Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Pour les opposants à Jeanne Barseghian, l’enjeu des collectifs d’habitants

Pour les opposants à Jeanne Barseghian, l’enjeu des collectifs d’habitants
Réunion publique liée au tram nord.

Tram nord, site Heppner, prix du stationnement… En première ligne contre plusieurs projets de la municipalité écologiste, les collectifs se sont multipliés au cours du mandat. Pour les différentes forces d’opposition, ces derniers constituent un potentiel vivier électoral.

Cinq minutes sur l’avenue des Vosges et déjà une cinquantaine de véhicules passent. Cette large rue cossue devait se doter d’un tram et se débarrasser de ses voitures, acquérir quelques arbres, une piste cyclable, une promenade… Cinq minutes suffisent à voir que rien n’a bougé. Pour faire échec au projet d’aménagement du « tram nord », la mobilisation d’une partie des habitants aura été cruciale.

Dans les cafés du quartier, les rendez-vous se sont enchaînés alors que toutes les réunions publiques étaient prises d’assaut. Au terme d’une mobilisation sans équivalent dans le quartier, la commission d’enquête publique finira par rendre un avis défavorable au projet en s’appuyant en partie sur les contributions reçues.

En réaction aux projets de la municipalité menée par Jeanne Barseghian (Les Écologistes), d’autres collectifs se sont organisés tout au long de son mandat. Cultivant des liens parfois très étroits avec les différents élus d’opposition, ces collectifs ont été souvent cruciaux pour ces derniers. Alors que les prochaines élections municipales approchent, une question se posera : leur engagement citoyen contre les projets municipaux peut-il se muer en engagement politique ?

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Un site public pour rassembler les sorties culturelles de l’Eurométropole

Un site public pour rassembler les sorties culturelles de l’Eurométropole
Répétition pour un concert participatif au Maillon en avril 2024.

Concerts, expositions, spectacles, événements gratuits… L’offre culturelle proposée par les structures de l’Eurométropole de Strasbourg a été réunie sur un site public dédié.

L’Eurométropole de Strasbourg a lancé jeudi 17 juillet une plateforme culture.strasbourg.eu, dédiée à l’ensemble de l’offre culturelle de l’agglomération. Spectacles, concerts, ou encore expositions, le site centralise les propositions de sorties et permet « à l’ensemble de ses habitantes et habitants de disposer d’un outil performant facilitant l’accès à l’offre culturelle sur l’ensemble des 33 communes », indique l’Eurométropole dans un communiqué de presse.

L’Eurométropole précise que les souhaits de 950 personnes ont été collectés pour définir les objectifs de cette plateforme. Après deux ans de travaux, elle vient combler « un manque de visibilité » souligne Fanny Dehlinger, responsable de la communication de la direction de la culture :

« Le site de la collectivité, Strasbourg.eu, a un trafic d’information orienté sur d’autres thématiques. Les rubriques culturelles n’étaient pas suffisamment visibles au milieu des sujets institutionnels. »

Le magazine Coze à la manœuvre

Outre des rubriques dédiées aux professionnels de la culture, la plateforme propose des actualités, un agenda culturel et une recherche personnalisable grâce à des filtres (type de public, accessibilité, proximité, gratuité…). « C’est aussi un outil pour le corps enseignant, pour l’organisation de programmes culturels, en cohérence avec la politique d’éducation artistique et culturelle », ajoute la collectivité dans son communiqué.

Le site met aussi en avant un répertoire d’activités artistiques ainsi que des circuits thématiques et les « parcours patrimoniaux » permettant de découvrir le territoire à travers son histoire. Une « valorisation » pour l’agglomération, renforcée par la labellisation de l’Eurométropole comme « Pays d’art et d’histoire », délivré le 16 juillet.

Les données publiées proviennent de BeCoze, une association qui édite déjà un agenda culturel, chaque mois sur de petits livrets distribués gratuitement et sur Coze.fr, précise Fanny Dehlinger :

« Nous assurons un travail de modération et d’éditorialisation. Mais toutes les demandes de publication devront passer par Coze. Si quelqu’un souhaite inscrire un événement, il devra le faire via leur interface. L’information remontera ensuite automatiquement chez nous. »

Aurélie, ligaturée à 30 ans, pour être femme sans être mère

Aurélie, ligaturée à 30 ans, pour être femme sans être mère

Après s’être longuement interrogée sur son absence de désir d’enfant, Aurélie Villaumé a choisi de se faire ligaturer les trompes à 30 ans. Vécue comme une libération, cette stérilisation assumée bouscule son entourage et questionne une société structurée autour de la famille.

Deuxième sexe, Trois femmes puissantes, En bons pères de famille… Imposante et joliment décorée, la bibliothèque d’Aurélie Villaumé capte le regard dans le salon de son appartement strasbourgeois. Sur les étagères, d’innombrables ressources féministes s’intéressent aussi bien au droit de la famille qu’à l’Histoire ou à la sexualité. « Quand je pars en week-end avec des amis, j’en emmène toujours avec moi pour les mettre à disposition », explique la jeune femme, avant de détailler le contenu des quelques titres qu’elle a choisi de mettre en avant sur un présentoir.

« Ma dernière claque, ça a été Désirer la violence. » Un livre dans lequel la journaliste Chloé Thibaud explique comment le cinéma normalise un certain nombre de comportements violents à l’égard des femmes dans des scénarios qui font la part belle aux « bad boys ». Une lecture qui résonne avec le vécu de la jeune femme. Elle s’assoie dans son canapé, une tasse faite par ses soins entre les paumes, avant de dérouler le fil d’une voix calme et posée.

Aurélie Villaumé dans son salon à Strasbourg.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Briser le cycle de la violence

Aurélie Villaumé a 31 ans et assume de ne pas vouloir un enfant. En février 2024, elle s’est fait ligaturer les trompes (voir le glossaire en fin d’article) pour ne pas procréer. « J’y ai longuement réfléchi », retrace-t-elle :

« J’ai commencé à être sûre de mon choix autour de 28 ans mais c’était plutôt non depuis ma vingtaine. J’étais très influencée par la pression sociale à la maternité, le récit autour de l’horloge biologique et les attentes de mon entourage. Ce n’était pas facile de savoir ce que je voulais, moi pour moi. Il m’a fallu déconstruire l’idée que si l’on n’est pas mère, on n’est pas femme. Quand on grandit là-dedans, c’est compliqué. »

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Rassemblement vendredi 19 juillet en soutien aux Afghans réfugiés en Iran

Rassemblement vendredi 19 juillet en soutien aux Afghans réfugiés en Iran
Manifestation des Afghans de Strasbourg en août 2021

Des Afghans de Strasbourg organisent un rassemblement de soutien vendredi 19 juillet pour protester contre la politique de l’Iran vis à vis des réfugiés de ce pays voisin.

Des membres de la communauté afghane à Strasbourg ainsi que l’Association culturelle des Afghans de Strasbourg (Acas) appellent à un rassemblement vendredi 19 juillet de 17h à 19h, place Kléber à Strasbourg. L’objectif est de protester contre la politique migratoire iranienne, selon un communiqué :

« La République islamique d’Iran a mis en place un système fondé sur l’humiliation, l’abus et le racisme d’État. Des milliers d’Afghans y travaillent dans des conditions dégradantes, sans contrat, sans sécurité, pour des salaires bien inférieurs au minimum légal, soumis à des abus constants de la part de leurs employeurs. »

Mais depuis quelques semaines, cette politique s’est encore durcie :

« Une vague d’arrestations arbitraires, de confiscation de biens, de destruction de documents officiels, de violences physiques et d’expulsions collectives a de nouveau frappé la communauté afghane en Iran. De nombreux réfugiés ont été conduits de force à la frontière, abandonnés sans eau, sans nourriture, sans abri. »

« Saignée intolérable » ou « lucide » : les annonces budgétaires divisent les élus alsaciens

« Saignée intolérable » ou « lucide » : les annonces budgétaires divisent les élus alsaciens
François Bayrou a intitulé sa présentation du mardi 15 juillet « Le moment de vérité »…

En plein été, le Premier ministre François Bayrou a annoncé ses orientations pour le prochain budget, avec l’objectif de réaliser près de 44 milliards d’euros d’économies. Ses annonces polarisent fortement les élus alsaciens.

« Vol en bande organisée » pour le député (La France insoumise) Emmanuel Fernandes, ou « exercice de lucidité » pour le député (Les Républicains) Patrick Hetzel. Les réactions des élus alsaciens divergent fortement aux annonces d’économies présentées par François Bayrou ce mardi 15 juillet.

Le Premier ministre a été chargé de trouver 50 milliards d’euros d’économies annuelles, afin de ramener le déficit de l’État sous la barre des 3% du produit intérieur brut (PIB). À l’été 2024, l’Union européenne a alerté la France sur son « déficit excessif », une procédure depuis suspendue. François Bayrou ne pouvant toucher aux recettes, sabrées depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, il a annoncé une série de mesures d’austérité : des réductions dans le fonctionnement de l’État, une « année blanche » pour les pensions de retraites et les allocations (de fait non revalorisées malgré l’inflation, NDLR), des coupes dans les budgets des collectivités locales, etc (voir ci-dessous).

En ajoutant la suppression de deux jours fériés (le Premier ministre a mentionné le 8 mai et le Lundi de Pâques), il obtient 43,8 milliards d’euros d’économies annuelles, soit un déficit correspondant à 4,6% du PIB. Seul le budget du ministère des Armées augmentera en 2026, de 3,5 milliards d’euros selon les annonces du président de la République du 13 juillet.

Franck Leroy espère sauver les collectivités

Le président (Les Républicains) de la Région Grand Est, Franck Leroy, a salué dans un communiqué un « acte courageux » du Premier ministre, dont il salue « la responsabilité » et « la lucidité ». Mais Franck Leroy a tiqué sur la ligne de 5,3 milliards d’euros qui s’adresse aux collectivités :

« Les régions devront prendre leur part de l’effort national. Mais il est indispensable de rappeler que l’effort est déséquilibré. L’État, qui a produit l’essentiel de la dette, ne peut faire reposer la quasi-totalité des ajustements sur les épaules des collectivités, alors même que ces dernières réalisent 75 % de l’investissement public. »

Franck Leroy appelle donc à un « véritable dialogue avec l’État, pour construire un cadre équitable et soutenable », c’est à dire à des négociations pour que les actions de la Région Grand Est, dans les trains régionaux, dans les lycées, dans la formation, ne soient pas supprimées.

Des députés prêts à voter la censure

Le député de la 3e circonscription du Bas-Rhin, Thierry Sother (PS) a déploré dans un communiqué que « les mêmes recettes soient utilisées » :

« Le pire, c’est l’année blanche : toutes les prestations versées par l’État, tous les dispositifs de redistribution, toutes les pensions vont être gelées, alors que les prix, eux, vont continuer d’augmenter. C’est aux plus précaires que l’on va demander de payer le désendettement. Une année blanche, c’est en fait une année noire. C’est un impôt caché. »

Il rejoint l’analyse de Sandra Regol, députée (Les Écologistes) de la 1ère circonscription du Bas-Rhin, qui résume ainsi les annonces de François Bayrou : « il n’y a rien qui va ». L’élue développe :

« Cet endettement ne s’explique que par les 62 milliards d’euros par an, que le gouvernement a supprimés des recettes de l’État depuis 2017 ! La dépense publique est restée stable pendant toutes ces années. Je ne m’attendais pas à un tel saccage. Il n’y a aucune annonce sur les recettes… Avec une taxe sur les super profits, et une taxe sur les plus riches, on arrivait aux 50 milliards d’euros supplémentaires sans avoir à rogner sur le quotidien des Français. »

Emmanuel Fernandes, député (La France insoumise) de la 2e circonscription du Bas-Rhin, qualifie les propositions de François Bayrou « d’assaut final dans la guerre sociale menée par Emmanuel Macron depuis 2017 » :

« Concrètement, une année blanche correspond à 2 000 bâtiments qui ne seront pas rénovés, 87 000 places de licences universitaires qui ne seront pas ouvertes, 10 000 postes d’enseignants qui ne seront pas financés… C’est une saignée intolérable dans nos services publics. 5,3 milliards d’économies pour les collectivités, c’est l’équivalent de 760 000 places de crèche ou 135 000 postes de sapeurs pompiers. »

Il précise que le Nouveau Front populaire (alliance électorale réunissant LFI, les Écologistes, le PCF et le PS à l’Assemblée nationale, NDLR) a un programme budgétaire axé sur la justice fiscale pouvant être mis en place pour 2026. Dès septembre, il est ainsi prêt à voter la censure du gouvernement.

Patrick Hetzel, député LR de la 7e circonscription bas-rhinoise, soutient son groupe politique dans un communiqué ; il y défend l’année blanche, la baisse du nombre de fonctionnaires, le gel des prestations sociales et la lutte contre « les arrêts de travail abusifs ». Il déplore en revanche l’absence de mesures « pour lutter contre le coût de l’immigration » et aimerait que la baisse du nombre de fonctionnaires aille encore plus loin. Il estime que la politique budgétaire pèse trop sur « ceux qui travaillent ou ont travaillé toute leur vie » et assure que son groupe politique sera « force de proposition dans le débat budgétaire qui s’ouvre pour dégager des économies supplémentaires ».

Contactés pour obtenir leurs réactions, Frédéric Bierry, président (Les Républicains) de la Collectivité d’Alsace, Jeanne Barseghian, maire (Les Écologistes) de Strasbourg et les autres députés alsaciens n’ont pas répondu.

Dans les rivières d’Alsace, forte hausse de la mortalité des poissons

Dans les rivières d’Alsace, forte hausse de la mortalité des poissons
Près d’une dizaine de mortalités de poissons ont été identifiée en Alsace ces deux derniers mois.

Plusieurs cours d’eau alsaciens ont été touchés par des mortalités de poissons depuis le début du mois de mai. Charges polluantes, sécheresses et faible débit, les causes de ces mortalités peuvent être multiples mais les responsabilités sont rarement établies.

« Je n’ai jamais vu autant de mortalités en Alsace en si peu de temps » affirme Florian Pinto, pêcheur depuis plus de trente ans dans les rivières alsaciennes. Sur son compte Facebook ces derniers mois, le quadragénaire n’arrête pas de relayer différentes publications de pêcheurs signalant des mortalités et des pollutions observées dans les cours d’eau d’Alsace.

Depuis le début du mois de mai, l’Ill, l’Ehn, la Kirneck, le Bruscherrunz, ou encore le Bourbach ont connu un épisode de mortalité piscicole, allant de quelques dizaines de poissons à plusieurs milliers de cadavres retrouvés, comme cela a été le cas lors de la mortalité massive qui a touché l’Ill au nord de Colmar, dimanche 1er juin.

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L’État met fin à l’hébergement spécial des Ukrainiens

L’État met fin à l’hébergement spécial des Ukrainiens
Le centre d’accueil strasbourgeois des réfugiés ukrainiens, dans la salle de la Bourse, en mars 2022.

L’État a montré qu’il pouvait loger efficacement et rapidement les migrants en hébergeant les Ukrainiens qui ont fui la guerre en 2022. En Alsace, il prévoit de diviser ce dispositif de moitié en 2025 et d’y mettre fin en 2026.

Mars 2022. Moins d’un mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’État français mettait en place un vaste dispositif d’hébergement d’urgence pour Ukrainiens. À Strasbourg, la préfecture du Bas-Rhin a fait transformer la salle de la Bourse en centre d’accueil pour coordonner des centaines de mises à l’abri par des associations, des communes et des particuliers. L’efficacité du plan d’action avait choqué les associations, dans un contexte où le système d’hébergement d’urgence était saturé depuis plusieurs années, avec de nombreuses personnes d’autres nationalités obligées de dormir dehors.

La file des Ukrainiens et Ukrainiennes devant la salle de la Bourse en 2022.Photo : Evan Lemoine / Rue89 Strasbourg

Décembre 2024. Michel Barnier, alors Premier ministre, envoie une circulaire aux préfets demandant « une réduction progressive du parc d’hébergement » des Ukrainiens et Ukrainiennes, en passant de 9 000 à 4 000 places, fin décembre 2025, à l’échelle nationale. Il demande dans le même temps la poursuite « des efforts de formation et d’accompagnement vers l’emploi », pour autonomiser celles et ceux qui souhaitent rester en France.

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Les trois scénarios pour ouvrir la gare à 360 degrés à partir de 2040

Les trois scénarios pour ouvrir la gare à 360 degrés à partir de 2040
Une vue d’ensemble des modifications envisagées.

Trois scénarios sont à l’étude pour relier l’Est et l’ouest de la gare centrale à partir de 2040. Quant aux rues Wodli et du Rempart, elles devraient être transformées à partir de 2030.

« C’est le projet du siècle », affirme Christophe Chartrain, directeur régional des gares SNCF du Grand Est. Ce projet, appelé « Gare 360 degrés », doit permettre à la gare de Strasbourg d’accueillir des visiteurs depuis son flanc ouest. Après une déclaration d’intention en mai 2023, la SNCF, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg ont dévoilé vendredi 11 juillet les premiers scénarios à l’étude.

La gare de Strasbourg accueille 78 000 voyageurs par jour, 43 départs et arrivées sur chacun de ses neuf quais. Elle doit s’agrandir en deux grandes étapes pour orienter près de 100 000 voyageurs à l’horizon 2030.

Premiers aménagements d’ici 2030

« L’idée est d’amorcer rapidement un premier transfert des voyageurs vers l’arrière-gare, notamment après la construction du parking silo », introduit Stéphane Watelot, directeur du projet pour la SNCF. Prévu pour 2027, ce parking devrait s’installer entre les wagenhaus du nord de la rue du Rempart et le Technicentre. Mais sa capacité a été réduite de 800 à 600 places, et il pourrait prendre du retard.

Les premiers aménagements concerneront le bâtiment des Douanes, situé à l’angle de la rue du Rempart et de la rue Wodli, actuellement en partie occupé par La Grenze. Il sera réhabilité à partir de 2030 pour accueillir des services aux voyageurs, quelques commerces, et servira de point d’ancrage aux futurs quais routiers destinés aux cars interurbains et autres services de transport.

Une vue des accès au nord de la gare, rue du Rempart. Photo : Lise Leménorel / Arep

En continuant vers le nord, le tunnel de la rue Wodli, qui passe sous les voies ferrées, pourrait être réservé aux mobilités douces. Cet aménagement permettra aux piétons d’accéder directement aux quais, sans passer par le boulevard Wilson, devant la gare.

Une vue de l’accès à la gare depuis la rue Wodli.Photo : Lise Leménorel / Arep

Devant la gare, le « tunnel des Postes », situé devant l’arrêt du tram C, sera ouvert au public pour offrir un quatrième accès aux quais. Il sera ensuite prolongé vers la gare basse à l’horizon 2040. La marquise, la halle métallique construite au XIXe siècle, fera l’objet d’une restauration prévue d’ici 2034.

Passerelle, bâtiment voyageur ou salle d’échange ?

« Si pour le moment rien n’est arrêté », assure Stéphane Watelot, trois scénarios ont été présentés vendredi 11 juillet pour construire le lien entre l’Est de la gare et les quartiers ouest.

Le premier scénario propose la création d’une « salle d’échange souterraine », avec commerces et services, reliée au parvis central et au quartier des Remparts par un passage au même niveau.

Le premier scénario de franchissement étudié.Photo : Lise Leménorel / Arep

Le second projet imagine un nouveau bâtiment, également doté de services, accessible par une passerelle franchissant les voies de remisage depuis l’arrière-gare.

Le second scénario de franchissement étudié intègre une passerelle supplémentaire.Photo : Lise Leménorel / Arep

Le dernier scénario se limite à une passerelle piétonne reliant la rue des Remparts au parvis de la gare sans création d’espace supplémentaire. Ce dernier scénario est cependant considéré comme « peu viable » par la SNCF, en raison de l’encombrement des quais qu’il implique.

Le troisième scénario de franchissement étudié. Photo : Lise Leménorel / Arep

Les transformations de la rue du Rempart

Pour structurer le projet « Gare 360° », la municipalité a prévu 1,5 million d’euros pour les études de conception à court terme, hors parking, qui devraient s’achever en 2026. Ces études porteront aussi sur les besoins à venir de la SNCF, en particulier l’extension du plateau des voies. Les travaux pourraient débuter en 2033.

Christophe Chartrain, de SNCF Gares et connexions, anticipe un besoin de « 18 à 25 voies d’ici 2050 » contre 9 voies de passage en 2025, et 5 voies avec heurtoirs. Des espaces pourront être pris sur les ateliers de maintenance, qui seront délocalisés.

Quant au devenir des « wagenhaus » et des bastions, les élus de la Ville de Strasbourg n’ont guère précisé les éléments publiés par Rue89 Strasbourg en 2023. Il est question d’un hôtel du groupe Melt dans le « Wagenhaus 32 » ainsi que la création d’un parc naturel urbain. Le projet prévoit également un village culturel responsable, associant événements festifs et initiatives culturelles, une recyclerie, ainsi que d’autres lieux dédiés aux échanges, aux ateliers de réparation et au recyclage.

#Gare à 360 degrés

Le maire de Saint-Dié-des-Vosges frappé en pleine rue

Le maire de Saint-Dié-des-Vosges frappé en pleine rue
Portrait de Bruno Toussaint, maire de Saint-Dié-des-Vosges.

Le maire de Saint-Dié-des-Vosges Bruno Toussaint et sa compagne ont été agressés en pleine rue par un ancien agent municipal mécontent.

Il avait reçu des menaces de mort et une cartouche de chasse par La Poste en septembre 2024. Samedi 12 juillet, Bruno Toussaint, maire (divers droite) de Saint-Dié-des-Vosges, a été pris à partie puis agressé par un ancien agent de la commune. Dimanche 13 juillet, sa compagne et lui ont annoncé porter plainte, relate Le Parisien.

L’homme de 33 ans a interpellé l’édile et sa compagne à l’occasion de la Nuit blanche, un évènement culturel nocturne à Saint-Dié. Vers 23 heures, l’ancien agent municipal, visiblement ivre, a alpagué Bruno Toussaint et son épouse en dénonçant le non-renouvellement de son contrat. Le parquet d’Épinal précise que l’agent avait démissionné.

À Ici Lorraine, Bruno Toussaint retrace le déroulé de l’agression :

« J’ai proposé dans un premier temps de recevoir cette personne en mairie. Il a haussé le ton, mon épouse lui a demandé de se calmer et il l’a violemment poussée. Au bout d’un moment, je lui ai dit que le mieux était qu’on rentre chez nous et quand je pars, je prends un grand coup dans le dos et un coup sur l’oreille. »

L’épouse de Bruno Toussaint a tenté de s’interposer et a elle aussi été poussée, précise France 3 Lorraine.

Des policiers municipaux ont ensuite interpellé l’homme de 33 ans, qui a été placé en garde à vue. Ils ont également porté plainte pour « outrages, propos sexistes et racistes et rébellion selon le parquet d’Épinal, cité par Ici Lorraine. L’homme sera jugé par le tribunal correctionnel lors d’une audience de comparution immédiate mardi 15 juillet.

En 2025, la CeA prévoit trois millions d’euros en moins pour la culture et le patrimoine

En 2025, la CeA prévoit trois millions d’euros en moins pour la culture et le patrimoine
Le Palais du Rhin est l’un des bâtiments remarquables de la place de la République à Strasbourg. Il abrite la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) qui organise les journées du Patrimoine à Strasbourg.

Alors que la Collectivité européenne d’Alsace a terminé l’année 2024 avec un excédent de 109 millions d’euros, le budget accordé à la culture et au rayonnement du patrimoine alsacien est réduit de 3 millions d’euros pour 2025.

Le budget primitif dédié au rayonnement du patrimoine et de la culture alsacienne, établi chaque année par la CeA (Collectivité européenne d’Alsace), diminue depuis plus de trois ans. Pourtant, la CeA a clos son compte financier 2024 avec un excédent de 109 millions d’euros, une exception parmi les collectivités départementales françaises.

En mars, les élus de la collectivité ont voté un budget 2025 de 20 779 585€ pour la culture et le patrimoine, contre 24 070 164€ en 2024, soit une réduction de 3 290 579 €. Ainsi le secteur de la lecture publique par exemple perd 53 % de ses crédits (passant de 1 376 300 € en 2024 à 646 353 € en 2025) et le programme régional d’ateliers d’écriture n’obtient plus aucun financement. La CeA supprime également l’opération Artiste en collège, qui « permet à des collégiens de travailler aux côtés d’un artiste ».

Moins d’argent pour les musées et pratiques artistiques

Pour 2025, la CeA n’alloue plus de budget aux expositions du musée scientifique Le Vaisseau à Strasbourg, alors qu’elle y consacrait 464 100€ l’an dernier. Au Haut‑Koenigsbourg, l’enveloppe d’investissement consacré au « petit équipement et l’aménagement » chute de 191 500 € à 27 354 €, soit une baisse de plus de 85 %. La collectivité annule aussi deux appels à projets d’accompagnement à l’éducation artistique et culturelle, représentant un investissement pour du matériel à hauteur de 100 000 €.

« Ça fait deux, voire trois ans, que la collectivité d’Alsace complique l’accès à la culture, et la pérennité de ses acteurs : on finance moins d’associations, d’institutions et on augmente le prix des prestations pour accéder à la culture », accuse Florian Kobryn, conseiller d’Alsace dans l’opposition (LFI). Il souligne par exemple que Le Vaisseau a augmenté son tarif au cours des dernières années ; le billet d’entrée est passé de 8 € en 2022, à 11 € en 2023, puis 12 € en 2025.

Le rapport de budget de la CeA note « une contraction (diminution, NDLR) de 5 à 25 % des subventions de fonctionnement aux structures », chiffre qui ne prend pas en compte les suppressions complètes de certains programmes d’après Florian Kobryn. Le rapport mentionne aussi « la suspension de certains appels à projets thématiques annuels ou dispositifs », comme le soutien à l’innovation dans les pratiques artistiques amateurs et l’aide à la diffusion en Alsace.

Des économies qui impactent l’emploi

Pour Florian Kobryn, cette diminution constitue « un choix politique et non économique. Ça fait plusieurs années que l’excédent budgétaire est important, il n’y a pas besoin d’économiser sur la culture. » Il met en garde : « Le monde de la culture est un milieu fragile, et là on diminue le budget du monde associatif et celui des secteurs qui créent de l’emploi pour les artistes, c’est un danger pour la pérennité de ces métiers.  »

Interrogée sur ces coupes budgétaires par Rue89 Strasbourg, Pascale Schmidiger, vice‑présidente de la CeA en charge du patrimoine et du rayonnement alsacien, a répondu par écrit :

« Face aux contraintes budgétaires imposées par l’État depuis 2021, 300 millions d’euros de dépenses non compensées et 120 millions d’euros de baisse des recettes fiscales, la Collectivité européenne d’Alsace doit adapter son engagement financier dans tous les domaines, y compris la culture. »

Pascale Schmidiger détaille :

« Nous poursuivons nos actions culturelles essentielles : les programmes d’éducation aux médias et de culture scientifique restent intacts, nous prévoyons 430 000 € supplémentaires pour les pratiques artistiques amateures d’ici 2027, et nous maintenons le financement des orchestres de Strasbourg et de Mulhouse. »

La représentante de la CeA précise aussi, que concernant certaines suspensions de dépenses, il s’agit parfois de « suspensions temporaires. »

#Pascale Schmidiger

Contre les vengeances, une « grotte mobile » pour changer d’opinion sur la prison

Contre les vengeances, une « grotte mobile » pour changer d’opinion sur la prison
La grotte mobile donne un aperçu de la vie en cellule. Le soulagement est palpable quand la porte se rouvre.

Enfermer les jeunes dans une cellule de prison pour leur faire passer l’envie d’y aller. C’est l’idée d’Adama Camara et de sa « grotte mobile ». L’ancien détenu était à Strasbourg fin juin.

« Les portes sont fermées, les menottes sont serrées comme le cœur de la madré », peut-on lire à l’intérieur de la « grotte mobile » : 9 mètres carrés, des lits superposés, un mini frigo, une plaque de cuisson, des toilettes, un évier et une étagère. Adama Camara a reproduit une cellule de prison, comme il l’a lui-même connue. À l’extérieur de la porte, il a même fabriqué l’œilleton à l’aide d’un couvercle de boîte de conserve. Les chiffres 55-852 sont inscrits au feutre noir. « C’est mon premier numéro d’écrou », explique-t-il.

En voulant venger son frère mort dans une rixe, ce natif de Garge-les-Gonnesses (Val d’Oise) a été condamné à huit ans de prison en 2018. En 2020, il en sort grâce aux mécanismes de réduction de peine et crée l’association Sada (Solidaire agissons dès aujourd’hui), pour lutter contre le phénomène des rixes et de la vengeance sans fin. Sada est aussi le nom de son petit frère.

Dans le même temps, il réalise une série documentaire intitulée « Rixes », dans laquelle il va à la rencontre des victimes et des familles de victimes de ces guerres des cités. Les deux saisons sont d’abord diffusées sur Youtube, puis sur la plateforme en ligne de France télévisions. Depuis avril 2025, c’est un nouvel outil de prévention qu’il met à disposition des adolescents et des structures associatives qui le lui demandent : la « grotte mobile ».

Mardi 24 juin, dans la matinée, le dispositif s’est arrêté dans les collèges Érasme à Hautepierre et Sophie Germain à Cronenbourg. Le soir même, Adama Camara s’est rendu au FC Kronenbourg et a discuté avec une quinzaine de jeunes, âgés de 14 à 16 ans, licenciés dans le club de foot amateur.

Dans la cour, à côté du stade, des chaises sont disposées en demi-cercle. En leur centre, en t-shirt orange, se trouve Adama Camara. La discussion sur les bagarres bat son plein, l’idée de vengeance est omniprésente. « La prison, c’est la destination finale, leur dit-il, c’est la mort ou la prison. » Le respect des adolescents pour l’ancien détenu est palpable. Mais malgré son discours et son parcours, beaucoup se disent tout de même prêts à risquer la prison pour venger un ami ou un frère. « Si quelqu’un tue quelqu’un d’autre, tu dois te venger, c’est obligé », estime Cadri, 16 ans.

Déconstruire l’idée de la prison comme un endroit cool

« Qui a déjà vu des vidéos de quelqu’un en prison sur les réseaux ? », demande soudain Adama. La majorité des jeunes lèvent la main. « Et vous voyez quoi dans ces vidéos ? », demande-t-il encore. « Des mecs qui font de la muscu, qui jouent à la play, qui fument, téléphonent », répondent, pêle-mêle, les adolescents. « Beaucoup de jeunes pensent que la prison est un endroit cool », déplore Adama.

Par groupes de cinq, les adolescents entrent dans la cellule avec lui. La porte est refermée à clef derrière eux. Il fait chaud, c’est exigu. Personne n’a envie de rester trop longtemps à l’intérieur. Adama explique : « On est là-dedans 22 heures sur 24. » En découvrant les toilettes et la chaleur, un des adolescents s’exclame : « Ouah, ça doit sentir ! »

« J’ai des amis qui m’avaient vendu la prison comme si c’était facile », confie Adama Camara dont l’objectif est de « déconstruire tout ce qu’on peut voir sur les réseaux sociaux par rapport à la prison ».

En sortant, les adolescents sont pensifs : « Ça m’a fait réfléchir « , concède Cadri. Pour Louseyni, la « grotte mobile » « change quelque chose. On réfléchit à deux fois avant de faire une bêtise… Ça fait peur. »

Une bande-sonore est en cours de création pour améliorer l’expérience immersive, « avec les cris, les bruits d’écrous, de clefs », détaille Séverine, membre de l’association Sada. Après l’Alsace, la « grotte mobile » doit poursuivre son tour de France. « On est appelés de tous les côtés », constate Séverine : « Nice, Caen, Le Havre, Laval, Montpellier, Toulouse… » L’association propose même d’intervenir en 72h en cas de crise et de rixe, mortelle ou non. La « grotte mobile » se rend sur les lieux du drame afin d’apaiser les consciences et de faire passer les envies de vengeance.

À la rentrée, Adama Camara compte bien stationner sa « grotte mobile » devant l’Assemblée Nationale : « Beaucoup de politiques s’expriment dans les médias pour dire que la prison c’est le Club Med », ironise Adama. Charge à eux de rentrer, à leur tour, dans la « grotte mobile ».

Au CHU de Strasbourg, l’omerta persiste sur les pratiques du professeur Philippe Bachellier

Au CHU de Strasbourg, l’omerta persiste sur les pratiques du professeur Philippe Bachellier
Pour de nombreuses opérations, le professeur Philippe Bachellier n’a consulté aucun de ses pairs pour s’assurer de la pertinence d’une intervention chirurgicale.

Aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, les critiques des expérimentations menées par le professeur Philippe Bachellier sur des malades du cancer sont étouffées. Soutenu par les instances dirigeantes, le chirurgien considère comme hostile toute personne qui émet des doutes. Une plainte pour harcèlement a été déposée contre lui en septembre 2023.

« Bonjour, je suis de la DGSI. Arrêtez d’embêter le professeur Bachellier. » Voici l’extrait d’un appel en numéro masqué reçu par l’auteur de ces lignes. L’échange téléphonique a eu lieu quelques jours après avoir sollicité un entretien avec le chirurgien Philippe Bachellier. L’ancien chef du pôle des pathologies digestives hépatiques et de transplantation au centre hospitalier universitaire (CHU) de Strasbourg a fait l’objet d’une enquête du journal Le Point en mai 2024. Témoignages de chirurgiens à l’appui, le professeur Bachellier est accusé d’avoir opéré des dizaines de personnes atteintes de cancer contre toute indication médicale. Des patients ont ainsi subi une opération inutile qui a encore dégradé leur fin de vie.

Un an plus tard, Rue89 Strasbourg a voulu comprendre le silence, médiatique et institutionnel, qui a suivi ces révélations. Une dizaine d’anciens collègues du chirurgien ont accepté de répondre à nos questions, sous couvert d’anonymat.

Le chirurgien de la dernière chance

Du cinquième étage de l’hôpital de Hautepierre, Philippe Bachellier fait rayonner le CHU de Strasbourg au niveau national. Aidé par une communicante salariée de l’association SOS Foie Pancréas, l’éminent chirurgien fait venir en Alsace des patients de toute la France. Ces derniers sont attirés par une opération de la dernière chance, là où aucun autre spécialiste du foie ou du pancréas ne souhaiterait opérer. Gaël (le prénom a été modifié), un soignant et ancien collègue du professeur Bachellier, explique :

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De Gaza à Schiltigheim, le récit d’Ismaïl, journaliste survivant

De Gaza à Schiltigheim, le récit d’Ismaïl, journaliste survivant
Ismaïl et Tamara dans leur appartement de Schiltigheim.

Journaliste palestinien de Gaza, Ismaïl Rabah a été ciblé par l’armée israélienne comme tous ses confrères en octobre 2023. Il raconte les semaines d’enfer qu’il a vécues avec sa famille avant de trouver refuge à Schiltigheim.

Dans un appartement aux murs blancs du centre de Schiltigheim, Ismaïl Rabah prépare un café pressé tandis que sa femme, Tamara, passe un appel. Il débarrasse une table remplie des dinosaures en plastique de Mahmoud, son fils de 10 ans. Ce dernier traverse la pièce avant de sortir jouer avec un copain de l’école venu le chercher. Eleen, 11 ans, sort de sa chambre avec une pile de livres pour les ramener à la médiathèque Frida Kahlo. Adnan, 6 ans, teste des poses improbables sur le canapé tout en jouant sur un téléphone.

Ce quotidien banal, Ismaïl a bien cru ne jamais le retrouver. Journaliste et fixeur palestinien, il a failli mourir sous les bombes israéliennes à Gaza qui se déversent sur l’étroite bande de terre depuis le 8 octobre 2023. Huit mois après son arrivée en France, le 26 octobre 2024, il n’en revient toujours pas d’être vivant.

« Et pourtant, je connais la guerre », commence-t-il, en anglais :

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Initiative citoyenne, « Nous Strasbourg » veut influer sur les élections municipales

Initiative citoyenne, « Nous Strasbourg » veut influer sur les élections municipales
Yves Sager, Dominique Bézu et Frédéric Cadiot présentent leur association Nous Strasbourg le 11 juillet.

Une poignée de Strasbourgeois ont créé une association appelée « Nous Strasbourg ». Leur objectif est d’interpeller les candidats aux élections municipales, avec des propositions issues de discussions publiques.

« Je me sens moins seul », commence Dominique Bézu, vice-président de Nous Strasbourg, en regardant la petite assemblée réunie au Club de la presse de Strasbourg vendredi 11 juillet. Avec Yves Sager, président de l’association, et Frédéric Cadiot, secrétaire, Dominique Bézu présente un mouvement de démocratie participative « parti d’un petit groupe, confronté à l’état du monde qui s’enflamme et se déchire, et à notre impuissance collective à prendre les choses en mains. »

Créé en mars, le « petit groupe » aimerait comprendre ce que veulent les Strasbourgeois pour les six prochaines années et donner voix à ces envies auprès des candidats aux élections municipales de mars 2026 dans une logique transpartisane.

Des réunions citoyennes à développer

Depuis novembre 2024, ce groupe a tenu une quinzaine de réunions dans un local associatif du Neudorf, fréquentées chacune par une dizaine de personnes. « Nous n’avons imposé que deux règles aux participants », détaille Dominique Bézu :

« Les citoyens qui venaient à nos réunions devaient respecter la confidentialité des discussions et ne pas mentionner leurs éventuelles appartenances politiques. Nous voulions, sur le modèle des conventions citoyennes, un débat transpartisan. »

« Nous ne demandions même pas leur nom aux participants », ajoute Yves Sager. Driss Rharrouz, vice-président de l’association, assure :

« Même si ça s’est fait par bouche à oreille, le public était vraiment à l’image de Strasbourg avec des personnes issues des quartiers populaires, d’autres issues des minorités de genre, etc. »

« On ne peut pas nier qu’il y avait une majorité d’hommes », nuance Yves Sager, l’un des quatre hommes présents sur les cinq membres de l’association.

Influer sur les programmes

Trois thématiques se sont dégagés des débats selon Dominique Bézu : « la démocratie participative, l’écologie et la ville solidaire. Tout ce qui touche au logement, à la précarité, alors que 25% des habitants de Strasbourg vivent sous le seuil de pauvreté ».

Yves Sager détaille la prochaine étape de l’association :

« Nous allons poser des questions précises aux candidats aux élections municipales. Nous attendons des réponses concrètes de leur part. Nous cherchons à influer sur les programmes, afin qu’ils contiennent autre chose que de vagues principes. »

Par exemple, Dominique Bézu prévoit de questionner les candidats ainsi :

« Est-ce qu’il est tolérable que des enfants qui vont à l’école de la République dorment sous tente ou à la rue ? Quelles sont vos solutions ? »

Mais Yves Sager prévient :

« On veut être la vox populi (voix du peuple, NDLR). Si les politiques n’entendent pas la vox populi, on parlera un peu plus fort jusqu’à ce que nous soyons entendus. À la fin du processus, nous pourrons nous rallier à une liste ou construire notre propre liste. »

L’association devrait poursuivre ses débats après les élections municipales, assure Yves Sager.

« On collabore avec une dictature » : une licence de l’Unistra en Azerbaïdjan fait scandale

« On collabore avec une dictature » : une licence de l’Unistra en Azerbaïdjan fait scandale
Le bâtiment qui abrite l’Ufaz à Bakou.

L’Université de Strasbourg a décidé d’étendre son partenariat avec l’Université franco-azerbaïdjanaise de Bakou pour une nouvelle licence de chimie. Remous au conseil d’administration, où certains élus demandent la fin de ce partenariat devenu gênant.

Mardi 8 juillet 2025, le conseil d’administration de l’Université de Strasbourg (Unistra) s’est prononcé en faveur de la création d’une licence de chimie en partenariat avec l’université franco-azerbaïdjanaise de Bakou (Ufaz) avec 16 voix pour, mais 15 contre et 5 abstentions.

« Un passage en force et un flou réglementaire »

Cette décision intervient alors que la commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU), instance chargée d’évaluer et valider les diplômes avant leur officialisation, s’était prononcée contre ce partenariat le 1er juillet par 26 voix contre 9. Pierre Gilliot exprime son incompréhension :

« Presque 75 % des élus ont dit non ! La présidence de l’Unistra a préféré s’asseoir sur cette décision de la CFVU. Avec d’autres élus, nous allons saisir le tribunal administratif pour faire annuler cette délibération. C’est insupportable de voir la CFVU ainsi écrasée. »

De son côté, l’Université de Strasbourg répond à Rue89 Strasbourg que « la convention de partenariat ayant conduit à la création de la nouvelle licence a bien été soumise au vote du CFVU et du conseil d’administration en juillet 2024 ». Le vote de juillet 2025, assure l’Unistra, ne portait que sur la « maquette pédagogique et technique » du diplôme et qu’il ne s’agissait pas « de remettre en cause le cursus des 30 étudiants azerbaïdjanais déjà engagés dans une année préparatoire ».

Mais cette lecture des faits est loin de convaincre les opposants. « L’an dernier, les conseils ont certes décidé de poursuivre les échanges avec l’Ufaz, mais nous élus, avions déjà protesté. Depuis, l’exécutif à la tête de l’Unistra a changé, c’est un point important », souligne Matthieu Schneider, du groupe Au Pluriel, dans l’opposition mais également ancien vice-président. Selon lui, cette licence n’a été lancée qu’à titre expérimental, ce qui justifie de reconsidérer la création d’une L1 cette année.

La nouvelle délibération est dénoncée comme un « passage en force » par l’opposition. « Soit le conseil d’administration est consulté, soit il ne l’est pas. Il n’y a aucun sens à y siéger si tout est déjà décidé », poursuit Matthieu Schneider.

L’entrée de l’Ufaz arbore le logo de l’Université de Strasbourg.Photo : capture d’écran

Les représentants de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (Afges) se sont abstenus lors du vote du 8 juillet. Même si l’association est opposée par principe à ce partenariat, indique la première vice-présidente Clara François dans un communiqué : « Nous avons choisi de nous abstenir, refusant de pénaliser directement des étudiants pour une décision institutionnelle qu’ils ne maîtrisent pas. »

Un partenariat autour de la pétrochimie

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#Azerbaïdjan#Mathieu Schneider#Pierre Gilliot

Pierre Jakubowicz trouve que les Strasbourgeois pensent comme lui

Pierre Jakubowicz trouve que les Strasbourgeois pensent comme lui
Pierre Jakubowicz, entouré par Anne Reymann (à gauche) et des bénévoles de « Strasbourg on y croit ».

Après dix mois de consultations, Pierre Jakubowicz est prêt à débuter l’élaboration de son programme pour les élections municipales.

Dans son quartier général de campagne, au cœur du Neudorf à Strasbourg, Pierre Jakubowicz et une partie de son équipe bénévole ont présenté les premiers retours de sa campagne de consultation publique jeudi 10 juillet.

Selon les premières analyses d’environ 3 500 contributions écrites et 6 500 rencontres de terrain, les préoccupations prioritaires des Strasbourgeois·es concernent les mobilités, la sécurité et le cadre de vie. Puis, viennent la démocratie locale, le vivre ensemble et le pouvoir d’achat. « Évidemment, il n’y a pas de grosse surprise », admet le conseiller municipal (Horizon) d’opposition dans un costume de plus en plus sombre.

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