Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À Strasbourg, quatre inscriptions antisémites sur le réseau CTS en une semaine

À Strasbourg, quatre inscriptions antisémites sur le réseau CTS en une semaine

Depuis le 16 octobre, quatre inscriptions antisémites ont été recensées par la Compagnie des Transports Strasbourgeois sur son réseau. Le conseil représentatif des institutions juives d’Alsace a fait un signalement au parquet de Strasbourg.

Tout est parti d’une déclaration de la préfète du Bas-Rhin mercredi 25 octobre. Interrogée par France Bleu Alsace sur les nombreuses fausses alertes à la bombe des deux dernières semaines, Josiane Chevalier a déploré « des remontées quotidiennes sur des tags antisémites » à Strasbourg. Elle n’a pas pu indiquer le nombre de tags antisémites recensés depuis le début du mois, précisant simplement que le quartier de Hautepierre est concerné, avant de conclure, toujours aussi imprécise : « On en a beaucoup dans les quartiers. »

Un signalement du Crif au procureur

« Ça a commencé dans la semaine du 16 octobre, affirme Pierre Haas, représentant du Conseil représentatif des institutions juives de France en Alsace, sollicité par Rue89 Strasbourg. Des enfants qui prennent le tram ont fait remonter des inscriptions “mort aux juifs” et “juifs + USA” suivis d’une croix gammée sur le mobilier de la CTS. » Pierre Haas indique que le Crif Alsace a fait un signalement pour antisémitisme au parquet de Strasbourg dans la journée du mardi 24 octobre.

Contactée, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) évoque quatre inscriptions antisémites sur son réseau depuis le lundi 16 octobre. Un premier message antisémite a été découvert le lundi 16 octobre au niveau de l’arrêt de tram Landsberg, dans le quartier de Neudorf. Deux autres inscriptions ont été trouvées dans deux tramways circulant sur la ligne A le mardi 17 octobre. Le dernier message antisémite a été constaté sur la ligne D le mardi 23 octobre. La communication de la CTS indique avoir signalé les faits au procureur du parquet de Strasbourg après avoir demandé le retrait rapide de ces inscriptions. « Cette année, nous n’avons pas eu de signalement (sur des inscriptions antisémites, NDLR) avant le mois d’octobre », ajoute la communication de l’entreprise.

« Aucun signalement » selon l’entreprise JC Decaux

Chargée de l’entretien de plus d’un millier d’Abribus et de centaines de panneaux publicitaires, l’entreprise JC Decaux indique qu’ « après vérification auprès de [ses] services techniques, [elle n’a eu] aucun signalement de tag antisémite sur [ses] mobiliers urbains strasbourgeois ».

Selon nos informations, un tag antisémite dans le centre, près des Halles, a été signalé aux services de la Ville de Strasbourg. Le tag a été effacé. La Ville de Strasbourg, de même que la police nationale, n’a pas donné suite à notre demande d’informations.

Sollicitée pour préciser la pensée de la préfète évoquant des tags antisémites dans le quartier de Hautepierre, la préfecture du Bas-Rhin n’a pas répondu.

Une vingtaine d’organisations appellent à manifester contre les « massacres à Gaza » samedi

Une vingtaine d’organisations appellent à manifester contre les « massacres à Gaza » samedi

Vingt organisations appellent à manifester samedi 28 octobre pour demander la fin des bombardements à Gaza. La préfète du Bas-Rhin a annoncé à Rue89 Strasbourg que la mobilisation devrait être autorisée cette fois-ci, contrairement aux autres rassemblements de soutien aux Palestiniens à Strasbourg organisés depuis le 7 octobre.

« Halte aux massacres à Gaza. » C’est le mot d’ordre de l’appel à manifester à Strasbourg samedi 28 octobre. Le rendez-vous est fixé à 15h place Dauphine, devant le centre commercial Rivetoile. Une vingtaine de collectifs, d’associations et de partis politiques se joignent à la mobilisation (voir la liste en fin d’article).

Pour rappel, des centaines de combattants du Hamas ont pénétré le territoire israélien le 7 octobre. Les membres de l’organisation islamiste ont tué 1 400 personnes et capturé 222 otages. Depuis, plus de 7 000 Palestiniens, dont 2 913 enfants, ont été tués par l’armée israélienne d’après le ministère de la santé du Hamas.

Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, alerte sur la gravité de la situation :

« Les bombardements à Gaza causent des milliers de morts qui s’apparentent à un véritable génocide. Il est absolument urgent de faire pression sur les responsables de tous les pays pour qu’ils demandent à Israël d’arrêter ces massacres. Nous demandons aussi la fin du blocus de Gaza imposé par Israël depuis 2007, et l’arrêt du processus de colonisation en Cisjordanie. »

La préfète ne prévoit pas d’interdiction

Interrogée par Rue89 Strasbourg jeudi 26 octobre, le préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier a affirmé qu’elle « ne pense pas interdire la manifestation » après avoir analysé l’appel à la mobilisation avec les forces de l’ordre et estimé qu’il ne risquait pas de provoquer des « troubles à l’ordre public ». Elle avait publié des arrêtés interdisant des rassemblements initiés sur les réseaux sociaux les 20 et 21 octobre. Selon ces arrêtés préfectoraux, ces manifestations légitimaient les actions du Hamas et les forces de l’ordre manquaient du fait de la coupe du monde de Rugby. D’importants dispositifs policiers avaient pourtant tout de même été déployés sur la place Kléber à l’heure prévue des mobilisations.

manif palestine 13 octobre
La place Kléber bouclée pour empêcher tout rassemblement pro-Palestine le 13 octobre. Photo : CB / Rue89 Strasbourg

La manifestation déclarée du 13 octobre avait aussi été interdite par un arrêté prefectoral. Treize personnes avaient été interpellées ce jour là. En tant qu’organisatrice, Perrine Olff-Rastegar était restée 48 heures en garde à vue. Son procès pour organisation d’une manifestation non-autorisée aura lieu le 22 janvier. D’ici là, elle est interdite de manifestation et ne pourra pas se rendre à la mobilisation de samedi. « On ne m’a pas encore interdit de parler, alors j’exprime mes revendications », lance-t-elle.

Le 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait demandé aux préfets d’interdire toutes les manifestations de soutien aux Palestiniens. Le Conseil d’État a finalement décidé le 18 octobre qu’une telle généralisation n’était pas possible, et qu’il appartenait aux préfets de décider au « cas par cas ». Le député LFI strasbourgeois Emmanuel Fernandes a signé la déclaration de la manifestation :

« Mon rôle est de soutenir celles et ceux qui veulent manifester, c’est un droit fondamental. Il s’agit d’une mobilisation pour la paix, des milliers de civils meurent. Il serait souhaitable que la préfète n’interdise pas cette manifestation. J’étais moi même à la mobilisation autorisée à Paris le 22 octobre. Nous étions 30 000 et tout s’est bien passé. »

« Libérons l’information ! » : la presse indépendante lance ses États généraux

« Libérons l’information ! » : la presse indépendante lance ses États généraux

Alors que le gouvernement organise les États généraux de l’information, après avoir attaqué et réduit les droits de la presse depuis 2017, 48 médias et 10 organisations se réunissent pour organiser leur propre événement. Rue89 Strasbourg en fait partie.

Peut-on vraiment espérer quelque chose des États généraux de l’information ? C’est, en somme, une question que se posent nombre de citoyens et de journalistes. Alors que Vincent Bolloré rachète sans difficulté le Journal du dimanche malgré l’opposition de ses salariés, qu’une journaliste française passe 39 heures en garde à vue pour un travail d’enquête, que des lois récentes ont restreint la liberté d’expression au point de devoir en répondre devant des tribunaux de commerce, l’exercice de la profession de journaliste devient de plus en plus compliqué, ce qui a un impact sur l’information disponible et proposée aux citoyens.

Pour cette raison, 48 médias et 10 organisations journalistiques ont décidé de se réunir pour organiser des États généraux de la presse indépendante. Au côté de Mediapart, La Déferlante, Reporterre, Rue89 Lyon, Rue89 Bordeaux, You Press, Médiacités… Rue89 Strasbourg participe à cette mobilisation en écho aux questions posées par les États généraux de l’information du gouvernement, mais avec des réponses qui ne passent pas par des oligarques. Pour rappel, en France, la plupart des médias généralistes sont détenus par des milliardaires.

Lancé par le Fonds pour une presse libre, ce travail de réflexion veut libérer l’information des pouvoirs politiques, des médias de la haine et des grandes fortunes. Pour cela, des propositions de réformes seront portées devant le grand public, mais aussi vers les parlementaires. Beaucoup sont déjà sur la table depuis des années, notamment celles portées par le Syndicat de la presse indépendante (Spiil) sur un rééquilibrage des aides à la presse notamment.

Propriété des médias, droits des journalistes…

Cinq thématiques sont particulièrement proposées aux débats :

    Propriété des médias (concentration, transparence des actionnaires et comptes financiers, droit d’agrément et de révocation responsables de rédaction, etc.),   Droits des journalistes (secret des sources, confidentiel défense, secret des affaires, procès-bâillons ; contournement de la loi de 1881 sur la liberté d’expression),  Réformes des aides publiques (conditionnalité des aides, rééquilibrage papier / numérique ; problème des aides des collectivités locales ; la question de la distribution numérique) Lutte contre la précarisation des journalistes (statut, rémunération, etc.),  Plateformes (Gafam) et intelligence artificielle (droits voisins, régulation, chartes éthiques, etc.).

Cet événement est inédit : c’est toute la profession qui se mobilise pour l’indépendance de l’information. Au-delà de notre diversité, de nos désaccords, nous nous rassemblons ici pour dire aux citoyennes et citoyens que d’autres propositions éditoriales, que d’autres agendas informatifs existent.

Chaque jour des millions de personnes lisent, regardent, écoutent la presse indépendante. Ce sont ces voix que ces États généraux feront entendre, dans leur pluralisme et loin des commissions officielles. Un premier rendez-vous public est prévu jeudi 30 novembre à Paris, d’autres rendez-vous suivront dont un à Strasbourg (contactez-nous si vous pouvez aider à l’organiser).

Et pour soutenir la presse indépendante à Strasbourg, abonnez-vous !

Mis en cause dans la gestion de violences, le président de la Croix-Rouge du Bas-Rhin a démissionné

Mis en cause dans la gestion de violences, le président de la Croix-Rouge du Bas-Rhin a démissionné
Une mission d’enquête nationale a démontré que la DT67 n’avait pas géré correctement des cas de violences sexistes et sexuelles signalés à Strasbourg. Le président de la DT67 a démissionné suite à cette enquête.

Le président territorial de la Croix-Rouge du Bas-Rhin a démissionné le 1er août 2023. Une mission d’enquête avait été diligentée après des dénonciations de violences sexistes et sexuelles. Le bureau de la DT67 avait été largement mis en cause dans sa gestion de la crise.

Après 15 ans de bénévolat à la tête de la Croix-Rouge du Bas-Rhin, Patrick Ichter a préféré démissionner dans la tempête. Le président de la délégation territoriale de l’association en a informé le siège, à Paris, le 1er août 2023. Quelques jours plus tôt, sa hiérarchie parisienne l’avait informé de la volonté de dissoudre le bureau de la délégation territoriale de la Croix-Rouge dans le Bas-Rhin (DT67), et de la mise en place d’une administration provisoire.

La décision de la Croix-Rouge a été actée le 25 juillet, le lendemain de la parution de notre enquête sur les violences sexistes et sexuelles dénoncées par plusieurs témoins et victimes à Strasbourg au sein de la Croix-Rouge du Bas-Rhin.

Une mission d’enquête nationale a démontré que la DT67 n’avait pas géré correctement des cas de violences sexistes et sexuelles signalés à Strasbourg. Le président de la DT67 a démissionné suite à cette enquête. Photo : FlickR / Département des Yvelines / Maraude de la Croix Rouge

Un rapport d’enquête accablant

Dans cette enquête, Rue89 Strasbourg avait révélé le contenu d’un rapport interne réalisé après une mission nationale qui – pendant neuf mois – a tenté de comprendre et d’analyser ces signalements de violences sexistes et sexuelles commises au sein de la Croix-Rouge du Bas-Rhin.

Parmi les 30 entretiens menés par la mission interne, sept témoignages évoquaient des comportements sexistes. Deux plaintes pour viols ont été déposées en avril 2022. Le parquet de Strasbourg les a classées sans suite le 10 mai 2023 faute de « preuves suffisantes ».

Le rapport mettait largement en cause la gestion humaine et managériale de la délégation territoriale de la Croix-Rouge du Bas-Rhin. Il y était également question de cas de gouvernance « jugées autoritaires » de la part du bureau de la DT67, d’une « culture du secret » et d’une « culture interne de défiance ».

Notre enquête avait également démontré que trois lanceurs d’alerte et témoins de ces comportements sexistes avaient été suspendus sur décision de la DT67. Il a fallu qu’ils contactent le siège à Paris et rappellent le statut protégé de lanceur d’alerte, pour être réintégrés.

Une mise sous tutelle de la Croix-Rouge du Bas-Rhin ?

Officiellement, le siège parisien de la Croix-Rouge refuse de parler de « mise sous tutelle » de l’antenne du Bas-Rhin. Le terme mis en avant est donc celui « d’administration provisoire ». Mais officieusement, les bénévoles parlent entre eux d’une tutelle de Paris.

La responsable communication de la Croix-Rouge explique que le 25 juillet, « la Commission Vie Associative et Engagement de la Croix-Rouge française a pris la décision de dissoudre le bureau de la délégation territoriale de la Croix-Rouge française dans le Bas-Rhin et de mettre en place une administration provisoire. » Elle revient ensuite, à l’écrit, sur ce qu’est cette administration provisoire :

« Elle est composée de trois personnes choisies pour leurs compétences et leur expérience de gouvernance territoriale. Cette administration provisoire est à l’écoute de toutes celles et tous ceux qui les sollicitent. Ils s’attachent à proposer des temps d’animation (…). Ils assurent ainsi la mobilisation essentielle à la continuité des activités d’accompagnement des publics vulnérables. Ils veillent à un strict respect du code de conduite de la Croix-Rouge française par l’ensemble des volontaires. »

Cette administration provisoire de la Croix-Rouge du Bas-Rhin est en place pour un premier mandat de six mois. Elle est composée de Philippe Le Gall, François Bliard et Christian Crespi. Tous trois n’habitent pas Strasbourg, ni même la région du Bas-Rhin. Selon une bénévole de la DT67 jointe par téléphone : « Ils se réunissent régulièrement à Strasbourg, font parfois des visios pour le suivi des activités, les prises de décisions, et se déplacent aussi sur le terrain. »

Patrick Ichter n’a pas souhaité répondre à nos questions.

En une semaine, au moins 11 alertes à la bombe et trois interpellations en Alsace

En une semaine, au moins 11 alertes à la bombe et trois interpellations en Alsace

Depuis le 17 octobre, six établissements scolaires et deux aéroports de la région ont été la cible de fausses alertes à la bombe, pour certains à plusieurs reprises. Le climat local s’est encore tendu avec trois interpellations de jeunes hommes soupçonnés de projets violents.

Dans un contexte de grande tension liée au conflit entre Israël et la Palestine, qui a fait plus de 5 000 morts dont 2 000 enfants dans la bande de Gaza et 1 400 décès en Israël depuis le 7 octobre, l’Alsace a connu de nombreuses alertes à la bombe du mardi 17 octobre au mardi 24 octobre.

À Strasbourg, le lycée Jean Rostand et le lycée Le Corbusier d’Illkirch-Graffenstaden ont été évacués mardi 17 octobre après réception de mails envoyés par un expéditeur anonyme affirmant avoir déposé une bombe dans les établissements. Le lycée Jean Rostand a été à nouveau évacué le 19 octobre pour la même raison.

Systématiquement, d’importants moyens policiers ont été réquisitionnés avec l’intervention des démineurs de la Sécurité civile qui ont exploré les bâtiments scolaires pour lever le doute. La circulation des trams et des bus CTS a aussi été interrompue à proximité des sites menacés.

Un lycéen strasbourgeois interpellé

Selon les DNA, un jeune homme de 17 ans a été identifié par la police comme étant l’auteur des mails ayant entrainé ces trois alertes. Il a été interpellé vendredi 20 octobre. Ce dernier, scolarisé dans l’un des deux lycées, a dit aux enquêteurs avoir voulu « s’amuser » et espérait ainsi ne pas avoir cours. D’après l’article 322-14 du Code pénal, communiquer une fausse information comme le dépôt d’une bombe peut-être sanctionné de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Mardi 17 octobre, la cité scolaire Lazare de Schwendi à Ingersheim et le lycée Saint-André de Colmar ont également été évacués suite à des mails indiquant que des engins explosifs avaient été placés dans les établissements. Idem pour le collège Victor Hugo, à Colmar, le 19 octobre. Les élèves du collège François Villon à Mulhouse n’ont pas eu cours vendredi 20 octobre, encore à cause d’un message malveillant envoyé depuis une adresse mail piratée en Bretagne.

Quatre évacuations d’aéroports en trois jours en Alsace

L’aéroport d’Entzheim a aussi reçu un mail le 18 octobre, provoquant son évacuation et une inspection du site par les démineurs. Pour la même raison, l’aéroport international de Bâle-Mulhouse, ou EuroAirport, et à nouveau l’aéroport d’Entzheim ont été évacués pendant quelques heures le 19 octobre.

L’EuroAirport a reçu un nouveau courriel le 20 octobre, entrainant une seconde évacuation de plusieurs milliers de personnes en deux jours. Et quatre jours plus tard, le mardi 24 octobre, l’aéroport de Bâle-Mulhouse a été à nouveau évacué pour une alerte à la bombe dans l’après-midi, occasionnant la fermeture des bretelles d’autoroutes d’accès au site et d’importants embouteillages.

Le bilan est donc de cinq évacuations d’aéroports en six jours en Alsace, du 18 au 24 octobre. Près de 70 fausses alertes à la bombe ont eu lieu dans des aéroports en France depuis le 18 octobre. Elles ont quasiment toutes été causées par des mails envoyés depuis la même adresse suisse, selon le ministre des Transports Clément Beaune.

Trois interpellations

Lundi 16 octobre à Mulhouse, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a interpellé un jeune homme pour « apologie du terrorisme » après avoir constaté qu’il diffusait « des éléments de propagande ». Une arme de type carabine a été saisie chez lui. Il aurait envisagé de s’en prendre à des policiers et militaires.

D’après l’Alsace, un garçon de 17 ans inscrit au lycée Blaise-Pascal de Colmar a été interpellé lundi 16 octobre dans l’après-midi après avoir menacé de « planter » une professeure de français le matin-même, lors du temps d’échanges sur l’assassinat du professeur Dominique Bernard à Arras.

Un adolescent de 15 ans a été interpellé jeudi 19 octobre après avoir frotté la lame d’un couteau sur les barrières en métal de la grande synagogue de Strasbourg. Le jeune homme a été mis en examen et placé en centre éducatif fermé dimanche 22 octobre selon les DNA. En garde à vue, il avait assuré qu’il ignorait se trouver à côté d’une synagogue et qu’il avait trouvé le couteau dans sa poche par hasard. Il avait recherché le prix d’une kalachnikov sur internet et publié sur le réseau social Snapchat : « Je viens dans votre lycée je vais allumer la kalache (sic) je serai le Tchétchène le plus connu. »

Le tribunal administratif ordonne l’évacuation du camp place Brant

Le tribunal administratif ordonne l’évacuation du camp place Brant
Une poussette devant une des tentes du campement en face du café Brant, composé entre autre de plusieurs familles le 5 octobre 2023.

Le juge des référés a ordonné l’évacuation du campement du quai du maire Dietrich lundi 23 octobre. Selon lui, la situation sanitaire précaire des familles avec des enfants constitue une « atteinte inacceptable à leur dignité ».

Voilà près de deux mois qu’une trentaine de tentes sont installées sur la place Brant, devant le palais universitaire de Strasbourg. Une cinquantaine de personnes sans-abri ont élu domicile le long de l’Ill, en bordure du quai du maire Dietrich. La présidente de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) Pia Imbs avait demandé l’évacuation des lieux auprès du tribunal administratif. Elle vient d’obtenir gain de cause. Ce lundi 23 octobre, le juge des référés a décidé d’ordonner l’expulsion des habitants du campement. L’EMS est désormais autorisée à demander l’intervention de la police pour procéder à cette évacuation.

Une poussette devant une des tentes du campement en face du café Brant, composé de plusieurs familles. Mathilde Cybulski / Rue89 StrasbourgPhoto : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Selon le juge des référés, « le fait que des personnes, dont des familles avec des enfants, vivent durablement dans une situation sanitaire précaire, exposés à la vue de tous, caractérise une atteinte inacceptable à leur dignité. » Un communiqué du tribunal administratif de Strasbourg précise que le juge a aussi souligné « qu’il aurait appartenu à l’Eurométropole de prendre l’attache de la ville de Strasbourg, de l’État, ou de toute autre autorité compétente, pour que la situation des occupants des lieux soit évaluée et qu’ils puissent être hébergés. »

D’après nos informations, près d’un millier de personnes dormaient dehors à la mi-octobre à Strasbourg, notamment dans des campements qui se multiplient un peu partout dans la ville. Strasbourg a d’ailleurs décidé – aux côtés de cinq autres villes – d’attaquer l’État pour ses carences dans l’hébergement des sans-abris.

Filiale des frères Jacot, Mobidecor tire profit de la liquidation de Clestra Metal

Filiale des frères Jacot, Mobidecor tire profit de la liquidation de Clestra Metal
Deux entreprises se situent au 9 rue de Rochefort : Clestra Metal et Mobidécor. La première a été placée en liquidation judiciaire. La seconde propose plusieurs reclassements aux ouvriers licenciés.

Après la liquidation judiciaire de Clestra Metal, 62 salariés licenciés ont reçu des offres de reclassement dans une filiale du groupe Jestia. Également active dans le domaine des cloisons de bureaux, l’entreprise Mobidecor vient de lancer son activité à Strasbourg.

Les 126 salariés d’Unterland Metal (ex-Clestra, voir tous nos articles) le savent depuis le 3 octobre : le licenciement les attend suite à la liquidation judiciaire décidée par le tribunal de commerce de Paris. Après avoir acheté ce fleuron des cloisons de bureaux en octobre 2022, le groupe Jestia a proposé à 62 employés des « reclassements internes ». Ces propositions d’emploi dans des entreprises du même groupe s’inscrivent dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Voilà l’issue dramatique d’une grève menée par les ouvriers de Clestra Metal depuis près de trois mois. « C’est comme si tout avait été planifié d’avance », déplore Amar Ladraa, membre du Comité social et économique (CSE) de Clestra et responsable du syndicat CGT Métallurgie dans le Grand Est.

Deux entreprises se situent au 9 rue de Rochefort : Clestra Metal et Mobidecor. La première a été placée en liquidation judiciaire. La seconde propose une trentaine de postes aux ouvriers licenciés.Photo : Photo Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

Un démantèlement en plusieurs temps

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Incendie de Wintzenheim : mise en examen de la gérante du gîte

Incendie de Wintzenheim : mise en examen de la gérante du gîte
A Wintzenheim, le gîte où 11 personnes sont décédées dans un incendie survenu au petit matin du mercredi 9 août.

Deux mois après l’incendie mortel d’un gîte à Wintzenheim faisant 11 morts, la gérante de l’établissement brûlé a été mise en examen pour homicide involontaire par le parquet de Paris.

La propriétaire d’un gîte de Wintzenheim a été mise en examen par le parquet de Paris, jeudi 19 octobre, pour « homicide involontaire », révèle France Bleu Alsace. Son établissement avait brûlé au cours d’un incendie faisant 11 victimes, dont 10 adultes souffrant de handicaps mentaux légers et un encadrant. Le parquet de Paris suspecte une « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », notamment en « ne respectant pas les normes relatives à la sécurité incendie ». Par exemple, les détecteurs de fumée n’étaient pas homologués pour les structures accueillant du public.

Fin septembre, une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) soulignait une « succession de défaillances » de l’État et des organisateurs ayant précédée le drame. Parmi les multiples dysfonctionnements, l’IGAS relève que la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité (CCDSA) « n’est jamais passée pour vérifier la situation de ces gîtes ».

La préfecture multiplie les restrictions contre les supporters lors des matchs du Racing

La préfecture multiplie les restrictions contre les supporters lors des matchs du Racing

Interdiction de se promener au centre-ville, escorte policière des supporters, barrage de forces de l’ordre devant le stade de la Meinau… Depuis août 2023, le Racing club de Strasbourg a disputé six matchs à domicile. Cinq ont été encadrés par des arrêtés préfectoraux.

« On constate une lente dégradation de nos libertés depuis plusieurs années. Maintenant, à chaque match, on se demande comment ils vont faire pour aller encore plus loin. » Léo est membre des Ultra Boys 90 (UB90), un groupe de supporters du Racing club de Strasbourg. Il dénonce les restrictions imposées aux supporters des équipes qui viennent affronter Strasbourg, en ce début de saison 2023-2024 :

« Il y a eu cinq arrêtés préfectoraux pour six matchs à la Meinau depuis le 5 août. On n’a jamais vu ça. Les supporters strasbourgeois ne sont pas concernés par les restrictions, ce sont à chaque fois les visiteurs mais ça nous embête pour eux. Les motifs sont souvent très flous. »

Les arrêtés doivent commencer par une liste d’arguments, avant de décrire les mesures décidées en conséquence. Celui publié le 3 octobre pour la venue du Football club de Nantes trois jours plus tard est particulièrement laconique. Seuls trois arguments justifient l’escorte policière des « supporters de type ultra du FC Nantes », à partir du péage de Schwindratzheim ainsi que leur obligation de quitter le stade de la Meinau tout de suite après le match.

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Politique et intime, l’Iran par 21 photographes à l’espace Apollonia

Politique et intime, l’Iran par 21 photographes à l’espace Apollonia

De la réalité du documentaire à la poésie de la mise en scène, 21 photographes iraniens dévoilent leurs univers familiers à l’espace Apollonia jusqu’au 8 décembre. L’occasion de se plonger dans le deuxième volet de l’exposition « À un cheveu près », témoignage d’un besoin expressif perpétuel. 

Comment manifester sa créativité dans un contexte où la liberté n’existe pas ? Au sein de l’espace Apollonia à la Robertsau, 21 photographes révèlent l’histoire d’un même pays par différents procédés. Après le Kazakhstan, c’est l’Iran que l’association d’échanges artistiques européens met à l’honneur, en collaboration avec le Parlement Européen.

Depuis juin, l’édifice européen accueille le premier volet de l’exposition intitulée « À un cheveu près » avec notamment les oeuvres de Babak Kazemi et de Maryam Firuzi. Forte de son succès (plus de 75 000 visiteurs en trois mois), l’installation est prolongée au Parlement et à l’espace Apollonia jusqu’au 8 décembre.

Vue de l’exposition « À un cheveu près. Photographie contemporaine iranienne », Fereshte Zamani, Salve, 2018 (à gauche) et Ali Sooteh, Wasteland, 2018-19 (à droite). Photo : Lisa Christ / Rue89 Strasbourg / cc

Trois ans de travail

L’objectif de l’association Apollonia est d’établir un lien avec une zone extra-européenne. L’Iran a connu la guerre avec l’Irak, de grandes révolutions, un régime théocratique, des transformations politiques, des mouvements protestataires… Héritière de richesses infinies, la culture iranienne se situe souvent entre survivance de coutumes traditionnelles et approche de la modernité. 

« Il s’agissait de comprendre en s’immergeant dans l’art du pays », explique Dimitri Konstantinidis, co-commissaire de l’exposition. En 2020, dix jours en Iran lui ont permis de rencontrer artistes, critiques et historiens, et de comprendre le dialogue entre leurs vécus et leurs pratiques artistiques. C’est pourtant deux ans après ce voyage que le projet s’est concrétisé. Plus précisément après la mort de Masha Amini le 16 septembre 2022, jeune étudiante iranienne tuée en garde à vue après avoir été arrêtée pour avoir mal porté son voile.

Les deux volets de l’exposition, au Parlement Européen et à l’espace Apollonia, se répondent. Le premier regroupe les deux photographes évoqués précédemment. Le second présente un caractère encyclopédique et éclectique. Trois grandes thématiques viennent en rythmer la scénographie et captent l’attention du public tout en offrant une clé de compréhension sur la situation de l’Iran. 

Car même en 2023, exposer ces oeuvres à Strasbourg est un acte militant qui incite à réfléchir aux droits fondamentaux, au principe de démocratie ou encore au rapport à l’autorité.

Faire rimer féminité et liberté

Pour Maryam Firuzi et Babak Kazemi, dont les photographies sont exposées au Parlement européen, il est nécessaire de dénoncer le statut des femmes dans leur pays. Tous deux cherchent à contourner la loi islamique sur le port du voile obligatoire. Cacher des cheveux de femmes par la broderie de vrais cheveux, ou illustrer un mythe persan font partie de leurs astuces photographiques.

Mahsa Alikhani, Kate Moss Family, 2013, série de dix photographies, impressions numériques (détails). Photo : Lisa Christ / Rue89 Strasbourg / cc

À l’espace Apollonia, Mahsa Alikhani détourne le sujet avec ironie. Elle met en scène des femmes aux différents âges de la vie, enfermées dans une cage transparente. Tantôt cuisinières, tantôt mères, tantôt couturières, elles sont toujours cantonnées à des tâches domestiques. L’artiste immerge ces figures féminines dans un univers onirique et imaginaire qui touche à la réalité, tout en affirmant une volonté de liberté. 

Dans un autre style, Naila Dabdar s’intéresse à la documentation de la vie quotidienne à travers des photographies en noir et blanc très contrastées. Alors que Maryam Dashti rend compte de la mémoire à travers des souvenirs d’enfance. Elle utilise l’effacement par la couleur et crée des figures absentes de l’image, presque fantomatiques.

Le reflet d’autres réalités 

Plusieurs artistes de l’exposition ont choisi d’aborder dans leurs images la question de l’environnement. C’est le cas du photographe Mohammad Abbasi, par exemple, dont les clichés montrent trois paysages imposants. Les rochers que l’œil perçoit de prime abord sont en réalité des restes de véhicules de combat enfouis dans la mer. L’artiste témoigne de son inquiétude face aux conséquences environnementales de la guerre. 

Alireza Memariani, quant à lui, utilise la couleur rouge pour plonger son public dans l’ambiance fictive d’une urgence climatique bien réelle. Il insiste sur des regards humains préoccupés, des oiseaux et d’autres animaux blancs, symboles de liberté. 

« Ce qui nous tenait à cœur comme toujours, c’est de montrer ces artistes qui se battent pour des valeurs. À travers ces expositions, l’aspect politique dépasse l’aspect esthétique qui reste néanmoins lui-même présent. »

Dimitri Konstantinidis

Construire la cité par l’image

Après la nature, c’est la question de la ville qui préoccupe plusieurs artistes. Ils évoquent, chacun à leur manière, la destruction de bâtiments historiques, la présence des logements sociaux, la place de l’architecture…

Kiarang Alaei, The 4th State ; Passing ; The Heaven ; Daily life in Masouleh, impressions numériques. (Photo Lisa Christ / Rue89 Strasbourg / cc) 

À travers six clichés encadrés, Kiarang Alaei se détache de la métropole pour montrer Gilan, une cité provinciale à quelques heures qu nord ouest de Téhéran. Il dépeint avec poésie des moments de vie en suspens qui semblent doux lorsque l’image est colorée et plus tristes lorsqu’elle est assombrie. 

La mosaïque photographique de Kaveh Zohdi met en lumière une ville qui n’est plus symbolisée par son architecture mais par ses habitants. Tandis que la rue Enghelab semble banale, juste hantée de quelques citadins errants, elle est en réalité historique et fortement fréquentée. 

Kaveh Zohdi, Tehran, Enghelab St., after representing acceptable citizens on the wall, 2019, impressions numériques. (Photo Lisa Christ / Rue89 Strasbourg / cc) 

Le but de l’exposition est de nous immerger, doucement ou cruellement, dans l’essence de la réalité du pays. Objectif atteint. Aspects sociaux, environnementaux et architecturaux dessinent plusieurs facettes de la photographie contemporaine iranienne, sans pour autant réduire l’Iran à cela. Ainsi, « À un cheveu près », par son titre mais avant tout par les images qu’elle abrite, rappelle que les libertés sont parfois mises à l’épreuve et qu’il faut, encore aujourd’hui, se battre pour les préserver. 

Secrets d’enquête : l’affaire Michaël Langlois

Secrets d’enquête : l’affaire Michaël Langlois

Affaires financières, violences sexuelles, scandales politiques… Comment travaillent celles et ceux qui révèlent ces informations d’intérêt public ? Secrets d’enquête, un podcast Rue89 Strasbourg qui raconte les coulisses du journalisme d’investigation. Premier volet : l’affaire Michaël Langlois.

Le 7 février 2023, Rue89 Strasbourg publie un article mettant en cause un maitre de conférence de la faculté de théologie de Strasbourg. D’anciennes étudiantes accusent l’enseignant de violences sexistes. Alertée en novembre 2022, la journaliste Maud De Carpentier va mener une investigation de plusieurs mois sur cette affaire. À l’heure où les dénonciations se multiplient dans la foulée du mouvement MeToo, comment travaillent les journalistes qui enquêtent sur les violences sexistes, où les preuves matérielles sont rares et la parole des témoins centrale ?

Épisode 2

Épisode 3

Secrets d’enquête est disponible en podcast sur Spotify, Deezer, Apple podcasts, Google podcast et d’autres plateformes. Voir tous les liens.

Retour du festival Selbst Gemacht à la Semencerie

Retour du festival Selbst Gemacht à la Semencerie
Selbst Gemacht en 2021

Le festival du « faire soi-même » Selbst Gemacht est prévu samedi 21 et dimanche 22 octobre à La Semencerie à Strasbourg. Au programme : des ateliers et des rencontres avec les artistes qui occupent le lieu et leurs invités.

Chaque année, Rue89 Strasbourg annonce la dernière édition du festival Selbst Gemacht. Ce rendez-vous dédié au « faire soi-même » (do it yourself en anglais, DIY) dans un hangar industriel du quartier Laiterie à Strasbourg. Mais cette chronique d’une disparition annoncée n’a plus lieu d’être, car depuis deux ans, les artistes présents à La Semencerie ont été confortés dans leur occupation de ces locaux (lire nos articles précédents) grâce à une mobilisation de la Ville de Strasbourg.

L’édition 2023 du festival est prévue de 10h à 18h30, les samedi 21 et dimanche 22 octobre avec la même formule : une série d’ateliers et de rendez-vous par des artistes du lieu ou invités, pour s’initier à des techniques pour réparer son vélo ou son corps, des manières de prendre soin de son lave-linge ou de son ordinateur… Et tout ça à prix libre, dans le joyeux bordel qui caractérise La Semencerie comme à chaque fois. Le festival et ses ateliers sont accessibles aux enfants, à condition qu’ils regardent où ils mettent les pieds.

L’éventail des ateliers proposés à Selbst Gemacht 2023 (cliquez pour agrandir l’image).

Parmi les ateliers proposés, on retrouve les classiques : auto-réparation de vélo ou fabrication de doudous à partir de vieilles chaussettes. Mais aussi auto-santé féministe, pour partager ses connaissances gynécologiques, ou « biohacking » pour évoquer un mode de contraception masculine naturelle et réversible. Une série de rendez-vous sont consacrés au numérique, et aux moyens d’échapper aux emprises des géants de l’informatique ou de l’Internet tout en s’autorisant à écouter de la musique ou à prendre des photos.

L’atelier de feutrage de laine, toujours bien apprécié des enfants.

Un bar est disponible ainsi qu’une petite restauration. Le festival accueille également tout au long du week-end une librairie et une friperie. Certains ateliers, en orange dans le programme ci-dessus, nécessitent une inscription préalable par mail envoyé à l’adresse indiquée.

La préfecture du Bas-Rhin interdit à nouveau deux manifestations de soutien aux Palestiniens

La préfecture du Bas-Rhin interdit à nouveau deux manifestations de soutien aux Palestiniens

Dans deux arrêtés publiés les 19 et 20 octobre 2023, la préfecture du Bas-Rhin interdit deux potentiels rassemblements de soutien au peuple palestinien dont l’appel a été diffusé sur les réseaux sociaux.

Le conflit entre Israël et la Palestine a fait plus de 5 000 morts depuis le 7 octobre, dont au moins 3 800 Palestiniens. Selon la préfecture du Bas-Rhin, des appels à manifester place Kléber, vendredi 20 octobre à 17h30 et samedi 21 octobre à 14h00, tournent sur les réseaux sociaux. Toujours selon elle, l’objet de ces manifestations pro-Palestine sont « susceptibles d’affecter le respect de la dignité de la personne humaine ». Dans un premier arrêté du 19 octobre, et un second du 20 octobre, elle interdit ces potentielles manifestations. Pourtant, aucune déclaration de rassemblement n’a été effectuée auprès de ses services.

Les interdictions préfectorales sont motivées par diverses considérations, quasi-identiques dans les deux arrêtés. La mobilisation des forces de la sécurité intérieure pour les matchs de demi-finale de la coupe du monde de rugby, les 20 et 21 octobre. Le contexte de tensions vives au Moyen-Orient. Le risque qu’une telle manifestation donne lieu à des propos et gestes à caractère antisémites ainsi qu’à l’incitation à la haine raciale. Le décès le 18 octobre d’un homme en Turquie lors d’une manifestation anti-Israël. Ou encore le contexte de menace terroriste.

Gérald Darmanin retoqué par le Conseil d’État

Elle revient aussi sur la manifestation du 13 octobre en soutien au peuple palestinien à Strasbourg, déjà interdite par arrêté préfectoral. Elle considère que parmi les 500 personnes réunies malgré l’interdiction, 150 se sont montrées « particulièrement virulentes » et rappelle que 13 personnes ont été interpellées à cette occasion – parmi lesquelles Jean-Claude Meyer, membre de l’Union Juive pour la Paix.

Elle conclut en estimant qu’une « telle manifestation vise à provoquer ou à légitimer des actions de nature terroriste ».

Le 12 octobre, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait parvenir aux préfets un télégramme leur demandant d’interdire systématiquement les manifestations de soutien à la Palestine. Le 18 octobre, le Conseil d’État a estimé qu’il appartient aux préfets de décider d’interdire ces manifestations et « qu’aucune interdiction ne peut être fondée sur le seul fait que la manifestation vise à soutenir la population palestinienne ».

Un droit de réponse de la société Mediflash

Suite à la parution de notre enquête sur Mediflash, cette société qui propose des aides-soignantes autoentrepreneuses aux maisons de retraite, la société nous a fait parvenir le texte suivant, dans le cadre de son droit de réponse.

Lundi 16 octobre, Rue89 Strasbourg a publié une enquête en trois volets : La plateforme Mediflash soupçonnée de travail illégal, L’État soutient financièrement Mediflash qui élude des millions d’euros de cotisations sociales et Danielle Simonnet, députée LFI : « Avec Mediflash, tout le monde est perdant ». La société mise en cause a exercé son droit de réponse en faisant parvenir à la rédaction le texte ci-dessous.

    En réponse au premier passage contesté suivant :

« Pris en flagrant délit de travail illégal, Mediflash devrait donc faire l’objet d’un signalement de la part de l’inspection du travail. Contactée, la Dreets Grand Est n’a pas donné suite invoquant « un dossier en cours ».

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La police expulse une partie du squat Sarlat

La police expulse une partie du squat Sarlat

La police nationale a évacué un bâtiment du squat Sarlat au Neuhof dans la matinée du vendredi 20 octobre. Environ 150 personnes sans-abri vivent dans ces immeubles en instance de démolition depuis avril 2023.

Depuis avril, des personnes sans hébergement à Strasbourg ont investi des immeubles en attente de démolition situés dans le quartier du Neuhof. Ils occupent des appartements situés au 8, 10, 12, 14, 20, 22, 24 et 26 rue de Sarlat. Selon un comptage des associations de solidarité mi-octobre, environ 150 sans-abris vivraient entre ces murs.

Vendredi 20 octobre vers 6h, la police nationale a procédé à l’évacuation d’un des bâtiments du squat. À 9h, des ouvriers étaient en train de murer les entrées des numéros 12 et 14 de la rue de Sarlat et l’évacuation était toujours en cours. Sur place, Nicolas Fuchs, coordinateur régional de Médecins du Monde, était tenu à l’écart du lieu de l’évacuation et ne pouvait parler qu’aux personnes qui l’ont quitté avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Selon un communiqué de préfecture diffusé vendredi 20 octobre à 17h30, 23 personnes ont été évacuées. Parmi elles, 18 ont été « prises en charge » se répartissant ainsi :

    4 personnes ont été orientées vers des hébergements d’urgence, 8 demandeurs d’asile ont été orientés vers des hébergements dédiés, 2 personnes ont été orientées vers un centre de préparation d’aide au retour, 4 personnes ont été auditionnées au service de la police aux frontières.
Les sans-abris sont emmenés en bus, tandis que leurs affaires sont retirées des bâtiments. Photo : Document remis

Gymnase et « centre d’aide au retour » pour les sans-abris

Habitation Moderne, propriétaire des lieux, est une structure de la Ville de Strasbourg. Dès avril, le bailleur social a engagé les démarches légales pour obtenir l’expulsion des squatteurs. Les bâtiments concernés doivent être détruits et remplacés dans le cadre d’un programme de renouvellement urbain (NPRU). Début juillet, le tribunal judiciaire de Strasbourg avait prononcé l’expulsion sans délai de ces bâtiments « au besoin avec le concours de la force publique ».

La préfecture a emmené les sans-abris en bus au gymnase du Conseil des XV pour « évaluer » leurs situations administratives et « permettre une prise en charge adaptée ». La majorité des occupants du squat Sarlat sont d’origine géorgienne. Concrètement, certains risquent d’être acheminés dans des « centres d’aide au retour » et incités à retourner dans leurs pays d’origine.

Selon le communiqué de la préfecture, quatre personnes ont été orientées vers des hébergements d’urgence, huit vers des hébergements pour demandeurs d’asile, deux vers un centre de préparation d’aide au retour et quatre sont auditionnées par un service de la police aux frontières.

« On aimerait pouvoir les prévenir plus en avance »

Face à l’imminence de cette évacuation, des habitants du squat Sarlat ont publié un communiqué jeudi 19 octobre, dans lequel ils revendiquaient que tous les occupants soient relogés « sans distinction de situation administrative » :

« Qu’allons nous faire le jour où nous serons expulsés ? Quelles solutions alternatives à un lieu de vie précaire aurons-nous, sachant que les solutions d’hébergement d’urgence sont saturées et que les seules solutions proposées ne seront que temporaires avant une retour vers la rue, les squats et l’errance. »

En août 2023, Diana et ses enfants Nicolas et Nita, devant le squat Sarlat. (Photo TV / Rue89 Strasbourg)Photo : TV / Rue89 Strasbourg / cc

Vendredi matin, Nicolas Fuchs déplorait le manque d’anticipation des pouvoirs publics :

« On aurait aimé pouvoir prévenir les habitants plus en avance. On aimerait que les personnes soient au courant du projet d’expulsion, qu’elles aient le temps de se préparer. Car ce matin, on ne savait pas quel immeuble serait concerné par l’évacuation, c’est énormément de stress pour les familles. Et l’information pourrait venir de la Ville. »

Dans son communiqué, la préfecture conclue qu’elle « poursuivra son action déterminée contre ces occupations illicites ».

« Territoires zéro chômeur de longue durée » en Alsace : un espoir de courte durée

« Territoires zéro chômeur de longue durée » en Alsace : un espoir de courte durée

Depuis deux ans, Claire s’investit pour la création d’un dispositif d’emplois pour chômeurs et bénéficiaires du RSA, « Territoires zéro chômeur de longue durée » à Strasbourg. Avec son parcours professionnel abimé, le projet lui semblait salutaire. Mais la Collectivité d’Alsace n’a pas souhaité expérimenter ce projet du gouvernement dans la région.

Quinze fois, elle s’est excusée. Navrée pour le désordre, pour sa timidité devant l’objectif, pour son manque de disponibilités aussi. Entre son bénévolat à l’association Amsed, sa participation à une chorale du Port du Rhin, une formation à l’Esplanade et sa présence au conseil de quartier, la journée de Claire Illari paraît interminable.

Envers et contre toutes ses obligations, la quadragénaire trouve quelques heures pour un café et une discussion. Sa timidité se dissipe comme le sucre dans l’eau chaude. Sourire permanent aux lèvres, elle relance, provoque les questions, paraît à l’aise dans l’exercice. « J’ai l’habitude de parler de Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), vous n’êtes pas le premier journaliste », lance-t-elle d’un air bravache, en tendant un exemplaire du journal du quartier, PDR. À l’intérieur de ces pages, elle plaidait passionnément en faveur de cette expérimentation, qui visait à mettre en relation des entreprises avec des personnes éloignées de l’emploi.

Via ce dispositif, ces derniers se seraient vus proposer des emplois « non concurrentiels » en CDI, c’est à dire des postes spécialement conçus pour leurs profils. Mais voilà : un an plus tard, la mort du projet est actée. Faute d’un accord de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), le dispositif était figé dans une impasse. En dépit des espoirs déçus, l’enthousiasme de Claire reste intact.

Confiance en miettes

Pour ceux dénués de confiance en eux, avec des parcours sinueux, se « vendre » sur le marché du travail relève du miracle. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Claire a toujours douté d’elle-même. Fille d’une mère professeure, parfois cassante, elle quitte la Lorraine pour faire son lycée à Strasbourg, où elle obtiendra un BTS tourisme. En 2005, elle décroche son premier CDI dans un hôtel, reconverti en centre d’hébergement.

Claire Illari, bénéficiaire du RSA et vivement engagée dans le dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée ».Photo : RG / Rue89 Strasbourg

Suite à plusieurs fautes d’inattention, elle est licenciée en 2012. « Après ça, j’essaye de rebondir », relate Claire. « J’ai voulu faire une formation à Colmar, mais je suis tombée enceinte. Mon fils avait trois mois quand j’ai essayé de reprendre la formation. J’ai finalement arrêté pour m’occuper de lui ». Au bout d’un an, elle veut reprendre mais bloque. La jeune mère se sent en décalage, inapte. Le marché du travail devient ce lieu hostile, source d’angoisse et de stress, d’où elle se sent progressivement exclue :

« Quand je passais un entretien d’embauche, je me cassais toute seule. Je ne sais pas comment mais je mettais d’abord en avant le fait que j’avais un enfant, que j’aurai besoin d’horaires adaptés, que je ne serai pas forcément prête. Les autres candidats avaient toujours l’air meilleurs que moi. »

Dans la foulée, on diagnostique à Claire un trouble du déficit de l’attention (TDAH). Déjà bien entamée, sa confiance en elle vacille un peu plus :

« D’un coup, je comprenais plein des problèmes que j’ai pu avoir dans mon poste, pourquoi je perdais parfois le fil. Dans cette période j’étais dans le doute, je ne savais plus où me diriger, si je pouvais encore travailler. »

L’espoir d’un emploi adapté

C’est dans ce contexte qu’elle entend parler de « Territoires zéro chômeur de longue durée », par l’association Drugstore au Port du Rhin. Bénéficiaire du RSA depuis plusieurs années, elle s’engage activement dans l’association qui porte le projet dès novembre 2021, alors que l’initiative démarre tout juste. Pour elle, la perspective d’un travail adapté à son profil est inespérée :

« J’étais très enthousiaste dès le début. C’est beaucoup plus facile de s’imaginer dans un contrat à temps choisi, où je peux être polyvalente. Avec le TDAH, il faut justement que je sois polyvalente, que je ne fasse pas les mêmes tâches toute la journée. »

Divorcée, Claire s’occupe de son garçon de 9 ans en plus de ses engagements bénévoles.Photo : RG / Rue89 Strasbourg

Pendant deux ans, elle participera assidûment à des réunions de travail, toutes les deux semaines, pour préparer le dossier de l’expérimentation. « Ça m’a donné beaucoup de confiance en moi, parce qu’on était intégré, partie prenante. En fonction de ce qu’on sait faire, on reconnait nos capacités, comme le fait que je sois bilingue, étant franco-anglaise. » Si le projet était arrivé à son terme, Claire devait « travailler à des tâches administratives », ou aider à donner des cours d’anglais.

La Collectivité d’Alsace ne croit pas au projet

Alors que le projet s’affine et que sa présentation devient imminente, l’horizon s’obscurcit pour l’association. Une fois qu’un « Territoire zéro chômeur » est reconnu, les contrats qu’ils proposent sont financés par l’État à hauteur de 102% du Smic et par les Départements, pour 15% de la somme versée par l’État. Problème : la CeA présidée par Frédéric Bierry (Les Républicains) tergiverse, temporise et finalement refuse.

Interpellée en séance plénière par l’opposition, la vice-présidente en charge des Solidarités, Fatima Jenn, avait balayé l’hypothèse d’un revers de main : « On ne veut pas se disperser ! Écoutez, on est en pleine dynamique dans (notre) politique d’insertion, pourquoi aller s’aventurer encore dans des expérimentations ? »

Les raisons derrière le refus du Département sont à mille lieux de la vie et des attentes de Claire. Interrogé au cours d’un déjeuner presse, mercredi 18 octobre, Frédéric Bierry préfère parler des expérimentations « France Travail » que de « Territoires zéro chômeurs ». En tant que président de la CeA, mais aussi en tant que vice-président de l’Assemblée des départements de France, il reste opposé par principe à cette expérimentation :

« Avec TZCLD, l’État engageait les finances (du Département) sur des publics qui ne relèvent pas de nos compétences (les non bénéficiaires du RSA, NDLR). Avec les Départements qui ne s’étaient pas déjà engagés dans l’expérimentation, nous avons décidé de ne plus créer de territoires zéro chômeur tant que l’État ne change pas ces critères. J’en ai parlé à Olivier Dussopt (ministre du Travail, NDLR), c’était de l’ordre du décret, mais ils n’ont pas changé le texte. À partir de là, on est resté sur nos positions.

Frédéric Bierry, le président de la Collectivité d’Alsace. Photo : RG / Rue89 Strasbourg

Malgré la déception, rester mobilisé

Au terme d’une longue période d’atermoiements de la CeA, l’élu référent pour la Ville de Strasbourg, Benjamin Soulet, acte que le projet est dans une impasse. Le 15 septembre, dans une salle réunissant plusieurs acteurs mobilisés derrière le dispositif TZCLD, annonce la mort dans l’âme que l’expérimentation est abandonnée. La déception de Claire est immédiate :

« Je l’ai vécu très mal. Je ne comprends pas du tout la décision de la CeA. Je suis tellement déçue pour tout ce travail pendant deux ans, qui n’aboutit à rien. Enfin, pas à rien. Ça m’a permis de reprendre confiance en moi et de ne pas être seule. »

Benjamin Soulet a pris en charge le dossier « Territoires zéro chômeurs de longue durée » après le décès de l’ancien vice-président en charge de l’économie sociale et solidaire à l’EMS, Pierre Roth.Photo : RG / Rue89 Strasbourg

Malgré l’échec du projet, Benjamin Soulet veut rester positif, plaidant qu’au cours des deux années passées « ceux qui étaient éloignés de l’emploi ont acquis plein de compétences » utiles pour la suite de leurs parcours professionnels. « Dans tous les cas, nous ne les laisserons pas seuls, nous continuerons de les accompagner. D’ailleurs les réunions continueront, nous trouverons une autre manière de défendre l’insertion dans l’emploi, » dit-il. En reprenant son sourire, Claire assure qu’elle restera toujours aussi mobilisée.