Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Wangenbourg : début imminent du chantier d’un énorme complexe de VTT dans la forêt

Wangenbourg : début imminent du chantier d’un énorme complexe de VTT dans la forêt

La communauté de communes a publié le 27 décembre 2022 un appel d’offre pour trouver le constructeur d’une grande infrastructure dédiée au VTT, avec notamment 17 kilomètres de pistes dans la forêt. Un collectif écologiste local y voit un projet démesuré destiné au tourisme de masse et dangereux pour la nature.

Un bâtiment de 450 mètres carrés, des bosses goudronnées, un tapis roulant ainsi que des obstacles sur huit hectares. Et surtout 17 kilomètres de pistes artificielles de vélo tout terrain (VTT). C’est ce qui attend la prairie du Langacker et sa forêt avoisinante, en aval de Wangenbourg-Engenthal, à moins d’un gros rebondissement. La communauté de communes de la Mossig et du Vignoble (CCMV), porteuse du projet, a publié l’appel d’offre pour trouver le constructeur du bâtiment le 27 décembre. Il est clôturé depuis le 31 janvier.

Si tout se passe comme prévu, les travaux devraient débuter au printemps et durer environ un an : l’ouverture est prévue en 2024. Les élus locaux ont choisi d’ignorer l’opposition d’Alsace Nature et du collectif nature et cadre de vie Wangenbourg, qui y voient une artificialisation des sols, la destruction de milieux naturels et des perturbations pour l’écosystème à cause du bruit et de la fréquentation que provoquera la structure.

La prairie du Langacker, que les élus locaux souhaitent aménager. Photo : remise par Alsace Nature

« Un projet destiné au tourisme de masse »

Rue89 Strasbourg publiait en décembre une enquête au sujet de l’afflux des visiteurs sur certains sites et la nécessité de repenser le tourisme dans les Vosges, en évitant notamment les grandes infrastructures qui concentrent les nuisances et menacent particulièrement les animaux. Le Collectif nature et cadre de vie Wangenbourg-Engenthal a écrit un courrier, daté du 22 décembre, aux élus de la communauté de communes :

« Notre collectif s’est formé contre ce projet démesuré destiné à un tourisme de masse, alors que notre commune est inscrite dans un schéma régional de développement du tourisme et de loisirs, compatible avec l’idée d’une station verte à dimension humaine et familiale. »

En bleu, l’emprise du projet de Trail Center, sur la prairie du Langacker et dans la forêt. Photo : Document remis par Alsace Nature

Des millions d’euros d’argent public

Les opposants relèvent également que le terrain serait « pollué par 25 ans d’épandage des boues d’épuration sans traitement préalable sur la prairie, ce qui rend la zone impropre aux activités de loisir ». Ils s’interrogent enfin sur la rentabilité du projet. La CCMV prévoyait d’investir deux millions d’euros pour la construction avant la guerre en Ukraine et l’augmentation des coûts dans le secteur du bâtiment. Notamment interrogé sur ce point, Daniel Acker, président de la communauté de communes et maire de Wangenbourg-Engenthal, n’a pas donné suite à notre sollicitation.

« Investir des millions d’euros d’argent public dans un trail center en 2023, dans un moment où tous les acteurs du tourisme des Vosges estiment qu’il faut arrêter avec ce type d’infrastructure, c’est complètement absurde », estime Frédéric Ichtertz, du Collectif nature et cadre de vie Wangenbourg-Engenthal.

En Alsace, les jeunes soutiens du gouvernement peinent à défendre la réforme des retraites

En Alsace, les jeunes soutiens du gouvernement peinent à défendre la réforme des retraites

Alors que les opposants à la réforme des retraites se mettent bruyamment en ordre de bataille, les jeunes soutiens d’Emmanuel Macron restent discrets sur le sujet. Et révèlent une culture politique bien plus policée que leurs opposants.

Ni le bruit, ni la fureur. Quand certains jeunes rêvent barricades et occupations politiques, eux campent les salons de thé et les arrière-salles de bistrots. À rebours de leur génération, les jeunes militants alsaciens soutenant le gouvernement semblent avoir du mal à être audibles face aux opposants de la réforme des retraites. Et n’affichent pas eux-mêmes un enthousiasme débordant dans leur défense du projet de loi. Disséminés entre Renaissance, MoDem et Horizons, ces derniers partagent une même culture politique, pétrie de courtoisie et de consensus. 

Six membres des Jeunes avec Macron (JAM) se motivent pour un collage nocturne au centre-ville. Photo : RG / Rue89Strasbourg / cc

« Je ne pense pas qu’il y ait de grandes différences entre nous et les organisations de gauche, nous faisons tous les mêmes choses », tempère d’emblée Nastasia Boschard, la représentante pour l’Alsace des Jeunes avec Macron (JAM). Flanquée du « responsable mobilisation » Yohann Bouilly, elle égraine quelques exemples avec conviction ; les tractages seraient réguliers – une fois par semaine, meilleur scénario – avec un ou deux collages dans le mois. Le nombre de militants oscillerait entre dix et quinze, au gré des périodes de partiels ou de vacances. Son compère précise : 

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Mise en scène féministe de La Voix Humaine de Francis Poulenc à l’Opéra national du Rhin

Mise en scène féministe de La Voix Humaine de Francis Poulenc à l’Opéra national du Rhin

La voix de la chanteuse soprano Patricia Petitbon va résonner à l’Opéra national du Rhin entre le 18 et le 26 février. Elle interprète seule sur scène, un dernier appel téléphonique pour celui qu’elle aime dans l’espoir d’un retour, avec une mise en scène par la féministe Katie Mitchell.

L’Opéra national du Rhin (ONR) propose, du 18 au 26 février, le spectacle La Voix Humaine, par la célèbre metteuse en scène et féministe britannique Katie Mitchell. Il s’agit de la création de Francis Poulenc, datée de 1959, adaptée d’un monodrame de Jean Cocteau. L’opéra sera accompagné d’Aeriality, une composition de l’Islandaise Anna Thorvaldsdottir.

L’orchestre sera dirigé par Ariane Matiakh qui avait été nommée à la cérémonie des Grammy Awards 2018. Un épilogue vidéo inédit a été tourné à Strasbourg par le réalisateur britannique Grant Gee en collaboration avec la production locale Auguste et Louise. Ce spectacle de 1h10 sans entracte est une bonne occasion pour les néophytes de découvrir l’opéra sans crainte de s’endormir.

Extrait La Voix Humaine, le téléphone sonne Photo : Film Grant Gee / doc remis

La rupture au bout du fil

À la parution de La Voix Humaine en 1930, Jean Cocteau était l’un des premiers à montrer la distance que peuvent créer les appareils de communication pourtant conçus pour rapprocher ceux qui sont loin. La communication peut se brouiller, des mots peuvent se perdre, les yeux ne peuvent parler et l’ineffable devient incompréhensible pour celui à l’autre bout du fil. Une thématique toujours d’actualité à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux.

La fable est simple. Elle, seule dans son appartement, attend un dernier signe de celui qu’elle aime encore. La ligne est encombrée, l’appel tarde à venir. C’est enfin lui. La conversation ponctuée de nombreuses coupures n’est qu’un long supplice pour la protagoniste. Il faut rendre les affaires, penser à l’avenir du chien, se montrer courageuse sans jamais accabler l’autre. Mais la digue cède et elle avoue avoir tenté de mettre fin à ses jours. Au bout du fil, les réponses semblent distantes, sans passion et sans tendresse, indifférentes et pragmatiques. Il raccroche et à présent elle est seule.

Extrait La Voix Humaine, le téléphone sonne Photo : film Grant Gee / doc remis

Lorsque Francis Poulenc décide d’adapter ce texte d’une grande sensibilité, il s’identifie lui-même à l’expérience et aux émotions traversées par le personnage féminin. Katie Mitchell relève une « misogynie intériorisée chez ce personnage » : pendant tout le monologue, elle n’hésite pas à s’humilier à plusieurs reprises, s’approprie tous les torts et se rabaisse sans cesse pour un homme manifestement peu intéressé par elle.

Par sa mise en scène, Katie Mitchell est décidée à montrer cette femme plus profonde qu’une simple amoureuse meurtrie, vidée de toute substance suite à cet abandon. L’épilogue inédit sera l’occasion pour elle de passer « de victime du patriarcat à agent de son propre destin ».

« La musique est un langage lié aux émotions »

Lors d’un entretien accordé à Rue89 Strasbourg, la cheffe d’orchestre du spectacle, Ariane Matiakh, rappelle :

« La musique est un langage universel, lié aux émotions. C’est une affaire humaine, les œuvres reflètent leur époque et il n’est pas nécessaire de les changer pour les apprécier. »

Dans La Voix Humaine, la cantatrice Patricia Petitbon, également actrice, brille aussi grâce à l’orchestration de Francis Poulenc. Il lie la musique à la fable en utilisant par exemple le xylophone pour le téléphone ou les timbales pour faire ressentir au spectateur les battements de cœur du personnage.

Si l’art est politique et permet de créer la réflexion, il n’en reste pas moins un lieu de divertissement et d’émerveillement. Le monodrame étant en cours de création à l’Opéra National du Rhin, peu d’éléments supplémentaires sont disponibles, néanmoins la metteuse en scène et la soprano n’en sont pas à leur première collaboration, elles ont déjà séduit le public en 2015 avec le remarqué Alcina, qualifié de déchaînement de fureur, de plaisir et de passion.

La police entre dans des facs et place en garde à vue des étudiants mobilisés sur les retraites

La police entre dans des facs et place en garde à vue des étudiants mobilisés sur les retraites

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Sandra Regol : « Derrière l’intervention de la police en AG étudiante, il y a une dérive de l’Université »

Sandra Regol : « Derrière l’intervention de la police en AG étudiante, il y a une dérive de l’Université »

Tribune – Pour Sandra Regol, députée écologiste de la première circonscription du Bas-Rhin, l’intervention de la police pour évacuer une assemblée générale étudiante est révélatrice d’une dérive sécuritaire du président de l’Université de Strasbourg Michel Deneken.

« La récente évacuation d’une assemblée générale étudiante par les forces de l’ordre a posé question bien au-delà de l’Université et de Strasbourg. Je renouvelle mon soutien aux étudiants et rejoins les syndicats, étudiants et enseignants qui questionnent les choix de la présidence.

Une décision inexplicable de Michel Deneken

Le 19 janvier dernier, après la manifestation massive et pacifique contre la réforme des retraites, des étudiants strasbourgeois ont spontanément décidé de se rassembler à l’Université. Ils étaient une centaine à débattre dans le calme des suites de la mobilisation quand plusieurs garnisons de CRS ont envahi l’amphithéâtre pour les expulser. L’intervention a été demandée et assumée par le président de l’Université, Michel Deneken. Cette décision est inexplicable. En l’absence de trouble à l’ordre public, rien ne peut justifier cette décision démesurée et disproportionnée.

Après la manifestation contre la réforme des retraites à Strasbourg, jeudi 19 janvier, une soixantaine d’étudiants ont été évacués d’un bâtiment universitaire, où ils tenaient une assemblée générale. Photo : remise

Mais derrière cette intervention, choquante, c’est une dérive qui se dessine à travers les choix de gestion de l’Université de Strasbourg. Depuis son élection en 2016, le président a de nombreuses fois été mis en cause. En 2020, face à sa possible réélection, des dizaines d’élus des trois conseils centraux de l’Université ont démissionné de leurs mandats pour dénoncer le manque de transparence de la présidence.

Avec Macron, contre les mobilisations étudiantes

Fin 2022, il a défrayé la chronique en choisissant, contre l’avis de toutes les instances représentatives, de fermer l’Université deux semaines pour faire des « économies d’énergie ». Un choix faisant peser la facture énergétique sur les étudiants, pénalisant les plus précaires, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Début 2022 déjà, le président avait renoncé au principe de neutralité qu’impose sa fonction en signant un « appel national à la mobilisation pour la réélection du président de la République Emmanuel Macron ». C’est le gouvernement de ce même Emmanuel Macron qui a fait voter en 2020 la pénalisation des mobilisations étudiantes, prévoyant jusqu’à 3 ans de prison pour l’occupation des campus universitaires. Pour intimider les mobilisations étudiantes, la boucle est bouclée.

Un président qui renonce à l’ « université du bien-vivre »

Pourtant, suite à sa réélection en 2020, M. Deneken déclarait vouloir porter le projet d’ « une université du bien-vivre pour l’ensemble de ses acteurs tant la crise a agi comme révélateur photographique de la précarité étudiante, une université plurielle et ouverte sur la diversité et la société ». Ses choix, depuis lors, sonnent donc le renoncement à cet engagement. L’Université de Strasbourg doit être un sanctuaire de l’enseignement public, de la recherche et des libertés, un lieu apaisé et de dialogue où le droit de réunion et d’engagement des étudiants est garanti.

Le pouvoir des présidents d’université est immense et leur responsabilité tout autant. En tant qu’élue de la République, je mesure le poids de cette charge et demeure vigilante à ce que les droits soient respectés et que notre devise « liberté, égalité, fraternité » demeure une réalité. La jeunesse est notre avenir : il est de notre devoir de lui assurer les moyens d’étudier dans de bonnes conditions et de pouvoir décider de son futur. »

Avec Nazih Kussaibi, Strasbourgeois engagé pour la Syrie

Avec Nazih Kussaibi, Strasbourgeois engagé pour la Syrie

« Les Strasbourgeoises et Strasbourgeois engagés », un podcast de Rue89 Strasbourg. Dans cette série de portraits sonores, des militants racontent leur engagement, leur parcours. Dixième épisode avec Nazih Kussaibi, président de l’association Alsace-Syrie.

Le 15 mars 2011, alors que les dictatures d’Égypte et de Tunisie viennent de tomber sous la pression populaire. La Syrie connait la première manifestation de son printemps. Très vite, le pays tout entier s’enflamme pour demander la fin de la tyrannie. Depuis 1970, la république de Syrie est dirigée par la famille El-Assad, Hafez d’abord, puis Bachar, son fils, à partir de 2000. Alors que le régime baasiste réprime dans le sang les manifestations pacifiques, la révolution syrienne se mue en conflit armé. En plus de dix ans, la guerre civile aurait fait plus de 500 000 morts et 13 millions de déplacés, un quart de la population a quitté le pays. La Syrie est exsangue et la guerre continue.

Une manifestation en soutien au peuple syrien en 2013 à Strasbourg. (Photo association Alsace-Syrie)Photo : Document remis / Alsace Syrie

Dès les premières manifestations en 2011, la communauté syrienne de Strasbourg s’organise pour soutenir les révolutionnaires et réclamer, elle aussi, la chute du régime. Parmi les manifestants, Nazih Kussaibi, un professeur d’arabe installé en France depuis 1976. Il connaît bien la nature du régime et espère voir la Syrie devenir un état démocratique « comme n’importe quel autre pays du monde ». En 2012, il prend la présidence de l’association Alsace-Syrie, créée pour apporter un soutien plus direct à la population sur place. L’intellectuel devient alors logisticien et travaille à faire parvenir de l’aide humanitaire aux Syriens.

En tout, ce sont 38 conteneurs qui seront envoyés au Proche-Orient depuis l’Alsace. Grâce aux dons qu’elle collecte, l’association finance également l’achat de biens de première nécessité, la construction d’une école pour les orphelins près d’Idleb et vient en aide aux réfugiés en France. « C’est vrai que ce qu’on envoie ne va pas changer la situation de millions de personnes, mais on fait notre part pour aider la population syrienne qui est dans le besoin. »

Nazih Kussaibi, président de l’association Alsace-Syrie. Photo : AL / Rue89 Strasbourg

Consultation citoyenne sur la sobriété énergétique : forte participation, peu de solutions radicales

Consultation citoyenne sur la sobriété énergétique : forte participation, peu de solutions radicales

Le Conseil de développement de l’Eurométropole a présenté ce vendredi 27 janvier les résultats de la consultation citoyenne sur la sobriété énergétique. Plus de 12 000 citoyens se sont exprimés, avec un engouement pour des solutions collectives. En revanche, pour les efforts individuels, il y a encore du chemin.

« Il y a une vraie dynamique positive par rapport à la sobriété », lance, joyeuse, Thérèse Chartier. La retraitée est bénévole au sein du Conseil de développement (CoDev) de l’Eurométropole (EMS), co-animatrice de la commission Énergie. Les trois membres – tous bénévoles – de ce CoDev insistent sur ce point pendant toute la conférence de presse. Il faut dire qu’il y a de quoi être fier : 12 231 citoyens se sont exprimés à travers cette consultation. « C’est d’une ampleur inédite ! » ajoute Anne-Marie Bresch, elle aussi co-animatrice, qui s’empresse d’ajouter : « C’est comparable aux consultations lancées au niveau national ! »

Thérèse Chartier, Anne-Marie Bresch et Jacques Bigot sont membres du Conseil de Développement de l’Eurométropole. Depuis un an, ils travaillent sur la consultation citoyenne au sujet de la sobriété énergétique. Photo : MdC / Rue89 Strasbourg

Selon les trois membres bénévoles du CoDev, la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui touche toute l’Europe depuis maintenant un an est aussi la clé de la forte motivation citoyenne sur cette consultation : « Il est certain que nous avons tous réalisé à quel point nous étions dépendants de la Russie, et qu’il fallait trouver des solutions autres », souligne Jacques Bigot, président du CoDev.

Une majorité de jeunes Strasbourgeois dans les participants

Sur les 12 231 citoyens qui ont pris part à la consultation en ligne (du 17 octobre au 30 novembre 2022), 36% ont entre 16 et 34 ans. « Il s’agit d’une population qui est déjà très engagée dans ce domaine de transition énergétique », reconnaît Anne-Marie Bresch. 56% des participants sont par ailleurs des Strasbourgeois. Là encore, pas de surprise puisque 57% des habitants de l’EMS sont Strasbourgeois.

En revanche, seuls 12% des plus de 65 ans ont donné leur avis, alors qu’ils représentent 26% de la population générale de l’Eurométropole. Peut être un bémol dans le panel des participants. Peut-être aussi la conséquence d’une consultation en ligne, avec une maîtrise des outils informatiques difficile, et une campagne de communication axée sur les réseaux sociaux. Mais Jacques Bigot se défend : « Nous sommes également allés tracter sur les marchés, pour accéder à cette population plus âgée. » Avec un succès relatif donc.

Page 3 of Rapport Strasbourg Sobriété - Rapport
Contributed to DocumentCloud by maud de carpentier (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

Des solutions collectives classiques qui motivent les foules…

Les participants n’avaient qu’une seule contrainte pour rédiger leurs propositions : commencer leur phrase par « Il faut … », et faire tenir leur idée en 140 caractères. Alors que proposent finalement ces milliers de citoyens pour atteindre la sobriété énergétique d’ici 2050 ? « Il y a clairement de grands consensus, notamment autour des mesures collectives, c’est-à-dire lorsque c’est à la collectivité de faire les choses », explique Thérèse Chartier.

Page 9 of Rapport Strasbourg Sobriété - Rapport
Contributed to DocumentCloud by maud de carpentier (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

La réduction de l’éclairage des villes la nuit, ou l’extinction des enseignes lumineuses ont par exemple recueilli plus de 23 000 votes, avec un taux d’acceptabilité très élevé sur le sujet. Idem pour le développement du train et des transports en commun (les citoyens consultés sont massivement pour « augmenter l’amplitude horaire des trains »), l’isolation des bâtiments publics, la valorisation des déchets dans l’Eurométropole ou encore le développement du photovoltaïque.

Peu d’engagements plus radicaux

En revanche, les propositions plus radicales faites par certains citoyens n’ont pas recueilli d’avis favorables. Elles sont donc définies comme « controversées » par le Conseil de Développement de l’EMS, et figurent tout de même dans le document d’étude.

Il y a par exemple l’idée d’instaurer une journée sans voiture (56% de votes contre), ou celle d’interdire l’accès à l’hyper-centre aux véhicules motorisés sauf livraison, PMR et commerces (48% contre).

De la même façon, si les citoyens qui ont participé à la consultation sont en grande majorité pour « renforcer les aides à l’isolation des logements » (proposer davantage d’aides, aide les propriétaires à bas revenus) ou « mieux maîtriser la chaleur dans les structures commerciales et publiques » (en baissant la température dans les grands magasins commerciaux par exemple), ils sont majoritairement contre les interdictions de climatisations individuelles dans les appartements et maisons (47% contre, 33% pour et 20% ne se prononcent pas). Conclusion de Thérèse Chartier : « Quand on passe aux mesures individuelles, on sent certains points de crispation. »

Une majorité des participants pour que le Racing joue en journée

Certaines propositions faites ont eu le mérite d’être carrément innovantes, comme celle de fermer la patinoire l’été (31% contre), ne plus chauffer les centres sportifs (51% contre), arrêter de chauffer les trams en hiver (37% contre) ou fermer un maximum de piscines en hiver (51% contre).

Des propositions, là encore jugées « controversées » par le CoDev. « Mais les controverses sont intéressantes, souligne Thérèse Chartier. Elles méritent un débat, c’est pour ça qu’on les as retenues également dans ce document de travail. » Comme cette proposition qui a été faite sur l’organisation « des matches de foot en journée pour ne pas avoir à éclairer le stade » : 29% ont voté contre, 48% pour.

Page 21 of Rapport Strasbourg Sobriété - Rapport
Contributed to DocumentCloud by maud de carpentier (Rue89 Strasbourg) • View document or read text

Après la consultation et les propositions, place aux échanges

Désormais, après plus d’un an de travail sur cette consultation et l’élaboration de 1 100 propositions déposées par les citoyens de l’EMS, le CoDev passe à la phase des échanges. Les bénévoles de cette commission vont donc parcourir pendant plusieurs semaines l’Eurométropole, en organisant des réunions avec les citoyens, sur des thématiques choisies.

Après une réunion sur les réseaux de chaleur à Schiltigheim la semaine du 16 janvier, ils animeront un échange sur le solaire, à Ostwald le 10 février. Puis ce sera le thème de la rénovation des bâtiments qui sera abordé à Eschau le 9 mars, et enfin celui de la biomasse et de la méthanisation à Lampertheim le 23 mars.

C’est la thématique de la transition énergétique qui était abordée dans cette consultation citoyenne / Photo liebeslakritze / Flickr / cc.

Forts de ces réunions, et de ces propositions, les bénévoles du CoDev présenteront en juin prochain un avis à l’Eurométropole sur le thème de la sobriété énergétique. Jacques Bigot rappelle la mission du Conseil de Développement dont il est le président :

« Notre rôle n’est pas de dire aux élus : voilà ce qu’il faut faire. C’est de dire : voilà ce qui est accepté, voilà ce qui fait débat. À partir de ces infos, certains élus soutiendront certaines idées. Et peut être que sur d’autres, ils seront plus timorés. Ou bien ils sauront qu’ils doivent davantage travailler pour convaincre. »

Mais quoi qu’il arrive, l’EMS devra faire un retour sur chacune des 1 100 propositions élaborées par le CoDev.

Heineken : une cagnotte Leetchi pour aider les grévistes à sauver leurs emplois

Heineken : une cagnotte Leetchi pour aider les grévistes à sauver leurs emplois

Depuis ce lundi 23 janvier, une dizaine d’ouvriers d’Heineken employés à des postes indispensables à la production, sont en grève et bloquent la brasserie pour protester contre sa fermeture. Les syndicats ont créé une cagnotte Leetchi afin de les soutenir dans leur bras de fer avec la direction du groupe.

La direction du groupe Heineken avait annoncé à ses salariés la fermeture de la brasserie de Schiltigheim le 14 novembre. 220 postes en moins à l’horizon 2025, prétextant que le site industriel est vétuste. Les ouvriers étaient en grève dès le lendemain, sidérés par leur société qui a réalisé 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 – dont 3,3 milliards de bénéfices nets – mais ne daigne pas investir 50 millions d’euros pour sauver leurs emplois. « On est beaucoup à avoir travaillé en trois huit toute notre vie dans cette usine. Ils croyaient qu’on allait juste partir gentiment sans rien dire ? », s’interroge Didier Deregnaucourt, délégué du personnel pour la CGT.

Les syndicats de la brasserie annoncent la création d’une caisse de grève sous forme de cagnotte Leetchi vendredi 26 janvier. Une dizaine de salariés en amont de la chaîne de production de la brasserie schilikoise avaient déjà arrêtée toute l’usine pendant une semaine en se mettant en grève du 2 au 9 janvier. Grâce à cette stratégie, les employés qui ne pouvaient pas travailler avaient donc été mis au repos. Depuis lundi 23 janvier, les mêmes ouvriers sont à nouveau en grève et l’usine est à l’arrêt.

Après plus de trente ans chez Heineken, (de gauche à droite) David, Laurent et Thierry se rappellent avoir beaucoup donné pour leur entreprise. Photo : Amélie Schaeffer / Rue89 Strasbourg / cc

Un grève dans la durée « s’il le faut »

Didier Deregnaucourt indique que la cagnotte permettra d’aider les ouvriers en grève :

« Nous souhaitons évidemment que la direction revienne sur sa décision de fermeture, ce serait l’idéal. Parallèlement, nous participons aux négociations pour les indemnités de départ. Là, ils nous juste proposé de petites indemnités. Ils veulent ajouter deux ou trois mois de salaire, donc 3 à 4 000 euros, selon l’ancienneté, en plus du seuil légal. Nous demandons un plancher minimum, pour tout le monde, y compris les jeunes, à 50 000 euros, juste pour partir dignement, avoir le temps de rebondir, continuer à payer les crédits pour celles et ceux qui en ont. »

Si le groupe reste sur la même ligne, les syndicats envisagent un arrêt de la production dans la durée, « plusieurs mois s’il le faut », assure Didier Deregnaucourt. Et en cas de surplus dans la cagnotte, les salariés prévoient de reverser l’argent à une association caritative. Les prochaines réunions de négociation entre la direction et les syndicats auront lieu le 9 février et le 3 mars.

La répression des fraudes enquête sur les garnitures de tartes flambées de la ferme Adam

La répression des fraudes enquête sur les garnitures de tartes flambées de la ferme Adam

Suite à une alerte, la Direction départementale de la protection des populations enquête sur une potentielle tromperie des consommateurs de tartes flambées, fabriquées à partir des garnitures de la ferme laitière Adam à Wahlenheim.

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) enquête depuis la fin de l’année 2021 sur les garnitures pour tartes flambées du groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) Adam, entreprise plus connue sous le nom de ferme Adam. L’alerte transmise en juillet 2021 au service de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes porte sur une potentielle tromperie du consommateur. Les enquêteurs doivent déterminer si la société Adam a délibérément menti sur la composition de ses fonds de tartes afin de réduire la quantité de lait utilisée. Et donc les coûts de production.

La ferme Adam produit aujourd’hui plus d’1,6 million de litres de lait chaque année. La totalité est transformée sur place. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« Il fallait rajouter quelque chose qui coûte pas cher »

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
#ferme adam

Face à la protestation, le directeur marketing de TotalEnergies annule sa venue à Sciences Po Strasbourg

Face à la protestation, le directeur marketing de TotalEnergies annule sa venue à Sciences Po Strasbourg

Dans le cadre d’une conférence sur l’énergie, le directeur marketing de TotalEnergies devait se rendre à l’Institut d’études politiques de Strasbourg ce jeudi 26 janvier. Face à une protestation étudiante réussie, la direction de l’établissement fait marche arrière.

Dès son annonce, la visite de Thierry Pflimlin, à Sciences Po Strasbourg fait grand bruit. Invité pour s’exprimer sur la « géopolitique de l’énergie » ce jeudi 26 janvier, le directeur marketing de TotalEnergies a fini par annuler sa participation, en réaction à une forte protestation.

La venue d’un ponte du groupe Total avait ulcéré une partie des étudiants de l’école, qui s’était organisée pour faire entendre leur mécontentement. « Quand j’ai vu cette conférence inscrite dans l’emploi du temps, je me suis étouffée », relate Lisa Villy, une étudiante mobilisée contre son invitation. Avec d’autres camarades de promotion, elle critique une sollicitation susceptible de faire de l’établissement « la tribune de TotalEnergies ». Une crainte d’autant plus grande que Thierry Pflimlin figure dans la liste des donateurs de Sciences Po Strasbourg.

Annulation de dernière minute

Quelques heures avant le début de l’événement, le cadre finit par jeter l’éponge, comme l’explique Emmanuel Droit, le responsable du master Relations internationales, dans un mail :

Au regard de l’impossibilité de garantir un déroulement serein de ce débat, Thierry Pflimlin a préféré annuler cette conférence, en accord avec la direction de Sciences Po Strasbourg. La direction de Sciences Po Strasbourg déplore qu’un débat contradictoire, avec un représentant d’une multinationale de l’énergie, n’ait pu avoir lieu.

La conférence était prévue à 18 heures dans le bâtiment Cardo (Photo Rue89 Strasbourg / cc)

Si, dans un premier temps, la direction de Sciences Po Strasbourg avait choisi de maintenir la conférence, elle avait accepté de revoir sa copie. Plus de temps devait être accordé au débat entre les étudiants et M. Pflimlin, durant les deux heures de l’évènement. Reste que quarante-cinq minutes de monologue étaient toujours prévues pour ce dernier. Un temps trop long pour les jeunes mobilisés, qui avaient tout de même décidé d’y assister pour débattre, avec pancartes et slogans.

Dans un communiqué, le collectif d’étudiants se félicite de l’annulation de l’évènement, mais se défend toutefois d’avoir voulu couper court au débat :

« Notre action n’avait pas pour but de fermer le débat, mais d’apporter un point contradictoire face à un discours et une rhétorique qui ne tiennent pas compte des enjeux de notre siècle. »

Europa-Park renonce à son projet de téléphérique entre la France et l’Allemagne

Europa-Park renonce à son projet de téléphérique entre la France et l’Allemagne

Mercredi 25 janvier, France Bleu Alsace a annoncé que le projet de téléphérique du parc d’attraction était enterré. Les associations environnementalistes y voient une bonne nouvelle et espèrent aussi un recul sur le complexe hôtelier Europa Valley.

L’idée avait été présentée à Emmanuel Macron lors de sa visite à Strasbourg en novembre 2018. Le président avait ensuite vanté sur Twitter ce téléphérique censé relier Europa-Park, situé en Allemagne, et la France, en passant au-dessus du Rhin, de deux réserves naturelles et dans un des plus importants couloirs de migration des oiseaux en Europe. Des associations de protection de l’environnement, dont Alsace Nature, s’étaient immédiatement opposées au nouveau projet de la famille Mack, propriétaire du parc d’attraction.

Europa-Park avait décidé de mettre son plan en pause en décembre 2018. Plus de nouvelles depuis, jusqu’à ce mercredi 25 janvier. Le service de communication du parc d’attractions de la commune de Rust a annoncé à France Bleu Alsace que le projet de téléphérique était « enterré ». Pour Pascal Lacombe, du collectif Chaudron des alternatives, c’est une bonne nouvelle pour la lutte contre Europa Valley, un autre grand projet de la famille Mack, un complexe hôtelier de 150 hectares côté Français :

« Le téléphérique devait certainement permettre de relier Europa Valley et Europa-Park, il n’avait pas vraiment d’autre raison d’être. La famille Mack semble revoir ses ambitions à la baisse, cela donne de l’espoir. »

Le parc allemand n’a pas communiqué officiellement sur Europa Valley. (Photo Europa Park)Photo : Europa Park

Une pétition contre Europa Valley

Avec le collectif allemand de riverains d’Europa-Park Jetz’s Langts, le Chaudron des alternatives a initié une pétition contre Europa Valley mi-janvier et a recueilli près de 2 000 signatures fin janvier :

« Le projet Europa Valley se ferait aux dépens de zones agricoles et d’espaces naturels d’une riche biodiversité. Il n’est plus tolérable de poursuivre l’artificialisation de nos surfaces nourricières et la dégradation de la biosphère, des milieux protégés et du vivant. »

Europa-Park a déposé la marque « Europa Valley » en mai 2022 mais n’a jamais présenté officiellement le projet.

Contre la réforme des retraites, une quarantaine d’étudiants bloquent un bâtiment de l’Université

Contre la réforme des retraites, une quarantaine d’étudiants bloquent un bâtiment de l’Université

Jeudi 26 janvier, dès 6 heures, une quarantaine d’étudiants ont bloqué l’Institut Le Bel sur le campus central de l’Université de Strasbourg. Objectif : mobiliser la jeunesse contre la réforme des retraites. Ils appellent à une assemblée générale devant la faculté de droit à midi.

« Réforme des retraites On dit NON ! Jeunesse en lutte » La banderole est accrochée à des grillages disposés devant l’entrée principale de l’Institut Le Bel. Les autres portes sont aussi condamnées par des caddies, des palettes et autres poubelles. Ils sont une quarantaine d’étudiants à avoir rejoint le campus central dès 6 heures. Marc (le prénom a été modifié), du syndicat Solidaires Etudiant·es, explique :

« La décision du blocage a été prise en assemblée générale hier. C’est une opposition à la réforme des retraites mais nous avons des revendications au-delà de cette réforme, en lien avec la précarité étudiante et notre infantilisation par la présidence de l’Université. »

Jeudi 26 janvier au petit matin, une quarantaine d’étudiant·es ont bloqué les entrées de l’Institut Le Bel en opposition à la réforme des retraites. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« On ne veut pas de cette vie-là »

Dans le petit groupe massé devant l’Institut Le Bel, la colère est partagée. Chaque étudiant·e déplore la fermeture de deux semaines supplémentaires de l’Université, sans consultation. Lilian (le prénom a été modifié) dénonce aussi la répression mise en place par le président Michel Deneken :

« Une soixantaine de CRS pour évacuer une simple AG, c’est la première fois que je vois une telle répression. Or en tant qu’étudiant je considère l’Université comme un endroit où l’on est libre de s’organiser politiquement. »

Lilian continue à toute vitesse, lancé dans sa dénonciation de la « politique gouvernementale de précarisation de la population » :

« Cette réforme, c’est le point culminant de plusieurs années de politiques contre les travailleurs et les pauvres. Regardez, ici, on est de plus en plus nombreux à bosser à côté de nos études parce que les aides des boursiers n’augmentent pas avec l’inflation. Et maintenant, le gouvernement veut nous forcer à bosser de plus en plus tôt, pour de moins en moins d’argent et pour de plus en plus longtemps. On ne veut pas de cette vie-là. »

Une assemblée générale à midi devant la fac de droit

Vers 7h30, les premiers étudiants arrivent sur le campus central. À quelques pas de l’institut Le Bel, une étudiante distribue un tract intitulé « La réforme des retraites : tou·tes concerné·es ». La petite feuille appelle à se rassembler le jeudi 26 janvier à midi en assemblée générale devant la faculté de droit. Le même jour, un rassemblement est prévu à 18 heures place Kléber. La prochaine journée nationale de mobilisation aura lieu mardi 31 janvier avec une manifestation à 14 heures au départ de l’avenue de la Liberté.

À Strasbourg, le lycée privé Jean Sturm négocie mal la fermeture de la section internationale

À Strasbourg, le lycée privé Jean Sturm négocie mal la fermeture de la section internationale

À partir de la rentrée 2023, le lycée privé Jean Sturm fermera sa section internationale. Les parents d’élèves et les enseignants se plaignent des conséquences sur les élèves et des justifications imprécises de l’établissement.

Bisbille sur l’avenir du BISS (Bilingual International School of Strasbourg). Depuis 2015, l’établissement privé scolaire Le Gymnase situé à Strasbourg offre la possibilité à ses élèves de s’inscrire à l’École Internationale Bilingue de Strasbourg. Dans cette filière, « hors contrat » par rapport à l’Éducation nationale, les cours sont dispensés en français et en anglais. Accessible dès la classe de CP, la section doit permettre l’obtention d’un baccalauréat international.

Disparition de la section au lycée dès septembre 2023

Dans un communiqué transmis le 14 décembre 2022 aux parents d’élèves, la direction de l’établissement a annoncé la fermeture des classes de lycée du BISS. Cette disparition prévue pour la rentrée 2023 a fait bondir les premiers concernés.

Au lycée privé Jean Sturm, les parents d’élèves luttent contre la suppression du baccalauréat international Photo : LR / Rue89 Strasbourg / cc

La situation des lycéens qui suivent ce cursus inquiète les parents d’élèves. L’établissement assure que le BISS sera maintenu jusqu’au baccalauréat pour les élèves en classe de seconde à la rentrée 2022.

Mais des parents d’élèves craignent que la qualité des cours soit dégradée suite à cette décision. Faute de classe de seconde à encadrer à la rentrée prochaine, certains enseignants verront leur volume horaire diminuer, ce qui pourrait leur donner envie de changer d’établissement. « Ce sont peut être quatre ou cinq enseignants qui verront leurs horaires réduits dans la section internationale à la prochaine rentrée », assume Philippe Buttani, directeur du lycée Jean Sturm. À ce jour, malgré le désistement annoncé d’un professeur, le corps enseignant n’a pas perdu d’effectifs.

Une intégration au programme français laborieuse

L’avenir des élèves inscrits actuellement en classe de troisième de la section internationale est également incertain. Sans possibilité de poursuivre leurs études dans la filière internationale du lycée l’an prochain, les collégiens ont été contraints de s’inscrire dans la filière générale, en contrat avec l’Éducation nationale mais faisant l’objet d’une sélection à l’entrée. Une situation qui a conduit au refus d’inscription de six élèves en raison d’un niveau en langue française jugé insuffisant (certains élèves du cursus ne sont pas francophones).

Face à la pression des parents d’élèves, le lycée a fait marche arrière. Finalement, l’intégralité des élèves de troisième de la section internationale pourront intégrer à la rentrée prochaine la section générale classique du lycée Jean Sturm avec de possibles aménagements spécifiques, comme l’explique le directeur d’établissement Philippe Buttani : « On va proposer des cours de français supplémentaires et un accompagnement des familles, » avant d’ajouter que « ces cours ne vont pas se mettre en place du jour au lendemain. » Une offre qui ne donne pas satisfaction aux parents d’élèves : « La probabilité que des élèves de seconde s’en sortent grâce à quelques heures de cours de français me paraît hautement improbable », réagit Anne (le prénom a été modifié), mère d’un collégien en section BISS.

« Ils viennent de couper la tête du programme »

Pour les parents, élèves et professeurs de l’établissement, la véritable crainte est encore plus large. Pour le BISS, dont le parcours d’enseignement débute en classe de CP et s’achève avec l’obtention du baccalauréat international, la fermeture des classes de lycée engendre la disparition de l’intérêt principal de la filière. « Ils viennent de couper la tête du programme. Le risque, c’est que tous les autres niveaux finissent par disparaître », témoigne Anne, dont l’enfant est au collège en section BISS.

Anne espère que des solutions seront trouvées pour maintenir l’attractivité du BISS. Mais sur ce point encore, la direction de l’établissement peine à convaincre les parents d’élèves. Philippe Buttani avait notamment proposé de mettre en place au sein de la filière classique, un parcours disposant d’un nombre d’heures d’anglais supplémentaires. Une solution rejetée par plusieurs parents d’élèves. Pour eux, comme pour un enseignant interrogé, le programme BISS représente plus qu’une certification en langue :

 « Le BISS, ce n’est pas que de l’anglais, c’est une pédagogie de cours bien différente du système français, où l’élève construit le cours avec son enseignant. »  

Un enseignant au lycée Jean Sturm

Plus globalement, l’enseignant interrogé exprime sa déception face à une décision jugée précipitée et mal expliquée :

« Il y a un sentiment partagé par tous les enseignants : l’incompréhension. Car cette section internationale, c’est beaucoup de temps pour préparer ces cours. C’est aussi une déception parce qu’on met fin d’un coup à un cadre particulier qui permet aux élèves de s’épanouir. »

Une fermeture contestée

Les parents d’élèves reprochent également à la direction les justifications avancées pour la fermeture du BISS. Parmi elles, le manque de rentabilité du programme : « Depuis quelques années, on enregistre un déficit de 350 000 euros chaque année pour le BISS. Cette année, cette somme s’est ajoutée à d’autres augmentations structurelles des dépenses », assure Philippe Buttani.

Un chiffre contesté par les parents d’élèves qui critiquent un montant « derrière lequel on ne sait pas ce qui a été pris en compte ». L’argument est d’autant plus mal accueilli que le sujet n’avait jamais été abordé par le passé et que chaque parent débourse entre 5 240 et 7 828€ par année pour un élève en section BISS. Sophie (le prénom a été modifié) est la mère d’un élève de 4e du cursus international :

« On se doute que cette décision n’est pas apparue du jour au lendemain. Pourtant aucune réunion n’a eu lieu pour nous dire que les finances allaient mal et que cela risquait d’engendrer la fermeture de la section internationale. On aurait peut-être pu négocier, payer plus pour que ça s’arrange. »

Une parent d’élève de la section BISS.

Un manque d’anticipation de la direction

L’incapacité pour la filière à trouver son public est le deuxième point de discorde. Pour l’établissement, trop peu de collégiens souhaitent poursuivre la section internationale au lycée. Un problème existant, certes, mais qui pourrait être résolu dans un futur proche selon Anne :

« Il y a eu un changement dans la manière de vendre ce cursus. Avant, on vantait le niveau d’anglais, maintenant c’est le projet pédagogique qui est mis en avant. Le problème, c’est que les élèves inscrits en CP grâce à ces arguments sont aujourd’hui seulement en quatrième. Il fallait simplement attendre une année de plus pour voir si cette approche avait fonctionné… »

Anne, maman d’un enfant inscrit au collège dans la section BISS.

Une réunion est prévue entre la direction, les parents d’élèves et le corps enseignant vendredi 27 janvier.

Philippe Mangin, ponte de l’agro-industrie et vice-président du Grand Est

Philippe Mangin, ponte de l’agro-industrie et vice-président du Grand Est

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Accédez à nos enquêtes et révélations exclusives Soutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistes Maintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
#Philippe Mangin

Réforme des retraites : deuxième manifestation mardi 31 janvier à Strasbourg

Réforme des retraites : deuxième manifestation mardi 31 janvier à Strasbourg

Contre la réforme des retraites, l’intersyndicale du Bas-Rhin appelle les Strasbourgeois à se réunir au centre-ville mardi 31 janvier pour une nouvelle manifestation.

Retraites, deuxième round. Après le succès de la première manifestation du jeudi 19 janvier, où 18 000 personnes ont battu les rues de Strasbourg pour protester contre une réforme des retraites, l’intersyndicale du Bas-Rhin appelle à une deuxième manifestation à Strasbourg, mardi 31 janvier à partir de 14 heures.

Au vu de la mobilisation des Strasbourgeois, l’intersyndicale a adapté le trajet. Exit la place de l’Étoile, jugée trop modeste pour accueillir le départ du cortège. Rendez-vous est donné mardi sur l’avenue de la Liberté, entre l’église Saint-Paul et la place de la République. Le cortège se dirigera ensuite vers les quais, puis passera par la Krutenau et la place Kléber avant de se disperser place de la République.

Ce trajet peut cependant évoluer en fonction des contraintes des autorités publiques.

Mobilisation des passants jeudi place Kléber

Gilles Dimnet, membre du secrétariat départemental de la CGT du Bas-Rhin, est confiant :

« J’ai fait toutes les manifestations à Strasbourg depuis une trentaine d’années et je crois que c’est la première fois qu’il y a autant de monde. En termes de mobilisation, nous sommes dans une situation favorable. De son côté, le gouvernement a l’air très motivé pour faire passer cette loi… Donc on va lui montrer qu’on l’est encore plus pour la retirer. »

L’intersyndicale du Bas-Rhin prévoit un rassemblement place Kléber, jeudi 26 janvier de 18h à 19h30, dont l’objectif est d’appeler le public à participer à la manifestation du mardi 31 janvier, avec des prises de parole et une distribution de tracts.

Plus de cantines à Strasbourg

Parmi les perturbations prévisibles mardi, les circulations des bus, trams et trains devraient être fortement réduites. Les cantines de la Ville de Strasbourg seront toutes fermées mardi, sans qu’il soit possible de laisser les enfants entre 12h et 14h. Si des professeurs des écoles sont en grève, un service minimum d’accueil des enfants est mis en place dans des écoles de rattachement selon un tableau transmis aux familles.

Réseau de la CTS très perturbé

La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a communiqué dimanche ses prévisions de trafic pour la journée du mardi 31 décembre. Les lignes de tram A, B, C et D circuleront mais toutes les 14 à 16 minutes environ. Les lignes de tram E et F circuleront toutes les 20 à 30 minutes. La plupart des bus circulent mais avec des cadencements plus espacés de quelques minutes (L1, L3, L6  comptez 10 à 15 mn entre chaque bus par exemple). Pour les détails, voir la page dédiée de la CTS.

Une partie du réseau des bus interurbains perturbé

À la Compagnie des transports du Bas-Rhin (CTBR), une partie des lignes sont assurées normalement (201, 209, 231, 233, 234, 235, 236, 262, 263, 404, 405, 420 , 903, 904, 905, 906, 907, 908, 909, 910, 911, 912) tandis que les lignes les plus courtes du réseau ne seront assurées qu’à 60% de leur cadencement habituel (203, 205, 210, 220, 230, 232, 240, 257, 260 et 270). Des détails horaires seront progressivement publiés sur le site de la CTBR.

Aucun TER en circulation

Comme lors de la précédente manifestation, la grève d’une partie stratégique du personnel à la SNCF contraint l’entreprise semi-publique à annuler tout le trafic des trains régionaux mardi 31 janvier, sur l’ensemble du périmètre alsacien. La grève débute dès le lundi 29 janvier à 19h et se termine le mercredi 1er février à 8h.

La future Arena de la SIG perd un financeur, le tour de table à refaire

La future Arena de la SIG perd un financeur, le tour de table à refaire

Le projet d’agrandissement et de rénovation du Rhénus – censé devenir la nouvelle salle de basket « SIG Arena » – connaît un nouveau rebondissement. Alors que les travaux étaient censés débuter en juillet 2022, la SIG fait face à une défection et à des difficultés d’emprunts.

Les travaux du futur stade de basket, la SIG Arena (voir tous nos articles), devaient débuter en 2019. Puis en 2022. Et maintenant ? « Je préfère ne plus donner de date », tranche Martial Bellon, le président de la SIG, le club de basket de Strasbourg, et principal porteur du projet. S’il semble dépité, Martial Bellon annonce d’emblée qu’il ne baissera pas les bras. « Jamais », dit-il.

Visuel actualisé du projet de SIG Arena. Photo : Document remis

Un projet à 50 millions d’euros, dont la moitié en prêts bancaires

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous