Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Baptiste Rey, expert de l’observatoire des eaux souterraines d’Alsace : « Le contrôle sanitaire n’est pas à jour sur les métabolites »

Baptiste Rey, expert de l’observatoire des eaux souterraines d’Alsace : « Le contrôle sanitaire n’est pas à jour sur les métabolites »

Reconnaissance tardive de leur toxicité, interdiction relative, stockage dans les sols… Baptiste Rey, hydrogéologue au sein de l’observatoire des eaux souterraines d’Alsace, revient sur les enjeux liées aux métabolites de pesticides présents dans l’eau potable.

En théorie, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’Anses) applique le principe de précaution en fixant un seuil réglementaire minimal pour les résidus de pesticides – aussi appelés métabolites – présents dans l’eau potable. Pour maintenir la distribution d’eau, l’Agence de santé est désormais contrainte de le faire sauter et d’appliquer de nouveaux seuils.

Ainsi, en 2022, lorsque l’Alsace était exposée à une concentration trop élevée des métabolites du S-métolachlore, l’Agence décide de rehausser les seuils réglementaires pour faire disparaître le problème. Rebelote un an plus tard : par un arrêté préfectoral du 7 août 2023 concernant des communes de l’ouest de Strasbourg, c’est au tour des seuils concernant les résidus de chloridazone d’être revu à la hausse. Selon l’Agence européenne des produits chimiques, ces herbicides sont tous deux suspectés d’être cancérogènes.

Dans une étude publiée en 2016, l’Observatoire de la nappe phréatique d’Alsace (Aprona) révèle l’ampleur des concentrations de ces métabolites. Entretien avec Baptiste Rey, hydrogéologue en charge de ces questions à l’Aprona.

Rue89 Strasbourg : L’année dernière, les seuils des métabolites du S-métolachlore ont été rehaussés. Cette année, il s’agit des métabolites du chloridazone… Peut-on s’attendre à une amplification de ces dérogations dans les prochaines années ?

Baptiste Rey : L’augmentation de ces dérogations se fera en fonction de l’avancée des connaissances en la matière, de la mise à jour des métabolites que l’on surveille et de leurs classifications (s’ils peuvent ou non engendrer un risque sanitaire pour le consommateur NDLR). Comme les listes du contrôle sanitaire de l’Anses évoluent et ont plutôt tendance à s’allonger, la difficulté d’atteindre une eau conforme augmente de fait.

Si on prend l’exemple du chlorothalonil, des études suisses ont mis en lumière une forte présence de ces métabolites dans les eaux souterraines. On s’en est ensuite préoccupés en France. Le contrôle sanitaire n’est pas à jour sur les métabolites qui poseront problème à l’avenir.

En quoi le contrôle sanitaire n’est pas à jour sur ces métabolites ?

Avant, on ne cherchait pas ces métabolites et on ne savait donc pas qu’ils étaient présents. Et puis, entre la prise de conscience de la contamination, la commande des études jusqu’à leurs analyses et enfin, l’application de mesures correctives, il y a toujours un certain temps de réaction. Sachant que les laboratoires doivent avoir les bons outils pour les analyser, eux aussi ont besoin de temps pour développer des méthodes afin de rechercher ces métabolites de manière fiable. Tout ça est très long. Il faut bien avoir en tête que la prise en compte des métabolites est un phénomène nouveau. On ne s’intéresse à ces substances que depuis quelques années.

On en sait très peu sur la réelle toxicité des pesticides, dont proviennent les métabolites. On sait encore moins de chose en ce qui concerne les métabolites d’ailleurs. Peut-on malgré tout établir une toxicité similaire ?

Justement, c’est exactement ce qui est étudié ! Lorsqu’un métabolite garde un niveau d’activité proche que celui de sa substance d’origine, soit lorsque la molécule chimique conserve les mêmes propriétés ou des propriétés comparables, c’est ce qui va en faire un métabolite pertinent (et donc engendrer un risque sanitaire pour le consommateur NDLR). Lorsque l’Anses manque de connaissances pour évaluer son potentiel toxique, elle le classe également comme pertinent.

Baptiste Rey, hydrogéologue à l’Aprona. Photo : Document remis

Comment se fait-il que l’on retrouve toujours des traces de pesticides déjà interdits d’usage ?

Sur certains secteurs, le sol peut avoir un rôle d’éponge où les métabolites sont stockés pendant un temps avant d’être écoulés. On le voit par exemple pour l’atrazine, la championne de la persistance. Encore aujourd’hui, on en retrouve dans les échantillons que l’on teste, 20 ans après son interdiction. Ça veut bien dire qu’il y a eu ce stock dans les sols et dans la nappe phréatique. Les prélèvements réalisés en Allemagne, qui avait interdit ce pesticide avant nous, révèlent seulement depuis peu des concentrations moins importantes. Mais le processus reste très lent.

Si les autorités sanitaires se réservent une marge aussi considérable entre le seuil réglementaire et le seuil à ne pas dépasser, ne serait-ce pas en définitive pour s’assurer de ne jamais avoir à couper l’eau courante ?

Ce n’est pas impossible, en effet… Une molécule est interdite puis est remplacée par une autre avant que l’on ne se rende compte qu’elle pose les mêmes problèmes. L’histoire se répète finalement. Avec des réglementations de plus en plus strictes dans l’Union européenne (pour l’autorisation de mise sur le marché d’un pesticide NDLR), un effort est fait pour réduire la persistance des pesticides dans nos sols. Mais à côté de ça, leurs molécules se dégradent plus vite en métabolites, donc je ne sais pas si c’est mieux. C’est pour ça qu’on en retrouve de plus en plus et qu’on est à l’ère des métabolites. En fait, le produit ne peut pas ne pas se dégrader, on le retrouve forcément en sous-composés. Comme on dit, rien ne se perd, tout se transforme.

En prenant l’exemple du S-métolachlore, les consignes d’utilisation recommandait de ne pas utiliser ce pesticide dans des secteurs où l’on se sert de la nappe phréatique pour produire de l’eau potable. Mais dans les faits il était impossible de respecter cette recommandation. À partir du moment où l’on met des substances chimiques dans l’environnement, dans les eaux profondes ou superficielles, elles nous échappent.

La solution la plus utilisée aujourd’hui est de diluer l’eau avec une eau non-contaminée afin de rentrer dans les seuils réglementaires. Peut-on s’attendre à une contamination généralisée d’ici les prochaines années ?

On a longtemps pensé que les couches profondes de la nappe phréatique étaient un sanctuaire. C’est d’ailleurs pour ça que les forages utilisés pour produire de l’eau potable sont généralement assez profonds, où l’eau est moins contaminée. Au fil du temps, une diffusion de ces métabolites s’établit quand même. Il y a un voyage à l’horizontale de ces substances mais aussi à la verticale. Qui plus est, pomper en profondeur crée une aspiration et modifie l’écoulement local de la nappe, siphonnant en quelques sortes ces composés chimiques, à l’origine retrouvés en surface.

Avec l’Aprona, nous avons réalisé des campagnes de mesure en profondeur. Certes, il y a une gradation de la contamination : plus on est en surface, plus c’est contaminé. Mais on a aussi relevé qu’il y avait des métabolites qui commençaient à être présents dans les zones plus souterraines. Si l’interconnexion (permettant la dilution NDLR) utilise des eaux de forage profond – qui à l’origine étaient préservées mais ne le sont plus aujourd’hui – fatalement, on risque de réduire la disponibilité qualitative de nos ressources en eau potable.

Comment peut-on protéger la nappe phréatique de ces contaminations ?

Il faut comprendre que l’Aprona n’est pas une structure qui est à même de se positionner sur des solutions. Notre rôle est d’observer pour sensibiliser et soumettre derrière aux autorités compétentes les problèmes que nous identifions dans la nappe phréatique. Après, c’est du bon sens et c’est loin d’être un secret : restreindre les usages et interdire les molécules responsables de la production de ces métabolites demeurent les solutions les plus efficaces.

Et puis derrière, il ne faut pas que la substitution d’un pesticide interdit engendre la même problématique. L’atrazine a été remplacé par l’acétochlore, qui a ensuite été remplacé par le S-métolachlore… On baigne dans ce cercle vicieux depuis des années, et on voit bien que la substitution ne résout rien. La solution serait de ne pas utiliser des substances problématiques à proximité des systèmes aquifères vulnérables, soit favorables à la pénétration d’intrants du type pesticides ou de leurs métabolites. Idéalement, il faudrait raisonner en fonction de ça.

L’Aprona est en train de réaliser une nouvelle étude, d’autres métabolites sont ils pris en compte ?

Oui, nous allons prendre en compte d’autres métabolites en plus des 24 testées pour l’étude de 2016. Par exemple, nous avons rajouté le chlorothalonil qui a été largement retrouvé dans les eaux souterraines suisses.

Nous comptons également faire de l’analyse non ciblée, ce qui permettrait de détecter davantage de molécules au sein d’un même échantillon. Une analyse ciblée restreint le nombre de molécules identifiables dans un même échantillon, alors que cette méthode permet de détecter nettement plus de molécules. Ça nous donnera une idée du chantier qui est derrière et une perspective sur la réalité de la contamination de nos ressources en eau.

Pour l’instant, nous ne voyons peut-être que la partie émergée de l’iceberg. On ne trouve que ce que l’on cherche finalement.

Les bourses aux vélos reprennent le dimanche 3 septembre au Neudorf

Les bourses aux vélos reprennent le dimanche 3 septembre au Neudorf

Les bourses aux vélos redémarrent avec la rentrée. Tout se déroule en une journée : les ventes auront lieu le matin et les achats l’après-midi, à la halle du marché du Neudorf.

Après la période de vacances, la première « bourse aux vélos » de l’année scolaire se tiendra le dimanche 3 septembre à la halle du marché de Neudorf. L’événement est organisé par le CADR 67 en partenariat avec Vélostation.

Le dépôt de vélo pour la vente a lieu de 9h à 12h. Chaque bicyclette sera contrôlée avant l’enregistrement et 2€ seront demandés au moment du dépôt. Une fiche sur l’état du vélo et les éventuelles réparations à faire sera réalisée dans la foulée. « On ne récupérera que les vélos en état de fonctionnement. Le but est qu’une personne puisse repartir avec l’après-midi », explique Fabien Masson, directeur de CADR 67.

Les vélos alignés dans la halle du marché du Neudorf. Photo : remise par CADR67

Deux-roues bradés en fin de journée

Chaque année, près de 400 vélos sont déposés, principalement des vélos de ville, mais également des VTT, vélos de route et bicyclettes pour enfants. « Le choix des vélos dépend de ce qu’on nous a apporté le matin même. Depuis quelques années, on reçoit des vélos à assistance électrique ou même des vélo-cargos, mais c’est plus rare », raconte le directeur de CADR 67.

La vente aura lieu de 14h à 17h par chèque, espèces ou carte bancaire. Les derniers vélos invendus seront bradés à -10% ou bien restitués, de 17h à 18h.

La deuxième bourse aux vélos de la rentrée est prévue le 24 septembre. « Les prochaines éditions auront lieu en mars ou avril mais la date n’est pas encore définie », précise Fabien Masson.

Rassemblement évangélique en Moselle : les chasseurs s’invitent dans le dispositif de sécurité

Rassemblement évangélique en Moselle : les chasseurs s’invitent dans le dispositif de sécurité

Mercredi 23 août, la Fédération départementale des chasseurs de Moselle a annoncé que la gendarmerie nationale « souhaitait associer » les chasseurs à la surveillance du rassemblement évangélique tzigane prévu la première semaine de septembre. Pourtant, 400 gendarmes sont attendus sur les lieux et la préfecture nie avoir fait appel à la fédération.

lI y a le bon chasseur et le mauvais chasseur. Le bon chasseur, il voit quelque chose et il tire. Le mauvais chasseur, il voit quelque chose et il tire aussi. Mais c’est un mauvais chasseur. En Moselle, à en croire la Fédération départementale, il n’y a que de bons chasseurs. Preuve en est, l’ensemble des pratiquants de cynégétique sont sollicités par leur fédération pour appuyer les forces de l’ordre mobilisées pour le rassemblement tzigane évangélique de début septembre.

Photos : Guillaume Boivin

Les chasseurs locaux associés à la surveillance

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Violences sexistes à la faculté de théologie : trois ans d’interdiction d’enseigner pour le maître de conférences

Violences sexistes à la faculté de théologie : trois ans d’interdiction d’enseigner pour le maître de conférences

La décision disciplinaire à l’encontre de Michaël Langlois, maître de conférences en théologie protestante, accusé par une dizaine d’étudiants de comportements déplacés, a été publiée cette semaine à l’Université de Strasbourg. Il a interdiction d’y enseigner pendant trois ans.

Le dossier « Langlois » avait été signalé à l’Université de Strasbourg dès le 9 décembre 2021 par le Clasches – Collectif de lutte contre le harcèlement sexiste dans l’enseignement supérieur. Après 13 longs mois d’attente et de relances de la part du collectif, l’Université avait enfin décidé de l’ouverture d’une section disciplinaire, le 20 janvier 2023 (soit quelques jours après le premier contact pris par Rue89 Strasbourg avec l’Unistra à ce sujet).

Cette formation juridictionnelle interne, placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, est chargée de juger le comportement d’un employé et d’évaluer l’atteinte qu’il a pu causer au bon fonctionnement de l’établissement, selon le Code de l’éducation et le Code général de la fonction publique mais également en fonction d’une enquête interne et des témoignages collectés par les plaignants (ici le Clasches).

13 témoignages contre Michaël Langlois, un an et demi d’enquête interne

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La municipalité chahutée par les parents de l’école incendiée Marguerite Perey

La municipalité chahutée par les parents de l’école incendiée Marguerite Perey

Partiellement incendiée durant l’été, l’école Marguerite Perey restera close en septembre. Lors d’une réunion publique tumultueuse lundi, les élues et le personnel encadrant ont tenté de rassurer des parents fébriles.

Rien qu’à l’oreille, on peut flairer le succès d’une réunion publique ; celle réunissant les parents d’élèves de l’école primaire Marguerite Perey, lundi 28 août, n’y déroge pas. Tout commence doucement, pianissimo, alors que les familles attendent studieusement les explications sur l’organisation de la rentrée scolaire. Une semaine plus tôt, le mardi 22 août, ils découvraient dans un mail de la mairie que l’établissement de leurs enfants resterait fermé à cause de trois départs d’incendies, provoqués en réaction à la mort de Nahel durant l’été. Nocive pour la santé, la suie imprégnerait encore une partie des murs et du mobilier.

Une heure plus tard, c’est la cacophonie. Entre les indignations du public, les appels au silence venant de l’estrade et le vacarme des enfants, difficile de suivre. L’explication des élues de la Ville, des directrices d’école et du personnel de l’Académie de Strasbourg n’auront pas convaincu l’audience. Plusieurs parents dénoncent le manque de consultation, la communication tardive et les difficultés d’adaptation à l’organisation décidée pour la rentrée. 

Le gymnase de l’école élémentaire Wurtz était rempli par environ 200 personnes. Photo : RG / Rue89 Strasbourg/ cc

Redéploiement tactique des enfants

À l’estrade, la directrice académique adjointe des services de l’Éducation nationale, Valérie Bistos, se voulait pourtant rassurante. « Ce soir, nous voulons que vous soyez rassurés et éclairés dans la réorganisation que nous avons mis en place. » L’adjointe à la maire chargée de l’éducation, Hülliya Turan, renchérit : 

« L’ensemble des partenaires sont présents pour offrir la scolarité la plus agréable possible pour les enfants. Toutes les conditions sont réunies pour que les enfants réintègrent l’école Marguerite Perey après la Toussaint. »

L’élue référente du quartier, Christelle Wieder. Photo : RG / Rue89 Strasbourg/ cc

La directrice de l’école Marguerite Perey, Nathalie Amman, rappelle l’organisation de la rentrée : les quinze classes de l’élémentaire Marguerite Perey vont être réparties entre les écoles Wurtz et Langevin :

« La constitution des classes ne bougera pas, elles resteront les mêmes. Et concrètement, elles s’ajouteront aux classes des autres écoles. Dans une salle, il y aura donc deux fois treize enfants. »

Soit 26 élèves encadrés par deux instituteurs qui feront classe ensemble. « C’est quelque chose que l’on fait régulièrement dans d’autres contextes, comme dans les dernières semaines du CE1, pour habituer les enfants à être plus nombreux dans une pièce, » indique Nathalie Amman.

Cette organisation d’urgence allonge les temps de trajets pour les parents. Suivant l’endroit où ils habitent, cela peut représenter une dizaine de minutes supplémentaires pour déposer leurs enfants. Là aussi, la directrice se veut rassurante : 

« Nous avons pris ça en compte, nous décalons de dix minutes toutes les sonneries. Désormais, les portes s’ouvriront à 8h30 et les enfants démarreront à 8h40, puis ils finiront à 12h10, etc. »

« Je suis déçue de la façon dont vous gérez les difficultés »

Après cette dernière annonce, le public s’agite soudain. Dès que le micro commence à circuler, Aida s’en saisit et n’hésite pas à être directe : 

« On est à quelques jours de la rentrée et vous nous mettez face au fait accompli. J’aurais aimé qu’on soit consulté, on a des délégués pour ça. Et puis, pour les parents qui travaillent le matin, une minute, c’est une minute. Comment on fait, quand on a un enfant qu’on doit déposer à la maternelle Perey (qui reste ouverte NDLR) et d’autres à Wurtz ou Langevin ? Je suis déçue de la façon dont vous gérez les difficultés. »

Une longue acclamation appuie son propos, alors que les encadrants font la moue. La directrice de l’école Perey évoque timidement la constitution d’un « pédibus » – un ramassage scolaire à pied – que les parents pourraient mettre en place eux-mêmes. Hülliya Turan tente un retour au calme : 

« Si on n’a pas le silence, on ne pourra pas se comprendre. Et si cette réunion se tient maintenant, c’est parce que nous étions en plein été, on ne pouvait pas prévenir les parents plus tôt. »

La directrice de l’école élémentaire Marguerite Perey, Nathalie Amman. Photo : RG / Rue89 Strasbourg / cc

« Ça compte, ces minutes en plus »

En parallèle, les professeurs accrochent aux murs des affiches avec la composition des classes. Dans les minutes qui suivent, les parents désertent progressivement leurs chaises pour voir ces listes et des enfants commencent à gambader dans le gymnase. Après environ une heure de discussion, dans le brouhaha, la fin de la réunion est actée.

Venue avec sa fille, Myriam reste déçue à la fin de la séance : 

« On était assis derrière, on n’entendait pas tout. Et pour la rentrée, j’aurais aimé qu’on nous demande à quel établissement on souhaite être transférés, pour moi c’est plus rapide d’aller à Langevin. Je commence à bosser à 9h à l’hôpital d’Hautepierre et je n’ai pas de voiture, ça compte ces minutes en plus. »

Myriam travaille à l’hôpital d’Hautepierre et doit déposer sa fille tous les matins. Photo : RG / Rue89 Strasbourg / cc

Pour économiser du temps, plusieurs parents auraient souhaité que les enfants soient accompagnés vers l’école. « La Ville aurait pu mettre en place un pédibus, plaide Yasmine. L’église du quartier le fait pour accompagner les enfants qui vont vers l’aide aux devoirs de la paroisse, ça ne me paraît pas si difficile à organiser. Si on avait consulté les parents, on aurait pu leur suggérer. » 

Belinda abonde, en insistant sur la sécurité des enfants : « Il y a un petit qui s’est fait heurter par une voiture à vélo dans la rue devant, juste avant l’été. Pour moi, il y aura deux rues à traverser, je ne peux pas envoyer mon fils seul. »

Aux origines de la grève à Clestra, une reprise opaque et agressive par le groupe Jestia

Aux origines de la grève à Clestra, une reprise opaque et agressive par le groupe Jestia

« Clestra : une résistance ouvrière » – épisode 3. En grève depuis le 3 juillet, les ouvriers de Clestra dénoncent une gestion autoritaire et opaque de leur nouveau propriétaire. Enquête sur les méthodes agressives du groupe Jestia.

Près de deux mois de grève pour les ouvriers de Clestra. Plus le mouvement social dure, plus la lutte est difficile. Employé au pôle assemblage de l’usine d’Illkirch-Graffenstaden, Philippe a dû renoncer à ses vacances au Portugal pour fêter l’anniversaire de sa belle-mère. D’autres salariés de l’établissement s’interdisent désormais toute sortie depuis le début de l’été. Et puis il y a ceux dont le compte en banque a viré au rouge ou s’en approche dangereusement. Ils multiplient les stratégies de survie. Les enfants envoyés chez les grands-parents, c’est une bouche en moins à nourrir comme l’explique Sylvain Fasseur, qui a lancé une banque alimentaire pour les collègues les plus en difficulté. Malgré tout, les ouvriers de Clestra continuent de se battre, pour dénoncer les méthodes opaques et agressives de leur repreneur Jestia et pour sauver leurs emplois.

Jeudi 3 août, les salariés de Clestra manifestaient avec un message clair à l’intention de leur repreneur. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Un projet de rupture conventionnelle collective

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À Strasbourg, les communistes démontent les zones à faibles émissions « antisociales »

À Strasbourg, les communistes démontent les zones à faibles émissions « antisociales »

Les universités d’été du PCF sont l’occasion pour les militants de se former à travers les conférences et autres cours magistraux dispensés par des chefs de section thématique, cadres du parti et universitaires. Les débats sur la stratégie et les propositions attendront. 

Depuis vendredi 25 août, les abords de l’Université de Strasbourg reprennent vie, après plusieurs semaines de vacances estudiantines. Pour la deuxième année consécutive, le Parti communiste français (PCF) a choisi d’établir son campus de rentrée dans l’université alsacienne.

Comme en période scolaire, les couloirs de la fac grouillent à chaque intercours de militants, pressés par le temps et ne disposant que de quelques minutes pour trouver leurs amphithéâtres respectifs, rebaptisés pour l’occasion du nom de figures du communisme.

Des universités studieuses

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Devant le tribunal, des kilos de cannabis, de cocaïne et des AK47 entre Strasbourg et Bruxelles

Devant le tribunal, des kilos de cannabis, de cocaïne et des AK47 entre Strasbourg et Bruxelles

Le tribunal correctionnel de Strasbourg doit juger neuf prévenus de trafic de drogue mardi 17 et mercredi 18 octobre, après une enquête de plusieurs années menée par la police entre Strasbourg et Bruxelles, de 2019 à 2022. Récit au cœur d’une petite bande.

Tout commence en janvier 2019, lorsque les policiers de la sûreté départementale sont prévenus que Clémence fournit de la résine de cannabis à son compagnon détenu à la prison d’Oermingen, Outhmaine, lors de leurs séances de parloirs. Les policiers arrêtent la jeune femme à la gare de Strasbourg en possession de 80 grammes de résine de cannabis estampillée « PSG ». Ils perquisitionnent son domicile à la Meinau et là bingo : 305 g de la même résine dans un placard, une balance, des cartes SIM mais surtout 60 kg de résine de cannabis dans deux « valises marocaines » placées dans le coffre d’une Peugeot 307 garée dans le parking.

Transport et trafic de drogues, détention d’armes de guerre

À partir de là, l’enquête change de dimension puisque les policiers ont le sentiment d’avoir accès au produit d’un trafiquant, et non plus seulement de consommateurs. Les investigations dureront près de deux ans et mèneront les policiers strasbourgeois jusqu’à Bruxelles et Paris. À l’issue, neuf personnes sont prévenues de divers chefs d’inculpation allant de détention, transport et trafic de drogues, et détention d’armes de guerre pour deux d’entre eux. L’audience doit se tenir devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, de mercredi 30 à jeudi 31 août.

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Les jardins familiaux du Hochweg envahis par la fourmi Tapinoma magnum

Les jardins familiaux du Hochweg envahis par la fourmi Tapinoma magnum

Les jardins familiaux de Hochweg, dans le quartier Cronenbourg, sont devenus pénibles pour leurs locataires, qui se font mordre par une espèce de fourmi invasive, la Tapinoma magnum. La Ville de Strasbourg est pour l’instant sans solution.

Au sol, ça grouille. Sur les murets, ça grouille. Sur les arbres, ça grouille … Dans les jardins du Hochweg à Cronenbourg, à peine le pied posé au sol, des dizaines de petites fourmis grimpent dessus. Cette fourmi, c’est la Tapinoma magnum. La 75e espèce de fourmis recensée en Alsace en 2023. Originaire des régions méditerranéennes, cette fourmi de petite taille aime les climats chauds et les terres arides.

« C’est une espèce de fourmi très réactive, qui peut parfois mordre », indique Christophe Brua, président de la Société alsacienne d’entomologie. « Je ne vais même plus dans les jardins, s’exclame Giovanna, locataire d’une parcelle des jardins du Hochweg, Elles sont partout, elles vous grimpent dessus, elles mordent, elles pincent ! »

Les Tapinoma magnum se baladent par millions dans les jardins familiaux de Hochweg Photo : Adélie Trimbour / Rue89 Strasbourg / cc

« N’étant plus dans son habitat naturel, cette espèce prend le pas sur les autres fourmis car elle n’a pas de prédateur naturel dans la région », explique Christophe Brua. Envahissante, la Tapinoma magnum crée de « super colonies » pouvant s’étendre sur plusieurs dizaines d’hectares. « Elles s’attaquent à tout », détaille Giovanna, exaspérée. « Elles tuent les autres espèces, elles détruisent les potagers, mangent nos fruits… C’est infernal. »

Les fourmis prennent d’assaut les figuiers… Photo : AT / Rue89 Strasbourg / cc
… qui finissent par pourrir de l’intérieur Photo : AT / Rue89 Strasbourg / cc

« Il y a deux ans, les fourmis ont commencé à arriver et après, ça s’est emballé. En un an, leur présence a été exponentielle. Aujourd’hui, les 37 parcelles des jardins sont infestées, l’envergure de la colonie est incroyable », affirme Giovanna, dépitée qui craint qu’elles « finissent par sortir des jardins et, lorsqu’elles seront arrivées dans les habitations autour, ce sera une véritable catastrophe ».

Une espèce très difficile à combattre

« C’est une espèce très résistante et lorsqu’on essaie de l’éradiquer, les autres espèces de fourmis peuvent en souffrir également », rapporte Christophe Brua qui rappelle que « dans un écosystème à faible biodiversité, plus on tente de l’éradiquer, ce qui détruit les autres espèces et la végétation alentour, plus on crée un environnement adéquat à son développement ».

Giovanna, après de nombreuses tentatives, a fini par abandonner :

« J’ai essayé toutes sortes de produits. J’ai commencé par les poudres anti-fourmi qu’on peut trouver sur le marché, sans succès. Ensuite, j’ai répandu un mélange de sel et de sucre, le sucre attire la fourmi et le sel la tue. Mais toujours aucune amélioration. J’ai également tenté de déverser de l’eau bouillante dans les fourmilières pour atteindre la reine, mais ça n’a pas fonctionné non plus. Elles sont tenaces… »

Les fourmis se baladent sur la poudre anti-fourmi installée par un voisin de parcelle de Giovanna et son époux Photo : AT / Rue89 Strasbourg / cc

Selon Christophe Brua, pour en venir à bout, « il faut procéder à une action réfléchie et ciblée ». Première étape : définir la zone dans laquelle la Tapinoma magnum est présente. Ensuite, trouver la fourmilière et faire entrer un insecticide. « Le spinosad peut être très efficace contre ces fourmis », affirme l’entomologiste qui détaille :

« Le meilleur moyen, c’est de mettre un piège près de la fourmilière. Un appât sucré, dans lequel on mélange le spinosad. Les fourmis ouvrières vont venir le collecter et le ramener dans la fourmilière, la détruisant de l’intérieur. »

Mais le spinosad, un neurotoxique, n’est pas sans conséquence pour le reste de l’environnement.

Sentiment d’abandon des locataires

Depuis l’été 2022 au moins, les locataires des jardins familiaux essaient d’alerter la Ville de Strasbourg à propos de cette invasion. « J’ai tenté plusieurs fois d’avoir la responsable des jardins familiaux au téléphone », précise Giovanna, « mais sans succès. J’ai écrit un mail en juillet, qui est toujours sans réponse. »

Un silence incompréhensible pour la jardinière du dimanche, qui relève :

« On est en colère parce qu’à la moindre haie mal taillée ou pelouse non tondue, on reçoit un rappel à l’ordre de la Ville par courrier dans la foulée. Et pour un problème aussi handicapant, il ne se passe rien, tout le monde s’en fout. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a aucune réaction de la Ville. On nous laisse nous débrouiller seuls mais on est complètement dépassés. »

La Ville de Strasbourg affirme que la responsable des jardins s’est rendue sur place dès le lendemain de l’alerte. Le 27 mai, Henry Callot, entomologiste co-auteur de la Liste de référence des fourmis d’Alsace et expert auprès des Musées de Strasbourg, était aux jardins du Hochweg pour constater la présence de la fourmi Tapinoma magnum pour la Ville mais Giovanna, comme ses voisins de parcelle, n’en savait rien.

Une réaction trop lente de la Ville de Strasbourg

À en croire Christophe Brua, qui a l’habitude de travailler avec la Ville sur ces problèmes, cette inaction n’a rien d’étonnant :

« Il y a toujours eu une lenteur et un manque de réactivité de la Ville de Strasbourg sur ces questions. Déjà avec le moustique tigre, les premières alertes datent d’une dizaine d’années et ce n’est que depuis un an ou deux que des opérations d’envergure sont menées. »

Pourtant, d’après lui, le meilleur moyen de lutter contre ces espèces invasives, c’est « d’être le plus réactif possible à l’apparition des premiers foyers ».

Contacté par Rue89 Strasbourg, le service des Espaces Verts et de la Nature (SEVN) de la Ville de Strasbourg a répondu par écrit avoir contacté la plateforme « Espèces exotiques envahissantes du Grand-Est » pour « solliciter de l’aide » mais en vain :

« La plateforme nous a informé que Tapinoma magnum n’est pas identifiée comme une espèce exotique envahissante prioritaire en région Grand Est et que, par conséquent, elle ne peut intervenir. La collectivité continue de chercher des solutions pour endiguer la propagation de l’espèce. »

Désemparés, Giovanna et son mari pensent de plus en plus à laisser leur jardin :

« C’est trop de travail et beaucoup trop d’inconvénients. Jardiner, c’est censé être un plaisir mais là, on ne peut plus rien faire… Ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire bouger les choses. »

Selon elle, deux de leurs voisins ont déjà rendu leur jardin depuis le début de l’invasion.

Fête interculturelle du quartier gare samedi 2 septembre

Fête interculturelle du quartier gare samedi 2 septembre

Ateliers, expositions, projections vidéos et concerts sont prévus samedi 2 septembre pour la Fête interculturelle du quartier Gare à Strasbourg.

Réunir les habitants du quartier autour d’animations culturelles, c’est le but de la Fête interculturelle du quartier gare, depuis que l’organisation de ce rendez-vous annuel a été repris par le centre socio-culturel du Fossé-des-Treize, en lien avec une vingtaine d’associations, dont Village action jeunesse (Vilaje) et Actions citoyennes interculturelles (Astu). Impliquée également, toute la galaxie d’Artefact, venue en voisine et présente avec des œuvres de L’Ososphère et des ateliers.

La début de cette fête de quartier est prévu samedi 2 septembre à partir de 15h avec une première partie proposant des animations et des ateliers tandis qu’une programmation de concerts doit débuter à 19h.

Les stands de la fête du quartier Gare/Laiterie à Strasbourg en 2022. Photo : remise par L’Ososphère

Différents stands seront répartis le long de la rue du Hohwald, et notamment deux ateliers de la plateforme Artefact. Le premier, « Médialab », est un espace ouvert dédié à la fabrication et la production d’objets médiatiques. Des habitants volontaires seront interviewés, ils pourront raconter une histoire suivant une thématique précise par exemple. Cet atelier radiophonique est conçu en collaboration avec Radio en construction et le studio de création visuelle Les Indépendants.

« Virtualab » propose aussi quatre films en réalité virtuelle sur le monde vaudou, une expérience à vivre grâce à des casques de réalité virtuelle qui seront mis à disposition.

Exposition de croquis sur les habitants du quartier

Le collectif « Des Châteaux en l’air » invite les habitants du quartier à apporter « leurs plus belles tentures » à la laverie de la Porte de Schirmeck à partir de 6h et jusqu’à 15h. Les participants feront sécher leur linge sur un fil tendu dans la rue du Hohwald ; le but sera d’installer ces tissus dans l’espace et de manière collective. Une remise des prix aura lieu à 17h. Une exposition des croquis de Nicolas Leurent mettra en évidence la complicité entre les habitants du quartier Gare.

Les habitants et habitués de la fête de quartier Gare/Laiterie à Strasbourg en 2022. Photo : remise par L’Ososphère

Un espace dédié à la projection vidéo sera également mis en place. Une série de créations des étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg (Ensas) sera retransmise, ainsi que d’autres vidéos produites par Artefact avec les habitants du quartier.

Ragin Balt de Dur Chaton, en concert à partir de 20h30 (vidéo Dur Chaton / YouTube)

Dur Chaton pour conclure

Une borne d’écoute retransmettra des productions sonores réalisées en mars par des jeunes du centre-socio culturel du Fossé-des-Treize, avec par exemple leurs retours d’expérience après un concert à la Laiterie. La fanfare du groupe Balustrad doit déambuler dans la rue entre 15h30 et 16h puis entre 18h15 et 18h45.

Un concert Bizim Orkestra, d’insipiration folklorique turque, est programmé à 19h puis la journée s’achèvera avec un concert de Dur Chaton (electro pop française – voir notre article) de 20h30 à 21h30 et l’immanquable Bingo Karaokéké de Vladimir Spoutnik à partir de 22h.

Musica, Colors, films fantastiques… Sept rendez-vous à noter en septembre à Strasbourg

Musica, Colors, films fantastiques… Sept rendez-vous à noter en septembre à Strasbourg

En septembre, Strasbourg se réveille et toute une série de rendez-vous majeurs attendent leur public. Voici notre sélection parmi cet agenda foisonnant.

La rentrée est marquée à Strasbourg par la programmation de trois rendez-vous très installés : les Bibliothèques idéales, le Festival européen du film fantastique et le festival de musique contemporaine Musica, qui fête cette année ses 40 ans tout de même. En outre, toutes les structures culturelles de Strasbourg seront présentes place du Château samedi 9 septembre, de 10h à 19h, pour présenter leur saison et proposer les abonnements de saison. Cette journée sera agrémentée par de nombreuses animations.

Découvrir l’art de la rue avec Colors

Colors, le festival du graffiti et de l’art urbain – entièrement gratuit grâce à un financement de l’entreprise Socomec – est prévu du 1er au 24 septembre, principalement au quartier gare – Laiterie. Chaque week-end, il sera possible de rencontrer une soixantaine d’artistes locaux ou internationaux (Organe K, Manolo Mesa d’Espagne, Gleo de colombie,…) et leurs œuvres. L’événement propose aussi des visites guidées dans le quartier Laiterie à la recherche des nouvelles créations extérieures ou intérieures, comme le garage de l’hôtel Graffalgar (21 rue Déserte) et les nouveaux locaux de l’École de commerce ESCM (45 rue du Faubourg-National).

Pour les familles en quête de sorties, plusieurs chasses au trésor en réalité augmentée auront lieu du 1er au 25 septembre. Équipé d’un téléphone et d’un peu de bon sens, les participants pourront partir à la recherche d’affiche « d’animaux totems » et tenter de résoudre des énigmes. 

Photo : Romain Goetz / doc remis

Cette cinquième édition sera également marquée par une programmation « Hors les murs ». Jusqu’au 1er octobre, des événements et des ateliers se dérouleront à Strasbourg, Schiltigheim, Sélestat et Bischheim. La programmation sera dévoilée au fur et à mesure sur le site du festival et leurs réseaux sociaux.

À la rencontre des nouveaux talents avec Campus alternatif

Temps fort de la rentrée étudiante, proposé par le Crous de Strasbourg et le Service de l’action culturelle (Suac) de l’Université de Strasbourg, Campus alternatif met en lumière quatre groupes de musique du Grand Est lors d’une soirée concert en plein air jeudi 7 septembre à partir de 17h30. Parmi eux, le jeune groupe de pop-rock Salle TV, finaliste du tremplin musical du Crous, viendra proposer ses sons parfois joyeux, mélancoliques ou furieux. 

La soirée sera également rythmée par la pop et le jazz de la chanteuse Mau, le hip-hop de Trapoline ou encore le rock indé de Jewly (voir notre article dédié). Des foods trucks, un bar et des jeux en bois seront mis à disposition.

La soirée sera rythmée par quatre concerts d’artiste locaux. Photo : Manu Grimm / doc remis

« Faut vivre ! » avec les Bibliothèques Idéales

Strasbourg sera officiellement la capitale mondiale du livre dès mars 2024 pour une année. En attendant, les Bibliothèques Idéales proposent soixante rendez-vous littéraires pendant dix jours. Du 15 au 24 septembre, rencontres, concerts, lectures et spectacles se succéderont à l’Aubette, mais également dans les différentes libraires de Strasbourg et dans le cadre du Parlement européen.

Outre l’amour de la littérature, le festival abordera des thèmes d’actualité, comme l’écologie, le féminisme, les violences policières, les inégalités de classe, la Russie, l’intelligence artificielle, l’islam politique… avec des invités de renom comme Thomas Piketty, Amélie Nothomb en passant par Abd al Malik, Camille Etienne, Sorj Chalandon, Julia Cagé, Rebecca Manzoni… 

Don Giovani aux enfers… ou sur la scène de l’opéra

L’opéra propose un détour par les enfers en ouverture de sa saison 2023 / 2024 grâce à l’œuvre de Simon Steen-Andersen, « Don Giovani aux enfers ». Du 16 au 21 septembre, le compositeur et metteur en scène danois s’empare d’une figure célèbre – et détestablement misogyne – de l’opéra de Mozart pour lui offrir une suite dantesque. 

Alors que le chemin de Don Giovani se finit dans les flammes de l’enfer dans l’œuvre originale, Simon Steen-Andersen propose au spectateur de le suivre à travers la trappe de scène dans laquelle il est tombé et de découvrir avec lui un monde à cheval entre les coulisses de l’opéra – rendus visuellement accessibles grâce à la vidéo – et l’antre des défunts. Pour rythmer cette aventure, le compositeur colle, déconstruit, assemble des musiques empruntés au répertoire lyrique, de Rameau à Berlioz en passant par Wagner. Les places sont à réserver via la billetterie en ligne de l’Opéra.  

Simon Steen-Andersen propose au spectateur de suivre Don Giovanni dans les coulisses de l’opéra national du Rhin. Photo : DR Christophe Gay / Don Giovanni aux enfers

Les 40 ans de Musica

Le festival strasbourgeois Musica s’apprête à célébrer son quarantième anniversaire au service de la musique contemporaine. Du 15 septembre au 1er octobre, concerts, expositions et fictions sonores se succéderont avec la présence de plus d’une trentaine de compositeurs. 

Dans cette sélection, on retrouve une exposition de croquis retraçant les concerts de Musica depuis sa création en 1983 et un concert de reprise d’œuvres d’Olivier Greif, au piano et au violoncelle, le 17 septembre. Le 27 septembre, des étudiants de l’Unistra, de la Haute école des arts du Rhin et d’autres en composition du Conservatoire de Strasbourg présenteront un travail autour de la notion de « safe place ». Dans le reste de la programmation, on retrouve une trentaine de propositions pour les moins de huit ans ainsi que les étonnants « Concerts pour soi » qui auront lieu au domicile de l’interprète. 

L’opéra, Pôle Sud, La Laiterie, le Centre chorégraphique… Musica s’installe dans les différents lieux culturels. Photo : ACC / Rue89 Strasbourg

Seizième Festival européen du film fantastique pour les fans de cinéma et de frissons

Du 22 septembre au 1er octobre, le plus important festival cinéma de Strasbourg – et le plus étrange – débute. Science-fiction, thriller fantastique, horreur… Un mix de films de genre, cultes et de nouveautés seront diffusés aux cinémas Star, au cinéma Vox et à l’UGC Ciné-Cité tandis qu’un Village fantastique occupe la place Saint-Thomas pendant toute la durée du festival. 

Cette année, le thème principal du festival sera « le goût de la société pour les spectacles violents et ses multiples corollaires, tels que la désintégration de l’individu à des fins politiques, le voyeurisme et la médiatisation à outrance, entre autres. » Le festival sera auréolé par la présence du réalisateur américain Terry Gilliam, qui animera une masterclass, avec une rétrospective de ses films, de Jabberwocky à L’Homme qui tua Don Quichotte.

Avec en invité d’honneur, le réalisateur américain Terry Gilliam. Il proposera des masterclass, en plus d’une rétrospective de ses films. Photo : Doc remis / FEFFS

Par ailleurs, parmi la première vague de films révélés, voici ceux à noter : la comédie noire Vincent doit mourir, le premier film prometteur de Stéphan Castang, qui suit les périples d’un homme devenant, sans raison, une cible à abattre. Le film d’horreur féministe Perpetrator, de la réalisatrice américaine Jennifer Reeder ou encore le long-métrage d’animation écologiste, White Plastic Sky, de T. Bánóczki et S. Szabó qui parachute le spectateur sur une Terre confrontée à l’amenuisement des ressources et à la disparition du végétal. Les horaires des films et le reste de la programmation sont à venir. 

Concert de November Ultra

Parmi les surprises de cette rentrée, à noter également la venue de la chanteuse November Ultra au Musée Würth d’Erstein, qui outre ses expositions régulières d’art contemporain, propose désormais une programmation culturelle. Les Strasbourgeois ont pu découvrir November ultra en 2021 au Pelpass festival, où elle avait charmé l’assistance avec sa voix ouatée et sa sensualité partagée. Il faut profiter de son passage, samedi 23 septembre à 20h30.

Open Arms (bedroom sessions) (vidéo November ultra / Youtube)

La Rentrée des luttes avec Rue89 Strasbourg

Et dans un autre registre, plus engagé, Rue89 Strasbourg organise avec le Phare citadelle la Rentrée des luttes, samedi 16 septembre à partir de 13h. Une journée pour se rencontrer, échanger et débattre sur des enjeux locaux, ce qui nous inquiète, ce qui nous donne de l’espoir, trouver les moyens de s’engager à Strasbourg et les bons collectifs pour le faire, interroger la place des médias dans le débat public local, évoquer avec eux le travail des journalistes, réfléchir sur les luttes actuelles et à venir face à la catastrophe environnementale, la persistance des discriminations, la montée des idées d’extrême-droite… Les détails et la programmation complète dans notre agenda.

Agriculture alternative, lieu auto-géré, festival des luttes… L’essor du réseau militant du pays de Bitche

Agriculture alternative, lieu auto-géré, festival des luttes… L’essor du réseau militant du pays de Bitche

Vosges alternatives, notre série d’été sur la vie militante en zone rurale (8/8). Au pays de Bitche, un réseau militant se structure autour de projets sur l’alimentation, la culture ou les luttes. Il est notamment alimenté par des activistes néo-ruraux qui cherchent à construire de nouvelles résistances et à combler le fossé entre ville et campagne.

Bining, bourg de Moselle situé en lisière de forêt, là où commence le plateau lorrain. Ici, les arbres cèdent la place aux champs. À l’écart du village, une petite route louvoie entre les parcelle avant de s’éteindre au pied d’une colline boisée. Dans un bosquet, un vélo multicolore laisse entrevoir que ce coin de nature est habité. Nous sommes chez Justine Perrin, cultivatrice de plantes aromatiques et médicinales.

« Thym, sauge, romarin, lavande, monarde… J’ai une vingtaine de plantes cultivées et une dizaine d’espèces sauvages que je récolte. » Géomètre de formation, Justine découvre sa vocation à l’autre bout du monde lors d’un voyage à vélo à travers l’Asie du sud-est en 2016. « Au fil des rencontres, je me suis mise à questionner plein de choses sur notre mode de vie. C’était une véritable prise de conscience. Je ne voulais pas rester là et regarder le monde s’effondrer. » Justine revient avec l’envie de travailler la terre et faire quelque chose d’un bout de terrain familial laissé en friche depuis la seconde guerre mondiale. Après s’être formée, elle s’installe à Bining et démarre sa micro-ferme en 2021.

À Bining, Justine Perrin cultive des plantes médicinales et aromatiques sur la colline du Honigberg. Photo : AL / Rue89 Strasbourg
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Avec Sophie Binet, des centaines de personnes relancent la mobilisation des ouvriers de Clestra

Avec Sophie Binet, des centaines de personnes relancent la mobilisation des ouvriers de Clestra

Le plus gros rassemblement depuis que la grève des ouvriers de Clestra a commencé début juillet a eu lieu jeudi 24 août. La présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et de centaines de militants venus de différentes régions de France, a donné un nouvel élan à la mobilisation.

Les drapeaux rouges de la CGT sont nombreux à flotter devant le fabriquant de cloisons de bureaux Clestra à Illkirch-Graffenstaden ce jeudi 24 août. Les ouvriers de l’usine, quasiment tous en grève depuis le 3 juillet, craignent que leurs emplois soient supprimés depuis que leur entreprise a été reprise par le groupe Jestia en octobre 2022.

Avec la venue de Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, ils perçoivent désormais la résonance nationale de leur mobilisation : « Sa présence ici légitime notre lutte », explique l’un des grévistes, ouvrier depuis 23 ans au secteur assemblage, que la direction de Clestra envisage de délocaliser et sous-traiter.

La secrétaire nationale de la CGT Sophie Binet a apporté son soutien aux ouvriers de Clestra ce jeudi 24 août. Photo : PM / Rue89 Strasbourg

« La mobilisation va s’étendre »

Amar Ladraa, secrétaire régional de la CGT Métallurgie et membre du comité d’entreprise de Clestra, considère que « cette mobilisation donne l’envie de continuer aux ouvriers ». Il estime que « plus de 300 personnes » sont présentes au rassemblement de soutien aux grévistes, son collège secrétaire du syndicat CGT de Clestra, François Hennrich, estime la mobilisation à « plus de 500 personnes ». Des membres de différentes sections locales de la CGT comme la métallurgie ou les fonctionnaires territoriaux sont présents. Le contraste est saisissant avec les rassemblements des dernières semaines devant l’usine, où les ouvriers de Clestra n’étaient qu’une trentaine.

Des sections de la CGT sont venues de Paris, de Franche-Comté, des Vosges ou encore de Rhône-Alpes pour l’occasion. « C’est le plus grand rassemblement qu’on n’a jamais connu depuis le début de la grève », assure François Hennrich : « Il y a aussi des anciens militants CGT retraités, et des jeunes de la CGT des lycéens, étudiants et apprentis. » Micro en main devant la foule, Sophie Binet déclare que la mobilisation franchit une étape :

« Elle se nationalise. Je veux dire à la famille Jacot (Jestia, repreneur de Clestra, se présente comme une entreprise familiale, NDLR) que ce n’est que le début de cette lutte. Non seulement la mobilisation ne va pas s’arrêter là mais elle va s’étendre. Il y a aura d’autres étapes, car il est devenu urgent de mettre fin à cette grève. »

Des syndicats de la région Alsace mais aussi d’Île-de-France, de Franche-Comté, et du Rhône-Alpes étaient présents. Photo : PM / Rue89 Strasbourg / cc

Sophie Binet avait déclaré dans une interview pour Rue89 Strasbourg qu’elle exigerait le remboursement des quelques cinq millions d’euros d’aides publiques (4 millions d’euros de l’État, 800 000 euros de la Région Grand Est) accordées à Jestia pour la reprise de Clestra si les garanties annoncées, comme le fait de garder les emplois promis, ne sont pas respectées.

Le délégué CGT de Clestra François Hennrich estime qu’entre 400 et 500 personnes étaient présentes au rassemblement, ce jeudi 24 août, devant l’usine Clestra. Photo : PM / Rue89 Strasbourg / cc

« On va essayer de venir un maximum de fois »

Adhérents à la CGT en tant qu’étudiants, Mohamed (21 ans), Evan (19 ans) et Ila (22 ans) ont « été mis au courant de cette grève par les réseaux sociaux de la CGT » : « C’est inspirant de voir autant de monde qui se mobilise. Ça fait plaisir ! On va essayer de venir un maximum de fois », raconte Mohamed.

Ahmed, ouvrier dans les Vosges de l’entreprise Trane, spécialisée dans la climatisation, et membre de la CGT depuis 2005, est venu au rassemblement ce jeudi car il estime la cause importante :

« Cette situation n’a pas l’air d’émouvoir tout le monde, pourtant la lutte me semble importante. C’est par acte de solidarité qu’on est venu. La direction est dans une obstruction radicale et un rapport de force s’est installé. J’habite aussi dans un bassin fragile où le savoir-faire industriel des ouvriers est menacé par les fermetures d’usines. »

Les ouvriers de Clestra sont en grève depuis début juillet. Photo : PM / Rue89 Strasbourg

Multiplier les interpellations

La municipalité de Strasbourg, l’Eurométropole, la Région Grand Est… Les grévistes interpellent les pouvoirs publics un à un. Mercredi 23 août, les représentants syndicaux ont échangé avec des collaborateurs du ministre délégué chargé de l’Industrie, Roland Lescure, en visioconférence. Amar Ladraa raconte :

« Le rôle du ministère de l’Industrie est de créer un dialogue entre les deux parties, salariés et direction. Ils ont écouté nos attentes et celles de la direction. On espère que ça va faire bouger les choses. »

De gauche à droite, Ila Mahmudi-Avesta (22 ans), Evan Goffic (19 ans) et Mohamed Naharat (21 ans) sont membres du syndicat CGT étudiants lycéens et apprentis d’Alsace (SELA). Photo : PM / Rue89 Strasbourg

Sur le plateau de BFM Alsace, Sophie Binet a annoncé que la CGT allait déposer un recours suite au versement de salaires aux montants négatifs à des grévistes début août (voir notre article sur le sujet). Elle compte également interpeller le président de la République Emmanuel Macron sur Clestra lors d’une rencontre avec lui dans la semaine du 28 août.

Le prochain rassemblement des ouvriers est prévu lundi 28 août à 8h30, devant le centre administratif place de l’Etoile, pendant un rendez-vous avec la maire de Strasbourg et de la présidente de l’Eurométropole.

#Sophie Binet

Stefan Alt, expert de Stocamine : « Personne ne peut prétendre que cette décharge est sûre »

Stefan Alt, expert de Stocamine : « Personne ne peut prétendre que cette décharge est sûre »

Stéphane Alt, ancien membre du comité de pilotage de Stocamine, estime que cette décharge souterraine a été mal conçue. Alors que l’État français est sur le point d’enfouir définitivement 42 000 tonnes d’éléments contaminés sous la nappe phréatique, il évoque des projets de déstockage de déchets similaires en Allemagne.

Le géologue allemand Stefan Alt a participé au comité de pilotage de Stocamine en 2010 et 2011, une instance chargée à l’époque de produire des recommandations sur la fermeture du site, en examinant les possibilités de déstockage ou de confinement définitif. Dans son rapport final, ce comité avait finalement conclu que la meilleure solution était de confiner la quasi-totalité des déchets, exceptés les plus solubles.

Stefan Alt a également travaillé en tant qu’expert pour le ministère allemand de l’Environnement, notamment dans le cadre du processus de recherche d’un site de stockage irréversible pour les déchets nucléaires. Plus de 10 ans après le comité de pilotage de Stocamine, à l’heure où l’État français est sur le point d’enfouir pour l’éternité 42 000 tonnes d’éléments contaminés au cyanure, à l’arsenic ou à l’amiante sous la nappe phréatique, le scientifique estime que cette opération est risquée pour la ressource en eau potable. Entretien.

Rue89 Strasbourg : Qu’avez vous pensé de Stocamine lorsque vous avez commencé à examiner la situation dans le cadre du comité de pilotage ?

Stefan Alt : De mon point de vue, la décharge n’a jamais été réellement stable. Les mines de sel démantelées situées au-dessus de Stocamine sont fondamentalement instables en raison de la méthode d’exploitation : on a laissé de grands espaces de soutènement après la fin de l’exploitation minière, sachant qu’ils s’effondreraient. Le sel se déplace et a tendance à combler les espaces vides. Cette dynamique crée des fissures par lesquelles les anciennes mines seront inondées par les eaux souterraines au cours des prochaines décennies.

« C’était clairement une mauvaise idée »

Cela ne peut pas être évité, c’est la norme pour de telles mines de sel. C’était clairement une mauvaise idée de construire une décharge de déchets spéciaux en-dessous d’une ancienne mine. L’espacement vertical entre les galeries de Stocamine et les anciennes mines est insuffisant, ce qui a conduit à la formation de fissures entre la décharge et les anciennes mines. Les eaux souterraines pourront donc s’infiltrer à l’avenir. La zone de la décharge est déjà fortement déformée aujourd’hui.

Lorsque la décharge finira par être submergée, un mélange complexe de substances toxiques avec une forte concentration de saumure de sel entrera en contact avec l’eau de la nappe. Les conséquences réelles pour les eaux souterraines sont incertaines. (Des études et des modélisations sur l’impact de ces déchets sur la nappe phréatique existent mais elles comportent des lacunes, voir notre article dédié, NDLR).

Stefan Alt. Photo : remise

Cependant, dans le comité de pilotage, vous n’étiez pas fondamentalement opposé à un confinement définitif des déchets…

Mon point de vue à l’époque, c’était que stocker ces déchets en surface et les surveiller pendant les 10 000 prochaines années, en espérant que nos descendants trouvent une solution n’avait aucun sens. Si nous avions eu, par exemple, une méthode pour détruire les métaux lourds, j’aurai été absolument favorable au déstockage, mais nous n’en avons pas. Maintenant, je pense que ces déchets toxiques doivent être placés dans un endroit plus sûr.

« Il existe un risque à long terme »

Que pensez-vous du confinement à l’aide d’un barrage en béton ?

Ces barrières sont à la pointe de la technologie. On peut construire des scellements stables avec un béton spécial à base de sel. L’objectif, c’est que le scellement fusionne avec les parois des galeries au fil du temps et que cela forme une masse rocheuse plus ou moins homogène qui entoure les déchets et empêche l’eau d’entrer en contact avec eux. Cependant, à Stocamine, ces barrières ne résoudront probablement pas le problème fondamental de l’instabilité entre la décharge et les anciennes mines de sel.

Comment évaluez-vous le risque pour les eaux souterraines en cas de confinement ?

Les experts français ont modélisé les quantités de substances polluantes qui vont se diluer dans les eaux souterraines en fonction de la convergence des galeries qui se referment petit à petit. Ce mouvement provoquera une pression sur l’eau polluée dans les galeries qui remonteront vers la nappe phréatique.

Je ne parlerais pas d’un risque aigu dans le sens où on pourrait retrouver de l’eau hautement toxique sur un point de captage dans peu de temps. Mais il existe un risque à long terme pour la ressource en eau potable.

Les responsables de Stocamine et le gouvernement français soutiennent que, grâce à l’effet de dilution des polluants, la ressource en eau potable n’est pas menacée. Qu’en pensez-vous ?

Je ne peux pas vérifier leurs calculs. Cependant, je trouve qu’il s’agit d’une approche très discutable sur la manipulation de substances toxiques. Il y a plusieurs décennies, il y avait des industriels qui disaient : déversons simplement les déchets dans la mer, ils seront tellement dilués qu’ils ne seront plus toxiques. C’est le même principe qui est appliqué à Stocamine. S’ils voulaient prendre le risque que les substances toxiques soient diluées dans les eaux souterraines, il fallait le dire clairement dès le départ.

« Un déstockage couterait trois ou quatre fois plus cher »

Selon vous, quel est le niveau de risque d’un déstockage ?

Je ne pense pas qu’il soit impossible de récupérer les déchets dans de bonnes conditions de sécurité. Cela n’est pas non plus sans risque, il faut toujours le souligner. Il existe des technologies minières, des techniques de récupération et de traitement des déchets qui permettent ce genre de procédé (voir notre article dédié, NDLR). Actuellement, des recherches sont menées en Allemagne pour des déstockages comparables à celui qui pourrait être réalisé à Stocamine.

Par exemple, des scientifiques préparent un déstockage dans la décharge souterraine de la mine de Asse à Wolfenbüttel, pour récupérer des fûts défectueux contenant des déchets radioactifs, les amener à la surface, les reconditionner et les transporter vers un site de stockage approprié. Je crois vraiment que, en fin de compte, le déstockage est possible et que c’est une question d’argent : un déstockage couterait trois ou quatre fois plus cher que le confinement. Mais la question financière ne devrait pas être déterminante lorsqu’une ressource en eau potable est en jeu.

En France, la question des coûts semble importer. En tout cas, le gouvernement opte pour la fermeture et contre un déstockage, qui serait nettement plus coûteux…

La situation a Stocamine n’est pas un incident malheureux, le projet était mauvais dés sa conception, et cela a été mis en lumière par l’incendie de la décharge en 2002. Dans ces conditions, personne ne peut prétendre que cette décharge est sûre. L’État français porte cette responsabilité financière maintenant.

L’entrée du site de Stocamine, à Wittelsheim, près de Mulhouse. Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Les responsables de Stocamine considèrent que le bloc 15, où a eu lieu l’incendie, est dans un si mauvais état que son évacuation n’est pas possible. Qu’en pensez-vous ?

Il faudrait travailler spécifiquement dessus, mais il est possible d’accéder à cet endroit, d’extraire les déchets, de les emballer et de les ressortir. Des scientifiques et des ingénieurs de l’Institut de technologie de Karlsruhe étudient précisément de tels scénarios, avec des déchets coincés dans le sel. Des projets existent par exemple pour la mine de Asse, avec un processus entièrement robotisé. Ce n’est pas impossible de mettre en œuvre quelque chose de similaire à Stocamine. L’incendie a certainement rendu les plafonds un peu moins stables. Mais pendant le comité de pilotage, il ne m’a pas été prouvé qu’un déstockage [du bloc 15] était impossible.

Avec Ciné Cool, une cinquantaine de films à 5€ la séance du 26 août au 2 septembre à Strasbourg

Avec Ciné Cool, une cinquantaine de films à 5€ la séance du 26 août au 2 septembre à Strasbourg

Du 26 août au 2 septembre, l’opération Ciné Cool propose des films à 5€ dans cinq cinémas à Strasbourg. En séance normale ou en avant-première, une cinquantaine de films seront concernés par ce tarif réduit.

À Strasbourg, les cinémas Vox, l’UGC Ciné Cité, le Cosmos, ainsi que les cinémas Star et Star Saint-Exupéry participent à « Ciné Cool », une semaine de découvertes initiée par le syndicat des directeurs de cinémas et l’Association des cinémas indépendants de l’Est. L’opération propose, pendant 8 jours, des entrées à 5€ à toutes les séances, soit une cinquantaine de films à voir dont une quinzaine en avant-première. Des membres d’équipes des films seront présentes sur huit d’entre elles.

L’offre s’étend du samedi 26 août au samedi 2 septembre inclus pour permettre au public de profiter des deux week-ends. « On propose une grande diversité de films à un tarif rond et facile à identifier », résume Jean-Philippe Hochwelker, président du syndicat des directeurs de cinémas de Rhin & Moselle.

Le film Banel & Adama de Ramata-Toulaye Sy sort en salle le 30 août 2023. Son avant-première aura lieu au cinéma Star le mardi 29 août, à 20h00. Photo : remise

Drame écologique et sentimental au Sénégal

Dans la liste des films en avant-première, on compte Second tour, comédie dramatique d’Albert Dupontel. C’est l’histoire d’une journaliste politique jouée par Cécile de France et placée malgré elle à la rubrique football. Elle est finalement chargée de suivre l’entre-deux tours de la campagne présidentielle, et se met à enquêter sur l’un des candidats, héritier d’une riche famille et novice en politique. Le film sera diffusé au cinéma Vox le samedi 26 août à 20h00.

Le film franco-malio-sénégalais Banel & Adama est à retrouver au cinéma Star le 29 août 2023 à 20h, en présence de la réalisatrice Ramata-Toulaye Sy, qui a voulu montrer un couple sénégalais opposés aux injonctions de leur communauté : Banel refuse d’avoir des enfants tandis qu’Adama refuse d’être chef du village. En parallèle, les deux personnages doivent lutter contre la sécheresse causée par le réchauffement climatique dans leur région. Le film a été présenté en compétition du Festival de Cannes 2023.

Banel et Adama, bande annonce (vidéo Youtube)

Pio Marmaï et Jonathan Cohen, écolos malgré eux

La comédie française Une année difficile, avec Pio Marmaï et Jonathan Cohen, sera diffusée à trois reprises dans Strasbourg. D’abord à l’UGC Ciné Cité le 30 août 2023 à 20h15 et à 21h. Les réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache ainsi que le comédien Pio Marmaï seront présents ce jour-là. La dernière séance aura lieu au cinéma Vox, le samedi 2 septembre à 20h00.

Pio Marmaï sera présent pour l’avant-première de Une année difficile au cinéma Vox, le samedi 2 septembre. Photo : remise

Le film raconte l’histoire de deux amis, Albert et Bruno, qui découvrent le milieu associatif écologiste. Mais les nouveaux militants sont plus attirés par les pots d’accueil que par les arguments écologiques. Sans réelles convictions, ils se rallient néanmoins à la cause.

Ancienne cégétiste, Marilyne Poulain devient préfète à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin

Ancienne cégétiste, Marilyne Poulain devient préfète à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin

Ancienne membre de la direction confédérale de la CGT, incarnation de la lutte pour la régularisation de travailleurs sans papiers à Paris, Marylise Poulain a pris ses fonctions de préfète déléguée à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin.

Un profil original pour un nouveau poste. Mardi 22 août, la préfète déléguée à l’égalité des chances s’est présentée lors d’une conférence de presse à l’hôtel préfectoral de Strasbourg. La préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, a commencé par décrire les nombreuses missions qui attendent Marilyne Poulain : dans les quartiers prioritaires du département, l’ancienne syndicaliste CGT sera chargée de suivre les dossiers de rénovation urbaine, de pilotage des services publics de l’emploi, d’intégration des personnes immigrées, de santé, de droits des femmes et de lutte contre les discriminations. Tout ça après les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, tué par balle par un policier à Nanterre le 27 juin 2023.

Lundi 21 août 2023, Maryline Poulain a pris ses fonctions de préfète déléguée à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Un engagement pour les sans-papiers

Les responsabilités sont nombreuses. L’intitulé de la délégation ressemble à un vœu pieux : l’égalité des chances dans le Bas-Rhin. Mais sans doute qu’il en faut plus pour effrayer Marilyne Poulain. Recrutée par la CGT en 2011, elle intègre la direction confédérale à partir de 2019. Durant toutes ces années, la jeune femme s’active sur les enjeux des travailleurs précaires comme des intérimaires.

Elle s’applique aussi à lutter contre la traite d’être-humains. Lors de permanences pour personnes sans-papier, ou à l’occasion de grève comme celle des coiffeurs du quartier du Château-d’Eau à Paris ou des manœuvres maliens du chantier de l’avenue de Breteuil, elle participe à la régularisation de centaines de travailleurs sans-papiers. Les connaissances juridiques engrangées au cours de ces luttes lui permettent de prendre la direction de la revue cégétiste Le droit ouvrier.

Avant d’intégrer la CGT, Marilyne Poulain a enseigné le français au Chili dans les années 2000. Une expérience qui l’a sensibilisée sur les dangers d’un repli des services publics. De retour en France, elle participe pour l’association Autremonde à la coordination d’un projet d’alphabétisation dans les foyers pour travailleurs migrants. Elle travaille ensuite à la conception d’un pôle d’accès aux droits dans les quartiers prioritaires de la ville en région Île-de-France. « Que chacun trouve sa place dans la cité, c’est ce qui me guide depuis le début », résume-t-elle devant la presse.

Une démission de la CGT en juillet 2022

En juillet 2022, Marilyne Poulain démissionne de ses mandats à la CGT. Dans ce texte expliquant les raisons de son choix, l’actuelle préfète déléguée évoque notamment « un sentiment de décalage avec une partie de mon organisation de plus en plus repliée sur elle-même et enfermée dans des postures. » Elle évoque aussi d’autres raisons, comme le sexisme qui persiste au sein de la CGT :

« Je pense à la place des responsables femmes dans notre syndicat, au paternalisme de certains militants lors des grèves que j’ai coordonnées, à ceux qui n’ont eu de cesse de m’attendre au tournant, la remise en cause insidieuse, jamais frontale, de notre légitimité de dirigeantes par certains d’entre eux… »

Du terrain pour la prise de poste

Interrogée sur sa stratégie dans le Bas-Rhin, Maryline Poulain se dit « attachée au terrain et au lien social ». Le début de son poste consistera selon elle à « aller à la rencontre des habitants pour créer plus de liens entre l’État et la population et être en émulation avec les élus… »

Marilyne Poulain évoque aussi l’amélioration des dispositifs existants, citant au passage le projet de « Cité éducative » déployé dans plusieurs quartiers prioritaires de la ville. Elle devra aussi tenter d’améliorer les processus de rénovation urbaine de ces mêmes quartiers, en y renforçant la dimension humaine. « J’attends beaucoup de sa force de proposition, en particulier sur les sujets éducatifs et d’accompagnement à la parentalité, ainsi que sur les besoins d’équipements dans les quartiers prioritaires de la ville », a ajouté la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier.

Autre dossier aux lourds enjeux pour la nouvelle préfète déléguée : la future carte des quartiers prioritaires de la ville. Après une période de concertations citoyennes, des groupes de travail ont été mis en place pour répondre aux demandes des habitants. Selon Josiane Chevalier, les nouveaux quartiers bénéficiant du dispositif « Quartiers Prioritaires de la Ville » seront connus d’ici la fin de l’année 2023.