Un studio radio posé rue du Parchemin, réécoutez 89dB à la galerie de street art Malagacha
Culture 

Un studio radio posé rue du Parchemin, réécoutez 89dB à la galerie de street art Malagacha

Avant de partir en vacances, 89dB était en direct de la galerie de street art Malagacha. Son fondateur Damien Seliciato était notre invité. On s’est penché sur les concerts aux fenêtres au Neuhof et sur la programmation familiale du TAPS pour l’été. 89dB vous dévoile aussi les quelques lieux pour sortir qui restent ouverts ces deux prochains mois.

« Des personnes de plus de 60 ans m’achètent des toiles de street art. »

Damien Seliciato (à gauche) vous fait découvrir la crème des graffeurs alsaciens et européens dans sa galerie Malagacha (Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

Un grand gaillard à la moustache impeccable, des yeux pétillants et un sourire aussi large que son envergure de bras, Damien Seliciato est le genre de gars passionné qui fait rayonner sa joie de vivre autour de lui :

« C’est simple : depuis que j’ai ouvert la galerie en février, je revis. J’ai enfin arrêté de foutre ma vie en l’air. »

Le discours n’aurait pas forcément été le même il y a encore quelques mois. Les cinq dernières années, Damien les a passées à nettoyer des avions à Bâle. Mais dans un coin de sa tête, depuis plus de dix ans, il rêvait d’ouvrir son espace d’exposition :

« Avec des potes de Mulhouse, on graffe depuis des années. On s’était trouvé un atelier dans un hangar industriel où on improvisait des expos. Mais personne ne nous connaissait, on manquait de visibilité. Après avoir mis de l’argent de côté pendant dix ans, le rêve est devenu réalité. »

89dB, chaque mois

Tous les derniers vendredis du mois à 18h, retrouvez 89dB, l’émission de radio de Rue89 Strasbourg. À chaque fois en direct depuis un lieu différent, 89dB fait la part belle aux artistes locaux dans toute leur diversité.

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Et ça marche ! Damien vend une dizaine de toiles par mois et sa clientèle est très hétérogène :

« Je suis parfois très surpris ! Encore récemment, des gens de plus de 60 ans m’ont acheté une œuvre. Ça tranchait vraiment avec leur intérieur très classique mais la toile s’intégrait parfaitement. Il y a une vraie demande à Strasbourg. »

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que Damien est venu s’installer dans la capitale alsacienne. Depuis la fermeture de la Popartiserie, il n’y avait plus de lieux d’exposition pour les graffeurs à Strasbourg.

Certains artistes alsaciens sont donc à découvrir à la galerie Malagacha, rue du Parchemin. De nouvelles toiles arrivent le 27 juillet. Retrouvez l’intégralité de l’interview de Damien Seliciato dans le podcast de 89dB.

(Photo Adbesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

Souvenirs émus de la dernière soirée au café de la Biennale avant sa fermeture

L’événement en aura ému plus d’un : la fermeture du Café de la Biennale début juin. Certes on le savait, c’était un bar éphémère, installé depuis décembre dans l’ancien Hôtel des Postes, mais juste en attendant que les travaux de rénovation ne commencent. Dans le podcast de 89dB, Pierre et Guillaume nous racontent leur dernière soirée au Café de la Biennale.

Pour ceux qui ne sont jamais allés à la Biennale, et qui n’iront plus jamais d’ailleurs, il faut quand même s’imaginer un énorme espace, avec juste des tables et de la musique, sans voisins, au milieu d’un ensemble architectural magnifique qui rappelle Poudlard.

(Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

L’autre luxe c’était la localisation. En pleine nuit, pas besoin de prendre le tram, de faire une demi-heure de vélo, ou pire, prendre un Uber pour aller danser.

Ce lieu a finalement été découvert tardivement par les Strasbourgeois qui ne se sont pas rendus compte tout de suite de la chance qu’ils avaient. Et quand c’était le cas, c’était déjà terminé.

Le café de la Biennale, c’était aussi la garantie d’une offre culturelle variée et accessible. Pendant plus de trois mois, un lieu central a pu proposer des concerts de musique contemporaine bien barrée, des concerts de rock plein d’énergie, des expositions ou des DJ sets, etc. Et à chaque fois c’était rempli !

Au Neuhof, les concerts aux fenêtres sont aussi surprenants pour les habitants que pour les artistes

Imaginez : vous êtes dans votre appart, vous descendez chercher du pain et là, vous vous rendez-compte qu’une scène de concert est en train de se monter juste en bas de chez vous, dans votre rue, d’où le nom de “concerts aux fenêtres”.

Si c’est plutôt inhabituel pour les habitants, ça l’est tout autant pour les organisateurs. Pierre Chaput est directeur de l’Espace Django, à l’origine de l’évènement :

« La plupart des gens ne sont pas au courant de ce qui va se passer donc on prend un risque. Ils pourraient ne pas aimer, être devant la télé sans vouloir être dérangés par la musique, ça pourrait réveiller des enfants, etc. Mais en général, ça se passe bien, les habitants apprécient la qualité des concerts et le fait de se reconnecter à la leurs voisins. »

Pour les artistes aussi l’exercice est inhabituel. Il faut qu’ils acceptent d’être dans une zone d’inconfort, d’aller chercher le public. D’après Pierre Chaput, c’est ce qu’a magnifiquement fait le trio de rappeurs strasbourgeois A-Rob, Mismo et Gold Bomb qui ont déjà donné un concert aux fenêtres il y a quelques jours :

« Ils s’adressaient directement aux gens qui étaient à leurs fenêtres. Ils se déplaçaient au-delà du périmètre qu’on leur avait défini. Donc ils ont eu un côté attachant pour les gens. Ils ont créé une certaine convivialité, une ambiance particulière. »

A-Rob, Mismo et Gold Bomb donneront un autre concert aux fenêtres de la rue du Commandant François le 5 juillet. Tous les concerts ont lieu à 18h. Il y en a partout dans le quartier : au Stockfeld, à la Ganzau, au Polygone et au Neuhof-cité. La programmation est très variée et 100% locale.

Le 4 juillet, vous pourrez aller applaudir Mossa et Zoya rue de la Clairvivre.

Le groupe Albinoid Sound System jouera le 11 juillet rue des Orpailleurs.

The cracked cookies clôturera les concerts aux fenêtres le 12 juillet place des Colombes.

Une programmation familiale pour le TAPS, seul théâtre ouvert cet été à Strasbourg

L’été ce n’est pas la saison des théâtres. Il faut dire qu’entre le nécessaire repos de fin de saison, les préparatifs pour la suivante et les festivals de théâtre avec en tête Avignon, les salles de spectacles sont généralement au repos durant la période estivale.

Cependant, un théâtre résiste encore et toujours à la chaleur, et c’est le TAPS, le Théâtre Actuel et Public de Strasbourg. Depuis 25 ans le TAPS offre des spectacles durant l’été, mais il y a trois ans le directeur Olivier Chapelet a recentré cette programmation estivale autour du jeune public :

« L’idée pendant l’été est d’attirer un autre public. Sinon vous retrouvez toujours les mêmes aficionados que vous voyez tout le reste de l’année dans les autres théâtres strasbourgeois, ça n’a pas trop d’intérêt. »

(Photo Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg)

Le TAPS dispose de deux salles : le TAPS Scala au Neudorf et le TAPS Gare à la Laiterie. Chaque salle présente quatre spectacles entre mi-juillet et début août. Au TAPS Gare, ce seront les spectacles pour les petits, entre 2 et 7 ans. Chaque spectacle sera joué trois fois, les mardis à 17h et les mercredis à 10h30 et 15h. Le Scala accueillera les enfants un peu plus grands, à partir de 10 ans le jeudi à 19h.

Dans le podcast de 89dB, vous retrouvez notre coup cœur parmi cette programmation d’été. Notez que les spectacles sont peu chers, 5€ en plein tarif et 3€ pour les enfants de moins de 15 ans.

Cet été, l’Elastic Bar ne prend pas de vacances

C’est un des lieux qui continue de bouger pendant l’été à Strasbourg. L’Elastic Bar rue des Orphelins à la Krutenau propose pas mal de concerts de rock et de metal. Le 5 juillet vous pouvez aller par exemple écouter The Mercenaries. Tantôt ska, tantôt punk, tantôt les deux à la fois, ils sont super rafraichissants et on en avait bien besoin. 

Le Local aussi est increvable

C’est sûrement le lieu à Strasbourg qui programme le plus d’artistes locaux et il continue à le faire en juillet et en août. Le 16 juillet, vous risquez par exemple d’avoir envie de danser en allant écouter Aéroswing. Le groupe se définit comme un “vaisseau musical carburant à la dynamite”. Aéroswing revisite tout un tas de tubes de ces dernières années à la sauce swing, jazz manouche. Ils sont en tournée tout l’été en l’Alsace.

Au Shadok, l’art rencontre la technologie

Si vous voulez savoir à quoi ressemblera Strasbourg en 2099, rendez-vous le 7 juillet au Shadok à la Presqu’ile Malraux. Une application mobile est lancée ce jour-là. Elle vous fait suivre un parcours dans les rues et, en même temps, dans vos écouteurs, une petite voix vous raconte une histoire qui vous propulse 80 ans dans le futur. C’est un projet du collectif strasbourgeois Les Ensembles 2.2 qui allie justement technologie et création artistique.

Au frais dans les églises avec Stras’orgues

Comme l’été peut être très très chaud à Strasbourg et comme dans 89dB on parle des artistes dans toute leur diversité, on s’arrête un instant sur nos amis organistes. Du 18 au 25 août, le festival Stras’orgues revient avec des concerts dans plusieurs églises de la ville. Il y en a même tôt le matin avec petit déjeuner. Certains soirs, vous pouvez aussi déambuler à vélo d’un endroit à l’autre pour écouter plusieurs concerts.

L’électro ne s’arrête jamais au Studio Saglio

89dB vous conseille deux soirées au Studio Saglio à la Plaine des Bouchers. La première s’appelle Subtronic et vous allez découvrir la crème des DJ alsaciens. C’est le 6 juillet. Ensuite le 13 juillet vous allez vous faire un marathon d’électro avec l’Ultra Music Festival. Douze DJ se succèdent pendant 13 heures avec à chaque fois des styles différents.

L'AUTEUR
Maxime Nauche
Journaliste indépendant

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