Pendant la marche des visibilités, samedi 15 juin 2024 à Strasbourg.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Dans un appel signé par plus de 450 personnes et organisations, le monde du drag appelle ses spectateurs et spectatrices à voter contre l’extrême droite, pour le Nouveau Front populaire. À l’origine du mouvement, des collectifs strasbourgeois.
« Le Drag est un art contestataire dont l’histoire est intrinsèquement liée à la lutte pour nos survies. »Sur son site web minimaliste, le message est clair. Le collectif Drag font populaire appelle ses sympathisants et sympathisantes à faire barrage à l’extrême droite et même plus, à voter pour le Nouveau Front populaire.
Derrière les paillettes, « une communauté en danger »
À l’initiative des Houses et collectifs drag de Strasbourg, la démarche vise à fédérer pour tenter de préserver les droits fondamentaux de la communauté LGBTQIA+, à laquelle appartiennent les artistes de drag. Historiquement, les drag queen et drag kings sont des personnes qui se travestissent et se réunissent au sein de « Houses », maisons en anglais, et organisent de grandes compétitions sous forme de bals. Si la première drag est répertoriée dans les années 1880, c’est réellement aux États Unis dans les années 1990 que le mouvement explose. Il permet aux personnes à la marge d’une société blanche et hétéronormée de se retrouver, jouant avec leurs expressions de genre.
Depuis, des émissions telles que Drag Race ont été largement diffusées et la culture drag a pris une place importante dans le divertissement et la culture populaire.
« Derrière nos paillettes et nos belles tenues, se cache une communauté en danger que vous devez aider. Si vous aimez nous voir nous produire sur scène, alors vous devez nous défendre dans les urnes. Le vote, qui est pour vous un acte simple d’altruisme, est vital pour nous. »
Collectif Drag Front Populaire
Dans la tribune, désormais signée par plus de 470 personnes et collectifs dans toute la France, les créateurs et créatrices précisent que leur peur de la montée du fascisme devient concrète : « Ne pas voter Nouveau Front populaire est un privilège qu’on ne peut pas se permettre. »
File d’attente devant les guichets de la préfecture du Bas-Rhin en février 2021.Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg
Dans le Grand Est, des agents des services de l’État en charge de l’immigration craignent de ne plus pouvoir protéger les exilés si l’extrême droite accède au gouvernement. Après sept ans de politiques macronistes, ils constatent déjà un durcissement de l’accueil et une dégradation de leurs conditions de travail.
« Après les résultats des élections européennes, certains demandeurs d’asile m’ont demandé s’ils devaient partir tout de suite. Évidemment, je leur ai dit que non. » Si elle raconte cet évènement comme une anecdote, Mathilde (tous les prénoms ont été modifiés) sait que la crainte est fondée. Conseil juridique auprès des demandeurs et demandeuses d’asile, l’Alsacienne a travaillé pour l’État avant de s’orienter vers une autre structure d’aide aux exilés dans le Grand Est.
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Lors du passage de la flamme olympique à Strasbourg mercredi 26 juin, les policiers municipaux et les conducteurs de la CTS seront en grève.
La flamme olympique partira de Mulhouse à 8h30 mercredi 26 juin. Elle terminera son parcours alsacien à Strasbourg, par une parade du Parlement européen jusqu’à la place Kléber de 17h50 à 19h30. Plusieurs mobilisations sociales auront lieu en parallèle, afin de profiter de l’exposition médiatique ce jour-là.
La flamme olympique doit partir du Parlement européen vers le centre-ville et finir son trajet place Kléber.Photo : Capture d’écran du parcours de la flamme / Ville de Strasbourg
Les agents de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) prévoient de reprendre la grève qu’ils ont débuté vendredi 21 juin. Ils revendiquent plus de temps de repos aux terminus pour changer de cabine. Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa, explique que, souvent, « les conducteurs n’ont même pas le temps d’aller aux toilettes ». Il alerte sur le risque que les conditions de vie et de travail des chauffeurs ne soient pas prises en compte avec l’augmentation des fréquences des trams, y compris le dimanche, souhaitée par l’exécutif métropolitain, soutenu par les écologistes.
Les trams circuleront uniquement de 6h à 20h mercredi 26 juin. Les lignes de tram A, B et D passeront toutes les 14 à 16 minutes environ. La ligne de tram F circulera toutes les 20 à 30 minutes environ. Les lignes de tram C et E toutes les 14 minutes environ. Les services « bus de remplacement » des trams C et E passeront toutes les 7 minutes. De nombreuses lignes de bus verront leur cadence baisser à toutes les 10, 15 voire 30 minutes (le détail ici).
La police municipale en grève pour de meilleures retraites
L’intersyndicale de la police municipale de Strasbourg a déposé un préavis de grève pour le mercredi 26 juin, de 5h à 22h30. « Aujourd’hui, 20% de notre revenu est une indemnité de fonction sur laquelle on ne cotise pas pour la retraite », précise Éric Schumacher, délégué CFTC :
« J’ai 53 ans, et je suis policier municipal à Strasbourg depuis 32 ans. Je gagne 2 500 euros nets par mois en comptant 500 euros d’indemnité. Quand je partirai à la retraite, j’aurai environ 1 600 euros de retraite, mais si on cotisait sur l’indemnité, je serais à 2 000€. J’ai une fille de douze ans mais je travaille trois week-end sur cinq, c’est un gros engagement. Je ne me plains pas parce que je l’ai choisi, mais il faut qu’il y ait une reconnaissance. »
Selon le syndicaliste, l’intégralité des policiers municipaux sera en grève le 26 juin, « hormis trois agents maintenus en service au poste de contrôle ».
Pas de mobilisation des forains finalement
Les forains ont annulé la foire Saint-Jean 2024, estimant que le nouveau site proposé par la Ville de Strasbourg était trop petit. Comme l’a révélé Actu Strasbourg, ils envisageaient une mobilisation le jour du passage de la flamme olympique. Frédéric Kopp, représentant du syndicat Union défense active foraine, a participé à une réunion avec le directeur de cabinet de la préfète du Bas-Rhin le 24 juin :
« Nous voulons un rendez-vous le plus rapidement possible avec la mairie pour la foire de l’année prochaine. En fonction de la réponse, nous déciderons de la suite de notre action. Il faut bien comprendre que c’est une situation très difficile pour les forains, moralement et aussi financièrement. »
Les forains ont finalement décidé de ne pas organiser de blocage ce 26 juin.
Cinq drones de surveillance autorisés à Strasbourg
Par un arrêté du 21 juin, la préfecture du Bas-Rhin autorise la captation d’images par cinq drones de 15h à 21h, sur un très vaste territoire couvrant toute la Grand-Île, les quartiers Gare, Laiterie, Finkmatt-Nouvel Hôpital Civil, Krutenau, Orangerie, Contades, Kablé, Tribunal, Halles, ou encore les abords du Parlement européen. Toutes les autres communes où passera la flamme sont aussi concernées par de tels arrêtés, avec par exemple quatre drones autorisés à filmer simultanément à Saverne et Marckolsheim.
Plan du « périmètre de protection » où la police sera autorisée à utiliser des drones à Strasbourg le 26 juin. Photo : Document issu du site de la préfecture du Bas-Rhin
La vente, le port et le transport d’armes, la détention et l’utilisation de feux d’artifices et de pétards, ou l’achat et le transport de carburant sont également interdits dans ces périmètres de protection.
De nombreuses organisations écologistes s’opposent au confinement des déchets toxiques de Stocamine par un sarcophage de béton sous la nappe phréatique.Photo : Document remis
Les candidats alsaciens du Nouveau Front populaire aux élections législatives annoncent ce 24 juin que les partis de gauche s’engagent, s’ils obtiennent la majorité, à extraire les déchets de Stocamine.
Près de l’entrée du site de Stocamine, où 42 000 tonnes de déchets industriels sont entreposés, des candidats alsaciens du Nouveau Front populaire (NFP) prennent un engagement solennel ce lundi 24 juin. Si les partis de gauche obtiennent la majorité aux élections législatives des 30 juin et 7 juillet, ils s’engagent, « dés la formation du gouvernement du NFP, à stopper les travaux d’enfouissement et à engager l’extraction immédiate et totale des déchets », assure Simone Fest, candidate de La france insoumise dans la quatrième circonscription du Haut-Rhin, où se trouve cette décharge souterraine.
À partir de 1999, Stocamine a placé des big-bags et des futs contenant des substances toxiques dans des galeries minières, sous la nappe phréatique, réserve d’eau potable d’au moins 5,6 millions de personnes. L’opération devait être temporaire. Elle a pris fin en 2002, à cause d’un incendie causé par des déchets non conformes.
Un engagement pris sous l’impulsion d’Emmanuel Fernandes
Depuis, les gouvernements successifs ont tardé à prendre la décision de les ressortir. Seul l’exécutif socialiste, entre 2012 et 2017, a déstocké les déchets contaminés au mercure, considérés comme étant les plus dangereux pour l’eau potable.
Présent à Wittelsheim ce lundi, le député sortant de Strasbourg Emmanuel Fernandes (LFI) a régulièrement affirmé son opposition au confinement définitif lors de son mandat. « Nous mettons au premier plan la question de Stocamine dans cette campagne, nous utiliserons tous les moyens pour ressortir les déchets », déclare t-il.
C’est lui qui a appelé Mathilde Panot, ancienne présidente du groupe de la France insoumise à l’Assemblée nationale, pour l’inciter à formuler cet engagement de campagne. Les autres partis de gauche ont donné leur accord.
La Ville de Strasbourg ne veut plus déléguer la gestion du stationnement à une entreprise privée.Photo : Clara Sapienza / Rue89 Strasbourg
Lors du conseil municipal du 24 juin, la municipalité écologiste va faire voter la création d’une société publique pour effectuer elle-même les contrôles et la gestion du stationnement. Les salariés de Streeteo seront réembauchés par cette structure.
« La gestion du stationnement en voirie va redevenir publique ! » Jeanne Barseghian, maire écologiste de Strasbourg, a annoncé la nouvelle sur Facebook le 11 juin. « Les dividendes n’iront plus à des actionnaires privés, mais resteront sur le territoire, au bénéfice de l’investissement local », continuait-elle. La création de la société publique locale (SPL) Stationnement sur voirie, qui gérera cette activité à la place de l’entreprise Streeteo, doit être votée lors du conseil municipal ce lundi 24 juin.
Une transition fin 2025
Le contrat de Streeteo se terminera fin novembre 2025 et c’est à ce moment que la société Stationnement sur voirie devrait reprendre son activité. La vingtaine de salariés sera alors réembauchée. Ils « auront plus de stabilité, comme la SPL ne sera pas remise en concurrence », assure Pierre Ozenne, adjoint à la maire en charge de la voirie. « Ce n’est pas Streeteo qui pose problème intrinsèquement, c’est le fait de déléguer ce service public », explique t-il :
« On veut mettre en œuvre beaucoup de changements rapides. Mais ce n’est pas possible si on délègue à une entreprise extérieure avec qui on doit à chaque fois attendre de trouver un accord qui sortirait du contrat initial. Nous avons de nombreux projets, comme créer des marquages au sol en dehors de zones payantes et l’élaboration d’une application, pour informer les utilisateurs sur les travaux en cours ou la présence de places violettes dans la ville grâce à des capteurs. Cette politique innovante est plus adaptée à une société publique locale. »
Dans la même logique, l’exécutif veut constituer une autre société publique pour la création, l’aménagement, la gestion et l’entretien des parcs et aires de stationnement en lien avec, par exemple, « le covoiturage, l’autopartage, les mobilités pour les personnes en situation de handicap » ou pour le tourisme. Une opération censée « renforcer le rôle d’autorité organisatrice des mobilités » de la municipalité, avec davantage de souplesse de pilotage. Elle permettrait de se passer de négociation avec des acteurs privés pour ce secteur stratégique.
Acquisition d’un bâtiment pour la T’Rêve
Par ailleurs, les élus devront examiner 76 délibérations au cours du conseil municipal du 24 juin. Parmi elles, l’adoption d’une stratégie municipale contre l’habitat indigne. La Ville estime qu’environ 1 800 logements du parc privé présentent « des infiltrations de vent, des manifestations d’humidité et de moisissures, des risques électriques, un chauffage insuffisant ou encore la présence de parasites ». Elle souhaite coordonner davantage les acteurs comme la Caisse d’allocations familiales et l’État, afin d’empêcher au maximum les locations abusives.
Les conseillers municipaux devraient aussi voter l’acquisition, pour 1,3 million d’euros, du bâtiment du centre culturel turc de Strasbourg, situé route des romains à Koenigshoffen. Le but est d’y installer la T’rêve, centre d’accueil de jour pour les sans-abris, ainsi que le tiers lieu de la Maison des projets, actuellement hébergé au 91 route des romains (ancien squat de l’hôtel de la rue), juste à côté du centre culturel turc.
La Ville souhaite aussi la création d’une mission d’information et d’évaluation sur la situation des clubs de foot amateur strasbourgeois, dont certains déplorent des subventions municipales trop faibles.
Une dizaine de prises de paroles ont eu lieu pendant le rassemblement contre l’extrême droite organisé par SOS homophobie, samedi 22 juin à Strasbourg.Photo : Dorian Mao/ Rue 89 Strasbourg
Samedi 22 juin, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées contre l’extrême-droite et ses dangers pour les minorités sexuelles sur la place Kléber à Strasbourg. Les membres de la communauté LGBT craignent des agressions plus fréquentes et la suppression de leurs droits.
« Même la météo est à nos côtés contre l’extrême-droite », sourit une manifestante, drapeau bleu et rose accroché sur les épaules, qui ferme son parapluie en arrivant près de la statue de la place Kléber. Malgré le temps menaçant et humide de ce samedi 22 juin, plus d’une centaine de personnes sont rassemblées contre l’extrême droite et ses dangers pour les minorités sexuelles. Toutes et tous ont répondu à l’appel lancé par l’association SOS homophobie « pour afficher collectivement nos oppositions à l’arrivée possible de l’extrême droite au pouvoir à l’issue des prochaines élections législatives » affirme l’association dans un communiqué.
Parmi les manifestantes et les manifestants, de nombreux membres d’associations LGBTQIA+. Marie est cofondatrice et présidente de l’association queer Juin69 :
« On a toujours dû se mobiliser et se battre pour nos droits. L’histoire nous a montré qu’ils ne sont jamais acquis. Mais avec l’extrême-droite au pouvoir, c’est l’arrivée de la transphobie et de l’homophobie décomplexée. Si le RN passe, les agressions vont se multiplier. Ça fait peur de fou, il faut absolument faire barrage. »
Le soir de la victoire de la liste menée par Jordan Bardella aux élections européennes, plusieurs militants du GUD (groupe union défense, organisation étudiante d’extrême-droite) ont insulté de « sale pédé » et agressé à Paris une personne qu’ils ont assimilé à un membre de la communauté LGBT+, comme l’a révélé Streetpress dans un article. L’un d’eux aurait déclaré aux policiers avoir hâte d’être après les élections législatives pour « casser du PD autant qu’on veut ».
Les manifestantes et manifestants ont prévu de nombreuses pancartes pour le rassemblement.Photo : Dorian Mao/Rue89 Strasbourg
Le risque d’une « LGBTphobie institutionnalisée »
Des prises de paroles de différents collectifs de défense des droits de la communauté LGBTQIA+ s’enchaînent. Le mégaphone passe de main en main, ponctué par des applaudissements fournis. Dans la foule, Camille, militant dans plusieurs associations LGBT de Strasbourg, craint l’apparition d’une « LGBTphobie institutionnalisée » avec l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir en France :
« En Pologne, après l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir en 2015, les membres de la communauté LGBTQIA+ ont été attaqué par l’État. Les zones anti-LGBT ont été mis en place, les discours de haines étaient partout, ils ont dû lutter contre la police pour revendiquer leurs droits. »
Un avis partagé par Tanguy Poiret, co-délégué de l’association SOS Homophobie Alsace, et organisateur du rassemblement du jour :
« Quand on voit le nombre de lois d’invisibilisation de la communauté LGBT dans plusieurs États des États-Unis comme en Floride ou au Texas, ou encore la perte des droits pour l’homoparentalité en Italie, tout ça, c’est le fruit de l’extrême droite. Il faut vraiment rappeler les faits comme ils sont. »
La crainte de l’invisibilisation des personnes trans
Le risque d’invisibilisation de la communauté trans avec la victoire de l’extrême droite, l’organisation solidarité trans (OST) l’a bien saisi. Charlie, membre de l’OST, ne cache pas son inquiétude, notamment concernant la loi sur l’interdiction des transitions de genre pour les mineurs, votée au Sénat fin mai :
« En cas de victoire du RN, et après ce que vient de dire Emmanuel Macron, la loi à toutes les chances d’être votée à l’Assemblée nationale. Il est en train de créer une panique morale sur le dos des personnes trans à des fins électorales, c’est lamentable. »
Le militant fait référence à l’échange du président de la République face à des citoyens le 18 juin, dans lequel il qualifie « d’ubuesque » la mesure sur « le changement de sexe en mairie » proposé par le Nouveau Front populaire.
Les candidats du Nouveau Front populaire Sandra Regol et Emmanuel Fernandes ont pris la parole et apporté leurs soutiens aux minorités sexuelles.Photo : Dorian Mao/Rue89
Raphaëlle, également membre de l’OST, rejoint la conversation après sa prise de parole devant la foule :
« Aujourd’hui, nous avons peur. Nous avons peur de perdre nos droits de remboursements des soins pour assurer notre transition, voire même qu’ils soient tout simplement supprimés. Et puis, il y a tout le côté transition au niveau administratif aussi qui est menacé, et notamment le changement de prénom à l’état civil par exemple. »
« Le plus grand danger, ce sera dans l’espace public »
Juste derrière eux, deux adolescents commencent à prendre des vidéos et des photos de la manifestation. Eve, pancarte à la main, les interpelle et leur demande de les supprimer : « Pour moi, le plus grand danger avec l’extrême droite au pouvoir, ce sera dans l’espace public, à n’importe quel moment. Ce sera l’insécurité au quotidien pour les personnes LGBT. »
Alors qu’une légère pluie recommence à tomber sur la place Kléber, l’organisateur du rassemblement s’empare du mégaphone. Il conclu le rassemblement par un message d’encouragement à poursuivre la lutte contre l’extrême-droite : « Rendez-vous dimanche à 15 heures au même endroit pour une nouvelle manifestation. Défendez nos droits, défendez nos vies. Votez le 30 juin et le 7 juillet contre l’extrême-droite, pour notre avenir à tous et à toutes ».
Journaliste indépendant basé en Alsace, je m’intéresse de près à l’écologie et aux entreprises du territoire alsacien. Membre du collectif Enketo depuis mai 2025, j’enquête sur les pollutions chimiques des industries.
Marché de Schirmeck, le mercredi 19 juin.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Mercredi 19 juin, des militants du Nouveau Front populaire se sont mobilisés pour faire connaître l’union des gauches sur le marché de Schirmeck, dans la vallée de la Bruche. Mais les Schirmeckois semblent las des échéances politiques, et oscillent entre pudeur politique et abstentionnisme revendiqué.
Il est 10h sur la place du marché de Schirmeck. Dans la Grand’rue, les étals se succèdent, avec, sur leurs tablettes, de la tome des Vosges ou des habits pour l’été, des poulets rôtis ou des matelas. Sous un soleil paisible et une statue de la Vierge Marie surplombant le bourg, des militants du Nouveau Front populaire (NFP) se sont donné rendez-vous, mercredi 19 juin. Ils sortent d’un cabas de courses leurs tracts multicolores, tout juste sortis de l’imprimerie. « On devrait recevoir les dernières versions cet après-midi », déplore Frédéric.
Ils sont six à s’être mobilisés. « Quand on va voir les gens, on arrive avec le sourire. Si on réussit à dialoguer, c’est cool, sinon ce n’est pas grave, on dit au revoir et bonne journée. On se répartit en petits groupes mais on fait en sorte de se voir malgré tout, au cas où la tension monte », explique le militant. Habitant « juste au dessus » de Schirmeck, il se mobilise à chaque période électorale, pour la gauche et gère le groupe local de La France insoumise. « À chaque élection, on arrive en troisième ou quatrième position, il y a du travail », soupire-t-il.
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Guillaume Krempp suit de près l’actualité des droites radicales à Strasbourg et en Alsace. Son travail dérange : en 2023, il a été menacé par les hooligans de Strasbourg Offender lors d’un rassemblement organisé par l’Action française.
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Banderole portée durant la Pride à Strasbourg.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Vendredi 21 juin, 18 associations strasbourgeoises ont lancé leur collectif de défense de la démocratie à Strasbourg. L’objectif : faire bloc contre l’extrême droite et ses idées.
Dans la salle de réunion du club de la presse de Strasbourg, vendredi 21 juin, Pierre Greib, co-président de La Cimade dans le Grand Est, présente un collectif de 18 associations qui se reforme régulièrement. « En 1996, nous faisions déjà partie du mouvement appelé Justice et Libertés, justement contre Jean-Marie Le Pen, dont le Rassemblement national est l’héritier », appuie-t-il. En 2022, le collectif s’est recréé dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle, lorsqu’Emmanuel Macron était pour la seconde fois consécutive opposé à Marine Le Pen.
Informer sur un programme politique dangereux
Pierre Greib liste ensuite 11 menaces liées aux idéologies d’extrême-droite : droits des étrangers bafoués, atteintes à la liberté pédagogique, refus de lutter contre le dérèglement climatique, entraves à la liberté de la presse, recul des droits des femmes… « L’arrivée de l’extrême droite au gouvernement ne s’inscrit pas dans le schéma classique de l’alternance, c’est un danger », conclut-il.
Une des premières actions du collectif consiste à contextualiser ces onze affirmations. « Pendant onze jours, nous nous employons à donner les informations autour des idées d’extrême droite pour montrer que le RN ment, qu’il est hostile aux libertés publiques en prenant pour exemple les conséquences concrètes de ses votes et de ses idées, en France et à l’international », précise Ingrid Boury, présidente de la Ligue des droits de l’Homme à Strasbourg (lire son témoignage ici).
Les actions à venir du collectif seront annoncées sur les réseaux sociaux des associations membres du collectif.
Site de l’hôpital de Hautepierre, l’un des sites des HUS.Photo : Maud de Carpentier / Rue89 Strasbourg
Suite à un article paru samedi 1er juin, reprenant des éléments d’une enquête du journal Le Point mettant en cause le professeur Philippe Bachellier des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, ce dernier a adressé ce texte à la rédaction, dans l’exercice de son droit de réponse. À la suite de cette publication, le journaliste du Point, Olivier Hertel, a fait de même.
Je fais suite à la publication en date du 1er juin 2024 sur votre site, d’un article intitulé « Les dangereuses expérimentations d’un chirurgien de Strasbourg sur des malades du cancer » avec comme sous-titre « Le journal Le Point révèle des dizaines d’opérations inutiles et dangereuses sur des patients atteints de cancer à l’hôpital de Hautepierre. En cause : le désir de repousser les limites d’un chirurgien de renom, le professeur Philippe Bachellier » rédigé par le journaliste Guillaume Krempp, dans lequel je suis personnellement mis en cause.
La lecture de cet article, qui se contente de relayer les informations erronées contenues dans un article publié en date du 28 mai 2024 sur le site du journal Le Point, rédigé par le journaliste Olivier Hertel, m’a stupéfait.
En effet, cet article relaye, sans les vérifier, une série d’informations erronées qui portent gravement atteinte à ma réputation. Plus précisément, ledit article fait apparaître, sur la base d’informations anonymes adressées au Journal Le Point, que j’aurais pratiqué des opérations inutiles, en traitant mes malades comme des cobayes, altérant leur fin de vie. Je conteste avec force ces allégations qui ne sont que le relais d’une rage que trois anciens confrères entretiennent à mon égard.
D’une part, je relève que lesdits informateurs n’ont pas hésité à transmettre au journaliste du Point des dossiers médicaux de patients prétendument anonymisés ainsi que des comptes- rendus opératoires tronqués, diffusant ainsi des informations protégées par le secret médical. Je vais saisir le procureur de la République d’une plainte à ce sujet.
D’autre part, s’agissant du fond de l’article, j’entends préciser que les opérations pratiquées au sein de mon service sont toutes validées lors de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) hebdomadaires entre confrères de différentes disciplines (oncologues…) au cours de laquelle les dossiers de chaque patient sont examinés et discutés de façon collégiale. Il est donc particulièrement inexact d’indiquer que j’aurais franchi des limites et serais « sorti du cadre » en m’affranchissant des avis de mes confrères. La décision d’opérer chaque malade est une décision qui est prise collégialement, lors de ces RCP, ce que votre journaliste aurait pu aisément se faire confirmer s’il n’avait pas réalisé une enquête à charge. Lorsque le journaliste Olivier Hertel (Journal Le Point) m’a rencontré en s’imposant à ma consultation du 6 mai 2024 (entre deux patients), je lui ai néanmoins proposé de passer une à deux semaines dans mon service et de vivre au côté de nos équipes dans chaque secteur de notre activité (clinique, enseignement, recherche et partie administrative).
Monsieur Hertel aurait ainsi pu appréhender toute la difficulté, la gravité et les subtilités de notre métier, et également toutes nos satisfactions du devoir accompli, lorsqu’un malade, souffrant d’une maladie grave cancéreuse, pouvait finalement bénéficier d’un traitement adapté, parfois chirurgical, dans le but de prolonger sa vie. Contrairement à ce qui est écrit, le seul objectif qui guide mes choix thérapeutiques est celui de prolonger la vie de mes patients tout en leur conservant une qualité de vie acceptable.
Or, le journaliste du Point a refusé catégoriquement ma proposition d’immersion dans mon service, préférant relayer des accusations anonymes qui lui ont été transmises. Pour des maladies graves comme le cancer du pancréas ou le cancer des voies biliaires, les stratégies thérapeutiques sont évidemment multiples, pleines de subtilités et doivent être adaptées à chaque malade.
Les divergences d’opinion, les choix thérapeutiques et les conflits entre médecins relèvent de discussions d’experts, et il n’est pas acceptable que certains confrères se servent des dossiers médicaux de certains malades pour régler leurs comptes par voie de presse, au mépris des règles déontologiques les plus élémentaires.
Enfin, s’agissant de mon activité en secteur privé (autorisée depuis la réforme Debré de 1958), je n’ai ni à en justifier, ni à en rougir. Cela fait 35 ans que je me dévoue corps et âme à ma profession et mets toute mon énergie au service de mes patients, sans compter mes heures ou mes jours de travail. La jalousie de certains confrères n’a décidément pas de limite. À toutes fins, je préciserai que les chiffres énoncés dans votre article ne correspondent pas du tout à la réalité de mon salaire net, déduction faite de l’ensemble des charges et cotisations que je supporte.
Un tel article, outre le fait de porter atteinte à ma propre réputation, jette également le discrédit sur toute la profession médicale. Manifestement, vous n’avez pas souhaité vérifier l’exactitude de l’information diffusée publiquement par le Journal Le Point, et ce, au mépris de la déontologie journalistique.
Pr Philippe Bachellier, Professeur des Universités – Praticien Hospitalier Chirurgien des Hôpitaux de Strasbourg
Des associations de locataires en colère face aux promesses de candidats et candidates manquant d’expertise. Symptomatique des élections législatives organisées en catastrophe, une réunion publique d’associations de locataires a viré au dialogue de sourds.
En début de soirée, mercredi 19 juin, la Confédération Syndicale des Familles (CSF) tenait une réunion publique sur la crise du logement à la maison des associations. Invités : une série des principaux candidats aux élections législatives anticipées à Strasbourg, l’occasion -rare- d’un dialogue entre des élus et la société civile.
De gauche à droite, derrière plusieurs tables alignées : les candidats et candidates de la première circonscription du Bas-Rhin Sandra Regol du Nouveau Front populaire (NFP), Etienne Loos du parti Renaissance et Irène Weiss pour Les Républicains (LR). Emmanuel Fernandes (NFP) et Rebecca Breitmann, attablés avec eux, sont dans la course pour la députation de la deuxième circonscription.
Le logement, une crise profonde
En introduction, le président de la CSF, Dominique Leblanc, pose le décor d’un secteur du logement en crise :
« Face à un nombre record de demandes de logement à loyer modéré (2,6 millions en France, 30 000 dans l’Eurométropole), comment expliquer l’effondrement de la production ? Il y avait 295 000 mises en chantier au niveau national en 2023 contre 435 000 en 2017. Nous dénonçons régulièrement un effort public pour le logement qui n’a jamais été aussi bas depuis dix ans : de 2,2% du PIB en 2010 il est passé à 1,5% du PIB en 2021. Pour le logement, les associations attendent l’application d’une volonté politique portée par un exécutif doté de véritables moyens financiers et réglementaires qui résoudra enfin cette crise pluridécennale. »
Daniel Bonnot, président de la CLCV 67, complète ce sombre tableau en décrivant « ces familles, toujours plus nombreuses, qui viennent vers nous et n’arrivent plus à payer leur loyer et leurs provisions mensuelles pour charges ».
Position difficile pour le candidat Renaissance
Les propositions de campagne commencent à gauche avec Sandra Regol. La députée sortante (Les Écologistes) affirme qu’il faut « revenir sur les cinq euros d’APL supprimés par Emmanuel Macron puis les augmenter de 10% ». La candidate du Nouveau Front populaire évoque l’instauration d’un blocage des prix de l’énergie et un objectif de rénovation de 200 000 logements par an.
Face au constat négatif dressé dès le début du débat, Etienne Loos (Ren.) encaisse les critiques sur le bilan d’Emmanuel Macron en matière de logement. Le candidat de retour de Paris à Strasbourg patine dès sa première prise de parole : « On ne peut pas dire que rien n’a été fait. Il y a des contraintes budgétaires à respecter. On ne fait pas tout et n’importe quoi comme le prétend la nouvelle Nupes. » Le candidat Renaissance, communicant de formation, peut se reposer sur le Premier ministre Gabriel Attal pour avancer ses propositions : une exonération de frais de notaire pour l’achat d’un logement de moins de 250 000 euros et la rénovation de 300 000 logements d’ici 2027.
Les associations veulent du concret
Pour La France insoumise, Emmanuel Fernandes revient sur les choix politiques de la macronie. Il dénonce la suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF) et la baisse des aides au logement. Très vite, le candidat NFP est interrompu par Colin Riegger, secrétaire général de la CSF du Bas-Rhin. À plusieurs reprises, pour plusieurs candidats, l’animateur des débats demande des mesures concrètes. Le député sortant s’exécute, répète les mesures annoncées par sa camarade Sandra Regol et ajoute une sortie du marché européen de l’énergie pour faire baisser les prix.
À droite, Irène Weiss se montre concernée par la baisse du pouvoir d’achat en lien avec la hausse des prix du logement. Elle décrit la rénovation énergétique comme un « enjeu très important » et propose un « crédit d’impôt pour récompenser les propriétaires qui font des travaux ». Rebecca Breitman (Modem) insiste sur l’investissement dans le nucléaire pour réduire le prix de l’électricité. La conseillère municipale d’opposition répète aussi la nécessité d’accroître les pouvoirs des maires dans le domaine du logement.
« Faudrait un jour que vous échangiez votre appartement avec un logement indigne… »
Brigitte Breuil, de la CNL 67, aux candidats et candidates strasbourgeoises aux élections législatives 2024
Fait rare pour un débat politique, le micro reste parfois en suspens entre les concurrents. Au fil de la soirée, la parole passe plus difficilement d’un candidat à l’autre. L’échange est symptomatique d’une campagne organisée en catastrophe après une annonce de dissolution qui a pris tout le monde de court. Les représentants des différents partis ont tout juste été nommés. Les programmes viennent à peine d’être finalisés. La stratégie de campagne n’est pas encore rodée.
Le débat reflète aussi la colère des personnes engagées sur le sujet du logement, ou de celles qui vivent cette crise. Peu après le début de la réunion, deux hommes sortent de la salle en dénonçant le fait de ne pas pouvoir s’exprimer. Puis ce sont d’autres représentants d’associations de locataires qui interpellent les hommes et femmes politiques. La présidente de la section bas-rhinoise de la Confédération nationale du logement (CNL), Brigitte Breuil, se lance dans une diatribe sur l’indifférence du monde politique face à la crise du logement et à la problématique de l’habitat indigne : « Faudrait un jour que vous échangiez votre appartement avec un logement indigne… »
Parmi les dernières interventions, celle d’Abdelaziz Choukri, représentant des locataires au sein du conseil d’administration du bailleur social Ophéa. Comme d’autres personnes engagées sur cette thématique, il n’attendait pas des candidats et candidates d’être des spécialistes. Cette réunion publique était avant tout l’occasion de rappeler le ou la future députée à l’ordre : « Soyez plus affûtés sur ces sujets. Ils font la vie quotidienne des gens. Affinez vos stratégies et vos éléments de langage. Car l’enjeu est énorme et l’attente de la population aussi. »
Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
La dernière manifestation contre l’antisémitisme à Strasbourg s’est déroulé en présence de nombreux représentants politiques, dimanche 12 novembre.Photo : CB / Rue89 Strasbourg
Le collectif Nous vivrons appelle à un rassemblement pour dénoncer l’antisémitisme en France, dimanche 23 juin à Strasbourg. La manifestation est organisée en réaction au viol d’une enfant juive de 12 ans, samedi 15 juin en région parisienne.
La branche strasbourgeoise du collectif de lutte contre l’antisémitisme Nous vivrons organise, dimanche 23 juin à 19h, un rassemblement place de la République à Strasbourg. La manifestation fait suite au viol d’une enfant juive de 12 ans à Courbevoie, en région parisienne, samedi 15 juin.
Pour cette première manifestation organisée à Strasbourg par le collectif national Nous Vivrons, trois allocutions sont prévues. Pour Alexandre Lévy, représentant du collectif à Strasbourg, cet événement est l’occasion d’un « rassemblement républicain » :
« Face à l’augmentation des actes antisémites en France, il faut voir l’émergence d’un véritable front républicain contre l’antisémitisme. C’est pour cela que le collectif Nous vivrons a vu le jour après le 7 octobre, afin de susciter un sursaut dans la société française. L’antisémitisme est l’affaire de tous, pas uniquement de la communauté juive. »
Dans un communiqué, le collectif dénonce « un climat hostile aux Juifs » en France, « alimenté par des déclarations politiques irresponsables, visant à souffler sur les braises et à attiser la haine des Juifs depuis plusieurs mois ». La manifestation strasbourgeoise s’inscrit dans la continuité du rassemblement du mercredi 19 juin devant l’Hôtel de ville de Paris, déjà initié par le collectif Nous Vivrons.
Journaliste indépendant basé en Alsace, je m’intéresse de près à l’écologie et aux entreprises du territoire alsacien. Membre du collectif Enketo depuis mai 2025, j’enquête sur les pollutions chimiques des industries.
Au Wacken, les manèges et les stands de la Foire Saint-Jean occupaient 5 hectares.Photo : Photo HJ / Rue89 Strasbourg
La Foire Saint-Jean 2024 n’aura pas lieu. Faute d’accord trouvé entre les forains et la Ville de Strasbourg sur un emplacement convenant aux deux parties, les professionnels ont décidé de ne pas déployer leurs stands.
Les forains sont arrivés lentement à Strasbourg, lundi 17 juin, sous la forme d’une opération escargot pour protester contre le terrain que la Ville de Strasbourg leur avait attribué pour l’édition 2024 de la Foire Saint-Jean. Un accord de principe avait été trouvé au Jardin des Deux-Rives, mais l’emplacement a finalement été jugé trop petit. Les forains ont décidé d’annuler l’ensemble de l’évènement pour 2024.
Dans un long post sur Facebook publié le 18 juin, la Foire de Strasbourg explique être « désolée pour la centaine de familles de forains qui se retrouvent sans activité ni revenus pendant un mois, alors même que certains avaient déjà perdus 5 semaines d’activité à la Foire du Trône à cause des Jeux olympiques ».
Comme les DNA l’ont détaillé, cette annulation intervient après des échanges houleux entre les représentants des forains et la Ville de Strasbourg, pendant toute la période de préparation de la foire. Avec moins de place sur le terrain qui a été désigné aux Deux Rives par rapport à celui du Wacken, devenu inutilisable en raison des constructions, certains forains pourtant habitués de ce rendez-vous n’auraient pas pu s’y installer.
La Ville « prend acte »
Dans un communiqué, la Ville de Strasbourg déplore, jeudi 20 juin, la décision « unilatérale » des professionnels de la foire d’avoir annulé l’évènement :
« La Foire Saint-Jean ne pouvait se tenir que dans un format adapté et plus réduit, comme cela avait été clairement annoncé. Pourtant, le dialogue a perduré entre la Ville de Strasbourg et les représentants des forains. Tous les moyens ont ainsi été mobilisés pour que le site du Port du Rhin puisse être aménagé dans les temps. »
Pour les prochaines éditions de la Foire Saint-Jean, la Ville promet une concertation et annonce qu’une solution pérenne pourrait être la future Plaine Festive, dans la zone de la Plaine des Bouchers à la Meinau. Mais dès 2025, rien n’est moins sûr.
La Ville de Strasbourg programme deux scènes pour la Fête de la musique et en installe onze autres, dont la programmation a été confiée à des associations. Revue de détail.
2024 est une bonne année puisque la Fête de la Musique tombe un vendredi, ce qui augure d’une bonne fréquentation en ville, malgré une grève des transports en commun et de possibles pluies. Au moins treize scènes seront déployées avec le soutien de la Ville de Strasbourg pour accueillir les artistes.
Place Kléber
Place Kléber, la programmation a été décidée par la Ville de Strasbourg, à partir d’un appel à candidatures lancé au printemps.
18h : Joceline Joceline, c’est de la pop, douce et précieuse, servie par la voix claire de Joceline Adamson et le toucher délicat de Nello Drone. La formation s’est récemment enrichie de la violoncelliste Marie Langenfeld, ce qui donne plus de profondeur et de gravité à des compositions qui cultivaient déjà une forme d’exploration intimiste.
Thank you de Joceline
19h : Pers Jeune rappeur nancéien, Pers sera lui aussi de la partie pour enjailler les plus jeunes avec une diversité de styles, Pers est autant à l’aise avec un rap doux et enjolivant qu’avec un rap plus dur et plus hardcore.
20h : Deaf Kids Groupe de Strasbourg, les Deaf Kids, proposent un punk rock classique, avec leurs propres compositions et des reprises, entre désinvolture et rébellion.
21h : Pales Assurément une étoile montante de la scène strasbourgeoise, Pales sera présent au cœur de la soirée et devrait sérieusement participer à envouter son public. Habitués des mises en scènes dynamiques et des lignes de basses énergiques, Pales promet un spectacle hypnotique et hors du temps.
1518 de Pales
22h : Bonhomme Bonhomme, strasbourgeois au style électro, est prêt à mettre la barre des décibels très haute. Un rendez-vous idéal pour terminer la soirée en se défoulant.
Place Gutenberg
18h : Zeyué Une voix suave sur des instruments tant rythmés que doux, un beau cocktail d’electro-pop pour la fin d’après-midi. Tantôt cosmique, tantôt entraînant, l’univers musical de Zeyué a l’avantage de rassembler.
19h : Saint Evil Street Ce groupe de rock alternatif français propose une musique brutale et mélodique savamment dosée. À voir comment ce groupe parviendra à entrainer le public de la place Gutenberg dans leur univers sombre.
20h : Zweierspasch Venus de chaque côté de la frontière rhénane, le groupe porte ses langues sur des instrus classiques, de celles qui fonctionnent toujours et à travers le temps. Maîtrisant les codes d’un hip hop intemporel, Zweierspasch se pose en fier représentant d’un multiculturalisme joyeux.
21h : Trapoline (electro rock)
22h : Dudes of groove factory Casquette sur la tête, cinq strasbourgeois au look extravagant seront présents pour faire danser et crier la place.
Les autres scènes
La Ville de Strasbourg met à disposition d’associations ou de collectifs une série de scènes, plus petites, réparties à travers la ville.
Place Saint-Étienne : Carbone 14 (electro) À partir de 18h et jusqu’à 23h, le collectif propose une line up de trois artistes qui baladeront les danseurs entre techhouse, indie dance, melodic techno, dark disco, trance. Voir la page Facebook de l’évènement.
Place du Marché Gayot : St’artbourg (pop rock DJ)
Place du Temple Neuf : Antipod (Reggae, hip-hop)
Square Louise Weiss : Merci beaucoup (electro, pop, funk, dj, disco) Quatre DJs locaux et locales pour faire danser les fêtards, dès 16h et jusqu’à minuit, avec notamment Aneka, Bim, Datis et Kleo. Voir la page Facebook de l’évènement.
Place du Château : HCG (rock)
Place Saint-Thomas : Park’n’sound (electro, disco, funk) De 18h à 23h15, le collectif, aussi connu pour ses défilés à vélo ou en bateau accompagnés de grosse techno donne les platines à cinq artistes locaux et locales, dont les présentations sont détaillées sur la page Facebook de l’évènement.
Rue Sainte-Barbe : RBS (DJ, hip-hop / rap) La radio associative experte en musiques urbaines prend la place de 18h à 23h30 et donne les platines elle aussi à des artistes d’ici, le tout animé par Talri (en savoir plus).
Cour de l’ancienne manufacture de tabac : Amadeus (electro)
Place Grimmeissen : De la food (Global Bass)
Place du Quartier-Blanc : Bal Sauvage Le bien connu Bal Sauvage, qui propose régulièrement des bals folks à Strasbourg, sera sur la petite place devant l’hôtel de la Collectivité d’Alsace. La formation proposera une série de musiques à danser, en groupe, en rondes, en rangs… à partir de 19h. Pas de panique ! Chaque danse est expliquée avant et les pas approximatifs sont acceptés. Voir sur Facebook.
Cour de la Maison du projet Meinau : Calima (oriental, flamenco, africain) Plusieurs groupes sont programmés à la Meinau avec des styles variés, dont Snakee, le VAP, Sydelle, Lisa, Niglo et l’Orchestre oriental et maghrébin « Tarab & Nagham ». La soirée se terminera avec DJ Trapa.
Place André-Maurois à Hautepierre : Les sons d’la rue (rap, hip-hop) À partir de 18h, open mic, restauration, hip-hop, animations, afro et DJs mix party.
Des « safer zones »
Dans un communiqué, la Ville de Strasbourg annonce mettre en place des « safer zones » pour « éviter tout agression sexiste ou sexuelle ». Les associations Dis bonjour salue pute, Ithaque, le Planning Familial et Ru’elles auront donc des stands place Saint-Étienne et place d’Austerlitz.
Au-delà de l’information qui y sera distribuée, la Ville explique que ces lieux seront des « zones de répit et d’orientation où pourront se rendre celles et ceux qui se sentent en insécurité » :
« Place d’Austerlitz, le dispositif sera renforcé par un espace permettant de mettre au calme et en sécurité les personnes qui en auraient besoin et de prendre en charge et accompagner les potentielles victimes. »
Une équipe de secouristes sera aussi présente place Broglie, une équipe de prévention des risques addictifs circulera dans la ville.
Conditions de circulation
En coordination avec la préfecture, la Ville de Strasbourg annonce que les piétons, s’ils pourront accéder librement à la Grande-Île, pourront voir leurs sacs contrôlés visuellement. « Les objets en verre et les produits dangereux seront interdits », précise-t-elle.
Pour les voitures, sur la Grande-Île toujours, le stationnement « sur voirie » sera interdit dès vendredi 21 juin, 6h. La circulation automobile y sera interdite dès 16h le même jour. Ces deux interdictions prendront fin samedi 22 juin à 6h et 4h respectivement. L’accès, l’entrée et la sortie des parkings publics Gutenberg, Kléber et Broglie seront interdite de vendredi 16h à samedi 4h :
« Les résidents disposant d’un stationnement privé ou d’un abonnement dans un parking public de la Grande-Île ne pourront pas accéder à leur parking à partir du vendredi 21 juin à 16h, et ne pourront en sortir qu’à partir de 04h le samedi 22 juin. »
Trams et bus perturbés
Outre le mouvement de grève annoncé par les syndicats de la CTS, la circulation des trams et bus sera altérée. Entre 16h et minuit, les trams circuleront mais ne marqueront pas d’arrêt aux stations à l’intérieur de la Grande Île : Broglie, Homme de fer, Alt Winmärik et Langstross Grand’rue.
Les lignes de bus C8/10/30 seront déviées de 16h jusqu’à la fin de l’évènement.
Symphonie des Arts aux Deux Rives samedi 22 et dimanche 23 juin
Le Jardin des Deux-Rives accueillera une « Symphonie des arts » le week-end des 22 et 23 juin. Entre 10h et midi, des ateliers de percussions, chant, chorale, instruments d’orchestres… seront proposés gratuitement. Un pique-nique est prévu, puis une sieste musicale dès 14h et des petits concerts de groupes locaux dès 16h, dont voici le détail :
Le samedi : Amor Blitz, BBCC, Ozma et, en soirée, le concert de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg.
Le dimanche : Louise XIV, Mau, Grand Camino, JJH Potter et Maeva, puis le concert de Babylon Circus.
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Malgré ses réticences initiales à l’égard du Nouveau Front populaire, le premier secrétaire du PS dans le Bas-Rhin Thierry Sother a été investi comme candidat unique pour la 3ème circonscription du département. En interne, sa candidature surprise résulte d’anciennes fractures et illustre l’art des synthèses socialistes.
Juché sur un bout de trottoir parisien, mégaphone au poing, Olivier Faure enjoint une foule bouillante à rejoindre le Nouveau Front populaire, le soir du 10 juin. L’émotion déborde. L’intervention enthousiaste du premier secrétaire du PS tranche avec les réactions des cadres socialistes du Bas-Rhin, autrement plus tièdes.
Quelques heures avant l’annonce d’un accord de principe, le premier secrétaire fédéral du PS du Bas-Rhin, Thierry Sother, relatait à Rue89 Strasbourg sa méfiance à l’idée d’une alliance avec la France insoumise et son souhait d’une union inscrite « dans le cadre de la social-démocratie ». Même registre pour la présidente du groupe PS au conseil municipal, Catherine Trautmann. Invitée lundi 10 juin sur le plateau de BFM Alsace, elle se montre prudente : « Personnellement, je suis favorable à la reconstitution d’un mouvement social-démocrate responsable, engagé face au risque du Rassemblement national. » Ni rejet frontal, ni adhésion au Front populaire : ne pas insulter l’avenir.
Coup de théâtre, cinq jours plus tard. Le même Thierry Sother devient le candidat investi par le PS pour la 3ème circonscription du Bas-Rhin, sous l’étiquette du Nouveau Front populaire. Opposé par le passé à la Nupes, le socialiste relate un « changement de paradigme », évoquant la menace de l’extrême droite et l’aboutissement d’un « compromis sans compromission » :
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Cinq policiers se sont retrouvés sur le banc des prévenusPhoto : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
Cinq policiers de la CRS 36 ont comparu jeudi 20 juin devant le tribunal correctionnel de Strasbourg. Ils étaient accusés d’avoir interpellé violemment deux habitants du quartier de Cronenbourg, en avril 2023. Des peines de prison ferme et d’interdiction d’exercer le métier de policier ont été prises pour deux d’entre eux.
Ils étaient venus « sécuriser » le quartier de Cronenbourg. Mais jeudi 11 avril 2023, ces cinq policiers de la CRS 36, basée près de Metz, se sont sérieusement écartés de leur mission. Devant la pharmacie de la rue Langevin vers 17h, l’un des policiers repère une personne en train de fumer. Il décide d’aller contrôler qu’il ne s’agit pas d’un joint. De l’autre côté de la voie se trouve Sofiane, jeune maghrébin à casquette et son ami Burak, d’origine turque.
Selon les policiers, Sofiane et Burak se sont mis à les insulter, à les traiter de fils de putes. Ils cessent leur contrôle, se retournent et demandent aux deux jeunes de s’approcher. À partir de là, la situation dégénère et c’est ce qui vaut aux cinq policiers de se retrouver devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, jeudi 20 juin.
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