Les parents d’élèves veulent alerter sur des situations intolérables et méconnues.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
À l’appel de parents d’élèves, plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées jeudi matin devant l’école Saint-Jean de Strasbourg pour demander que les familles sans-abri dont les enfants sont scolarisés soient prises en charge.
Jeudi 5 décembre à 8h15 devant l’école Saint-Jean, les enfants rentrent dans la cour, heureux de retrouver leurs camarades. Mais les visages des adultes sur le parvis sont inhabituellement fermés. Des pancartes ont été attachées aux barrières : « le jour à l’école, la nuit à la rue », « avoir un toit n’est pas un rêve, c’est un droit »… À l’appel des parents d’élèves de l’école, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer qu’une dizaine d’enfants scolarisés dans les classes de Saint-Jean n’aient pas d’hébergement, et vivent des situations d’extrême précarité.
Les parents d’élèves de Saint-Jean ont commencé à se mobiliser vendredi 29 novembre pour venir en aide à une famille avec deux enfants qui a tout perdu lorsqu’ils ont été mis à la porte du centre d’hébergement qu’ils occupaient. Pendant leur absence, leurs affaires ont été mises dehors dans des sacs et ont évidemment été volées.
Elphège Tignel se dit prête à étudier « toutes les options » pour que les enfants soient abrités.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
« On a essayé de recenser les situations et on s’est aperçu qu’au moins dix enfants de l’école ne peuvent pas se reposer la nuit », indique Elphège Tignel, représentante des parents d’élèves mobilisés :
« Ce sont des situations très discrètes, certains vivent sous tente, d’autres se serrent dans une voiture… Nous voulons qu’avec cette mobilisation, tout le monde se rende compte qu’il y a des enfants à la rue dans chaque école de Strasbourg. Et on ne peut pas croire qu’il n’y ait pas de solution. Quand il y a eu la guerre en Ukraine, il y a eu des solutions pour les réfugiés. Les températures dégringolent, il est intolérable que ces familles dorment dehors. »
Elphège Tignel indique que les parents d’élèves « étudient toutes les options », quitte à occuper le gymnase de l’école si les pouvoirs publics continuent d’ignorer le problème.
Marie-Claude Harrer est enseignante à l’école Saint-Jean, elle est indignée par ce qu’elle constate dans ses classes :
« Pour les décideurs, ce ne sont que des chiffres. Mais pour les professeurs, ce sont des élèves qui dorment en classe, qui sont agités, hagards… Ce qui se comprend puisqu’ils vivent un stress quotidien, parce qu’ils ne savent pas où ils vont dormir ni comment… C’est insupportable, invivable. »
Catherine Djaroud est enseignante en maternelle à l’école Langevin de Cronenbourg et appelle les parents à rejoindre le collectif contre les enfants à la rue. Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
Catherine Djaroud, enseignante en maternelle à Cronenbourg, est membre du collectif Pas d’enfant à la rue :
« On a besoin du soutien des parents d’élèves, car les capacités d’action des enseignants sont limitées. Il nous faut de l’aide pour interpeller les élus, se rendre aux réunions avec les pouvoirs publics ou les structures sociales, etc. »
Félix et Georges sur la route du Falkenstein, Grendelbruch, 8 mai 2017Photo : Pascal Bastien
Photographe strasbourgeois, Pascal Bastien publie un troisième opus de ses pérégrinations habituelles. Mais alors que l’insouciance se dégageait de ses précédents livres, La poudre d’escampette est plus sombre. L’âge, sans doute.
La poudre d’escampette est une fenêtre sur la vie quotidienne de Pascal Bastien, entre 2015 et 2017. C’est le troisième livre de clichés pris au détour d’une rue, d’un regard, d’une scène… en noir et blanc, avec son Rolleiflex 6×6 que ce photographe strasbourgeois trimballe partout avec lui.
Évoluant sur la ligne de crête entre l’art et le journalisme, les images du quotidien de Pascal Bastien ainsi sélectionnées sont toujours ambivalentes : pourraient-elles se trouver dans un journal, dans une galerie, ou les deux ? Elles semblent toujours sortir d’une autre époque, comme si l’œil de l’artiste était une machine à remonter le temps.
« Je prends beaucoup de photos, je les classe par années », indique Pascal Bastien, que les lecteurs et les lectrices de Rue89 Strasbourg connaissent pour ses reportages photo :
« Parfois je mets de petites notes, mais ce n’est pas un journal pour autant. Le livre n’est pas un compte-rendu chronologique de toute ma vie, j’essaie d’y rassembler des histoires, des thématiques. Et parfois d’ailleurs, il me manque des images, alors je comble avec des archives. »
Femme en robe tigre sur le chemin des douaniers à Cap d’Ail, France. 16 aout 2016Photo : Pascal BastienPhoto : Pascal Bastien Papilou dans la salle d’attente de l’hôpital de Hautepierre de Strasbourg, 2 août 2016Photo : Pascal Bastien
Une invitée : la mort
Alors que les deux précédents opus, Comme neige au soleilet Aujourd’hui, c’est toujours maintenant ? étaient des odes aux joies simples et à l’insouciance, La poudre d’escampette est plus sombre. Son père décède, sa mère s’étiole, il se sépare… Il vit les affres de la « génération sandwich », devant s’occuper à la fois de ses enfants et de ses parents, on comprend en une image qu’un côté du sandwich a tout de même meilleur goût que l’autre.
Car la force de ces photos, leurs messages à la fois subtils et directs, est toujours bien présente en revanche. Si c’est bien de la vie de Pascal Bastien dont il est question, toutes ces images résonnent en tous ceux et celles qui observent leur quotidien, même s’ils ne se trimballent pas tous les jours avec un Rolleiflex dans leur sac.
À 14h, samedi 7 décembre, le collectif Palestine 67 organise une manifestation de soutien aux Palestiniens et Palestiniennes.
14 mois exactement après le 7 octobre 2023, le collectif Palestine 67 organise une manifestation pour rappeler aux Strasbourgeois et Strasbourgeoises le quotidien des Palestiniens et Palestiniennes. Dans son tract, les militants interpellent l’État français sur son annonce d’accorder à Benyamin Netanyahou une « immunité ».
Critique de « l’immunité »
Le premier ministre israélien d’extrême-droite est en effet visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, tout comme son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et Mohammed Deif, le chef de la branche armée du Hamas – a prioritué par une frappe israélienne en juillet 2024. Les trois individus sont soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et la France est l’un des 125 États qui reconnaissent la compétence de la Cour pénale internationale.
La manifestation partira de la place Dauphine (en face du Conservatoire) puis passera par la route de Vienne, celle des Orphelins, de Zurich avant de rejoindre les quais des Pêcheurs pour s’achever place de la République.
La famille sans-abri concernée a vécu au camp Krimmeri jusqu’à son démantèlement.Photo : TV / Rue89 Strasbourg
Dans un communiqué mercredi 4 décembre, les représentants des parents d’élèves de l’école Saint-Jean, située au centre ville de Strasbourg, annonce une mobilisation pour alerter sur les élèves sans-abris qui y sont scolarisés.
Le rendez-vous est donné devant l’école, jeudi 5 décembre à 8h15. À l’heure où les élèves commencent à entrer dans l’école élémentaire Saint-Jean, au centre ville de Strasbourg, les représentants des parents d’élèves comptent bien sensibiliser à une cause qui a déjà fait les gros titre en novembre 2024 : les élèves sans abri.
Dix élèves au moins à la rue
Dans leur communiqué envoyé mercredi 4 décembre, les représentants de parents dénombre 10 élèves à la rue rien que dans leur école élémentaire :
« Deux enfants de 3 et 6 ans avec leur maman ont été expulsés de leur hôtel le 29 novembre et se retrouvent à la rue. Une famille avec 4 enfants vit dans sa voiture depuis plusieurs mois. Deux enfants de 8 et 5 ans dorment depuis plus de six mois sous une tente à Strasbourg. Une maman et ses deux enfants de 7 et 10 ans sont sans solution d’hébergement depuis février. »
Si pendant l’année scolaire 2022-2023, au moins 35 signalements ont été effectués par des établissements scolaires pour des élèves à la rue, selon une enquête de Rue89 Strasbourg, le collectif de parents estime à 200 le nombre d’enfants sans-abris à l’hiver 2024.
Aidés par le collectif Pas d’enfant à la rue (dont Rue89 Strasbourg racontait la genèse en décembre 2022), les parents rappellent que l’hébergement est un droit inconditionnel et que la France s’est engagée à respecter la Convention internationale des droits de l’enfants.
Par cette mobilisation, ils et elles demandent « aux services de l’Etat, de la Ville, de la Collectivité européenne d’Alsace et à tous les pouvoirs publics compétents de trouver une solution d’hébergement pour toutes ces familles ».
Mardi 30 avril, une quarantaine d’étudiantes et étudiants de Sciences Po Strasbourg ont bloqué le bâtiment du Cardo.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Des étudiants et des étudiantes soutenant la Palestine ont empêché la tenue du conseil d’administration de Sciences Po Strasbourg mardi soir. Il devait voter le rétablissement du partenariat avec l’université israélienne Reichman.
« Grâce à la mobilisation des étudiants et des étudiantes, la séance a été levée et la motion rétablissant le partenariat avec une université sioniste ne sera pas votée aujourd’hui. » Le message, publié sur la page Instagram de SciencesPro_Palestine, est accompagnée d’une vidéo où les étudiants et étudiantes apparaissent floutées. Mardi 3 décembre, peu après 17h, le conseil d’administration de Sciences Po Strasbourg est interrompu par une quarantaine de personnes. Une jeune femme lit un discours qui revendique cette perturbation de la réunion. En voici un extrait :
« Étudiants de Sciences Po Strasbourg, nous nous exprimons aujourd’hui pour nous opposer à la motion déposée par Jean-Philippe Heurtin (le directeur de Sciences Po Strasbourg, NDLR) visant à rétablir le partenariat avec l’Université Reichman. La motion de suspension de ce partenariat a été votée démocratiquement au sein même de cette assemblée. Par ce vote, vous avez affirmé nos valeurs, notre attachement au respect du droit international et de la dignité humaine. Notre institution ne peut pas fermer les yeux sur les atrocités commises à Gaza, d’autant qu’elle ne les a pas fermés face à celles commises en Ukraine. »
« Un climat délétère s’est installé »
Fin juin 2024, le conseil d’administration de l’Institut d’études politiques de Strasbourg avait voté la suspension de son partenariat avec l’Université Reichman. Les débats avaient alors été tendus. Les soutiens de cette motion dénonçaient les « positions de l’université, profondément bellicistes et dénuées de toute perspective humaniste, pacifiste et critique au regard de la guerre en cours à Gaza ». Ce vote avait eu lieu malgré l’opposition du directeur de Sciences Po Strasbourg, Jean-Philippe Heurtin, qui s’opposait à « toute forme de boycott académique d’une université d’un pays démocratique ».
La médiatisation de cette décision, fin octobre, a tendu un peu plus les débats au sein de Sciences Po Strasbourg. Au sein du conseil d’administration, des enseignants décrivent des pressions pour obtenir un vote favorable au rétablissement du partenariat avec l’Université Reichman. Auprès de Rue89 Strasbourg, le directeur Jean-Philippe Heurtin dénonçait la motion votée tout en affirmant qu’elle n’avait aucun impact réel. Une position qui a été perçue comme un déni de démocratie pour les étudiants et étudiantes mobilisées pour la Palestine. Ces derniers ont subi la violence des réseaux sociaux, comme le rappelle un communiqué transmis peu avant l’envahissement du conseil d’administration de l’IEP : « Aucune prise de parole de la direction n’a dénoncé le harcèlement des professeurs mais aussi des étudiant·es sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Au sein de l’établissement, un climat délétère s’est installé. »
Une « atteinte à la démocratie universitaire »
Mardi 3 décembre, le conseil d’administration de l’IEP de Strasbourg devait voter un texte « à l’appui d’un avis de maintien du partenariat avec l’Université Reichman ». La motion contient un dossier documentaire d’une quarantaine de pages donnant des exemples d’expression critique du gouvernement israélien au sein même de l’établissement d’enseignement supérieur. Des articles de presse sont ainsi cités comme des preuves que des enseignants de l’Université Reichman ont pu critiquer la réforme de la cour suprême voulue par le Premier ministre Benjamin Netanyahou ou l’effort de guerre israélien.
Un participant à ce conseil d’administration a confirmé à Rue89 Strasbourg la levée de la séance par le directeur de Sciences Po Strasbourg, Jean-Philippe Heurtin, après la perturbation de la réunion.
Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Sciences Po Strasbourg a déploré cette intervention qui « a empêché le vote du budget de Sciences Po Strasbourg. Le président du conseil d’administration et le directeur de Sciences Po Strasbourg déplorent cette atteinte à la démocratie universitaire. Un nouveau conseil d’administration sera très prochainement organisé afin que les débats puissent se poursuivre dans un climat plus serein. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les chalets n’ont pas vendu autant de pères Noël cette année… Photo : K Raw / FlickR / cc
Alors que le marché de Noël du centre-ville de Strasbourg accueille ses millions de touristes, les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises ont accès à des marchés alternatifs, pleins de productions locales et artisanales. Voici une sélection de rendez-vous pour des cadeaux uniques et éthiques.
À Strasbourg en décembre, il y a le marché de Noël In, le marché Off et… d’autres marchés nettement moins connus mais tout aussi bien fournis. À condition de s’éloigner du centre-ville, nombre de tiers-lieux et d’ateliers d’artistes organisent des présentations publiques au moment des fêtes. Petite liste non exhaustive.
Le Marché Gruber
À Koenigshoffen, les collectifs installés au parc Gruber organisent leur marché de fin d’année. Une déambulation à opérer entre les structures organisatrices : la Hutte, la Fabrique, le chantier d’insertion Libre Objet, la Maison Rose, la Forêt bleue et les ateliers des artistes présents comme Imago et Pare-Défaut. Ces quatre journées sont aussi l’occasion de parcourir ces ateliers et d’échanger avec les artistes qui exposent.
Du côté des étals, nombre de propositions de céramiques, gravures, illustrations, bijoux et objets décoratifs, peintures, dessins, photos, maroquinerie, livre, papeterie, sacoches pour vélo, vélos, savons…
Le Troc’kristkindels’märik
Quinzième édition du marché de Noël du Troc’afé, le Troc’kristkindels’märik avec, à chaque fois, une douzaine d’artisans et graphistes locaux. Différents, d’un week-end sur l’autre. Sur les étals, des bijoux, des affiches et des t-shirts sérigraphiés, du tricot ou encore de la poterie et… du sel de luxe en provenance de Noirmoutier.
Le mini-markt de La Grenze
« Terrasse culturelle » se repliant dans sa halle en hiver, La Grenze reste ouverte tout le mois de décembre et se transforme en Wintergarten avec une programmation dédiée : des ateliers créatifs pour refaire sa déco de Noël, quelques sessions sportives pour éliminer le gras des chocolats, et même des concerts dont une édition de Paye ton Noël. Et même un « mini-markt » de Noël avec 19 stands dont le macramé de Ségolène, les bijoux Amabilis, des produits cosmétiques artisanaux de Petit Pollen, les objets en bois de Benjamin Salier, des œuvres d’ateliers collectifs d’artistes…
Le marché des artisans locaux au Makerland de Noël
Makerland, c’est le nom d’événements festifs qui se produisent une à deux fois par an à Strasbourg autour de la scène des makers, le nouveau nom des bidouilleurs – artisans et artistes qui utilisent des technologies comme l’impression 3D, des drones, des robots… Et il y a un Makerland de Noël en 2024, avec plus d’une quarantaine d’exposants et de partenaires. Il y aura de quoi mettre des objets uniques sous le sapin, mais aussi de quoi expérimenter sur place.
Marché de Noël à la maison à Schiltigheim
Deux habitantes de Schiltigheim organisent la sixième édition d’un « marché de Noël à la maison », samedi 7 et dimanche 8 décembre. Elles y exposent leurs créations : artisanat en tissus et cuir pour Violaine Magnin, des illustrations pour Alexiane Magnin, et d’autres créations à partir de céramique, de gravure, ou encore de sérigraphie.
Le Souk de Noël du Wagon Souk
Le Wagon Souk, espace culturel et festif entre le quartier Gare et Koenigshoffen propose un Souk de Noël les samedi 14 et dimanche 15 décembre où « cultures, saveurs et créations du monde se rencontrent ». On y trouvera des sacs, du tissus, des bijoux wax, des illustrations, des tote bags, de l’encens, des tisanes, des stickers, de la linogravure, des t-shirts, etc. Et tout ça ambiancé par DJ Barlou (hip hop chill) le samedi à partir de 16h et DJ Rode (afro) le dimanche à partir de 18h.
Vous connaissez d’autres marchés de Noël alternatifs ? N’hésitez pas à les présenter en commentaires.
La lutte peut créer des liens forts entre les militants et militantes.Photo : TV / Rue89 Strasbourg
La Collectivité européenne d’Alsace veut toujours construire un stade de biathlon au Champ du Feu, mais suite à la mobilisation d’associations et de riverains, l’ampleur du projet a diminué.
Malgré un vent glacial soufflant sur les sommets vosgiens, près de 200 personnes ont manifesté fin mars contre le projet d’un nouveau stade de biathlon au Champ du Feu. Il avait été présenté lors d’une réunion publique quelques mois plus tôt. La Collectivité européenne d’Alsace (CeA) souhaitait investir quatre millions d’euros pour construire cette infrastructure sur un site naturel, avec des parcours bétonnés pour que la pratique de ce sport soit possible sans neige.
Le Chaudron des alternatives, Vallée debout et Nature et vie, à l’origine de la contestation, avaient interpellé Frédéric Bierry (LR), le président de la CeA, dans une tribune publiée sur Rue89 Strasbourg. Ces organisations demandaient notamment d’être consultées sur ce dossier. Leur mobilisation a permis d’obtenir de premiers résultats.
Réduction de l’ampleur du projet
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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.
Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.
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Lors d’une conférence de presse mardi 3 décembre, Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg (Les écologistes) a annoncé que la Foire Saint-Jean ne serait de retour qu’en 2027. Un coup dur pour les forains qui ne savent plus comment se faire entendre.
Depuis 20 ans, Fabrice Kiener tient un stand sur la foire Saint-Jean. « On savait que ça allait tourner comme ça, mais on ne sait plus quelle réaction avoir », soupire-t-il. Mardi 3 décembre au matin, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) a annoncé que la foire aux manèges ne serait de retour qu’en 2027, date de livraison du projet de Plaine multi-usage de la zone des Bouchers.
Pas de Foire Saint-Jean, pour Fabrice Kiener, c’est 20% de chiffre d’affaires en moins sur un an. « Pour d’autres collègues, ça peut monter plus haut que ça », estime-t-il :
« Pas de Foire, ce sont forcément des trous dans nos caisses. Et nos banquiers ont aussi accès aux articles de presse, ça peut les inquiéter. Nous sommes une centaine de familles à vivre de cette foire, on a une vie à part mais on fait partie du monde, avec nos repères et fidèles aux traditions, soumis à la TVA, à l’Urssaf… Chaque forain qui est mis sur la touche, c’est une entreprise qui va mal. »
Selon les DNA, cette décision a été prise « en raison du manque de foncier disponible dans la ville pour accueillir un tel événement, mais aussi face au contexte budgétaire ». Dès 2027, elle se tiendra sur la Plaine multi-usage de la zone commerciale des Bouchers, à l’ouest du quartier de la Meinau. Son lieu historique, le Wacken, est indisponible depuis 2024 – la foire ne s’y est pas tenue non plus cet été.
« Notre métier consiste à faire la fête dans la rue »
« Cette année ils nous avaient mis au bout du monde, dans la forêt au Jardin des Deux-Rives et il n’y avait pas de la place pour tous les forains », se souvient Fabrice Kiener. Après une manifestation sous forme d’opération escargot le 17 juin 2024, les forains ont décidé de ne pas installer leurs stands et manèges le 18 juin.
Un souvenir triste pour Fabrice Kiener :
« Historiquement notre métier consiste à faire la fête dans la rue, dans l’espace public. On savait que le terrain du Wacken avait été vendu et on ne peut pas concurrencer les promoteurs immobiliers. Notre impression est qu’il y a de moins en moins d’espaces publics disponibles pour nous et que les solutions que nous proposons à la mairie depuis dix ans ne leur conviennent jamais. »
Il évoque la possibilité d’occuper des axes routiers pour tenir la Foire, comme cela se fait selon lui à Bâle, en Allemagne ou au Luxembourg. Il se remémore ainsi l’édition 2018 de la Foire, qui a eu lieu aux pieds de l’hôtel Hilton, dans le quartier du Wacken là où se dresse désormais le parc des Expositions. « Ils avaient fermé des routes à l’époque. »
Diplomatie, force ou justice ?
Mais le forain ne sait plus comment faire entendre ses revendications ni dialoguer sereinement :
« Le problème du Wacken ne date pas de cette municipalité. Bloquer les routes pour manifester comme on l’a fait en juin, ça embête tout le monde et ce n’est pas dans notre intérêt. Je ne veux pas avoir à lutter contre une mairie étant donné qu’on est supposé travailler ensemble ! Alors on ne sait pas si on doit utiliser la diplomatie, la force ou la justice… »
Habituellement, les forains discutent avec la Ville via des représentants désignés, « pour éviter d’arriver à 200 face aux élus ». Mais il ne sait pas à quoi aboutissent les discussions, depuis l’été 2024. « Ça nous met en porte-à-faux de ne pas avoir de décision, on n’avance pas en se tapant dessus, il faut qu’on dialogue », reprend-t-il, évoquant la possibilité d’une subvention aux forains pour les dédommager des années où la Foire ne se tiendra pas.
Selon lui, la décision de ne pas tenir la Foire en 2025 et 2026 suscitera forcément des réactions de la part des autres forains. « Ce n’est pas la faute de Jeanne Barseghian en particulier, tout ça avait commencé bien avant elle, mais ils doivent nous proposer des solutions », estime-t-il.
Dans un communiqué, le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz (groupe Centristes & Progressistes) considère que Jeanne Barseghian « empêche les familles de forains et commerçants non-sédentaires de travailler, leur causant un préjudice financier considérable ».
L’Association fédérative des étudiants de Strasbourg appelle à un rassemblement mardi 3 décembre pour protester contre des mesures d’économies imposées à l’Université de Strasbourg. De son côté, l’Unistra participe à la journée de mobilisation des « universités en colère » contre cette décision du gouvernement.
Dans la série de mesures d’austérité décidées par le gouvernement dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025, il s’en trouve quelques unes qui impactent directement les budgets de fonctionnement des universités. D’abord, le gouvernement prévoit d’augmenter le compte d’affectation spécial des pensions (CAS) des universités, un surcoût que l’Université de Strasbourg évalue à 5,4 millions d’euros. Ensuite, le gouvernement prévoit de baisser la dotation pour charges de service public que l’État alloue aux universités pour chaque étudiant scolarisé.
Face à ces coupes sur leurs recettes et à ces augmentations de leurs dépenses, les universités ont alerté le gouvernement et déclaré que le mardi 3 décembre serait une journée de mobilisation contre les « universités en danger ». À Strasbourg, l’Unistra, en déficit pourtant chaque année de 18,5 millions d’euros, se contente de relayer le mouvement mais l’Association fédérative des étudiants de Strasbourg (Afges) organise un rassemblement à 18h devant l’Institut Le Bel, à la sortie du conseil académique de l’Université de Strasbourg.
« L’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) ne peuvent être réduits à une simple dépense budgétaire », détaille un communiqué de l’Afges qui poursuit :
« Ils sont un investissement stratégique pour l’émancipation des jeunes générations, le progrès scientifique, la transition écologique et l’accès au savoir universel. Saboter l’ESR, c’est compromettre l’avenir du pays. »
Une trentaine de personnes étaient présentes lors de la présentation du programme de la liste Refonder.
Constituée d’élus « d’opposition » à l’actuel président de l’Université de Strasbourg, la liste Refonder souhaite rompre avec les pratiques de Michel Deneken qu’elle juge opaques. Les candidats plaident pour une université au fonctionnement plus démocratique et recentrée sur ses missions de service public.
Jeudi 28 novembre, une trentaine de personnes sont réunies dans un amphithéâtre de la faculté de Math-Info de l’Université de Strasbourg (Unistra). À la tribune, les candidats de la liste Refonder présentent leur programme pour les élections aux conseils centraux de l’université qui se tiendront en février. Alors que deux autres listes se sont déjà déclarées (Autour de Frédérique Berrod et de Mathieu Schneider), Refonder voit dans cette triangulaire une occasion de peser sur le fonctionnement futur de l’université et, pourquoi pas, d’en prendre la présidence. Leur objectif est clair : tourner la page de huit années de présidence de Michel Deneken.
« Nous voulons participer à la vie de notre université«
Pierre Gilliot, directeur de recherche au CNRS.
« Notre but principal est de faire revivre une vie collective de réflexion et de décision via les trois conseils », explique Pierre Gilliot, directeur de recherche au CNRS. Élu à la commission de la recherche en 2021, le physicien déplore la centralisation du pouvoir à l’université autour de la personne du président et la marginalisation des conseils, réduits au rôle de « chambres d’enregistrements ». Pour le chercheur, il est urgent de redonner du pouvoir aux élus :
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La maison d’arrêt de Strasbourg dans le quartier de l’Elsau.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
En Alsace comme ailleurs en France, la surpopulation carcérale devient la norme pour la plupart des établissements pénitentiaires. Une situation qui perdure, alors qu’elle provoque des conséquences désastreuses en cascade pour les prisonniers et les gardiens.
Depuis plusieurs décennies, les alertes et les articles se suivent sur la surpopulation carcérale. D’un gouvernement à l’autre, l’État bégaye sur le sujet et les plans de construction successifs échouent. Après la promesse de Nicolas Sarkozy (LR) de construire 30 000 places de prison d’ici 2017, abandonnée par la ministre de la Justice Christiane Taubira (PS) en 2012, Emmanuel Macron déclarait en 2017 son intention de construire 15 000 places d’ici 2027. Le dimanche 10 novembre, le nouveau Garde des sceaux Didier Migaud (ex-PS) annonce lors d’un entretien commun à France Inter, France Télévision et au Monde l’évidence : avec 4 500 places construites en sept ans, l’objectif ne sera pas atteint.
Lors d’une manifestation le 19 mars 2024.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Jour de mobilisation nationale pour la défense des services publics, une manifestation est organisée à Strasbourg par une intersyndicale comprenant une large coalition de syndicats.
Le mot d’ordre de la manifestation est « Stop à la casse du service public / Malade mais pas coupable ! » À l’occasion d’une journée nationale de mobilisation, la plupart des syndicats de la Fonction publique appellent à une journée de grève jeudi 5 décembre.
À Strasbourg, l’intersyndicale réunit la CGT et la CFDT, ce qui est déjà un exploit, mais aussi Force ouvrière, Solidaires, l’Unsa, etc. Une manifestation est organisée le jour même, avec un départ à partir de 14h place de la Bourse (place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny). Le cortège prendra ensuite la direction de la rue de la Première-Armée, rue Sengenwald, rue des Orphelins, rue de Zurich, quai des Pêcheurs, quai du Maire-Dietrich, pont d’Auvergne, avenue de la Liberté, avenue Victor-Schoelcher, pour une dispersion prévue place de la République.
Les fonctionnaires craignent que ces mesures n’incitent les agents malades à venir travailler, afin d’éviter des pertes de salaires trop importantes, quitte à fragiliser leurs collègues. Dans l’enseignement, les professeurs craignent en outre que ces nouvelles mesures ne dégradent l’attractivité de leurs métiers, déjà malmenée par des traitements plus faibles que dans le secteur privé.
Les syndicats appellent en outre les agentes et les agents « à se mobiliser pour » obtenir « des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services et des politiques publiques, des créations d’emplois et l’augmentation de la valeur du point d’indice » entre autres.
Dans le sillage des plans sociaux touchant les salariés de Dumarey et de Novares, d’autres entreprises du secteur automobile alsacien craignent des licenciements massifs.
Qui seront les prochains ? La question anime les discussions entre salariés à la pause-déjeuner ou à la sortie de l’usine depuis quelques semaines, au sein de l’industrie automobile alsacienne. « Tout le monde en parle, tout le monde suit ce qui se passe, il y a une crainte généralisée chez les salariés », explique Amar Ladraa, représentant CGT métallurgie dans le Grand Est. Les mauvaises nouvelles se multiplient, comme les fermetures d’usine inédites chez Volkswagen, celles de Michelin (1 254 salariés concernés) ou les licenciements massifs de l’équipementier Valeo, évoquées par la direction du groupe le 28 novembre.
En parallèle, les luttes sociales s’enchaînent. Les salariés de Dumarey Powerglide, à Strasbourg, avaient à peine fini leur mobilisation que ceux de Novares, à Ostwald, commencaient la leur, le 20 novembre, pour obtenir de meilleures conditions de départ. « C’est une crise sans précédent, je n’avais jamais connu ça en 20 ans de syndicalisme », souffle Amar Ladraa. Même diagnostic du côté de la CFDT : « Ça va mal aujourd’hui, et ça n’ira a priori pas mieux en 2025 ou en 2026, au contraire », prédit Olivier Delacourt, responsable Grand Est CFDT Métallurgie.
Les filiales d’entreprises allemandes menacées
La filière alsacienne est d’autant plus fragile qu’elle dépend de la santé de l’économie allemande. Si l’usine Dumarey est en crise, c’est principalement en raison de la perte de son client le plus important, l’équipementier allemand ZF, lui-même contraint de supprimer 33 000 emplois à cause de la baisse de ses activités. Les filiales françaises de groupes allemands sont également menacées. L’usine Schaeffler, qui emploie 1 300 personnes à Haguenau, craint des répercussions locales après l’annonce de la maison-mère le 5 novembre de la suppression de 1 900 emplois en Europe. « Au départ, il n’y avait pas d’autres informations, donc personne ne savait quelle filiale serait concernée par les licenciements », explique Mehmet Karaoglan, délégué CGT du fabricant de pièces pour moteurs thermiques, qui dispose d’entreprises dans plusieurs pays européens. Mais les signaux négatifs s’enchaînent à Haguenau depuis 2019, avec deux plans sociaux et une dégradation « constante » du dialogue social, selon Mehmet Karaoglan. « Tout nous donnait l’impression qu’on faisait forcément partie des 1 900 emplois à supprimer ».
Mais devant l’insistance des représentants syndicaux pour plus de précisions, la direction a fini par communiquer sur les filiales ciblées, et Haguenau ne devrait pas en faire partie. « Les plans sociaux concerneront l’Angleterre et l’Autriche, en tout cas dans un premier temps, confie le délégué syndical. Ça ne nous rassure, mais pas complètement, on sait bien qu’il y aura d’autres plans après ceux-là. On nous dit sans cesse, réunion après réunion, qu’on a du sur-effectif à l’usine ». La menace de la relocalisation pour les filiales de grandes multinationales étrangères n’est pas nouvelle, selon Olivier Delacourt, de la CFDT :
« Quand les temps sont difficiles, il y a souvent des réflexes protectionnistes chez les grands groupes. Et donc beaucoup de licenciements dans les filiales à l’étranger, par exemple en France pour les filiales de groupes allemands. C’est particulièrement le cas en ce moment. »
Les salariés en grève de l’usine Dumarey.Photo : Roni Gocer / Rue89 Strasbourg
Le fabricant de sièges pour véhicules utilitaires Isri, un groupe allemand, possède une filiale à Merkwiller, dans le Bas-Rhin. Selon Amar Ladraa, représentant CGT dans le Grand Est, il y règne une certaine angoisse face à la situation du marché de l’automobile en Allemagne :
« Il y a une dépendance évidente car ils ont perdu une commande importante de Renault en début d’année, qui s’est tournée vers l’utilitaire électrique. Comme beaucoup d’autres, l’entreprise a recours au chômage partiel depuis plusieurs mois à cause de la baisse d’activité. »
Diversification vitale
Mais la crise en Allemagne n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Le marché de l’automobile est en pleine mutation. L’échéance d’une interdiction des véhicules thermiques en Europe en 2035 se rapproche et la demande des constructeurs, clients des équipementiers et sous-traitants locaux, peine à s’adapter. « Les entreprises du secteur ont beaucoup de mal à s’aligner sur les prix de la Chine, estime Ludovic Party, directeur de l’animation de la filière automobile au Pôle véhicule du futur Bourgogne-Franche-Comté Grand Est :
« Parallèlement, on remarque qu’un certain nombre de PME n’ont pas réussi se diversifier comme il l’aurait fallu, à la fois pour réduire les risques et pour amorcer le virage de l’électrique. En gros, ce sont les chefs d’entreprise qui dépendent quasiment exclusivement de l’automobile thermique, qui sont aujourd’hui en première ligne face à la crise. »
Le fabricant de soupapes Tenneco, ex-Federal Mogul, basé à Schirmeck dans le Bas-Rhin, possède deux secteurs bien distincts : l’un pour les bateaux, qui profite de la bonne santé de l’industrie nautique, l’autre pour l’automobile thermique, bien moins fringant. « Cela fait un moment qu’on sait qu’il y aura de moins en moins de soupapes pour les voitures, et donc qu’on demande à la direction de faire autre chose, regrette Michel Aubry, délégué CFDT chez Tenneco Schirmeck :
« Mais le groupe n’a pas cette volonté, et on se retrouve aujourd’hui à être monoproduit, avec des machines qui ne serviront plus à rien bientôt et qu’on ne peut pas remplacer. »
L’usine regroupe aujourd’hui 180 employés, après en avoir compté 450 à la fin des années 90. L’activité n’a cessé de baisser depuis cette époque, passant de 23 millions de soupapes fabriquées en un an à 7,8 millions aujourd’hui :
« On a de la chance que le dialogue reste possible avec la direction locale, ce qui nous permettra, je l’espère, de lancer une fabrication de soupapes pour camions, ou par exemple dans le domaine de la petite marine. Au moins, ça repousserait l’échéance de la fin du thermique. »
La fin du chômage partiel de longue durée pourrait aggraver la crise
En revanche, l’échéance de la fin du contrat d’activité partielle de longue durée (APLD) elle, ne pourra être contournée. Tenneco, comme un certain nombre d’entreprises du secteur dont l’activité a fortement baissé depuis la crise du Covid-19, a eu beaucoup recours au chômage partiel partiellement financé par l’État pour survivre. Mais les contrats d’APLD ne peuvent durer plus de 36 mois, et la plupart arrivent à échéance entre fin 2024 et fin 2025. C’est le cas de Tenneco (en 2025), ou de Schaeffler, dès la fin 2024. « Le chômage partiel n’est de toute façon pas une solution à long terme mais c’est sûr que ça pourrait encore aggraver les choses pour nous en 2025, et sûrement encore en 2026 et en 2027 », estime le délégué syndical CGT Schaeffler Mehmet Karaoglan.
Selon Olivier Delacourt, de la CFDT, l’APLD agit encore comme un écran de fumée devant la réalité de la crise qui touche le secteur :
« Une entreprise comme Stellantis, à Mulhouse, repose en partie sur le chômage partiel encore aujourd’hui : une partie des salariés ne travaille qu’un ou deux jours par semaine. Ça leur permet de maintenir la tête hors de l’eau. En 2025, surtout au deuxième semestre, ce sera terminé. C’est là qu’on ressentira vraiment les effets de la crise. »
Dans un communiqué publié le 27 novembre, la CGT Grand Est estime que ce sont « plusieurs milliers d’emplois qui sont directement menacés dans la filière automobile » dans la région. Le syndicat appelle à une « mobilisation générale pour les emplois industriels » devant les locaux du Medef, le 12 décembre à Metz.
Fin des années 90, le bus itinérant d’Espace Indépendance sillonnent les rues de Strasbourg pour aller à la rencontre des usagers de stupéfiants.Photo : Document remis Ithaque
Depuis 30 ans, l’association Ithaque multiplie les actions pour réduire les risques face aux addictions. Retour sur un combat avant-gardiste, constamment soutenu par la municipalité de Strasbourg.
« Ithaque, c’est comme une deuxième famille pour moi. Ils m’ont donné l’équilibre dont j’avais besoin quand je cherchais à sortir de la bouteille et du shit. » Jeudi 28 novembre, les micros du conseil municipal de Strasbourg ont amplifié des témoignages rares. Anciens alcooliques, accros à l’héroïne et autres stupéfiants ont pu s’exprimer dans une salle comble. À l’occasion du 30ème anniversaire d’Ithaque, il était impossible de ne pas donner la parole à ceux qui sont au cœur des préoccupations de l’association spécialisée dans la réduction des risques liés aux stupéfiants.
« Nous ne fermons pas les yeux sur la réalité du terrain »
Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg (Les Écologistes)
Comme l’a résumé la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes), cette philosophie appliquée sans relâche depuis 1994 a permis à Strasbourg de faire figure de modèle dans la politique sanitaire et sociale face aux addictions :
« Nous ne fermons pas les yeux sur la réalité du terrain. L’objectif c’est d’être à l’écoute des besoins et des difficultés qui s’expriment. C’est cette approche qui nous conduit à oser, à innover. Y compris sur des sujets qui peuvent paraître subversifs ou tabous mais qui correspondent à des réalités concrètes dans nos villes et dans nos territoires. »
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Vue d’ensemble de la dernière partie de l’expositionPhoto : Kenza Khelfi
Anne Immelé expose Melita, מלט −MLṬ, Refuge, un voyage photographique entre Malte et les rives de la Méditerranée à Stimultania. L’exposition itinérante rend visibles les exilés d’hier et d’aujourd’hui, en documentant leur traversée et leur arrivée.
Photographe et co-fondatrice de la biennale de photographie de Mulhouse, Anne Immelé propose une nouvelle exposition intitulé Melita, מלט −MLṬ [melet], Refuge, jusqu’en janvier à la galerie Stimultania.
Durant un voyage à Malte, elle est fascinée pour la mer Méditerranée, et par les grottes maltaises, qui bordent et ont constitué des premiers refuges pour les humains. En mêlant l’histoire des Phéniciens, ce peuple antique de marchands, et le présent des personnes en exil, elle a conçu une exposition qui met en avant le refuge que peut constituer la nature. L’exposition est itinérante, l’artiste accorde une grande importance à son propre mouvement, à celui de son projet, tout comme à celui des réfugiés dont elle dresse le portrait. Après avoir exposé en Italie à Trévise, dans une église, dans les rues de Palerme, à Malte et en Tunisie, l’exposition s’installe à la galerie Stimultania, dans le quartier Gare de Strasbourg.
Melita, מלט −MLṬ (en hébreu), qui renvoie directement à la ville de Malte, s’attache à inclure une multitude d’interrogations d’actualité (politique, écologique, sociologique). Dans une démarche collective et militante, ce lieu prône l’accessibilité de l’art à travers différents ateliers de médiations, notamment leur jeu les mots du clic, qui permet de questionner les images qui nous entourent.
Vu d’ensemble de la première partie de l’expositionPhoto : Kenza Khelfi Photographie d’un exilé ayant trouvé refuge sous un arbre millénaire Photo : Kenza Khelfi
Un dialogue universel
Anne Immelé dresse un parallèle entre l’expansion du monde phénicien aux aurores de l’antiquité et la condition contemporaine des personnes contraintes de s’exiler. Elle part d’un constat : la quête d’un refuge est universelle. À travers ses photographies, elle propose une « constellation d’images qui opèrent une connexion entre l’intemporel des roches et l’éphémère des vies humaines ».
L’exposition se découpe en quatre parties, dont la dernière présente la nature comme un refuge. Pour l’artiste, les arbres avec leurs feuilles, les grottes ou encore les sols de sable représentent cette figure hospitalière, toujours prête à accueillir. Dans l’exposition, elle présente alors des grottes maltaises photographiées à différentes échelles, ou encore un arbre millénaire. Sur l’une des photographies, on peut d’ailleurs voir un homme s’abriter sous cet arbre gigantesque, les immenses racines lui servent à s’adosser et laisse penser à des bras tendus permettant de se reposer. La scénographie de l’exposition met en lien des êtres non-vivants, des éléments de la nature (feuilles, brindilles, cailloux) avec les photographies de Anne Immelé, proposant alors un espace harmonieux et original aux visiteuses et visiteurs.
Photographie illustrant l’histoire d’une personne interrogée par l’artiste Récits de destins tragiques de personnes contraintes de quitter leur pays Photo : Kenza Khelfi Photographie illustrant l’histoire d’une personne interrogée par l’artiste Photo : Kenza Khelfi
Une expo sur, avec et pour les exilés
La démarche de l’artiste se veut inclusive et bienveillante. Anne Immelé part à la rencontre d’exilés dans des centres d’accueil de différents pays, écoute leurs histoires, leurs traversées, et, admirant leur courage et leur force, elle décide de leur donner un espace d’expression. Dès l’entrée, un parchemin s’étend du plafond jusqu’au sol, et relate des épisodes tragiques de traversées meurtrières. On retrouve également une série de portraits accompagnée d’un petit texte qui résume l’histoire et le parcours de ces personnes en quête d’un refuge.
Peu visibles, mal prises en charge, ces personnes sont parfois stigmatisées dans les pays d’accueil européens. Avec cette exposition, l’idée est de renverser l’image du « migrant menaçant » qui peuple les discours politiques. L’exposition se construit avec et pour ces personnes en transit, d’une part en écoutant leurs témoignages et en les rendant visibles aux yeux d’un large public et d’autre part en privilégiant les expositions dans des lieux moins conventionnels que des institutions muséales, accessibles à toutes et à tous comme des façades extérieures, des églises, des associations à l’entrée gratuite (comme Stimultania). L’idée étant que cette exposition s’extirpe des sphères privilégiées et leur soit ainsi adressée.
Étudiante en Master 2 d’Écritures Critiques et Curatoriales de l’Art et des Cultures Visuelles au sein de l’Université de Strasbourg et chargée de communication pour le dispositif Carte Culture. Je m’intéresse aux récits de minorités ethniques et de genre, à travers la photographie, la performance et le spectacle vivant.
Une table-ronde drag show du Marché Off 2023.Photo : Laëtitia Piccarreta / doc remis
On peut penser que le Marché de Noël monopolise les sorties en décembre mais il n’en est rien. Voici une sélection de concerts, évènements et expos pour bouger dans la ville en dehors des marchés surpeuplés.
Accaparée par le Marché de Noël, la Grande-Île peut faire figure de repoussoir en décembre. On pourra se rendre à une projection à la faculté de médecine sur les violences sexistes et sexuelles à l’Université. Dans des débats au Molodoï et au centre socioculturel de Koenigshoffen, il sera question d’engagement dans les quartiers et d’éducation populaire. On pourra danser au Molodoï, au CRIC ou dans l’espace culturel NooToos de l’église Saint-Pierre-le-Vieux, Strasbourg. Oui, l’agenda culturel du mois de décembre propose de déserter l’hypercentre de Strasbourg, exception faite pour la place Grimmeisen et son Marché Off.
Danser, boire et manger solidaire au Marché Off
Sorte d’anti-messe écolocompatible du Marché de Noël, le Marché Off occupe la place Grimmeissen tous les après-midis du mois de décembre. Coordonné par la Chambre de l’économie sociale et solidaire, la programmation statique et vivante du Marché Off met en avant les initiatives écologiques, les techniques de ré-emplois, les mécanismes de coopération et de solidarité… Le tout dans un environnement artistique préparé par l’équipe de L’Ososphère et agrémenté de produits du terroir alsacien, dont un vin blanc chaud à la confiture de mirabelle qui vaut à lui seul le déplacement (à 6€ les 30cl tout de même, on espère qu’à ce prix, il réduit la faim dans le monde).
La programmation se décline en « journées thématiques » pour chaque week-end : Agissons contre la précarité, consommons éthique, déconstruisons les barrières du genre, approprions-nous les mobilités durables, embarquons vers un futur inclusif, dessinons la ville de demain, raisonnons la consommation textile, construisons un monde respectueux du bien-être animal, cultivons les vies sur Terre, luttons contre les discriminations raciales, éveillons-nous grâce au livre… À noter que chaque dimanche à 18h30, il y aura un concert d’un artiste du Grand Est à découvrir.
Deux documentaires féministes
Le 3 décembre, le syndicat Alternative étudiante projette le documentaire Briser le silence des amphis. Réalisé en 2022 par Lysa Heurtier Manzanares et plusieurs collectifs de l’université de la Sorbonne, il met en scène les témoignages d’étudiantes et de personnels enseignants, racontant leurs vécus de violences sexistes et sexuelles.
À l’occasion du passage à Strasbourg d’Adeline de Lépinay, militante du mouvement d’éducation populaire et autrice du livre Organisons-nous !, plusieurs associations organisent une projection suivie de discussions au Molodoï jeudi 5 décembre à 19h. Le film Femmes Politiques raconte l’histoire d’un collectif d’habitantes de Stains (93) qui se mobilise pour les conditions d’éducation de leurs enfants et pour dénoncer les inégalités de moyens attribués aux écoles des quartiers populaires.
Cette soirée sera suivie d’un débat au centre socioculturel Camille Claus à Koenigshoffen le vendredi 6 décembre à partir à 19h. Les débats porteront sur les questions : « Éducation populaire et quartier populaire : Qui veut changer quoi ? Qui veut éduquer qui ? » L’événement est organisé par les associations et collectifs La Cab4n, Front de Mères Strasbourg, Gesticulations Grand Est, l’APEStE et d’autres.
Danser solidaire
Né de la rencontre entre une famille à la rue et une choriste strasbourgeoise, un concert de soutien est organisé à l’espace NooToos, mardi 10 décembre 2024. Mis en place par l’association strasbourgeoise Courant d’Art, l’évènement met en scène les chanteurs Isabelle Marx et Richard Doust, la chorale Soudara, le quatuor Noufissa Kabbou et le chanteur alsacien Edwàr.
Au programme, des mélodies venues d’Alsace et d’ailleurs ainsi qu’une exposition par le photographe Benjamin Roos. Les recettes de la soirée iront à la famille Aaram, réfugiée d’Afghanistan, qui a vécu plusieurs semaines sur le camp de Krimmeri à la Meinau :
« Ensemble, nous avons l’opportunité d’accompagner cette famille dans son processus d’intégration et de les aider à bâtir un avenir plus serein. »
Danser collectif
Depuis 2008, le collectif strasbourgeois OH! rassemble des musiciens et musiciennes locales autour de plusieurs genres musicaux, allant du jazz au rock en passant par des mélodies envolées. Samedi 14 décembre, ils organisent un grand mash-up dès 18h30.
L’occasion de découvrir la profondeur des compositions de Stéphane Imbs, les envolées guitaresques de La Strizza ou l’ensemble phare du collectif, le Dream Weapon Orchestra.
Danser Noël un peu partout
Il revient chaque année comme un rendez-vous des vieux amis qu’on attend avec enthousiasme et excitation : c’est Paye ton Noël. Après un bref passage au Marché Off, Paye Ton Noël s’installe place de Zurich du vendredi 6 au dimanche 8 décembre avec un programme composé de découvertes musicales et de spectacles foutraques.
La playlist de Paye ton Noël 2024.
Parmi la programmation, citons le retour du Grand colossal théâtre avec Batman contre Robespierre, une troupe qui a électrisé son public en août lors du Festival des arts dans la rue de Strasbourg. Et surtout le rendez-vous dont tout le monde a besoin : Justine chante Noël à donf, samedi 7 décembre à 15h, parfait pour se tuer les cordes vocales sur Vive le vent et se préparer à enterrer dignement 2024.
Le festival donne ensuite rendez-vous pour un festival de courts-métrages amateurs mardi 10 décembre au Star Saint-Exupéry puis s’installe pour trois soirées, neuf concerts, au Molodoï du jeudi 12 au samedi 14 décembre. Parmi les artistes invités, le rap chanté de Jean, la techno-pop de Yolande Bashing, le post-punk de Rank-O, ou la dark disco de Mon Cher Guy. Il faut y aller en confiance.
Et ce n’est pas fini puisque Paye ton Noël s’installe à la Grenze le week-end suivant, une première dans ce lieu, avec là encore deux petits concerts par soir et un DJ set pour finir. Parmi les artistes invités, citons le rap de Just Shani et l’electro de Ippon.
De la danse sous chapiteau
Pendant deux semaines, les chapiteaux de Graine de cirque au Port du Rhin accueillent des compagnies professionnelles pour le festival Noël en piste. Les séances en semaine sont réservés au public scolaire tandis que celles des deux week-ends sont tous publics. Cette année, Graine de cirque invite la Compagnie Si Seulement, une compagnie formée autour de la danse en 2013 par María del Mar Reyes et Hugo Ragetly, formés à École nationale de cirque de Montréal. Ven est un spectacle accessible à partir de cinq ans.
Ven de la Compagnie Si Seulement
Autre compagnie invitée, Hands some Feets vient de Finlande avec leur premier spectacle du même nom. Le duo formé par Liisa et Jeromy Nuuk, tous les deux issus de l’École supérieure des arts du cirque de Cambrai, se concentre sur des performances de cirque contemporain.