Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

La Région Grand Est crée un abonnement TER franco-allemand pour l’été des moins de 28 ans

La Région Grand Est crée un abonnement TER franco-allemand pour l’été des moins de 28 ans

En juillet et août 2024, la Région Grand Est met en place un abonnement TER illimité pour les moins de 28 ans, sur son territoire et celui de trois Länder allemands.

Pendant les deux mois d’été 2024, la Région Grand Est propose aux moins de 28 ans de voyager sans limite sur son territoire et celui de trois Länder allemands, moyennant 29 euros par mois s’il est acheté via la SNCF. Appelé Pass Jeune Grand Est – Grenzenlos, il sera donc valable dans tout le Grand Est, et dans les Länder du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de la Sarre.

Plus précisément, les quatre collectivités ont décidé de reconnaître réciproquement certains titres de transports régionaux. Ainsi, une personne titulaire d’un Pass Jeune Grand Est – Grenzenlos pourra emprunter les réseaux des trois Länder – les contrôleurs allemands reconnaitront la validité de son pass même s’il est estampillé SNCF. Les allemands devront quant à eux acheter un titre équivalent dans leurs compagnies de transports régionaux, qui sera reconnu par les contrôleurs de TER Grand Est.

Un grand panel de trajets concernés

Déjà promis par la Région en avril, cet abonnement est disponible via le site de la SNCF, de la Deutsch Bahn ou de la Bwegt (réseau de transport du Bade-Wurtenberg). Une fois le pass acheté, les jeunes de moins de 28 ans peuvent prendre tous les TER et les bus du réseau Fluo côté français, ainsi que les IRE, RB, RE et S-Bahnen côté allemand.

Impossible par contre de voyager grâce à ce pass à bord des trains grande vitesse, tels que les TGV, ICE et IC. Les transports en communs des différentes villes ne sont pas non plus inclus dans les trajets illimités.

Dans un communiqué de presse, l’institution précise que pour être valable, le pass doit être présenté avec une carte d’identité ou un passeport.

Contre l’extrême droite, trois mobilisations et une réunion à Strasbourg cette semaine

Contre l’extrême droite, trois mobilisations et une réunion à Strasbourg cette semaine

Plusieurs collectifs se mobilisent cette semaine contre l’extrême droite à Strasbourg. En plus d’un rassemblement samedi 22 juin, deux marches dénonçant la montée de l’extrême droite se tiendront le lendemain.

À moins de deux semaines du premier tour des élections législatives, les manifestations contre l’extrême droite se poursuivent à Strasbourg. Après la mobilisation réunissant plus de 20 000 personnes lors de la marche des visibilités et contre l’extrême droite samedi 15 juin, deux nouveaux évènements sont organisés le week-end des 22 et 23 juin.

Samedi 22 juin, la délégation alsacienne de l’association SOS homophobie organise un rassemblement à 17h sur la place Kléber à Strasbourg. Elle appelle les associations, collectifs et organisations queer, féministes, de défense des droits humains et antiracistes à se rassembler pour dénoncer les idées et les dangers de l’extrême droite. Dans un communiqué, l’association détaille les motivations derrière cet appel au rassemblement :

« Dans un contexte d’augmentation significative des attaques à l’encontre des minorités, il est légitime et nécessaire de nous rassembler sur l’espace public pour afficher collectivement nos oppositions à l’arrivée possible de l’extrême droite au pouvoir à l’issue des élections législatives prochaines. »

Féministes contre l’extrême-droite

Des associations féministes, antifascistes, défenseures des droits des personnes LGBTQIA+ et des personnes racisées, des syndicats et des partis politiques signent un appel pour une manifestation contre l’extrême-droite, dimanche 23 juin à 15 heures. La manifestation partira de la place Kléber et se terminera devant le Palais Universitaire de Strasbourg.

En écho à l’appel lancé par 120 organisations à Paris, le mot d’ordre de la manifestation strasbourgeoise est « Contre l’extrême-droite, les femmes en première ligne ». Dans l’appel signé par une quinzaine d’organisations, les organisateurs appellent à « Sonner une alerte féministe contre l’extrême-droite » :

« Partout l’extrême-droite remet en question les droits des femmes, des LGBTQ+ et des personnes racisées […] Chaque jour le droit des femmes est remis en question, subissant déjà de plein les politiques libérales, l’inégalité salariale, les violences sexistes et sexuelles, entre autres. Avec l’extrême-droite au pouvoir, nos revendications ne seront pas exprimables et les contestations interdites, mais nos droits, conquis par nos luttes, nous seront ôtés. »

Une marche « apartisane » pour dénoncer la montée des partis d’extrême droite en Europe

Face à la montée du parti d’extrême droite allemand l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) et la victoire du Rassemblement national en France lors des élections européennes, l’association strasbourgeoise et « apartisane » EUR Future organise une marche franco-allemande contre la haine et les idées d’extrême droite, dimanche 23 juin. Le départ de la manifestation se fera à 14h depuis le pont Beatus-Rhenanus, une passerelle piétonne faisant face au pont de l’Europe au Port du Rhin, et se terminera place Kléber.

C’est la première action de la sorte organisée par les membres de cette association, créée en janvier. « Nous sommes une association apartisane, mais pas apolitique. Nous sommes contre l’extrême droite et leurs stéréotypes, leur racisme et leurs idées anti-européennes. » détaille Bella Beltaief, la fondatrice de l’association.

Dans un communiqué, l’association interdit aux personnes souhaitant participer à la marche « d’apporter des symboles politiques tels que des banderoles, drapeaux comprenant le logo de partis politiques. Nous souhaitons que cette marche soit un symbole d’unité et de solidarité, dépourvue de toute affiliation ».

Bella Beltaief précise cette position : « On ne peut pas se concentrer sur une cause commune si on ne laisse pas de côté nos revendications personnelles, nos égos. Il faut s’unir pour contrer la montée du fascisme en Europe. »

Mobiliser les quartiers populaires

Dans une autre forme de mobilisation, le tiers-lieu associatif du Wagon Souk, situé rue du Rempart à Strasbourg, organise une rencontre entre personnes engagées des différents quartiers populaires de la ville, jeudi 20 juin à 18h30. Les organisateurs de l’événement espèrent faire « réfléchir ensemble les participants sur les manières de se mobiliser, de participer au Nouveau Front populaire et de faire des propositions d’actions inter-quartiers ». Dans un post publié sur Facebook, le collectif du Wagon Souk affirme « vouloir faire exploser les compteurs de chaque bureau de vote en faveur de ce Front Populaire […] et faire front au racisme et à la Macronie. »

Au moment de la rédaction de cet article, les syndicats n’ont pas encore communiqué sur l’action qu’ils vont mener ce week-end. Nous mettrons à jour l’article dès que ce sera le cas.

Sur le Telegram d’un Alsacien « fier d’être néo-nazi », un fichage des gauchistes et des juifs

Sur le Telegram d’un Alsacien « fier d’être néo-nazi », un fichage des gauchistes et des juifs
Extraits de la conversation du canal « Discussion public Division aryenne française ». En fond, une photo du groupuscule de hooligans néo-nazis Strasbourg Offender.

Le canal Telegram « Division aryenne française » incite à la violence contre des militants de gauche. Le propriétaire du groupe est un jeune Alsacien. « Fier d’être néo-nazi », il estime que ses activités ne représentent pas « un réel danger pour la société ».

« Il est temps d’agir. Des ratonnades doivent avoir lieux (sic) dans les jours à venir. » Mardi 11 juin, un utilisateur dénommé « Panzer » diffuse un message sur plusieurs conversations de la messagerie Telegram. Il réagit aux manifestations contre l’extrême droite qui ont eu lieu partout dans le pays suite à la victoire du Rassemblement National (RN) aux élections européennes.

Panzer publie cette incitation à la violence dans plusieurs canaux dont il est le propriétaire, notamment « Division aryenne française ». Quelques jours plus tard, un autre utilisateur diffuse sur le même canal une liste des manifestations contre l’extrême droite ayant lieu en France les 14, 15 et 16 juin. Il a pour pseudo « Poliakov » et publie volontiers des photos de lui effectuant un salut nazi.

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Guillaume Krempp suit de près l’actualité des droites radicales à Strasbourg et en Alsace. Son travail dérange : en 2023, il a été menacé par les hooligans de Strasbourg Offender lors d’un rassemblement organisé par l’Action française.

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Vélorution et manifestation en soutien à la Palestine à Strasbourg, samedi 22 juin

Vélorution et manifestation en soutien à la Palestine à Strasbourg, samedi 22 juin
Les vélos des manifestants pourront être équipés de drapeau palestinien lors de la vélorution du samedi 22 juin.

Le collectif Palestine 67 organise une mobilisation pour dénoncer la situation dans la bande de Gaza, samedi 22 juin. Pour la première fois, la manifestation prendra la forme d’une vélorution, circulant à travers différents quartiers de Strasbourg. Le même jour, Strasbourg Palestine organise un rassemblement place Kléber.

Alors que de nouveaux bombardements de l’armée israélienne ont fait 25 morts dans la bande de Gaza mardi, le mouvement de soutien à la Palestine se poursuit avec une manifestation organisée par le collectif Palestine 67, samedi 22 juin à Strasbourg.

Si les revendications des organisateurs restent similaires aux manifestations des semaines précédentes, réclamant notamment un cessez-le-feu immédiat et la reconnaissance d’un État palestinien, la mobilisation prendra pour la première fois la forme d’une vélorution. Co-organisatrice de l’événement, Rachida Taïbi raconte la volonté :

« On cherche à innover dans nos modes d’actions. L’objectif est de sortir du centre-ville de Strasbourg pour aller toucher un public nouveau. La vélorution va nous permettre d’aller vers les gens des quartiers populaires, qui ne se déplacent pas forcément pour manifester. »

Le parcours est divisé en quatre étapes. Le rendez-vous est donné à partir de 9h15 sur la place de la Gare. « Des petits drapeaux palestiniens vont être attachés sur les vélos pour que la cause que l’on défend soit bien identifiée pendant notre trajet. On a aussi mis en vente des t-shirts jaunes pour gagner en visibilité. Et puis, ça donnera un air de Tour de France à la vélorution », sourit l’organisatrice.

Le Collectif Palestine 67 vend des t-shirts dont les recettes sont reversées à une collecte de fonds pour Gaza.

Plusieurs quartiers de Strasbourg traversés par le cortège

Dans la matinée, le cortège de vélos traversera les quartiers de Koenigshoffen, Cronenbourg, Hautepierre puis la Petite France avant de faire une pause place Dauphine, à proximité de Rivétoile, vers 13h. « Chaque participant doit prévoir son repas », précise Hervé Gourvitch, porte-parole du Collectif Palestine 67.

Après le déjeuner, le groupe de cyclistes doit se rendre sur la place Kléber, puis direction le quartier de l’Esplanade, pour remonter vers l’Orangerie, avant de s’arrêter place de l’Hippodrome au Port du Rhin pour 17h. « Pour ne pas laisser de côté les gens qui n’ont pas de vélo ou qui ne peuvent pas pédaler, nous allons faire un cortège mixte cycliste-piéton qui se rendra à Kehl par le Pont de l’Europe », explique Rachida Taïbi. La vélorution se terminera par un pique-nique à prix libre à partir de 18h au Jardin des Deux Rives.

Sur place, un stand d’information autour de la situation en Palestine et de la question palestinienne sera installé à partir de 15h. La question de la présence des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Paris et du boycott des entreprises et des produits provenant d’Israël sont au programme. « C’est scandaleux qu’un pays pratiquant un génocide participe aux JO », affirme Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine (CJACP).

Les organisateurs précisent que l’ensemble des recettes liées à cette manifestation seront reversées à une collecte de fonds pour Gaza, initiée par l’Union juive française pour la paix (UJFP).

Un rassemblement place Kléber

Le même jour à 14h, le collectif Strasbourg Palestine organise un rassemblement place Kléber « afin de dénoncer le génocide en cours en Palestine » et « en soutien aux enfants en Palestine ».

Comment le Nouveau Front populaire espère mobiliser au-delà de ses réseaux habituels

Comment le Nouveau Front populaire espère mobiliser au-delà de ses réseaux habituels
La campagne du Nouveau front populaire se fait dans l’urgence, en collaboration entre les partis.

Les groupes militants des partis de gauche fusionnent et accueillent des membres d’associations ou des personnes non encartées pour mener la campagne électorale du Nouveau Front populaire, dans l’urgence.

Quelques jours seulement pour convaincre. C’est l’immense défi du Nouveau Front populaire (NFP), avant le premier tour des élections législatives, dimanche 30 juin, face à la menace du Rassemblement national, arrivé en tête des élections européennes en France. Loin des tensions des états majors à gauche, les militants de terrain travaillent ensemble à Strasbourg. Dès le lendemain de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, les jeunes insoumis, socialistes, communistes, écologistes ou encore de Génération•s et de Place publique se sont réunis pour poser les bases de leur coopération.

« On a créé une boucle de discussion pour que les nouveaux militants nous rejoignent et se répartissent », rapporte Thomas Heap, cosecrétaire des jeunes écologistes d’Alsace :

« Nous sommes plus de 200 dessus, dont des personnes non encartées qui veulent aider, et des membres d’associations comme Oxfam, Extinction rébellion, Greenpeace, Alternatiba, Alsace Nature… »

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Grève à la CTS pour la Fête de la musique

Grève à la CTS pour la Fête de la musique

Les syndicats Unsa, CGT, Sud et CFDT appellent les conducteurs de la CTS à la grève à partir du 21 juin. Ils dénoncent des cadences de travail trop chargées et craignent les effets d’une modification de l’organisation des horaires.

Un mouvement social à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) commencera vendredi 21 juin, jour de la Fête de la musique. Les syndicats Unsa, Sud, CFDT et CGT ont déposé des préavis, pas tous sur les mêmes jours, mais qui courent du 21 au 30 juin, avec un deuxième temps fort le 26 juin pour le passage de la flamme olympique à Strasbourg.

« Nous n’avons aucune pause au moment des changements de cabine au terminus », commence Stéphane Daveluy, délégué syndical Unsa, le syndicat majoritaire à la CTS :

« En raison des retards, les cinq minutes de pause prévues à la fin d’une ligne n’existent plus, les conducteurs ne peuvent même pas aller aux toilettes. Nous demandons trois minutes supplémentaires au terminus, simplement pour avoir le temps de passer d’une cabine à l’autre dans de bonnes conditions. »

Un changement d’organisation

Autre revendication des syndicats : un potentiel changement des cycles de travail des conducteurs. « Nous avons mis en place 21 cycles d’horaires spécifiques qui conviennent à la plupart des conducteurs », explique Cédric Chapeau, secrétaire général de la CGT-CTS :

« L’Eurométropole (qui finance la CTS, NDLR) souhaite augmenter les fréquences avec un tram toutes les 7 minutes pour chaque ligne, même le dimanche. La direction générale a donc besoin d’une réorganisation du planning de travail. Nous craignons que des cycles moins arrangeants, avec des cadences intenables, soient imposés. Cela faisait plusieurs années que l’on travaillait pour améliorer la situation et ces efforts sont balayés. »

L’Unsa rapporte aussi « un management agressif » au sein de l’entreprise. « Depuis 2021, six syndicalistes de l’Unsa, de la CGT, de la CFDT, se sont retrouvés devant le conseil des prud’hommes (juridiction saisie pour les conflits entre employeur et salarié, NDLR) », expose Stéphane Daveluy.

Sans solution face à l’insécurité, les enseignants du collège Stockfeld à nouveau en grève

Sans solution face à l’insécurité, les enseignants du collège Stockfeld à nouveau en grève
Les enseignants et les assistants d’éducation mobilisés au collège du Stockfeld, mardi 18 juin.

La majorité des enseignants du collège du Stockfeld sont à nouveau en grève, mardi 18 juin. Ils dénoncent le manque d’organisation et l’insécurité au sein de l’établissement. Selon la délégation qui a rencontré le directeur académique des services au rectorat, aucun engagement concret n’a été pris.

Plus d’une vingtaine d’enseignants et d’assistants d’éducation (AED) sont rassemblés sur le parking du collège du Stockfeld, mardi 18 juin. Tous dénoncent l’insécurité et la désorganisation de l’établissement. Ce matin, une nouvelle journée de grève a été votée en assemblée générale par le corps enseignant, trois semaines après la précédente qui avait provoqué la fermeture complète de l’établissement. « Sur la soixantaine de professeurs qui travaillent au collège, seulement quatre ou cinq assurent leurs cours ce mardi », affirme Dominique Haquette, professeur de mathématiques et délégué CGT Éduc’action.

La veille au soir, une délégation a rencontré le directeur des services de l’Éducation nationale (Dasen) au rectorat de l’Académie Strasbourg. « Nous sommes sortis déçus de cette rencontre. On a reçu un soutien moral, mais aucun soutien matériel, aucun engagement concret, aucune réponse pour l’année prochaine. Ce niveau de désorganisation et d’insécurité ne passe plus », affirme le syndicaliste.

Morgane Lecoustey, enseignante en histoire-géographie et représentante du syndicat Sgen-CFDT, détaille la situation au sein du collège :

« Nous avons des collègues qui nous disent que leur angoisse, c’est l’interclasse, quand ils marchent dans le couloir. C’est dans ces moments là que les problèmes de sécurité sont les plus importants. De la 6e à la 3e, il y a une violence délirante qui n’est pas encadrée. Soyons clairs, c’est l’encadrement qui a changé, pas les élèves. Il faut absolument marquer un coup d’arrêt face à la situation. »

Les syndicats réclament un renfort pour la direction

Les syndicats pointent notamment des moyens insuffisants et les conditions de travail difficiles pour les surveillants. Les 27 et 28 mai, le collège a fermé car tous les AED étaient en arrêt maladie suite à l’agression verbale d’un de leurs collègues quelques jours plus tôt. « Quatre d’entre nous sont encore en arrêt aujourd’hui. Les élèves ne voient pas de conséquences quand leurs actions dépassent les bornes, et nous, on ne peut pas aller plus loin », soupire un membre de l’équipe des assistants d’éducation. Plus de la moitié des AED affirment qu’ils ne reviendront pas au collège du Stockfeld à la rentrée.

Parmi les revendications des syndicats, l’arrivée urgente d’un personnel de direction supplémentaire. « La semaine dernière, le collège a ouvert pendant deux jours sans direction, la principale et son adjointe étaient en arrêt. On ne sait toujours pas comment vont se dérouler les épreuves du brevet le 1er juillet, nous n’avons pas de convocation, pas de planning », expose Dominique Haquette. En deux ans, le collège du Stockfeld a connu trois principaux adjoints différents. Le personnel demande également le classement en Réseau d’éducation prioritaire (REP+) de l’établissement pour avoir davantage de surveillants et de CPE.

Un préavis de grève déposé dès la rentrée

« Clairement, on attend du concret, des réponses sur l’organisation pour l’an prochain. On ne veut pas de réponse politique, on veut des moyens supplémentaires », tonne le représentant de la CGT Éduc’action. « Tout ça ne peut plus durer, nous voulons une année sereine pour 2024-2025 », poursuit Morgane Lecoustey. Les représentants des syndicats annoncent qu’ils déposeront un préavis de grève dès la rentrée de septembre pour toute l’année si aucun changement n’est garanti par le rectorat.

Le choix de la poursuite de la grève sera voté lors d’une assemblée générale au matin du mercredi 19 juin. Les syndicats ont déposé un préavis jusqu’au 7 juillet. Contacté par Rue89 Strasbourg, le rectorat de l’académie a rappelé par écrit les mesures temporaires mises en place :

« Le conseiller technique vie scolaire est en appui de l’équipe de direction pour la bonne organisation des opérations de fin d’année. L’équipe mobile de sécurité est sur place pour assurer les missions de la vie scolaire et garantir la sécurité des élèves, et le sera tant que nécessaire. »

L’évacuation du squat La Pigeonne demandée par les propriétaires

L’évacuation du squat La Pigeonne demandée par les propriétaires
Me Schweitzer s’est adressé aux personnes venues soutenir l’association après l’audience.

Lors d’une audience mardi, les propriétaires de la maison de Cronenbourg occupée par une association d’aide aux femmes et personnes queer en situation de vulnérabilité ont demandé leur évacuation.

Les propriétaires de la maison occupée par le squat La Pigeonne, au 25 rue des Pigeons à Cronenbourg, demandent son évacuation au tribunal judiciaire de Strasbourg. En février 2020, un collectif avait occupé cette maison de trois étages construite en 1911, inoccupée depuis 2008, pour en faire un lieu d’accueil et d’entraide pour femmes et personnes queer.

Mardi 18 juin, Me Olivier Pernet est intervenu pour la famille Helfrich en demandant au juge des contentieux et de la protection de constater des voies de fait :

« Au moins depuis février 2020, le bâtiment est squatté après une entrée dans les lieux par effraction. Les barillets des serrures ont été changées et des accès ont été murés. Il s’agit d’une occupation sans droit ni titre. Il n’y a pas de bail, pas de loyer. Par ailleurs, nos tentatives pour entrer en contact avec les occupants n’ont provoqué aucune réaction, même chose après une mise en demeure, d’où notre démarche devant cette juridiction. »

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« J’ai perdu toutes mes affaires » : la préfecture a fait évacuer le camp du Glacis

« J’ai perdu toutes mes affaires » : la préfecture a fait évacuer le camp du Glacis
L’évacuation du camp du Glacis a eu lieu vers 6h ce mardi 18 juin.

Vers 6h mardi 18 juin, la préfecture a fait évacuer le camp du Glacis. Une cinquantaine de sans-abris vivaient sur place. Ibrahima n’était pas présent au moment de l’opération. Il a perdu toutes ses affaires.

Devant l’imposante Kriegstor, une fortification allemande à l’entrée du parc du Glacis, Ibrahima échange quelques mots avec des gendarmes. Il est 9h passé ce mardi 18 juin. Le sans-abri de 53 ans vient d’apprendre que le camp du Glacis a été évacué par les forces de l’ordre au petit matin, vers 6h. Ibrahima est interdit d’accéder au parc pour récupérer sa tente : « Je n’ai jamais été prévenu de cette évacuation. Normalement on donne la date et l’heure et on peut se préparer. Comment je vais faire pour récupérer mes papiers ? J’ai plus de deux ans de papiers dans ma tente. »

En réponse, un gendarme indique vaguement à Ibrahima que des « agents de la préfecture » seraient présents de l’autre côté du parc. Quelques minutes plus tôt, un autre gendarme affirmait que les services de la préfecture avaient quitté les lieux.

Ibrahima n’était pas informé de l’évacuation du camp. Il a perdu toutes ses affaires. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Une cinquantaine de personnes ont été évacuées du camp du Glacis. Dans un communiqué de presse, la préfecture affirme que l’opération a eu lieu en « exécution de la décision de justice prononcée le 30 mai 2024 par le tribunal administratif de Strasbourg ». Elles ont été amenées au gymnase du Heyritz. « Une évaluation de la situation des personnes sera réalisée pour permettre une prise en charge adaptée à chaque situation. » Certaines risquent d’être acheminées vers des centres visant à leur faire accepter un retour dans leur pays d’origine.

Une politique inhumaine et inefficace

Cette évacuation rappelle une lettre ouverte adressée à la préfecture, à la Collectivité européenne d’Alsace et à la Ville de Strasbourg. Signée des associations Secours populaire et Médecins du Monde, le courrier dénonce une « politique inhumaine et inefficace » :

« Face aux personnes sans-abris et ces familles qui n’aspirent qu’à avoir un toit sur la tête et mener une vie paisible, la seule réponse apportée est d’attendre une décision de justice pour mener une opération d’évacuation par la police après des mois d’enlisement et d’aggravation des situations des personnes (notamment en termes de santé, scolarité, insertion…). »

Dans un communiqué, la maire de Strasbourg avait assuré qu’elle partage ce constat des deux associations. Jeanne Barseghian (Les Écologistes) avait « réitéré [sa] demande de créer un comité de suivi rassemblant l’État, les collectivités et les associations de terrain ».

Du côté du tribunal administratif, le président Xavier Faessel a estimé qu’il est du ressort de la municipalité de mieux préparer ces évacuations. À l’heure d’écrire ces lignes il est encore trop tôt pour évaluer si l’évacuation du camp du Glacis s’est faite différemment des dernières opérations. Après l‘expulsion des sans-abris dans un camp de la Meinau, mi-avril, de nouvelles tentes étaient installées au même endroit à peine quelques semaines plus tard.

Le bilan de la préfecture

Dans un communiqué envoyé en milieu d’après-midi, la préfecture du Bas-Rhin a fait le bilan suivant de l’évacuation :

« Au total, 42 personnes ont été évacuées et prises en charge dont :
– 26 personnes orientées vers des hébergements répartis dans le Grand Est
– 5 demandeurs d’asile orientés vers des hébergements dédiés
– 3 personnes ont été prises en charge par la Police aux frontières
8 personnes n’ont pas souhaité être prises en charge. »

Des agriculteurs manifestent pour recevoir leurs aides environnementales

Des agriculteurs manifestent pour recevoir leurs aides environnementales
Un cortège d’une douzaine de tracteurs s’est rendu devant la sous-préfecture de Molsheim, lundi 17 juin.

Une trentaine d’agriculteurs du Bas-Rhin, adhérents des syndicats productivistes, se sont rassemblés devant la sous-préfecture de Molsheim, lundi 17 juin. Ils réclament à l’État le versement de leurs aides financières pour les mesures environnementales, attendues depuis le 15 mars.

Un cortège d’une douzaine de tracteurs se gare devant la sous-préfecture de Molsheim en début d’après-midi, lundi 17 juin. Sous une légère pluie, une trentaine d’agriculteurs de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Bas-Rhin (FDSEA 67) et du syndicat des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin s’installent sous un barnum, dans la bonne humeur.

Ils manifestent pour réclamer le versement de leurs « mesures agro-environnementales et climatiques » (MAEC) pour l’année 2023, c’est à dire des aides financières censées compenser les pertes de rendement dues à une agriculture biologique. Celles-ci rémunèrent aussi des pratiques favorables à l’environnement et à la biodiversité réalisées par les agriculteurs, comme un fauchage tardif pour la préservation de la faune et de la flore dans les zones humides par exemple.

En parallèle du rassemblement, une délégation a rencontré le sous-préfet de Molsheim, Thierry Rogelet.Photo : Dorian Mao / Rue89 Strasbourg

Le 30 janvier, alors en pleine mobilisation du secteur agricole, le Premier ministre Gabriel Attal avait promis le versement de ces compensations pour le 15 mars. Le directeur de la FDSEA du Bas-Rhin, Yohan Lecoustey, détaille :

« Plus tôt dans l’année, l’État a rétropédalé pour nous annoncer que le versement des MAEC était reporté au 15 juin à cause d’un problème avec le logiciel. On est le 17 juin, et beaucoup d’agriculteurs n’ont toujours rien reçu. C’est totalement lunaire. Ces aides représentent des dizaines de milliers d’euros pour certains. »

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin réclament un paiement de l’intégralité des MAEC à chaque agriculteur du département au plus tard le 5 juillet.

Une rencontre avec le sous-préfet de Molsheim

L’ambiance est détendue, mais les échanges sont sérieux devant la sous-préfecture. « Aujourd’hui c’est une action pacifique, mais si ça continue de traîner, on fera d’autres actions qui le seront sûrement un peu moins« , sourit Christian Woellenschlaeger, agriculteur céréalier à Seltz, syndiqué à la FDSEA 67. L’agriculteur de 55 ans a fait une heure de route pour venir manifester son mécontentement :

« C’est la première fois qu’il y a autant de retard. Ces aides financières représentent près de 30% de mon chiffre d’affaires annuel. J’ai été obligé de négocier des reports de paiement pour plusieurs factures. Il faut que ça tombe, la situation n’est pas tenable. »

Christian Woellenschlaeger, 55 ans, est agriculteur depuis 22 ans à Seltz.

Parmi les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin présents au rassemblement, nombreux sont ceux qui ont des exploitations de montagnes. C’est le cas de Nicolas Kreis, éleveur de bovins et de chevaux à Bourg-Bruche :

« Avec nos petites parcelles, c’est difficile d’être compétitif. On ne peut pas vivre de nos productions avec les prix des marchés, donc on a besoin de ces aides pour couvrir nos charges. Elles sont vitales pour nous, on est à flux tendu tout le temps ».

Lui attend un versement de près de 8 000 euros de la part de l’État. Il reproche le « deux poids, deux mesures » de l’institution lorsqu’il s’agit de régler les factures :

« De notre côté, on n’a pas le droit a des délais pour payer la Sécurité sociale ou reverser la TVA. Ce serait la moindre des choses d’être payé à l’heure pour quelque chose qu’on a déjà fait depuis plus de six mois ».

Nicolas Kreis, 46 ans est membre des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin et éleveur de bovins et de chevaux à Bourg-Bruche.

La crainte d’un nouveau report avec les élections législatives

Les élections législatives anticipées font craindre aux agriculteurs un nouveau report du versement des aides. « C’est clair que les dossiers doivent être bouclés avant le 7 juillet ou alors on va devoir encore attendre longtemps. Il ne va rien se passer pendant plusieurs semaines le temps que le nouveau ministre soit nommé, qu’il arrive en poste et que tout se remette en route » estime Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67.

À l’occasion de ce rassemblement, une délégation mêlant des représentants des syndicats agricoles, de la fédération des agriculteurs bio d’Alsace (OFABA) et deux agriculteurs du Bas-Rhin ont rencontré le sous-préfet de Molsheim, Thierry Rogelet, et Ludovic Paul, le directeur adjoint de la Direction départementale des territoires (DDT), dans les locaux de la sous-préfecture. Au sortir de la réunion, aucun engagement n’a été pris par les services de l’Etat. « Il reste encore une centaine de dossiers à traiter dans le Bas-Rhin pour les aides MAEC. On va suivre l’évolution de ce chiffre pendant quinze jours et on refera le point. On espère que ce coup de pression va porter ses fruits », conclut le président du FDSEA 67. Pour le moment, aucune nouvelle mobilisation ou mise en demeure de l’État n’est prévue par ces syndicats agricoles.

Au centre funéraire de Strasbourg, deux corps incinérés par erreur avant les adieux des familles

Au centre funéraire de Strasbourg, deux corps incinérés par erreur avant les adieux des familles

En janvier, deux crémations ont eu lieu avant les cérémonies prévues par les familles des défunts au centre funéraire de Strasbourg. Deux erreurs qui s’inscrivent dans une longue liste de dysfonctionnements liés à des problèmes de communication et de gestion au sein de la structure publique.

Le 11 janvier 2024, Olivier Gérard a eu la désagréable mission d’annoncer à une famille en deuil qu’elle ne pourrait pas voir le cercueil du défunt entrer dans les flammes, comme elle l’avait demandé. « Quand nous sommes arrivés au centre funéraire de Strasbourg, nous avons appris qu’il n’y avait plus rien à accompagner », se souvient ce patron de pompes funèbres, amer. Le corps avait déjà été crématisé.

Mises devant le fait accompli, les pompes funèbres Gérard ont choisi d’évoquer pudiquement qu’un « problème technique » avait empêché la visualisation. « À la place, nous avons organisé une cérémonie de recueillement dans un des salons funéraire du centre, avec l’urne, pour pouvoir quand même offrir un temps d’accompagnement aux proches du défunt », poursuit Olivier Gérard.

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À Mommenheim, le Syndicat des eaux contraint d’installer un filtre à pesticides

À Mommenheim, le Syndicat des eaux contraint d’installer un filtre à pesticides
Les points de captage de Mommenheim procurent de l’eau à 50 communes.

Les concentrations en chloridazone dépassent le seuil réglementaire au point de captage d’eau potable de Mommenheim. Le SDEA est en phase de test avant l’installation, en 2028, d’un filtre à charbon pour dépolluer l’eau des 30 000 personnes alimentées.

Les pompes du centre de traitement de l’eau potable de Mommenheim émettent un bruit assourdissant, mardi 11 juin. « Il s’agit d’un de nos sites les plus importants », affirme Valérie Savey, responsable maîtrise d’ouvrage du Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA). Ici, pour la première fois dans la plaine d’Alsace, l’établissement public implantera des filtres à charbon en 2028. L’installation abreuve les quelques 30 000 habitants de 50 communes bas-rhinoises, de Wingersheim au Sud, à Kirrwiller au Nord.

Sur les sept puits de Mommenheim, deux ne sont plus en fonction à cause d’une trop forte pollution aux nitrates et autres intrants agricoles.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

Visibles depuis la station, sept points de captage se dressent dans des prairies où une dizaine de cigognes vaquent à leurs occupations. Les agriculteurs n’ont pas le droit d’utiliser de pesticides directement à cet endroit. Ils plantent de l’herbe et de la luzerne pour nourrir le bétail. Mais malgré ce périmètre de protection rapproché de 170 hectares, l’eau produite à Mommenheim n’est plus dans les normes.

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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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En Alsace, petits efforts face à la pollution de l’eau par les pesticides

En Alsace, petits efforts face à la pollution de l’eau par les pesticides
Les eaux de ruissellement entrainent les pesticides vers la nappe phréatique.

L’Agence de l’eau et le Syndicat des eaux (SDEA) sont préoccupés par la contamination aux pesticides de la nappe phréatique. Ils tentent, dans l’urgence, de pousser le monde agricole à changer ses pratiques.

« Il n’y a ni modélisation, ni document interne sur l’évolution à prévoir de la qualité de la nappe phréatique. Nous sommes observateurs, comme tout le monde. » Franck Hufschmitt est chargé, pour le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA), d’impulser des actions de préservation de cette immense réserve d’eau souterraine – elle alimente 5,6 millions de personnes. Il reconnait que l’avenir de l’état de la ressource est flou, celle-ci étant massivement polluée par les pesticides.

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À Strasbourg, le Nouveau Front populaire propulsé par une forte mobilisation

À Strasbourg, le Nouveau Front populaire propulsé par une forte mobilisation

Samedi 15 juin à Strasbourg, la manifestation contre l’extrême droite organisée par les syndicats a offert une rampe de lancement inespérée pour le Nouveau Front populaire, l’alliance des partis de gauche pour les élections législatives anticipées. D’autant que dans le cortège LGBTQ, deux fois plus important, beaucoup de slogans appelaient également à faire barrage au Rassemblement national.

Finalement, il n’a pas plu et de toutes façons, ce ne sont pas quelques goutes qui auraient refroidi les ardeurs des dizaines de milliers de personnes venues manifester samedi 15 juin à Strasbourg. Toujours sous le double choc d’une dissolution de l’Assemblée nationale prononcée au moment où l’extrême droite progresse jusque dans les villes, de nombreuses personnes s’étaient promis de manifester poing levé contre l’extrême droite. Ils étaient 3 000 selon la police, 10 000 selon les syndicats et environ 8 000 selon les observations de Rue89 Strasbourg.

Place de la République, les manifestants ont été accueillis par les élus et les candidats du tout nouveau Front populaire, l’alliance inespérée à gauche formée dans la hâte au soir de la dissolution. Malgré de nombreuses fractures, des fossés parfois, elle est parvenue à présenter des candidats uniques dans chacune des 577 circonscriptions en moins d’une semaine pour les scrutins des 30 juin et 7 juillet. Parmi eux, Sandra Regol, députée écologiste sortante et candidate du Nouveau Front populaire (NPF) à Strasbourg centre. Elle a scandé aux manifestants « on se réveillera le 8 juillet dans une France de gauche ! »

Jeanne Barseghian a rappelé la gravité de la situation politique dans une brève allocution.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

La CGT, qui organisait la manifestation, a ensuite passé la parole à Emmanuel Fernandes, député insoumis qui se représente à Strasbourg – sud et au candidat investi par le NPF à Strasbourg – nord, le socialiste Thierry Sother. Après ces discours de campagne, c’est à la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qu’il est revenu d’inscrire la manifestation dans la gravité du moment : « Ce que nous redoutions depuis des années est arrivé : l’extrême droite aux portes du pouvoir, 80 ans après la libération de Strasbourg du joug nazi. »

Les discours ont mis un peu de baume au cœur des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises de gauche, encore sonnés par les résultats du dimanche 9 juin.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg / cc

Si le cortège a mis un peu de temps à démarrer, c’est parce qu’il attendait le départ de l’autre manifestation du jour, la Marche des visibilités. Organisée depuis 22 ans comme point d’orgue du mois des fiertés, en hommage aux émeutes de Stonewall en juin 1969 aux États-Unis qui ont permis aux minorités sexuelles de dénoncer les discriminations qu’elles subissaient, la Marche a accueilli entre 15 et 20 000 participants.

Le retour de la politique à la Pride

Malgré les efforts d’une partie de ses organisateurs pour l’exclure du contexte politique, une bonne partie des personnes qui ont manifesté ont arboré des slogans hostiles à l’extrême droite, voire appelant à voter pour le Nouveau Front populaire. Une partie du cortège, appelée pink bloc, a même tenu à affirmer la convergence des luttes entre le combat contre l’extrême droite et l’avancée des droits des personnes LGBTQI.

Le pink bloc s’est imposé entre les cortèges pour visibiliser l’importance pour les minorités sexuelles d’empêcher une arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Aux sons diffusés à pleins volumes par les chars sponsorisés par des lieux nocturnes de Strasbourg, la Marche des visibilités s’est élancée dans cette ambiance de club de nuit en plein jour qui lui est familière.

Le cortège syndical a pris la suite, probablement entraîné par la bonne humeur et la joie qui régnaient dans la Pride. Mais les poings levés ont vite repris le dessus, notamment lorsque des rumeurs ont fait état de présence de groupes d’extrême droite aux abords du cortège.

Les deux cortèges se sont dispersés vers 17h, place Kléber pour la manifestation contre l’extrême droite, place de l’Université pour la Marche des visibilités. Des syndicats ont annoncé leur volonté de se mobiliser dans les prochains jours dans les entreprises, les usines, les administrations et même en porte à porte partout en Alsace, pour dénoncer l’imposture sociale du Rassemblement national et appeler à voter en faveur du Nouveau Front populaire.

Le philosophe strasbourgeois Jacob Rogozinski, en lutte contre « l’inhospitalité »

Le philosophe strasbourgeois Jacob Rogozinski, en lutte contre « l’inhospitalité »
Jacob Rogozinski à Strasbourg.

Professeur émérite de philosophie à l’Université de Strasbourg, Jacob Rogozinski publie L’Inhospitalité aux éditions du Cerf, une exploration des racines de la xénophobie.

Jacob Rogozinski est né en France, de parents qui ont fui la Pologne après avoir survécu à la Shoah. Devenu français avant ses parents grâce au droit du sol, il connait deux ou trois choses sur les migrations et l’intégration, et s’interroge sur ce qu’il est advenu de ce pays autrefois accueillant. Rencontré au centre ville de Strasbourg le lendemain de la victoire du Rassemblement national aux élections européennes, Jacob Rogozinski espère ainsi « payer sa dette à la France ».

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#Philosophie

Plus de 20 000 personnes à la Marche des visibilités et contre l’extrême droite à Strasbourg

Plus de 20 000 personnes à la Marche des visibilités et contre l’extrême droite à Strasbourg

La Marche des visibilités a été suivie d’une manifestation contre l’extrême droite samedi 15 juin. Plus de 20 000 personnes ont participé aux deux cortèges, dont une partie était à la fois politique et festive. Au cœur des cortèges, la rédaction de Rue89 Strasbourg a suivi toute la mobilisation en direct.

C’est la fin de ce compte-rendu en direct. Merci à toutes et à tous de l’avoir suivi.

Rue89 Strasbourg est un média engagé dans la lutte contre les discriminations et contre l’extrême droite. Soutenez notre travail en optant pour un abonnement, 5€ par mois seulement ou 25€ pour un an avec le code « urgence », valable jusqu’au 30 juin.

La Marche des visibilités est en train de se disperser place de l’Université.

Vanessa, présidente de Flag, une association de personnels LGBT du ministère de la Justice et de l’Intérieur. Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc

Vanessa préside l’association nationale des personnels LGBT du ministère de l’Intérieur et de la Justice, Flag. Elle détaille :

« Nous avons développé une application de signalement pour les violences et accompagner les victimes même si elles ne portent pas plainte. Nous sommes des policiers, gendarmes et sapeurs professionnels, des magistrats aussi. Chaque infraction doit être correctement caractérisée, avec les aspects homophobes s’il y a lieu, nous apportons notre expertise pour que ce soit le cas et que les victimes soient satisfaites du service public. Dans nos fonctions, nous avons un devoir de réserve, mais nous savons qu’il est temps d’être solidaire et on se battra jusqu’au bout pour nos droits. »

La Marche des visibilités approche de son terme place de l’Université.
Flora, 25 ans : « Quand j’écris diaspora sur ma pancarte je pense aux personnes noires, car le racisme ne s’arrête pas aux portes de la communauté LGBTQI. Je ne m’y suis pas identifiée tout de suite alors que je suis queer moi aussi. Dans les prochaines semaines, j’aimerais voir des partis anticoloniaux mis en avant, que les autres se rendent compte de la honte de leurs ambivalence. »Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc
Jean Michel Delay, de l’union départementale CGT : « On est très satisfait. Cette manifestation de 10 000 personnes rien que pour les organisations syndicales envoie un signal fort. Pour des tas de militants de gauche qui pensaient que les jeux étaient pliés, on voit que la victoire du Front populaire est possible, pour nos revendications : la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires… Maintenant il faut mobilier massivement dans les entreprises, les usines, les services publics. J’appelle aussi nos militants syndicaux à convaincre leurs voisins, tout le monde, dans chaque quartier, pour faire voter les abstentionnistes. Moi j’habite à Brumath où le RN était premier aux européennes, je vais aller faire du porte à porte. On a 1 200 syndiqués CGT sur ce secteur, déjà tous à convaincre du caractère décisif de cette élection. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Place Kléber, la CGT prononce la fin de la manifestation contre l’extrême droite :

« Quel plaisir de voir aujourd’hui la jeunesse, les écolos, les LGBT, les quartiers, les communistes, les socialistes, les écolos, les cégétistes. On sera toujours là, toujours mobilisés. Bravo la jeunesse antifasciste. Bravo, on va gagner ! Il ne faut pas se résigner. »

La Marche pour les visibilités doit se terminer place de l’Université.

Le cortège contre l’extrême droite arrive place Kléber.
Tom est un militant engagé auprès de Alternatiba Strasbourg.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Pour Tom, militant d’Alternatiba Strasbourg, l’engagement pour le Front populaire est acté dans sa formation écologiste :

« On utilise nos réseaux de communication dans ce sens et on met nos ressources au service du mouvement. On appelle nos militants à participer aux actions de promotion du Front populaire. Moi je l’ai fait hier avec LFI à la Meinau. On le fait un peu partout où on peut. Pendant la vélorution de demain, on sera aussi présents. Notre expertise est dans les actions de désobéissance civile. On réfléchit à mettre cela au service du Front pop’, sans être des boulets pour la campagne. Le fait qu’il y ait une union, c’est une très bonne chose. Vu les régressions sous Macron, une taxation des super profits, une rénovation thermique des bâtiments, des services publics de transport, une réduction du temps travaillé, une planification écologique… On restera vigilant après les élections pour que tout soit respecté et que ça aille plus loin. »

Une personne lance des œufs sur les manifestants de la Marche des visibilités depuis sa fenêtre.
Ce qui n’empêche pas le cortège de continuer à avancer…
Tom, militant du NPA-Révolutionnaire.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Tom, 25 ans, est un militant du NPA-Révolutionnaire, une formation qui n’appelle pas à voter pour le Nouveau front populaire et qui présente même un candidat dans la 2e circonscription de Strasbourg. Selon lui, le NPA-R est présent dans les deux cortèges, car la formation « défend les travailleurs et qu’il y a des personnes queer parmi eux. Nous ne donnons aucune consigne de vote mais c’est important de combattre ensemble l’extrême droite. »

Pour Tom, « c’est dans la rue que les travailleurs et les précaires doivent lutter » et ce sont les manifestations qui devraient amener à la création du Front populaire, et « pas l’inverse comme maintenant. »

Le début de la Pride est arrivé place Broglie.

La fin du cortège contre l’extrême droite est encore porte de l’Hôpital.

Entre 12 et 25 000 participants

Laurent Feisthauer, secrétaire général CGT du Bas-Rhin, qualifie de succès la mobilisation d’aujourd’hui. Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

Selon Laurent Feisthauer, secrétaire général CGT du Bas-Rhin, 10 000 personnes ont participé au cortège contre l’extrême droite. Il y voit « un vrai succès, engageant pour la suite, d’autant qu’il y a en même temps la Marche des visibilités dans laquelle il y a une partie de notre public. »

Les journalistes de Rue89 Strasbourg sur place évaluent à 8 000 personnes la participation à la manifestation contre l’extrême droite et à 13 000 celle de la Marche des visibilités.

La police évalue à 3 000 personnes la participation à la marche contre l’extrême droite et à 8 000 celle de la Marche des visibilités.

Véronique, militante de la fédération nationale équipement environnement de la CGT : « Être présente à une manifestation contre l’extrême droite fait partie de ce que je défends comme valeurs avec la CGT : humanisme, liberté, acceptation de tous… Donc je tiens à être présente, visible dans la Marche des fiertés pour montrer aux jeunes et à toutes les personnes de ce cortège qu’on les soutient, en particulier dans le contexte de montée du RN. Leurs droits sont menacés. Il ne faut pas rester indifférent. »
Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
Théophile (à droite), 17 ans et cosecrétaire du mouvement des jeunes communistes, est dans le pink bloc de la Marche des visibilités. « Depuis toujours, le Parti communiste a été à l’avant garde de la défense des minorités, et donc des LGBTQ. Je ne défile pas avec les syndicats aujourd’hui mais avec la Pride car la politique, ce n’est pas que des élus, c’est aussi des gens dont il faut rester proche. J’ai été fier et heureux de l’union de la gauche, enthousiaste qu’on arrive à s’organiser malgré nos différences. Il en sort un programme qui est pertinent et qui prend en compte la défense des minorités. J’ai compris les réticences au début à s’unir, mais ce n’est pas le moment de chercher à qui la faute après la Nupes. L’histoire jugera de notre division ou de notre unité, c’est ce qui importe aujourd’hui. »
Clément Soubise, du syndicat CGT cheminots et candidat dans la 2e circonscription du Bas-Rhin : « On a beaucoup de collègues qui votent RN. On leur distribue des tracts et on leur dit qu’il va falloir combattre l’extrême droite tous les jours depuis une semaine et on va continuer. On sait qu’il est notre ennemi même s’ils n’a pas encore de programme précis sur la SNCF. Par contre ce qu’on peut dire qu’ils votent contre l’augmentation du Smic, contre l’amélioration des conditions de travail du personnel soignant… C’est un vrai poison parce qu’ils utilisent la colère sociale des travailleurs en la dirigeant vers d’autres travailleurs. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
Les deux cortèges se rejoignent.
Lily (à gauche) 25 ans de Mulhouse et Anaelle (à droite) de Sélestat. Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc

Lily :

« Je suis queer et je revendique mes droits. Le lendemain des élections européennes j’ai eu peur, je me suis sentie mal. On en parle avec mon grand père qui a fait la guerre et qui ne comprend pas que l’extrême droite monte à ce point. La Pride est une façon de se rassembler, d’être ensemble. À Mulhouse je ne sortirais pas comme ça, je n’y fais pas la Pride par peur des agressions. »

Anaelle :

« Je suis en colère et je me sens impuissante. Ce qui me ferait du bien, c’est de continuer à voir que la communauté de gauche et queer se mobilise, qu’on partage massivement des informations sur le programme du RN sur les réseaux sociaux. »

Antoine, 20 ans, étudiant : « Le résultat des élections européennes m’a fait un choc. Il y avait les sondages mais malgré tout, plus de 30%, ça a mis une ambiance très froide chez moi dans le salon. Je me suis dit que ca allait recommencer comme en 39, les discours contre les étrangers, contre les femmes, et maintenant contre les trans… Les jeunes ne votent pas, ils ont du mal à faire confiance aux partis et je les comprends ! On ne sait jamais si les promesses seront tenues ou si ce sont juste des paroles. Je suis peu politisé mais ça m’a fait plaisir de voir le Nouveau front populaire. Je ne sais pas si je leur fais confiance mais je n’ai pas le choix, je préfère ça au RN. Je veux pouvoir continuer à vivre en France et que mes droits soient protégés. Je vais leur faire confiance une dernière fois, je n’ai pas le choix et j’ai besoin d’espoir. Pour le futur, je veux un programme politique clair et médiatisé. Car j’ai le sentiment qu’on ne parle que de la montée de l’extrême droite, comment et pourquoi. Encore une fois on ne parle pas assez de la gauche ! »Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc
Le pink bloc en amont de la Marche des visibilités arrive à Porte de l’hôpital.
Xavier Sengelen, maraicher à la ferme de Truttenhausen et militant de la Confédération paysanne : « Ce mouvement est l’occasion de convaincre les agriculteurs qui seraient indécis de rejoindre ce Front populaire, par rapport à leurs problématiques de revenu, en proposant des mesures comme la réglementation sur les prix d’entrée des produits en France, ou la régulation des marchés internationaux, changer les règles de la PAC pour qu’elle soutienne l’agroécologie. On discute avec les élus de La France insoumise et d’autres partis de gauche qui sont très à l’écoute de ce qu’on porte. C’est en négociation interne mais on réfléchit à comment aller voir nos collègues sur les exploitations pour en parler. On peut imaginer une caravane qui se déplacerait d’exploitation en exploitations. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
Amar Ladraa, secrétaire général de la fédération métallurgie Grand Est de la CGT : « on prévoit des distribution de tracts et des réunions dans les entreprises, quand c’est possible en intersyndicale. On appelle tous les élus et militants, la priorité c’est de sensibiliser, dans toutes les entreprises où on sait que certains votent RN, les salariés sur la réalité du programme antisocial du RN. Ils doivent aller voter pour le Front populaire les 30 juin et 7 juillet. »
Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
Barbara est journaliste, adhérente au Syndicat national des journalistes (SNJ) : « Je suis dans le pink bloc, on mène la Pride. Je suis d’extrême gauche et j’aime le côté festif de la Pride mais l’heure est grave. Il faut se battre. Dans le pink bloc il y a des jeunes, mobilisés sur plusieurs luttes sociales, dont les droits des LGBTQI mais plus radicaux que le reste de la Pride, même si on reste festifs ! Ça fait un moment que je sens l’extrême droite qui monte, ça ne m’étonne plus mais je suis agréablement surprise par la mobilisation de gauche. S’il n’y avait pas eu le pink bloc, je serais allée manifester avec les syndicats. »Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc

Ce compte-rendu en direct mobilise quatre journalistes. Soutenez ce travail en optant pour un abonnement. C’est 5€ seulement par mois, voire 25€ l’abonnement annuel jusqu’au 30 juin avec le code promo « urgence ».

Avant le char de FestiGays, environ 1 000 personnes composent le « pink bloc », derrière, plus de 5 000 personnes agitent des drapeaux multicolores.
Gabriella Carraud – co présidente de la section strasbourgeoise du Syndicat des avocats de France : « Nous sommes là tant que nos conditions de travail et les droits de nos clients sont menacés, en droit du travail, des étrangers et plus globalement des minorités. Si l’aide juridictionnelle est supprimée, ça détériorera nos conditions de travail et l’accès aux droits fondamentaux. Notre profession est attachée à l’État de droit et c’est ce principe qui garantit l’indépendance de la justice, nos conditions d’exercice et les libertés fondamentales. »Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc
La pride débute : « Et on oublie pas, qu’est ce qu’on fait le 30 juin ? » La foule répond en cœur : « On vote ! ». Sur fond sonore de Let the sun shine.
Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc
Fabien,39 ans : « Si le RN arrive au gouvernement, statistiquement des gens vont mourir. Ils vont se faire tabasser par d’autres qui se sentent déjà légitimés par l’extrême droite, ils seront isolés et le taux de suicide augmentera, l’éducation sexuelle sera diminuée. Donc on se bat contre lors de la pride qui est une manifestation politique depuis ses débuts. Ce qui se passe entre deux personnes est éminemment politique, je suis content que le Nouveau front populaire existe, c’était pas gagné. Et je veux qu’on arrête de dire qu’on est ni de droite ni de gauche : on sait très bien que seules les personnes d’extrême droite disent ça .”Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg / cc
Yeliz Gencer, suppléante du candidat Marc Ruhlmann pour le Front populaire de la circo 67-5 à Sélestat : « Je suis issue de la société civile, militante associative du Chaudron des alternatives. J’ai décidé de m’engager il y a une semaine face à la menace fasciste. Je trouve que la dynamique du Front populaire crée un vrai engouement. C’est une action politique différente. On a l’impression qu’on porte vraiment quelque-chose d’énorme, et qu’on peut gagner. Au niveau de Sélestat, plein de bonnes volontés sont venus nous voir spontanément pour aider. Les gens se retroussent les manches, et pas forcément des personnes politisées. Ça fait du bien. Pour moi l’enjeu dépasse toute modulation fine, unis, on peut contrecarrer le RN et sortir par le haut avec un vrai projet de société. Le programme sorti dans l’urgence nous satisfait vraiment. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a pris la parole avant le lancement de la Marche des visibilités.
Catherine Trautmann, ancienne ministre, maire de Strasbourg et députée européenne : « pour faire barrage il faut se rassembler. Je me réjouis qu’on se rassemble y compris avec La France insoumise parce que la montée du RN dépasse nos clivages, qui sont de l’ordre du débat démocratique. On doit défendre nos valeurs fondamentales. C’est essentiel d’être là, ensemble. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc
Esther Bauer, adhérente Solidaires : « On sera parti prenante de toutes les actions syndicales et citoyennes, voire des collectifs qui vont se mettre en place. On organise des stages pour conscientiser les travailleurs sur les dangers de l’extrême droite pour eux. Actuellement on communique partout, et on va organiser des tours de nos entreprises et administrations pour militer et dire “pas une voix pour le RN, pas une voix pour Macron, pas une voix pour la droite”. »Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

C’est la fin des prises de parole, le cortège contre l’extrême droite se met en route depuis la place de la République, à la suite de la marche des visibilités, qui doit partir de la place de la République. Le camion de la CGT diffuse une techno sur laquelle sont scandés « siammo tutti antifascisti ».

Si les galeries ci-dessous s’affichent mal, rechargez la page.

La place de la République se remplir alors que les nuages s’alourdissent.

La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (Les Écologistes), a pris la parole avec un discours offensif rappelant le danger que fait peser l’extrême droite sur les droits des minorités sexuelles. Elle a rappelé que Strasbourg avait été libéré du « joug nazi il y a 80 ans ».

Jeanne Barseghian sur le camion de la CGT.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Camille, 26 ans, salariée : « C’est la première fois que je me mobilise en dehors du fait d’aller voter. Depuis une semaine j’ai rejoint un groupe d’action, on tracte et on colle pour le Nouveau front populaire. Ça me fait peur la montée de l’extrême droite, je ne me reconnais pas dans ses valeurs donc c’est le moment de faire plus que juste d’aller voter. »
Maxime – président de Tolérance Haguenau  : « C’est la première année que nous avons un stand. Nous sommes la seule asso de soutien aux personnes LGBTQ en Alsace du Nord, donc nous sommes trop sollicités. Les commerces et les passants peuvent déjà être réticents lorsqu’on tracte pour notre association, donc nous nous concentrons sur le fait de proposer un espace accueillant à celles et ceux qui en ont besoin. La politique vient après, on n’en parle pas forcément. »
Plusieurs élus de gauche et des candidats du Nouveau front populaire sont présents place de la République. Photo : Thibault Vetter

Et c’est parti pour ce compte-rendu en direct des deux manifestations ! Les prises de parole ont débuté place de la République.

Plus de 25 000 personnes sont attendues pour une manifestation d’ampleur à Strasbourg ce samedi 15 juin. Du côté de l’organisation de la marche des visibilités, le collectif Festigays annonce jusqu’à 20 000 participants. Le défilé aux couleurs de l’arc en ciel partira de la place de l’Université à 14h. Suivra un second cortège de taille : celui de la manifestation contre l’extrême droite à l’appel de syndicats, collectifs et autres partis politiques du Nouveau Front Populaire. La CGT du Bas-Rhin attend bien plus de 5 000 personnes pour cette manifestation.

L’équipe de Rue89 Strasbourg est mobilisée dès le début d’après-midi pour vous permettre de suivre en direct la mobilisation à près de deux semaines du premier tour des élections législatives anticipées.