussi des professeurs spécialistes du Moyen Orient, de droit européen… qui soutiennent la fin du partenariat », poursuit l’étudiant. « On constate que même le point de vue académique n’est plus pris en compte et est susceptible d’être qualifié d’antisémite », déplore-t-il.

Selon deux étudiants interviewés, ces accusations d’antisémitisme impactent leur lutte pour la fin du partenariat. « Beaucoup d’étudiantes et étudiants disent nous soutenir mais ont peur de participer activement au comité et d’être qualifiés d’antisémites, alors qu’on peut être contre le génocide et l’antisémitisme en même temps », ajoute l’une. « Et en plus, on a peur de ne pas être recrutés ou pris en stage si on est identifiés comme faisant partie du comité », conclut l’autre.

À Strasbourg, la première alerte nationale sur les détournements de fentanyl a fait effet

À Strasbourg, la première alerte nationale sur les détournements de fentanyl a fait effet
Délivré sous forme de patch, le Durogesic a été détourné pour permettre une injection de Fentanyl par voie intraveineuse. La première alerte en France sur ce phénomène est venue de la Halte Soins Addiction de Strasbourg.

Dès 2021, la Halte Soins Addictions a permis d’alerter sur une poussée inédite de la consommation détournée de fentanyl à Strasbourg. Une alerte qui a permis d’enrayer le phénomène.

C’est l’un des rôles méconnus des salles de consommation à moindre risque. À Strasbourg, la Halte Soins Addictions (HSA) a permis de sonner l’alerte sur un phénomène inédit en France : l’apparition d’un usage détourné du fentanyl, un antalgique parmi les plus puissants existants, sous forme de patch Durogesic. Cet opioïde, classé stupéfiant, est notamment utilisé pour traiter des douleurs d’origine cancéreuse.

Une évaluation de la HSA, qui n’existe qu’à Paris et dans la capitale alsacienne, souligne le rôle crucial de ce dispositif expérimental en tant que vigie des nouvelles habitudes de consommation :

« De manière singulière en France, la salle de Strasbourg a constaté en 2022 et 2023 une poussée du fentanyl (3e produit consommé en 2023 à la HSA), opioïde de synthèse responsable de dizaines de milliers de morts par surdose en Amérique du Nord, mais dont la pénétration sur le territoire national n’avait, jusque-là, été signalée que de manière très limitée. »

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Méthodiques et implantés partout, les écolos alsaciens gagnent des batailles

Méthodiques et implantés partout, les écolos alsaciens gagnent des batailles
Des militants écologistes manifestent au Champ du Feu en mars 2024.

Depuis l’abandon de l’entrepôt Amazon à Dambach-la-Ville en 2020, les écologistes ont impacté des projets. Ils diffusent largement des argumentaires qui embarrassent les élus locaux et construisent des recours en justice efficaces, avec l’appui des naturalistes.

Près de 400 personnes devant le siège de la communautés de communes du Pays de Barr, le 11 juillet 2020. Personne n’avait jamais vu une telle mobilisation dans le coin. Dans la foule venue s’opposer au projet d’entrepôt Amazon à Dambach-la-ville, des écologistes de la région, mais aussi de nombreux riverains. « Forcément, pour des élus locaux, c’est inquiétant de voir ça. Le rapport de force est plus simple à mettre en place parce qu’il ne faut pas beaucoup de monde pour qu’ils ne soient pas réélus », analyse Yeliz, membre du collectif Chaudron des alternatives.

Quatre mois plus tard, le maire de Dambach-la-Ville et le directeur d’Amazon France annonçaient l’abandon du projet, à cause notamment de cette forte opposition. Renoncement sur l’idée d’un téléphérique entre Europa-Park et la France, suspension du chantier du Canal du Rhône au Rhin, recul du projet de stade de biathlon au Champ du Feu… Le Chaudron des alternatives, collectif agissant en Alsace centrale, peut revendiquer plusieurs impacts concrets indéniables.

Embarrasser les élus

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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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Une mère seule subitement expulsée de son hébergement et privée de ses affaires

Une mère seule subitement expulsée de son hébergement et privée de ses affaires
Djenabou, mère de deux enfants, n’a plus accès à des documents administratifs importants pour sa régularisation depuis son expulsion non programmée.

Le 29 novembre, Djenabou, mère de deux jeunes enfants, constate que la serrure de son domicile a été changée et ses affaires jetées alors qu’elle n’a été avertie de rien. Après avoir déposé plainte, elle espère retrouver, au moins, ses documents d’identité.

« Je n’ai plus rien qui prouve mon identité. » Djenabou Cissé a 24 ans. Mère de deux enfants scolarisés à l’école Saint-Jean, elle raconte l’épisode traumatisant qu’elle a vécu le 29 novembre 2024. « Je voulais rentrer chez mois avec mes enfants, mais la serrure avait été changée », retrace-t-elle. Elle ignore alors où sont ses affaires qui étaient dans la chambre de l’Hôtel le 21ème, au centre-ville, qui lui sert d’hébergement d’urgence depuis mi-septembre.

Le soir même, elle et ses deux enfants dorment dans la rue de la Petite-Course, quartier gare. « J’ai pu charger mon téléphone à la gare le 30 novembre. Je suis retournée à l’hôtel pour demander où étaient mes affaires et ils m’ont répondu qu’elles étaient devant la porte », retrace la mère de famille. Paniquée, elle ne trouve rien devant la porte de son ancien hébergement, mais juste quelques affaires de toilette dans le local poubelle de l’hôtel.

Elle interroge alors les gérants de l’hôtel, qui lui expliquent qu’ils n’ont pas touché ses affaires mais simplement mandaté un huissier car la prise en charge par l’État de son hébergement d’urgence prenait fin le 26 novembre. Quant à l’huissier, il rétorque qu’aucune affaire n’était dans la chambre lorsqu’il est arrivé pour sceller la porte. Face à ces réponses, Djenabou décide de porter plainte pour « vol simple » le 11 décembre au commissariat de Strasbourg :

« Ce n’est pas parce que je suis en attente de régularisation qu’on ne doit pas respecter mes droits. J’ai toujours suivi les règles, il est légitime que je fasse en sorte qu’on me respecte également. »

Depuis, la jeune maman est dans une situation extrêmement précaire. Heureusement, elle peut compter sur la solidarité de son entourage. « On a pu dormir chez des maitresses de l’école et des connaissances, mais ce n’est pas idéal », soupire-t-elle.

Et surtout, cela ne lui rendra pas les documents administratifs qu’elle gardait précieusement dans sa chambre et qui sont essentiels à sa demande de titre de séjour. « Les habits, peu importe, ça se trouve. Mais tout le reste est beaucoup plus compliqué, souffle-t-elle. L’hôtelier m’avait dit qu’on trouverait une solution, que je n’aurai pas à dormir dehors », se souvient la jeune femme, habituée à changer régulièrement d’hébergement d’urgence depuis son arrivée en France en 2018.

Prouver sa présence en France depuis cinq ans

Djenabou, originaire de Guinée Conakry, espère être régularisée rapidement. Mais il est désormais difficile pour elle d’envisager la suite de son parcours sans ses documents administratifs. « Si on me convoque à la préfecture, je n’ai rien à leur montrer, plus aucun original, pas de carte d’identité de mon pays d’origine, pas d’extrait de naissance, il faut que je recommence tout », déplore-t-elle.

Elle ne peut plus prouver qui elle est, ni depuis combien de temps elle habite en France. C’est justement sa présence sur le territoire depuis plus de cinq ans qui devrait lui permettre d’obtenir son titre de séjour. Et Djenabou n’a plus accès aux soins, parce que sa carte de bénéficiaire de l’aide médicale d’État a aussi disparu le 29 novembre.

Pendant plusieurs années, la Collectivité européenne d’Alsace a payé pour l’hébergement de la mère de famille, son plus jeune enfant ayant moins de trois ans. « Quand on m’a annoncé que je devais désormais appeler le 115 (numéro pour demander un hébergement d’urgence, NDLR) après l’anniversaire de mon fils, j’ai su que tout allait devenir compliqué », admet Djenabou.

Début septembre, l’État propose une place à l’hôtel du Forum à Schiltigheim à la mère de famille . « Mais tout le monde sait qu’il y a des punaises de lit là-bas, j’ai vu les photos des enfants à la peau gâtée par les piqures », explique-t-elle. Elle refuse donc de s’y rendre avec ses enfants de trois et six ans. Dès lors, le gestionnaire de l’hébergement d’urgence considère qu’elle n’est plus prioritaire pour être mise à l’abri (voir notre article). Elle a tout de même été hébergée dans la foulée mais temporairement, à l’Hôtel le 21ème.

Grâce à une association (ASF 67), elle est désormais à nouveau logée dans un appartement depuis le 19 décembre. Djenabou s’inquiète de l’impact de cette situation sur ses enfants de 4 et 7 ans. « Ils comprennent tout, mais là c’est vraiment difficile de leur expliquer pourquoi on n’a plus rien », soupire-t-elle.

Le rêve de devenir aide soignante

Avec son avocate, Maître Sandrine Chebbale, elle a entamé une démarche en référé auprès du tribunal administratif pour contraindre l’État à loger sa famille de trois personnes de manière pérenne et en urgence. Victorieuse en première instance en octobre, elle a perdu devant le Conseil d’État en novembre 2024.

Après son dépôt de plainte, Djenabou semble découragée. « J’ai peu d’espoir de retrouver mes papiers et la police n’a pas de solution pour moi », souligne-t-elle. Son rêve est pourtant simple : avoir des papiers pour enfin pouvoir travailler et avoir un salaire, plutôt que de faire du bénévolat, la seule chose qu’elle est autorisée à exercer pour le moment :

« J’aimerais devenir aide-soignante, prendre soin des personnes âgées et en situation de handicap. Pour le moment je n’ai pas le droit mais j’aimerais faire une formation dans ce domaine. »

Si Djenabou témoigne de la disparition de ses affaires, c’est également parce qu’elle ne veut pas que d’autres personnes subissent la même chose : « Quand vous n’êtes pas régularisés, certaines personnes abusent de vous », assène-t-elle.

Contactés, l’hôtelier qui hébergeait la famille et l’huissier qui a été mandaté n’ont pas donné suite aux questions de Rue89 Strasbourg au moment de publier cet article.

À l’Escale, des personnels dénoncent un sous-effectif et des patients délaissés

À l’Escale, des personnels dénoncent un sous-effectif et des patients délaissés
Accueil de l’établissement médico-social de l’Escale de la Fondation Saint Vincent dans le quartier Gare de Strasbourg.

Des soignants et personnels de l’Escale Saint Vincent, qui accueille des patients sans-abris, dénoncent une pression liée au management et au sous-effectif dans la structure. Ils alertent sur une nette détérioration des prises en charge.

« Je ne sais pas où est passé le sens de nos actions. » Cette phrase prononcée par un salarié de l’Escale Saint-Vincent illustre le désarroi dans lequel se retrouvent une partie des employés. La structure a vocation à accueillir des personnes sans domicile fixe le temps que leurs soins soient effectués, sur des périodes de deux ou six mois renouvelables. Ainsi, elles peuvent se consacrer à leur santé physique et mentale sans avoir à survivre dans la rue en même temps.

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Des maires du Haut-Rhin adoptent un béton fait de papillons et de coquillages

Des maires du Haut-Rhin adoptent un béton fait de papillons et de coquillages
Le chantier du bâtiment périscolaire d’Uffholtz, construit en béton Pneumatit.
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Dix articles Rue89 Strasbourg qui ont eu un impact en 2024

Dix articles Rue89 Strasbourg qui ont eu un impact en 2024
Cible

Chaque année, Rue89 Strasbourg fait le point sur l’impact de ses enquêtes et de ses reportages.

Une rédaction qui enquête et qui révèle, c’est une équipe de journalistes qui produit des effets concrets (lire nos bilans en 2020, 2021, 2022 et 2023). C’est l’un des intérêts d’un média d’investigation local et indépendant comme Rue89 Strasbourg. Les investigations menées à partir des alertes reçues poussent parfois les pouvoirs établis à revoir leurs projets ou à changer leurs pratiques. Votre média indépendant peut aussi servir plus différemment, en se faisant l’écho d’engagements locaux. Rue89 Strasbourg sert enfin de vigie citoyenne et exerce ainsi une pression sur les pouvoirs publics dans différents domaines, comme les violences sexistes et sexuelles ou l’écologie. Passage en revue de nos impacts en 2024.

Les grands chantiers de l’année 2025 à Strasbourg

Les grands chantiers de l’année 2025 à Strasbourg

Pour l’année 2025, de nouveaux chantiers s’ouvrent et s’achèvent à Strasbourg. Des mobilités à la culture, en passant par la santé, tous les secteurs sont concernés.

Toujours autant de grues, de nacelles et de tractopelles dans le panorama strasbourgeois. Alors que la fin du mandat approche, la municipalité écologiste doit désormais mener à bien tous les chantiers déjà lancés. Certes, il n’y aura pas de pose de rails pour le tram nord, dont le début de chantier était initialement prévu pour le début d’année. Mais d’autres dossiers majeurs, comme la mutation du quartier du Port du Rhin ou l’extension du tram F vers l’Ouest de l’Eurométropole, restent à l’ordre du jour. Tour d’horizon des principaux chantiers à Strasbourg en 2025.

Dernier arrêt avant le tram ouest

Dans l’ombre du tram nord, le tram ouest poursuit son chemin. Il devrait entrer en service dès 2025. Quatre kilomètres de lignes supplémentaires et huit nouvelles stations étendront ainsi la portée de ligne F, qui liera les quartiers de Koenigshoffen, du Hohberg, et les communes d’Eckbolsheim et Wolfisheim au centre de Strasbourg.

Les travaux avaient commencé juste après la déclaration d’utilité publique, le 10 juillet 2023 et s’achèveront donc à la fin d’année 2025. Le coût total de l’extension est estimé à 122 millions d’euros. Des aménagements annexes accompagneront le projet, comme une piste cyclable bidirectionnelle de six kilomètres sur la route de Wasselonne et une future passerelle piéton/cycliste au-dessus des voies ferrés à Koenigshoffen, dont la livraison est prévue pour 2027.

L’extension du tram vers Koenigshoffen avait été initiée par l’ancien maire Roland Ries, lors du précédent mandat.Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

Dans la foulée, d’autres aménagements suivront la venue du tram sur l’axe de la route des Romains : les trottoirs s’agrandissent, de nouvelles pistes cyclables se dessinent et le plan de circulation est repensé au détriment des voitures. Aujourd’hui sous-exploité, le parc des Romains sera transformé au cours de l’année 2025 pour devenir un espace plus convivial avec terrains de foot et de pétanque, espace pique-nique et aire de jeux.

Entracte au cinéma Star Saint-Ex

Après la mue de l’Odyssée en Cosmos, le Star Saint-Ex entre lui aussi dans une phase de chantier. Situé au 18 rue du 22-novembre, le bâtiment abritant le cinéma, le café du 7ème art et des locaux va connaître d’importants travaux de rénovation, pour une enveloppe totale de 7,5 millions selon les chiffres du budget 2023 de la Ville.

Pendant que le Star Saint-Ex (à l’image) sera en travaux, l’autre cinéma Star situé rue du Jeu-des-Enfants restera ouvert.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg

À partir de janvier 2025, le bar et le cinéma fermeront donc leurs portes pour une durée d’environ un an. Dans nos colonnes, le directeur des cinémas Star, Stéphane Libs, évoquait les travaux envisagés pour les cinq salles de projection et évoquait les problèmes « d’isolation du bruit ». Côté bar, le gérant du 7ème art Akif Dolanbay affirmait vouloir séparer davantage les deux structures, en fermant notamment l’accès ouvrant vers l’accueil du cinéma.

Au Port du Rhin, la mutation continue

Lancée en 2014 sous l’égide de l’ancien maire Roland Ries, la transformation du Port du Rhin se poursuit durant l’année 2025. Au cours de l’année 2025, la réalisation de la promenade du Rhin nord, située sur les berges du Rhin à proximité du pont Beathus Rhénanus, devrait être achevée.

Chemin vers le Kaléidoscope, un nouvel espace accueillant un lieu mêlant espace de coworking, bureaux et commerces.Photo : Rue89 Strasbourg

Surtout, le projet de la cour des Douanes devrait également démarrer au cours de l’année. Le chantier devrait transformer le visage du Port du Rhin « historique » – le quartier situé autour de la cité Loucheur – avec la construction de 300 logements, un espace dédié à l’insertion professionnelle et une médiathèque de quartier. Les études pour la conception de cette dernière devraient être lancées en janvier, selon la SPL des Deux Rives.

Autour de l’hôpital, les labos fleurissent

Sur le site de l’hôpital civil, à deux pas du centre-ville, le « programme » Nextmed continue de prendre de l’ampleur. Il s’agit d’un projet de construction de bâtiments pour les professionnels de santé, mais aussi les chercheurs et les entreprises du secteur, chapeauté par la Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (SERS). Parmi les projets déjà livrés : les pavillons « eXplora », un hôtel d’entreprises de santé, et de l’ancien pavillon Blum, réhabilité pour accueillir un bar-restaurant.

« En 2025, on lance les permis de construire pour trois nouveaux bâtiments », explique Nicolas Perrin, directeur du programme Nextmed. Réalisés par le cabinet lyonnais « Patriarche », ces trois bâtiments seront « contigus et formeront un carré ouvert ». « Ils auront une hauteur variant de 5 à 8 étages et devraient servir à accueillir des laboratoires. » Ils pourraient être livrés vers l’année 2028.

Fin de chantier pour la mosquée Eyyub Sultan

Le dernier chantier n’est pas du ressort de la mairie. Quatre ans après avoir été au centre d’une polémique nationale, la construction de la mosquée Eyyub Sultan pourrait prendre fin en 2025. L’attribution d’une subvention de 2,5 millions d’euros par la Ville de Strasbourg en 2021 avait fait l’objet de vives critiques, la nature de l’organisation à l’origine du projet, Milli Görüs, étant elle-même décriée pour son positionnement politique. Elle y renoncera finalement.

Le chantier de la mosquée Eyyub Sultan, à la Meinau.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Selon la communauté islamique, l’édifice religieux devrait être réalisé au cours de l’année 2025. Avec l’espace dédié au culte, une partie du bâtiment servira comme local pour l’association, avec des bureaux et un café ouvert au public.

Réouverture du muséé zoologique

Après cinq années de fermeture, le musée zoologique de Strasbourg rouvrira ses portes au premier semestre 2025. Situé au 29 boulevard de la Victoire, dans l’enceinte du campus historique, l’établissement a réalisé une série de rénovations de ses espaces d’exposition.

Une variété moins large de spécimens sera présentée, mais le bâtiment organisera une rotation plus fréquente, assure l’équipe du musée. Lors de la rénovation, l’accent a été mis sur l’entrée du lieu et la médiation, en renforçant, par exemple, la place des dispositifs numériques. Une phase de démarche participative a été lancée en amont de la réouverture, pour affiner la programmation culturelle.

Grand quiz : êtes-vous incollable sur l’actualité locale de 2024 ?

Grand quiz : êtes-vous incollable sur l’actualité locale de 2024 ?
Des questions ?

Êtes-vous au fait de l’actualité locale strasbourgeoise ? Vérifiez-le en répondant aux questions de ce quiz, dont les réponses ont toutes été puisées dans les 963 articles que Rue89 Strasbourg a publié en 2024.

Il ne sera pas dit que Rue89 Strasbourg est un média qui ne respecte pas les traditions ! La preuve, nous sommes fidèles à notre habitude de vous proposer un petit quiz, de rien du tout, à peine 15 questions, inspiré par l’actualité strasbourgeoise tout au long de l’année 2024.

En 2024, Rue89 Strasbourg a publié 963 articles et nos pages ont été vues plus de 5 millions de fois, par environ 2,6 millions de visiteurs ! Nous en sommes très fiers et nous espérons que vous serez encore plus nombreux et nombreuses en 2025. Nous espérions atteindre 2 500 abonné·es à la fin de l’année, ce sera finalement plutôt 2 350. Merci à toutes celles et ceux qui mettent un peu d’argent dans leur information, c’est grâce à elles et eux que Rue89 Strasbourg peut publier autant d’informations exclusives et se saisir de sujets essentiels, jamais vus ailleurs. Si vous êtes du genre à vous donner des objectifs, sachez que le nôtre, c’est 3 000 abonné·es à la fin de 2025. Donc si ce n’est déjà fait, faites un geste pour votre info, le carburant de votre regard sur le monde qui vous entoure, et abonnez-vous ici.

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Cette année, nous avons comptabilisé, en moyenne, presque 415 000 visites par mois sur notre site. Passage en revue de nos audiences et des cinq articles qui ont suscité le plus de lectures.

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Du 1er janvier au 20 décembre 2024, nous comptons près de 4,8 millions de visites sur notre site, avec une moyenne de 412 610 vues par mois, de janvier à novembre. Ce qui fait 13 700 vues par jour. C’est un peu moins que l’année dernière, où vous aviez été 5,1 millions de visiteurs entre le 1er janvier et le 20 décembre. Mais c’est déjà pas mal ! D’autant plus que notre production est de plus en plus réservée aux abonnés. C’est le moyen que nous avons trouvé pour faire vivre un média d’enquêtes et indépendant à Strasbourg (abonnez-vous ici).

Une tribune en première position

La page la plus lue cette année a été publiée le 22 septembre. Elle a suscité 62 842 visites au 20 décembre. Et il ne s’agit pas d’un article écrit par un ou une journaliste, mais d’une tribune signée Georges Yoram Federmann, psychiatre et militant de gauche strasbourgeois : « Le drapeau de l’État d’Israël n’a rien à faire sur le mât de la Synagogue de la paix. » Un texte liant un fait strasbourgeois et l’actualité internationale, en accès libre comme le sont tous les textes qui nous sont proposés et que nous acceptons de publier. Pour l’auteur, la synagogue de Strasbourg assimile les juifs à l’État d’Israël en laissant flotter son drapeau.

Vient ensuite un article sorti le 15 juin et réservé aux abonnés. Produit par Dorian Mao, stagiaire à l’époque et maintenant journaliste à la pige, il traitait de la forte chaleur dans la boutique Primark qui est allée jusqu’à provoquer le malaise d’une salariée : « Au Primark de Strasbourg, les salariés « suffoquent à cause de la chaleur » ». La page a généré 59 077 visites au 20 décembre.

Le troisième sujet le plus lu est un petit article gratuit qui annonçait, le 4 juillet, la fermeture du restaurant Velicious à cause d’une démarche juridique de ses voisins : 44 798 vues le 20 décembre. Une information qui a suscité de très nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. L’établissement était connu pour être le premier restaurant vegan de Strasbourg, ouvert par des jeunes affichant des engagements écologistes.

Les vues ne nous rapportent rien directement

Notre page en accès libre avec les résultats du premier tour des élections législatives à Strasbourg le 30 juin a été visitée 42 158 fois. C’est notre développeur Geoffrey Brossard qui élabore de magnifiques cartes où il est possible de cliquer sur les zones correspondant à chaque bureau de vote pour connaitre les résultats de chaque quartier. On apprenait alors que le Nouveau Front populaire (NFP) était largement majoritaire dans la capitale alsacienne. Élection après élection, ces cartes génèrent beaucoup de trafic.

Enfin, l’article sur les logements vacants à Strasbourg titré En pleine crise du logement, Strasbourg déborde d’appartements vides, a été lu 33 586 fois. C’est un bon score pour une page accessible aux abonnés. De manière générale, vous êtes beaucoup à lire nos articles sur le logement, une problématique très sensible pour les Strasbourgeois et Strasbourgeoises. Bien que nous ne cherchions pas le buzz à tout prix, nous voulons investir des sujets ancrés dans le quotidien de nos lectrices et lecteurs.

D’ailleurs, nous ne sommes pas rémunérés au clic : le prix payé par les annonceurs sur notre site ne varie pas avec l’audience. Ce qui permet à Rue89 Strasbourg de fonctionner, dans notre modèle encore très précaire, ce sont les abonnements. À ce sujet, l’article qui a suscité le plus d’abonnements (24) cette année porte sur la crise de gouvernance chez le bailleur social Habitat de l’Ill publié en août. Il a été visité 12 472 fois au 20 décembre.

Des canaux d’information indépendants

Notre objectif est évidemment de progresser en 2025, que ce soit sur les audiences ou les abonnements. L’une de nos dernières nouveautés pour cela est la version améliorée de notre newsletter, avec des liens vers nos titres du jour et un panorama de l’actualité locale. Depuis son lancement le 6 juin, nous sommes passés de 6 868 à 8 169 inscrits fin 2024. C’est notre rendez-vous quotidien, comme un petit journal papier, mais par mail (recevez la en cliquant ici).

Nous avons aussi désormais une chaine Whatsapp suivie par plus de 10 000 comptes. Le but est de moins dépendre des algorithmes des réseaux sociaux pour diffuser nos articles, et de vous permettre de maitriser vos canaux d’information.

Danser, s’émerveiller et se marrer, notre sélection culture de janvier 2025

Danser, s’émerveiller et se marrer, notre sélection culture de janvier 2025
Image d’illustration

On commence 2025 avec une sélection culturelle solide et pleine de surprises, entre exposition-mémoire, découvertes musicales et documentaire d’intérêt public.

Charlie Hebdo au Club de la presse

Du 7 au 11 janvier 2024, le Club de la presse présente l’exposition L’humour de Charlie. Pour commémorer les 10 ans de l’attentat du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo, l’institution présente 45 dessins du journal satirique « avec pour objectif de sensibiliser les plus jeunes à cet humour unique ».

Découvertes musicales à Django

Vendredi 10 janvier, cinq groupes locaux passeront les auditions pour le tremplin du Printemps de Bourges à l’espace Django. C’est le principe des soirées iNOUïS, où après une première sélection régionale parmi 102 artistes d’Alsace les finalistes tenteront pendant 30 minutes de continuer leur chemin vers les plus grandes scènes musicales françaises.

Les oreilles des Strasbourgeois et Strasbourgeoises pourront ainsi découvrir le duo Exotica Lunatica. Déjà bien habituées des scènes locales, les artistes mêlent violon entraînant et voix venues d’ailleurs sur des sonorités inspirées de la Grèce et de la Turquie dans de grands voyages planant ressemblant à des épopées.

Ça sera aussi l’occasion de plonger dans les rythmes endiablés de Macrowave, qui se définit comme de la musique cinématique électronique. Ou de se dandiner sur les paroles de Naeko, ou de savourer le hip-hop de Yend, ou de participer à l’appel à une révolution de Louise XIV.

Femmes de danse à Pôle Sud

Du 14 au 29 janvier, la salle de Pôle Sud programme dix spectacles de danse, des rencontres et ateliers dans le cadre du festival L’année commence avec elles. Ainsi les 14 et 15 janvier, Chandra Grangean et Lise Messina présenteront Reface, une pièce de 45 minutes qui explore les normes sociétales à coup de perruques blondes et sparadraps beiges. Les mêmes soirs, Mathilde Monnier présente Black lights, création primée qui explore les violences faites aux femmes.

Le 24 janvier, la Belge Soa Ratsifandrihana présentera Fampitaha, Fampita, Fampitàna, une création de 2024 qui utilise le son et la danse pour questionner la comparaison, la transmission et la rivalité.

Un documentaire pour enfin comprendre l’affaire Sarkozy

Parce que parfois les affaires révélées par les médias semblent compliquées, que les mis en causes jouent de cette apparente complexité pour se dédouaner et que Mediapart a enquêté pendant des mois, le documentaire Personne n’y comprend rien est d’intérêt public.

Projeté au cinéma Saint-Exupéry le 21 janvier 2025 en présence du journaliste à l’origine des révélations Fabrice Arfi, il revient sur les liens entre Nicolas Sarkozy et le Lybien Kadhafi alors que le procès de l’ancien président de la République s’ouvrira en 2025.

Culture club aux Studios du Rhin

Pour sa quatrième édition, le festival Club’in Europe se tiendra aux Studios du Rhin du 23 au 26 janvier 2025. Il entend promouvoir la culture clubbing, house et hiphop à travers les frontières en faisant collaborer les artistes et danser les publics.

Battle de danse, concerts surprise, discussions autour de la pratique House ou encore master classes pour les danseurs et danseuses, le programme s’adresse tant aux professionnels et professionnelles qu’aux novices curieux et curieuses d’en apprendre plus sur cette culture. Des soirées aux DJs savamment choisis sont aussi proposées pour qui préfère danser dans la pénombre.

L’année 2024 en dix photos

L’année 2024 en dix photos

Agriculteurs, mobilisations écologiques, manifestations massives et portraits de personnages méconnus, retour sur les dix images les plus marquantes de l’actualité 2024 publiées dans Rue89 Strasbourg.

Les agriculteurs ont demandé de meilleures conditions de travail

Les 24 et 30 janvier, les agriculteurs et agricultrices de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont bloqué la M35 au nord de Strasbourg pour demander de meilleures conditions de travail. Manifestation massive, elle a été rendue possible grâce à la collaboration des services de l’État (voir notre article).

Un collectif écolo s’est dressé contre une route

À Lorentzen, en Alsace bossue, la construction d’une route de contournement des villages menace des écosystèmes. Des collectifs et associations de défense de l’environnement s’opposent au tracé proposé par la Collectivité européenne d’Alsace en mettant en avant la diversité de la faune et de la flore des collines concernées (voir notre article).

Un maire a été poursuivi pour avoir aidé un de ses administrés

Un restaurateur et un ancien maire aident un homme sans-papiers à se trouver un métier et une maison en France. Ils comparaissaient tous trois au tribunal correctionnel de Colmar en mars 2024 mais seul le maire a été condamné, dispensé de peine (voir notre article). Dans cette histoire, l’État a estimé que trois hommes, voulant pourtant créer des conditions de vie dignes et équitables, méritaient de passer devant un juge pour répondre de leurs actes solidaires.

Laure Helms a témoigné sur les violences conjugales

C’est à Rue89 Strasbourg que l’enseignante Laure Helms a livré son témoignage en mars 2024. Victime de violences conjugales, elle est revenue sur les mécanismes qui l’ont conduite à rester dans une relation qu’elle a mis du temps à considérer comme problématique (lire son interview).

La flamme olympique est passée par la capitale alsacienne

Autant décriée qu’attendue, la flamme olympique a fait se déplacer des centaines de personnes vers le centre-ville de Strasbourg alors qu’elle était en chemin vers Paris (voir notre reportage).

La marche des Fiertés s’est politisée dans les rues de Strasbourg

Après les élections européennes début juin, Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale. En réaction à la montée de l’extrême droite, la marche des fiertés le 15 juin a mêlé fête et revendications politiques. Les droits des personnes LGBTQIA+ étant directement menacés dans les États où des gouvernements d’extrême-droite sont arrivés au pouvoir (Italie, Hongrie, Pologne, Brésil, États-Unis), la communauté s’est saisie de l’occasion pour rappeler que son existence est politique et qu’elle est prête à se battre pour conserver ses droits (voir notre article).

Le Nouveau Front populaire, première formation à l’Assemblée

130 personnes se sont réunies à Wissembourg jeudi 4 juillet contre le Rassemblement national.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Après une courte campagne, le Nouveau Front populaire a emporté 178 sièges à l’Assemblée nationale, dont trois en Alsace. La montée du Rassemblement national a mobilisé des Alsaciens et Alsaciennes pour sensibiliser les citoyens et les citoyennes sur les effets de son arrivée au pouvoir. Dans un territoire historiquement ancré au centre droit, certains élus macronistes se sont même dit prêts à collaborer avec leurs homologues de gauche.

Le camp Krimmeri a été plusieurs fois démantelé

Le camp de Krimmeri, situé dans le quartier de la Meinau, a été évacué trois fois en 2024. Des familles réfugiées ou demandeuses d’asile y avaient trouvé refuge en y installant des tentes, faute de place en hébergement d’urgence. Notamment, beaucoup de familles afghanes titulaires de titres de séjour sont arrivées de Guyane, à la recherche d’un environnement de vie enfin stable (voir tous nos articles).

L’équipe féminine du Racing est montée en première division

Pour la première fois, l’équipe féminine du Racing club de Strasbourg évolue au plus haut niveau national. Toutes les joueuses sont passées professionnelles et salariées du club, leur communication est assurée par l’équipe du Racing (voir notre reportage).

Dumarey Powerglide a massivement licencié

Le 4 octobre, la CGT a relayé la décision de la direction du groupe Dumarey Powerglide de supprimer 248 emplois, sur les 584 que compte l’usine du Port du Rhin. En cause, la baisse des commandes de l’un de ses principaux clients, comme beaucoup d’entreprises du secteur automobile. Fabriquant des boîtes de vitesses pour les véhicules motorisés, les ouvriers ont dû se battre pour obtenir des indemnités de départ dignes. Après 12 jours de grève en novembre, ils ont finalement obtenu gain de cause.

Julian Assange a rendu visite à Strasbourg

Trois mois après sa négociation avec la justice américaine lui ayant permis de quitter le Royaume-Uni, le fondateur de Wikileaks Julian Assange est passé par Strasbourg pour s’entretenir avec le Conseil de l’Europe (voir notre article).

2024, rude année de mandat pour les Écologistes

2024, rude année de mandat pour les Écologistes
Jeanne Barseghian lors d’un conseil municipal en mai 2022.

L’année 2024 s’achève dans la douleur pour les exécutifs écologistes à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg. Avec l’arrêt net du tram nord, les reculs dans plusieurs dossiers et les tensions en interne, la fin de mandat s’annonce rude.

« La feuille de route se décline, elle se réalise. » À en croire le ton laconique de Pia Imbs, présidente de l’Eurométropole, l’année 2024 devait connaître une fin routinière et tranquille pour l’exécutif métropolitain. En septembre, devant un parterre de journalistes réunis pour un déjeuner de rentrée, elle déroulait la liste des chantiers en cours : le Réseau express métropolitain (REME), l’ouverture de la gare à 360 degrés, l’agrandissement du stade de la Meinau… Même refrain côté Ville de Strasbourg : le temps est au suivi des projets.

Entre l’élan du début de mandat et les dernières années qui seront amputées par la campagne des municipales, 2024 s’inscrit dans une temporalité politique à part. Pour les écologistes à la tête de Strasbourg et de son Eurométropole, le moment fût loin d’être aussi pépère que prévu, avec son lot d’épisodes de tensions et de reculs.

Le tram nord déraille

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Rejet du tram nord, la CEA et le Grand Est, ancrage du NFP… Les grands moments politiques de l’année 2024 en Alsace

Rejet du tram nord, la CEA et le Grand Est, ancrage du NFP… Les grands moments politiques de l’année 2024 en Alsace
Manifestation contre l’extrême droite à Wissembourg, où l’extrême droite à fait ses meilleurs scores en Alsace.

Avec quatre premiers ministres, deux élections et une dissolution en douze mois, l’année 2024 a été l’une des plus chaotique de l’histoire politique récente. Retour sur les moments marquant en Alsace.

Pour les journalistes politiques du pays, le mois de juillet n’a toujours pas pris fin. Depuis les résultats des élections législatives, le feuilleton entourant le gouvernement paraît interminable. En Alsace, comme dans le reste du pays, l’année 2024 a eu son lot de rebondissements. De la taxe poids lourds, en passant par les deux élections successives et la bérézina du tram nord, nous revenons sur les moments marquants de l’année politique.

Contre la loi immigration, l’échec de la mobilisation

L’année précédente s’achevait avec un goût amer. Le soir du 19 décembre 2023, la loi « pour contrôler l’immigration » et « améliorer l’intégration » a été adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat. Voulu comme une réponse ferme à l’immigration, le texte s’attaque tous azimuts à l’aide médicale d’État, au statut des étudiants étrangers, au délai d’accès aux aides sociales… Depuis les couloirs du Palais bourbon, Marine Le Pen salue une « victoire idéologique », avec la traduction légale de la « préférence nationale » par la majorité présidentielle (Renaissance, MoDem, Horizons).

En tête ligne de cortège, plusieurs élus locaux et nationaux Les Écologistes, LFI et PCF tiennent la banderole.

À Strasbourg, le texte provoque des manifestations. Dès le début de l’année, un large front social se forme pour dénoncer le texte et battre le pavé. Au conseil municipal, la droite strasbourgeoise n’est pas à l’aise pour défendre un texte autant marqué par l’empreinte de l’extrême droite. La mobilisation s’essoufflera à la fin de l’hiver, alors qu’en parallèle le Conseil constitutionnel censure une large partie de la loi.

Européennes : la gauche en duel à Strasbourg

Dans la même semaine du 22 avril – séance plénière du Parlement européen oblige – toutes les têtes de listes de gauche se sont retrouvées en Alsace pour trois meetings distincts. C’était à peine quatre mois avant que les partis de gauche ne se coalisent autour du Nouveau Front populaire ; les Écologistes insistaient pour partir en solitaire aux élections européennes, certains que le scrutin leur serait favorable. Avec 5,5%, ils finiront derrière le PS (13%), et la France insoumise

Pour la France insoumise, Manon Aubry faisait salle comble au Palais de la musique et des congrès, le mardi. À la tribune, elle n’hésite pas à taper sur Raphaël Glucksmann (Place publique), ciblant la « troïka Macron-Glucksmann-Bellamy ». Deux jours plus tard, jeudi, ce dernier prendra la parole à la salle de la Bourse, taclant Emmanuel Macron sur sa vision de l’Europe. Le jour d’après, c’est la tête de liste Marie Toussaint (Les Écologistes) qui tenait une « causerie », dans une pièce plus étroite au Port du Rhin, et ciblait également le président. L’occasion de répondre au discours fleuve qu’il donnait à la Sorbonne le jour même.

Un mois plus tard, le 18 mai, la candidate de Renaissance Valérie Hayer tenait aussi un meeting à Strasbourg.

Percée des nationalistes au premier tour des législatives…

Après la victoire du Rassemblement national aux élections européennes (31,4%), loin devant la liste Renaissance (14,6%), la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée par surprise le 9 juin par le président Emmanuel Macron a ouvert un boulevard à l’extrême droite. À Strasbourg, la création du Nouveau Front populaire fait naître l’espoir à gauche. Mais dans un laps de temps si court après leur succès européen, le RN est arrivé logiquement en tête dans 11 circonscriptions sur 15 en Alsace au soir du 30 juin.

Entre les deux tours, Rue89 Strasbourg s’était penché sur le profil des candidats du parti nationaliste au second tour. En dehors des profils très policés et attentifs à leur expression publique, le RN comptait aussi son lot de personnes assumant des propos xénophobes ou en faveur du dictateur russe, Vladimir Poutine.

… et reflux au second tour face au « front républicain »

Finalement, la déferlante brune n’a pas eu lieu. Alors qu’une large majorité des circonscriptions du Nord-est basculent à l’extrême droite, le Rassemblement national n’obtient qu’une circonscription en Alsace, dans l’Outre-forêt (8e circonscription). Sans surprise à Strasbourg, le Nouveau Front populaire récupère ses deux circonscriptions strasbourgeoises tandis qu’avec le soutien du NFP, le socialiste Thierry Sother, qui apparaît sur la scène politique au bénéfice d’arrangements du PS, l’emporte face à Bruno Studer (Ren) dans la 3e circonscription du Bas-Rhin, au nord de l’Eurométropole.

Les deux députés sortants du NFP, ici à une manifestation contre la loi immigration, ont été largement réélus lors des législatives de 2024.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Dans les circonscriptions rurales, les députés sortant du bloc macroniste et Les Républicains sont les seuls bénéficiaires du « front républicain », le report des voix des électeurs du NFP leur permet de rattraper leur retard sur les candidats nationalistes.

Bras de fer entre Frédéric Bierry et les transporteurs

En septembre, devant un parterre de journalistes réunis à l’Hôtel du Département, le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), Frédéric Bierry, a exposé en détail les contours de sa future taxe poids lourds. Le problème est connu : une grande partie des poids lourds européens préfèrent passer par l’Alsace plutôt que l’Allemagne, pour éviter de payer une contribution plus importante outre-Rhin.

Pour « rééquilibrer les choses », Frédéric Bierry plaide pour une taxe poids lourds côté alsacien. Appelée R-Pass, elle sera limitée sur un tronçon de 200 km sur l’axe Nord-Sud. Réactions outrées du côté des transporteurs. Dès l’annonce, l’Union des entreprises de transport et de logistique de France dénonce un texte mettant « en péril la viabilité de certaines entreprises locales ». Ces derniers organisent une opération escargot début octobre et un rassemblement devant la CEA, pour marquer l’opposition des milieux économiques à la délibération, qui sera tout de même adoptée à l’unanimité par les élus alsaciens le 21 octobre.

La Collectivité d’Alsace toujours dans la Région Grand Est

Longtemps, Frédéric Bierry a cru apercevoir les signes d’une inflexion élyséenne sur le « dossier alsacien », qu’une redistribution conséquente des compétences au profit de sa Collectivité d’Alsace pouvait s’opérer. Mais en dépit de « l’alignement des planètes » qu’il prophétisait un an plus tôt, la situation administrative de l’Alsace n’a pas évolué. Dernier atermoiement d’Emmanuel Macron en date : lors de sa visite de Strasbourg du 26 avril, le président de la République souhaitait que l’État arbitre entre les présidents de la Région Grand Est et de la CEA, tout en s’opposant « à un grand jeu institutionnel » qui bouleverserait les équilibres entre les deux collectivités.

Mais Frédéric Bierry ne s’en laissera plus compter. Lors d’une conférence de presse le 28 avril, le président du Département estimait que « donner quelques miettes aux Alsaciens ne règlera pas le problème », réclamant des concessions plus importantes que les quelques domaines évoqués par Emmanuel Macron – le sport, le commerce et l’artisanat. Au terme d’un mois de concertation supplémentaire – que l’ancienne préfète Josiane Chevalier jugeait pourtant fort constructif – le retour au statu quo est acté.

Le président de la CEA, Frédéric Bierry, le 31 mai 2024 lors d’une réunion de présentation du « Manifeste pour l’Alsace ».Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg

Pas défait pour autant, Frédéric Bierry organisera une conférence le 31 mai, pour présenter son « Manifeste pour l’Alsace ». Un énième texte appelant aux signatures des Alsaciens et des Alsaciennes, pour précipiter une sortie de la Collectivité de la Région Grand Est. Sans effet, à ce jour.

Fronde des exécutifs locaux contre Michel Barnier

Trois mois après la victoire relative du NFP aux élections législatives, la gauche déchante. Après les Jeux olympiques à Paris, Emmanuel Macron nomme Michel Barnier (Les Républicains) au poste de Premier ministre. Très vite, ce dernier présente la rigueur budgétaire comme sa première priorité politique, et demande un « effort » aux collectivités, c’est-à-dire que le gouvernement prévoit de retrancher de leur budget plusieurs millions d’euros.

Quelques semaines plus tôt en conférence de presse, le président de la Collectivité européenne d’Alsace, Frédéric Bierry (LR), pestait déjà contre le précédent ministre des Finances, Bruno Le maire : « Quand c’est toujours les mêmes qui se sont succédé, des élites, depuis quarante ans, qui n’ont fait que générer du déficit dans notre pays et qui veulent donner des leçons aux collectivités, c’est inacceptable ! »

À droite, le premier adjoint à la maire de Strasbourg, Syamak Agha Babaei, en charge des finances, lors d’une réunion publique sur le budget local.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Même si rien n’était arrêté, cet effort budgétaire se chiffrait autour de 9 millions d’euros pour Strasbourg, et 14 millions pour l’Eurométropole. La maire Jeanne Barseghian a enchaîné les interventions médiatiques pour tacler les coupes réclamées aux collectivités. Alors que le budget 2025 de la Ville était en préparation, un débat a pris place sur le sujet au sein du conseil municipal de novembre. Finalement, le projet de loi de finances 2025 a sombré avec le gouvernement Barnier.

Tram nord : Bérézina chez les Écologistes

C’était un peu le cadeau de Noël rêvé pour tous les opposants à la majorité écologiste à Strasbourg : la commission d’enquête publique sur le projet d’extension du tramway vers le nord de l’agglomération a rendu un avis défavorable le 10 décembre. D’un trait de plume, un projet phare des mandats de Jeanne Barseghian et de Pia Imbs, qui devait relier Strasbourg aux communes de Schiltigheim (dont le quartier prioritaire des Écrivains) et Bischheim est abandonné.

Le jour même, les leaders de l’opposition au projet – les conseillers strasbourgeois Catherine Trautmann (PS), Jean-Philippe Vetter (LR), Pierre Jakubowicz (Horizons) – tenaient une conférence de presse pour appuyer la défaite de la municipalité. Rebelote une semaine plus tard, lors du conseil de l’Eurométropole du 18 décembre, où au détour d’une interpellation en fin de séance l’opposition a relayé les commentaires de la commission d’enquête pour les renvoyer à l’exécutif. Face à eux, la présidente de l’EMS Pia Imbs et ses vice-présidents ont tenté de minimiser, mais c’est un revers sans précédent pour un exécutif strasbourgeois.

Dans les coulisses d’un restaurant touristique, l’infernale cadence du marché de Noël

Dans les coulisses d’un restaurant touristique, l’infernale cadence du marché de Noël
Suis-je crédible en serveuse ?

Pendant le marché de Noël, les équipes du restaurant de l’Ancienne Douane au centre de Strasbourg doivent servir des centaines de touristes en très peu de temps. Recrutée en tant que serveuse, je n’ai tenu que deux services.

« Tu penses qu’on va faire combien ce soir ? 200 couverts ? 300 ? Le week-end dernier on en a fait 1 200 ! » Dans une salle à manger encore sombre, je rencontre mes nouveaux collègues sur les coups de 18h15 un lundi soir. J’ai été embauchée à l’Ancienne Douane en tant que serveuse, un métier que j’ai exercé pendant plus de cinq ans tout au long de mes études et au début de ma carrière de journaliste.

Il aura suffi de déposer un CV pour que le directeur m’embauche en tant qu’extra la semaine suivante, après m’avoir posé une seule question : « Vous savez travailler au pookie ? » Silence gêné. Le directeur comprend que je ne sais pas de quoi il parle. Visiblement ce n’est pas grave. Mes collègues m’apprendront à utiliser la petite tablette connectée qui remplace le carnet de note pour prendre les commandes des clients. Mon premier soir, on me demande immédiatement si je suis disponible pour travailler les 24 et 31 décembre. La réponse est non. Le chef s’y attendait.

Sensei et pookie

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À l’Espace Égalité, une affiche de Tomi Ungerer qui dérange

À l’Espace Égalité, une affiche de Tomi Ungerer qui dérange

Une affiche du célèbre illustrateur alsacien est installée dans un lieu destiné à la lutte contre les discriminations chez les scolaires. L’affiche satirique dérange certaines médiatrices qui l’ont signalée. La direction n’a pas jugé urgent de la remplacer. Un conflit de générations et de sensibilités.

Nina découvre l’Espace Égalité de la ville de Strasbourg en 2023. Elle est alors employée comme médiatrice vacataire, auprès des enfants. Elle y mène des ateliers pour les amener à réfléchir aux questions de discrimination. Ce lieu, unique en France, offre un parcours pédagogique et interactif sur près de 830 mètres carrés dans le quartier du Port-du-Rhin. Le principe : une mini-ville avec des reproductions d’un tribunal ou d’une mairie, où les enfants déconstruisent les 26 critères de discrimination punis par la loi.

« Voir ainsi, mises à égalité, la lutte suprémaciste blanche et la lutte pour les droits civiques, c’était pour moi indécent. »

Nina, médiatrice vacataire du l’Espace Égalité

Très vite, la jeune femme de 34 ans remarque une affiche en noir et blanc de Tomi Ungerer. Réalisée en 1967 par l’illustrateur alsacien et intitulée Black Power, White Power, l’affiche est conçue comme une carte à jouer. Elle représente deux personnages, un noir et un blanc, tête-bêche, qui s’entre-dévorent l’un l’autre. Pour Nina, qui découvre l’affiche sans aucune notice explicative, ni aucune formation pour en parler aux enfants, le malaise est immense.

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